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Full text of "Le Naturaliste :journal des e?changes et des nouvelles."

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Tab. 1 0. 




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Janvier 1885. 















JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le 1 



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et le 15 de chaque mois 



ADRESSER TOUT CE QCI 

LA BEDACTION ET L'ADMMSTRATION 

Au bureau du journal 

RLE DE LA MONNAIE, 23 



PARIS 



ABONNEMENT ANNUEL : 

Payable d'avance en un mandat-poste a l'ordre du Directeur. 

France et Alg-erie 6 fr. 

Pays compris dans l'Union postale. ... 7 fr. 
Tous les autres pays 8 f r. 

(AfFranchissement compris) 



EMILE DEYROLLE 



DIRECTEUR 



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PAUL GROULT 

Secretaire de ia Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Le Journal LE NATURALISTE est Fintermgdiaire officieux de xons les amateurs d'hlstoire naturelle 

gratuitement toute demaiide d^change et de renseignements sci entifla ues 6manant de sea Ahnnn^ 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 11 AOUT 1884 

(Suite) 

Contribtitiozis a la /lore pliocene de Java 

M. L. Crie. 



Note de 



La feuille de figuier du pliocene du Gunnung Kendang 
(Java), recueillie dans les tufs volcaniques de Buitenzorg, 
a limbe entier et symetrique, porte une nervure principale 
aecentuee et, de chaque c6te, huit a douze nervures secon- 



daires camptodrom^-. n'atteignant pas le bord foltafre^ et 

s'incurvant en arc pour s'anastomoser avec la nervure 
situee au-dessus. Les nervures tertiaires se detachent a 
angle droit. Les nervilles forment un reseau visible sur ce 
ficus que M. Crie nomme F. Martiniana. Sa nervation est 
analogue avec celle des F. scatierrima, F. callosa et 
F. parietalis des Indes orientales neerlandaises. Ce ficus 
est voisin du F. flexaosa Goeppert des couches eocenes 
de Java. Le F. Martiniana est interrnediaire entre 
F. flexaosa, de l'eocene, et le F. scaberrima, qui vit 
actuellement dans les memes regions. Les lignites plioce- 
nes du Gunnung Kendang renferment de nombreux debris 
de vegetaux, que M. Crie regrette de n'avoir pu determiner 

- 

a cause du mauvais etat des echantillons ; Ja nervation y 
est a peine visible. 



\ 



cobayos, de poules, de pigeons, de lourlerelles, d'un che- 
val, d'une an esse d'Afrique et de jeunes pores, n'a jamais 
transmis la maladie, l'operation fut-elle repetee un grand 
nombre de fois. Le meme resultat se produit si l'on fait 
boirece sang,pur ou dilue dans l'eau, aux memes animaux; 
parfois, cependant, le cobaye devient malade nettement,' 
perd l'appetit quatre a cinq jours et revient ensuite a l'etat 
normal. Le sang recueilli sur des typhiques, a diverses 
periodes de la maladie, est aussi inoffensif pour lesdits 
animaux. 

■ 

Meme resultat negalif par l'inlroduction de sang ou 
d'urine de typhiques dans les voies respiratoires ou la 
cavite abdominale du lapin, du cobaye ou du rat albinos • 
et par l'absorpuon en breuvage de dejections de typhi- 
ques, donnees a des pores, anesse.s >ramqrre-*ourterelles 
poules, pigeons, lapins* el cobayes. Si au contraire Or 
administre des liquides de culture, on remarque que les" 
poulet, tourterelle, pigeon et rat blanc sont refractaires 
amsi que le lapin ; la brebis, le chien et le chat en bas 
age contracted des maladies qui peuvent elre mortelles; 
cobaye enfin meurt au bout d'un temps variant de 
vingt minutes a quarante-cinq heures. L'autopsie montre 
en ce cas les lesions caracteristiques de la dothienenterie. 
Le sang de ces cadavres de cobayes est inoffensif par ino- 
culation directe au cobaye et aux autres animaux- mais 
cultive, il devient en 24 heures, 1° tres virulent p'our le 



le 



cobaye, qu'il tue en 10 ou 12 heures ; 2» dangereux pour le 
chat, le chien, la brebis ; 3° inoffensif pour les lapin Dis?enn 
SEANCE DU 18 - CT 1884 P° ule «* «t blanc. Le sang d'un ch't tu^par^e^^de 

Sur le microbe de la fievre typhoidede I'homme; cut- cadavr e de cobaye typhique cultive est alors tres virulent 
tureet inoculations. —Note de If. Tayon. mais P our le lapin seul, qui meurt netlement typhique' 

Du sang pHs sur des cadavres, pea d'heures apres ,a £? £ t^ ^^X^l s'oi—""'™' 
mert du t.vpuiuue, e, injecte sous ,a peau de lapins, de | apres rinecluon. La E^^* j.'S^!^ 










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LE NATURALISTE 






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l'homme aux animaux ne s'obtient done pas directe- 1 pesant 30 grammes, l'injection de 1 gramme d'uree 












ent ; le microbe typhique a besoin, pour se developper, 
deux milieux differents : un liquide sterilise et le 
cobaye; un liquide et le chat; le chat et le lapin, le lapin 
et un liquide ensemence. Ce microbe differe done, en cela, 
de ceux du charbon, et du cholera des poules, et du 
vibrion septique. Ce microbe apparait sous le micros- 
cope, et a un grossissement de mille diametres, en forme 
de petites granulations et de balonnets courts et tres 
mobiles, qui, sauf la dimension, ressemblent beaucoup 
au vibrion sceptique. Certains liquides de culture con- 
tiennent seulement des granulations isolees ou reunies 
deux par deux, trois par trois, et pourvues de fins 
prolongements tres mobiles; d'autres n'offrent que des 
spores arrondies, et ces courts batonnets qu'on voit se 

des granulations dans leur 



en dix minutes les convulsions j,etaniques et la m 
bout de trois heures; memes phenomenes convulsi 



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1 



injectant seulement 1 soixante-dixieme du p 
corps. Avec 1 cinquantieme, pour le cobaye, les < 
sions commencent au bout de 27 minutes, et 1 
survient au bout de 1 h. 20 minutes ; pour 100 gr 



milligrammes d'uree 



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segmenter 



et 



engendrer 



interieur et a leur extremite. 



* 



Sur un JRhizopode. 



Note de M. J. Kiinstler. 



Ce Rhizopode, un peu allonge, pointu aux deux 

., extremites, et ayant de chaque cote des pseudopodes 

assez longs, se rencontre dans les Ophelies de la plage 




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d'Arcachon. On le reco 
ou brun fonce qu'on apercoit au sein de sa substance. 
Ceite baguette est bifide ou multifide a ses extremites, 
et a sa surface mamelonnee; ces mamelons s'allongent, 

et se detachent pour se repandre dans 



bourgeonnent 



le protoplasma peripherique oil ces petits corps s en- 
tourent d'une couche speciale protoplasmique. Le reste 
du corps est une lamella protoplasmique divisee en deux 
regions : Tune centrale, plus dense, l'autre peripherique, 
tres vasculaire. L'aspect de cetle derniere est bulleux. 
De sa peripherie partent des pseudopodes, gros filaments 
a Tapparence rigide, qui peuvent se contracter et prendre 
alors l'aspect piriforme. Le fluide cavitaire conii£iiL_ei^ 



de sang, on trouve 820 

represente la dose toxique de l'uree dans le san_ 
un lapin de 1 kil. 6 on injecte 1 centieme du 
du corps, soit 16 grammes d'uree, 6 minutes 
l'injection, l'animal est sur le flanc; 10 minutes 
la fin de l'injection, commencent les mouvemen' 
vulsifs ; le lapin meurt au bout de 40 minutes. I 
toxique est de 661 milligrammes pour 100 grann 

un pigeon de 378 grammes, une in 
de 1 trente-cinquieme du poids du corps deter 
mort en une demi-heure. Pour les chiens, sujc 
cipaux des experiences, 1 centieme du poids d\ 
(10 grammes d'uree par kilogramme) amene la n 



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sang. Pour 






* 






dose toxique est de gr. 6 pour 100 grammes d 



Chez les malades atteints d'anurie, de retention ( 
de nephrite interstitielle avec dyspnee uretique 
coma uremique, on a trouve par l'analyse dans 
les quantites suivantes d'uree : gr. 410 ; 



111 » % 1 T 









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Dans ces conditions, touslesTissu 
impregnes d'uree et Ton a trouve dans 100 gram 



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sang, 



613 milligrammes d'uree 



dans 100 gram 






foie, 580 milligrammes ; dans 100 grammes de 1 
coeur, 311 milligrammes; et dans 100 grammes 
662 milligrammes. L'uree injectee sous la pea 
jamais completement absorbee au moment de 1 
arrivat-elle dix heures apres l'injection. L'experi 
prouve que l'uree n'agit pas directement sur 



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outre de petits corps arron 
de pseudopodes, et inuriis 



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entierement donne un liquide qui ne renfermait pas d'ammo 



corpuscule central 
incolore. Ce corpuscule s'allonge peu a peu en baton- 
nets et acquiert la coloration foncee de la baguette 
axiale des adultes. Par leur aspect et leurs dimensions, 
ces petits etres, jeunes, rappellent tout a fait les petits 
bourgeons que Ton a vu se developper a la surface de 



* 



la baguette axiale des adultes. 



mi SEANCE DU 25 AOUT 1884 

Varie est an poison; mesare de la dose toxique dans 



lesang. 



Note de MM. Grehant et Quinquaud. 



Les experiences faites sur des grenouilles, cobayes, 
lapins et pigeons ont donne ce resultat constant, qu'avec 
une dose suffisante, ces animaux mouraient a la suite 
injections sous-cutanees de solutions aqueuses d'uree 
pure (en augmentant progressivement les doses), apres 

. nvulsions tetaniques semblables a 
ie strychnine. Chez une grenouille 









De taction des hautes pressions sur les pheno 
de la putrefaction et sur la vitalite des 
organismes d'eau douce et d'eau de mer. — IS 

M. A. Certes. 

M. Certes n'a pas depasse 600 atmospheres 
majorite de ses experiences a ete faite entre 
500 atmospheres, correspondant a la moyenne d 
fondeurs relevees dans l'Ocean par les expedition 
marines. La temperature de la saison n'a pas per 
repeter les experiences a la temperature de 4°, temp 
moyenne des grands fonds ; elles seront reprises ce 
Les phenomenes de putrefaction se sont invarial 
produits dans les bouillons et infusions divers 
sous pression, bien que plus lentement qu'a I'ai 
Deux tubes sont prepares le 13 juin avec une 
vegetale (radis avec feuilles) d'eau de mer fraic 1 
t6moin, est laisse a l'air libre; l'autre est mi 






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jour sous pression de 350 atmospheres, et pour finir, a T une jolie serie de Visons montes, provenant d'Amerique, 
500 atmospheres. Des le 26 juin, l'infusion fourmille de du nord de l'ancien continent et de France. Or les uns et 
bacteries; de meme le 4 et le 11 juillet; le 24 juillet, les autres sont, abstraction faite d'une seule tache blanche 
l'experience est arretee, le tube temoin ne contenant peu etendue, parfaitement concolores : ils different ainsi, 
plus que du liquide et une cuticule flasque et vide. Le meme exterieurement, de toutes les varietes du Putois. 



tube qui est reste 42 jours sous pression a le meme 
aspect; un s^rieux examen revele entre eux les diffe- 
rences suivantes. Pour le tube temoin : odeur nausea- 
bonde ; reaction alcaline; microbes nombreux, agiles ou 
immcbiles; batonnets plus gros que dans l'autre tube; 
longs filaments bacteridiens ; cellules fusiformes et le 
Pleuronema chrysalis (Infusoire). Pour l'infusion sous 
pression : pas d'odeur; reaction acide; microbes nombreux 
agiles, petits ; batonnets courts et fins, a formes voisines 
des cultures d'eau de mer des grands fonds. En chauffant 
pendant dix minutes dans un bain-marie porte a l'ebul- 
lition deux tubes contenant Tun, le liquide de l'infusion 
laissee a Fair libre, et l'autre, le liquide de l'infusion mise 
sous pression, le dernier etait sterilise, tandis que le 
premier donnait le lendemain d'abondantes cultures. II 



est ainsi etabli-que, sous de hautes pressions, la matiere 
organique est detruite par des microbes qui vivent et se 
developpent; ces petits organismes soumis pendant 24, 
48 et 72 heures a des pressions~de 300 a 500 atmospheres 
ont ete r* tires vivants; parmi eux, des Infusoires, des 
Rotiferes et des Tardigrades. Par contre, avec une 
pression moindre, mais maintenue beaucoup plus long- 
temps, il n'y avait plus de vivants que des microbes. 
La privation d'oxygene contribue pour une large part a 
ce result at, comme l'a prouve une experience faite sur 
des Chlamydoccus pluvialis vivants et agiles. Du sang 
charbonneux soumis pendant 24 heures a une pression 
de 600 athmospheres a conserve toute sa virulence, et 
les cultures qui en ont ete faites ont tres bien reussi. 



Quant a la tache blanche, elle affecte surtout la levre infe- 
rieure, mais elle peut soit disparaitre tout a fait, soit 
s'etendre au dela de son siege habituel ; et, dans ce dernier 
cas, elle peut, soit descendre sous la gorge, soit remonter 
sur la levre superieure. Elle m'a paru totalement absente 
chez quelques sujets, tant de l'ancien que du nouveau 
monde. Le plus souvent elle se prolonge sous la gorge chez 
les sujets americains et remonte sur la levre superieure 
chez les sujets de France. Si Ton voulait tenir compte des 
differences que peut presenter cette tache, il faudrait 
admettre non pas deux ou trois, mais plusieurs especes de 
Visons. 

La taille ne saurait fournir de meilleurs caracteres pour 
separer le Vison de France de celui d'Amerique ; les adultes 
de ces deux regions m'ont paru presenter des dimensions 
semblables. 



II. ETUDE DES CRANES 



A. Vison de France et Vison d'Amdrique. 

J'ai compare, a un crane de Vison d'Amerique de ma 
collection (n°2820), un crane de Vison de France des collec- 



un 



SUR LE VISON DE FRANCE 



male adult e, tue, le 12 avril 1882, parM. le I) p Garnier, son 
donateur, a Ainhegs, dans l'Ontario, Canada. Le second 
porte les indications suivantes : « Vison $ du Poitou. Pu- 
torius foeiidus . Par M. Prevost. > 

Or, saafqu'il est plus petit, ce dernier crane ressemble 
beaucoup au precedent, tandis que sa forme s'eloigne 
beaucoup de celle de mes cranes de Putois. 

En ce qm concerne la taille (ce dernier n'est pas beaucoup 
plus grand*qu*un beau crane d'Hermine), il faut remarquer : 

a) Que, chez les Carnassiers,lalaille est tres variable et 
ne fournit pas, saul'le cas de differences considerables, de 



D'apres P. Gervais {Mammologie, 1855, t. II, p. 113), caracteres specifiques valables; 



« ce que Ton appelle le Vison du Poitou n'est que le Putois 



Q 



ordinaire. Le Vison est moins fonce que le Putois, et il n'a i es Carnassiers, la femelle est generalement plus petite 
pas de blanc a la levre superieure ». D'autre part, Gray que le mule; 



{Proceed, zool. Soc, London, 1865, p. 115) a distingue 

sperfiquernent les Visons d'Europe, d'Amerique et de 

Siberie. 

J'essaye de demontrer, dans cetle courte note, que le 

Vison de France est specifiquement identique au Vison 

d'Amerique et different du Putois ; et je m'efforce de fournir 

de bons caracteres pour distinguer les deux especes. 



c) Que, sous le rapport de la taille, le crane du sujet 
du Poitou s'eloigne au moins autant de mes cranes de 
Putois que de celui du Vison d'Amerique, 



B. Vison et Putois. 



J'ai compare les deux cranes de Vison ci-dessus designes 
a cinq cranes de Putois de ma collection : trois de France 
(n<> s 2279 et 1176, de Talais, Gironde, par M. A. Meynieu ; et 
Le laboratoire de Mammalogie du Museum (1) contient n° 2503, deRoyan, Charente-Inferieure, par M. L. Darlay); 



L EXAMEN DES PEAUX 



(1) Je remercie MM. A, Milne-Edwards et G. Pouchet, professeurs au VaF * Evers ™-anni), et un de provenance inconnue (n° 973, 
Museum, pour la bienveillance avec laquelle ils me facilitent l'acc6s I P ar ■*• E Simon); et j'ai releve, entre les deux especes les 



des collections confines k leurs directions. 



caracteres differentiels suivants : 









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4 



LE NATURALISTE 







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I. Les crftnes sont Studies par leurs faces superieures 

a) Le point ou laboite cerebrale commence a se dilater 
est situe, chez le Putois, en arriere ; chez le Vison, en 
avant du milieu de la longueur totale du crane. 

6) La largeur du front, au niveau de son plus grand 
retrecissement, est contenue, dans la longueur de la boite 
cerebrale mesuree a parlir de ce merae niveau, deux fois 
chez le Putois, deux fois et demie chez le Vison. La largeur 
maximum du front, d'une apophyse susorbitaire a Pautre, 
est contenue, dans la longueur totale du crane, trois fois, 
un peu plus ou un peu moins, chez le Putois, quatre fois 
et plus chez le Vison. 

On peul resurner les caracteres a et b ci-dessus en 
disant que le Vison a la boite cerebrale moins raccourde 
et le front plus etroit que le Putois ; ou,plus simplement, 
que le premier a le crane plus allonge que le second. 



PUTOR1US PUTORIUS 



2308 

67 
16 

30 
3c 






973 

66 
17 
20 
30 
35 



2503 


1176 


61 


60 


18,3 


16,5 


20 


19 


27 


27 


32 


31,5 



2279 

59 

15/; 

17 

28 
31 



PUTORIUS VISON 



2820 
62 

14 

15 
34 

32 



A. 2005 

57 
12 

13,5 
30 

27 



Fernand Latastk. 



suites A LA « FLORE DE FRANCE 

DE GRENIER ET GODRON 



» 



II. Les cranes sont etudies de profil 

c) La region fron tale, au niveau des apophyses susor- 
bitaires, est fortement bombee et relevee au niveau de s 



Par G. ROUY 

(Descriptions des plantes signalees en France et en Corse depuis 1856) 

(Suite) 



Ranunculus Alese, Willk. Pugillus plantarum no- 



est inclinee en avant chez le Vison, 



parties posterieures du crane chez le Putois, tandis qu'elle J varum in Linnoea> XXX (1859), p. 84 ; Freyn ap. Willk* 

et Lange Prodromus fiorse Hispanicse, III, p. 931 ; Rouy 
in Bulletin SociSte BoL de France, XXVIII, p. 64 ; — R. 
bulbosus auct. Hisp. non L. — Sect. Euranunculus Gren. 

et Godr. FL t^^V^JUp^a^ ^^ izome plus ou moins 
bulbi forme, toujourstres court, muni de fibres Spaisseset 
longuement attenuees . Tiges ascendantes ou dressees, de 
1-4 decim., rameuses des leur tiers inferieur, parfois 
presque des la base,fistuleuses, abondamment feuillees. 
Feuilles radicales longuement petiolees, a petiole elargi 
embrassant la tige, ovales ou suborbiculaires dans leur 



III. Les cranes sont etudies par-dessous 

d) La bulle osseuse du Putois se projette grossiere- 
ment sous la forme d'un triangle equilateral dont le 
sommet atteint le contour externe du crane, tandis que 
cello du Vison, rappelant un peu celle de FHermine, se 



ovale allonge 



d'avant en 



projette sous la forme d'un 

arriere et se trouve nettement debordeepar la saillie late- 
rale du crane, 

e) Enfinladent tuberculeuse superieure du Vison es t 

p] s developpee et a son lobe interne plus dilate que celle 

Putois. Je ne vois pas d'ailleurs de difference sensible 

inns la forme de celle dont entre le sujet de France et 

celui d'Amerique. 



pourtour tronque ou plus souvent corde a la base, trise- 
quees, a divisions laterales sessiles, rhombo'idales,profon- 
dement 2,4 partites, la moyenne plus grande, tripartite, 
a lobes egaux, irregulierement bi-trifides, incises ou 
dentes ; dents des feuilles inferieures obtuses ou obtu- 
suscules, celles des feuilles rnoyennes et superieures 
aigues. Feuilles caulinaires les deux inferieures petiolees, 
de meme forme que les radicales mais a divisions cunei- 
formes, les suivantes de plus en plus petites, sessiles, les 
superieures tripartites, a divisions lanceolees-lineaires ou 
iente. Les dimensions (en millimetres) dechaque crane sont I lineaires, acutiuscules ou aigues. Fleurs peu nombreuses 
iispo >es en colonne verticale au-dessous de son numero (1*6), disposees au sommet de longs pedoncules arrondis 7 



C. Piece justificative. 



tableau 



comparee 



lign 

La premier , auxdits numeros d'ordre ; 

La < 'ux me, a la longueur totale du crane, mesuree de 
FexU lite anlen ore des os incisifs au milieu de la crete 
susc tale ; 

La troisieme, a la largeur minimum du front ; 



stries, legerement sillonnes settlement vers le sommet, 
Spoils apprimes, plus rarement velus a poils etales-dresse s. 
Calice jaunatre; sdpales ovales, rdflSchis, trds velus ; 
petales jaunes, oboves; ecaille du nectaire large, subcor- 
dee. Epi fructifere subglobuleux, a 30-50 carpel les com- 
primds-lenticulaires, glabres, lisses ou finement pone - 



La quatrieme, a 1* largeur maximum du front mesuree tues, fortement bordes, termines par un bee triangulaire, 



I'un ?poph se susorbitaire a Fautre; 



Men plus court que la moitie du carpelle et a sommet 



ree 



La ciijquieme, a la ongueur de la boite cerebrale, mesu- | recourbd enhamegon; receptacle conique, allonge, vein ou 

herisse. — Plante velue-blanchatre ou virescente. Mai-aout. 
a, — genuinus Freyn — Feuilles velues sur les deux 
pages, a lobes larges se touchant par les bords ou peu 
distants ; petioles et partie inferieure de la tige velus, 
presque laineux. 



Enfin la sixiem i la largeur maximum de la boite 
cerebrale un peu en arriere de l'orifice auditif. 







m 









LE NATURALISTE 



5 



Hab. 



Pyrenees- Orientales : Vallon de Consolation 



pres Collioure (Rouy). Aude : Corbieres (G. Gautiersee. 
Freyn in litt. ) 



Aire geographique. 



Espagne ; iles Baleares ; 



long sur 8-9 millimetres de large), a carpelles tres nom- 
breux, ponctues, legerement pubescents, arrondis, com- 
primes, ter mines par un bee pres que droit a peine 
recourbe au sommet, unpen plus court quele carpelle. 



Portugal (var. dentatus Freyn, herb. R., J. Daveau) (1). Receptacle glabre. Avril-juilleL 



R. Marschlinsii Steudel No?nenclat07 



Obs. I. 



Le R. albicans Jord. est, pour nous, une 



Boissier Flora Orientalis, I, p. 41 ; Nyman Conspectus J sous-espece (comprenant comme variete le R. Tenorii 



florse Europsese, 



Naturaliste 



lee 1881, 

demissus 



Gren. et Godr. Fl. deFr., 1, p. 30, non D C. 



Obs. 



— La description de cette espece donnee par Grenier 
dans la Flore de France est exacte ; mais il importe d'en 
rectifier la synonymie, car la plante de Corse n'est point le 
R. demissus DC. 

De Candolle a cree le nom de R. demissus pour une 
plante du Liban qui existe egalement en Perse, etM. Bois- 
sier, dans le Flora Orientalis, a rattache a ce Ranunculus 
deux varietes, speciales a la Grece et a la Turquie d'Asie ; 



Jord., d'ltalie) du it. Monspeliacus L. {sensu latiss.). 
Nous croyons devoir ajouter quelques mots au sujet des 
autres sous-especes francaises tirees de l'espece linneenne. 
1, — R. cylindricus Jord. Diagnoses, p. 61; R. Illyri- 
cus Vill., non L. ; R. Monspeliacus L. var. angustilobus 



Gren. et Godr. p. part. 



Differe du R. albicans par ses 



feuilles plus allongees, plus etroites, les caulinaires sub- 
petiolees, toutes a villosite soyeuse moins apprimee, par 
ses tiges simples ou moins rameuses, et surtout par ses 
carpelles disposes en epi cylindrique de 20 ^5 millimetres 
de long sur 6-7 millimetres de large et termines par un 



une troisieme variete se rencontre en Espagne, sur la 
sierra Nevada, et ne se separe des formes orientales que 
par certain caracteres particuliers aux carpelles. Lei?. Mar- 
scJilinsii de Corse differe sensiblement du R. demissus 
et de ses varietes, car il presente des feuilles radicates 
rent formes palmatipartites, a divisions obovees-tri fides 



et des sepales glabres, tandis que le R. demissus offre des 
feuilles radicales orbiculaires , trisequees a segments 
subpetioles, a sinus profonds, a divisions courtes, lineaires- 
oblongues obtusiuscules et des sepales pubescents. 

Hab. — Corse : Monts Cintho et Coscione, vallee de 
Mello-sur-corte (Soleirol, Requien, Grenier et Godron); 
Mont Renoso pres Bastelica (herb. R., Reverchon exsicc. 
1878, n° 113); Mont Rotundo (herb. R., Ch. Burnouf). 



bee presque droit de moitie environ plus court que le car- 
pelle. 

2. — R. Monspessulanus .lord. Diagn., p. 63; R. Mons- 
peliacus L., b cuneatus DC. Sy sterna, I, p. 260. 
Se separe du R. albicans par ses feuilles non velues, 



mais pubescentes-cendrees, les radicales a pourtour 
arrondi, trilobees, a divisions ordinairement moins pro- 

fondes, a dents moins nombreuses, obtusiuscules, et par 
ses carpelles a bee etale-arque, ± recourbe au sommet, 
egalant le carpelle. 



6. 



Lugdunensis Jord. Diagn., 



Lugduaensis (R. 
Epi fructifere plus court (12-13 millimetres de 



p. 63). - 

long, au lieu de 15-16 millimetres); carpelles a bee plus 

arque; feuilles a pourtour ovale, a sinus moins profonds. 



R. albicans Jordan Observations sur plusieurs 
plantes nouvelles rares ou critiques de la France, 
fragm. 6, p. 10; Diagnoses, p. 62; Nyman Conspectus 
fl. Europ., p. 8; R. Monspeliacus L. var. angustilobus 
Gren. et Godr. p. part; R. Illyricus Gouan, non L. 
Sect.Ranunculastrum DC. — Racine vivace a grumeaux 
oblongs et emettant des stolons greles allonges. Tiges de 

■ 

2 3 decimetres, velaes-soyeuses , peu feuillees, simples ou 
presentant plus souvent 1-3 rameaux etales-dresses, lon- 
guement nus. Feuilles radicales a petiole relativement 
court, tantdt 



Y 



Gonnetii (li. Gonnetii Jord. Diagn., p. 65). 



Epi 



x 



' • 



mes 



oblongues , tripartites ou 

3-5 lobies a lobes allonges, dearies, tantdt trisequees a 
divisions cunc if or mes sessiles, plus ou moins pro fond &- 
ment 2-3 lobees a lobes etroitement lancdolSs, obius, 
ne se touchant pas par les bords; feuilles caulinaires 
cuneiformes lonquement attenuees a la base, a lobes 
lanceoles-lineaires, entiers, rarement le median pourvu 
d'une dent de chaque cote. Fleurs 1-4, grandes, luisantes; 
sepales velus-soyeux exterieurement, ovales-lanceoles, 
reflechis; etamines a antheres egalant environ les styles. 
Epi fructifere oblong, assez large (15-16 millimetres de 



fructifere plus court (12-13 millimetres de long); carpelles 
a bee moins oncine; feuilles a pourtour suborbiculaire ; 
tiges plus flexueuses. 

3. — R. SAXATius. Balb. Misc. ,27; R. cycloplujllus Jord. 

ap. Boreau Fl. du centre de la France, ed. 3, p. 19 ; 
R. Monspeliacus L. var. rotundifolius D C. Systema y I, 
p. 260. — Differe du R. Monspessulanus par ses feuilles 
pubescentes. d'un vert gai ou plus foncees, les radicales 
orbiculaires cordees, a divisions larges, courtes, se 
recouvrant par les bords, munies de dents, toutes ou la 
plupart obluses, par son epi fructifere plus allonge, pres- 
que cylindrique (16-20 millim. de long), a carpelles termi- 



nes par un bee etale 
recourbe en hamecon. 



dresse egalant leur longueur et 



Obs. II. — A Fexception du R. saxalilis Balb. (R. cyclo- 
phyllus Jord.), assez repandu dans le midi de la France 
depuis Lyon, et qui existe aussi en Corse, en Aragon et 
peut-etre en Sicile, il est difficile depreciser l'aire geogra- 
phique des autres sous-especes du R. Monspeliacus L. 
Aussi, pour ne point donner dedications erronees sur 

1'habitat de ces plantes critiques, nous nous bornerons a 

(iTufl. Aiece Wiik.est une plante nouveiie pour la Here du Per- I signaler les localites citees par M. Jordan et Jcelles dont 



ugal. 



nous avons recu des exempiaires certains. 



tf 



**' 





















6 



LE NATURALISTE 



R. cylindricus. 



Basses-Alpes : Digne 7 Castellane 



(Jordan). — Var : Amptis {herb. R., Albert). 



R. albicans. — Gard : Vic (Jordan). 



Ampits 



R., Albert) (1). 

R. Monspessnlan 



Hkrault : Castelnau (Jordan). 



Gard: Ponchonet pros da Vigan {herb. R., Anthouard). 

Var. Lagdunensis. — Rhone : Givors, Beannand, etc. 
(Jordan) ; Saint-Genis- Laval (herb. IL, Duchamp). 

Var. Gonnetii. — Gard : Tresque (Gonnet sec. Jordan) ; 



le Vigan {herb. It., Anthouard). 



{A star re.) 



errata 

Dans In mise en page de Particle de M. Rouy, dans le Natnraliste 
du i er d^cembre deux lignes ont ete sautees au commencement de la 
diagnose du Thalictrum glaucum. — Voici comment cette diagnose 
doit ittvc r&ablie : 



Th. iilmiciiifti Desf. 



Tige peu compressible, stride, gabre 

ou pourvue inferieurement de ti s fines papilles blanchatres. Feuilles 
a folioles g'.abres, cori'tces, a nervures tres saillantes, etc. 

Lire egalement, page 564, ligne 5 en descendant, subspici forme, 
au lieu de : sulspiciforme; etligne IS: bords de VAude enCapsir, au 
lieu de : bords de PAuder en Capsi. 



LES PAMSITES EXTERIEURS 




(Suite) 



La seconde espece, dont nous allonsparler, est la Puce 
penetrante, insecte fort remarquable, surlequel nous nous 
etendrons davantage. 

La Puce penetrante ou Chique (Rhynchoprion penetrans 
Oken.)— La Chique est suivant les pays appele Tungay 
par les \ raniens, Pigne par les Espagnols, Bicho do pes 
I r Jes Portugais, Nigaa paries Mexicains, Seccec par les 
Incas. Elle est plus petite que la Puce ordinaire dont nous 
a Vans parle plus haut ; ses pattes posterieure,& 
courtes, cequi la prive de la faculty de sauter. Plus vorace 
que notre puce, elle ne lache sa victime que lorsqu'elle est 
entitlement repue. La Chique se rencontre sur les deux 
c6tes de PAmerique Iropicale etnedepasseraitpas, suivant 



sont 




(1) Ardoino {Fl t des Alpes-MariUmes, p. 17) a indiqu£ le 

* R. M § L. = R. alb ns Jord. » a plusieurs localites du 

d£partement d ifaritimes. II y a lieu de supposer que d'autres 

us-esp du II. Mompeliacus que le R. albicans, notamment le 
I ■ >, doivent se i tconlrer aussi dans cette region. 

1 ns son la / Montpellier (II, p. 793), M. Loret 

iit que ie IL n \t\is L. lui paralt embrasser deux especes : 

R. s Balb. et ft. albica lord; et i\ rapporte & cette derniere 

le/?. Mt us Jord. eomrn ynonyme, alors que nous accep- 

tons c i trois noms seulement comme sous-especes a peu pr6s de 

mSme valetir d'un ^ifique unique : R. Mompeliacus L. — Ces 

plain ont, dans teraoli d'assc nombreuses localites indiquees 

| L Loret et Barrandon {loc. «., I, p . 19) p0U r les deux especes 

adopt a par eux. 



certains auteurs, le 29 9 degre de latitude australe. Dans PA- 
merique septentrionale, son existence aeteconstatee a Pile 
de la Providence. D'apres tous lesrenseignementsrecueil- 
lis, il resulte que la Chique ne doit pas depasser le 
30 6 degre de latitude tant dans PAmerique du Sud que 
dans PAmerique du Nord. Une note parue Pan dernier 
dans le Natnraliste disait que la Cliique avait ete recem- 
ment introduite etrepandue surtoutela c6te occidentale 
de PAfrique, sur les bords de la mer et meme loin dans 
Pinterieur ; au temps de la visite du capitaine Burton, en 
18G2, elle y etait encore inconnue. 




La Chique se trouve repandue dans les champs, dans 
le sable du bord de la mer qui en est tout particulierement 
infeste ; elle se rencontre en abondance dans les endroits 
oil il y a une agglomeration d'hommes ou de betes, et dans 
les lieux sales et poudreux. Neanmoins, dans les maisons 
bien entretenues elle s'y presente quelquefois ; mais, 
dans ce cas, e'est qu'elle a du probablement etre apportee 
par des etrangers ou des animaux. II y a certaines loca- 
lites du bord du Paraguay oil il est impossible de se 
rendre, soit de jour, soit de nuit, sans etre infecte des Chi- 
ques ; et cependant la vegetation est magnifique dans ces 
endroits-la, et Phomme non plus que les animaux ne les 
frequentent. Elles sont attirees par la sueur des negres ; 
aussi ne sont-elles nulle part aussi nombreuses que dans 
les lieux sees que les esclaves_ choisissent pour passer la 
nuit. 

On rencontre la Puce penetrante toute Pannee, mais 

Phiver parait cependant plus propiceason developpement. 
Le nom de Rhynchoprion a pour etymologie : puyXog 

bec,etTcpuov scie, nom fonde sur la disposition qu'affecte 

la bouche de Pinsecte. On a voulu creer deux especes dif- 
ferentes de Chiques, celle qui vit sur Phomme et celle 
qui s'attaque au animaux ; on se basait sur ce fait que la 
Puce ordinaire, qui vit aux depens de Phomme, constitue 
une espece tout a fait differente des autres especes para- 
sites des animaux; et on pretendait qu'il en etait de meme 
pour la Puce penetrante. Comme on voit tres rarement les 
oeufs de cette derniere murir sur Phomme et que Pespecese 
propage de plus en plus, il reste a penser qu'elle se deve- 
loppe sur les animaux et qu'elle vient ensuite attaquer 

Phomme. ^^ 

C'est au fils de Johannes Heurnius, comme son pore 
professeur a PUniversite deLeyde, qu'on doit la premiere 
observation particuliere (1637), sur la Chique et les acci- 
dents produits par elle. 

La Puce penetrante different dela Puce ordinaire par sa 
taille plus petite ; cependant la lete est relativement plus 
grosse. La tete est la meme dans les deux sexes ; elle est 
limitee dans la partie voisine des joues par un filet un peu 
saillant portant une serie de soies droites et roides. Les 
yeux sont grands ; la peau est d'un blanc rougeatre avec 



une tache blanche surle dos ; les antennes sont les memes 

M _. t _, . que celles de la Puce, elles sont places derriere les yeux, 

d J ontm^Uo^R Zsi fl?vf ""*? jfr^T' dans une facette des J oues - A 1'extremite de chaque man- 

p. 4n, ont mentionne leA. Momp icus var. cuneatus D G. k Banyuls- ,., . . L , , ., 

sui tf er, dans les Pyrtn&s-Qrient ;s , d'aprfe Pherbier de Lapeyrouse. d^uleon rencontre un crochet recourbe en arnere, ce qui 

La descrip m de la piante de c e locality donnee par M. Loret? explique la difficulty que Pon eprouve a retirer Panimal 

arait indiquer qu'elle doit etrt oportee au it. albicans. I introduit sous la peau. L'appareil de perforation se trouve 




St... 




LE NATURALISTE 



.7 



dans un espace vide forme paries deux mandibules; ilest j eloigner la Chique. Pour sedebarrasserde r ^ ns _ ect _ e ^ fo ^ 
de forme prismatique et a ses parois de cote divergeant " ' ' " ~ J » -*~ ~* 



plus ou moins rectangulairement. La partie dorsale se 
trouve armee d'une arete sailiante formee de trois dents 
pareilles a celles d'une scie.Le thorax est compose de trois 
articles inegaux,les deux premiers tres etroits, sans ran- 
gees d'epines mousses au prothorax, le dernier un peu 
plus large, portant lateralement des prolongements qui 
sont des rudiments d'elytres ou d'ailes. 

Les ceufs remplissent tout l'abdomen de la femelle et 
celui-ci acquiert une grosseur extreme, telle que l'animal 
n'est plus qu'une dependance de son ventre, comme le 
dit avec espirt M. Van Beneden. Une fois fecondee, la 
femelle recherche l'homme ou les animaux ; car la femelle 
seule attaque l'homme. Elle a besoin d'une grande quantite 
d'aliments pour amener a bien sa progeniture, qui se 
compose d'une centaine d'oeufs. Elle se porte de preference 
sur les parties de la peau epaisses et molles en meme 
temps ; elle s'introduit obliquement sous la peau et suit, 
probablement pour plus defacilite, un des pores de la peau. 
Les personnes dont la peau est tendre sont plus exposees 
que d'autres a l'attaque de la Chique ; les indigenes 
paraissent pouvoir s'exposer impunement aux Puces la 
oil les Europeens seraient surement altaques. lixee a 
la peau, la Puce apparait d'abord sous la forme d'un 
point brunatre et allonge, couleur et forme du reste 
de l'insecte. Ce point disparait petit a petit jusqu'au 
moment ou la Chique se fixe definitivement. Son abdomen 
se dilate, mais onn'en apercoit a travers l'epiderme que la 
partie posterieure. Parvenu au terme de sa gestation, l'in- 
secte ne presente plus qu'un abdomen qui peut atteindre 
le diametre d'une forte lentille. Ce developpement qu'offre 
l'abdomen est entitlement du a la presence des ceufs dans 
cette partie du corps. La sortie des oeufs termine a la fois son 
existence parasitaire et son existence individuelle ; l'insecte 
meurt et tombe avec la peau. Comme nous l'avons dit deja, 
la femelle seule s'introduit sous' la peaude l'homme et des 
animaux ; mais a l'etat de liberte, les deux sexes piquent 
egalement l'liomme de la meme facon que la Puce de nos 
pays ; la piqure en est irritante et des plus desagreables. 

Chez riiomme, comme chezles animaux, les pieds sont 
les parties les plus particulierement choisies par la femelle. 
En effet l'etat demollesse de l'epiderme est encore augmente 
aux pieds par le suintement onctueux qui s'y fait et dont 
l'abondance sous les tropiques est plus considerable qu'en 

Europe. 

Des que la Chique se trouve en contact avec le derm e, 
un leger pruritse fait sentir et se continue enaugmen tant 
graduellement ; dans la suite la portion du derme s'irrite 
de plus en plus et finit par causer une violente douleur . 
Plusieurs voyageurs signalent la mort de gens atteints par 

la Chique. 
Comme moyenspreventifs pour segarantirdel'insectesoit 



introduit sous l'epiderme, il faut l'extraire desaretraite et 
remplir la cavite qui se trouve ainsi produite avec de la 
charpie et du cerat. Le traitement en masse est celui au- 
quel on a recours pour enlever un certain nombre d'in- 
sectes a la fois : il consiste dans des applications qui ont 
pour resultats d'operer la separation du derme, de la por- 
tion de l'epiderme alaquelle lesinsectes adherent par leur 
partie posterieure : la nature de ces applications varie sui- 

vant les lieux. 

M. Chappe d'Auteroche signale la deformation du pied par 
sui te de la penetration frequente de l'insecte dans cette partie 
du corps ; il fait aussi remarquer que le tetanos peut resulter 
de l'oubli de clore l'ouverture produite par son extraction. 

L'ennemi dela Chique passe pouretre le Ravet (Kakerlac 
americana); il detruit l'insecte sous lous ses etats. 



(A suivre.) 



Paul Grollt. 



BIBLIOGRAPHIE 



Edmond Andre, Species des HymSnopteres dEarope 
et d'Algerie, 21 e , 22% 23 e fascicules, l er octobre 1884, 

(Suite et fin) 




Le groupe de YO. spinipes Linn., de toute FEurope, est 
remarquable par les handles des males souvent eperon- 
nees, leurs cuisses parfois dentees,leurs antennes enrou- 
lees a l'exlremite. Cette espece est attaquee par les 
Chrysis neglecta, integrella, Udentaia et rarement 
tgnita.Dsns ce groupe se trouve 0. coasobrinus L. Dufour, 
de France meridionale, d'Algerie, d'Espagne, se creusant 
un terrier dans le sable gras oil le terrain argileux et le 
surmontant exterieurement d'un tuyau de terre guillo- 
chee;; 0. spiricomis Spinola, de Piemont et du Tyrol, a 
ailes obscures a reflets violets, de nids analogues aux pre- 
cedents, que Giraud a reconnu etre approvisionnes avec 
les Iarves vertes de Lijda inanita, Tenthredinien dont les 
fausses chenilles construisent ces longs fourreaux compo- 
ses de feuilles enroulees en spirale qu'on trouve sur plu- 
sieurs especes de rosiers. A ce meme groupe appartient 
0. loevipesShnck&vd, dont Leon Dufour a trace un tableau 
exact et complet sous le nom d'O. rubicola. La femelle 
creuse une serie de loges dans une tige de ronce inclinee, 
ces loges construites en terre gachee avec de la salive, a la 
file les unes des autres et renfermant chacune une larve, 
et separees par des cloisons de debris de moelle petrie. 
Au mois de juin, la mere a pondu dans chaque coque un 
oeuf jaune, oblong, cylmdroi'de, un peu arque- La larve, 
quand elle a fini de croitre et de manger, tapisse sa loge 
d'une membrane soyeuse, lustree et blanchatre. L'extre- 
mite superieure de chaque coque est tronquee et corres- 
pond a la tete de la larve. Elle est fermee par un 
^teUei^e^^^^ diaphragme soyeux et debordee par un prolongement du 

toutd'abordl'abandonetlanonfrequentation des lieux ou il tube terreux ; le bout inferieur est ar.ondi sans dia- 

~ phragme. Les coques sont approvisionnees des Iarves 

vertes du Phytonomas variabilis, Cliarancon qui vit dans 
les luzernes, roulees en cercle sur elles-meraes et empilees . 



se rencontre, lieux qui sont souvent signales aux etrangers 
par les indigenes. En general les huiles et les corps gras 
sont les moyens les plus simples et les plus propres pour 






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^B. 









8" 



LE NATURALISTE 



■ 

Les larves apodes et d'un jaune assez vif de l'Odynere, 
prennent tout leur accroissement en dix ou douze jours, 
puis s'engourdissent pour dix a onze mois. L'insecte par- 
f.iit sort de la fin de mai a la mi-juin. La transformation 
en nymphe avait eu lieu dans le courant d'avril ou de mai. 
La sortie de l'insecte parfait ne se fait pas Iateralement ; 
mais ilperce le couvercle de sa cellule, et c'est le dernier 
pondu qui eclot le premier et ainsi de suite. 

Sydney Smith Saunders a reconnu, tant pour YOdynerus 
Isevipes que pour les Hymenopteres de divers groupes 
nidifiant en serie dans les tiges seches ou qui perforent 
les bois, que les males se trouvent toujours par-dessus et 
les femelles en bas dans les premieres cellules construiles. 
Les males eclosent les premiers, mais n'ont jamais besoin 
d'attendre que les femelles plus tardives leur laissent le 
chemin libre, puisqu'elles sont toujours placees au- 
dessous. La femelle fondatrice du nid sait done pondre 
d'abord les ceufs de femelle, puis des oeufs de male, par 
unfait analogue aux pontes a sexealternede la reineAbeille. 
Les parasites du nid rubicole de YOdynerus Isevipes 
: Melilobius Andonini, Criplus Mmaculatus, 
Chrysis spendidula et ruiilans. 

M. Edmond Andre fait ensuite l'etude, pour terminer 
les Eumeniens, du genre ^taster LepeletierSaint-Fargeau, 
et PterocheilusYAug. Puis il passe al'examen de la tribu 
des Masariens ou Guepes solitaires Melliferes. Ce sont des 
Guepes a ailes superieures a peine plissees en long et qui 
approvisionnent leurs nids en terre gachee de patees 
mielleuses. Les especes, qui paraissent rares, sont de 
l'extreme midi de FEurope et de FAfrique septentrionale. 
A citer surtout le genre Cerarnias Latreille et Coelonites 
Latreille. II y a dans ce dernier genre des faits tres curieux 
etablissant une sorte de mimSiisme avec les Chrysidiens, 
par une singuliere position de repos. L'abdomen peut 
alors se replier autour de son articulation, de facon a 
appliquer tout a fait sa face ventrale sur la poitrine et de 
permettre ainsi a PHymenoptere d'enserrer entre ces deux 
parties une lige ou un felu. Dans cette position, les ailes 



sont 



eiJ memes, passant dans la fente qui existe entre 
F abdomen et le mela thorax, seplacent sous la partie infe- 
rieure du corps et semblent avoir disparu; les antennes 
s'appliquant aussi contre la tete, l'insecte devient presque 
meconnaissable. 

Aux fasci des publies se joignent des planches repre- 
sentant des det Us d'organisation des Guepes sociales et 
solitaires ainsi que des nids varies. 

Maurice Girard, 



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de leuremaintenant boulevard Richard- Lenoir, 111, Paris. 



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tenue dans 2 boites a rainures. Prix : 42 francs. 



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- 

Thais polyxena q qq 

— rumina \ x 

Parnassius Delius o* 1 25 Q 2 25 

Zegris meridionalis.. 4 50 

Argynnis paphia v. Valezina ] 2 „ 

Limenitis Camilla 75 

Vanessa xanthomelas | 50 

Apatura iris | ^ 

CEnis aello. d" 1 » Q 1 50 

Deilephila Nerii 4 50 

— hippophaes 2 50 

OKnogyna boetica {q , 

Endromis versicolor a* 1 » Q 1 50 

Lasiocampa otus ........ cf 3 » Q 4 » 

Megasoma ropanda 0*0 is » 

Jaspidia celsia 3 „ 

Ca!opha>ia casta t j , 

Eurhipia adulatrix. 50 

Plusia illustris q pjq 

— consona | 25 

Catocala electa | 35 



Le gerant, Emile DEYROLLE 



5429 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 








\nn£e. 



IS Janvier 1885. 



JOURNAL 



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ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU l' r SEPTEMBRE 1884 

Formation et developpement des cellules mrveusesde 
la moelle Spinier e des mammiferes. — Note de M. W. 
Vignal. 

Dans la moelle de l'embryon de brebis, les cellules ner- 
veuses apparaissent indubitablement a une epoque corres- 
pondant a la dixieme semainede la vie uterine de l'embryon 
humain, et proviennent de la transformation des cellules 
formant la substance grise embryonnaire. Ces cellules 
apparaissent en deux groupes principaux situes, Pun en 
bas de la corne anterieure, et l'autre, plus haut, et sur le 
cote externe de cette corne ; ce qui correspond, dans la 
moelle dorsale, au groupe anterieur, d'une part, et au 
groupe de la corne laterale, d'autre part. Ces cellules, plus 
grandes que les voisines, sont irregulieres, a prolonge- 



ments greles parfois di vises ; leur noyau, a contour net, est 
volumineux et renferme en sus de vagues granulations un 
ou deux nucleoles. Leur protoplasma, peu dense, renferme 
de xiumbreuses vacuoles faisant defaut dans les prolonge- 
ments. Ces derniers se ramifient souvent ; dans certaines 
cellules plus developpees, Tun de ces prolongements, 
plus grele, ne se ramifie pas et parait homogene. If. Vi- 
gnal y voit le prolongement de Deithers. Les cellules de la 
colonne de Clarke apparaissent, chez l'embryon de brebis, 
quand il a m ,17 de long, ce qui correspond au foetus 
humain de quatremois, comme age. Lorsque cet embryon 
atteint ,n ,25 (cinq mois et demi pour l'embryon humain), 
ces prolongements augmentent de volume, et les cellules 
des cornes posterieures apparaissent- A Tepoque corres- 
pondante au sixieme mois de la vie uterine du foetus 



humain, Tembryon de brebis montre que dans quelques 
cellules des cornes anterieures la surface du corps cellu- 
laire est vaguement striee. Ce sont de fines granulations 
du protoplasma qui se rangent en series lineaires, dans 
une partie seulement et jamais dans les prolongements ; ce 
ne sont pas des fibrilles. Auseptieme mois, les cellules des 
cornes anterieures, differenciees, presentent nettement des 
fibrilles avec quelques granulations protoplasmiques. Au 
huitieme mois, ces memes cellules ont la structure fibril- 

Km . 

laire qui s'etend dans les prolongements, et parait, quoique 

peu distincle, dans les cornes posterieures. Ala naissance, 

presque toutes les cellules sont striees et semblables a 

celles de la moelle adulte, quoique d'un volume moindre 

et ne renfermant jamais de granulations pigmentaires. 

En outre, jamais pendant leur formation-, les cellules 

ne se reunissent par petits groupes, de facon a consti- 

tuer des ganglions dissimules ; elles s'etendent sous 

forme de colonnes presque regulieres dans toute la lon- 
gueur de la moelle. 



SEANCE DU 8 SEPTEMBRE 1884 

Nouvelle contribution a la question d'origine des 
phosphates de chaux du sud-ouest de lz France. 
Note de M. Dieulafait. 

M. Dieulafait maintient ses conclusions precedentes, 
que les substances salines (gypses, sel gemme, etc.) 
existant dans l'ecorce de notre globe sont des produits 
purs et simples d'evaporation d'eaux de mer acciden- 
tellement isolees des oceans. A Varen, au bord de 
l'Aveyron, non loin de la region a phosphoristes du 
Tarn, d'importants depots de gypse existent, que l'on 
rapportait au trias; M. Perron, en 1874, montra qu'ils 
appartenaient a l'age tertiaire. Dans cette region les 







r< 









i 



10 



LE NATURALISTE 



• I 












i 








■ 



t 






vers cette region, et onl subi de grands 



gypses sont intimement lies a des depots renfermant f du jarosse ou du rutabaga. La ration quotidienne avait 
des debris de Paleotheriurn , ce qui met les gypses autant que possible la meme valeur nutritive. Trois 
du Tarn sur riiorizon de ceux de Paris. Les gypses series d'experiences ont donne des resultats qui 
de 'Salle, de Lavaurette, de Servanac, de Vindruc, de conduisent aux conclusions suivantes : 1° la pulpe de 
Cordes, etc., sont du meme age. Vers Fepoque de | betterave, obtenue par diffusion et conservee en silo, 

augmente la secretion lactee des vaches, dans une 
proportion, generalement elevee, qui varie avec les 
habitudes des sujets et avec la nourriture complemen- 
taire qui leur est donnee; 2° elle augmente egalement 
la quantite du beurre contenu dans le lait, sans 
parailre nuire a sa qualite; 3° mais elle a le double 
inconvenient d'alterer la saveur et d'accelerer la coagu- 
lation spontanee du lait, lorsqu'elle est administree a 
haute dose et sans un correctif tel que celui des 
fourrages verts; 4° toutes les substances alimentaires 
facilement fermenlescibles presentent vraisemblablement 
les memes defauts et doivent etre ecartees le plus pos- 
sible du regime des vaches laitieres, lorsque le lait est 
destine a etre consomme en nature; 5° elles sont, au 
ccntraire, avantageuses pour rengraissement du betail 
et pour Findustrie du beurre. 



Feocene superieur, les eaux de mer avaient une grande 
extension 

deplacements, frequents, determinant la formation de 
lacs et etangs sales qui ont abandonne par evaporation 
les gypses et autres produits qui accompagnent les 
gypses d'origine marine. II n'est pas douteux qu'on 
ne trouve dans ces gypses des traces de produits 
organiques marins, ne fiit-ce que parmi les foramini- 
feres. Ces substances qui accompagnent toujours les 
gypses d'origine marine, lithine, strontiane, manganese, 
zinc, cuivre et acide borique, se rencontrant dans ces 
depots, comme dans les depots et marnes saliferes 
modernes, M. Dieulafait conclut que les gypses du 
Tarn et du sud-ouest sont comme ceux du midi de 
la France et du bassin de Paris, des produits d'evapo- 
ration d'eaux marines. De la, cette conclusion : 1° Si 
le creusement des cavernes a phosphorites et le depot 
des phosphorites se sont produits avec Intervention 
necessaire d'eaux de lagunes plus ou moins salines, 



seance du 15 



1884 



age tertiaire, on ne devra rencontrer de phosphorites 
que dans les terrains calcaires reconverts ou qui ont I K ~ ' d ^£ J nh ev\\rRsph.' Dubois. 



lumiere 



ete reconverts par des depots tertiaires. La presence 
possible de phosphorites dans un terrain calcaire 
compact ne sera done plus, en aucune facon, une question 
d? altitude absolae par rapport au niveau des mers actuelles 
comme on Fadmet aujourd'hui ; ce sera, avant tout ? 
une question de position relative des calcaires a 
phosphorites par rapport aux terrains tertiaires. 




MM. Aubert et Dubois ayant eu en leur possession un 
Pyrophore vivant, se sont occupes de rechercher la com- 



Quand 



trouve un calcaire crevasse, contenant 



des poches, etc., il faudra rechercher d'abord si ce 
terrain est ou a ete domine par des terrains tertiaires 
de Fage de Feocene superieur, ensuite s'assurer, par 
une analyse, si la roche calcaire est suffisamment riche 
en phosphates; ces deux points resolus par Faffirma- 
ticn, on aura a peu pres la certitude d'etre dans une 
region a phosphorites; 

2° Les gisements de phosphorites connus, particulie- 
rement en France, ne constituent qu'une minime partie 
de ceux qui existent, puisque les terrains qui les 
renfermetst ne representent qu'une tres faible portion 
de ceux qui, d'apres les conclusions formulees plus 
haut, doivent en contenir. 






In/fuenee de la pulpe de diffusion sur le lait de 
vache. — Note de MM. A. Andouard et V* Dezaunay. 

-ur douze vaches mises en experien<?e, cinq ont 
reiu; la pulpe; les sept autres, tenues en stabulation 
permanente, avaient leur nourriture exactement pesee, 
et le lait, mesure avec soin, chaque jour, ctait analyse 



position et les proprietes de la lumiere qu'il emet. L'exa- 
men spectroscopique n'a permis de distinguer aucune 
raie, brillante ou obscure. Le spectre produit, fort beau, 
occupe 75 divisions du micrometre et s'etend du cote du 
rouge jusqu'au milieu de Fintervalle qui separe les raies 
A et B du spectre solaire, et du cote du bleu, un peu plus 
loin que la raie F. Si Feclat de la lumiere varie, le rouge 
et Forange disparaissent, et le spectre ne se compose plus 
que de vert avec un peu de jaune et de bleu; les rayons 
verts persistent les derniers. Si Finsecte redevient lumi- 
neux, le vert parait d'abord, puis le spectre s'etend un 
peu du cote du bleu, et beaucoup du cote du rouge. II en 
resulte que les rayons les moins refrangibles sont emis 
les derniers, ce que ne produit aucune autre source lumi- 
neuse. On observe que lorsque la lumiere commence a 
paraitre, la partie centrale et interieure seule est lumi- 
neuse ; lorsque la lumiere est tres vive, elle gagne la 
couche peripherique ou MM. Robin et Laboulbene ont 
constate la presence d'une multitude de fines gouttelettes 
graisseuses ; ces savants pensent que cette couche peri- 
pherique ne produit pas de lumiere, et reflete seulement 
celle de la partie centrale ; en tout cas, ce n'est que lorsque 
cette couche s'illumine que les rayons rouges apparaissent. 
Au point de vue des proprietes photochimiques et phos- 
phorogeniques, les auteurs de cette note ont essaye 
Faction chimique de cette lumiere sur des plaques sen- 

a 

sibles au gelatinobromure d'argent; apres des tatonne- 



peu dlieures apres Femission. Avec la pulpe et le foin ments, Fexperience reussit, et le temps de pose fut 
nece aire, Falimentation comportoit du son, du trefle, ' diminue devingt a cinq minutes; la mortde Finsecte arreta 



■ 









! 



LE NATURALISTE 



11 



les experiences. Ges photographies montrent que la lumiere 
des Pyrophores a une action chimique intense ; elle deter- 
mine la phosphorescence du sulfure de calcium apres line 
exposition directe de cinq minutes, etle pheaomene, faible 
mais visible, se prolonge quelque temps. Cette lumiere 
rend fluorescents Peosine et l'azotale d'urane. Elle n'a 
rien produit avec le sulfate de quinine et la dissolution 
etheree de chlorophylle. 



SEANCE DU 22 SEPTEMBRE 1884 

Contributions a la fiord cretac&e deVouestde la France. m 

Note de M. L. Crie. 

Les empreintes vegetates etudiees par M. Crie provien- 
nent pour la plupart des environs du Mans et surtoul des 
carrieres de la Butte; elles se trouvaient dans des amandes 
d'argile a Pentacrinits cenomanensis. Ces argiles et ces 
gres, occupant le fond des carrieres, sont surmontes par 
des sables et des gres a Ammonites rhotomagensis , et a 
Trigonia doedalea, crennlata et sinnata. Les fougeres 
osmondees sont representees par 1'empreinte d'une foliole 
de Feliciles vedensis. Les gymnospermes (cycadees .et 



coniferes) offrent les 



genres 



Cycadites j Andostrobus, 



Clathropodiam, Cycadeoidea, Araacaria, Pinus, Wid- 
dringtonia et Glyptostrobus. Le Cycadites sarthacensls 
de la craie glauconienne des environs du Mans serap- 
proche de deux cycadites de l'oolithe de Mamers ; on 
reconnait un appareil male de cycadee, avec une etamine 
isolee montrant la disposition et le mode de groupement 
des sacs polliniques. Les Clathropodiam Trigeri et bora- 
tarn rappellent, pour le port et la form6, les troncs des 
Encephalartos africains. La Cycadeoidea Guilleri est 
representee par un troncon de cycadee large de m ,25 y 
compris.les bases des petioles etalees ; ces appendices 
longs de m ,10 forment, sur la tige, un fourreau tres epais. 
Parmi les coniferes, V Araucaria cretacea des environs 
du Mans et de Nogent-le-Rotrou; le Pinus Guillieri dont 
les cones sont comparables a ceux des Pseadostrobus 
actuels ; le Widdringtonia mrthacensis, et le Glypios- 
trobus cenomanensis qui ressemble au G. gracillimas 
des couches cretacees de l'Amerique du Nord. La flore du 
gres vert de la Sarthe renferme une empreinte de mono- 
cotyledone, Palzeospathe sarthacensis ; c'est la fructifica- 
tion d'un palmier, ressemblant aux jeunes spathes des 
Sabals et des Phoenix avant le developpement du rachis. 
II faut signaler encore une dicotyledone, le Magnolia sar- 
thacensis, provenant comme le Pal&ospathe des terrains 
cretaces de la Butte. La flore cretacee de l'ouest de la 
France comprend ainsi actuellement : comme crypto- 
games, une fougere ; comme gymnospermes, cinq cyca- 
dees et quatre coniferes ; comme phanerogames mono- 
cotyledones, un palmier; et enfin comme phanerogames 
dicotyledones, un magnoliacee. 



DIAGNOSES DE COLEOPTERES NOUVEAUX 

DE LA. TERRE DE FEU 



Par L. FAIRMAIRI 



llomalodc: adorsigera. 



■ 

tacea. 



infuse 



mads oeneome tallica, macula suturali 



elongata 



haud 



transversa, diffusa, elytris paulo longiorihus. 

Brachymys n.'g. Amphicyrlis paulo affine, sed capite 
vix retracto, labro brevi, antennarum articulo2° tertiofere 
;equali, prothorace gibbosulo, poslice angustato, elytris 
valde convexis, tibiis fere cylindricis haud sulcatis, tarsis 
elonratis, articulo 3° lamellato, 4° minutissimo. 

B. puberulus. — Long. 43/4 mill. Breviter ovatus, fuscus, 
nitidus, submetallescens, pilis rufis sat dense vestitus, 
capite punctato, summo impresso, antennis pedibusque 
picescentirufis, prothorace subtiliter dense punctato, ely- 
tris brevibus sat fortiter, sat dense punctatis. 

Deromecus canaliculars. — Long. 13 mill. Elongatus, 
niger, nitidus, capite fortiter punctato, summo impresso 
prothorace angusto, basi dilatato, dense punctato, medio 
late sulcato, elytris tiiatopunetatis, intervallis subtilis- 

sime dense punctulatis. 

Corymbites fuegensis. — Long. 10 mill. Elongatus, dorso 
planiusculus, niger nitidus, obsoletissime metallescens, 
subtiliter pubescens, pedibus piceofuscis, capite summo 
impresso, prothorace antice basique fere sequaliter angu- 
stato, angulis posticis valde elongatis, dorso subtiliter sat 
densepunctato, elytris punctatostriatis, intervallis planiu- 
sculis, subtiliter punctato-rugulosis. 

Haplous, n. g. Telephoris vah'e affine, sed articulo 
tarsorum penultimo haud bilobo, unguibus simplicibus 
distinctum. 

H. segmentarius. — Long- 7 a 11 mill. Atrosubcyaneus 
nitidus, elytris fere opacis, rugosulis, abdomine brevio- 

ribus, illo rubro anguste segmentate), prothorace vitta 
angusta basali rubra, ad angulos dilatata. 

Hydromedion (Mylops) anomocerum. — Long. 9 mill. 
H. var legato simiilimum, sed colore dilutiore, minus 
distincte ac minus numerose maculosum, anticulis 3° pri- 
mis subaequalibus, 4° 6° que quinto brevioribus, 10° nomo 
paulo treviore, 11° nono haud longiore, prothorace magis 
cequaliter punctato, elytris apice tantum marginatis. 

Parahelops angulicollis. — Long. 7 mill. p. pubescenti 






J 

Lissoplerus llyadesii. — Long. 11 mill. L. quadrinotato 
simillimus, sed minor, minus parallelus, prothora is 
angulis posterioribus valde obtusis et elytris utrinque 
apice tantum rufonotatis. 

Cascelius llyadesii. —Long. mill- C. ceneonigro persi- 
milis, sed multo minor, capite minus impresso, protho- 
race breviore, lateribus magis arcuatis, angulis anticis 
magis oblilcratis et elytris paulo brevioribus. 

Long. G mill. Ovata,planiuscula. 

fusca, vageceneomlcans, elytris margine extern o suluraque 
anuTisle fulvis, macula magna dorsali communifulvoles- 





— - 







pp 









simillimus, sed paulo brevior, baud pubescens, antennis 
brevioribus, apice crassioribus, articulo 3° secundo parum 
longiore, prothorace lateribus raagis acute marginatis, 
leviter angulato rotundatis, angulis postiris sat acutis, 
dorso tenius punctato, elytris fortius punctatis. 

Brachyhelops, n. g. Proecedenti affine, sed corpore lato, 
brevi, capita latiore, antennis gracilioribus, articulis 2-4 
subaequalibus, ultimo proecedente fere duplo longiore, 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENIER ET GODRON 

Par G. ROUY 

(Descriptions des plantes signalees en France et en Corse depuis 1856) 

(Suite) 



R. flabellatus Desfontaines Flora Atlanlica, I, 



latis, tarsis articulo penultimo bilobo, prosterneo mesoter- p. 438, tab. 114; Nyman Conspectus fl. Europ 



noque latis, coxis baud prominentibus. 



p. 8; 



Hisp 



li. Hahnii. — Long. 6 mill. Ovatus, convexus, piceo 325; Ed. Bonnet, Petite Flore Parisienne p. 12. 



rufulus, nitibus, subtus cum antennis, pedibus elytro- Ranuncula strum DC. 



Sect. 



Sou che composee de fib ri lies 



rum margine reflexo dilulior, capite sat dense punctato, . tenues et de grumeaux ovoides ou napiformes, renfles. 

antice fere truncato, prothorace transverso, elytris parum Tige dressee de l-5decim.,* simple ou peu rameuse, ordi- 

a ustiore, brevissii.io, sat dense punctato, elytris dorso nairement uniflore, parfois 1-4 flores a rameaux e'tales- 

sat fortiter substriatopunctatis, intervallis haud punc- dresses. Feuilles radicates longuement petiolees, les 

talis - ' primordiales entieres arrondies ou 2-S-dentees au 



Antarctobius n. g. Barynotis affine, sed funiculi arti- sommet, souvent detruites a 1'anthese, les suit-antes k 
culo 1° secundo longiore, scapo oculos fere superante, pourtour pentagonal ou ovale, tripartites, a divisions 

apice sat abruptecrassatum. ' ~' ------- - . . - 

A. flyadesii.— I ong. 1 1 mill.-Elongatus, convexus, elytris 
ompressis, rufeseentibrumeus, fusco vage plagiatus, 



plus ou moinsprofondes et de forme variable, la moyenne 
longuement petiolulee, les ullimes ordinairement plus 
grandes, plus divisees et a segments allonges, plus etroits; 



pube tenuigrisea parum dense vestitus, rostro carinato, feuilles caulinaires 1-2, rarement 3-4, plus petites • les 
prothorace elytris angustiore, lateribus medio fere paral- | bracteales lineaires entieres ou trisequees, le segment 

median alors plus long que les lateraux. Fleurs de gran- 
deur variable; pedoncules arrondis, le plus souvent un 



lelis, dorso subtiliter 



lytris apice obtuse 



bituberculatis, tenuiter punctatosubstriatis", intervallis 
planis, alternatum vix convexiusculis. 
A. lacunosus. — Long. 9 mill. Oblongus, minus com- 

pressus, piceus, sat nitidus, costulis, antennis pedibusque 
rufopiceis supra pube tenussima grisea parum dense vesti - 

tus, rostro haud carinato, prothorace subtiliter dense 
punctato, basi et antice impresso, elytris substriato punc - 
tatis, sutura et interdum intervallis alternatim elevatis, 
soepe interruptis et postice transversius connexis. 

Hornius n. g. Cerambycidarum, Dorcasomis paulo af- 
I tesed capite brevi, oculis sinuatis, antennis corpore bre- 
vioribus, aboculis distantibus, prothorace brevissimo, tibiis 
longe sulcatis, apice inermibus, tarsis articulis 3° primis 
subaequalibus, 4° gracili, unguibus simplicibus. 

H. sulcifrons. — 

subparallelus, fulvus, nitidus, elytris pallidioribus,~sed 
fulvoobscuro vage marmoratis, capite s it fortiter sulcato, 
prothorace lateribus valde angulatorotundato, dense 
punctato, elytris punctis obscuris irregulariter impressis, 
punclis apice rarioribus. 

Long. 4 1/2 mill. Elongatus, abdo- 



'.cve 



marge. Petales. obovales d'un jaune 




Long. 8 mill. Alatus, breviter oblongus, 



plus rarement legerement etales. Sipales Male's ou appli- 
ques sur la corolle, non reflechis, jaunatres ou d'un vert 
clair, rarement d'un vert plus fonce ou rougeatres, velus 
sur le dos, a poils apprimes ou peu etales, glabres a la 

_ luisant; nectaire 
obove emargine. fipi fructifere oblong, ou cylindrique 
dans certaines formes, de 10-12 millimetres de long sur 
-8 millimetres de large, a receptacle glabre portant de 
ires nombreux carpelles ovales ou obovSs, legerement 
poilus ou glabres, ponctues, attenues en un bee plus 
court qu'eux, plus ou moins re 
presque droit. — Avril-juin. 



sommet 



mollis 



Othtus antarcticus. 
mine leviter ampliato, brunneopiceus, nitidus, palpis 
pedibusque testaceo rufis, prothorace et capitis basi 
nterdum fere rufescentibus ; capite parce punctato, 
hirto, prothorace antice cum angulis rotundato, dorso 
seriebus 2 multipunctatis, lateribus punctatis, elytris 
prothorace brevioribus, sat fortiter punctatis. 






Tige velue a la base, peu 
elevee (1-3 decim.), simple ou pourvue de 1-2 rameaux et 
de 1-2 feuilles ; feuilles primordiales petites, detruites a 
Fanthese, les autres a lobes des segments ou divisions 
presque egaux, oblongs-lineaires ou lineaires, obtus, a 
pubescence tres fournie, molle ; carpelles glabres attenues 
en bee subule droit, a peine recourbe au sommet. 
R. chcerophyllos D C.,Gren. et Godr.,auct. mult, gall., non 
L.; R. choerophylloides Jord. 

Est assez repandu en France depuis les environs 

• "1 a * 



Hab. 



et la 



de Paris jusque dans la region mediterraneenne 
Corse. Semble ne pas etre commun sur le calcaire, si 
meme il y a ete rencontre. — Nous Favons recu des loca- 
lites francaises suivantes 
Fontainebleau, Mare-aux 

Pelouses arides a Romorantin (E. Martin in exsicc. 
Ch. Magnier Flora selecta, n° 452 



Marne : ForU de 

Loir-et-Cher 



m 



lobus Freyn). 



Haute-Loire : Lempdes (Heribaud). 



-*. \ ~* "- * — *-r *-* V* \^* J * 

Gard : Chdtaigneraies des terrains schisteux a laBouisse 












1 



I 












LE NATURALISTE 



13 



pres du Vigan (Anthouard). 



Hebault : Montpellier 



(Loret). — Var : Sollies-Pont (Hanry), 

Var. flavescens Freyn loc. ciL — Tige fortement poilue 
ou velue a la base, a pubescence apprimee dans la partie 
superieure, de taille relativement elevee (25-50 centimetres), 
rameuse et munie de 3-4 feuilles : feuilles primordiales 



de la var. acutilobus, indiquce dans la llore pnrisienne 
par M. Bonnet. 

Var. acutilobus Freyn. — Tige peu elevee (10-25 cent.), 
dressee, ne portant que 1-2 feuilles, simple ou peu ra- 
meuse a rameaux ascendants; feuilles primordiales petites, 
delruites a l'anlhese, les aulres a. lobes courts, ovales, 



grandes, au moins quelques-unes exislant encore lors de oblongs ou lanceoles, aigus. - R. dimorphorhizus Brot 



l'anthese, devenant rougeatres, les caulinaires decrois- 
santes, l'inferieure petiolee, les autres sessiles, toutes 
sensiblement plus grandes que dans la variete precedente 
et a divisions bien plus larges ; carpelles murs a peine 
pubescenls, a bee subule recourbeau sommet. — R. rufu- 
lus Brot. 

Hab. — Alpes-Mamtimes : Entre Bid et Antibes (herb. 
R., Mouillefarine, session extraordinaire de la Societe 
botanique de France, annee 1883) (1). 

Aire geographique. — Algerie, Espagne, Portugal, 
Jersey, Belgique, Italie, Sardaigne, Sicile, Istrie, Dalmatie, 
Grece, Thrace, Crete, Cyclades, Chypre et Asie Mineure. 

Obs. I. — Le R. flabellaius Desf. a ete pris par presque 
tous les auteurs francais pour le R. ch&rophyllos L. Gre- 
nier et Godron, tout en rapportant a lort la plante de Des- 
fontaines comme variete a l'espece linneenne, ontexplique 
(F I. de Fr., I, p. 36) qu'ils croyaient devoir conserver a la 
plante francaise le nom de R. chscrophyllos L., malgre 
les termes linneens : * Calyc. re {lexis, pedum, sulcatis », 
parce que, selon eux, aucune autre espece ne pouvait se 
rapporteraux citations de Dalibard, Barrelier et Bauhin. 
Or, les synonymes enonces par Linne ne sont pas d'accord 



R. Canuti Coss. in Bourgeau Planles des Alpes-Ma- 

ritimes, annee 1863 ; Ardoi no Flore des Alpes-Marltimes , 

p. 16; Nyman Conspectus fl. Europ., p. 9.— Sect. Ranvn- 

culastrum DC — Souche formee de plusieurs grumeau;C 

ovoi'des ou napiformes entremeles de flbrilles capiliaires 

peu nombreuses. Tige grele de 15-25 cenlim., dressee, 

simple ou bifurquee au-dessus du milieu, pubescente a 

poils Stale's -ascendants, non apprimes. Feuilles radicales 

longuement petiolees , toutes a limb e court, ovale pu orbi- 

culaire dans son VO\irlour,irreguliere?nentbipinnatiseque 

a lanieres eiroites , oblongues, lineaires, obluses,ciliees, 

pubescentes a pubescence rude, -les caulinaires subses- 

siles, moins divisees, a segments obtus ou obtusiuscules. 

Fleurs plus petites que celles du R. flabellaius ; pedon - 

cules arrondis, legerement stries vers le sommet, non 

epaissis. Sepales etales ou appliques sur la corolle, non 

reflechis, d'un vert jaunatre, veines, poilus sur le dos, a 

peine glabrescents a la marge. Petales ovales-cuneiformes , 

ironques ou subemargines, d'un beaujaune. Epi fructi- 

fere largement ovale (7-8 millim. delong sur 5-6 de large), 

n , mn „„ A - , , , . , - ^ receptacle glabre portant un nombre restreint (20 30) 

V^Z^^^t^JlZT^Ll™ * I * «« *»~! poctues. compass, s»»LJ. 

t 



figure 581 des Icones de cet auteur represenle bien le R. 
flabellaius a calices etales et nullement reflechis. En outre, 
il existe en Italie, Istrie, Dalmatie, Grece, Crete et dans les I courbe. 



moi 



r 



qiCeux, d'abord droit, puis incurve vers le sommet et re- 

• m 



iles Ioniennes, une plante qui par ses calices reflechis et 
ses pedoncules stries correspond parfaitement au Ranun- 
culus dont Linne, qui l'indique d'ailleurs en Italie, a donne 
la description sous le nom de R. cheerophyllos. C'est a 
elle qu'il faut done laisser ce dernier nom; c'est a elle 
•aussi qu'il convient de rapporter comme synonymes les 
nouns de R. Agerii Bert, et R. peloponesiacus Boiss., et 
d'adjoindre comme variete le R. granu latus Griseb. 

Obs. II. — M. Edm. Bonnet [loc. cit.) a mentionne aux 
environs de Paris la var. acutilobus Freyn du R. flabella- 
ius, sans y signaler la var. mollis assez repandue dans la 
foret de Fontainebleau. Peut-etre cet auteur a-t-il admis 
notre plante comme var. acutilobus, quoiqu'elle corres- 
ponde bien a la var. mollis par ses feuilles a lobes oblongs 
ou lineaires, etroits, obtus?... Mais comme il est fort pos- 
sible que quelques-unes des 14 formes qu'a signalees 
M. Frey n puissent croitre ensemble en passant meme de 
1'une a l' autre, nous donnons ici la diagnose differentielle 



Hab 



Avril-juin. 

Alpiis-Maritimks : Col de Brans, vallee de Peille 
(Canut); V Escarene pres Nice (herb. R., Burnat). 

Le R. Canuti, si mal caracterise par Ardoino (loc. cit.), 
doit etre considere comme une bonne sous-espece du R. 



m 



Macedoine, Thrace, Grece, Tunisie et Algerie, dont it dif- 
fer© par sa souche agrumeaux moins renfles,ses feuilles a 
limbe plus court divise en segments obtus, cilies et pu- 
bescents; ses sepales abondamment poilus, son epi fructi- 
fere plus grele et plus court, a carpelles contractes en un 
bee plus court et moins oncine au sommet. 

Parmi nos especes francaises, le R. Canuti doit etre 
classe a c6te du R. flabellaius, dont il se distingue bien 

nettementpar les caracteres soulignes dans sa diagnose. 

(.4 suivre.) 




PARASITES 






(Suite ct fin) 



(1) Dans la plante de France qui avait 6t<§ prise et distribute par 

quelques botanistes sous le nom de R. spicafus, espece appartenant a i p „ Am/iiMp* r*nmnn r,« «f i*. i ia- • - j,. 

une autre sous-section, les feuilles radicales sont un peu plus decou- f WSldes comprennent les Ixodldes pnves d ecus- 

pees que dans la plante que nous avons recue de Portugal (Moller, \ SOnS et dont les Palpes maxillaires sont cylindriques, 
Schmitz), mais il ne saurait y avoir la matiere k cr^er meme une composes de 4 articles sensiblement egaux et tres 

variete nouveiie: nous laisserons ce soin a d'autres, s'ii s'en trouve. I mobiles les uns sur les autres. Ce genre est caracterise 














. ■■ 















: 



; 



Connu des 



par un corps ovalaire, par une bouche situee en avant et 
tout a fait a la partie inferieuredu corps, etpar lespalpes, 
de 4 articles et de forme conique, n'engainant pas le 
suooir. Les Argas, qui ont de grands rapports avec les 
Ixodes, s'en distinguent par la position de la bouche et 
par les palpes. 

Argas de Perse {Argas persicus, Fisch.). 
voyageurs sous le nom de punaise de Mi ana, II attaque de 
preference les etrangers; ses piqures produisent de vives 
douleurs et des voyageurs assurent meme qu'elles peuvent 
donner la mort; c'est surtout pendant la nuit que Finsecte 
fait son apparition. 

L'Argas de Savigny {Argas Savignyi P. Ferv.) est une 
espece Ires voisine de la precedente, mais dontles moeurs 
sont identiquement les memes. 

L'Argas d'Amerique {Argas americanus, de Geer) 
s'altaque a Fhomme et aux animaux endormis. 

Cos' grands Acariens habitent les vieilles maisons et sur- 
tout les masures, a lafacon des punaises, et se jettent sur 
les hommes endormis. 

La Gale est une maladie particuliere de la peau, essen- 
tiellement contagieuse, determinee par la presence d'un 
parasite le Sarcoptes scabiei. Les caracteres de ce genre 
soi ; le corps raou, arme de crochets au collier et a la 



grands 



edespattes; les deux paires de pattes posterieures 



dite d'Helmerich; le lendemain on prend un bain et tout 
est fini. 

Une forme extraordinaire de Gale fut signalee pour la 
premiere fois en 1848, a Christiania. Cette Gale fut appelee 
Gale norvegienne. Elle etaitproduite par un Acarien, qui 
n'etait pas une espece differente du Sarcoptes scabiei, mais 
une variete differente de celle de l'liomme, qui vit sur les 

■ 

carnassiers, le loup en particulier, et dont les 
moeurs particulieres expliquent la forme extraordinaire 

que revet la Gale norvegienne. 

Les habitants de la campagne, surtout du centre et de 
Test de la France, connaissent les effets de la larve du 
Trombidion, connue sous le nom de rouget; il occasionne 
des demangeaisons vives qui empechent de dormir. Dans 
une des seances de la Societe entomologique de France de 
del'annee 1888, M. Telephe Desmartis annoncait la pre- 
sence d'une petite espece d'Acarien sur Fhomme, et voici 
dans quelles circonstances ce fait put etre constate. A 
celte epoque le departement de la Gironde fut vivement 
emu par certains accidents produits sur les portefaix qui 
transportaient du ble. Ces travailleurs etaient couverts de 
vesicules, etle vulgaire pretendit que le fromentetait em- 
poisonne. Ce ble fut analyse et les chimistes n'y trouve- 
rentrien;le conseil d'hygiene se perdait en conjectures. 
Un naturaliste, plus avise, examina au microscope les de- 



sont rudiment;! ires et longuement seligeres; les deux tritus de ceble et y-trouya YAca rus tritici, deja decril par 
pattes posterieures s">nt seulement vesieul aires. Les M. Lagrize, qui avait ete les causes du mal produit; le 



anciens, Aristote. entre autres, ont connu les Acarides, 
puisqu'ils font mention de ceux qui vivent dans le fromage, 
mais ils n'ont pas vu PAcare de la gale de Fhomme. Au 
x siecle les Arabes soupconnaient la cause de la Gale de 
homme. Avenzoar donnait meme le traitement a suivre 
dans cette affection. La Gale est une maladie symptoma- 
tique et les traitements exterieurs suffisent pour la guerir 
en quelques jours. Elle peut, au conlraire, ainsi que les 
idies vermineuses, durer fort longtemps si on n'y fait 
pas attention, ce qui a souvent lieu lorsqu'elle est peu 

ini e. To SSi 

1 :i la description du Sarcoptes scabiei : blanc, puncti- 

fori a ; corps marque en dessus de stries en arcs de cercle 

a son pourtour en dessus, et de petits mamelons a son 

milieu; collier pourvu d'un prolongement postero-infere 

spiniforme; soie medio-laterale mediocre; abdomen ter- 

mine par deux grandes soies, ayani exterieurement aupres 

d'elles deux paires do soies pluspetites, subegales; epine 

ba laire des pattes posterieures simples. Dimensions : 

femelle ovigere 0,30 mm. de long., 0,26 mm. de large; 

■ 

femelle non ovigere, 0,28 mm. X 0,23 mm. ; male, 0,20 mm. 

X 0,16. 

L'affection de la Gale est tant6t generale, tantot par- 
tielle : la Gale generale est la plus commune ; elle debute 
presque toujours par les mains et par les poignets, et, 



pretendu Acare n'est autre que la larve du Trombidion. Le 
rouget n'est pas particulier a PEurope, il aurait un analogue 
exotique qu'on rencontrerait en Amerique. 

Le Dermanysse des poulaillers {Dermanyssus gallinx 
de Geer) s'attaque quelquefois a Fhomme. La deman- 
geaison causee par les piqures de Dermanysse est assez 
vive, fugace, et passe spontanement, car ces Acariens ne 
s'acclimatent pas sur Fhomme et par suite ne pullulent pas. 

Ces piqures donnent lieu a des petites papules rouges, 
jamais confluentes, qui disparaissent. rapidement el qui 
n'ont d'inconvenientqu'au moment ouelles sont pratiquees. 

Les Demodecides sont des Acariens vermiformes, a 
thorax distinct de Pabdomen, sans poils, ni spinules d'au- 
cune sorte; le thorax est cylindroide, a face superieure 
demi-cylindrique ; Pabdomen est mou, cono'ide, allonge; 
le rostre est recouvert superieurement par un prolongement 
membraneux de Pepistome. Le genre Demodex renferme 
une espece parasite de Fhomme, le Demodex follicorum. 
Ce parasite est tres commun chez Fhomme, chez lequel 
on le rencontre a tout age, excepte chez les jeunes enfants ; 
cet Acarien ne determine chez l'liomme aucune action 
morbide ; quand ils sont nombreux, la peau du point oil 
ils habitent devient rouge, se tumefie un peu. Les lavages 
frequents au savon les font disparaitre. 

Nous terminons ici Penumeration des principaux para- 



dela, s'etend aux autres parties du corps. La contagion sites exterieurs de Fhomme ; nous n'avons pas dans cet 
s'opere par le contact mediat ouimmediat, beaucoup plus article emis d'idees purement personnelles : nous avons 
souvent par le contact mediat. Cette maladie est sans gra- tache de donner aussi exactement que possible unecourte 
vile, elle ne resiste jamais a Femploi des acaricides et dis- | histoire de chaque parasite, 
parait graduellement. 11 suffit de frictionner pendant 20 a 
25 minutes toute la surface du corps avec la pommade 



Paul Groult. 



9 









LE NATURALISTE 



15 ! 



BIBLIOGRAPHJE 



La chalear et le froid (1), par M. Vial. 

Dans Fouvrage que M. Vial nous presente aujourd'hui, 
Fauteur emet des idees absolument nouvelles. II etablit 
d'abord que la chaleur et le froid sont les seules causes 
des attraclions et des repulsions universelles qui se 
metamorphosent Tune en electricite et Fautre en magne- 
tisme. Ainsi pour transformer la chaleur en electricite, il 
suffit de Fempecher de passer; pour transformer Felec- 
tricile en chaleur, ii faut Farreter au passage. Ges propo- 
sitions sont demontrees par des etudes de faits connus 
de tons. L'auteur prouve ensuite que les mouvements de 
Faiguille aimantee doivent se rapporter de chaque pole a 
Fequateur et non d'un p6le a Fautre, comme on Fa cru 
. jusqu'a ce jour, car les poles sont de meme nom. 

Le second chapitre est consacre a l'attraction molecu- 
laire et a 1 etude des corps simples, depuis Fhydrogene 
et Foxygene, qui sont, dit l'auteur, les representanls de 
la chaleur et du froid et des deux fluides electriques, jus- 
qu'aux metalloides et metaux dont its devinrent les ele- 
ments constitutifs apres qu'ils eurent forme Feau, resultat 
de leur combustion. Cedant aux uns son oxygene et aux 
autres son hydrogene, quand elle passera d'un corps a 
Fautre, tant au travers des etres vivants qu'a Finterieur 
du sol, Feau les transformera tour a tour en cette inepui- 
sable variete des autres corps de Funivers. L'union de ces 
deux gaz cree la vie, la chaleur, la lumiere, les pheno- 
menes d'electricite ; leur desunion cause la mort, le froid, 
Fobscurite, les phenomenes de magnetisme. Le dernier 
chapitre est consacre a Fattraction celeste et nous montre 
les origines probables de la terre : apres avoir roule pen- 
dant longtemps dans les abimes brulants, la matiere 
d'abord fluide devint liquide ; puis s'epaississant de plus 
en plus a mesure que les corps naissaient de Feau et des 
gaz en presence, elle forma le noyau chaotique de ces 
monstrueuses roches pluloniennes, les roches ignees. 
Plus loin Fauteur emet cette idee que les astres les plus 
voisins du soleil sont precisement les plus froids; ceci 
parait tout d'abprd paradoxal; mais ce fait est demontre 
par plusieurs exemples. Le soleil etant Fastre le plus 
puissant de Funivers, c'est lui qui anime toute la nature ; 






rolat,membrehonoraire et Fun des fondateurs dela Societe 
enlomologique de France, vienl de mourir a Fage de qua- 
tre-vingt-cinq ans. C'est une grande perte pour la science, 
car pendant toute sa vie il a concouru puissamment au 
developpement de Pentomologie. Ilpossedait une fort belle 
collection de Coleopteres, surtout dans la famille des Cur- 
culionides, et il se faisait un vif plaisir de communiquer 
aux amateurs tels ou tels types qu'ils desiraient. II serait 
fort long ici d'enumerer tous ses travaux, tous ses 
ouvrages, tous ses memoires, nous en citerons seulement 
quelques-uns : Fa une entomologique de File de Cuba; Sur 
quelques chasses entomologiques a Fontainebleau; Coleop- 
teres du Mexique ; Coleopleres de Manille ; Brenthides de 
Madagascar; Especes du genre Erolylus ; Monographie du 

genre Prinobius; Terediles de PAfrique, etc., etc. A. Chero- 
lat elait un homme d'un commerce fort agreable ; aussi il 
avait su s'atlirer toutes les sympathies de ceux qui Font ap- 
proche.La science perd en lui un savant, un homme de bien. 

Nous avons aussi a enregistrer la mort de M. L. Mors, 
coleopteriste distingue, qui s'occupait surtout de Carabi- 
ques. II fut le collaborateur de Pultzeis et de Candeze ; il 
avait rapporte de ses voyages en Italie et en Espagne 
nombre de Coleopteres interessants. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 

M. Charles Brongniart vienl de faire a la Societe entomo- 
logique de France une communication .interessante qu'il 
nous est permis de donner a nos lecteurs. 

Dans la derniere seance j'ai eu Fhonneur d'appeler 
Fattention de la Societe sur la decouverte d'un scorpion 
{Pal&ophoneas nuncius) dans les couches du terrain 
silurien superieure de File de Gotland (Suede). La pre- 
sence de ce scorpion dans des assises aussi anrennes 
est un fait tres important puisqu'il prouve que les ani- 
maux terrestres a respiration aerienne existaient a cette 
epoque. C'etait Is plus ancien animal terrestre connu. 

« Les insectes avaient ete jusqu'ici trouves dans les ter- 

rains tertiaires,secondaires et,parmi les couches primaires, 
les depots carboniferes et meme devoniens (Nouveau- 
Brunswick) renfermaient des empreintes de ces articules. 
c II m'est permis de dire aujourd'hui que les insectes 



aussi, lorsqu'il s'eteindra, il semera tout autour de lui les existaient pendant la periode silurienne. 



tenebres et la mort. Telle sera la fin du monde actuel. A 



M. Douville, professeur a FEeole nationale des mines, 



Fempire de la chaleur et de la lumiere, qui marche lente- m > a communique un morceau de gres silurien (silurie.i 



ment a son declin, succedera le regne du froid et de Fobs- 
curite pendant des siecles innombrables dont il n'est pas 
possible de prevoir la duree. 



moyen), de Jurques (Calvados), provenant de la collection 
de M. de Verneuil, morceau sur lequel on distingue une 
aile d'insecte. L'etat de conservation n'est pas parfait, 



Ce livre est fort curieux par toutes les nouvelles mais on peut cependant distinguer laplupartdesnervures. 



theories qu'il donne et qui sont toujours basees sur de 
serieuses observations. 



NECROLOGIE 



L'aile avait 35 millimetres de long ; le champ humeral 
ou anterieur est large; on y voit la veine Intmerale 
premiere, la veine humerale seconde bifurquee a son 
extremite, la veine vitree ou mediane bifurquee a son 
extremite ; les veines discoidales super ie?/ re et infe- 



C est avec un profond chagrin que nous annoDCons a ^^ ^ ^^ Qm tres obliques qui se rejoignent a 



nos lecteurs la mort d'un celebre entomologiste. If. A. Che- 



(1) 1 vol. px. in-8 l)roche, 2 fr.; au bureau du journal 



leur extremite ; la veine anale qui s'etend presque jusqu'au 
bout de Faile ; enfiu les veines axillaires. 



i 



- 






■ 



) 






i 



1 
















H 






: 






i 



16 



LE NATURALISTE 



caste, Ach. atropos, Ophiodes Thyrra??., etc., en echange 
de chenilles et de lepidopteres de France. 



« Ce qui est fort remarquable et ce qui fait difterer cette ' 
aile de loutes les elytres de Blattes vivanles et fossiles, 
c'est la longueur de la nervure anale et le peu de largeur 

du champ axillaire. 

<( Parmi les Bl at tides de Pepoque houillere elle se rap- 
proche, par sa forme generate de la Pronogoblattina 
Fritschii (Heer) et de la Gerablattinn fascigera (Scudder) 
dont la nervure anale est assez allongee. 

Parmi les Blattes vivantesla Blalta delicatala (Guerin) 

de Tile de Cuba rappelle un peu sa nervation. . _, ^ ^ w . ^ 

XT , -» j r»i *• r^ / ^i~tu „ Platyprosopsus, 2 esp.; Glyptomeras, 2 esp.; Mecogna- 

Nous nommerons cet ancelre des Blattes Palscoblatlina ( _,,__ , ■ ^,. ,, ^ ^ __/..__ , __ JL„ 

Douvillei, la dediant a M. Douville, professeur a l'Ecole 
des mines, en le remerciant d'avoir bien voulu me com- 
muniquer cet interessant echantillon. » 



Collection de coloopteres de la famille des Staphylinides 
comprenant 141 genres, 1 201 especes et 5 915 individus, 
comprise dans vingt-sept cartons 19 x 26. Elle contient 
nombre de types soit de genres, soit d'especes : Diniisa, 
2 esp. ; Myrmecopora, 1 esp. ; Arena, 1 esp.; Kraatzia, 
1 esp.; Dinopsis, 1 esp.; Vulda, 1 esp.; Me toponcits, 1 esp.; 



* 
* * 



La Societe entomologique de France a rer-ouvele les 
membres de son bureau pour 1883. 

Ont ete nommes : 

President, M. Ilagonot; vice-president, M. Bourgeois; 
secretaire, M. Desmaret ; l er secretaire-adjoint, M.Lucas; 
2" secretaire- adjoint, M. Clement; tresorier, M. Bucquet. 






] anient 



Les elections de la Societe botanique de France, qui ont 
en I i le 26 decembre dernier, presentaient cette annee 
une importance exceptionnelle. 11 s'agissait d'elire, inde- 

du President et de quatre Vice-Presidents 
do L le mandat est annuel, un nouveau Secretaire general 
pour cinq ans, un Secretaire, deux Vice Secretaires, le 
Tr ier et 1'Archiviste pour quatre ans, et cinq membres 
iu ( iseil d'administraiion pour trois ans. Aussi le eh iff re 
des volants etait tres eleve, et les nouveaux elus ont tous 

iu de fortes majoriles. 

)ici comment sonl composes, par suite de ces nomi- 
nations, le Bureau et le Conseil d'administration de la 
Societe botanique de France pour l'annee 1885 : 
/ esident ; M. Em. Bescherelle. 
l ep Vice-President : M. Ad. Chatin. 
Vice-Presidents : MM. Bonnier, Maugeret, Zeiller. 
St retaire general ; M. Ernest Malinvaud. 
Secretaires : MM. L. M-angin, J. Valiot. 
V we- Secretaires : MM. Costantin, C. Duval. 
T I sorter : M. A. Ramond. 
A chiviste : M. Edouard Bornet. 

Membres die Conseil : MM. Buffet, Bureau, Cornu, 
Duchartre, Franchet, Leclerc du Sablon-, Mares, 
Monod, Petit, Poisson, Prillieux, Koze. 



OFFRES ET DEMANDES 

M. W. Kaufmann, 56, rue de la Victoire, Paris, desire se 
procurer des oeufs de vers a soie, race de Murcie. 



* 



M. Heulz, 6, place de la Bastille, Paris, offre Thais 
mi esicaste y Ani. Belia, eupfieno, Rh. Cleopatra, Zyg. 
V mndulce, etc., el des chenilles soufflees, Th. medesi- 



thus, 1 esp. ; CEdichirus, 2 esp. ; Procirrus, 1 esp. ; Pino- 
philus, 2 esp.; JEuphanias, 2 esp.; Trigonams., 2 esp., etc.; 



plus quatre cartons pleins de doubles el d'especes a inter- 
caler. Prix : 1 000 francs. Cette collection provient de la 
collection de M. Reiclie. 



* 



Collection d'algues cTeau douce, preparees pour l'examen 
microscopique et comprenant 30 especes exactement 
nominees. La conjugaison des algues pour la formation 
de l'oeuf est nellement visible chez certaines de ces 
especes. Cette collection est comprise dans 2 boites a 
rainures. Prix : 42 francs. 






Collection de 50 crustaces europeens et exotiques, com- 
prise dans plusieurs cartons vitres. Prix : 150 francs.- 



* 



Collection apicole, comprenant les types d'abeilles 
reine, faux-bourdon, ouvriere, les echantillons de cellules, 
les principaux ennemis des abeilles, etc. Prix : 30 francs. 



* + 



Collection de chenilles soufflees comprenant 43 especes, 



X 



Prix : 33 francs. 



ARRIVAGES 



Procrustes assimilis , . . 1 50 

Procerus modestus \ 4 » 

Carabus corticalis 2 25 

— Helluo 2 » 

— glabratus 1 » 

— lineatus 2 2"> 

— Bonplandi 4 » 

Calosoma auropunctatum l » 

Cychrus spinicollis 2 50 

Scarites gigas 40 

Antliia sexmaculata l » 

Rhizotrogus sinuaticollis 60 

— Lejeunei i » 

Osmoderma eremita l » 

Julodis setifensis o 80 

Rosalia alpina l » & 2 » 

Dorcadion Brannani i » 

Graellsii \ » 

Uhagoni o 80 

Le gerant, Emile DEYROLLE. 

5446 — Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 





















e 



Annie. 



N 



3 



er 



Mvrier 1885. 



17 






JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le l er et le 15 de chaque mois 



ADRESSER TOUT CE QUI CONGERNE 

LA REDACTION ET L'ADMINISTRATION 

Au bureau du journal 

RUE DE LA MONNAIE, 23 



ABONNEMENT ANNUEL : 

Payable d'avance en un mandat-poste a l'ordre du Directeur. 



PARIS 



France et Algerie 

Pays compris dans FUnion postale. . 
Tous les autres pays 

(Affranchissement compris) 



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6 fr. 

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EMILE DEYROLLE 



DIRECTEUR 



PAUL GROULT 

Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Journal LE NATTTRALISTE est l'interm6diaire offlcieux de tous les amateurs d'histoire naturelle; i 

gratuitement toute demande d'6cliange et de renseignements scientiflque3 6manant de ses Abonn6s. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 13 OCTOBRE 1884 




premiere 



Note 



de M. H. Beauregard. 

Ayant recu une vingtaine d'JEpicaata vivants, M. Beau- 
regard les installa le 30 juillet dans une cage a parois me- 
talliques avec un sol de m ,10 de terre vegetale. Ces in- 



SEANCE DU 6 OCTOBRE 1884 

i Observations geologiques stir le passage des Cordilleres 
par Visthme de Panama . — N ote de M. Ch. Mano. 

M. Ch. Mano a constate que la chaine de montagnes qui 
traverse Tisthme de Panama, quoique faisant suite a celle 
des Cordilleres des Andes, est d'un age geologique beau- 
coup plus recent que celui des Syenites et des Serpentines 
du Choco et d'Antioquia, d'une part, et que celui des Dio- 
rites et des Porphyres pyroxeneux et volcaniques de Costa- 3 millimetres a 3 mm ,5 de long, avec des poils roux sur leSTe- 
Rica, dont le systeme se prolonge jusqu'a 1'ocean Glacial S ions dorsaleetlaterales des segments. Douze heurefc^pres 
arctique. Sauf quelques ilots de terrains cristallins ou de ces larves deviennent grises, puis noires, sauf sur la face 
sediments d'ages divers, l'isthme ne presente entre Pa- ventrale. La tete est brun marron ; les pattes, rousses, 



sectes furent nourris avec de la luzerne. Le 8 aoiit, une 
femelle ayant perdu son enorme volume, M. Beauregard 
decouvrit a m ,04 ou m ,05 de profondeur, une quaran- 
taine de gros oeufs, blanc jaunatre, ayant 2 mm ,5 de long 
sur 1 millimetre de large. Ces oeufs, places dans un tiUnp, 
donnerent le 12 septembre des larves blanches ayant d 






nama et Colon que des sediments post-quaternaires et 
modernes, dont les fossiles represented des types qui 
vivent actuellement soit dans Tune des deux mers qui 
baignent l'isthme, soit meme dans les deux. Ces fossiles 
sont des Oreilles de mer du Pacifique, des Pholadees, des 
Cypridees. La ou les phenomenes volcaniques ont du faire 
disparaitre toutes traces d'organismes, M. Mnno a cons- 
tate l'existence de Pectenes, modernes evidemment, 
decouverts dans un tuf volcanique des environs d'Empe- 
rador.Cesmatieres volcaniques seraient, a vue d'oeil, con- 
temporaines du terrain volcanique de TAuvergne oil Ton 

a trouve des os humains fossilises. II serait done possible I form6s d'une lame mediane aigue, un peu courbe, longue 
quePAltante des temps primitifs ait vu les deux mers et lar S e > et deux lames laterales plus greles et plus cour- 
reunies par un detroit analogue a celui que le genie | tes ' ins ^ r6es lateralement a la base de la premiere, 
humain est en train d'ouvrir actuellement. 



sont longues et aunombrede six. Le moindre contact les 
fait serouler en boule et rester immobiles. D'abord agiles, 
ces larves deviennent, en peu de jours, inertes et repliees 
sur elles-memes. Les antennes ont quatre articles dont 
trois superposes, et le quatrieme, hyalin, conique, insere 
a cote du troisieme qui le depasse. L'abdomen a neuf seg* 
ments garnis de poils raides, diriges en arriere. Les pattes, 
longues del millimetre, sont armees d'epineslarges, tandis 
que les libias n'ont que des poils allonges, greles, sauf 
trois epines a leur extremite terminaie. II y a trois on^les 
aux pattes, comme chez la larve de Cantharide; ils sont 







Stir deux nouvelles especes d'Ascidies simples (faniiile 
des Phallusiadees). — Note de M. Roule. 



• 




18 



LE NATURALISTE 









i 



i 



Ces deux especes ont ete draguees sur les c6tes de Pro- t formateurs. Les premiers semblent provenir des cellules 

vence. L'une, la Ciona Edwardsi est fixee parson cote du canal alimentaire; les derniers peuvent, dans certains 

gauche tout enlier, depuis Fextremite posterieure du cas, reconstituer ou remplacer les terminaisons des nerfs. 

corps jusqu'a la base des siphons. L'animal a de ra ,08 a Les corpuscules qui donnent naissance aux bourgeons 

m ,09 de long sur m ,03 a ra ,04 de large. Les couches different par leur mouvement tres rapide et par la pre- 

externes de la tunique sont de couleur jaune verdatre, sence a Finterieur de petites particules de forme cristal- 

tandis que les couches internes sont hyalines et trans- | line, 
parentes. On remarque que certains des corps figures 

Sur un nouvel insecte du genre Phylloxera (Phyl- 

Note de M. J. Lichtenstein. 



renfermes dans la substance tunicale contiennent une 

vacuole assez grande. Le derme est d'une belle teinte I ^ ^^U^i^liZ 

jaune clair. La lame peritoneale qui separe la cavite peri- )% 

branchiate de la cavite generate est fortement oblique, de M. Lichtenstein avait remarque sur Fecorce des saules 

haul en bas et d'arriere en avant, par rapport a Faxe Ion- | de son jardinune sortede moisissure d'unblanc de neige; 

en fendant cette ecorce il rencontra une peau dessechee 
qui, ramollie dans la potasse caustique, presenta sous le 
microscope la figure d'un Phylloxera long de ,mu ,67, 
jaune, avec des antennes de trois articles et un long rostre 
depassant beaucoup l'abdomen. A cote de cette peau, se 
trouvaient de petites enveloppes ovo'ides, longues les unes 
de mm ,36 et 1 les autres de mm ,25, incolores, que Fobserva- 
teur considera comme des pupes sexuees. En effet, ces 
sortes d'oeufs, placees dans un tube, se dresserent sur leur 
extremiteinferieure, puis se degagerent d'une fine pellicule. 
Vers le cinquieme jour parurent deux yeux noirs, puis de 
courtes pattes et des antennes plus courtes en forme de 
moignon triarticule. Huit ou dix jours durant, cet ani- 
mal a continue a s'elever en se balancant, puis enfin les 



giludinal du corps. La branchie n'offre que quelques 
rares sinus de troisieme ordre. M. Beauregard proposa 
de creer pour cette espece le sous-genre Pleurociona. 
L'autre espece nouvelle d'Ascidie est la A. elongata. Sa 
longueur est de m ,18 a m ,20, et sa largeur maxima de 
m ,06 a m ,07 ; Fespace intersiphonal, de la base du siphon 
buccal a la base du siphon cloacal,mesure de m ,08 a m ,09. 
Sauf les siphons, la tunique est entierement recouverte 
de corps etrangers, algues, sertulariens, eponges et co- 
lonies d'Aseidies composees. Le corps est arrondi, et les 
siphons, peu proeminents, de couleur rouge, ne portent 
que de petites languettes obtuses. La branche gauche 
de Forgane vibratile est recourbee en dedans; la branche 
droite, d'abord recourbee en dedans, s'inflechit en dehors. 
Le raphe dorsal post-buccal est limiie sur la gauche par 
une lame elevee, semblable a celle du raphe dorsal pre- 
buccal. Les tremas branchiaux sont grands, etendus pres- 
que d'un sinus transverse a Fautre, et ranges regulierement . 
Les Pleurociona jffdimnfoehabitent les fonds coralligenes 
un peu vaseux par 35 millimetres a 40 millimetres de 
profondeur; et les Ascidia elongata par 50 millimetres 
ans les fonds coralligenes vifs du pourtour des prairies 
*TZosteres, 



-/-* 



^ 



* * 






"organisation de VAnchynie 



Note de M.N- Wa- 



insectes sexues, male et femelle, se degagerent entie- 
rement et s'accouplerent. Peu apres le male meurt 7 et la 
femelle pond un enorme oeuf, jaune clair, presque aussi 

■ 

gros qu'elle. Le microscope a bien fait reconnaitre des 
Phylloxeras sexues, dont le rostre manque absolument, 
dont les membres sont" rudimentaires et les antennes 
reduites a un tres court petit bouton. La moisissure du 
saule n'est que l'amas des depouilles de ces pupes qui se 
degagent si singulierement de leur longue pellicule. 
L'evolution ulterieure de cet insecte reste a connaitre. Le 
Phylloxera salicis, se rangera done dans le groupe de 
ceux dont la forme pupifere est aptere. 



31. Wagner a rencontre a Naples une phase de XAn- 
chynih rubra, differant de celle decrite precedemment 
par la forme globulaire du corps et Tabsence du long 
appendice caudal. Cette phase nouvelle etait agame. Le 
>ysteme nerveux presente deux paires de nerfs tres forts 
se dirigeant vers les deux ouvertures anterieure et pos- 
t ire du corps, puis des nerfs epitheliaux, un nerf allant 
vers Forgane olfactif, un nerf pneumogastrique qui se 
ramifie, des nerfs allant vers la surface du corps, d'autres 
aboutissant dans les cellules epitheliales; des nerfs allant 
vers les parois de la cavite cloacale, des nerfs cloacaux, 

en 4 des nerfs allant vers la poche vibratile. La termi- I Leremede etait bon, mais peu pratique. L'experience tou te- 
naison tres variee de ces nerfs fait supposer que dans cette fois de ce procede, applique dans un domaine de Montpel- 

* 

phase la specialisation des organes des sens atteint un Her, a prouve que dans la partie traitee au coaltar les 
bant degre. Deux types principaux predominent dans les galles n'avaient pas paru et que, de plus, les radicelles 
c rpuscules de la cavite generate du corps, ce sont les n'offraient que des renflements fletris, de formation evi- 

uscules nutritifs ou plastigues, et les corpuscules I detriment anterieure a Fepoque du traitement. L'emploi 



SEANCE DU 20 OCTOBRE 1884 

* 

Sur les eftets des badigeonnages goudronneux sur les 
vignes phylloxerees. — Note de M. Balbiani. 

M. Balbiani avait propose de detruire Foeuf d'hiver du 
Phylloxera, en badigeonnant les souches avec un melange 
de neuf parties de goudron de houille et d'une partie d'huile 
lourde. Ce melange, tres penetrant, tuaitbien les oeufs 
places sous Fecorce, mais offrait Finconvenient grave d*o- 
bliger a decortiquer les souches avant de pratiquer le badi- 
geonnage, ce qui etait dangereux pour les vignes agees. 















— 





LE NATURALISTE 



19 



L LA« FLORE DE FRANCE 

DE GRENIER ET GODRON 

Par G. ROUY 



du coaltar empeche done la formation des galles et la 

multiplication du Phylloxera sous terre. II y aurait done 

danger a introduire dans nos vignobles des cepages ame- 

ricains qui sont si sujets a la production des galles phyl- 

loxeriques. II a ete constate, en outre, que le badigeonnage 

occasionne un retard de quinze jours a. trois semaines dans | ( Descri P tions de s plantes signages en France et en Corse depuis 1836) 

la pousse des vignes ; le meme effet a ete remarque pour 

le lilas, divers arbres fruitiers, etc. ; peut-etrey a-t-il la une 

indication a saisir pour soustraire la vigne et les arbres 

fruitiers, si sensibles a la funeste action des gelees printan- 

nieres tardives, en retardent la pousse. II resle a trouver i n go. Vvman nA . m ■ • > 

la substance qui, agissant comme le coaltar, ne produirait Lvth I'/ Co »*P«*™ A- Europ., p. 18; A. nigricans 



(Suite) 



Aquilegia atrata Koch Botanische Zeitung, 1830, 

1, p. 118; Synopsis flora? Germanicse et Helvetic*,, ed. 2, 



pas les effets dangereux quiont etementionnes plus haut. 



SEANCE DU 27 OCTOBRE 1884 

Stir I'emploi de la solution aqueuse de sulfure de car- 
bone pour fairepe'rirle Phylloxera . — Note de M. A Rom- 
mier. 

M. Rommier rappelle qu'il a preconise, en 1882, la solu- 
tion aqueuse de sulfure de carbonne pour tuer le Phyl- 
loxera, tout en fsisant observer qu'a la dose de 1/600^ le 
toxique devient caustique pour la vigne, qu'il fait perir. 
L'usage est de verser au pied des ceps 100 grammes de sul- 
focarbonate de potassium, contenant 16grammes de sulfure 
de carbone dissous dans l'eau, ce qui correspond a une 
solution de sulfure de carbone au l/2300 e ; il faut etendre 
l'eau de sulfure de carbone, qui est au 1/600% de quatre 



Reichb. Flora excursoria, p. 718; Exsicc. 1092, 



Baumg. 



non 



aux 



Souche ligneuse, oblique. Tige de 3-5 decim., 
peu feuillee, dressee, pubescente, peu rameuse supcrieu- 
rement. Feuilles radicales biternees a folioles profonde- 
mentijusque vers leur milieu) bi-irilobees, a lobes incise- s- 
creneles a dents obtuses, glauques en dessous, plus ou 
moms pubescentes ainsi que les petioles; feuilles cauli- 
naires decroissantes, l'inferieure ou les deux inferieures 
courtement petiolees, ordinairement semblables ™ 
radirales, mais a divisions plus etroites, moins dentees, 
les autres sessiles, profondement triparlites ou trise- 
quees a divisions en litres ou dentees. Fleurs peu nom- 
breuses (3-6, rarement 8-10), en paniculo, environ de 
moitic plus petites que celles de TA. vulgaris L., d'un 
violet noirdtre, porlees par des pedoncules ordinairement 
allonges, plus ou moins ecartes de la tige, penches pen- 
dant l'anthese puis redresses. Sepales ovales-obovds 



fois son volume d'eau, environ, pourobtenir un hquide acutiuscules. E^Zn^^e ZhameZ zuloZtl 
quifasse perir le Phylloxera sans nuire a la vigne. L'emploi et plus long que la ia^ZZ^^T^ 
de la solution aqueuse est preferable a celui du sulfure de subapiculee du petale. Etamines une fois e 
carbone introduit avec les pals ; il y a economie de toxique, ' ■ amines une fois e 



mais 



dernie de la 



™ mi - .. A . ,- - - --, . longueur de la lame des petales- filets sfppflp* (& T*>\ 

me,l eure reparftton, etd'autre partcette solution legere- oblus, peu ondules, plus .arges quo 1 s file tuie el 
ment mseetade pourra.t servir d'adjuvantdelasubmet- plus courts que les capsulfs tomenteusos 



Hab. 



sion, dont elle permettrait d'abreger la duree. II est utile | Juin-aout. 
de faire observer que la solubilite du sulfure de carbone 
dans l'eau n'est connue qu'approximativement ; les recher- 
ches sur ce sujet ayant donne des resultats variant de 
gr. 50 a 4 gr. 32 par litre. 



petites. 



Rochers ou rocailles des montagnes. — „** 
Reculet, F aucille , etc . ; rentes des rochers au Crit de la 



Aix 



Neige 



I sere : Grande 

Basses- 



* » 



une pegmatite a grands cristaux de chl 



Montbrison 



Chartreuse, au col de la Ruchere (Boullu). — „„„„- 

Alpes : Mont Mounter, pres Colmars (B. Jayet sec. Verlol) 

- Alpes-Marit,mes : cd et (a dans la region montagneuse 



Note I ( Curnat ** li lt-) (1). 

Aire geographique. 



flongrie. 



Allemagne, Suisse, Autriche- 



Obs. 



L'A. atrata Koch ne saurait etre rattache sim- 



de M. F. Gonnard. 

Les mineralogistes connaissent les pegmatites des bords 

du Vizezy, qui renferment des emeraudes et de l'andalou- ... _,_ 0$re rauacne sim _ 

site. M. Gonnard y a constate egalement la presence, non plement a titre de variete a VA. vulgaris L comme le 

signalee jusqu'ici, de cristaux de chlorophyllile atteignant voudraient quelques botanistes, car il presente un en- 

jusqu'a0 m ,03 de diametre et presque le double, en Ion- semble de caracteres suffisants et suffisamment fixes pour 

gueur. Ces cristaux, dont certains sont d'un vert fonce legitimer son maintien dans la nomenclature a cote de 

presque noir, a cassure vitreuse ou mate suivant les VA - vulgaris, comme sous-espece de celui-ci ou espece 

points observes, semblent passer a la falhunite. D'autres de second ordre. p 

sont verdalres, gris verdatre, ou gris perle. Les strates 



sont separees par des lamelles de mica. La densite de ces 
cristaux est de 2,77. II a ete egalement observe, au milieu de 
petites masses de tourmaline noire.la presence de petits pris- 
mes hexagonauxd'apatite blanche oulegerement verdatre. 



orientalium 



novaricm, series secunda, fasc. I, p. 10;^. alpina L. var. 

Jli Kt ' at '"!" , eS !r ^ alemen ^~^i>er^he7 dans to d^aTie^n^ 
de la Savo.e, de la Haute-Savoie et des Hautes-Alpes. 

















•T- "■ 
















20 



LE NATURALISTE 




Siembergii Gren. et Godr. Fl. de Fr. i, p. 45,nonReichb.; | seleana, dont il a quelque peu le port, par ses feuilles 

radicales grandes et bien plus longuement petiolees, sa 



Maritimes 



Gouan Dec Waldst. et Kit. — Tige de 3-5 decim., dressee, | taille elevee, ses fleurs plus nombreuses presque du 

double plus grandes, a sepales plus aigus, sensiblement 



lonaue 



merit pe'liolees, atteignanl environ la moitie de la Ion- plus longs que les petales, par les eperons recourbes en 

-rueur des liges, Internees, a petioles secondaires allon- hamecon. — II s'ecarte enfin de YA. thalictrifolia par ses 

ges, a folioles obtusemenl cuneiformes profondement tiges plus elevees, rameuses, ordinairement pluriflores, 

bi-trilobees (jusque vers leur milieu), a lobes ovales ou ses feuilles radicales grandes et plus longuement petio 

oblongs, obtus, crAneUs-dentes ; V infe'rieure des feuilles lees, a lobes plus dentes, par ses fleurs a eperons forte- 

caulinaires longuement peliolee a divisions plus longue- ment recourbes egalant, ainsi que les etamines, la lame 

ment cuneiformes et bien plus etroites que celles des des petales, et non nettement plus courts, 

radicales, ordinairement entieres; les suivantes decrois- Deux plantes orientales, les A. Amalise Boiss. et Heldr. 

•antes, pinnalisequees, a 3-7 lanieres entieres, les supe- et A. Othonis Orphan, (recemment decouvert en Italie par 

rieures, bracleales, entieres. Pedoncules courts, peu M. Levier) appartiennent aussi au groupe des especes dont 

ecartes de la tige, d'abord penches au sommet puis nous venons de parler, mais YA. Reuteri s'en distingue 
redresses. Fleurs peu nombreuses (2-5), assez petiles (de j tout aussi bien. 
moitie environ plus petites que celles de YA. vulgaris), 
d\in beau bleu, disposees en panicule lache, relativement 






Obs. II. 



(Fl 



acumines, depassani 



Epe 



p. 719) n'est qu'une forme alpine de YA. vulgaris L., 
plante tres variable,dont les divers aspects ont donne lieu 
a des creations specifiques destinees sans nul doute a 
,. , . t , ™ . , , . . . ^^ , tomber dansl'oubli, al'exception de quelques-unes, peu 
souvent arrondie du petale. Etammes Egalant la lame nombreus , on devra raUa cher comme varietes 

des petales ; filets sleriles bien plus larges que les eta- M Boissier n ^ ger# ^ { p> n) 

mines, sahaigus, egalant les capsules tomenteuses, ■ J}J 



au 



lame 



peiites. 



Plante vivace, pubescente-glanduleuse. 



Juin-aoiit (1). 

Hab. — Alpes-Maiutimes : Repandu depuis les Alpes de 



Hsenkeana 



Koch, espece sur la valeur de laquelle Koch lui-meme 



Helvetic 



Q 



Tende et celles de V Enchastraye jusqxCaux montagnes ^ sternhergii ReichbM d'Autriche, qu'on le consi- 



mont 



Mont 



sines (Burnat in littA 

sub norn. A. alp. var. Sternbergii). 

Seynes (Grenier, loc. cit.) ; Serennes (Lannes, sub nom 



Basses-Alpes 



dere comme une forme de YA. vulgaris ou comme une 
variete de YA. alpina L., se separe de YA. Reuteri jm ses 
feuilles radicales et caulinaires conformes, a divisions 
moins profondement lobees ou incisees, par ses fleurs a 



Merberngii). - Hautes-Alpes : Environs de Gap (Le- .^ • lon que la lame des p e la ies tronquee 



resche sec. Yerlot). 

Aire geographique. 
dentale. 



Italie septentrionale-occi- 



( IBS. I. 



et plus courte que 1 eperon plus fortement recourbe, etc. 
II convient done de ne pas tenir compte de la var. Stern- 
bergii elablie par Grenier dans la Flore de France et de 
. ,_ .. VA. Reuteri doit etre classe parmiles especes I rapporter les localites tres vraisemblables indiquees par 

francaises a cCte des A. alpina L. et A. Kitaibelii Schott cet auteur pour cette variete a Y A. Reuteri, assez commun 

(A. viscosa Waldst. et Kit., auct. plur. gall.), donlil se dis- | d'ailleurs dans toutes les ^^^/^S!? * 

tingue bien par les caracteres que nous avons indiques en 

italique dans sa description. Mais il est plus voisin de 

trois Ancolies jasqu'ici etrangeres a la flore de France : A. 

I \tdni Schott (A. Pyrenaica Koch, non D C), A. thalictri- 



4 



A. Kitaibelii Schott Uber Aquilegien, 5 {ex Actis 
folia Schott et A. Einseleana F. Schultz auquel, apres I So ^ zooL . bo ^ vindob., 1853); A. viscosa Waldst. et Kit. 
examen comparatif des texles et d'echantillons, nous piant.rar. Hung. ,11, p. 184, tab. 169; Koch Synopsis Jl. 
croyons devoir rapporter en synonymes A. Berlolonii Gren e t Helv., p. 23; A. Pyrenaica Vis., non DC; 

holt (A. Pyrenaica Bert., non D C.) et A. confusa Rota. A hirsutissima Timb. ; A. Magnolii Loret. 

VA. Reuteri se separe del'^4. Bauhini principalement y Lorel ^i ore ae Montpellier, p. 794, Appendice) a 
par ses; feuilles radicales a folioles plus larges, moins I fait remar q uer q Ue la plante jusqu'ici trouvee a la loca- 
profondement lobees, a petioles secondares allonges, ses y^ >^ cit ^ e par Gouan, dans ses Herborisations , pour 
feuilles caulinnires de forme differente, par ses pedoncules J g^^ viscosa, est simplement la forme visqueuse de 
courts, peu ecartes de la tige, par les eperons des petales J y^ vu lgaris L., ainsi que Grenier l'avait admis dans la 
fortement recourbes en hamecon. — II difiere de YA. Ein- j pi ore ^ e France. M. Loret a rappele aussi qu'il existe 

dans le departement de l'Herault une autre plante, deja 



lapros les cxempiaires de cette espece qui signalee par Magnol a Meyrueis sous la caracteristique 



icription etablie 
r- iii ai *Mivoy6s par M. Buroat, provenant du Yal Riofredo, pris 

fc\ loealito authentique. 



— 



(1) Les Capouladoux. 



- .. 







V 







A 



LE NATURALISTE 



21 






de : A. hirsuta, flore viscoso, correspondant fort bien 
a l'espece de Croatie decrite et figuree par Waldstein et 
Kitaibel sous le meme nom d'A. viscosa. Cette derniere 
plante croit en France non seulement dans l'Herault, mais 
egalement dans la Lozere, le Gard, et aussi dans les 
Pyrenees-Orientales, car elle n'est autre que la variete 
decipiens Gren. de VA. Pyrenaica DC, signalee a la Font- 
de-Comps, et a laquelle M. Timbal-Lagrave a encore 
attribue un autre nom : A. hirsutissima (in Bulletin Soc. 

hot. de France, XIX, p. XCIX). 

Dans le but d'eviter toute confusion entre la plante de 
Gouan (1) et YA. viscosa Waldst. et Kit., M. Loret a 
aussi propose, en 1877, le nom de A. Magnolii pour celle- 
ci. Mais comme Schott avait,. des 1853 {op. cit.),cvee le 
nom de A. Kitaibelii pour la plante de Croatie, qui ne 



la petitesse de ses feuilles, la grandeur de ses fleurs a 
eperons gros, epais au sommet, des plus recourbes, et a 
etamines plus courles que la lame tronquee des pe- 
tales, etc. II doit etre classe entre A. Reuteri Boiss. et 



A. Pyrenaica D C. 



{A snivre.) 



SUR LE SYSTEME DENTA1RE 

DU GENRE CTENODACTYLUS GRAY 



Les auteurs sont d'accord pour ne reconnaitre au Gundi 
{Ctenodactylus gundi Rothman) que trois molaires a 
chaque machoire et de chaque cote. Je citerai notamment 
Alston (On the classif. of the order Glires, 14 dec. 1875, 



differe point specifiquement de celle des Cevennes et des . v # r . oaw d rDmraicn^A 

n , , r w * * ,. a -* a ~ in Proceed, zool. Soc. Lonrf., p.61-98)et F. Gervais(L87t>, 



Pyrenees, c'est done sous ce dernier nom que doit figurer 
dans la flore francaise notre Aquilegia, non pas comme 
variete do VA. Pyrenaica, mais a titre d'espece legitime, 
dont voici la description : 

Tige flexueuse, de 2-3 decim., solitaire, ordinairement 
rameuse vers le milieu, abondamment pubescent e- vis- 
queuse. Feuilles toutes tr&s pubescentes-glanduleuses 
sur les deux pages, petites ; les radicales assez courte- 
ment pdtioUes (atteignant environ le quart de la longueur 
de la tige), biternees, a petioles secondaires peu allonges, 
a folioles ultimes petiolulees ou subsessiles, lobSes seule- 
ment dans leur tiers supdrieur, a lobes oblongs, obtus, 
dentes ; les caulinaires promptement decroissantes, peu 
nombreuses, sessiles, la plupart, bracleales , a lobes 
dtroits ou lineaires entieres, a Veccception de Vinferieure, 
petiolde, assez semblable aux radicales mats a divisions 
plus etroites, acutiuscules. Pedoncules allonges, dresses 
mais dcartes de la tige, penches puis redresses apres 
l'anthese, tres glanduleux jusqu'au sommet, Fleurs 3 5, 
grandes, bleuatres ou teintees de violet, disposees en 
panicule assez large, ovale. Sepales ovales-lanceoles, un 
peu plus longs que les petales ; eperons gros, dpais au 
sommet, tres recourbes encrochet, le plus souvent mime 
replies en commencement de fronde, a peine plus longs 
que la lame plus ou moins tronquee des petales pubes- 
cents; Stamines plus courtes que la lame des petales ; 
filets steriles lanceoles, porriges, aigus, peu ondules, 
depassant les capsules tomenteuses-glanduleuses. 



Juin. 



Hab. 



Lozere : La MalSne (Bayle, Prost) ; gorges de la 
Jonte, pres Meyrueis (Magnol, Lamotte). — Gard : Debris 
mouvants calcaires a la l r essonne,pres du Vigan (Tiies- 
kiewicz ; herb. R., Anthouard). — Herault : Sommet de la 
Serane (Barrandon et Roux). — Pyren&es-Orientales : La 
Font-de-Comps (Colson sec. Grenier; Session extraord. 
de la Soc. bot. de France en 1872). 

Aire g6ographique : Croatie, Dalmatie, Herzegovine. 

VA. Kitaibelii est des plus faciles k distinguer des 
autres especes de notre flore par sa villosite glanduleuse, . 

(1) Ctenodactylus Mzabi Lataste (1881, Bull. soc. zool France, t. VI, 

p. 314). Je cree ici un nouveau genre et je ledeiie & M. le lieutenant 

(1) De meme que Grenier, M- Boiasier a admis (in Diagnoses plant. I Massoutier, qui, 6tant chef du bureau arabe de Ghardaia (Mzab), m'a 

orient., ser. 2, I, p. 11) que VA. viscosa Gouan n'6tait qu'une forme fait un envoi comprenant deux sujets, conserves dans l'aicool, de cette 



Journal de zoologie, t. V, pi. 8). 

Cette opinion esterronee. Le Gundi a, comme les especes 
w mres voisins (telles que Massoutier a Mzabi Lataste(l), 
Pectinator Spehei Blyth, Petromys typicus Smith), 
quatre molaires, dont une premolaire et trois molaires 
vraies. Seulement, sa premolaire definitive, petite et 
arrondie, apparait tardivement et tombe de bonne heure, 
tandis que sa premolaire de lait, ayant la forme des 
molaires vraies, a disparu avant le plein developpement 
de la derniere molaire. Le plus souvent done, un crane de 
Gundi, qu'il soit jeuiie ou adulte, ne presentera a l'obser- 
vateur que trois molaires : chez le jeune, la premiere de 
ces molaires, qui n'est qu'une premolaire de lait, sera 
aisement prise pour la premiere vraie molaire ; et, cbez 
l'adulte, la premolaire primitive aura deja disparu sans 
laisser de traces. On s'explique ainsi 1'erreur a ce sujet. 

II y a environ deux ans, au laboratoire d'anatomie com- 
paree du Museum, M. II. Gervais, en examinant le crane 
du sujet decrit et figure par son pere {loc. cit.), avait 
decouvert, enfouie dans la gencive, une petite dent qui 
avait echappe a l'attention de celui-ci. Cette observation 
etant demeuree isolee, M. H. Gervais ne l'a pas publiee ; 
mais il a eu occasion de me la faire connaitre. 

Cette annee, dans la Tunisie meridionale, j'ai trouve le 
Gundi abondant partout oil il y avait de grands amas de 
de pierres, dans les eboulis des montagnes et dans les 
ruines romaines. J'ai pris plaisir a le chasser au fusil 
et j'ai conserve les tetes de toutes mes victimes. C'est 
ainsi que j'ai eu des materiaux suffisants pour retracer 
l'histoire a peu pres complete de la dentition du Gundi. 
Voici cette histoire abregee. 

Dans ce qui suit, les numeros entre parentheses sont 
ceux des cranes de ma collection parvenus au stade indique, 
et la mesure qui accompagne un numero est celle du cnine 
correspondant. II va, d'ailleurs, sans dire que ces mesures 
sont donnees comme de simples jalons, l'age du sujet et 



visqueuse de VA. vulgaris. 



espece 









* 




: 



I 



22 



LE NATURALISTE 



sa dentition n'etant pas en correlation absolue avec la 
longueur de son crane. Ainsi, par exemple, le plus petit de 
tous mes cranes de Gundi (n° 2919) n'a que 47 millimetres 
de long, au lieu de 52 millimetres indiques pour ce stade. 
Independamment de la serie de cranes que je conserve, 
une autre serie a ete remise par moi, le 29 decern bre der- 
nier, a M.A.Milne-Edwards, professeur de Mammalogie 
au Museum. 



Trois molaires, de forme normale, a chaque machoire. 
Toute trace de l'existence d'une quatrieme dent a disparu. 
Ce stade est le plus communement observe. 



REMARQUES ADDITIONNELLES 



1. 



genre Massoutiera, 
que j'ai observee sur un des sujets de l'envoi de M. Mas- 



11. 



l er stade (n° 2928). Foetus a terme. — Deux molaires soutier > est petite, simple, arrondie et precocement cadu- 
seulement a chaque machoire, la premolaire et la premiere | qu ,®' comme celle du genre Ctenodactyle. 

vraie molaire. Ces dents sont parfaitement tuberculeuses. 

2 0,e stade (n° 1930). L'animal est encore jeune, mais il 

suffit seul a ses besoins. Son crane mesure 40 millimetres 

de Fextremite anterieure des os du nez a Fextremite 

Quatre molaires a chaque 



posterieure de l'occiput 

machoire. Les trois premieres sont de forme normale, mais 
la derniere vient juste de pousser. Celle-ci, a la machoire 
superieure, a la forme d'une pyramide triangulaire ; sa 



Les quatre genres Ctenodactylus Gray, Massou- 
tiera Lataste, Pectinator Blyth et Petromys Smith, me 
paraissent devoir ne constituer qu'une seule famille, celle 
de» Ctenodactylides. 



111. 



— Ainsi que j'ai eu sbin de le faire remarquer, les 
molaires du genre Ctenodactyle sont parfaitement tuber- 
culeuses a l'origine, et ce n'est que par l'usure qu'elles 
prennent ensuite l'apparence lamelleuse, ou plutot pris- 
face anterieure et son sommet sont appliques contre la I mali( J ue > <3 u '°n leur connait. Nous savons qu'il n'en est 
dent precedente, sa face externe est evidee au milieu : elle !^ s t° u J ours a, 'n s i- J'ai montre ailleurs (1) que le genre 
est tuberculeuse, mais on voit que l'usure lui donnera le *'~ - 
fades de la derniere molaire superieure normale de 1,()ri © ine ' el que ce caractere le distinguait nettement du 
l'adulte. La premiere molaire de In raeme machoire est gen f e Gerbi ^s avec lequel on le confondait; les dents des 
evidee en dehors comme les deux suivantes ; elle a gros- Marions se comportent, sous ce rapport, comme celles des 
rement la forme de la lettre C. A la machoire inferieure Gam Pagnols, et celles des Gerbilles, comme celles des Rats. 



Meriones 



dents lamelleuses des 



la derniere molaire, en voie de developpement et tuber- 
culeuse comme son homologue d'en haut, est formee de 
deux cones transversalement elargis, places l'un au-devant 
de l'autre et relies par une bande etroite d'email : on voit 
aussi que l'usure lui donnera l'aspect de la troisieme mo- 
laire normale de l'adulte. Quant a la premiere dent de la 
meme rangee, elle est normale et sa surface superieure a 
grossierement la forme du chiffre 8. 

3 me stade. C'est le stade du crane figure par P. Gervais 
[Journal de zoologie, t. V. pi. 8). — La premolaire de 
lait est tombee et la premolaire definitive n'apparait pas 
encore : il n'y a done provisoirement que trois molaires, 
les vraies, a chaque machoire. La derniere a acquis sa forme 
definitive. 

4 m * stade (n° 2922). Le crane rnesure 46 millimetres de 
longueur totale. — Quatre molaires a chaque machoire. 
La premiere (qui est bien une premolaire, puisqu'elle 
remplace une dent de lait, tandis que les trois autres sont 
des molaires vraies) est en voie de developpement. Elle 
est tres petite, irreguliere, tuberculeuse : on voit qu'elle 
n'aura jamais la forme caracterislique des vraies molaires 
du genre Ctenodactyle. 

5 we stade (n° 2918). Longueur du crane, 49 millimetres. 



IV. — Les petits du Gundi ne naissent pas nus et in- 
formes, comme ceux des Murides, des Arvicolides, des 
Dipodides et de la plupart des Rongeurs, mais bien deve- 
loppes et velus, comme ceux du Cochon d'lnde. Une 
femelle, tuee a Tamesred (pays des Matmata, Tunisie), le 
21 avril 1884, qui contenait trois foetus a terme dans ses 
uterus, m'a permis de constaler le fait. 

Fernand Lataste. 



BIBLIOGRAPHIE 



Toiij 



molaires. La premolaire a acquis son 



maximum ds developpement et ne tardera pas a tomber. 
Elle est bien plus petite que les autres et arrondie. 

6» e stade (n° 2921). Longueur du crane, intermediate a 
celles du precedent et du suivant (le nez est accidentelle- 
ment brise). — Trois molaires normales a chaque ma- 
choire. La premolaire est tombee, mais on voit encore la 
cicatrice qu'elle a laissee a la machoire superieure comme 
a l'inferieure. 

7™ stade (n° 2920). Longueur du crane, 52 millimetres. 



Faune des Vertebres de la Sarthe, par M. Amb. Gentil. 

II serait a souhaiter, comme Font maintes fois repete 
beaucoup des naturalistes, que chacun de nos departe- 
ments possedat une faune locale dans laquelle seraient 
consignes d'uliles renseignements et de precieuses obser- 
vations. Malheureusement, si Fon excepte plusieurs ouvra- 
ges de grande valeur, nous n'avons guere que des cata- 
logues decrivant ou simplement enumerant, pour quelques 
groupes de Vertebres, de Mollusques, d'Ins?ctes, etc, les 
especes qui vivent dans une region determinee. Des fa u- 
nes descriptives, departementales ou provinciales, sont 
done un des desiderata de la science francaise; aussi 
devons-nous savoir beaucoup de gre a ceux qui on't entre- 
pris de semblables travaux, utiles a un double point de 
vue : d'un cote, en effet, ils fournissent d'importants docu- 
ments aux savants qui s'occupent de la distribution geo- 
graphique ou de l'ethologie des animaux ; de l'autre, ils 
permettent aux neophytes de determiner eux-memes les 

(1) Le Naturalise, 15 aout 1882, p. 127; et Proceed. zool.Soc. Land , 
19 fSvrier 1884, p. 88. 

















4 



■ 









LE NATURALISTE 



23 



especes qu'ils recueillent et leur donnent la facilite d'en- 
richir de nombreux fails interessants qui ont echappe aux 
premiers observateurs. C'estpourquoi je crois devoir signa- 
ler aux lecteurs de ce journal les excellents.travaux que 
M. Ambroise Gentil, president de la Societe d'Agriculture, 
Sciences et Arts de la Sarthe, a fait paraitre successivement 
dans les bulletins de cette Societe, sous les titres de 
UammalogieA' Ornithologies 'Erpetologie et d'lchthyo- 

logie de la Sarthe (1). 

Ce qui distingue a premiere vue cet ouvrage de la plu- 
part de ceux publies jusqu'a ce jour, et ce qui en fait le 
merite principal, c'est qu'il renferme des tableaux dicho- 
tomiques a Faide desquels on peut arriver facilement a 
determiner un Vertebre quelconque appartenant a cette 
faune. Deja, il estvrai, plusieurs naturalistes ont reussi a 
faire des tableaax dichotomiques pour la determination 
des Mammiferes, des Reptiles, des Batraciens et des Pois- 
sons, mais la difficulte augmente encore quand il s'agit 
des Oiseaux, a cause des caracteres, parfois fugaces, qui 
servent a distinguer deux especes voisines ou les deux 
sexes d'une meme espece aux differentes epoques de Tan- 
nee. M. Gentil a vaincu cette difficulte, et ses tableaux, 
dont j'ai fait moi-meme plusieurs fois usage, sont tres 

clairs et tres precis. 

Non content d'avoir ainsi rendu facile la determination 
des Vertebres de la Sarthe, Fauteur a donne, outre les 
caracteristiques des classes, des ordres, des families et des 
genres, une courte description de chaque espece, renfer- 
mant neanmoins tous ses caracteres principaux et divers 
renseignements sur ses meurs, ce qui fait de ce recom- 
mandable travail un ouvrage scientifique essentiellement 



utile. 



Henri Gadkau de Kerville. 

Secretaire de la Societe des Amis 
des Sciences naturelles de Rouen. 



* 

¥ ¥ 



Flora selecta exsiccata. — Fascicules parus : Premier 
(1882), 164 numeros; deuxieme (1883), 300 numeros ; troi- 
sieme (1884), 327 numeros. Cette collection est destinee a 
repandre dans les herbiers les plantes rares et les especes 
critiques de France et des pays voisins. Les etiquettes, 
imprimees et numerotees, portent une synonymie eten- 
due ; les echantillons nelaissent rien a desirer sous le rap- 
port de la preparation et du nombre. Le quatrieme fasci- 
cule sera distribue au printemps ; il contiendra environ 
320 plantes interessantes parmi lesquelles sept Inouvelles 
pour la flore francaise ( Vicia macula ta Presl., 'Saxifraga 



im 



men 



X incana Wimm 



Mechtrit 



Hymenophyllum 



d'une vingtaine de Fetuques determinees par M. Hackel. 



(1) Le Mans, Omilhologie (1878, 1879 et 1880); Mammalogie (1881); 
Ichthyologie (1883); Erpetologie (1884). 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



M. Carnot poursuit ses etudes sur la composition de la 
houille. II a montre que la composition chimique elemen- 
taire de la houille est independante de la nature botanique 
des vegetaux qui Font formee : ainsi des bois de divers 
vegetaux, Calamodendron, Cordaites, Lepidodendron, 
transformes en houille, ont fourni a l'analyse des pro- 
portions a peu pres identiques de carbone, hydrogene, 
oxygene et azote; au contraire, essayes par distillation, 
ils donnent des resultats tres differents et les proportions 

■ 

relatives des matieres vola tiles et du carbonate fixe 
varient dans d'assez larges limites. 



* * 



M. le pasteur Ch. L. Frossard vient de faire une etude 
geologique interessantesurlepicPeguere de Gauterets. II 
a constate Texistence de dix couches qui se succedent en 
cheminant vers le nord, sans tenir compte des accidents 
quaternaires. Ce sont : 1° des petrosilex plus ou moins 
schisteux ; 2° des calcaires cristallins ; 3° ds schistes 
petrosiliceux; 4° des calcaires entrelaces et amygdalins; 
5° une roche feldspathique; 6° des schistes ; 7° des calcaires 
schisteux; 8° des schistes micaces tres luisants; 9° du 
calcaire gris talqueux ; 10° enfin des schistes alumineux 
ardoisiers. 






M. H. Grosjean, dans un rapport present^ au ministre de 
l'Agriculture propose Tacclimatationen France dupoisson- 



chat (Amiurus calns, 



?), silure americain- Le 



poisson-chat est, dans toute Facception du mot, un poisson 
robuste, rustique et qui ne reclame aucun soin. II est 
seulement necessaire de le placer dans une eau qui lui 
plait d'autant mieux qu'elle est plus vaseuse et que le 
courant en est plus lent. II peut s'accommoder indifferem- 
ment des eaux courantes et de celles des etangs, et il 
prospere egalement dans les eaux chaudes et dans les 
eaux froides. II a ete importe, il y a dix ans, avec succes, 
dans les eaux des fleuves et des lacs de Galifornie. 



* ¥ 



1 M. Walsingham vient de donner les caracteres de deux 
nouveaux genres dePterophores(microlepidopteres).l°//^j9- 
taloba. Palpes plus longs que la tete; ailes anterieures 
fendues au dela de leur milieu, les deux portions ainsi 
formees egalement separees ; les ailes posterieures sont 
trilobees ; les tibias sont surmontes d'une crete, prolongee 
en forme d'eperon. Le type de ce nouveau genre est 
H. argyriodactyla [Plaiyptilus argyriodactylns Walk). 
2° Cenoloba. Antennes fortes; palpes deux fois plus 
longs que la tete; ailes anterieures fendues presque 
jusqu'en leur milieu; ailes posterieures bilobees. Le type 
de ce genre est C. obliterans (Pterophorus obliterans 
Walk). 























24 



LE NATURALISTE 



* * 



On nous annonce la mort d'Alfred Brehm, l'auteur de 
la Vie des animaux illuslree. C'est unegrande perte pour 
la science, car il avait fait, en zoologie, notamment sur 
les oiseaux, des ouvrages d'unegrande valeur. II est mort 
a Reuthendorf, en Thuringe, sa ville natale, a l'age de 
cinquante-six ans. 

Nous avons aussi a enregistrer la mort du pasteur 
A. W. Thienemann, un ornithologiste distingue. 



* 



M. Alleon a trouve aux environs de Kustendje un exem- 
plaire de Cicindela trisignata presentant une variete 
curieuse. La lunule humerale est tres peu arquee en 
dedans, la bouche marginale ne l'atteint pas ; la lunule 
mediane est etroite, arquee vers la suture, mais n'a pas le 
crochet posterieur ; la bordure marginale est tres etroite 
ainsi que les deux lunules posterieures. 






Parmi les insectes fossiles trouves dans les schistes car- 
boniferes de Commentry, M. Charles Brongniart en signale 
un possedant des houppes de branchies et pourvu de stig- 
ma tes. On distingue nettement, surtout sur deux echan til- 
Ions, le thorax et 1'abdomen, et on remarque que chacun 
des anneaux de celui-ci porte lateralement une lame assez 
large, terminee par une pointe, et on apercoit dans les 
lames des sortes de filaments ramifies, representant les 
traehees. On voit aussi des stigmates disposes par paire sur 
la face ventrale des anneaux abdominaux et deux fila- 
ments anneles places sur l'extremite du dernier anneau. 
Cet insecte etait probablement amphibie comme le Ptero- 
narcys regalis. Sa nervation differe tout a fait de celle de 
cet insecte, et comme elle se rapproche beaucoup de celle 
des Corydalis et des Cfiauliodes, M. Brongniart propose 
le nom de Corydaloides Scudderi. 



* * 



Le bureau de Ja Societe geologique de France est ainsi 
constilue pour 1885 : 

President, M. :Mallard ; vice-presidents, MM. Cotteau, 

vrnaud, Schlumberger, Munier-Chalmas ; secretaires,' 

MM. E.Fallot, Dagincourt ; vice-secretaires, MM. Kilian, 

Movelacque; tresorier, M. Bioche; archiviste, M. Ber- 



ge; si. 



OFFRES ET DEMANDES 



M. L. Demont, rue de la Fosse, 10, a Saint-Quentin, de- 

rerait se procurer des reptiles et des batraciens vivants, 

t parmi ces derniers, des salamandres principalcment. 



* * 



M. Lorez, pharmacien, a Zurich (Suisse), desire entrei 
en relation d'echanges avec des Lepidopteristes. 



* * 



M. Paulino d'Oliviera, aCoimbra (Portugal) offre des 
Coleopteres du Portugal en echange d'autres Coleopteres 
europeens. 



* ¥ 



M. Ch. Barrillot, instituteur a Limalonges, par Sauze- 
Vaussais (Deux-Sevres), offre en echange des peaux prepa- 
rers d'oiseaux de France. 



¥ • 



On demande un jeune homme dix-huit a vingt-deux ans 
pour etre preparateur d'un musee entomologique en pro- 
vince. S'adresser au bureau du journal. 






Nous appelons tout particulierement I'atlention de nos 
lecteurs sur la collection de Staphylinides, de M. Reiche, 
annoncee dans le dernier numero, collection tres remarqua- 
ble par les raretes qu'elle contient et par sa valeur scien- 
tifique. 



♦ * 



nom- 



Collection de Throscides, Eucnemides etElateridesexoti- 
ques, choisie parmi les belles especes de ces families, 
entierement revue par M. le D r Candeze, contenant envi- 
ron 60 types lui ayant servi pour faire sa monographie et 
a peu pres 75 etiquetes de sa main, plus un certain 
bre de types de feu Guerin-Meneville. Cette superbe collec- 
tion, remarquablemenl determinee, comprend 195 especes 
et 449 exemplaires, parmi lesquels nous remarquons les 
genres suivants : Agrypnas, 10 especes; Adelocera, 
6 especes ; Lacon, 16 especes ; Tylotarsus, 3 especes ; 
Aliteus, 2 especes ; Ctenicera, 2 especes ; Iphis, 3 espe- 
ces ; Alaus, 18 especes, etc., etc. Prix 180 francs. 



ARRIVAGES 

Nous -pouvons disposer en ce moment (Tune grande quantity 
de lepidopt6res europeens, provenant des Slevages de 1'an pass<5, de 
toute fraicheur. 

Parnassius intermedins 2 

Thais rumina W '//.[ ][[[ ^ 2 ' , g ^ 

— v. Cassandra l 25 

Antocharis ausonia d* 75 Q 1 no 

Coiias palamo [[ WW .' ^ o 75 o 1 . 

Nymphalis populi ^ i m * 2 9 

Melitoea cynthia 80 

Vanessa xanthomelas " ■ * 

Lybithea celtis ■ , . 

Charaxes Jasius * 

Apatura Iris , "J, *. ' J . 

Melanargia Ines \ i ko 

Deilephila vespertilio ~ 

- J^V v WWWWvW! 4 50 

— hippophaes 9 Kn 

Emydia Candida " V WW* " 1 50 

Chelonia casta 

• • •••••...,.. 2 •» 

Arctia flavia 

Bombyx trifolii '■' mm 

J .. • 75 

- P°P uh o 75 

>>aturnia Isabella? .„ 

»» . z5 » 

uegasoma repanch 

Gossus ligniperda.. . 

Catocala fraxini ; 

Geometra papillionaria ' " - 

Le gerant, Emile DEYROLLE 

5469 - Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 













LA REDACTION ET I'ADMINISTBATION 

Au bureau du journal 

RUE DE LA MONNAIE, 23 



PARIS 



Payable d'avance en un mandat-poste & l'ordre du Directeur. 

France et Algerie 6 fr. » 

Pays compris dans r Union postale. ... 7 fr. » 
Tous les autres pays B fr. » 

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DIRECTEUR 



PAUL GROULT 

Secretaire de ia Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1 CT JANVIER DE CHAQUE ANNEE 






Le Journal LE NATTJRALISTE est rinterm6diaire officieux de tons les amateurs d'histoire naturelle; il insure 

gratuitement toute demande d'6cliaiige et de renseignements scientiflques 6manant de ses Abounds. 






ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 10 NOVEMBRE 1884 

Sur la penS (ration de la lumiere du jour dans les eaax 



du lac de Geneve. 



Note de MM. H. Fol et Ed. Sarasin. 



liers entre 700° et 800° et les prismes clinorhombiques 
entre 800° et 1 000°. II sera parte ulterieurement du poly- 
morphisme d'autres phosphates d'acides A 2 equivalents 
d'oxygene et de phosphates de sesquioxyde. 






Les experiences faites pres d'Evian avec un appareil 
special, et en employant des plaques au gelatinobromure 
rapide de Monckoven, ont donne, pour conclusions, les re- 
sultats suivants : 1° que la lumiere du jour penetre dans les 
eaux du lac de Geneve k 170 metres de profondeur et pro- 
bablement un peu au dela ; qu'a cette profondeur la force 
d'eclairage en plein jour est a peu pres comparable a celle 

que nous percevonspar une nuit claire sans lune; 2° qu'a 
120 metres lalumiere est encore tres forte; 3° qu'en septembre 

par un temps couvert, la lumiere penetre en plus grande 
abondance et plus profondement dans Feau qu'en aoiit, 
par un temps absolument beau. Des experiences ulte- 
rieures auront a nous apprendre si cette difference est I deposes sous ; forme hemorragique, comme on Fa cm 



Le microbe de la fievre jaune. Inoculation preventive. 
Note de MM. D r Freire et Hebourgeon. 

M. le D r Freire de Rio de Janeiro a, en 1880, fait con- 
naitre la decouverte du microbe de la fievre jaune et 
l'emploi du salicylate de soude comme moyea curatif. 
Ses recherches ont d6montre ulterieurement que la fievre 
jaune est determinee par la presence, dans le sang, d'un 
cryptocoque qui suit rapidement toute sa phase devolution, 
et que la matiere noiratre du vomissement ou des dejec- 
tions des malades n'est formee que par les debris de ce 
meme cryptocoque devenus toxiques par leur transfor- 
mation en ptomaine, et non par des globules du sang, 



attribuable a la plus grande transparence de Feau en 
automne et en hiver, ou bien si la lumiere diffusee par les 
nuages penetre mieux que les rayons plus ou moins obli- 
ques du soleil. 






Sur le polymorphisme du phosphate de silice 
de MM. P. Hautefeuille et J. Margottet. 



Note 



Le phosphate de silice cristallise spontanement sous 
quatre formes cristallographiques incompatibles entre elles 
et constituant quatre especes chimiques; les cristaux 



pendant longtemps. M. Freire est parvenu a attenuer le 
virus de la fievre jaune dans un liquide de culture, et a le 
transformer en virus vaccinal. L'empereur du Bresil ayant 
donne Fautorisation de faire des essais de vaccination sur 
Fhomme, le chiffre des vaccines a depasse 400 en quatre 
mois. L'effet de cette operation s'est traduit par des phe- 
nomenes symptomatiques benins, ne durant que deux a 
trois jours au plus, apres lesquels les sujets vaccines 
recouvraient la sante. Leur sang examine quelques heures 
apres Finoculation a montre le microcoque de la fievre 
jaune, mais sa tunique d'enveloppe ne s'est pas trans- 
formee en ptomaine ; il n'est done plus toxfque, se resorbe 



hexagonauxse forment au-dessous de 300°, les lamelles ,peu a peuet finit par disparaitre. Les sujets inocules ont 
ressemblant a la tridymite vers 360°, les octaedres regu- | vecu dans un milieu contamine, et ont vu la maladie 



SMBhi 



Midi 










i 






26 



LE NATURALISTE 






decimer leurs compagnons non inocules, tandis qu'eux- 1 1° le type a six vaisseaux, le plus frequent, et qu'on peut 
memes ont ete indemnes. On n'a pas encore de donnees appeler le type normal ou ddfinitif; 2° le type a deux vais- 



surla dureede l'immunite. 



seaux, que Ton trouve chez Tineola Mselliella, T. pellio- 






* 



mode de formation 



en amas dans les 
avec les miner a 
siderolithiques. 



sedimentaires 



terrains 



nella, et Blabophanes rusticella; c'est le type embryon- 
naire ou atavique; 3° le type anormal, dont les vaisseaux 
forment de chaque c6te un arbre fortement ramifie, comme 
chez Oalleria cereana. Chez la Tinea misella, le tronc 
basal se divise en deux vaisseaux malpighiens, longs et 



Dieulafait 



M. Dieulafait conclut de ses recherches, que les eaux 



fins, dont l'un ne se ramifie plus, et l'autre se divise seu- 
lement a son bout en deux branches fort courtes. II y a 
done, dans ce cas tout particulier, soit quatre vaisseaux 



qui ont creuse les roches calcaires des causses du sud- ma lpighiens, soit une forme intermediaire entre celle de 

ouest de la France, et depose les phosphorites, etaient des | qua t re et celle de six tubes de Malpighi. 

eaux exterieures qui ont cir<ule,par suite,de haul en has. 

Si l'eau eut ete ascendante, les cavites auraient ete en 

augmentant de bas en haut ; a l'entree des cavernes, on 

eut trouve des masses de tufs ainsi que sur les plateaux 






Complement de thistoire du Chaitophorus aceris Fabri- 

Note de M. J. Lichtenstein. 



des causses ; les flancs des coteaux presenteraient des cius < sub A P hls )- 

trainees de phosphorites; les calcaires auraient 6te attaques I Void la serie complete des metamorphoses du Puceron 
regulierement pour chaque niveau; les phosphorites se J jjrun de l'erable. Les oeufs eclosent sous les bourgeons ou 
fussent deposees avec regularity pour chaque niveau,tout I i e s fentes de l'ecorce de l'erable qui les ont abrites pen- 
aumoins. Or, on constate tout le contraire. Les phosphates j d a rit Thiver; cette eclosion a lieu des les premiers jours 

de mars. 11 nait une fausse femelle du Pseudogyne aptere 
mii nond sans le secours du male, apres auatre mues de 



et autres materiaux rencontres dans 



cavernes des 




causses sont de Fage de l'eocene superieur; cette epoque 

esL caracterisee, dans le sud-ouest de l'Europe, par ce fait I cinq a sixjourschacune (soit apres vingt a vingt-cinq jours), 

qu'il s'est forme des lagunes dont l'eau, en s'evaporant, a de jeunes pucerons dont une partie aiiee, et qui se re- 

abandorme, comme a Tepoque actuelle, des boues ferru- pandent sur les erables des environs. Cette Pseudogyne 

gineuses et plus tard du gypse et du selgemme. Ces eaux | emigrante 

de lagunes, riches en phosphates, attaquent les calcaires 



avec une grande energie. 



is formes de pucerons : Tune semblable a elle- 
meme, la seconde garnie de longs poils, et la troisieme 
a source principale des phosphorites des causses est I ornee de folioles sur son pourtour. Cette premiere forme 
dans les calcaires en partie disparus. Les calcaires des de pucerons, semblables a leur auteur, grossit normale- 
causses attaques par un acide faible donnent pour residu ment, et vingt jours apres sa naissance engendra des 
un depot argileux identique aux argiles des cavernes a embryons a longs poils semblables a la deuxieme forme, 
phosphorites, ou Ton rencontre souvent du minerai de fer I La troisieme forme, a folioles, manquait a Montpellier sur 
en grain. Les minerais de fer siderolitiques sont plus ou Terable en observation. Fin mai, les formes normales 
moms phosphoreux, suivant que la roche calcaire dont ils disparurent, et il ne restait que les embryons groupes sur 
derivent est plus ou moins riche en phosphates. Les pro- ies feuilles, et tels que les a figures Reaumur. Trois mois 
duits siderolithiques se manifestent principalement lors de S e passent, les feuilles commencent a tomber en sep- 
ia formation des lagunes saliferes de l'eocene superieur; tembre, et les embryons n'avaient ni grossi, ni bouge. En 
il s'en est produit a toutes les epoques, depuis que les piquant la feuille fletrie qui les portait sur une feuille 
calcaires predominent dans les dep6ts sedimentaires, I verte, M. Lichtenstein les vit s'attabler sur cette derniere, 
e'est-a-dire depuis la fin du trias. 11 est done demontre que e t vers le 12 septembre, la peau des embryons poilus se 
lesdep6ts siderolithiques de tousles ages, avec leurs mul- fendit et donna un puceron normal, jaune clair, qui gros- 
tiples elements, y compris les phosphorites, sont des pro- I s jt vite; en octobre, il ponditdes jeunes, de dimensions 



externe 



pi 



ofondears 









Contributions a Vanatomie et la morphologie des vais- 



seaux malpighiens des Jjpidopiires . 
M. N. Cholodkowsky. 



Note de 



diverses; les plus petits, elances, verts d'abord, puis 
brun noir, couraient sur les rameaux de l'erable, etaient 
des males allant feconder evidemment plusieurs femelles. 
Au milieu de nombreux males apteres, quelques-uns 
etaient ailes, destines a aller feconder au loin les femelles 
qui se sont laissees choir ou que le vent a emportees. Peu 
apres, la femelle pond, sous les bourgeons ou l'ecorce de 
l'erable, des ceufs jaune clair devenant noir vernisse bril- 
lant; ces ceufs ecloront au printemps et donneront la 



Les recherches ont porte sur les chenilles, chrysalides | Pseudogyne fondatrice de la colonie. 
et papitlons correspondant a vingt-trois genres de Micro- 
lepidopteres et a trente-six genres de Macrolepidopteres. 
Trois types de vaisseaux malpighiens ont ete rencontres : 



i 








LE NATURALISTE 



27 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE 

DE GRENIER ET GODRON 

Par G. ROUY 



Helvet 



| non Lag., de l'lstrie, Tltalie meridionale, etc. 
Accepte comme espece par M. Jordan {Pagillus), et par 
M. Debeaux {Recherches fl. Pyr. -Orient.), qui l'a trouve 
a Porte-Canet et sous Castell-Roussillon, pres de Perpi- 

(Descriptions des plantes signages en France et en Corse depuis 1836) I S nan ' le F - Wectabilis Bischoff n'est pour nous qu'une 



FUMARIACEES DC 



<Suite) I simple vanete au F. major, dont u ne se distingue que 

par ses rameaux moins laches, ses bractees un peu plus 
courtes, ses sepales un peu plus grands et plus larges, 
son fruit legerement plus petit, ses feuilles a divisions plus 
etroites. Nous l'avons recu du mont Vinaigrier, pres Nice 
{leg. H. Pellat), oil croit aussi le F. major a genuina 
um novarum, I (herb., R., leg. Laire). — Le F. agraria presente d'ail- 

p. 6; Haussknecht in Flora, 1873, p. 552; Loret et Bar- | leurs une variete absoluraent analogue, notamment en 

randon Flore de Montpellier, p. 31; Debeaux Recherches 

fl. Pyr.-Orient. , I, p. 19; Nyman Conspectus fl. Europ., 

p. 27; Reichenbach Icones, fig. 4455; F. agraria Gren. 



Fumaria major 



Gastille et dans l'Estramadure. 






major 



Ex sice 



Sect. 



mar Fum. Monogr., p. 
fl. Hisp., Ill, p. 881. 
Agrarise Hammar. — Plante annuelle, glaucescente, 
rameuse, ascendante ou dressee, rarement grimpante. 
Feuilles bipinnatisequees; segments ultimes a lanieres 
lanceolees, obtuses-mucronees ou subaigues. Fleurs 
presque d'un tiers plus petites que celles du F. agraria 
Lag., en grappe lache; bractSes lanceolees egalant ou 
ddpassant, meme lors de la fructification, les pSdicelles 
dresses. Sepales ovales, aigus, courts, Egalant environ 
le quart de la longueur de la corolle et a peine plus 
dtroits que celle-ci, profonddment denies, a nervure 
mediane peu ou point cardnee; corolle rosee, purpurine 
ou noiratre au sommet. Silicule grosse, globuleuse, 
rugueuse, legerement bordde, arrondie au sommet et a 
peine apiculde par la base du style. — Mai-juillet. 



CRUCIFERES JUSS. 



Aire 



D aim a tie 



Crete, Algerie. 



Nasturtium stenocarpum Godron Notes sur la 

flore de Montpellier, p. 41 ; Loret et Barrandon Flore de 
Montpellier, p. 46. — Eocsicc. Billot, 2 8 )9. — Tiges ordi- 
nairement dressees, robustes, de 5-10 decim., anguleuses, 
•glabres, tres rameuses, au moins superieurement. Feuilles 
radicates lyrdes, les caulinaires infdrieures grandes 9 
irrdgulidrement pinnalifides ou pinnatipartites , a lobe 
terminal plus grand, ovale ou oblong, les lateraux 
oblongs ou lanc&oles, dentds; petioles ordinairement auri- 
cules. Fleurs petites, nombreuses; sepales jaunatres, eta- 
les, d'un tiers plus court que les petales. Crappes fructi- 
fdres tres foumies, allongees, a pSdoncules capillaires 
etales, de moitiS environ plus longs que les siliques 
lineaires-oblongues, peu comprimdes; graines irregulie 



e- 



rement biseriees, arrondies, brunatres, lisses. Plante 
vivace. — Mai-juillet. 

Herault : Fosses a Lattes {herb. R., Maillard, 



Hab. 



Obs. I. — Espece pour MM. Jordan, Haussknecht, De- Loret, Neyra) et a Oramenet; la Madeleine; Maurin; 



• / . / 



major 



bords du Lez. 



N. stenocarpum 



nous qu'une sous-espece du F. agraria Lag. C'est lui que 
Grenier et Godron ont mentionne dans leur Flore de I du N. anceps D C, dont il se difference par ses tiges 
France sous ce dernier nom, et il est a croire que toutes | plus robustes, ses feuilles radicales lyrees,les caulinaires 

plus grandes, a lobes plus larges, la plupart abondam- 
ment dentees, par ses grappes fructiferes plus etroites, a 



• . * 



ma 



jor. Mais, quoique 

localites framjaises le vrai F. agraria Lag., plante de I pedoncules tres tenus portant des siliques plus greies, 
Portugal, Espagne, Maroc et Algerie, nous signalerons les j moins comprimees. 
caracteres qui le distinguent du F. major, car il est a 
rechercher dans nos departements limitrophes de 1'Es- 
pagne. 
F. agraria Lag. — Fleurs plus grandes, plus foncees; 



Sisymbrium Villarsii Jordan Diagnoses (fespeces 

nouvelles, p. 143; Verlot Catalogue plant, vascul. Dau- 
phind,\>. 33; S. Pyrenaicum Vill. non L. ; S. acutau- 

bractees ovales-Tanceolees, oVdinairement "plus courtes I ^ ulum D £ *■ ** f- ^ustriacum 

que les pedicelles. Sepales ovales-lanceoles egalant envi- Exsicc ; BlIlot n ° 2413; Ch ' Magnier Flora selecta, n* 9. 



ron le tiers de la longueur de la corolle et sensiblement 
plus etroits que celle-ci, done nettement plus longs et plus 



Racine bisannuelle ; tiges dressees, fistuleuses, legere- 



pubesceyxtes 



des le tiers inferieur, a 



etroits que dans le F. major, et, de plus, peu dentes, a rameaux dresses, plus ou moins flexueux. Feuilles toutes 



dents courtes, et a nervure carenee. Silicule subglobuleuse, 
un peu aplatie, carenee. 



petiolees, d'un vert gai, glabrescentes, parfois un peu 
ciliees, les radicales et les caulinaires infdrieures 
grandes, roncinees, a 5-6 lobes de chaque c6te, aigus et 



Obs. II. — Bischoff a cree, en 1849, le nom de F. specta- munis de 1-2 dents larges ; le terminal triangulaire ; 
bilis pour le F. agraria Koch (Synopsis fl. Germ, et ' feuilles superieures a 1-8 lobes etroits. Fleurs petites, 













28 



LE NATURALISTE 




rapproche"es en coryrribes denses ; se" pales oblongs 

obtus, etales-dresses, au moins du double plus courts I peu toruleuses, pubescentes. 



gr&e 



que le pedoncule; petales ovales attenues en ongletplus 
court que le limbe. Grappes fructiferes tres allongees ; 
pedoncules de 6-15 millim. > tres arques en dedans ou 
contournes vers Vaxe; siliques courtes (15-22 millim. de 
long)^ redressees sur le pedoncule ou subetalees, peu 
toruleuses , flexueuses, lineaires, arrondies, epaisses., 
mucronees par le style court, le plus souvent parsemees 
de polls ; graines oblongues, jaunes, luisantes, etroite- 



ment ailees au sommet. 



Juin-aout. 



Hab. 



Isere : Combe de Sarenne, pres Huez-en-Oysans 



[herb. R., G. Bonnier). 



Hautes-Alpes : Le Lauiaret 



Obs. 



(herb. R., Berher, Neyra), la Grave; mont Viso, etc. 
Dr6me : Saint- Vallier (E. Chabert sec. Verlot). 

Var. glaucescens nob.(£. glaitceseens Jordan Diagnoses). 

Differe de la forme genuina par ses feuilles pales, 

glaucescentes, les radicales a lobes lateraux moins aigus 
et moins dentes, par ses fleurs plus pales, ses siliques 
ordinairement glabres, un peu moins epaisses. 
Hab. — Basses-Alpes : Colmars (Jordan) (1). 

Le S. Villarsii Jord. est une des trois sous- 
especes francaises que comporte le 3. acutangulum D C. 
(Flore frangaise, IV, p. 670), rapporte comme variete au 
S. Axis triacum Jacq. par Koch et, apreslui, par plusieurs 
auteurs. Cette reunion ne nous parait pas suffisamment 
justifiee, car le S. acutangulum est caracterise par des 
pedoncules contour n6s en dedans, des siliques courtes 
(15-22 millim.), appliquees contre Vaoce ou peu ecartees de 
lui, peu toruleuses, ordinairement pubescentes, tandis 
que le S. Austriacuin Jacq. et ses formes ou vari6tes les 
S. Tillieri Bell, rupestricolum et pallescens Jord. pre- 
sentent des pedoncules redresses presque parallelement 
a l'axe de la grappe, portant des siliques glabres, netle- 
ment toruleuses, ecartees deV axe > longues (25-40 millim.). 
Ce sont la des differences specifiques notables. 

Les deux autres sous-especes francaises du S. acutan- 
gulum D C. sont le Sinapis Pyrenaica L. et le Sisymbrium 
Rhedonense Degl. — Linne ayant donne le nom de Sisym- 
brium Pyrenaicum a la plante appelee depuis Nastur- 

wm Pyrenaicum et Roripa Pyrenaica. ce nom de 
Sisymbrium Pyrenaicum ne saurait etre applique au 
Sinapis Pyrenaica L. ; aussi adopterons-nous le nom de 
Sisymbrium chrysantUum ci 



* * 



plante des Pyrenees centrales. 



m 



Sisym 



Hab. 



Plante robuste 



In Pyrenoeis (Jordan). — Hautes-Pyr^nees : 
Oedre (herb. R., Bordere). 

S. Rhedonense Degl. ap. Lois. 
(6-7 decim.), tres rameuse. Feuilles radicales et caulinaires 
inferieures grandes (15-30 centim. de long), non roncinees 
mais irregulierement pinnatipartites, a lobes laches, 
elargis, obtusiuscules ou obtus, sinues ou a peine dentes. 
Pedoncules courts (3-5 millim.), tres arques-redresses ; 
siliques droites, redressees, courtes, toutes ou la plupart 
appliquees sur l'axe de la grappe, greles, peu toruleuses, 
glabrescentes. 



Hab. 
Giraudias) . 



LLE 



(herb. R., Gallie, 



[A suivre.) 



DIAGNOSE D'DN ORTHOPTERE NOUVEAU 



Par H. de Saussure 



Helioscirtus Finotiaiius. 



Fulvescens, punctu- 



latus. — Verticis scutellum ovatum, foveolatum, antice 
truncatum. Costa frontalis punctata, a vertice per cari- 
nulam trans versam sejuncta. — Pronotum vix carinu- 
latum ; prozona ante sulcum anteriorem tuberculo 
compresso vix perspicuo vel cannula brevi instructa; 
metazona vix granulata, processu postico rectangulo, 
angulo haud rotundato. Lobi laterales angulo postico 
infere angulato. — Elytra fasciata, latiuscula, apice atte- 
nuata, etsi ultra medium irregulariter reticulata; vena 
intercalata flexuosa, apicem versus venae mediae con- 
tigua ; area intercalata posterior secundum illam venam 
areolas majores praebens ; area ulnaris per venam spu- 
riam incompletam divisa. — Alae latae, sat triangulares, 
apice angusto ; hyalinae, disco basali dilute caerulescente, 
per fasciam arcuatam fuscam obsoletissimam cincto ; haec 
fascia tantum per venas fusco-spurcatas indicata, postice 
intus evanescens. Campus anterior angustus. Campi pos- 
tici venae radiatae principals omnes (11, saltern 10) valde 
incrassatae (o*) f apice acuminatae. Campus anterior et 
campus axillaris quadrato-reticulati (haud scalari-venu- 
losi). Campus radiatus venulis subtilibus invicem valde 
remotis, areolas elongatas formantibus reticulatus ; area 
radiata prima venulis arcuatis invicem proprioribus obsita- 
margo externus polygonali reticulatus. — Femora postica 



rium 



Feuilles relativement 1/lere interno basi fusco latere externo fascia praeapicali 



* « 

p tites (6-12 centim. de longueur), presque semblables a 



Taraxacum 



pi clies, courts, tres aigus, dentes, souvent dejeles un 
peu en arriere. Tiges greles (25-50 centim.). Pedoncules 
fins, tres arques, contournes ou tordus sur leur axe; 



i Nous avons en herbier cette variete communiquee sans nom decrite. On peut definir simplement 



p r.lis«<»n qui l'avait recueillie autour de Vierzon (Cher) en 1871, 

I" sejour des troupes dans cette ville. Les fourrages de l'armee, 
s disait-il alors, provenaient en majeure partie des regions elevees 
de- la Provence et de l'Algerie. 



fusca. Tibiae posticae sordide caerulescentes, condylo atro, 
calcaribus brevibus. — <? Long. 22 mill. Elytr. 22 mill. 

Habitat in Algeria, prope Oran, tempore autumnali. 

La diagnose du genre Helioscirtus ayant ete etablie 
d'apres la seule espece que j'ai nominee Helioscirtus 
Moseri devra subir quelques modifications dans un sens 
plus general, afin d'englober aussi Pespece ci-dessus 

ce genre comme il 



no» 



suit : Caracteres des Sphingonotus ; mais avec les rayons 
du champ posterieur des ailes epaissis, (Voir Henri de 
Saussure : Prodomus CEdipodiorum, page 194.) 




LE NATURALISTE 



» 



bien 



imanx mariiw 



LE PAL^EOPHONEUS KUNCIUS ET LA THEORIE i usqu es, des crustaces et de rares poissons inferieurs, le 



DE DEVOLUTION 
Par Paul Delorme 



geologue de Stockholm a mis tout a coup la main sur les 
restes d'un animal parfait, d'un animal ne vivant plus au 
sein de la mer, mais bien dans Fair, sur la terre ferme. 
II se trouve toujours des esprits qui ne peuvent accepter I M. Lindstroem a trouve un magnifique scorpion ! un scor- 
une theorie nouvelle, et, de parti pris, sans examen, 



upeneur. 



vivement 



malgre les preuves et les arguments les plus serieux, 

rejettent comme faux tout ce qui contredit leurs anciennes I Le plus ancien animal terrestre connu etait jusqu'ici la 

opinions. Certes, nous ne sommes pas de ceux-la qui libellule; on en avait rencontre plusieurs fossiles dans la 



accepteront, les yeux ferrnes, tout ce que nous dira un 
professeur, quelles que soient son autorite et sa science : 
nous ne sommes plus au temps oil Ton acceptait tout sur 
la parole d'un Platon, et pour croire en quelque chose, il 
nous faut une base a notre croyance ; mais nous etonne 



formation qui surmontele silurien, dans le devonien supe- 
rieur du Canada. Mais dans le silurien, on n'avait jamais 
vu que des vestiges d'animaux marins ; c'est a cette 
epoque geologique seulement qu'on commence a voir se 
rifivelonner la faune marine. Dans les derniers terrains 



rons-nousque des esprits serieux, des savants que recom- | sous-jacents, le cambrien et le laurentien, les fossiles se 
mandent leurs travaux passes, parlent si legerement d'une 



epoqu 



recouvraient 



theorie aussi generalement et aussi anciennement admise 
que la theorie de revolution. Les derniers et impuissants I surface terrestre. Elles etaient peu profondes, mais tres 

efforts d'Agassiz, tombes sous les coups de l'ecole de etendues, si etendues merae qu'elles devaient laisser bien 

Darwin, d'Huxley, d'Hceckel, les faibles objections que peu de place a la terre ferme battue par les flots. On n'a 

l'on peut elever sur des points de details contre la theorie, jamais trouve que de rares vegetaux du groupe des lye© 

tout cela n'empeche pas encore des gens d'accepter Topi- podiacees et des calamites. Mais par cela meme qu'il y 

nion de Cuvier sur les revolutions du globe, au lieu de la avait des vegetaux, on pouvait en inferer qu'il pouvait 

theorie des causes actuelles de Lyell : certes, a ne consi- aussi exister des animaux terrestres ! Si on n'en avait 



philosopl 



parce 



en contradiction flagrante avec la conception que nous enleves, entraines par les eaux, broyes et reduits en 



pouvons nous faire de la divinite. Quoi, nous supposerons 

un Dieu ne concevant pas du premier coup la perfection, 

creant successivement des faunes et des flores nom- 

breuses pour les engloutir tout a coup l'une apres l'autre? 

Nous supposerons que ce Dieu, au lieu de donner a la 

matiere des lois immuables, reglant eternellement ses 

changements, aura ete brusquement les bouleverser plu- 

sieurs fois : et tout cela pour en arriver a cette orgueil- 

leuse conclusion que Thomme constitue un regime a part, 

pour nous prouver contre l'evidence que l'espece n'est 

pas une conception humaine, que ce que nous appelons I mammiferes, l'homme! Tout au bas, dans les terrains 

espece est aussi appele espece par Dieu, et reglant le cambrien et laurentien, des etres infimes ; a la base, nn 

elan divin sur le n6tre, nous voulons l'assujeltir a nos petit foraminifere, YEozoon canadense, le plus ancien 



Q 

l'on etait slrictement en droit de se demander si a Pepoque 
silurienne il existait bien une faune terrestre contem- 
poraine de la faune marine, deja si riche en mollusques et 
en crustaces. Aujourd'lmi la reponse est possible, les 
animaux terrestres existaient des ces temps recules. 

c Mais la decouverte de M. Lindstroem a bien une autre 
portee. A travers la succession des formations sedimen- 
taires on voit sans cesse la faune et la flore aller en se 
perfectionnant. Tout au haut de l'echelle apparai^sent les 



realises 
d'Abeilard et de Roscelin, d'Aristote et de Platon I 



fossile connu; puis, dans des formations intermediates, 
des types intermediates : poissons singuliers, insectes 



Et voici qu'aujourd'hui, comme l'hydre de Lerne, le etonnants, reptiles etranges, etc. La vie et les formes se 
Cuvierisme releve la tete a propos d'une decouverte de | compliquent, revolution est en progres, 
M. Lindstroem, en Suede, et avec M. de Parville, proclame « Or, aujourd'lmi, on rencontre tout en bas de Techelle 
• une breche dans la theorie de revolution ». Mais repro- un animal bien autrement complet que les especes simi- 
duisons d'abord ici textuellementrarticledecet honorable laires dont on voulait le faire descendre et qui sont appa- 



savant dans le Journal 
dernier : 



du 26 decembre I rues dans des assises tres posterieures. Voici le descen- 
dant qui se montrent tout perfectionne des milliers 



une 



M. le professeur Lindstroem de Stockholm, vient de faire 
decouverte toute petite en apparence, mais tres 



d'annees avant Pancetre. Voici un scorpion tres analogue 

aux scorpions de la periodo actuelle, et bien autrement 

importante, en realite, par ses consequences. Elle occupe I developpe que les scorpions fossiles de la formation car- 

depuis quinze jours Pattention des naturalistes et surtout bonifere. Que devient la theorie de Involution? 



des naturalistes de Pecole de Darwin. 



N'entrons pas dans "la discussion. Le fait en lui-meme 



: 



« Dans un des terrains primaires qui forment la base est deja suffisant pour appeler la meditation des specia- 
de l'ecorce terrestre, la-bas, tout au fond des assises sedi- listes. Le scorpion de M. Lindstroem est bien etonnant. 
mentaires, dans ce terrain silurien au milieu duquel on Quel est le naturaliste qui aurait jamais ose avancer que 
n'avait jamais rencontre que les vestiges plus ou moins | l'on ^wtverait, dans les premieres formations, un animal 



















k 






t 



30 



LE NATURALISTE 



^ 




plusfcomplet fque ceux que Ton a rencontres dans les 

assises superieures? 

« M. Alphonse Milne-Edwards a montre a l'Academie 
des sciences une photographie du scorpion fossile que lui 
a adresse M. Lindstroem; il offre laplupart des caracteres 
des scorpions actuels. M. Lindstroem l'a decouvert dans 
la formation silurienne superieure de Tile de Gotland, en 
Suede. La piece est bien conservee ; on distingue le 
c^phalothorax, l'abdomen avec sept lames dorsales, et 



segments 



fique 



stigmates est encore visible et montre clairement que 



tencede YEozoon, et jusqu'a present n'admettre la] pre- 
sence desfossiles qu'a partir de la periode cambrienne. 

Cette digression finie, revenons a notre sujet : nous ne 
discuterons pas ici le caractere du Palaeophoneus nuncius, 
nous admetterons qu'il est aussi perfectionne que les 
especes actuelles, et pour cela nous ne penserons pas 
avoir plus donne prise aux adversaires de revolution 
animale. 

Nous ferons remarquer ^ue le savant disciple de Darwin, 
Hoeckel, avait, des 1868, affirme la presence des tracheates 
dans la periode devonienne : 

« C'est seulement au debut de la periode paleolithique, 



i'animal a respire de Fair, et toute Torganisation prouve apres la periode archeolithique qu'ont pu naitre les 
qu'il a vecu sur la terre ferme. M. Lindstroem a baptise tracheates; en effet, contrairement a ce qui existe pour les 
ce dernier venu dunom dePalseophoneus nuncius, le plus crustaces qui, habituellement, sont aquatiques, les tra- 



cheates ont ete des Porigine des animaux terrestres. 
Evidemment, ces animaux a respiration terrestre n'ont 
pu se former avant la fin de la periode silurienne. Mais 
comme on trouve deja des debris fossiles d'arachnides et 
d'insectes dans les couches carboniferes, cette circon- 
stance permet de fixer avec une certaine exactitude la 
date de cette origine. C'est entre la fin de la periode silu- 
s'etonnera pas, j'espere, de voir un inconnu oser lui I rienne et le commencement de la periode carbonifere, 
representer qu'il peut s'etre trompe, et que parfois le c'est-a-dire dans la periode devonienne, que les premiers 



ancien des animaux terrestres I * . 

Contrairement a M. de Parville, nous eiitrerons dans la 
discussion ; quant a ses consequences pour la theorie de 
revolution, elles me semblent infiniment moins graves 
que parait le supposer l'honorable auteur de l'article qui 
nous occupe. M. de Parville nous parait avoir neglige la 



discussion 



que 



parti pris amene un aveuglement etrange : seulement il 
nous semble dangereux pour Tesprit public de voir un 
homme de merite admettre a priori qu'une doctrine est 
fausse et crier victoire a un faux pas de l'adversaire, qui 
peut se redresser aussi fort qu'avant et peut-etre meme, 
comme Antie, reprendre de nouvelles forces dans sa chute. 
Nous nous permettrons d'abord une remarque au sujet 
de YEozoon canadense, cette rectification peut etre aussi 
necessaire. Lorsqu'en 1863, M. Mac Mullen trouva au 
Canada, dans la couche superieure du calcaire laurentien, 
un calcaire serpentineux cloisonne, a couches alternatives 
de serpentine et de carbonate de chaux, MM. Dawson, 
Carpenter et Rurert Jone, crurent y remarquer une struc- 
ture organique; apres, M. Gumpel nous donna YEozoon 
bavaricum, qu'il trouvait en Baviere, dans les marbres 
serpentineux de Finlande, de Saxe, de Silesie, de Hongrie. 
En Boheme, M. de Hochstetter nous signalait ] 
bohemicum, M. Garrigou le trouvait aux Pyrenees 



tracheates ont du provenir de vers a respiration bran- 
chiale (1) .» 

Ces quelquesmots serviront a prouver d'abord que Ton 
affirmait, des longtemps, non seulement la possibilile, 
mais meme ^existence des tracheates a l'epoque devo- 
nienne. Or, au point de vue de la faune et de la flore 

terrestre, la periode devonienne n'est guere plus riche que 
la periode silurienne. On a jusqu'a present trouve dans ce 
terrain que quelques insectes ailes, dans les couches 



t • 



superieures, en Amenque. 



{A suivre.) 



coleoptEres nouveaux 



Eozoon 



lais bient6t MM. Ring et Rowney (1) montraient 



meme 



dans une ophicalate de Tile de Skye, 



formation 
t aue YEo 



filon calcaire. Enfin M. Moebius, dans uue etude fort con- 
■ftiAnftiftuse (2^ fait rentrer YEozoon au nombre des acci- 



1° Une nouvelle esp^ce de Procrustes. 

C'est comme Carabus sapphyrinus que je l'ai recu, et 
apr^s l'avoir compare avec la description et apres avoir 
acquis la certitude que ce n'etait pas un sapphyrinus, je 
ne savais plus que faire. Et pourtant, il avait bien Fair d'un 
Carabus ! 

C'est que, lorsqu'on recoit un insecte longtemps desire, 
on a de la peine a se defaire du nom et a se dire que c'est 



dents mineralogiques et admet que sa reproduction est tQUt autre chose . g j.^ & . deux an ^ 

possible dans tout melange de calcite et de serpentine ou arriver . un ^^ au e f mm soi . disant 

de pyroxene; sa doctrine est suivie par d eminents paleon- ^ Hms et a rts avoir feuiUet6 toutes les faunes et 



tologistes, tels que Zitlel, Lapparent, etc. (3). 
Nous devons done, jusqu'<k nouvel ordre, rejeter l'exis- 



toutes les monographies, je pris la resolution heroique de 
regarder mon insecte a la loupe : c'est-a-dire je finissais 
par ou j'aurais du commencer. 

(1) Proceeding of the Irish Academy. —Annals and Magazine of | Et que 
natural History, 1874. 
( Patoont., graficat., XXV, 1878. 
(i)Zittel.Andbuchder Paleon tologie, 1732.— Lapparent. GSologie, 640. | (1) Hoeckel. La creation naturellc. 3 g Edition frangaise, 1884, page 413. 










LE NATURALISTE 



31 









du tout! — C'etait un simple Procruste, et pour comble | nu. Vers la pointe, a peu pres au dernier tiers, les elytres 



un Procruste que je ne connaissais pas du tout et dont il 
ne me fut pas possible de decouvrir le nom. 
Ainsi done, j'avais un nouveau Procruste , et non 



un Carabus sapphyrinusi 



f 



Heureusement quelques 



jours plus tard il m'arrivait deux $; elles n'etaient pas 
aussigrandes que les deux geants du Cabinet imperial de 
Vienne, il est vrai, mais pourtant c'etait de beaux exem- 

plaires. 

Mon Carabe est devenu Procruste grace & la loupe, 
car il a une levre bisinuee tres distinctement et une dent 
du menton emoussee mais finissant pourtant en une pointe 
assez aigue, avec un sillon longitudinal allant jusqu'au 
bout de la pointe. Ce qui me mettait toujours dans Pem- 
barras en examinant mon ex-sapphyrznus, e'est la couleur 
violette prononeee des bords lateraux du thorax et des 
elytres. 

Voici la diagnose : je lui donne le nom de : 

Procrustes incerius mihi n. sp. 

« Ater, sat nitidus, labro bisinuato, dente menti abbre- 
viata, acuta et sulcata. 

« Prothoracelatitudine longiore, postice leviter bisinuato 
et punctato, lateraliter cyaneo-violaceo marginato, angulis 
posticis modice productis, declivis obtusis. 

€ Scutellum nigrum, parvum, rugose-punctatum. Elytris 
convexioribus, oblongis, rubro-violaceo marginatis, stria- 
tis, interstitiis irreguiariter crenato-punctatis ; foveolarum 
serie triplici profundius impressis. 

c Subtus niger, nitidus. Episternis sparse punctatis, 
strigis ventralibus distinctis. 

« 2 long. 31 millimetres, lar. 12 millimetres. 

« Asia minor. » 

Tout le dessus est d'un noir mat grisatre; tres convexe ; 



lyt 



Megodont 



les 



mandibules assez arquees et recourbees ; le labre est 
distinctement bisinue. L'epist6me profondement decoupe: 
les rides assez grossieres de la tete vonl dans toutes les 
directions et courent parallelement avec le bord anterieur 
du thorax, plus elles s'en approchent. Les deux sillons 
profonds entre les yeux se touchent par une courbe assez 
profonde sur le vertex et prennent par cela la forme 

d'une lyre. 
Le thorax, plus large que long, est assez bombe, sa plus 

grande largeur se trouve avant son milieu, il est un peu 
retreci vers l'arriere. Les bords sont peu eleves, le bord 
posterieur faiblement ondule, les angles posterieurs mode- 
reinent prolonges, un peu rabaisses, et a pointe arrondie, 
le sillon median distinct; le disque est un peueleve, moins 
grossierement ponctue que tons les bords; les bords late- 
raux sont violet bleuatre. Le scutellum est large, tres 



court et tres grossierement ponctue, les points epars sont 
tres profonds. Les elytres sont oviformes, tres convexes, 
leur plus grande largeur se trouve au milieu de leur lon- 
gueur; elles sont profondement striees; les stries sont 
irregulierement et tres grossierement ponctuees, parfois 



ligne droite ; chacune 



rangees 



sont couvertes de rugosites ou de bourrelets grossiers, 
ires eleves et places sans ordre, la pointe elle-meme est 
assez acuminee et legerement decoupee, tout le bord, y 
compris Tangle humeral, est d'un violet rougeatre. Le 
dessous est noir brillant. Tous les episternes sont cou- 
verts de points epars et peu profonds. Les pieds sont 
noirs. Anneaux abdominaux a impression transversale 
distincte. 



( 



2° Carabus glabratus Payk. et sa nouvelle var. : 
punctato costatus mihi. 

Le Car. glabratas Payk. est bien, dans tous les pays ou 
on le trouve, l'insecte d'une uniformite desesperante, car 
jusqu'ici on n'a pas encore pu constater une seule variete 
dans cette espece, et a part le coloris plus ou moins 
bleuatre ou verdatre de ses elytres, son thorax plus ou 
moins large et la plus ou moins grande gibbosite des 
elytres, on n'y a pas encore remarque de varietes. 

II y a cependant trois ans que je recus de M. Nosalek, 
ingeniour a Sassow (Galizie, Autriche), quelques insectes 
-oleopteres, que je pourvus immediatement de leur patria 
(Sassow). 

Parmi eux se trouverent entre autres quelques Procr. 
rugifer,les plus rugueux quej'aie vus jusqu'aujourd'hui ; 
quelques C. excellens, bien beaux et petits, et 8-10 Car. 
globratvs. 

De ces derniers, je ne fis pas grand cas, et je les mis 
dans une boite de doubles. lis y etaienl deja depuis deux 
ans et j'en avais donne quand Poccasion se presentait, 
quand je revis la boite Pan passe. De tous ces glabratus, 
il ne restait plus que ueux exempiaires qui me parais- 
saient avoir quelque chose d'extraordinaire sur leurs 
elytres, car je crus y voir comme une espece d'elevation 
longitudinale. Le premier que je sortis perdit un pied qui 
resta accroche a une epingle. Je pris la loupe pour Pexa- 
miner plus attentivement, et a ma grande surprise je 
decouvris trois fines c6tes sur les elytres; cesc6tes etaient 
composees de tout petits grains se touchant; ces grains 
etaient tout aussi petits et fins que les autres grains qui 
couvrent les elytres, mais un peu plus eleves, et ne tou- 
chaient ni la base des elytres, ni leur pointe. 

Je pris aussitot le second et y trouvai aussi les trois 
c6tes, mais plus distinctes sur une elytre que sur Pautre 
et maintenant je regrettais ne pas avoir examine ces 
insectes plus t6t, lors de leur arrivee. 

Je pense que Pon ne doit pas laisser passer comme ina- 
percue une marque aussi caracteristique, et cela, d'autant 
moins, que jusqu'ici on n'a pas encore remarque de cotes 
dans cette espece, ce qui nous prouve que les especes les 
moins importantes, en apparence, valent la peine d'etre 
examinees. — - *\ 



II est vrai qu'en regardant mes exempiaires il faut 
savoir ce que Pon doit chercher, et oil on doit chercher les 
c6tes (qui se trouvent justement a la place qu'occupent les 
c6tes catenulees des especes striees), et alors la personne, 
meme la moins initiee, les apercevra; mais il faut les 
chercher. 





















LE NATURALISTE 



Je propose de 
bratws v. nov. 
rait la suivante : 



punctata 



5 



elevatis parvulis in costas tres dispositis. 



granulans 



) 



une 



II y aura peut-etre des entornologistes qui, en lisant ce 
petit article, diront : « Mais ceci n'est qu'un C. glabra- 
tus. » D'accord, messieurs, et je ne vous le presente que 
comme tel, inais c'est un glabratus qui porte les rudiments 

marque caracteristique, qui sont tres interessant's, 
qui n ont encore ete observes, ni remarques par personne, 
et qui valent bien la peine qu'on les signale au public 
entomologiste. 

Je serais charme d'apprendre un jour que ces lignes ont 
provoquees un examen de tous les C. glabratus de mes- 
sieurs mes collegues, et que cet examen a eu le bon resul- 
tat qu'a eu le mien avec mes propres individus; peut-etre 
que l'un ou l'autre des entornologistes trouvera meme ces 
trois cdtes beaucoup plus prononcees que dans mes deux 
exemplaires. 

Ch. Haury, de Prague. 



BIBLIOGRAPHIE 

Les Roches, description et analyse au microscope de leurs 
elements mineralogiqueja. 2« edition, par Ed. Jannetaz. 

L'etude des roches, depuis qu'elle est faite a l'aide du 
microscope avec des lamelles d'une tenuite assez petite 
pour les rendre presque toutes transparentes, a permis de 
rectifier bien des erreurs que les decompositions chimiques 
n'avaient pas pu laisser apprecier. On est arrive a consta- 



les 



en estimer plus surement 



relatives, aussi 1'ouvrage de M. Jannetaz, en resumant 
toutes les nouvelles decouvertes de la science, est-il venu 
apporter a cette etude des masses minerales composant 
notre globe un jour nouveau qui a valu a son livre le juste 
succes qui lui etait du. La deuxieme edition, qui vient de 
paraitre, est accompagnee d'un grand nombre de dessins 
representant les fragments de roches tres grossis, tels 
qu'on les voit lorsqu'on les examine au microscope, soit 
arec la lumiere directe, soit avec la lumiere polarisee; c'est 
le traite le plus complet, pour rester elementaire, qui 
existe en mineralogie. II sera certainement apprecie par 



qui 



i yr tains 



• ^ 



ciere. 



CHRON1QUE ET NOUVELLES 



gnale a Minversheim 



meat des 

renferme 



Alsace) 



Ce gisement 



o 



Leptolepis 



Ammonites lythensis, Ino- 



ceramus 



dere comme representant un fades des couches a Posido- 



nomya 



greseux des couches a Posidonomyes du nord de la Lor- 



raine. 



* * 



Une impression generate a existe que le bois a crois- 
sance lente est plus fort ; mais cette opinion, d'apres une 
source scientifique, ne s'accorde pas avec l'experience 
pratique et puissante. II y a, a Londres, un etablissementdu 
gouvernement qui peut mettre a l'epreuve la force et la qua- 
lite de tous les bois pour les besoins de l'Etat, dontles chro- 
niques sont extremement interessantes. Au cours des ex- 
periences, il a eteprouve que les bois a croissance rapide, le 
chene du moins, est le plus fort et susceptible du plus 
grand degre de tension. Ce fait remarquable a ete aussi 
decouvert recemment dans quelques-uns'des ateliers de 
bois ou le chene et d'autres bois a croissance rapide sont 
travailles pour les meubles et pour les materiaux de cons- 
truction et d'autres formes qui exigent la solidite jointe a 
une grande tension. Un constructeur important d'escaliers, 
qui a bati plusieurs elegants escaliers massifs a Washing- 
ton, est d'avis que le bois a croissance rapide est le meil- 
leur pour les interets architecturaux dans lesquels il se 
trouve engage. 



OFFRES ET DEMANDES 

M. H. du Buysson, chateau du Vernet, par Brout-Vernet 
(Allier), desire se procurer des Elaterides europeens ou 
exotiques, meme innommes, surtout parmi les genres 
Athoas, Agriotes, Melanotics, en echange de bonnes 
especes de coleopteres, ou de mousses, hepatiques et 
lichens bien classes. 

M. le D' E. N. Sardi, a Nizza-Monferrata (Italie), desire 
echanger de beaux echantillons de selenite et de bonnes 
especes de fossiles du Piemont contre des mineraux et 
des fossiles de France. 

If. le comte xMarius H. Peracca, rue San-Anselmo, 6, a 
Turin (Italie), desire entrer en relations d'echanges avec 
des naturahstes herpetologistes de l'Espagne, du Portugal, 
du midi et de l'ouest de la France. 

Collection de vingt-cinq roches preparees pour l'exa- 
men microscopique. 50 francs. 



m - m koq ^J ARRIVAGES „;;,; ^Cu:/ 

Parnassius Delius &&M Q« 

Antocharis eupheno . . . . H o 7.^5 o 1 

Leucophasia Lathyric ..."..""* # * n 

Chionobas aello V ' ^ q ,. 

Satyrus Prieuri !."!!!]!!." # *; 

Charaxes Jasius " !'.!.'!!. 1 " " \ * ' r 

Deilephila Nerii ..*.*".,". 4 

Emydia Candida ...".." * \ \ i w 01 

OEnogyna boetica /..'.'.'.'. ? V io 

Arctia maculania ...*."" 3 

Lasiocampa otus WW. ..." 5*3" »' 03 

Endrorais versicolor ...!!!!.".." 6 1 » O l 

Catocala fraxini WW. . . W . . . 1 

^^^ Le gtremt, Emile DEYROLLE 

5492 - Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 



( 




I 




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Annie. 



N 



5 



er 



liars 1885. 



33 





JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le l er et le 15 de chaque mois 



ADRESSER TOUT CE QUI CONCERNE 

LA REDACTION ET ^ADMINISTRATION 

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DIRECTEUR 






PAUL GROULT 

Secretaire de la P.edaction 



LES ABONNEMEXTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Le Journal LE NATURALISTE est l'interm6diaire offlcieux de tous les amateurs d'histoire naturelle; il insdre 

gratuitement toute demande d'6cliange et de renseignements scientiflques 6manant de ses Abounds. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 29 SEPTEMBRE 1884 

Sur Vemploi du sulfate de cuivre pour la destruction 
du mildetv. — Note de M. Ad. Perrey. 

Au milieu d'un territoire ravage par le Peronospora 
viticola {Mildeiv),\es parcelles pourvues d'echalas recem- 
ment trempes au sulfate de cuivre se distinguent par la 
couleur verte et l'etat de sante desfeuilles de la vigne. Sur 
quinze ares de vignes dans la Haute-Saone, sur 2000 pieds 
de gamay ages de quatre a cinq ans, trois a quatre cents 
souches ont recu des echalas vieux et dont le trempage date 
de plusieurs annees; les autres souches ont recu des 
echalas de tremble ayant subi un trempage de quatre 
jours dans une solution saturee de sulfate de cuivre. Les 
vieux echalas sont distribues irregulierement au milieu 
des echalas nouvellement trempes. Le 15 septembre les 
quatre cents souches de la premiere categorie ne posse- 
daient plus que deux ou trois feuilles mortes, iandis que 
les mille six cents souches de la deuxieme possedaient 
toutes leurs feuilles. Ces dernieres souches ne sont pas 
toutes indemnes, mais en tous cas, le dommage constate 
est insisrnifiant. L'examen d'un cep dresse sur un echalas 



trempe, permet de reconnailre que la zone d'immunite est 
limilee par la surface d'un cylindre ayant pour axe Fechalas, 
et pour base une circonference de m 20 a m 25 de diametre ; 
les pampres accolles a Techalas sont indemnes, tandis que 
les feuilles ecartees a la peripherie ou depassant Fechalas 
sont plus ou moins envahies par le champignon, L'action 
du sulfate de cuivre considere comme agent prophylac- 
tique est done energique; mais son emploi serait couteux 
s'ilfallait le generaliser. D'autre part, son mode de pre- 



servation et Tetendue de son action ne permettraient pas 
de Temployer utilement pour la preservation des plants a 
grande arborescence, et celles des vignes dirigees en 
chaintres, taillees a longs bois, palissees en fil de fer, etc. 
Le trempage des echalas en solution cuivrique suffira a 
preserver des plants de quatre a six ans, mais pour le 
moment on ne peut guere esperer plus. II est done a souhai- 
ter que l'emploi du sulfate de cuivre puisse se generaliser 
dans son application, par un procede economique qui fait 
actuellement defaut, et dont la decouvef te viendrait un peu 
compenser, par ses effets, les pertes desastreuses que 
produit le phylloxera. 



* 



Sur les caracteres d\tne conifere tertiaire, voisine 



des Dammarees (Doliostrobus Strambergi). 
M. A. F. Marion. 



Note de 



Le bassin tertiaire d'Alais, riche en fossiles, contient 
une conifere rapportee soit aux Araucaria, soit aux 
Sequoia ; la decouverte d'organes de tous genres permet 
dela reconstituer. A Celas, ses rameaux recouvrent pres- 
que exclusivement les dalles d'une certaine couche; ils 
portent des feuilles en crochets trigones ; certaines bran- 
ches portent des appendices en forme d'aiguille droite ou 
a peine recourbee a Textremite. M. Marion pense etre en 
presence d'un cas de polymorphisme comparable a celui 
du Cryptomeria japonica. Les chatons males sont axil- 
laires, et les strobiles terminaux. Ces c6nes femelles ont 
une longueur de m ,04 et portent des ecailles reproduisant 
a peupres la structure des organes des Araucaria, e'est- 
a-dire terminees par tin mucron mince et aigu de 5 milli- 
metres a 6 millimetres de longueur. Ces ecailles etaient 
caduques. La graine, unique, soudee avec la bractee, au 



Damma 



une 







aile unilateral tres developpee. M. Marion donne par 
suite, a cette conifere, un nom de genre nouveau, celui de 
Doliostrobus. Les Doliostrobus apparaissent comme le 
dernier prolongement des Pachy phylum jurassiques-Cer- 
tainesempreintesrecueilliesenCerdagne, dans des couches 
mio-pliocenes, semblent se rapporter a un Doliostrobus 
nouveau, leD. Rerollei. Les rameaux en sont unpeu plus 
touffus que dans D. Sternberg!, les feuilles un peu plus 
larges, mais 1'ecaille isolee differe absolument de l'espece 
oligocene ; plus grande, plus regulierement ovo'ide, son 
bord n'a qu'un rudiment de inucron. Les Doliostrobus 
auraient done vecu jusqu'a la periode pliocene. 






Eu chi 



qui, d'abord retrecies, devaient s'attacher seulement aux 
diapophyses des vertebres, puis, se courbant et s'elargis- 
sant vers la partie laterale du corps, formaient des lames 
dont les bords devaient se toucher, et peut-etre se recou- 
vrir un peu. Elles jpresentaient en arriere un crochet qui 
pourrait etre l'homologue de l'apophyse recurrente des 



Hattey 



o 



m 



en 



Sar une grande oscillation des 
Provence. — Note de M. L. Collot. 

11 y avait une terre ferme a l'estet au nord de la mer 
cretacee de la basse Provence ; les Maures et l'Esteral en 
faisaient partie; cette terre a augmente de largeur aux 
depens de la mer cretacee jusqu'a l'epoque turonienne,puis 
a ete envahie graduellement pendant le depot du eretace 
superieur.Le golfemarin se transformaen lac d'eau douce 
dont l'envahissement continua sans le faire disparaitre 
completement. Un isthme a toujours subsiste a parti r 
de la craie moyenne, entre la mer cretacee alpine et celle 



terminees en pointe, rencontrees a Igornay, dans les 
memes lits que Y ' Enchiros auras , representeraient peut- 
etre les c6tes abdominales ossifiees qui s'attachaient a 
l'extremite ventrale des cotes dorsales. V Euchirosaurus 
avait une cuirasse ventrale, flexible, formee de fortes 
[ ecailles ganoides; les vertebres avaient des apophyses 
epineuses avec de grandes avances laterales comme n'en 
possedait aucun autre animal, et des facettes articulaires 
permettaient a Pare neural de se mouvoir un peu sur le 
centrum, II est permis alors de croire a la possibility de 
grands mouvements de laterality qui permettaient a YEu- 
chirosaurus de ramper rapidement sur son ventre bien 
cuirasse. Ce serait done un reptile par excellence, tres 
different des Dinosauriens, reptiles qui ne rampaient 
point. 



medi 



* 



Str amber g 



Note de M. G. Cotteau. 



M. Cotteau a trouve dans ces caicaires vingt-huit especes 
d'echinides, reparties en quinze genres et appartenant a 
huit families distinctes ; 
str amber gensis y C. gibbo 



stinctes ; cinq sont nouvelles : Cidaris 
C. gibbosa, C. subpunctata, C. Sturi et 
Hemicidaris Zilteti; cette derniere se retrouve dans le 
terrain jurassique del'Herault. Ces caicaires de Stramberg 
representent la partie superieure du terrain jurassique. 
Certaines especes rares sont assez repandues a Stramberg; 
ce sont : Pseudodesorella Orbignyi, Pyrina icaunensis, 
Cidaris glandifera (glandaria), C. carinifera, Rhabdo- 



maxima, Stomechinus 



* 



Recherches experimentales sur la conservation tern- 
poraire des virus dans Vorganisme des animaux oic Us 



sont sans action. 



Note'de M. G. Colin. 



11 resulte de ces recherches : 1° que les agents viru- 
lents, en passant a des animaux oil ils sont sans action 
nuisible, peuvent y conserver intactes leurs proprietes, 
pendant un temps assez long, comme une ou deux se- 
maines, meme dans des conditions qui semblent defavo- 
rables a cette conservation ; 2° que ces agents, apres avoir 
sejourne sur les sujets oil ils demeurent steriles, deter - 
minent, en revenant a ceux sur lesquels ils ont de la prise, 
leurs effets ordinaires avec une rapidite et une intensite 
qui n'indiquent le plus souvent aucune attenuation de 
leur puissance rnorbigene ; 3° que dans certains cas, sur 
les individus dits refractaires, les memes agents donnent 
lieu a des desordres materiels et fonctionnels, parfois tres 
nombre des especes nouvelles de cephalopodes, gaste- I graves, meme mortels, sans analogie apparente avec ceux 
ropodes et acephales, est beaucoup plus considerable que qu'ils produisent sur les sujets doues de la receptivite; 
celui des especes deja connues. j 4° que, par consequent, les animaux refractaires, apres 

avoir joue le role de receptacles inertes des matieres viru- 
lentes, peuvent devenir, dans certains cas, les agents 
passifs de la contagion, tout en restant a l'abri de ses 



SEANCE DV 3 NOVEMBRE 1884. 



Nouvelle note sur les reptiles permiens 
par If. A. Gaudry. 



Note 



Un echantillon des rognons en spherosiderite du per- 
mien de Lebach (Prusse rhenane), presente une portion 1 f^e^^^i^li^tto;! 



atteintes; 5° que les memes animaux, a des intervalles 
plus ou moins eloignes, sont aptes a servir plusieurs fois 
au transit des matieres virulentes, sans que chez eux un 
premier depot ou une premiere impregnation locale y ait 



de colonne vertebrale dlun tres grand Archegosaurus 
latzrostris? dont les c6tes sont restees a peu pres dans 
leur position naturelle, se dirigeant en arriere, retrecies 
d'abord, puis s'elargissant vers les parties laterales du 
corps, en formant des lames qui se couvraient les unes 



* 



Sur Vemploi du sulfate de cuivre pour la destruction 



du mildew. 



Note de M. P. de Lafitte. 



les autres surleurbord. Cette piece permetde comprendre M. Perrey avait signale la propriete qu'ont les echalas 



• 






■» 



LE NATURALISTE 



35 












« 



de bois de tremble, trempes pendant qualre jours dans | rieure, tire son origine de la face interne de Fomoplate, 
une solution saturee de sulfate de cuivre, de preserver la bien plus pres de la tele de cet os que de son extremite 
vigne du mildew, dans une zone limitee par la surface posterieure; l'autre, Finferieure, nait du b rdanlerieur du 
d'un cylindre ayaht Fechalas pour axe et pour base un | sternum a 1 centimetre environ de la ligne mediane et, 

par cette insertion, se confond presque avec celle du liga- 
ment sterno-coraco'idien. Bient6t elles se reunissent sous 
un angle obtus et, de leur jonction, resulte un large 
triangle tendineux. 

Du sommet de ce dernier part le tendon commun qui, 
plat, mince et brillant, mais resistant, croise presque a 
angle droit le grand rond et y adhere, puis, se placant a 
la face posterieure du bras, se fixe a Fepitrochlee en 
faisant un angle aigu avec Fhumerus. 



cercle de m ,20 a m ,25 de rayon. I/experience Fa demontre 
dans un vignoble pres de Beaune. L'explication du ph6- 
nomene etant inconnue, M. P. de Lafitte emet hypotheti- 
quement une^observation qui pourrait, par suite d'expe- 
riences a faire, mettre sur la voie de la cause recherchee. 
Ghacun sait que le muse peut infecter Fatmosphere con- 
finee d'une vaste salle, pendant des mois, sans perdre 
une parcelle de son poids ; si cette substance etait sans 
odeur, le fait serait inconnu pour nous. D'autres corps ne 
jouiraient-ils pas d'une propriete analogue, et les vapeurs 
imponderables emises ne pourraient-elles pas etre toxiques 
pour certains organismes particuliers dans des circon- 
stances speciales? 1 centimetre cube a une surface de 
6 centimetres cubes; mais divise en 1000 millimetres 
carres ; ce meme volume a une surface de 60 centimetres 
cubes, soit dix fois plus grande. La surface d'evaporation est 
done augmentee dans d'enormes proportions par Fextreme 
division de la matiere. II serait bon en consequence, pour 
verifier Fexactitude de Fhypothesc precedente, d'exjJeri- 
menter Feffet que produirait Femploi de buchettes en bois 
de tremble, de cordes et meme de linges trempes dans une 
solution saturee de sulfate de cuivre. Si Feffet protecteur 
de la solution augmente d'intensile pour une meme quan- 
tity de solution employee, Fidee emise par M. de Lafitte a 
sa confirmation, et la voie est ouverte pour la decouverte 
de proprietes nouvelles de certains corps. 



La premiere partie de cet appareil tendineux (e'est-a-dire 
les deux branches d'origine, le triangle tendineux et 
Fextremite proximale du tendon commun) est profonde- 
ment situee; le sous-scapulaire, les deux faisceaux du 
coraco-brachial et le sterno-coraco'idien la recouvrent; 
elle est en rapport avec les vaisseaux et les nerfs qui se 
rendent a Fepaule et au bras. 






VPPAREIL TENSEUR DE LA MEMBRANE 




Chez les oiseaux, de tousles appareils, celui qui varie le 
plus est, peut-etre, Fappareil tenseur des membranes du 
vol. Souvent, en effet, des oiseaux de genres assez rappro- 
ches les uns des autres, tels que : Hirundo, Cypselus, 
Caprimulgus, presentent de tres grandes differences dans 
les organes tenseurs. Malgre ces dissemblances qui, de 
prime abord, seinblent enlever, en grande partie, la valeur 
zoologique des caracteres tires de cet appareil, il serait 
peut-etre possible de s'en servir pour etablir des coupes 
dans la serie ornithologique : e'est ce que j'essaierai de 
demontrer car toutes les nombreuses formes qu'ilpresente 
peuvent etre ramenees a quelques types generaux. 

Dans cette note, je donnerai simplement la description 
d ? un tendon faisant partie de cet appareil. Je Fai rencontre I La seconde partie, au contraire, superficielle n'est recou- 
chez quelques oiseaux tandis qu'il semble complet-ement verte que par la peau; un appareil musculo-aponevrotique 



A Sternum scie h quelques millimetres de la lkne mediane 

BB' CoracoYdien. 

C Clavicule. *^^m 

E Humerus. 

a Sous-scapulaire. 

b Court faisceau du coraco-brachial. 

c Sterno-coracoYdien. 

d Long faisceau du coraco-brachial. 

e Triangle tendineux resultant de la fonction des deux 
branches d'origine. 

f Tendon commun. 

h Grand rond, 

m Deltoide. 

n Membrane sterno-cldido-coracotdienne. 



manquer chez d'autres. 



Fulica atra 



y est annexe. 

Du bord superieur de ce tendon, part une lame apone- 

vrotique qui se fixe sur une lame de meme nature naissant 

Le tendon dont il s'agit,qui est tres developpe chez la du bord posterieur du grand dorsal, puis s'insere sur le 

Foulque, est fort remarquable par ses insertions et par sa faisceau de fibres elastiques provenanl du tenseur axillaire 

silualion - A 3 centimetres environ de Farticulation du coude, cette 

Deux branches lui donnent naissan2e; Fune, la supe- ' lame se charge de fibres musculaires lisses. Cette couche 


















36 



LE NATURALISTE 



d'abord mince, augmente rapidement en avancant vers 
l'articulation et forme nientot un muscle assez epais dont 
le tendon et l'aponevrose occupent la face profonde. Une 
partie des fibres de ce muscle, les proximales, s'inserent 
sur les pennes numerates qui sont tres developpees, tandis 
que celles qui sont voisines de l'olecrane s'epanouissent 
en enveloppant l'articulation du coude,sefixenta. Tepitro- 
chlee par l'intermediaire du tendon et s'inserent aux pennes 
olecraniennes. Les dernieres fibres adherent par une apone- 
vrose au tendon du rotateur des remiges qui, en cet 
endroit, presente un fibro-cartilage. Ces fibres musculaires 
sont tres pales ; il est facile de rendre visibles les faisceaux 
qu'elles foment et de reconnaitre leur direction en les 
traitant par l'acide azotique au 1/4. 

Tout cet appareil forme une sorte de longue gouttiere qui 
recouvre la face posterieure du triceps brachial en restant 

cependant separee de ce muscle par un espace assez 
considerable. 

Crex pratensis 

Chez le Rale, la partie profonde du tendon presente la 
meme disposition que chez la Foulque, si ce n'est un petit 
faisceau tendineux tres mince qui se detache de la base de 
la branche inferieure et se porte vers Tangle externe du 
sternum; Le tendon commun est fixe par une bride apone- 
vrotique au costo-scapulaire et, au lieu d'adherer au 
tendon du grand rond, le perfore en laissant libres les 
mouvements de glissement. Le tendon ne se fixe point a 
Tepitrochlee, mais se termine sur les remiges olecraniennes 
ainsi que les fibres musculaires qu'il porte. 

A 16 millimetres environ de l'articulation du coude, se 
detache une branche tendineuse d'une extreme tenuite qui 
va en s'amincissant de plus en plus et semble se terminer 
au voisinage du coude. 

Querquedula Circia 

Chez les Sarcelles, le tendon differe beaucoup, par son 
mode d'origine, de celui de la Foulque et du Rale . II pre- 
sente trois branches, une superieure et deux inferieures. 
La premiere, qui est la plus forte, comme chez la Foulque, 
nait de la face interne de Fomoplate. Des deux dernieres , 
qui sont tres minces, Tune semble tirer son origine de 
Tapon6vrose du coraco- brachial tandis que L'autre s'insere 
k Tangle externe du sternum. Outre ces trois branches , il 



aponevrotique 



i 



Coturnix communis 

Chez cet oiseau la partie profonde de Tappareil tendi- 
neux manque completement; en effel, le tendon commun 
nait directement du bord inferieur du grand rond; ce 
muscle lui fournit meme un petit faisceau de fibres muscu- 
laires qui nail de sa face interne. 

Outre ce tendon, il en existe encore un autre qui, plat et 
mince, se detache du bord superieur du grand pectoral et 
se porte en haut et en arriere, de maniere a croiser le 
tendon precedent a environ 6 millimetres de son origine. 
Du bord superieur de ce tendon se detache une lame 
aponevrotique qui se fixe sur le faisceau de fibres elas- 
tiques provenant du tenseur axillaire. Cette lame conlient 
de nombreux faisceaux elastiques transversaux et paral- 
lels entre eux. Par sa face interne, elle recoit la lame 
aponevrotique qui se detache du premier tendon. Les deux 
tendons se reunissent a environ 10 millimetres du coude, 
c'est a ce niveau que commence le ventre charnu qui est 
court, mais volumineux. II se termine sur les remiges 

olecraniennes. 

Ce singulier tendon manque chez un grand nombre d'oi- 
seaux; des ordres entiers paraissent en etre prives, tels 
sont les Rapaces et les Passereaux, tandis qu'il existe dans 
des ordres fort differents les uns des autres : Gallinaces, 
Echassiers, Palmipedes, et, dans ce dernier meme, il n'est 
point constant : les Maeareux, par exemple, en sont 
prives. 

• Toutes ces variations semblent indiquer que la presence 
ou Tabsence de ce tendon ne tient point tant au rang 
qu'occupe Toiseau considere dans la serie ornithologique 
qu'a sa maniere de voler, a la forme de ses ailes. II semble 
exister chez les oiseaux ayant Taile tres concave, surtout 
vers la base et manquer chez ceux qui Tont relativement 
plane; c'est ce que seule une longue suite d'observations 



peut verifier. 



Gaston Bucket. 



LE PAL^EOPHONEUS NUNCIUS ET Lk THEORIE 



DE DEVOLUTION 

Par Paul Deloiuie 



(Suite et fin) 



Or, considerons les insectes ailes et los araclinides au 



vue 



i 



tendons (celui de droite et celui de gauche). Elle part du 
point de jonction des branches precedentes et forme une 
sorte de sangle au-dessous des muscles prevertebraux et 
deToesophage, tandis qu'elle passe au-dessus dela Irachee. 
Elle s'etend beaucoup en avant en diminuant d'epaisseur 
et est mal delimitee de ce cote. 

Toute cette partie de Tappareil tendineux presente des 
rapports assez compliques avec des muscles, des vaisseaux, 
des nerfs et des cellules aeriennes. 

Le tendon commun n'adhere point au grand rond; il 
passe simplement sur son bord inferieur en le deprimant J resistante, dont sont generalement depourvus les arach- 
legerement. II ne s'insere pas a T6pitrochlee, mais se nides. M. Milne-Edwards a trouve un insecle de la famille 



Tous les deux sont au meme plan d'organisation 
que les myriapodes. En les comparant aux crustaces, nous 
voyons que les deux types precedent des annelides, les 
crustaces ccnservant Torganisation marine, les autres se 
modifiant pour la vie aerienne. Or, les crustaces sont nom- 
breux deja a Tepoque silurienne {trilobiles, eurypterus 
elpterygotus), et si nous en retrouvons tant de traces, 
c'est que les crustaces possedent une enveloppe solide et 









V 






I 



termine a peu pres comme chez le Crex pratensis. 



des blattaires dans le silurien moyen : il n'y aurail done 






LE NATURALISTE 



31 



rien d'etonnant que le silurien superieur renfermat iin 

scorpionide. 

Mais ce qui, au premier abord, peut paraitre etonnant, 
c'est que le carbonifere renferme des scorpionides a un 
etat de developpement moins avarice, des ancetres dans la 
serie animale. Cette objection, serieuse en apparence, 
tombe rapidement devant la reflexion; deux reponses 
peuvent y elre donnees. 

D'abord, une forme ancestrale et une forme filiate 
peuvent coexister. II se peut done que le carbonifere ren- 
ferme en certains endroils des scorpionides aussi deve- 
loppes que le palseophoneus nuncius ou en ait renferme; 
rien ne pourrait, en tout cas, prouver le contraire. En 
pareille matiere, nous devons toujours rappeler ce que dit 
Darwin « de l'insuffisance des documents geologiques », 
il se peut que, plus tard, cette hypothese que nous emet- 
tons se trouve verifiee; la portion du globe que Ton a 
examinee au point de vue geologique est encore essenliel- 
lement restreinle; ensuite, connut-on toutes les formes 
fossiles que la surface terrestre peut nous offrir, on pour- 
rait encore penser que des etres aussi fragiles que des 
scorpionides ont pu exister sans laisser de traces. Dans ce 
cas,le palxophoneus nuncius estle fils de formes ancestrales 
semblables a celles du carbonifere dont nous n'avons plus 
les restes dans le silurien, mais existanl encore dans le 

carboftifere. 
Ensuite, il se peut qu'une couche d'eau ait recouvert la 

terrea un endroit, entre deux epoques geologiques succes- 
sives; alors, les especes terrestres disparaissent a cet 
endroit, et revolution doit recommencer son oeuvre : il se 
peut done qu'en des endroits une couche d'eau ait exisle 
entre ie silurien et le carbonifere : le palneophoneus nun- 
cius disparait, et les scorpionides doivent recommencer 
leur evolution anterieure. 

Enfin, 1'evolution est essentiellement locale et peut, en 
de certains endroits, avoir ete plus rapide que dans 
d'autres, grace a des circonstances particulieres de tempe- 
rature, de lutte pour Texistence, etc. II se pourrait done 
qu'en certains endroits le silurien renfermat des scorpio- 
nides, tandis que dans d'autres il renfermat a peine des 
annelides. Rien ne nous empecbe de croire qu'a Gotha 
revolution des scorpionides' se soit rapidement elevee 

3usqvCa.upaldcoph07ieiis,tdLn&is que dans d'autres elle a mis 
un temps infiniment plus long; rnppelons-nous que si 
nous n'avons pas trouve encore trace de revolution ante- 
rieure du palxophoneus nuncius, nous pouvons, vu l'etat 
actuel de la paleontologie, altribuer a plusieurs causes la 
perte de ces traces, ou a notre ignorance a ce sujet. 
On me demandera des preuves de fails semblables a ceux 
\k j'avance : nous essayerons au moins d'en donner bii - 
vement quelques-unes. Pour les races, la coexistence de 
formes ancestrales et de formes filiates est evidente, car 
les pigeons ont de nombreuses races, et le type dont elles 
descendent exisle toujours. Pour les especes, nous voyons 
coexister les lemuriens et les singes plus perfectionnes, 
le bos primigenius et le bos brachyurus fossiles; on 
aurait facilement un -rand nombre d'exemples. 



q 



^ 



couches, la geologic nous en donne de nombreux 
exemples : rappelons-nous qu'a ce moment une eruption 
volcanique, un soulevement, a pu produire un effel consi- 
derable sur le globe, la partie terrestre etant restreinte, et 
les mers ayant au bord peu de profondeur. 

Quant a la localisation de 1'evolution, elle se voit facile- 
ment tous les jours pour les races el les varietes ; qu'on Use 
avec attention l'ouvrage de Darwin aux chapitres I et II : 
Variations de l'especc a l'etat domestique et a letat do 
nature son ouvrage sur les Variations de Vcspece a 
Vitat domestique, et on verra des exemples et des 
preuves qu'il serail trop long d'enunnTer ici. 

Non, ce n'est pas avec des arguments si peu serieux que 
l'on peut retarder la marclie de la vcrile. II est seulement 
a regretter que la France seulc soit si longue a admeltre 
la theorie de revolution, la seule plausible pour expliquer 
l'origine des especes, alors que depuis si longtemps elle 
est universellement acceptee en Allemagne et en Angle- 
terre. 11 est a regretter qu'une theorie d'histoire naturelle 
soit discutee par des theologiens n'avaneant d'autres 
preuves que leurs interpretations personnelles d'un livre 
divin; rappelons-nous qu'on a eleve a Colomb des objec- 
tions de cette nature a Salamanque ; la science ne depend 
pas de la religion, et si elles doivent s'aider Tune l'autre, 
ce n'est que pour arriver a recons tidier une interpretation 
juste de la parole divine, au lieu de vouloir nier l'evidence 
par des arguments pretendus divins et qui ne sont que des 
erreurs humaines a propos d'une parole divine. 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENIER ET GODRON 

Par G. ROUY 

(Descriptions des plantes signalees en France et en Corse depuis 1855) 

(Suite) 



S. nanum D C. 

C'est sous cenom que les botanistesfraneais admettent 
acluellement une plante qui se rencontre ca et la dans les 
sables maritimes du Languedoc et qui avait ete, jusqu'en 
1864, confondue avec le Malcomia parviflora D C. 

Pourtant en 1867, dans le Flora Oricntalis (I, p. 221), 



Malco7nia parviflora 



rium nanum 



regions dont il etudiait la flore, a neltement ecarte les 



im 



D C. qui, selon lui, serait particulier auDaghestan, a l'Asie 
mineure et a la Perse septentrionale; il a fait aussi entrer 



ijmby 



du genre Malcomia 



(I) I»ans ee m&Be genre Malcomia, M- Boissier a I I ralement 
entrer {loc. cit. } p. ±22-230), di verses especes consider* eomm 
apparten:mt au nre Sisymbrium notamiuent ?. conlo >li - 

— De Candoll 



?. 



t<inu torulosv , rigidum. Si rpiuroides, 

avait, du reste, quelques dout sur le elassement de son S. nan m 
















38 



LE NATURALISTE 






i 






une troisieme espece dans ce groupe, M. confusa, a 
laquelle il a dorme pour synonyme Sisymbrium nanum 
Coss. ex parte, et qui existe clans les sables maritimes de 
l'ltalie et de la region mediterraneenne orientale, mais 
qu'il ne signale point en France, ou il indique seulement 



le M. parviflora D C. 



M. Nyman {Conspectus florae. 



Europe ce, p. 40) a adopte cette meme maniere de voir, 
sans signaler en France le M. confusa ni le S. nanum. 

La question en elait la lorsque nous eumcs a enlre- 
prendre l'etude comparative des trois plantes dont il est 
parle ci-dessus. — De cette etude il est resulte pour nous 
que : 

1° Le S. nanum D C. etait bien mieuxa sa place dans le 
genre Malcomia, ainsi que Fy a fait entrer M. Boissier 
sousle nom de M. binervis, puis de M. nana; 

2° Les M. nana etikf. confusa Boiss. ne sauraient etre 
admis comrne especes legitimes, mais seulement corame 
varietes du M. parviflora!) C, car aucun caractere cons- 
tant ne peut servir a les distinguer rigoureusement (1). 

3° Le M.nana (tf£ra)n'appartient point a la flore francaise, 
mais la plante de nos sables maritimes du Languedoc doit 
etre rapportee a la var. confusa (M. confusa Boiss.). 

II nous reslea indiquer la synonyinie et les caracteres 
de ces trois plantes, mais nous ne reproduirons ici que la 
partie essentielle de la diagnose du M. parviflora, les 
autres caracteres de cette espece, signales dans la Flore 
de France, s'appliquant tout aussi bien aux M. confusa 
et nana. 

Sect. Sisymbrioidew Boiss. Flora Or ien talis, I, p. 201. 

M. parviflora D C. Systema II, p. 442, Prodromus, 
I, p. 187; Duby Botanicon, p. 43. — Tiges relativement 
robustes ; feuilles peu ou point sinuees-dentees, oblongues 
ou lineaires-oblongues, obtuses; calice a peu pres egal a 

la base; style grele, ordinairement plus long que la lar- 
geur de la silique ; stigmate conique, plus ou moins pro- 
fondement divise, a lobes connivents. 



Aire ggographique. 



Portugal; Espagne; France: 



dans le genre Sisymbrium, et Favait 6nonc6 ainsi : Sisymbrium? 



nanum. 



En 1865, Eug. Fournier, dans ses Recfierches sur la famille des 
Cruci feres, avait etabli, dans le genre Sisymbrium, un sous-genre 
Malcomiastrum, qui comprenait les S. conlortuj^licalum, lorulosum, 
rigidum, scorpiuroides, plus quelques especes exotiques, et aussi ie 
S* nanum D C. auquel il attrilmait : « Folia Integra, sinuato dentata 

val subpinnatifida ....♦, sepalis lateralibus subsaccatis , stigmate 

subcapitato vix bilobo », co qui Iui permettait de n'admettre qu'une 
seule espece, comprenant les diverses plantes que M. Boissier a ensuite 
r<5parti& entre les Malcomia confusa et nana, en pr6cisant leurs 
carac res differcntiels, malheureusement souvent instables. 

D'ailleurs, Eug. Fournier reconnaissait lui-meme {op. cit., p. 49), 
que * Von pour, ait avec avantage les (les especes du sous-genre Mal- 
comiastrum) fair e passer dans le genre Malcomia, car le caractere tire 
de la fente du style n'a pas chez les Cruciferes l" importance qu'on lui 
a attribute; il existe a ce point devue de grandes variations dans le 
genre Farsetia. » 

il; Peut-etreconviendra-t-il aussi de rapporter au M. parviflora DC, 
ainsi conipris sensu lalissimo, le Sisymbrium malcomioides Coss. et 
Dur., des sables de la Calle (Alg6rie), qui se distingue du Malcomia 
confusa surtout par son style plus allongS (env. 3 millim.) et 
grappes fructifdres plus courtes et compactes. 



Alpes-Maritimes, Var, Corse; Ilalie : Ligurie, Sardai- 
gne, Toscane, Naples, Sicile; Grece (?). 

Var. confusa. — M. confusa Boiss. Fl. Orient., I, p. 221 ; 
Sisymbrium nanum Coss. in Bulletin de la Societe bot. 
de France, X-, p. 397 (pro part.); Fournier Recherclies 
sur la famille des Cruciferes, p. 139 (p. p.); Loret et 
Barrandon Flore de Montpellier, p. 45 ; Debeaux Recfier- 
ches fl. Pyren. -Orient., I, p. 21 ; non D C. Systema; S. 
binerve auct. Gall., non C. A. Mey. — Exsicc. Billot. 
n° 3008. — Tiges greles, peu elevees; feuilles petites, 
oblongues ou oblongues-lineaires, entieres ou a peine 
sinuees; sepales lateraux legerement bossus a la base; 
siliques plus greles; style plus court que la largeur de la 
silique; stigmate tronque, ordinairement echancre a lobes 
courts, ecartes. 

Aire geographique. — Espagne : Caialogne; France : 
Aude: lie de Leucate et la Correge {herb. R., Timbal- 
Lagrave, G. Gautier), Herault : sables maritimes de 
Roquehaute (herb. B.,Biche), Cette (herb. R., Courriere), 
les Onglous (Thevenin) ; Italie meridionale (herb. R., Porta 
et Rigo, Itin. II Italico (1875), n° 542 : Rodt); Grece; Asie 



mineure (Anatolie) ; Algerie ; Tunisie. 
Var. nana. — Sisymbrium? nanum D C. Systema 



omus 



pflanzen am 



fl 



fam 



Malcomia 



Sciences natur., 2eserie, XVII (1842), p. 74; M. nana 
Boiss. Flora Orient., I, p. 222- — Tiges greles, peuelevees ; 
feuilles petites, oblongues-lineaires, les inferieures pinna- 
lifides, les superieures presque entieres; calice a peu pres 
egal a la base: siliques comme dans la var. confusa; style 
a peine plus long que la largeur de silique; stigmate 
subcapite, retus, ou legerement emargine. 

Aire geographique.— Asie mineure (Anatolie 1 !); bords 
de la mer Caspienne (herb. R., C. A. Meyer!, Holien- 
acker!) ; Perse septentrionale (Buhse). 



■ f 



Erysimum montosicolum 

tions a la flore de Fran< 
Archives (1858) ; Diagnoses, p. 168; J.-B. Verlot Catalo- 
gue pi. vascul. Daaphine, p. 35; Nyman Conspectus fl. 
Europaxz, p. 41 ; E. Mer aci folium Vill. non L. ; E. aus- 
trale Mutel non J. Gay. — Exsicc 

n° 2765. — Souche pe'rennante, rameuse, a divisions ordi- 
nairement plusieurs, cow tes, e~paisses,jaundtres, ascen- 
dantes, rarement une ou deux terminees par une rosette de 
feuilles, toutes ou la plupart dormant naissance a des 
tiges fertiles; celles-ci^\\k% ou moins anguleuses, droites, 
le plus souvent simples. Feuilles a aisselle ordinairement 
nue, d'un vert cendre, courtes, entieres ou pourvues de 
petites dents fines, tres etalees, les radicales et les cauli- 
naires inferieures lanceolees-lineaires, assez etroites, obtu- 
siuscules, attenuees en petiole, les caulinaires moyennes 
dressees ou subetalees, peu ou point recourbe'es, Ian- 




ceolees ou largement lineaires, aigues. Pedoncule ega- I d T en donner avec les diagnoses de ces deux especes figu- 
lant la demi-longueur du calice; fleur grande; sepales | rant pages 88 et 89 de la Flore de France. (A suivre) 
laUraux un pen bossus a la base; petales a linibe ovale, 

parfois presque suborbiculaire (6-8 millim. de long sur 
5-0 de large), d'nn jaime assez pale (ochroleucis), a 



DIAGNOSE DE COLEOPTERES 




millim 



Par M. Allard 



fi 



a rachis un peu flexueux, a pSdoncules pen epaissis, de 



I Urn 



centim 



parallcles & Vaxe, loutes concolores, cendrees, visible- 
men t quadrangulaires, mats cependant unpen aplaties 
sur la facedorsale, legerement loruleuses, lerminees par 
un style relativement long (3 millim. environ), a stigmate 
tronque, retus ou faiblement emargine; graines etroite- 



ment oblongues, ailees an sommel. 
de 8-2u centim.* fructifere de 



Plante Jlorifere 
15-35 centim , d'un vert 

glaucescent parfois teinte de rouge, a polls courts, appri- 
mes, ordinairement en navette, mais souvenl enlremSles 
de polls bi fides. — Juin-juillet. 

Hab. — Kocailles et lieux arides des montagnes cal- 
caires du Dauphine. — Mont Sineipy ', pres la Mure (herb. 
11 , Moutin); Charance, pres Gap (A. Jordan); col de la 
Limar, pres Gresse (B. Jayet) ; les Pelats, pres du mont 
Aiguille (J.-B. Verlot). 



osicum 



p. 169). 



(E. Aurosicum Jordan Diagnoses, 
Pedoncules plus courts; grappes fructiferes 
plus courtes; siliques plus allongees (7-8 centim.), a style 
court (2 millim.); souche perennante, plus epaisse, emet- 
tant des tiges steriles plus courtes. 



Hab. 



Hautes-Alpes 



rocailles du mont 



pres de Gap (A. Jordan). 

UE. moniosicolum nous parait devoir etre conserve 
comme espece (1), a classer parmi nos plantes francaises 
entre les E. australe J. Gay et E. ochroleucum D C, 
dont on peut le differencier facilement en comparant les 
caracteres soulignes dans la description que nous venons 



(1) Dans des genres & especes aussi voisines et en mime temps 
aussi polymorphes, que les genres Erysimum, Sisymbrium, etc., il 
n'est pas possible d'admettre que les especes, les sous-especes ou les 



varietes aient entre elles une egale valeur comparative, soient pour 
ainsi dire k 6gale distance les unes des autres, et pr^sentent un 
ensemble de caracteres difiterentiels comme cela peut avoir lieu dans 
des genres, ou meme des sections, & esp»ces peu nombreuses et 
offrant peu de varietes. — Ainsi, quand nous indiquons que IE. mon- 
tosicolum doit etre accept*'* comme espece, et plus loin que l'E. Rusci- 
nonense est une sous-esp6ce de l'E. australe, ii n'entre nullement dans 
nos idees d'avancer que crs Erysimum ont entre eux des dill ences 
aussi marquees quecelles qui separent, par oxemple, comme especes, 

les Maicomia parviflora et m. Africana, comme sous-espece, leRanun- I genlibus; prima saepe interrupta, secunda integra acu- 
cuius Canuti du R. miilefoliatus, ou, comme varietes, le R. rufu- | taque, tertia marginali duplici crenulata; interstitiis serie 

lus (R. flabellatus var. flavescens) du R. dimorphorhizus (R. fla- 
bellatus var. acutilobus). — Nous tenons a bien pr£ciser notre 
pensee a cet dgard, et k faire comprendre dans quel sens, parfois un 
peu large, parfois un peu plus restrictif, nous serons amene & consi- 
derer l'esp6ce, la sous-espece, la variety et voire mfime la sous-varietc, 
selon les genres auxquels nous aurons affaire. 



Physostcrna Lsevis All. 

Nigra, parum nitida, bre viler ovalis, suborbicularis. 
Capite protlioraceque tevigatis; elylris suborbicularibus, 
hevigatis, granulis minimis aliquot sparsis, marginelate- 
rali fortiler crenato; pedibus elongalis, nitidis, laevigatas, 
remote punctalis. 

Longueur, 1<> millimetres; largeur, 13 1/2 millimetres. 
N 1 Garni. 

Physostcrna puncticjer All. 

Ovalis, nigra, nitida; capite anterius fortiter punctato, 
fronte laevigata? prothorace versus latera punctato; elytris 
ovalibus, rotundatis, sat dense punctatis, punctorum inter- 
stitiis implanis; quatuor costee longitudinales, remote et 
minute tuberculatum vestigia praebent. Pedibus elongatis, 
laxe fortiter punctatis. 

Longueur, 20 millimetres; largeur, 14 millimetres. 
Angola. 

Adesmia Duponchelii (sol. ined.) 

Nigra, subnitida, ovalis, convexa. Caput depressum, sat 
dense punctatum, inter antennas foveolis duabus alte- 
raque frontali impressum. Thorax latiludine dimidio bre- 
vior, antice emarginatus, lateribus rotundatis, postice 
extrorsum rotundalus; disco sat dense punctato. Elytra 
basi thoracis latitudine, dein inflata, confertim tubercu- 
lata, tuberculis innequalibus, transversim confluentibus; 
costa marginali crenulata et altera dorsali abbreviata; epi- 
pleuris tuberculatis. 

Longueur, 19 millimetres; largeur, 12 millimetres. 

Algerie. 

Adesmia Ethiopia All. 

Nigra oblongo-ovata, supra convexa. Capite sat dense 
punctato. Prothorace dorso laxe punctato 'lateribus punc- 
tis majoribus. Elytro singulo costis quatuor; duobus inte- 
rioribus nodulosis, tertia marginalique crenulalis; inter- 
stitiis tuberculis serie unica dispositis, sed frequenter 
cos las conjungentibus. 

Longueur, 16 millimetres; largeur, 9 1/2 millimetres. 
Abyssinie. 

Adesmia indica All. 

Nigra, oblonga, subparallela, postice parum dilatata. 
Capite protlioraceque punctulatis. Elytro singulo costis 
tribus; dorsalibus duabus abbreviatis, basin non attin- 



unica magnorum tuberculorum obsitis. 

Longueur, 16 millimetres; largeur, 8 1/2 millimetres. 
Inde boreale. 



Cette observation trouvera igalement sa place dans lYnnle des 
genres Potentilla, Rubus, Rosa, Ilieracium, Mentha, Salix, \'<trciss< 
Festuca, etc. 



BIBLIOGRAPHIE 

Traite de paUontologie pratique. — Gisement et descrip- 
tion. Animaux et vegetaux fossiles de la France, par 












40 



LE NATURALISTE 



Stanislas Metnier, aide-naturaliste au Museum d'histoire 

naturelle. 

Lorsqu'il faut, dans un volume de 500 pages, donner 
une idee generale de la construction geologique de la 
France et parler des fossiles qui caracterisent les terrains, 
il faut beaucoup savoir afin de pouvoir tout resumer sans 
rien oublier ; c'est ce qui a lieu dans cet ouvrage. Nous ne 
possesions rien d'analogue ni d'aussi complet dans les 
ouvrages elementaires. Environ un millier de figures repre- 
sentant les types dont il est parte, viennent eclairer les 
definitions et permettre, meme aux plus ignorants en geo- 
logie et en paleontologie, de bien suivre l'auteur dans l'e- 
tude si interessanle quil fait denotre globe et des anciens 
habitants des mers et des continents disparus. La premiere 
partie est consacree aux animaux fossiles; dans la deuxieme 
sont decrits les vegetaux fossiles ; une troisieme partie est 
consacree a la description des principaux gites fossiliferes ; 
pour le chercheur, ce sera un guide qui lui permettra d'ap- 
precier ce qu'il peut esperer trouver dans chaque localite 
qu'il sera a meme de visiter. 

Ce volume sera certainement un excellent ouvrage a 
mettre entre les mains de tous les enfants des lycees et 
des colleges qui frequenterontles classes deseptiemeet de 
qualrieme oil ils apprennent les notions de geologie com- 
mandoes par les programmes officiels; ils y apprecieront 
les lecons donnees par leur maitre, ils y verront le c6te 
interessant de la geologie, celui qui traite des collections 
et de la determination des echanlillons, car si l'etude des 
roches et des fossiles de noire globe est seduisante parce 
qu'elle fait partie de notre propre histoire, elle devient des 
plus attrayantes lorsqu'elle est completee par une collec- 
tion d'echantillons qui sont comme les preuves palpables 
et parlantes d'une epoque que, malgre les donnees de la 
science, nous voyons tonjours a travers les nuages du 
doute; et pour qu'une collection presente tout I'attrail 
qu'elle peut avoir, il faut qu'on puisse arriver a determiner 
les specimens qui la composent. Peu importeque la deter- 
mination soit d'une exactitude absolument exacte, le neo- 
naturaliste, qui se trompe, rencontrera toujours un specia- 
liste qui se fera un plaisir de rectifier les erreurs, de corri- 
ger les appreciations qui ne seraient pas vraies ; a ce point 

de vue, l'ouvrage de M. Stanislas Meunier rendra de reels 
services. L'auteur n'a pu indiquer toutes les especes, mais 
il a represents les principaux genres, il permettra aux 
debutants de mettre a chaque specimen au moins lenom 
generique; c'est un grand pas de fait, nous dirons meme 
que c'est suffisant pour ceux qui ne veulent pas faire une 
etude speciale et approfondie de cette science. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 

La Societe de geographie de Saint-Petersbourg vient 
de recevoir de sa station scientifique, etablie pres du 
fleuve Lena, une interessante communication concernant 
une nouvelle decouverte, faite dans les glaces de la Sibe- 
rie, d'un cadavre de Mammoulli. Malhenrfm>;p?r\pnt io iai^ 



de l'animal et ses defenses, une partie de sa peau, 
quelques cotes de la jambe gauche de devant, man- 
quent a ce precieux vestige des ages prehistoriques ; ces 
parties furentsuccessivementemporteespar les Yakoutes, 
peuple nomade de ces parages. Mais ce qui reste de cette 
rare trouvaille est dans un elat d'une si parfaite conser- 
vation qu'on pourra facilement en faire la plus minutieuse 
etude. 



* * 



Le professeur Ericson, bien connu par ses nombreuses 
recherches sur la temperature de la surface solaire, a en- 
trepris recemment une nouvelle serie d'experiences sur cet 
important sujet, au moyen d'un pyrometre-solaire. II 
resulte de ces experiences que la temperature du soleil 
serait de 1 700 404 degres centigrades. 



¥ * 



Le Museum d'histoire naturelle a recu, en don de 
M. Daumas, une serie de diamants remarquables, les uns 
pour leur cristallisation, les autres par leurs couleurs, 
parmi lesquelles on distingue la couleur amethysie qui 
est fort rare. II a egalement recu en don de M. Taub, par 
l'entremise de M. Vanderheym, un diamant de cristallisa- 
tion fort curieuse. Cette jolie pierre, du poids de 2 ca- 
rats 1/4 environ, a la forme d'un cube dont les faces sont 
chargees de petites pyramides Ires surbaissees et dont les 
angles portent tous des petites pointes aigues. 



OFFRES ET DEMANDES 

M. G. Buchet, 5, rue d'Antibes, Cannes, desirerait se 
procurer en echange des mammiferes et des oiseaux dans 
l'alcool ou en chair, principalement des Chiropteres exo- 
tiques et europeens et des ecureuils volants. 



* * 



M. Ancey, a Marseille, offre un grand nombre de 
Coleopteres en echange de Mollusques marins, terrestres 
et fluviatiles. 



+ * 



M. Bobeuf, a Laon, 7, rue du Bourg, desire entrer en 
relations d'echanges avec des amateurs de Coleopteres 
d'Europe et circa ; il peut disposer en ce moment d'une 
grande quantite de Coleopteres algeriens et de la France 
meridionale. 



* ¥ 



M. E. Bazin, 16, Petite rue Volney, Angers, desire 
entrer en relations d'echanges avec des amateurs de 
fossiles. 



* * 



M. Vespier, A Vachieres (Basses-Alpes), offre Smer- 
dis macrurus en echange de fossiles ou d'insectes. 



* ¥ 



M. Lallemand, a Chateauroux, 1, place du Marche, 
desire entrer en relations d'echanges avec des amateurs 
de Coleopteres de pays divers. 



Le gerant, fimile DEYROLLE 



V.17 



Paris, Imp. A. J.. Guillot, 7, rue des Canettes 



— 



» 







* 












e 



Annto. 



N 





Mars 1885. 41 






JOURNAL 



DES 



ECHANGES 



ET DES NOUVELLES 



Paraissant le i er et le 15 de chaque mois 



ADRESSER TOUT CE QUI CONCERNE \ 

LA REDACTION ET ^ADMINISTRATION 

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EMILE DEYROLLE 



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France et Alg^rie 

Pays compris dans TUnion postale. 
Tous ies autres pays 



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PARIS 



(Affranchlssement compris) 



PAUL GROULT 

Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l cr JANVIER DB CHAQUE ANNEE 



Le Journal LB NATURALISTE est lMnterm6diaire offldeux de tous les amateurs 

gratuitement toute demande d f 6change et de renseignements scientiflques 6n 



FACULTfi DES SCIENCES 



Les cours 



du second semestre ouvriront le lundi 
16 mars 1884 et comprendront pour les sciences natu- 
relies : 

Zoologie, Anatomic, Physiologie comparSe. M. MILNE- 
EDWARDS, professeur, ouvrira ce cours le mardi 17 mars. 
II traitera des organes et des fonctions de reproduction 



suppleant, fera au laboratoire de zoologie experimental, 
les jeudis a 3 heures et les samedis a 10 heures et demie 
du soir, des conferences sur les sujets indiques par U. le 
professeur DELACAZE-DUTHIERS. 

M. VELAIN, maitre de conferences, fera, les lundis et 
jeudis a 9 heures, dans le nouvel amphitheatre, des con- 
ferences sur les diverses parties de la geologie ; les eleves 
seront exerces a la determination des roches et des prin- 
cipaux fossiles caracteristiques des terrains, les mardis, 



„f!!„«r" b ' e ..? a J I!!" e .! n l m !l- 'fi !!. aTa " X ""'IT 9 mercredis, vendredis et samedis, de 9 heures a H heures 



et conferences qui, depuis le mois de novembre, ont lieu 
dans le laboratoire des hautes etudes, dirige par le pro- 



et demie. 



VESQUE, maitre de conferences, fera, les mardis 



*™Z' ZZtJ mtia ™ Pendi "" ^ Premto P " tie dU I 5 heures ' et les jeudis a 2 heures, des 'conferees ou sur- 

veillera des exercices pratiques, sous la direction de 
M. DUCHARTRE. Les eleves seront exerces particuliere- 
ment a l'emploi du microscope et aux preparations. 



second semestre.. 

Ces cours auront lieu, les mardis et samedis, a trois 
heures et demie. 

Botanique. M. DUCHARTRE, professeur, etudiera les 
organes des plantes et leurs fonctions. Ces cours auront 
lieu les mercredis et vendredis" a midi un quart. 

Gtologie. M. HEBERT, professeur. II exposera successi- 
vement les caracteres de chacune des periodes geolo- 
giques. Ces cours auront lieu les mercredis et vendredis, 
a 3 heures. 



ouvrira 



10 juillet 1885; la deuxieme du 25 octobre au 10 novembre. 



% 



•4 



ACADEMIE DES SCIENCES 













CONFERENCES 

Les etudiants ne sont admis a suivre les conferences 
qu'apres s'etre inscrits au secretariat de la Faculte et sur 
la presentation de leur carte d'entree. 

M. J. CHATIN, maitre de conferences, fera, les lundis 



SEANCE DU 17 NOVEMBRE 1884. 

Sur les sacs respiratoires da Calao 
)te de M. Alph. Milne-Edwards* 

Un Calao Rhinoceros raDDorte vivant 



Rhinoceros 



et jeudis, a 10 heures, dans le nouvel amphitheatre, des donne au Museum, etant mort recemment, If. Alph 



divide anaiomique 



animau 



seur MILNE-EDWARDS. 



M.,JOLIET,»maitre de conferences, M. JOYEUX-LAFFUIE, I mediane 



Edwards a pu etudier le developpement remarquable de 
ses sacs aeriens. Ceux-ci entourent b corps de tons c6tes 
et s'interposent entre la peau et la chair, sauf sur la ligne 



42 












LE NATURALISTE 






I 
I 

I 



ou les teguments adherent aux muscles, De chaque c6te, 
nait un systeme de poclies qui occupent les flancs, se pro- 
longed jusqu'a l'extremite de Faile, s'etendent en arriere 
et vont dans les membres inferieurs jusqu'aux dernieres 
phalanges des pieds. Ces sacs ont une paroi propre ; la 
base des plumes fait saillie a Finterieur, et Fair ne peut 
entrer dans les tuyaux qui restent fermes. De nombreuses 
brides fibreuses et des cloisons incompletes subdivisant 
les poclies aeriennes, soutiennenl ce systeme; celui-ci, 
distendu par Fair, donne au corps de Foiseau un volume 
considerable. II y a, au devant du cou, un grand reservoir 
median, au milieu duquel la trachee est libre. Au-dessus 
et sur les c6tes du cou, un autre sac s'etend jusqu'au- 
dessus du crane ; par son intermediate Fair penetre dans 
les cellules du casque et de la mandibule superieure. Ce 
sac se continue sur le dos et communique avec les sacs 
nlaires; dans sa portion anterieure, il donne Pair a la 
parlie inferieure de Fhumerus, au cubitus, au radius et au 
pouce de l'aile; dans sa portion posterieureil est enorme, 
s'etend en arriere de l'aile et se prolonge au-dessus du 
corps jusqu'au bassin ; il est traverse par les grandes 
plumes de l'aile qui s'attachent au cubitus ; il fournit Tair 
au metacarpien et aux phalanges du doigt principal. II y a 
un sac sous-pectoral distinct des deux precedents. Les 
membres inferieurs ont des reservoirs analogues et recoi- 
vent Fair par Fintermediaire du sac abdominal. En outre, 
de cbaque cote du coccyx, un sac dependant du sac abdo- 
minal s'etend jusqu'a la derniere vertebre en forme de 
s>oc de charrue oil il porte Tair. De tout ceci, il resulte que 
pour son volume, le Calao Rhinoceros est tres leger ; de 
la grosseur environ (fun dindon, cet oiseau depasse a 
peine le poids de 1 500 grammes , 






* 



Contribution a Vetude des gites phosphates dans la 
region da sud-est de la France. — Note de M. P. de Gas- 
parin. 

L'analyse chimique de fossiles du gault interpose entre 
les calcaires urgoniens et le terrain cretace superieur 
(ammonites, oursins, terebratules, fragments de coquilles 
bivalves) dans les departements de la Drome et de FIsere, 
donne de 30 a 16 pour 100 d'acide phosphorique, tandis 
que la gangue enveloppante n'en contient que 0,95. L'ac- 
cumulation de Pacide phosphorique dans ces fossiles 
est-elle un produit physiologique de ces existences antedi- 



qui en contient 22 pour 100. II y aurait eu a une certaine 
epoque un suintement continu d'eaux phosphatees incrus- 
tantes a travers ces gites ; a Tavel, certaines parties ont 
precisement la conformation caverneuse ou en polypier, 
qui caracterise le mouvement particulier a ces eaux. Les 



convulsions volcaniques du massif des Cevennes, pour les 
gites de la rive droite du Rhone auraient-elles ete accom- 
pagnees d'eruptions aqueuses acides? Les geologues peu- 
vent decider la question. 



•- 



* * 



• # 



A ddition a une Note sur une pegmatite a grands cris- 
taux de chlorophyllite des bords du Vizezy, pres de 
Montbrison (Loire). — Note de M. F. Gonnard. 

M. Gonnard a decouvert dans la roche du Vizezy, la 
chlorophyllite, mais par contre n'y a rencontre ni anda- 
lousite, ni emeraude. En sacrifiant un petit cristal prisma- 
tique hexagonal de couleur verte, trouve au raeme lieu, 
M. Gonnard a reconnu l'apatite; en revanche, les deux 
prismes de la collection d'Allard a Montbrison, indiques 
sous le nom d'andalousite appartienne a Faragonite. Les 



premieres 



emeraudes indigenes de 



la France, d'apres 



Bournon, ne sont done qu'une apatite verte, comme celle 
qui a ete decouverte dans la carriere du Diable, pres 






d'Irigny (Rh6ne), et celle de Coudes, sur les bords de 
FAUier, citee par Lecoq et Bouillet sous le nom d'eme- 
raude. L'apatite de la pergmatite du Vizezy est tubulaire ; 
le plus grand des prismes decouverts a 8 millimetres de 
diametre sur 3 nim ,5 de hauteur; une partie est verfcfonce, 
et le reste incolore.La base, bien eclairee et examinee a la 
loupe, montre des figures hexagonales juxtaposees ; cer- 
taines, tres regulieres, ont des contours delies et nets. 
Isolement, ces figures comprennent un certain nombre 
d'liexagones concentriques, indiquant les zones d'accrois- 



sement des cristaux elementaires qui composent le prisme, 
et en revelent la structure complexe. 






Sur la formation des acides vegetauoo en combi- 
naisons avec les bases potasse et chauoc, des matieres 
azotees et du nitrate de potasse dans la vegetation des 
plantes sucrees ■, betteraves et mats. 



Note d^M. H. 



Leplay. 



Une serie d'experiences ont donne les resultats sui- 



luviennes, ou le resultat d'une filtration d'eaux? contenant vants, analogues pour la betterave et le mais : 1° sels de 

des phosphates solubles a travers un calcaire poreux qui potasse et de chaux a acides vegetaux a Fetat soluble, 

aurait fixe cet acide ? Dans cette derniere hypothese, Fac- repandus dans toutes les parties du vegetal; 2° fixation 

cumulation d'acide phosphorique serait posterieure a partielle de la chaux en combinaison organique insoluble 

Fexistence de Fanimal. Or, l'analyse d'ammonites abon- I dans les tissus ; 3° accumulation des sels de potasse a 

dantes dans le neocomien et le gres vert, montre que la { acides vegetaux dans les feuilles. II a ete constate que la 

richesse en acide phosphorique y disparait entierement, j potasse, en combinaison avec des acides organiques, ne va 

A Fappui de cette hypothese d'impregnation, il faut citer j en s'accumulant dans les feuilles que jusqu'au moment ou 

les masses enormes de roche s calcaires et ferrugineuses Fepi, sans graine, commence a se former : a partir de ce 

de Tavel et de Saint-Maximin, dont le dosage donne de moment, ces sels emigrant des feuilles a la tige, de la lige 

:)4 a 20 pour 100 d'acide phosphorique, et meme une roche au pedoncule de Fepi, et de la charpente de Fepi dans la 

calcaire et alumineuse, sans fer, de Foxfordien de Quissac graine. En outre, ces bases se trouvent au maximum dans 








m 









LE NATURALISTE 



k 



43 



les feuilles lorsque le sucre s'y forme au maximum ; dans 

la tige. le sucre s'y accumule au maximum, et dans I M. Kuehn a obtenu debons resultats en traitant les terros 



sulfure 



la graine au moment oil l'amidon s'y developpe au 
maximum. Le sucre conlenu dans la tige suit le meme 
mouvement ascensionnel et subit la transformation on 
amidon dans la graine : a mesure que l'amidon se forme 
dans la graine, le sucre diminue de plus en plus dans la 
tige, et pour ainsi dire equivalent a equivalent. 



nomatodees d'une facon moderee, soit de gr. 04 par 
kilogramme de terre. II serait bon d'appliquer un traile 
ment plus energique aux taches nematodees, quitte a y 
tuer la betterave, pour preserver la region voisine. 



SfiANCE DU 24 NOVEMBRE 1884 

- . 

Sur la culture des betteraves a sucre. 
M. P. P. Deherain. 



Note de 



II y a une dizaine d'annees, MM. Fremy et Deherain ont 
etabli que d'abondantes fumures appauvrissent en sucre 
les betteraves et les enrichissenl en azote, d'ou ce con- 
seil aux cultivateurs de ne plus mettre les betteraves en 
tete de la rotation, sur la sole fumee. D'autres cultivateurs 
bnt fait connaitre que malgre de fortes fumures, on pnu- 
vait avoir d'excellentes betteraves a la condition de bien 
choisir les graines, celles de la variete amelioree par 
MM, Vilmorin. Les betteraves provenant de cette source 
sont peu sensibles a Taction des engrais, mais semblent 
l'etre davantage a celle des saisons La poussee tardive 
des jeunes feuilles influe sur la richesse, car celtes-ci 
utiiisent dans leur developpement le sucre accumule deja 
dans la racine. M. Deherain a reconnu, 6n compulsant les 
registres meteorologiques de Grignon, que si le dernier 

est chaud et humide, la betterave 

vegete et est pauvre en si- ere ; si, au contraire, ce dernier 
mois est sec avec une hauteur de pliiie variant entre 
ll mm ,47 et 9 mm ,5, comme en 1877 et 1884, les betteraves 
sont de bonne qualite. 






suites A LA « FLORE DE FRANCE 

DE GRENIER ET GODRON 



» 



« 



Par G. ROU Y 






(Descriptions des plantes signages en France et en Corse depuis 1855) 

(Suite) 



E. Ruscinonense Jordan Diagnoses,?. 162; Debeaux 
Recherches fl. Pyrin. -Orient., I, p. 22. — Souche bisan- 
nuelle ou vSrennanle. nen 



rameuse 



mois de vegetation 



- • 



* 



M. Aime Girard. 



ement % en France* des nem 
int la campagne de 1884. 



Note de 






Parmi les causes a signaler, qui ont contribue a diminuer 
le rendement cultural et la richesse saccharine de la belte- 
rave, il est bon d'indiquer le developpement dans certaines 
de nos cultures, du nematode parasite de la betterave, 
Heteredora Schachlii, qui, depuis une douzaine d'annees, 
ravage les cultures de Saxe. Sous forme d'anguillules 
agiles, longues de mm ,03, ces nematodes altaquent les 
radicelles, se logent sous l'ecorce qu'elles soulevent, la 
font eclater, et fixes par leur sucoir vivent aux depens de 
la seve. lis se transforment en sacs de 1 millimetre de 

■ 

diametre et pleins d'eeufs. Ces sacs accumules sur les 
radicelles, d'un blanc laiteux, sont reconnaissables a l'oeil 

- 

nu. La presence de ces nematodes dans un champ a fait 
tomber la richesse en sucre a 8,29, 5,98 et meme 3,92 
pour 100, alors que, dans un champ voisin non contamine, 



divisions courles, toutes ou la plupart dormant nais- 
sance a des tiaes fer tiles ; celles-ci, raides, robustes, 
elevees, dres&ees, peu anguleuses, ordinairement ra- 
meuses, quelquefois plus courtes et alors simples. Feuilles 
d'un vert gai, non ou a peine glaucescent, tongues, cana- 
liculees, rarement presque planes, Hroites, entieres mi 
plus ou moins sinuSes et alors a denticules ecartees; les 
radicales et les caulinaires inferieures largement lineaires 
attenuees en petiole, les caulinaires moyennes et supe"- 
rieures line 1 aires- lanceoUes ou lintaires, ordinairement 
etalees-ascendantes et la plupart sensiblement courbees 
en dehors dans leur partie superieure aigues. Pddoncule 
egalant environ la demi-longueur du caiice; fleur de 
grandeur moyenne ; se'pales lateraux nettemeni bossus 
a la base: ve tales a limbe larae. ovate nu .«? ihn.-ht m , i >n i w 



(7-8 



mi 



d'un beau jaune, a onglet de 



9-12 millim.. saillnnt (d'au moins 2 millim.) hors du 
caiice. Groppes fructifdres allonge'es. a pddoncules rela- 
tivement peu epaissis, de 



llim 



longueur 



variable 



legerement incurves ; siliqucs de 
(3-8 centim.) sur le meme pied, un peu etalees ou dres- 
sees presque parallelement a Vaxc de la grappe, conco- 
lores, quadrangulaires, etroites, legerement toruleuses, 
terminees par un style le plus souvent court (2 millim., 
environ), a stigmate tmargine; graines etroites. lineaires. 
petites, bridvement ailees au sonimet. 
de 15-30 centim., fructifere de 25-70 
poils courts, apprimes. — iuih-juillet 
Hab. 



Plonte floriferp. 
centim., robuste, a 



anguillules 



pour 100 



Us 



t- YRENEEs-URiiNTALKs i Rochers du Mondonfrau- 
dessus du fort d' Am elie-les- Bains (A. Jordan- 0. De 
beaux); murs et sables du Tech aux environs de Ccret 
{herb. R., Jordan de Puyfol); le Boulou, sables du Tech 
{herb. R., Loret). 

Get Erysimum peut etre accepte comme sous espe«*e 
de YE. australe J. Gay, car il se distingue ferilemeut 
des aulres formes tirees de cette espece par ses flours 



d'un 



larare 



allongees generalement plus vertes, et 



t 










44 



LE NATURALISTE 



ses pedoncules moins epais, presque du double plus i monosperme; stigmate capite). — Plante vivace, plus 
longs et ses graines etroites, de moilie environ plus rarement bisannuelle ou annuelle ; racine grele, allongee, 
peliles. I blanchatre. Tige le plus souvent suffruticuleuse a la base, 

glabre et glaucescente, ascendante ou dressee, generale- 
ment rameuse des le tiers inferieur, a rameaux ascen- 
dants, peu feuilles. Feuilles radicales et inferieures nom- 



Prodromus 



Willk 



ibescens Linne Mantissa, 95; Willdenow 

556 ; A,P. de Candolle Systema, II, p. 014, , breuses> p<moWe8i glabres ou parsem ees en dessous de 
ii ^ oai ii • • ™ ^ . , ,, , *>^, .. . i poils blancs, rudes, qui se rencontrent parfois aussi a la 

}ll M i ^ s ^l^ a0r ' enta ^];f m ^-»rcin. base des tiges, lyrees-pinnatipartites a lobes peu nom- 
Z?2* Z"™f l Z* C . a \ l !L?;. 96 J B ™ S !™ P ?'* S ° en * I b™^,.obtu S , les lateraux petits, triangulaires ou ovales, 

ordinairement retrorses, le terminal tres grand, dente ou 
plus ou moins lobe, principalement a sa base, feuilles 
caulinaires peu nombreuses, decroissantes, les superieures 

ou sinuees-lobees, les 

entieres. Fleurs 
relativement petites; ptoicelles fins igalant le double de 
la longueur du calice; celui-ci campanula, a sepales 
d'un jaune verdatre, quelquefois rubescents ou violaces ; 
petales obovales, jaunes, stries, entiers, du double plus 



Maril 
EuropcBce, p. 3 ; Erucastrum 

> fl. Hisp., IH, p. 861. — Exsicc 



mari 



Sect. Ceratosinapis DC. lanceolees-oblongues, dentees 



Plante vivace pubescente ou presque velue. Tige de ult i me s largement lineaires, souvent 



3-7 decim., ascendante ou dressee, rameuse, a rameaux 
elances, peu feuilles. Feuilles radicales et inferieures 
petiolees, profonde'ment et irregulierement pinnatipar- 
tites-lyrees, a lobes ou segments lateraux inferieurs petits, 
triangulaires, entiers ou peu dentes, acutiuscules, les 
suivants plus grands, ovales ou oblongs, obtus, dentes, 
le terminal tres grand, largement ovale ou orbiculaire, 
sinue-dente, a dents obtuses inegales, parfois sublobe a la 
base; feuilles caulinaires decroissantes, de moins en 
moins petiolees et a lobes lateraux moins nombreux, les 
superieures sessiles, quelquefois legerement embras- 
santes, ovales ou oblongues-lanceolees, dentees, a dents 
porrigees, aigues. Fleurs jaunes ; sSpales etales-ascen- 
dants, veins ou he'risse's ainsi que l'axe de la grappe et 



longs 



sepales. Qrappes fructifdres allonge" es, 
jelles de 12-15 millim., 6taUs, grMes ; 
J5 millim., glabres, 6taUes-ascendantes , 
tes sur le pedicelle, Ms toruleuses, att£. 
etpddicuUes, a pedicule court (1-3 millim); 



les ptoicelles qu'ils Sgalent 



obovales. Grappe 



bee de 3-5 millim., conique,\ 
monosperme (sur le meme pie 
geatres, finement alveolees. 
notamment du D. muralis D 

Pyrenees -Orientales 



Port d'un Diplotaxis, 



Hab. 
le long 



chemins depuis le Vernet de Perpignan 



Z Z!l?*2tT e ' a Sll T eS , de 10 - 12 milhm " re ~ *W& Pia et Rivesaltes (Xatart sec. Bonnet, Naudin, 



dressees cmtre Vaoce ou appliqudes sur lui, arrondies, 



densement 



la fin presque aussi epais (au moins a leur sommet) que 

la silique ; bee subconique, a nervures peu saillantes. 



,, Warion, Debe 
gdographique 



Espagne 



de la Catalogue 



longueur que la silique. 



mime 



Grece ; Algerie (1). 



Naples 



(A suivre.) 



Hab. 



Nice 



(Ardoino ; herb. R., H. PeUat). 

Aire geographique. 

Algerie. — Espagne meridionale? 
tho)? 



re le col de Ville franche , 
Baous-JRous pres de Beaulieu 



coleoptMes et leurs variEtes 






Virile, Naples, etc.; 
He de Xante (Zakin- 



Car : Cselatus Fabr. et G* Dalmatinus Dufstchm. 



ET LEURS VARIETES 



Je ne veux pas pretendre que plus tard on regardera 



(1) Nous estimons qu'il convient de rattacher comme vari6t6 & ce 
frnticillosa Cirillo Plantarum variorum I Brassic a tr£s caract6ris6, le B. Cossoneana Boissler et Reuter (ap. Bois- 



tema f 
Sicu tee 



Napoliiayii fasc 



Prodromus, I, p. 216; Gussone Florx 
IL p. 197 ; Boissier Flora Orientalis, 

n 



sier Diagnoses plant, orient., s6r. 2, p. 31), et Sinapis radicata Desfon- 
taines (in Flora Atlantica, II. p. 98, tab. 167). — Cette opinion nous 
a 6t6 inspir6e par l'gtude comparative de nombreux pieds vivants des 
B. fruticulosa et B* Cossoneana que nousavons rencontr6 en Espagne, 
notamment au Monte Agudo pr6s Murcie et h Alhama y et par l'exa- 



H, p. 145 ; Edm. Bonnet in Bulletin SOC. bot. de France I men ^ e P^ us * eurs exemplaires du Sinapis radicata, rSeoltes aux envi- 



Will>;omm in Prodrom. fl. Hisp 



deJanka Brassice ^. 7 _ „„„ 

non Desf. ; Erucoistrum fruticulosum 
Societe Rochelais e, a. 1879. 



Exsicc 



Micropodium 



rons d'Alger et d'Oran. Les caract6res tiris de la pubescence plus ou 
moins abondante de la grandeur des fleurs et des siliques, de la 
presence d'une graine k la base du style, enfin de la dur6e de la 
plante, ne nous ont pr6sent6 rien de constant et ne sont d6s lors pas 
assez importants pour servir de bases 4 une separation sp^cifique. 



(Calice dresse o'u subetale; siliques attenuees a la base Nous proposons done les deux variety suivantes : 



couiprimee* 



mais visiblement stipitees, tres toruleuses, 

fin, asperme ou 



Var. Hispanica sr B. Cossoneana B. et R. 
Var. Algeriensis s= Sinapis radicata Desf., en sus de la var. rube- 
cula Costa, d'Espagne, annuelle. 







LE NATURALISTE 



45 






ces deux insectes comme une seule etmeme espece; car 
il n'y a pas de doute que Ton trouve des exemplaires 
de Carabus Ccelatus 'qui se distinguent tres netternent 
du C. Dalmatinus typique (de Tile de Lesina), surtout 
les exemplaires qui proferment de la Carniole. 

Le C. Cselatus de la Carniole a un thorax tres svelte, et 
des elytres tres convexes, a sculpture striee et irregulie- 
rement interrompue ; il est presque toujours d'un noir 
bleuatre, a angles humeraux un peu violets. 



Car. C Hiatus v. Schreiberi Kraatz. 



M. Kraatz a 



1877 



Myr 



Macretas 



v. Schreiberi. Parmi les nombreux exemplaires que je 
recus de l'lllyrie et des cotes de la Dalmatie (Maly-Hallan 
dans les monts Velebit) on pouvait voir les caracteres 
specifiques du C. Cselatuset du Carabus Dalmatinus tene- 
ment meles, que je commencais a douter, si reellement 
ces deux Carabes ^etaient des especes distinctes, et uon 
pas des formes d'une seule et meme espece. D'ailleurs 
M. Kraatz emet deja un doute a cet egard dans sa descrip- 
tion du C. 

Schreiberi sont un peu plus petits que mes C. Cselatus 
et sont aussi de couleurs differentes, car il y en a qui sont 
noirs, de verdatres, de violets; mais il faut que je men- 
tionne surtout un exemplaire d'un bleu si pur et si beau 
que je n'en ai pas encore vu de semblable. Parmi plus de 
50 individus, tous avaient le thorax svelte et elegant du 
C. Cxlatus, et plus de 30 avaient, dans ce nombre, les 
elytres un peu aplaties du C. Dalmatinus, seulement 
les stries sur les elytres etaient un peu plus fines, et 
aussi moins profondes dans quelques exemplaires. Je 
suis aussi convaincu que Ton trouve dans beaucoup de 
collections ces deux insectes (C. 
tinus) Tun sous le nom de Tautre. 



et Dalma 



Dalmatinus 



Par contre le C. Dal- 



matinus 



forme, et des elytres un peu aplaties sur le disque, a 
sculpture distinctement striee et plus reguliere, sur la- 
quelle on distingue facilement les trois rangees de foveoles, 
il est generalement de couleur bleue violette foncee. 



Dalmatinus 



macretus 



Mes deux 



exemplaires de macretus n'ont que 26 mm de long, et 
viennent aussi des monts Velebit (Maly-Hallan). Us sont 
d'un tres beau bleu, peu foncef Leurs thorax sont pone- 
tues beaucoup plus grossierement que ceux des exem- 
plaires du D r Kraatz, mais par contre ils sont plus brieve- 
ment cordiformes; la sculpture des elytres approche de 
celle du C. Cxlatus ; tout leur fades est plus trapu et 
pas aussi svelte que celui du C. Schreiberi. 



Car. Dalmatinus v. procerus Reilter. 



Cette tres 



belle variete verte expediee et propagee depuis quelque 
temps par M. Reitter sous le nom de Car. Dalmatinus 
var. : procerus^ vient de TAlbanie. Je possede aussi deux 
beaux exemplaires de Spizza. 

Cette variete atteint des dimensions considerables. Les 
elytres seules mesurant 28 mm de long (2). La plupart des 
exemplaires sont d'un tres beau vert. La sculpture des 
elytres un peu aplaties est celle du C. Dalmatinus. Mais 



le thorax de la plupart des exemplaires est celui du 
C. Ccelatus. Je ne possede qu'un seul exemplaire qui, avec 
les elytres du C. Dalmatinus, en a aussi le thorax. 
Car. Dalmatinus v. nov. Ljubiniensis m. — La plus 

grande de toutes Irs formes du Dalmatinus qui mo sont 

connues. II fut pris a Ljubinje dans nierzegowina et il 
contraste trop avec tous les Cxlatus et Dalmatinus pour 
le laisser inapercu. 

Sa couleur est d'un beau pourpre brillant et il est rouge 
en comparaison des autres Dalmatinus verts, bleus, vio- 
lets ou noirs. Le thorax dans deux des o"o* qui me sont 
restes, est cordiforme comme dans le Dalmatinus; dans la 
seule £ que je possede encore, le thorax a presque la 
forme de celui du C. Cxlatus. Les elytres sont decide- 
ment celles du C. Dalmatinus avec une granulation un 
peu plus faible; elles ont leur plus grande largeur au 
milieu dans la £. Les a* a* ont 38 mm de long, la 2 meme 44, 
ce qui sera, probablement la plus grande taille que cet 
insecte pourra atteindre. 

La diagnose serait : 

Carabo Dalmatino affinis, sed multo major; totus pur- 
pureonitens ; thorace cordato (a*) elytris striatis tricate- 
natis. Ljubinje (Herzegowina). 

On voit par ce qui vient d'etre dit plus haut, que j'ai 
tout lieu de douter de la validite des deux carabes 
{Cxlatus et Dalmatinus) comme especes distinctes ; 
mais comme je ne pretends nullement vouloir affirmer 
mon idee, je prefere laisser la solution de cette question 
a de plus savants que moi, et d'&ttendre que d'autres 
entomologistes, verses dans la formation des especes et 
des races, puissent porter un sain jugement apres maintes 
observations minutieuses ; je n'ai eu d'autre pretention 
que de faire connaitre le resultat de mon examen sur un 
assez grand nombre d'individus. 



Carabus Catenatus Panzer et ses 



ARIETES 



i 



Panzer a decrit cet insecte en 1805 dans sa Fauna Ins. 
Germ, et lui donne comme patrie la Carniole. Je crois que 
les plus grands exemplaires de cette espece viennent de 
ce pays. La couleur de ce carabe est susceptible de 
varietes et je suis seulement surpris que Ton n'en ait pas 
encore trouve de dores, puisqu'on trouve cette belle cou- 
leur parmi beaucoup d'especes dont la plupart des exem- 
plaires sont ou noirs, ou bleus noiralres, ou violets noi- 
rutres, tel j'ai recu un C. purpurascem dernierement. 

La couleur du bord des elytres aussi est changeante, 
car je possede dans ma collection des exemplaires du 
Tyrol meridional et de la Dalmatie avec le bord des elytres 



dun pourpre clair brill 
individus a bord violet. 



Duftscliuiid 



qu 



articles noueux des antennes du o*, et ce n'est que Schaum 



4 Hem 



il ne parle que des articles 5 et 0, et pas du tout dis 7 mt 













46 



LE NATURALISTE 



et 8 me . Je ne sais si c'est a dessein et parce que ces deux I avons alternativeraent des c6tes basses et des c6tes ele- 



articles sont moins grossis que les 4 m * et 5 
C. Catenatus var. Herbs til Dejean. 



vees, c'est-a-dire des c6tes primaires et secondares alter- 
Cet insecte, nant avec des cdtes tertiaires, ce qui ne fut pas encore 



decrit par Dejean comnie bonne espece, est tout bonne- observe dans l'espece du Catenatus. • 



ment un petit exemplaire du C. Catenatus, qui probable- 
mant dans son premier etat de larve n'a pu se nourrir que 
maigrement et pour cette raison n'a pas bien pu se deve- 
lopper ; car lorsqu'une larve, pour une raison quelconque, 
habite des regions plus elevees que celles qui sont le 
domaine de son espece, elle degenere generalement dans 
la taille, parce qu'elle ne trouve pas une nourriture aussi 



Je possede trois exemplaires dont le plus typique, celui 
qui a servi de base a cette description est o* et vient de 
Gospic. Le deuxieme <? est un peu plus petit, il a la meme 
sculpture, mais tres faiblement marquee. Le troisieme est 

1/2, a 



mm 



tres petit, a peine long de 22 mm et large de 8 
elytres tres paralleles ; il a la meme sculpture, mais il faut 
la loupe comme pour le deuxieme pour la bien voir, tandis 
abondante que dans leurs vraies patries. Voila, je crois, | que pour le type on voit la sculpture a l'oeil nu. Le coloris 

est celui propre au Catenatus, bleu noiratre violace, a 



comment se forment a la lonsrue des races naines. 



Dejean dit que cet insecte tient le milieu entre le C. Ca- | bord plus clair. 
tenulatus et le C. Catenatus ; mais moi, qui possede pour- 
tant de vrais Herbstii, je n'y vois rien qu'un petit Cate- 
natus. 

Je ne puis comprendre pourquoi le nom de Herbstii a 
pu se maintemr dans les catalogues jusqu'a nos jours 
comme variete ! Pourquoi ne pas le mettre en synonyme ? 

C. Catenattts var. Subvirens Motsch. — Motschoulsky 
Bull, de Moscou 1865, p. 287, istria. 

Je ne savais pas que cet insecte se trouvait aussi dans 
le Tyrol meridional, comme en general l'espece du 
C. Catenatus ; c'est pour cela qu'un beau jour j'etais 
surpris de recevoir d'un ami quelques carabes du Tyrol, 
parmi lesquels se trouverent deux Catenatus a bords 



Charles Haury, de Prague 



BIBLIOGRAPHIC 



d'un pourpre vif, ainsi que deux exemplaires a bord dore 
verdatre des elytres. L'insecte est plus etroit que le Cate- 
natus typique et aussi un peu plus petit. Motsch dit que 
les intervalles sont plus etroits et tous creneles; mais 
comme l'insecte est plus etroit, il s'ensuit naturellement 
que les intervalles sont forcement plus etroits aussi. Je 



Les Orthopteres etaient jadis des insectes assez negliges 
par les naturalistes, et, pendant une longue periode de 
temps, apres la publication de l'excellent ouvrage d'Au- 
dinet Serville, la faune europeenne a ete seule l'objet 
de travaux orthopterologiques veritablement importants. 
L'etude de cet ordre d'insectes etait, il faut bien l'avouer, 
passablement en retard sur celle des autres. 

Cet etat de choses a naturellement amene une fort lieu- 
reuse reaction et, si cela continue, les orthopteristes pren- 
dront une seneuse avance sur leurs collegues en entomo- 
logie. En effet, depuis quelques annees, des savants tels 
que : defunt Stael, MM. de Bormans, Briinner de Wat- 
tenwyl et Henri de Saussure nous ont donne des 



ne possede pas un seul Catenatus qui n'ait des inter- monograplues de certaines families d'Orlliopteres, com- 
valles creneles (meme faiblement). Tout le dessus est vert prenant toutes les especes connues de l'univers tout 
noiratre et les bords des elytres sont d'un beau vert-dore. 



entier. 



Tels sont aussi les exemplaires que j'ai eus de M. Reit- M. le professeur Ignacio Bolivar, du Museum de Madrid, 
ter et qui s'accordent parfaitement sous tous les rapports vient aujourd'hui, lui aussi, continuer cette bonne veine 
avec la description de Motschoulsky. | P ar sa publication d'une monograpliie des Pyrgomor- 

phides. Son livre (154 pages et 4 planches) est ecrit, pour 

• k >. . ft. 



C. Catenatus var. Altematus m. var. no v. 



Minor, augustior, subparallelus ; capite inter oculos ainsi dire, entierement en latin et son usage est des plus 



rugoso 



commodes. 



Gospic (Front, mil. de VAutr.) 



tris 14 costatis, costis alternantibus elevatioribus, prima- De nombreux et rares insectes faisant partie de plusieurs 
riis in tuberculos elevatos dissolutis : | musees etrangers et de quelques collections particulieres 

ont ete gracieusement communiques a notre auteur, qui 
en a tire un grand profit pour la science. 
Si Ton regarde ce Carabe, on croirait plutdt avoir sous I Les Pyrgomorphides constituent une des plus interes- 
les yeux un insecte exotique qu'un carabe d'Europe. 11 est sanies tribus de la famille des Acridiens (criquets). M. le 
de la taille moyenne des C. Catenatus mais les elytres professeur Blanchard en a etudie autrefois plusieurs 
ont une sculpture particuliere, en ce que les c6tes cate- groupes, tant dans les annales de la Society entomolo- 



nulees, qui, comme on sait, ne sont pas plus elevees dans 



Ommexecha 



le Catenatus que les autres intervalles des cotes, sont, Dumont d'Urville autour du monde. M. Bolivar donne la 

dans une nouvelle variete, dissoutes en de gros tuber- description de 121 especes, dont 38 nouvelles. II les 

culeseleves.lestrois autres cotes (ou intervalles) sont faible- repartit entre 37 genres, dont 14 sont de sa creation. Ces 

ment crenelees,et celle du milieu des trois s'est tellement genres sont assez inegalement represents dans les cinq 



renforcee aux depens des deux voisines qu'elle est deve- 

nue cote secondaire et presque aussi elevee que la pri- I TAsie de 



Afrique a des representants de 18 ; 



Ameriq 



de 11 aussi; 



maire r (ou la rangee de tubercules); de cette facon nous | l'Europe enfin de 1. Parmi les especes europeennes, je 



^ 




/ 



1 



LE NATURALISTE 



47 



citerai le Pyrgomorpha grylloides, Latreille, qui habite 
le littoral francais de la Mediler-nnee. 

Apres une courte preface, nous trouvons dansl'ouvrage 
de M. Bolivar une bibliogr.iphie detaillee et un chapitre 
sur la distribution geographique. Vient ensuile un tableau 
dichotomique des sous tribus et des genres. A chaque 
sous-tribu et a chaque genre, des observations generates 
precedent le tableau dichotomique des especes et leurs 
descriptions. La table alphabetique est avantageusemenl 
remplacee par un catalogue des especes et le volume se 
termine par quatre planches de la plus grande clarte, 
presque toutes dessinees par l'auteur lui-meme. Je ferai 
un petit reproche a l'imprimeur, il a quelque peu exagere 
la couleur papier de Chine du fond des planches, ce qui 
eteint un peu trop le trait. 

En resume, de semblables monographies, precises, 
completes et comprenant les especes du monde entier 
donnent une appreciation bien interessante de la reparti- 
tion des especes et des groupes. Le travail de M. Bolivar 
venant s'ajouter aux ouvrages des auteurs cites plus 
haut rend presque complete la serie monographique rela- 
tive aux Orthopteres et, des a present, l'on peut dire que 
l'etude de ces insectes presente les plus attrayantes 
facilites. 

A. FlNOT, 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



M. Virlet d'Aoust vient de communiquer a la Societe 
geologique de France une note fort interessante intitulee : 
Examens des causes diver ses qui ddterrninent les trem- 
blements de terre. L'auteur se propose d'apporter un peu 
d'ordre dans ce qui n'est encore qu'un veritable chaos 
d'idees confuses et d'y introduire un element nouveau, 
l'electricite, qu'il croit appeler a y jouer a Favenir un des 
principaux rdles. 11 admet quatre causes principales pou- 
vant determiner les tremblements de terre ; ce sont : les 
volcans, le refroidissement 
interieurs, l'electricite. 

1° Les tremblements de terre volcaniques sont tres 
nombreux et se font sentir sur des espaces restreints; 
cependant, celui de Krakatau ou du detroit de la Sonde 



du globe, les eboulements 






moment en Suisse n'en est qu'une variante- Cos tremble- 
ments de terre qui ne produisent qu'un simple ebranle- 
ment du sol, sans chocs, sont relativement assez rares et 
n'ont rien de comparable avec cc qui se produit acluelle- 
ment en Andalousie. 

4° Enfin ce qui concerne le concours de relectricite dans 
les phenomenes qu'il designe sous le nom d'orages sets- 
miques, Fidee lui en est venue des 1829 ; etant alors en 
Grece, il y fut surpris, une nuit, par un fort orage qui fut 
immediatement suivi d'une assez forte secousse de trem- 
blement de terre, ce qui lui fit supposer qu'il etait du a la 
meme cause que Forage. 

Puis, reflechissant que la croute du globe n'est qu'une 
grande breche, il pensa qu'un courant electrique venant 
impregner un des grands fragments de cette breche, en 
presence d'un autre fragment ahime d'electricite opposee, 
suffisait pour produire des chocs, de veritables orages 
interieurs, se manifestant a la surface par des secousses 
plus ou moins violentes. 



* * 



Les 16 et 17 mars prochain aura lieu, rue des Bons- 
Enfants, 28, la vente aux encheres publiques de la biblio- 
theque de M. Fabbe Dupuy, et d'une petite collection de 
eoleopteres, par le ministere de M. Afarlio, commissaire- 
priseur a Paris, assiste de M. Emile Deyrolle, naturaliste- 
expert. Des livres, ainsi que divers objets d'histoire natu- 
relle, seront vendus en lot a la fin de la deuxieme et 
derniere vacation. La bibliotheque de M. Fabbe Dupuy 
contient un grand nombre d'ouvrages sur les mollusques 
et sur la Botanique ; il est lui-meme l'auteur de plusieurs 
ouvrages de conchyliologie fort goiites des amateurs. Le 
catalogue de cette vente,qui sera adresse a toute personne 
qui en fera la demande au bureau du journal, contient 
aussi la liste des oiseaux composant la collection de feu 
If. Ott, collection a vendre a Famiable. Nous recomman- 
dons tout specialement a nos lecteurs cette collection 
composee d'exemplaires frais et parfaitement montes ; ils 
sont contenus dans une .splendide armoire en acajou 
mouchete qui est un meuble d'art. M. Ott, qui avail forme 
cette collection, recherchait les types des grandes divi- 
sions, les especes caracteristiques. Le prix de vente est des 
plus bas eu egard a la grande valeur de la collection ; il a 
ete reduit d'environ 75 pour 100 de sa valeur. Nous donne- 



raient avoir sur cette collection. 



* 



fait, avec quelques aulres, exception, tandis que celui ^°P^. aU . X _f n i ateUr !/.° US „ le !, renSeignements qu ' ils d6sire - 

d'lschia, par son extreme exigui'te, aurait pu, sans les 

deplorables catastrophes qui l'ont accompagne, passer 

presque inapercu. M. Cyme, de Marseille, vient dinventer un procede a 

2° Les tremblements de terre dus au refroidissement l'aide duquel on peut, en utilisant le grand pouvoir colo- 

du globe, a peu pres nul aujourd'hui, sont tres rares et le rant des couleurs d'aniline. reproduce en quelques ins- 

deviennent de plus en plus, a mesure que notre terre tanls la figure de toutes les plantes. La plante a reproduire 

vieillit. M. Virlet d'Aoust ne voit guere que celui de 1755, est aplatie et dessechee entre des feuilles de papier sans 

dit de Lisbonne, qui, ayant affecte presque entierement colle, par pression ou a l'aide d'un fer cliaud ; on applique 

notre hemisphere, puisse reellement etre rapporte a cette au pinceau sur la surface a reproduire une couleur d'ani- 

I line dissoute dans de I'alcool. Le papier qui doit recevoir 

3° L'hypolhese qui attribue certains tremblements de l'empreinte est mouille et eponge avec du papier buvard ; 

terre a des eboulements interieurs est due a MM. Bous- on letale sur un support resistant, par exemple sur une 
singault et Virlet d'Aoust, et celle qui a cours en ce I 



cause. 






- 



sur 






48 



LE NATURALISTE 




cdte qui a ete charge de couleur. On couvre avec une | coleopteres des families des Scydmenides et des Psela 

macula ture de papier el l'on tamponne ou Ton appuie avec | phides. 

un fer a repasser froid. On peut tirer ainsi plusieurs 

epreuves successives. II va sans dire que, en variant les 

couleurs deposees sur les diverses parties de la plante, 

on peut multiplier les effets et obtenir une sorte de 
peinture ou d'aquarelle. Avec quelques soins et un peu 
d'habitude, on arrive ainsi a preparer des epreuves d'une 
grande finesse. Afin d'eviter l'empatement des premieres 
epreuves, il est bon de placer sur la surface de la plante 
coloree et bien seche un pinceau trempe dans une solution 
de salpetre et meme de sel marin, et de laisser bien secher 
avant de commeneer le tirage. 

Si, au lieu d'humecter le papier de tirage avec de l'eau, 
on l'humecte avec de l'alcool, on obtient des empreintes de 
nuances tres vives, et le papier conserve tout son lustre. 
Le moyen doit etre utilise pour produire des empreintes 
sur des feuilles d'album, sur toutes les surfaces qui crai- 
gnent l'eau. II est meme facile d'obtenir ainsi des epreuves 
sur des surfaces seches, telles que du bois, du verre, en 
passant sur la plante chargee de couleur et deja seche un 



— M. Houdion, 20, rue Saint-Denis, a Lagny (Seine-et- 
Marne), s'occupant d'elevage de chenilles, desire entrer 
en relations d'echanges avec des Lepidopteristes. 

M. Tardif-Delorme, 9, rue Saint-Louis, a Versailles, 
offre en echange vingt boites en grisard, liegees vitrees 
et a goi*L:e. 

M. A. Burle, 7, rue Villars, a Gap, Hautes-Alpes, 
offre en echange des plantes seches pour herbier. 

— Collections d'algues marines, preparees pour l'exa- 
men microscopique, con tenant 67 especes representant 
35 genres, tres exactement nommes et d'une parfaite pre- 
paration,contenuS dans 3 boites a rainuresprix 102 francs. 

Belle collection d'hymenopteres europeens provenant 
des dernieres chasses, comprenant 300 especes et 600 
exemplaires environ, bien determines, prix 120 francs. 

Belle occasion : magnifique collection de Coleopteres 
europeens et exotiques, comprenant les Cicindelides et les 
Carabides, moins les Carabes vrais. Cette collection, de 
toute fraicheur et de bonne determination, contient grand 



peu de glycerine que l'on eponge avec du papier non j nombre de tres bonnes especes ; nous en citerons plu- 
colle. Ce sont les plantes les plus dedicates, a la texture la 
plus fine, qui donnent les plus jolis resultats. Avec des 



lennes 



plantes lillipu 

former des al _, 

ainsi indefiniment la flore d'un pays. 



sieurs : Mantichora tuberculata (Cap), Omus 

Mega 



les fleurs alpines, on peut | 4-signata (Seneg.), Tetr. crucigera (P. Denisou), Tetr. 

acutipennis (Antilles), Tetr. Klugi (Colombie), Tetr. caro* 
Una et varietes (Bresil), Oxygonia Buchleyi (Equateur), 
Oxyg. mocoensis (Equateur), Cicindeta Peletieri (Alge- 
rie), Cic. heros (Celebes), Cic. regalis (Seneg), Cic. 
Les mines de platine sont situees aux monts Ourals, a I as P erula (Seneg.), Cic. nivea (Bresil), Cic. dorsalis (Am. 
Bogoslowsk, Minsk, et quelques autres localites ; elles | *•)'» Cic ' ca ndida (Cap), Cic. CheruUni (M. Video), Cic. 
furent decouvertes en 1824 ; et, dans ces derniers temps, 

ies du sable traite donnent environ 1 V 






Dumolini x 
(Enictomorph 



Therates labia tus 



platine metallique. Ce dernier est vendu a Paris et a ( N - Guin ^e), Th. coracinus (N. G.), etc., Tricondyla 



Londres, a peu pres exclusivement, a 350 francs la livre 
environ. Le metal brut contient beaucoup d'autres sub- 
stances. Une analyse par le Play, d'un echantillon de 
Nischnei Tagilsk, lui a donne : platine, 75, 1, palladium, 
1,1, rhodium, 3,5, iridium, 2,6, osmiridium, 6, osmium, 
2,3, or, 4, cuivre, 1 et fer, 8, 1 pour cent. Jusqu'a 
present les mines russes sont celles qui produisent le 
plus de platine; trois des principales localites donnent, 
chacune, de 3 a 4,000 kilos de metal brut par an. Les 
autres localites sont : au Bresil, Colombie, Saint-Domingue, 
Borneo, et, dernierement, la Caroline Nord et Point Oxford, 
en Californie, ont donne de petites quantites. Autrefois l'on 
n'obtenait des mines russes qu' une a trois parties de 
metal pour 3,700 de sable. 



aplera (N. G.), Tr . pulchripes (Siam), Collyris longicollis 



mandi 



bularis (Gal am.), Graphipterus serrator (Egypte), Gr. 
Barthelemyi (Tunis), etc., Anthia maxillosa (Cap), A. 



venator (Algerie), 



Melly 



etc., Tceniolobus 



peruvianus (Perou), Brachygnaihus oxygonus (Bresil), 
Dicaelus purpuratus (Am. S.), Mecoderna sculptura- 



OFFRES ET DEMANDES 



turn 



Catadromus 



Homalosoma bicolor (Tasmanie), Morphnos Flindersi 
(Aust.), Zabrus robustus (Grece), Onychopterygia tri- 



Anophthalmias 



tus, dalmatinitSj Raymondi 



Ega pullipes 



figuratus 



E. trcr 

%n Mor- 



molyce 



(Java), Silphomorpha fallax 



U. Jaquet, professeur a Porrentruy (Suisse) offre 
Stephanorrhina guttata Oliv. et Eccoptocnemis Phareyi 
Kr., en echange d'autres Goliathides ou Dynastides. 



(Australie). Adelotopus Dytiscoides (Australie), etc., etc. 
Cette collection, comprise dans 24 cartons, comprend 
917 especes et 1 919 exemplaires; c'est une fort belle occa- 
sion. Prix, cartons compris : 650 francs. 



M 



Stussiner, a Laibach (Carniole, Autriche) desire 
entrer en relations d'echanges avec des amateurs de 



Le gerant, Einile DEYROLLE 



5548 



Parte, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 



— 




7' Annie. 



L 






N 





er 



Avril 1885. 49 





• 



JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



A 



Paraissant le i er et le 15 de chaque mois 



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ACADEMIE DES SCIENCES 






SEANCE DU 24 NOVEMBRE 1884. 

(Suite) 

Experiences sur la valeur des agents disinfectants, 
dans le cholera des oiseaux de basse-cour. — Note de 
M. Colin. 

Le sulfate de cuivre et le chlorure de zinc, en solution 
au vingtieme et en poids egal a celui des matieres a desin- 
fecter, se sont montres les meilleurs disinfectants de tous 
ceux que Ton a preconises. Cependant Temploi de ces 
agents n'offre pas une securite absolue, les parties tou- 
chees ou penetrees seules etant desinfectees ; on doit done 
employer beaucoup de matiere desinfectante, melanger 
intimement avec les matieres a desinfecter, et les laisser 
longtemps en contact. L'experience a montre que des 
fragments defoie, de rein, de rate, conservaient leur viru- 
lence intacte, au centre, et que la neutralisation totale de 
cette virulence n'etait obtenue qu'apres imbibition com- 
plete, soit apres vingt-quatre ou quarante-huit heures 
d'immersion. 



atteindre. Doit-il rassembler les matieres alimentaires et 
les jeter devant Torifice buccal, sa base sera large, et les 
articles larges et recourbes ; doit-il presenter des mou- 
vements generaux plus accentues, comme chez les Blaps, 
son article inferieur s'arrondit pour se mouvoir facilement 
sur le palpigere. Chez les Carabides, le palpe est plus 
reduit, son premier article est anime, tandis qu'il se ter- 
mine par un petit bouton. Doit-il etre tres mobile, alors on 
voit des galets a sa base (Gryllus domesticus, Phasma 
Japetus) ou enlre le premier et le second article {Pso- 
cides). La forme du galea varie de meme: en languette 



chez Pera intricata. 



Oliffotoma 



Forficu la 



lucifugus, etc. Gl 
d'autres des poils 



(Decticiis 



de deux articles evidemment, il n'en a qu'un chez Oligo- 
toma Saundersii et Decticas verrucivorus : il en a trois 



viridissima 



Man /is 



# 




maxillaire agit plutdt comme un rateau que comme une 
pince, il est inflechi a- peine chez Termes lacifugus et 
Forficula auricularia, sinueux et dechiquete chez Gryllus 
domesticus, Phasma Japeti et Mantis religiosa. Un cer- 
tain nambre de filets nerveux se mettent en rapport avec 
les productions setiformes; soies non tactiles, 
tiles et c6nes mous. Ces derniers ont une narti 



poil 



Sur les appendices de la machoire chez les insectes 
broyeurs. — Note de M. Joannes Chatin. 

Nous avons vu precedemment que ces appendices sont 



dans Pexercice de la sensibilite chez les arthropodes. 



gnes 



maocillaire et les deux lobes maooillaires d 
is les noms de aal&a et & foxtermaxillaire 



certains 



actes sensoriels, concourt a la mastication et a la prehen- 
sion des aliments ; il se modifie suivant le but principal a 






Sur le polymorphisme floral et la pollinisation du 



Lychius divica f L. — Note de M. L. Crie. 



div tea 



interessant 



elles sont pentameres ou tetrameres sous le rapport du 
calice, et le limbe des petales est souvent quadrifide. Les 






= 



















i 



I 



50 



LE NATURALISTE 






fleurs, dans les deux sexes, presentent trois formes : 
1° dolichostylee ; 2° mesostylee, et3° brachystylee, suivant 
que : chez les femelles, les styles depassent la coronule, 
l'egalent, ou que ceux qui sont inclus, sont plus courts 
qu'elle; et chez les males les plus longues etamines depas- 
sent egalement, ou sont plus courtes que la coronule. 
Chez la Lychius vespertina, dont les fleurs sont nectari- 



ment. Dans ce dernier cas, les lacunes gommeuses se for- 
ment dans la z6ne cambiale ; parfois il s'en trouve dans 

lie jeune ; ce fait 
rare pour les Aurantiacees, le Figuier, TOlivier, se pre- 
sente frequemment dans les Amygdalees. Des faits ana- 
logues s'observent dans le systeme radical. Les faits trau- 
matiques occasionnent presque toujours dans la tige, 



feres et odorantes le soir, la pollinisalion est assuree par l'ecorce et le bois, une lacune gommeuse proportionnelle 

les vents, et les lepidopteres diurnes et nocturnes ; ces a la lesion; un bourrelet se forme, et limite la lacune. La 

fleurs sont visitees aussi par des orthopteres pseudo- gomme renfermee sous le bourrelet, tendre et souple, 

nevropteres {Thysanopteres) du genre Thrips. Le devient dure, friable et est pathologiquement inerte. Cette 



T. airata recherche le pollen du Lychius divica. 






• i 



SEANCE DU l er DECEMBRE 1884 

Sur les organes digestifs et reproducteurs chez les 
Brachiopodes du genre Cranie. — Note de M. Joubin. 

Le genre Cranie a son tube digestif pourvu d'un anus 
silue dans un plan qui partage le corps en deux parties 



me 



La bouclie situee au fond de la gouttiere 
brachiale, a la forme d'un entonnoir aplati dont un bord 
porte les cirrhes et Faulre une levre epaisse. L'oesophage 
courbe s'eleve en avant et au-dessus de la bouclie. L'es- 
tomac est large et pyriforme; les deux conduits hepa- 
tiques s'y jettent ; le foie volumineux est bien delimite. 
L'intestin forme la bouche et se termine a l'anus par un 
rectum cylindrique. Une membrane verlicale suit l'intestin 
en dessus et en dessous, divisant la cavite generate en 
deux moities symetriques. Les organes de reproduction 
sont compris en grande partie dans l'epaisseur du man- 
teau. Les sexes sont separes. Les glandes, males ou 
femelles, sont parpaires, en forme de mains se touchant a 
plat, par les pouces ; il y en a cinq ordinairement, et un 
prolongement grele relie le tout a la voute. A la suite de 
cette sorte de main, on voit une sorte de poignet pene- 
trant dans le corps de l'animal; c'est par la que les ceufs 
murs arrivent a l'exterieur, a travers un orifice voisin de 
la bouche. L'organe male ressemble au precedent, mais 
les cellules sont petites et a gros noyau, au lieu d'etre 
plates et a petit noyau. Dans les deux sexes, un etroit 
conduit suit la base de la glande a son point de jonclion 
avec le cordon qui la relie au sommet de la voute. 









Gommose caalinaire et radicate dans les Aurantia- 
cees, Amygdalees, le Figuier, V Olivier, et noircissement 
du Noyer. — Note de M. Savastano. 

M. Savastano a demontre que pour le Figuier, il pouvait 
survenir une gommose radicale ayant les caracteres patho- 
logiques semblables a ceux de la gommose de la tige. 



formation facile et rapide dans les Amygdalees, Test 
moins dans les Aurantiacees, et devient rare dans TOlivier 
et le Figuier. Le meme phenomene se produit dans les 
racines, mais l'humidite du sol s'oppose a la formation du 
bourrelet, et l'humification s'attaque aux tissus ; d'oii il 
suit que la mort arrive plus frequemment par suite de 
faits traumatiques" dans le systeme radical que dans le 
systeme caulinaire. L'humidite du sol est bien cause de 
l'humification, car du cdte de Sorrente, nombre de gros 
cerisiers pi antes sur des coteaux ont une partie de leurs 
grosses racines a Fair; sur ces dernieres il se forme des 
lacunes gommeuses avec ecoulement et bourrelets sans 
qu'on apercoive d'humification ; si les racines attaquees 
sont enterrees, l'humification y est visible. L'humification 
se montre aussi dans les branches horizontales de la tige 
de ces arbres, et plus encore dans celles dos citronniers 
en espalier. La gommose atteint aussi les fruits des Auran- 
tiacees, des Amygdalees et de FOlivier, et se montre le 
plus souvent dans le mesocarpe ; elle est frequente egale- 
ment dans l'amande ainsi que dans les cotyledons des 
Aurantiacees et dans la figue. Les feuilles peuvent aussi 
fournir de la gomme soit directement, soit par transmis- 
sion du rameau. Le noircissement chez le Noyer doit 
etre analogue a la maladie de Yencre dans les chataigners. 
La marche de la maladie et ses caracteres, sauf le noircis- 
sement, sont si semblables a ceux de la gommose, que 
Fon peut dire que chez le Noyer, elle remplace celle«ci. La 
maladie se developpe quelquefois dans Fetui medullaire ; 
dans le fruit, elle attaque le brou, rarement les valves, 
souvent les cotyledons. Les feuilles attaquees se dessechent 
rapidement. En resume, dans les especes etudiees, tous 
les organes de la plante peuvent manifester la gommose 
(le noircissement pour le noyer), et les differences patho- 
logiques observers pour les racines doivent etre attributes 
au sol, tandis que, dans les feuilles, elles tiennent a la 
nature du tissu. 



SEANCE DU 8 DECEMBRE 1884 

maladie de la vigne connue sons le nom 



Les recherches ont porte cette fois sur Citrus Auran- PourridU - ~ Note de MM. G. Foex et P. Viala. 



Hum, Limonum, vulgaris et nobilis,- Amy dolus per sica 
et communis; Primus Cerasus, domestica, insititia, 
armeniaca et Mahaleb; Olea europcea. La gommose 
dans la tige a une double genese : soit qu'elle depende de 
laits traumatiques, soit qu'elle se produise independam- 



Les experimentateurs ont cherche a reconnaitre le 
champignon, cause- du Pourridie ; n'ayant pu Fidentifier a 

* IS...-- 






fibril la 



am 



sains par ces messieurs, mais toujours sur des ecorces ou 






:i 



LE NATURALISTE 



51 






racines d6composees, ils ne le regardent pas comme un 
parasite, ni comme cause du Pourridie. Le Roesleria 
hypogoea a ete trouve sur des racines de vignes francaises 
deperissant sous les etreintes du phylloxera, et sur un Vesicants se compose d'un oesophage, d'un ostomac, etd'un 



pied de cerisier mourant des atteintes du Dematophora 
necatrix; son mycelium toujours interieur semble se 
developper de preference sur des tissus mortifies, aussi 
ce champignon parait-il agir surtout comme saprophyte. 
Des inoculations diverses sur plusieurs plantes (vignes 
saines, cerisier, pin, marronnier, pois, laitue, feve, chou) 
n'ont donne aucun resultat. Le Roesleria semble surtout 
etre un saprophyte. En cultivant dans un milieu sature 
d'humidite, des racines de vignes atteintes par le pour- 



atrata, Meloe ma jalis,M. americanus \ M '. pros car abceas, 
Mylabris 4-pu?ictata, M. melanura, Sitarismuralis, Ce- 
rocoma Schreberi, Zanitis mutica. Le tube digestif des 



intestin proprement dit; les extr&nites de l'estomac sont 
delimilees nettement chacune par une valvule. La valvul 
anterieure, appelee valvule cardiaque,est tres developpee 
dans Epicauta verticalis, ou elle consiste en six replis 
comes en forme de gouttiere, accoles d'abord deux a 
deux, puis se separant pour limiter trois lobes chitineux 
proeminents dans l'estomac; un sphincter preside a ses 
mouvements. Meme disposition chez Lytta Fabricii et 
chez L atrata. Dans Cantharis vesicatoria, cette valvule 
ridie, des filaments blancs ont apparu, qui ont bruni ; f a la forme d'un court prolongement cylindrique de l'ceso- 
mais certains filaments restes blancs se sont entoures phage, a bord libre festonne, ayant huit plis dont quatre, 
d'une ecorce noire reproduisant les cordons isomorphes I de premier ordre, eleves. II en est a peu pres de meme 
du pourridie, et deux mois apres, les fructifications du chez Mylabris ^-punctata et M. melanara. Chez Meloe 
Dematophora necatriw ont apparu en grand nombre. Le majalis, il y a aussi huit plis dont quatre primaires,larges, 
D. necatrix est bien parasite, mais son influence nefaste formes chacun de deux lames en gouttiere, noires et cor- 
augmente d'intensite par un exces d'humidite. Pour le nees. Les replis sont moins epais chez Meloe americanus 
combattre, il faut done d'abord assainir le sol, etarraclier et M. proscaraboeus. Enfin, chez Cerocoma Schreberi, il 
les vignes atteintes pour eviter les dangers d'ensemen- n'y a plus qu'un court prolongement de Toesophage- La 



cement. 



* 



valvule posterieure, ou valvule pylorique, presente un 
certain nombre de replis epais, six en general. 



Sur la presence de Vdtage houiller moyen en Anjou. 
Note de M. Ed. Bureau. 

Le petit bassin de Rochefort- sur- Loire, large de 
400 metres, est separe du grand dep6t houiller par un pli 
du silurien formant des hauteurs de 1 000 a 1 200 metres. 






M. Ed. Heckel. 



mycologiques 



Note de 



Un lactarius deliciosus recolte sur le massif des Maures 



Les fossiles y sont abondants; sur 14 pieces bien recon- (Var), presentait la monstruosite suivante : le chapeau 
nues, 4 correspondent k l'etage houiller inferieur, dont non adherent par ses bords au pedicule sur un point seu- 



une seule se retrouve dans la basse Loire, et 11 sont 
signalees dans l'etage houiller moyen {Prepe copter is 
plumosa, Sphenopteris artemisise folia , Alethopteris 
Serin, etc.). Ce bassin presente 8 especes communes avec 
la flore houillere de Westphalie, 7 avec celle du nord de 
la France et de la Belgique, 7 avec celle de TAngleterre, 
7 avec celle de la Silesie, 6 avec celle de la Boh erne, 5 avec 
celle de Sarrebruck, et 1 seulement avec celle de la Ven- 
dee. Le petit bassin de l'Ecoule donne en abondance le 
Cordaites borassifolius et le Dictyopteris sub-Bron- 
gniarti, caracteristiques du bassin houiller moyen. L'ab- 
sence de Sphenopteris indique que le bassin de l'Ecoule 
est un peu plus recent que celui de Rochefort-sur-Loire. 
Vers Doue, un petit lambeau houiller a fourni le Canno- 
phyllites Virleiii, et se rattache a la partie moyenne du 



lement de son pourtour, de sorle que le chapeau faisait 
corps avec ce support sur le restant du pourtour. Une 
coupe transversale du chapeau a fait voir quele mycelium 
reste normal portait des lamelles soudees par leur bord 
libre et quelques points de leur surface, laissant quelques 
intervalles libres ou les terminaisons de Thypha sont cou- 
ronnees de spores semblables a celles portees par les 
feuillets hymenaux normaux. Ces intervalles, sortes de 
cryptes, ne s'ouvrant pas, la dissemination des spores 
etait devenue impossible. Ce phenomene a eu vraisembla- 
blement pour cause une inclusion hypogee trop prolongee 

et une compression anormale de la terre avoisinante 

durcie par une secheresse autumnale extraordinaire. Un 

autre cas curieux de monstruosite a ete presente par un 

I Polyporus betulimis recueilli aux environs de Senlis. Le 

terrain houiller superieur ; il se rapporte a l'etage des I chapeau presente un etranglement qui le divise en detix 
Filicacees. Le bassin houiller de la basse Loire serait done parties egales mais dissemblables ; l'une d'elles est nor- 
la seule region de la France, qui presente a la fois les | male dans sa conformation. L'autre moitie presente ses 

deux faces, superieure et inferieure, brunatres et cou- 
vertes de spores. Ala face superieure les tubes sont longs, 



trois etages du terrain houiller. 



SEANCE DU 15 DECEMBRE 1884 



inclines a bords laceres ; a la face inferieure, ils sont 
courts et verticaux et portent comme les'precedents, des 



Structure de Vappareil digestif de la tribu des Vtsi- spores normales . n y a donc eu pour ce champignon, et 



cants. — Note de M. H. Beauregard. 

Les especes etudiees a ce point de vue, sont : Cantharis 
vesicatoria, Epicauta verticalis, Lytta Fabricii, L. 



seulement pour une moitie, production dPwi hymenium 
sur rune et C autre face. On sait que cette espece se 
forme d'agregats d'individus sur Tecorce des Pins, et dis- 






52 



LE NATURALISTE 






poses par etages se recouvrant partiellement. II est pos- 
sible d'admettre que ]>ar suite de son developpement, le 
cliapeau est sorti des limites de la protection du champi- 
gnon place a l'etage superieur, et qu'alors au lieu de se 
developper comme sa premiere moitie, il a cru d'une 
facon normale repondant aux influences cosmiques ordi- 
naires. M. Patouillard a montre qu'il pent se former des 
pores anormaux, sous certaines conditions, sur une por- 
tion quelconque d'hynienium de Polypore mis a nu. Ce 
cascurieux montre que les champignons subissentpromp- 
tement l'impression du plexus des forces ambiantes. 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

BE GRENIER ET GODRON 

Par G. ROUY 

(Descriptions des plan tes signalees en France et en Corse depuis 1856) 



(Suite) 



Draba 



plantarum 



novarum, series secunda, I, p. 34; Nyman Conspectus fl. 
Europxae, p. 52; D. rigida LoiseL, non Willd. ; D. Olym- 
pica Duby Botanicon Gall., Berloloni Flora Ilaliana, 
Grenier et Godron Flore de France y non Sibth. ap. DC. 
Systema II, p. 33G ; D. Corsica Jordan Diagnoses, p. 205. 
La description de ce Draba donnee par Godron dans la 
Flore de France, sous le nom de D. Olympica, est tres 
suffisante. Aussi ne referons-nous point celte diagnose, 
mais signalerons-nous seulement la mutation qu'il con- 
vient d'operer dans le nom de la plante de Corse, qui est 
sensiblement eloignee du vrai D. Olympiad Sibth. et des 
plantes orientales que M. Boissier {Flora Orientalis, I, 
p. 295-290) lui a rattachees comme varietes (D. brunise- 



folia 



hi f era Ledeb., D. heterocoma 



D. diversi folia Bois. et Huet, D. eric&folia Stev.), en 
indiquant par quels caracteres le D. Olympica se separe 
de notre Draba corse. 

Plante plus Idchement gazonnante, a rosettes de 



feuilles moins 



feuilles 



double 



plus etroites, a nervure dorsale occupant au moins le 
tiers du linibe; fleurs d'un jaune vif presque dore; grappes 
fructiferes plus allongdes, a pedoncules ascendants, 
parfois meme redresses, loujours plus longs que la sili- 
cule(et non sensiblement plus courts comme cela a lieu 



moitie 



longuement 



sommet 



Sommet du Mont Botondo 



f) ; Mont Cardo {herb. R M Burnouf) 



Muffi 



Willdenow 



Systema 



Prodromus, I, p. 235; Koch Synopsis fl. Germ, el Helvet 



Janka Cmciferx Siliculosse fl 



fl 



Eu rop 



Exsicc 
tema . ) 



(Tribu des Subularise D C. Sys- 
Plante aquatique, souvent immergee, annuelle, 



acaule 9 glabre, de 2-5 centim., mais pouvant s'allonger 
suivant que la masse d'eau qui la baigne est plus ou 
moins haute, a racines fibreuses, fasciculees, parfois plus 
longues que le reste de la plante. Feuilles lin&aires-su- 



graminiformes 



longues, 



tantot plus courtes que le pedoncule nu, pauciflore. Pedi- 
celles filiformes; fleurs tres petites, blanches; sepales 
dresses ; petales ovales, attenues a la base. Silicules 
ovales-oblongues, un peu comprimees later alement^ a 
valves renflees, non nervees ; cloison aussi large que le 
plus grand diametre de la silicule {Latiseptx), elliptique, 
membraneuse; style nul; graines ovales, peu nombreuses 
(generalement 4) dans chaque loge, tres petites, brunatres. 



Hab. 



Fosses, bords des etangs et des lacs. 



Vosges (1) : Lac 



Longemer (Caspary, herb. R., de 



Coincy (2). — Pyren^es-Orientales : Etang 

la cabane des pecheurs d' Angus trine {V .Reboud et abbe 
Guinand, 1849). 

Aire geographique. — Islande; Peninsule scandinave, 

Grande-Bretagne ; Belgique {Campine limb our geoise) ; 

Allemagne; Autriche {Qalicie); Russie centrale. — Ame- 

rique boreale : Groenland {herb. R., Aug. Berlin, Skan- 
berg). 



Biscutella Burseri Jordan Diagnoses, p. 326 ; Ar- 



doino Flore des Alpes-Mari times, p. 44; B. auriculata 
Linne {p. p., ex. loc. cit. non sec. descript.), Allioni, 
Grenier et Godron (p. p.). — Thlaspi biscutatum villosum , 
flore calcari donato Bauhin Prodr. theat. bot., p. 49. 
Sect. Jondraba DC. Systema, II, p. 407. — Racine an- 
nuelle-, tige de 3-6 decim., tres hispide a poils inegaux 
etales ou reflechis, rameuse a rameauoo ascendants 
simples ou eux-memes rameux. Feuilles vertes, hispides, 
denticulees a dents rapprochdes piliferes j les radicales 
et les inferieures oblongues-obovales, sinuees, attenuees 
en petiole, les caulinaires nombreuses, relativement 
grandes (2-4 centim. de long sur 5-10 millim. de large), 
oblongues-lanceottes ou lanceolees, acutiuscules, elargies 
a la base et subcordees ou legerement auricuUes. Fleurs 
en corymbes ; sepales dresses , appliquSs, les lateraux 
prolonges a la base en Speron lineaire- oblong, long 
(3-4 millim.), plus ou moins arque au sommet ; petales 
obovales a limbe de 5-6 millim., plus court que l'onglet ; 
deux glandes hypogynes saillantes, emarginees, refle- 
chies, renfermees dans l'eperon des sepales. Grappe 
fructifere allongde, Idche, apddicelles etatt s- ascendants , 
egalant le double de la hauteur des silicules ; celles-ci a 
valves grandes, non decurrentes sur le style avec lequel 
elles forment un angle droit, generalement tuberculeuses 
sur le disque et tres finement pubescentes, a cote margi- 



(1) Cette plante avait et6 indiquee dans les Vosges par Loiseleur 
d'apr^s Willemet; elle n'y a 6te retrouv6e qu'en 1867 par Caspary 
et, depuis lors, par nombre de botanistes. 

[t) H. de Coincy nous a inform«3 que le Subularia lui avait 6t6 
egalement montre provenant du lac de Gerardmer. 






LE NATURALISTE 



63 




nale peu saillante; style egalant environ une fois et demie I maux fossiles. M. Albert Gaudry, membre de rinstitut, 



la hauteur de la silicule. 



Hab. 



Var : Bormes (Burser sec. C. Bauhin, A. Jor- 



professeur de paleontologie au museum d'histoire natu- 



une 



dan), etc.?; Alpes-Maritimes : Pont Saint-Louis pres que nous reproduirons en partie. 



Menton {herb. R., de Coincy); Monaco, au port de Mala ; 
Brans; Brouis; Saorge; le Chaudon; Beuil; Roubion; 

\in de Lantosque; le Bar; 



Mar 



Saint- Arnoux; Oars; le Mas (Ardoino). 

Aire geograpbique. — Italie septentrionale occiden- 
tal (Ligurie). 



Obs. 



lata : 



Linn6 a dit dans ses diagnoses du B. auricu- 
culis in stylum coeuntibus » et aussi < haecsola 
ibis in stylum coit 



coit », mais il a indique, comme 
localite francaise de son espece, Bormes, dont la plante, 
que nous venons de decrire, n'a nullement les valves de 
la silicule decurrente sur le style. D'autre part, il existe 
en Espagne et en Portugal, diverses formes de Biscutella 
rentrant bien dans la diagnose linneenne du B. auriculata, 
et qui, elles, ont parfaitement les valves de la silicule a 

• * 

membrane decurrente : nous avons souvent recolte ces 
plantes en Espagne et les avons egalement recues de plu- 
sieurs correspondants, ainsi qu'une autre forme a valves 
non decurrentes consideree jusqu'ici comme particuliere 
k FAlgerie et nommee par M. Jordan : B. Mauritanica. 
Dans ces conditions, nous estimons que le B. auriculata L., 
tres brievement caracterise par son auteur, est reellement 
un type specifique trop largement compris, et qu'il con- 
vient d'accepter, non a titre d'especes comme Ta propose 
M. Jordan qui a longuement traite cette question dans ses 
Diagnoses (p. 327-328), mais a titre de sous-especes du 

Mauritanica = B. auriculata Desf., 



Dans cette nouvelle galerie, le premier squelette qui se 
presente en entrant est celui du Megatherium Cuvieri. 
Cest une bete fort curieuse avec ses jugaux descendants, 
ses dents prismatiques, ses doigts crochus, son train de 
derriere massif. Sir It. Owen a emis l'opinion que cet 
edente, trop gigantesque pour monter dans les arbres, 
detachait leurs racines avec ses enormes griffes, puisque, 
s'appuyant sur ses membres de derriere et sa queue, il 
embrassait leur tronc avec ses membres de devant, etle 
renversait a terre pour devorer les fruits et les feuillages. 
De cliaque c6te du Megatherium, se trouvent des sque- 
lettes de glyptodons, trouves par Seguin dans les pampas 
de la Confederation argentine. L'un d'eux est monte sans 
carapace de maniere a laisser voir les singulieres disposi- 
tions de ses os ; l'autre est recouvert de sa carapace. On 
croil avoir trouve la preuve que les hommes primitifs, ne 
rencontrant pas dans les pampas des grottes ou ils pussent 
se refugier, se sont servis des carapaces des Glyptodons 
pour se former des abris. *, 



« « 



I le Megatherium 
meridionalis \ decc 



squelette de 
dans le pliocene de 



B. Lamarchii = B. auriculata Lam. (dont les B. erigeri- 
folia DC, B. Candollii et B. Balearica Jord. ne sont certai- 
nement que des varietes ou sous-varietes), et plus parti- 
culierement le B. Burseri, car ce dernier, seule plante 
francaise de ce groupe, se rapproche sensiblement du 
B. cichoriifolia Loisel. II s'en distingue pourtant par son 
hispidite plus prononcee, ses feuilles plus etroites, moins 
largement amplexicaules et moins profondement dentees, 
ses fleurs plus petites a eperon des sepales lateraux plus 
court et plus gros, les glandes hypogynes emarginees, et 
surtout par ses silicules non echancrees au sommet. — Ses 
feuilles de forme different^, Teperon des sepales lateraux 
plus long, ses grappes fructiferes allorigees et laches, a 
pedoncules plus longs, et ses silicules a membrane des 
valves non decurrente sur le style, le distinguent aussi 
facilement des autres sous-especes du B. auriculata L. 

(^4 suivre.) 



Durfort (Gard) par MM. Cazalis de Fondouce et Oilier de 
Marichard; il surpasse les squelettes des plus grands 
mammouths et des mastodontes. II a ete trouve en place 
tout entier; ses os, tres friables, risquaient de tomber en 
poussiere, mais a mesure qu'on les extrayait on les endui- 
sait de blanc de baleine ; on put ainsi l'amener a Paris. 
UElephas meridionalis differe du mammouth non seule- 
ment par sa taille plus grande, mais aussi par son menton 
plus saillant, ses defenses moins courbees, ses molaires a 
lames plus larges, plus eloignees, couvertes d'un email 
plus epais. II est vraisemblable qu'ii a vecu dans un climat 
chaud et qu'il n'avait pas une epaisse fourrure, comme le 
mammouth des temps quaternaires. Au fond de la galerie, 
derriere VElephas meridionalis, se trouve le squelette du 
Mastodon augustidens, qui a ete restaure avec les os 
trouves dans le miocene moyen de Simorre (Gers) par 
Lartet et Laurillard. 11 est moins grand que le Mastodon 
ohioticus, mais il est d'un vif interet, parce qu'il est d'une 
date geologique bien plus ancienne et qu'il presente le 
type Mastodon par excellence. II differe plus des elephants 
que le Mastodon ohioticus, sa tete et l'ensemble de son 
corps sont moins hauts et plus allonges, les molaires plus 
mamelonnees ; la machoire inferieure porte des defenses. 
Nous apercevons aussi le squelette du Cervus megaceros 
male avec ses bois immenses et le squelette de sa biche, 
qui est un peu moins grande et depourvue de bois. Ces 
squelettes proviennent des terrains quaternaires d'Irlande. 
II est probable que les Cervus megaceros ont vecu dans 
l'age interglaciaire, et qu'ils ont, comme aujourd'hui 
l'Elan, habite les campagnes oil la vegetation forestiere 
avait pris peu de developpement. 
d'ouvrir, cour de la Baleine, une galerie provisoire de I Sur deux tables se trouvent disposees des restaurations 
paleontologie pour placer les grands squelettes des ani- ■ de reptiles ; l'un est le Pelagosaurus typus du lias de 



LA NODVELLE GALERIE 




PALEONTOLOGIE 



AU MUSEUM DHISTOIRE NATURELLE DE PARIS 



museum 




-» 







LE NATURALISTE 



Curcy, qui a ete reconstruit par M. Eugene Deslongchamps 
ei que Ton a pu admirer au Champ- de-Mars, lors de 
FExposition universelle de 1878 ; Fautre est le Croeodilus 
Ratelii (Diplocynodon). Ce squelette a ete monte avec des 
os que M. le professeur A- Milne-Edwards a recueillis, 
lors de ses belles recherches a Saint-Gerand-le-Puy. Un 
des plus importants echantillons de cette nouvelle galerie 
est un immense bloc de pierre dans lequel le squelette 
presque entier d'un Palseotherium magnum s'est con- 
serve. Ge bloc a ete decouvert dans un couloir souterrain 
d'une carriere de platre a Vitry-sur-Seine. Ce squelette 
offre une preuve de plus du genie de Cuvier, car il res- 
semble beaucoup a la restauration du squelette que ce 
naturaliste a dessine en n'ayant a sa disposition que des os 
isoles. 

Nous citerons encore un squelette entier d' Ursus spe- 
loeus de la grotte de FHerm (Ariege); 4 squelettes des 
grands oiseaux fossiles de la Nouvelle-Zelande ; un sque- 
lette d' Ichthyosaurus , dans le ventre duquel on voit un 
petit qui occupe la position habituelle chez les vivipares, 
le museau pres de Fanus et la queue placee en avant ; une 
magnifique piece d'un Mystriosaurus du lias du Wur- 
temberg ; une plaque d'Aix, en Provence, sur laquelle on 
peut compter pres d'un millier de petits poissons bien 
conserves, avec leurs yeux qui se detacbent en noir; des 
os du Dinotherium de Pikermi, encore plus grands que 



ceux de Felephant de Durfort. 




SUE UNE VARIffl NOUYELLE DU CARABUS GATENULATUS 



II est de regie en zoologie quenon seulement les especes, 
mais encore les varietes constantes, de coloration, de 
saison ou de localite, doivent etre designees par un nom 
qui sert a les dislinguer et a les faire reconnaitre. 

Comme de toute autre chose, on peut abuser de cette 
regie en donnant des noms a des monstruosites qui se 
presentent une fois parhasard dans des conditions genera- 
lement anormales et qui, ne se reproduisant pas reguliere- 
ment, peuvent etre considerees comme des cas presque 

pathologiques. 

C'est dans cet ordre d'idees que je designe sous le nom 
de Trapeti en Fhonneur de celui qui Fa decouverte et qui 
a bien voulu m'offrir un des trois exemplaires qu'il a 
captures, une variete remarquable du Car. catenulatus 
Scop., trouvee Fete dernier dans les Hautes-Pyrenees 
(environs de Bareges) par M. Trapet. 

Le type ordinaire des Hautes-Pyrenees 6st lui-meme 
assez particulier ; mais cette variete s'en distingue par la 
couleur vert brillant qui, a la place du bleu ou du violet, 
entoure les bords du corselet, plus largement toutefois 
aux c6tes qu'aux bords anterieur et posterieur. La marge 
des elytres est egalement de cette couleur vert brillant qui 
va en diminuant depuis Fepaule jusqu'au sinus apical, 
elle s'arrete meme avant dans Fun des trois exemplaires. 
La tete et le disque du corselet sont noir brillant ; les 
elytres sont plus noires et plus brillantes que dans le type. 



Cette varied a ete egalement rencontree dans la meme 
region par M. Fabbe Servagnet et par M. Bellier dela 
Chavignerie. 

M. Trapet a aussi capture dans les memes lieux deux 

aberrations du Car. catenulatus. 

Je crois interessant de les faire connaitre : Fune, 2, 
remarquable par la largeur de son corselet, ce qui le fait 



ressembler au Car. nemoralis; Fautre, a*, entierement 
ferrugineux, ce dernier est tresetroit, presque lineaire; 
le corselet mesure 5 l/2 mm et les elytres 7 mm tous deux 
dans leur plus grande largeur; les sept derniers articles 
des antennes, la tete en dessus et le disque du corselet 
sont plus fonces; les bords dessus et dessous du corselet 
et la marge des elytres sont un peu violaces. 

Cette aberration n'est pas, comme on pourrait le croire, 
le fait de Fimmaturite de Finsecte. Je me suis assure que 
tous ses teguments sont tres durs. 

Les Carab. var. Trapeti et aber. ferrugineuse ont ete 
trouves sur les pentes herbeuses en dedans du glacier du 
Montferrat en montant au Vignemale et celle a corselet 
large, au cirque de Sers, pres Bareges. 

- L. Bleuse. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



M. A. Lacroix signale dans le Beaujolais la presence de 
la carpholite, de la buratite et de la caledonite ; ces mine- 
rs ux ont ete rencontres en quantites tres minimes.La car- 
pholite se presente en petites aiguilles divergentes, tres 
serrees, d'un blanc d'argent ou jaunatre, a eclat soyeux; 
elles sont fragiles et s'ecrasent facilement. La buratite se 
rencontre en petites aiguilles d'un vert bleuatre clair, a 
eclat nacre. Ces deux mineraux sont accompagnes de 
clialcotrichite en belles aiguilles rouge-cochenille, et de 
petites rosettes de cuivre natif groupees sur du quartz et 
de la fluorine (le cuivre nalif n'a pas encore ete signale 
dans le Beaujolais); de chrysocolle, pyromorphite, galene, 
cbalcopyrite et panabase, dans un filon de quartz d'arkose 
des mines Monsols, pres Beaujeu. La caledonite a ete 
trouvee en petits cristaux bleus d'azur tapissant une 
geode avec cerusite et oxyde de plomb ; les petits cristaux 
bleus sont tres fragiles, a faces arrondies. 






Le Sandre (Lucioperca sandra), autrefois completement 
inconnu dans le lac de Constance, parait y etre aujourd'hui 
completement acclimate, par suite des dep6ts d'alevins 
qui y ont ete successivement faits depuis quelques annees. 
Un poisson de cette espece a ete tout recemment peche 



grammes 



Fa trouve pris. 



environ 









Dans le sud des Etats-Unis d'Amerique, Fespece de Pins 
employes pour la production de la resine, est le Pinus 










LE NATTJRALISTE 



australis. Le Pin maritime y est bien cultive aussi; seu- I d'agriculture sera ouvert aux dates suivantes dans les 
lement la quantite de la resine qu'il donne n'est pas tres | villes ci-dessous designees : 
remuneratrice, et.il n'est pas, pour ce motif, employe a 
cet usage. Dans les Landes et la Gironde, ou le pin mari- 
time est employe exclusivement pour le resinage, il y 
aurait avantage a essayer le Pinus australis. 




Premiere Session. 



avril 



* 



Oise, 14 ivril; Canlal, 20 avril; Manche, 21 avril; Haute- 

Charente, 4 mai; Charente-Inferieure, 



avril 



Moselle 



juin 



MM. Douville et Rolland ont presente a la Societe geo- | 26 
logique de France une note sur la partie moyenne du 
terrain jurassique entre Poitiers et Le Blanc. Malgre les 
importanls travaux de La Touze de Longuemar, cette I Haute-Savoie, 3 aout; Vaucluse, 10 aout; Var, 17 aout; 



Deuxidme Session. 



region etait encore peu connue, par suite de la rarete des 
fossiles et du fades exceptionnel que certaines couches y 
presentent. Les vallees du Clain, de la Vienne, de la Gar- 
tempe, de l'Anglin et de la Creuse donnentune succession 



Alpes-Maritimes, 24 aout. 






M. Ed- Andre fait connaitre dans la Revue horticole les 



de coupes interessantes et a peu pres perpendiculaires a noms scientifiques de differents fruits exotiques qui se 
la direction des couches. Dans la vallee du Clain, on ren- | vendent sous des appellations plus ou moins fantaisistes. 
contre au N. de Poitiers le Bathonien, surmonte par des 



An 



macroce 



Ma 



tilles (Anona cherimolia) ; Cerises du Mexique pour Alke 
subcrayeux de Lourdines a A. anceps et A. coronatus. | kenge du Perou {Physalis peruviana)] Abricots-cremes 
Ces dernieres couches sont recouvertes par des calcaires 
sublamellaires a A. Marlelli, puis par des marnes grises 
a A. canaliculars et des calcaires blancs sublithographi- 
ques representant la zone a A. marantianus. Si on suit 
ces diverses assises vers Test, on voit que le Bathonien 
devient oolithique (pierre de Chauvigny): la zone A. ma- 



inns 



(Eiiph 



settes d'Afrique, pour graines de Pin; Noix du Perou, pour 
noix d' Acajou {Anacardium occidental); Pommes de 



crocephalus perd ses fossiles caracteristiques au-dela de bulbosum) ; Noisette d'Espagne, pour Arachide 
la vallee de la Vienne, et sa position- n'est plus indiquee hypogaea). 



am 



que par un niveau de silex poreux surmontant une mince 



A ces fruits il faut ajouter, comme portant des noins 



thia ollaria. 



* 



couche a Rh. cf. elegantula. Les calcaires subcrayeux moins inexacts, mais plus ou moins incorrects, des 

perdent aussi leurs fossiles caracteristiques, diminuent Goyaves, Oranges de Jaffa, des Blidah, des Mandarines, 

d'epaisseur et ne persistent qu'a la base de l'etage ; ils Melons doux d'hiver, Grenades, Dattes, Bananes, Noix du 

sont remplaces par un puissant massif de calcaires blancs Bresil (Bertholletia excelsa), marmite de singe {Lodoicea 

pisolithiques avec Polypiers d'apparence bathonienne, sechellarum), etc. D'apres Le Maout et Decaisne, le fruit 

grosses Rhynchonelles, Pholadomyes et Trigonies. A la | appele vulgairement marmite de singe provient du Lecy- 

partie superieure, entre Ingrandes et Le Blanc, une reap- 

parition du fades subcrayeux ramene des fossiles franche- 

ment calloviens {Zeitleria umbonella, Rh. Orbignyi). Ces 

couches pisolithiques qui forment les falaises du Blanc 

sont surmontees par des assises avec nappes de silex, 

representant le prolongement des couches de TOxfordien 

superieur et renfermant, avec les Brachiopodes habituels 

de ce niveau (Z. Parandieri y Ter. Galliennei, Dictyo- 

thyris dorsocurva, Megerlea pectunculus), les oursins 

habituels du Corallien inferieur (Glypticus hieroglyphic 

cus). Dans la vallee de la Creuse, on voit affleurer au- 

dessus les calcaires durs a Polypiers du Corallien infe- 



Le tome X des Challenger Reports vient de paraitre. 
Ce volume de 360 pages avec 80 planches renferme : les 
Nudibranches par leD r R. Bergh; les Mysostomides, par 
L. von Graff ; les Cirrhipddes par Koek ; les cranes humains 
recueillis durant le voyage par le R. W. Turner et enfin 
les Bryozoaires Chilostomes par G. Busk. 






On annonce la decouverte a 



Bruno t en 



rieur, puis les calcaires crayeux de Preuilly avec Diceras Calabre, d'un gisement de houilie d'une richesse excep- 
et nombreux Echinides remarquables par leur belle con- tionnelle. L'ingenieur qui, depuis deux mois, dirige les 
servation. I tra vaux de recherches, a rencontre la premiere couche a 






523 



* 



9 

facilement exploitables, a ete reconnue. Le charbon trouve 



II sera ouvert le 6 juillet 1885, a l'Ecole veterinaire de | est de qualite superieure. 
Toulouse, un concours pour la nomination a un emploi de 



repetiteur chef de travaux, attache a la chaire de patho- 
logie medicale et a celle de police sanitaire. 
Un concours pour Temploi de professeur departemental 









Le Bollettino de l'Observatoire de Moncalieri, pres de 
Turin, renferme une notice du prof. L. 0. Ferrero sur la 



56 



LE NATURALISTE 







mesure des quantites d'eau fournies par la rosee. L'auteur i que. Cette montagne a une surface pres d'une lieue carree 

s'estservi d'un instrument qu'il appelle drosometre ; la [ et une hauteur qui vajusqu'a depasser 200 metres au-des- 

matiere employee comme surface destinee a recevoir les 

dep6ts de rosee est la futaine, substance dont la texture se 

rapproche le plus de celle des feuilles et des plant es. Les 

observations faites aumoyen de cet instrument ontmonl re 

que, pendant les mois d'ete, la quantite d'eau deposee par 



la rosee a ete en moyenne, chaque nuit, de 130 grammes 
environ par metre carre. 



sus du niveau de la riviere. La plus grande partie de cette 
immense provision se compose d'alun impur ayant un 
gout sulfurique tres prononce ; dans plusieurs endroits 
cependant, on rencontre Falun dans un etat de purete 
suffisante pour les usages industriels. 






OFFRES ET DEMANDES 



. II resulte d'une communication faite par le prefet de 

Nancy au Conseil general, qu'un gisement de minerai tres I M. Van den Berghe-Loontjens, a Roulers (Flandre 

important vient d'etre decouvert sur le prolongement des Occident.), offre une collection de coleopteres en echange 



affleurements miniers qui se trouvent entre Metz et Thion- 
ville. A la suite d'observations precises et de calculs geo- 
logiques tres exactement etablis, M. Genreau acquit la 
conviction que le dep6t minier de la frontiere allemande 
devait avoir son origine sous le territoire francais dans la 
vallee de l'Orne. Plus de vingt sondages ont confirme ces 
probabilites et fait connaitre l'existence d'une couche de 
minerai gris compact tres pur et donnant, parait-il, pres 
de 50 0/0 de fer. La decouverte de ce bassin minier a deja 
donne lieu a douze demandes de concession, parmi les- 
quelles se trouvent plusieurs societes industrielles de 
premier ordre. 



* 



On annonce la decouverte a Lyon d'un nouveau procede 
de la fabrication du sucre qui entrainerait une veritable 
revolution dans cette Industrie ; il ne s'agirait de rien 
moins que de detr6ner la betterave par la pomme de terre. 
Jusqu'ici la pomme de terre n'avait fourni que le glucose. 
Par le moyen de l'electricite, on serait arrive a extraire 
non plus du glucose, mais dn saccharose ou sucre cristal- 
lisable identique au produit extrait jusqu'ici de la canne a 
sucre et de la betterave. 



* * 



* 

On sait que la Sicile fournil aujourd'hui les quatre cin- 
quiemes du soufre qui se consomme dans le monde entier. 
Pour Tannee 1882, la production de ce pays a ete de 
374,093 t. representant une valeur de 41,379,765 fr. Le prix 
actuel aux ports d'embarquement est de 80 a 85 fr. la 
tonne. Jusqu'ici on ne connaissait en Russie d'autres gites 
sulfuriferes que ceux du Daghestan, aux environs de 
Petrovsk. Mais on vient de decouvrir, dans la Siberie 
orientale, de vastes gisements de soufre que le gouverne- 
ment s'apprete a exploiter; il prepare a cet effet une 
expedition. M. l'ingenieur Kouschine, qui a fait d'actives 
explorations dans ces contrees, a deja reconnu dixbassins 



un t seuL peut donner huit millions 



soufre 






zne 



Gila, riviere du Sud-Ouest du comte de Scorra, en Amen- 



de lepidopteres. 






M. E. Deschamps offre des oeufs fecondes de vers a soie 
de differentes especes en echange de lepidopteres euro- 
peens ou exotiques. 



* ¥ 



M. Dutot, 28, rue Montebello, a Cherbourg, offre un 
grand nombre de plantes en herbier, en echange de 
fossiles, coquilles ou autres objets d'histoire naturelle. 






Collection de sections de bois industriels prepares 
pour l'examen microscopique, comprenant 95 especes, 
contenues dans 4 boites a rainures. Prix : 150 francs. 



+ -f 



Collections de Diatomees preparees pour l'examen 
microscopique, 300 especes isolees et nominees. Prix : 
465 francs. 



•1 



AKKIVAGES 



Procerus modestus. 

scabrosus. 
gigas. 
Procrustes assimilis. 
Carabus exasperatus. 

nodulosus. 
spinola?. 
helluo. 
Linnei. 

hispanus 
i^ychrus spinicollis. 
Zabrus graicus. 
— gravis. 
Osmoderma eremita. 
Sternocera castanea. 

■ 

Cebrio gigas cr^. 

Amorphocephalus coronatus o* Q 
Cerambyx nodulosus. 
Rosalia alpina. 



Fr. 4 

5 



3 » 
i 25 
1 50 

1 25 

» 60 

i 50 

2 50 

50 
75 



1 

2 



-0 



• > 

50 
3 » 

1 50 
1 



Le gerant, Emile DEYROLLE 



i 



5576 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 




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DIRECTEUR 



» 
» 

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• 




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gratuitement toute demande d'6ehange et de renseignements scientifiques 6manant de ses Abonn6s. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



STANCE DU 15 DEGEMBRE 1884. 

(Suite) 

Caractires gSndriques du Pleuraspidotherium, mam- 
mi fere de tiocdne infdrieur des environs de Reims. 
Note de M. V. Lemoine. 

De nouvelles decouvertes ont permis de reconstituer 
presque en totality le squelette de ce mammifere ; et, en 
outre, un certain nombre de tetes intactes viennent con- 
firmer les premieres hypotheses, qu'on peut le comparer 
au Pachynolophus Oaudryi de la faune des sables a Tere- 
dines, et au Phalangista valpina, marsupial actuel de la 
Nouvelle-Galles et desc6tes septentrionales et occidentals 
de TAustralie. La formule dentaire du Pleuraspidothe- 
? % ium est identique a celle du Phalangista; trois grandes 
grandes ineisives diminuant d'avant en arriere, une petite 



actuels. L'apophyse epineuse des vertebres cervicales est 
peu saillantes; les vertebres dorsales sont petites, compa- 
nies aux lombaires ; le sacrum comprend deux vertebres 

soudees. Les vertebres caudales rappellent celles duPha- 
langiste comme forme et dimension; il parait y avoir eu 
de petits os en V. Les c6tes, les os de l'epaule et du bassin 
ont leur caractere normal ; il semble qu'il y avait une cla- 
vicule, et par contre pas d'os marsupiaux. L 'humerus, 
sans perforation, a la crete anterieure et l'epitrochlee deve- 
loppes ; le femur a un troisieme trochanter; le calcaneum 
offre de chaque c6te une large oreillette; Tastragale con- 
stamment perfore semble resulter de la soudure do deux 
os. Les metatarsiens sont plus allonges que les metacar- 
piens. II devait y avoir cinq doigts a la main et au pied ; le 
pouce parait opposable, surtout au pied. Les phalanges 
ongueales sont compliquees dans leur forme qui rappelle 
celle des onguicules a ongles crochus ou aplatis, et celle 
des ongules a doigts multiples. La face dorsale de cette 
phalange, mince et courbee, aboutit a une semelle plate, 



barre, une petite canine, une premiere premolaire grele, formee par deux oreillettes offrant chacune trois sortes de 
une nouvelle barre, et cinq molaires en rangee continue, | petites digitations. 
ces molaires se rapprochent de celles du Pachinolophus . 
La machoire inferieure du Pleuraspidotherium presente 
une grande incisive inclinee qui devait s'appuyer sur les 






ineisives superieures, comme chez les marsupiaux (Pha- 



Fossiles du terrain houiller, trouvSs'dans le putts de 



langistins, Petauristins et Macropodes actuels), mais recherche de Liibidre (bassin de Brassac). — Note de 

ces derniers manquent des deux paires de petites inci- M. Grand'Eury. 

sives. Les cinq molaires rappellent celles du Pachyno- Ce puits a atteint le terrain houiller a 212 metres de 

lophe, sauf Tabsence du talon a la derniere molaire. Les profondeur. Les fossiles qu'on y a trouves ont le caractere 

intermaxillaires et les os nasaux sont tres developpes ; la general plus recent que ceux du systeme de Bouxhors que 

voute palatine presque ossifiee en entier n'offre que deux Ton pense etre contemporain des couches moyennes du 

hiatus ovalaires. Le frontal est petit et deprime ; les parie- bassin de la Loire. Dans les schistes de ce puits on a ren- 

taux sont etroits et tres perfores. Le cadre du tympan ne contre les especes suivantes, propres aux couches supe- 
parait pas avoir ete soude comme chez les Marsupiaux | rieures de ce bassin ,: Sphenophyllum augusti folium, 




58 



LE NATURALISTE 




Pecopteris Biotii, P. hemeie lioides , P. Aleihopleroides , 



ecailles 



crucialam 



is cordiformis, C alamodendr on taines Cynthia, (rustica, agregata) n'ayant ni aiguilles, 
radices, Ptychopteris macro- ni ecailles sont dites inermes; les autres sont armies, 
palmaeformis , Poa- Cdrdaties La blessure produite en enlevant le petit lambeau etant 



insignifiante, on peut done ainsi facilement differencier 
des especes vivantes et voisines en apparence, et qu'il 
faudrait detruire pour etudier les differences d'organisa- 
tion interne, seul point de comparaison connu avant la 
decouverte precedente. 



* 



Sur la constitution 



SEANCE DU 22 DECEMBRE 1884. 



la determination 
caze-Dulhiers. 



microscopi que pouqant guider dans 

Note de M. de La- 



linearis, etc. II a ete trouve aussi les fossiles suivants, 
communs a plusieurs etages du plateau central : Annu- 
laria longi folia, A. sphenophy lioides, Catamites cannss- 

formis, Pecopteris unita, Cordaites oorassifolius, Rhab- 

docarpus tunicatus, etc. L'ensemble de ces debris fossiles 

semble demon trer que lepuits de Lubiere a decouvert ces 

couches de houille superieures a celles exploiters dans le 

bassin de Brassac. Les schistes sont plus argileux et le 

charbon contient plus de matieres volatiles a Lubiere qu'a I N l" ' d 1 \ °'T "*"" ( 

Bouxhors; la houille de Lubiere a l'aspect terne et le ' ° m * 

reflet bleuatre du gaz, et ne degage pas de grisou comme I Le protoplasma des Rhizopodes reticulaires est toujours 

a Bouxhors. Les couches de Lubiere paraissent done melange de corpuscules etrangers, mineraux ou vegetaux, 

etre differentes de celles de Bouxhors, et doivent meme ^bris de toutes sortes ; ce sont les pseudostes. Le proto- 

etre superieures a ces dernieres. I pl asr "aa devient sarcode rhizopodique. Le premier terme 

de la serie est le Bathybiopsis , petite masse protoplas- 
mique qui produit une secretion servant a souder les 
pseudostes a la matiere organique. II y a pour l'animal, 
tendance a se mettre a l'abri d'une cuirasse, d'un rempart, 
d'une demeure ; mais avant d'en arriver la, la differencia- 
tion opere certaines transformations ; l'etat submembra- 
neux passe au membraneux, au subchitineux, puis au chi- 
tineux, le sarcode rhizopodique simple demeurant centre 
vital. La serie se continue par les nus et demi-nus ; puis 
l'enveloppe formant gaine, on a les vaseux. L'animal nu 
se cachait dans une cavite ; demi-nu, il se recouvre de 
grains de sable, de debris ou s'applique sur une surface 
solide vaseux, il s'entoure de vase. Les pdteux ont une 
enveloppe assez epaisse et comme feutree. Le melange de 
la secretion au sarcode, destine a cimenter ou souder, 
s'appellera sarcoderme ; e'est lui qui rassemblera les glo- 
bigerines et les orbulines en une espece de cage ou de 
reseau a mailles epaisses; on aura alors la tribu des Olo- 
Mgerinaces ; le sarcoderme soudera des fragments de 
spicule pour etablir la demeure des Spiculacts. Puis 
viennent les Arenaces qui auront des murailles minces et 
finies, ou bien epaisses et rugueuses. II y a progres cons- 
tant dans la secretion ; la demeure des Porcellane's a 
l'aspect d'un test calcaire ; enfin les Vitreux ont des 
enveloppes fines et parfois cristallines. Dans toute la serie, 
le centre vital est identique au sarcode du premier terme; 
la differenciation n'a produit d'effet que sur les enve- 
loppes ; la secretion seule a progresse. L'ordre peut done 
se diviser ainsi en neuf tribus, constitutes chacune par 
un groupe d'organismes revetus d'un caractere particulier 
et special a chacune d'elles. 



On peut constater facilement sur les ascidies vivantes, 
des caracteres specifiques fixes et reguliers, qui aident a 
determiner les especes, et qui sont tires de la livree des 
orifices d'inspiration et d'expiration, dont les couleurs 
sont parfois vives et variees. II existe dans ces orifices 
une lame mince d'un tissu qui fait suite au dehors a la 
tunique exlerieure, et qui en dedans se reflechit dans les 
tubes inspirateurs et expirateurs. Cette partie tubulaire, 
appelee tunique rSflechie, s'obtient facilement par la pu- 
trefaction a laquelle elle resiste, se detachant du corps de 
l'animal et restant attachee a l'enveloppe exterieure. Cette 
tunique recouvre les lobes et parties charnues et colorees 
des orifices; elle est, suivant les especes, transparente et 
plus ou moins epaisse. Sur la face libre des lobes des 
oscules, on enleve lestement d'un coup de ciseaux un lam- 
beau mince et petit, que Ton porte sous le microscope, et 



de suite 



•me" ou inerme 



monde 



dc tines aiguilles, longues et visibles a la loupe; ces ele- 
ments sont visibles a l'oeil nu chez Cynthia papulosa,- 
une autre espece montre une armature tres riche et tres 
touffue. Mais chez beaucoup d'especes, ces elements se 



mor 



mais tenement petits et reduits que de forts grossisse- 
ments peuvent seuls les deceler. Avec un grossissement 
de 300 a 400 diametres, le petit lambeau precite decoupe 



* 



mor 



rape de men 



• • 



avec de I d es oiseaux. — Note de M. E. L. Trouessart. 



plumes 



peliles ecailles relevees, saillantes, laissant derriere elles 



Le Syringophilus bipectinatus , acarien vivant dans le 



une petite depression et disposers en lignes assez regu- tuyau des plumes des poulets et des pigeons, a ete decrit 
heres. Dans certaines especes, ces ecailles se terminent et figure en 1882 par le D r C. Norner de Vienne (Autriche). 
par deux pointes et pa:raissent fourchees. Ces elements Ce type a ete reconnu depuis chez la becassine, l'hirondelle 

presenters souvent a la base un gros noyau, facilement * de mer, quelques canards {Anas boschas et A. clypeata), 




f 



T 





LE NATURALISTE 



59 






4 



le vanneau, Tengoulevent, le couroucou d'Ainerique et J et surmontes d'une pointe micropylaire tres nette ; on n'a 
VAnthomis melanura de la Nouvelle-Zelande ; il est pu y distinguer d'appareil disseminateur. Ces graines, a 
probablement cosmopolite. Le genre Ricobia, distinct, a peu pres de la dimension de celles des Gnetopsis, ne 
ete rencontre dans le tissu cellulaire sous -cutane d'un pic peuvent etre confondues avec les Stephanospermum a 
(Pious camts),serappvoched\iSyringophilusei doit avoir cause de leur taille plus petile et de r absence de cou- 
les memes mceurs. On rencontre ces acariens dans les | ronne. 
tuyaux des pennes de l'aile et de la queue, et souvent 
dans celui des tectrices alaires; il est probable que ces 



* 



animaux sortent des plumes a Tautomne, quand elles sont 
pres de tomber, et vont se loger dans les plumes nouvel- 
lement poussees. M. Trouessart ne pense pas qu'ils s'in- 
troduisent par Tombilic inferieur de la plume, celui-ci 
etant obstrue par des vaisseaux gorges de sang qui 
doivent barrer absolument le passage a des etres si fai- 
blement armes ; ce serait par Tombilic superieur qui ne 
s'obture qu'au moment ou le tuyau se soude a la tige qui 
en est sortie. Par contre, Tombilic inferieur devient libre 
apres la mort de la plume, vers Fautomne et doit etre 
Forifice par oil sort l'acarien. Vers novembre, on trouve 
peu de Syringophilus entre les barbules des pennes de 
l'aile d'un oiseau recemment tue ; mais l'oinbilic superieur 
de ces pennes montrera beaucoup de nymphes et d'adultes 



Le kersanton du Croisic. — Note de M. Stan. Meunier. 

Un epais filon de roche noiratre, traversant verticale- 
ment la granulite, rencontre entre le Croisic et le bourg 
de Batz, constitue une variete de kersanton. II y a predo- 
minance d'un feldspath triclinique et du mica brun ferro- 
magnesien ; le premier etant intimement associe a la 
calcite. Le mica n'a pas de forme cristallique definie, et 
renferme, inclus, des microlithes d'apatite;il passe en 
certains points, a un mineral vert-clair qu'on peut rap- 
porter a la chlorite. Les intervalles laisses entre les grains 
feldspathiques, les grains calcaires et les lamelles mica 
cees, sont remplis de quartz reconnaissable a ses indu- 
sions vitreuses ou fluides ainsi que de tres petits corpus- 



entasses entre le sillon inferieur de la tige et la touffe de cules absolument opaques, les uns cristallins comparables 



barbules qui s'insere a l'ombilic, ou meme engages dans 
ce canal s'il n'est oblitere; a c6te se remarquent de nom- 
breuses peaux de mue. II y a done la une migration deter- 
minee par la mue, le froid, ou la mort de Poiseau, et il 
semblerait meme que Ton soit en presence d'un pheno- 
mene de parasitisme intermittent Pendant Fete, les barbes 
de plume de Paile donnent une nourriture suffisante; mais 
pendant la mue et Fhiver, le froid et la disette forcent ces 
acariens a se rapprocher de la peau couverte de duvet, et 
(le chemin qu'ils doivent prendre a ete indique plus haut) 
on les trouve alors dans le tissu cellulaire sous-cutane. 
Certaines especes d'Analgesiens paraissent hiberner dans 
le tuyau meme. 



a de la pyrite, les autres arrondis comme le fer oxydule. 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENIER ET GODRON 

Par G. ROUY 

(Descriptions des plan tes signages en France et en Corse depuis 1855) 

(Suite) 

Iberisumbellata Linne Species, 906; D C. Sy sterna, 

II, p. 401, Prodromus, L p. 179: Savi Bot. Jfilrusc.* IL 



Germ, et Helv 



Mart times 



it 



mas /!. Hisp 
losse fl. Eui 



p. 14. 



) Janka Cruciferx silica- 
Plante annuelle, glabre, 



d'un vert gai. Tige de 2-7 decim., robuste, dressee, raide, 
rameuse dans le tiers superieur, a rameaux epais, as- 
cendants. Feuilles radicates oblong ue s ou lanceolees, ob- 
tusius exile s ou arrondies, dentees, les caulinaires infe- 



Sur Vexistence d* AstSrophyllites phantrogames . 
Note de MM. B. Renault et R. Zeiller. 

L'existence cTasterophyllites phanerogames est demon- 
tree par un rameau fructifere trouve a Comraentry par I rieures lanceoldes, zt denizes, surtout vers le haut, les 
M. Fayol. Ce rameau a m ,08 de long, et offre cinq articu- moyennes et les ultimes Un&aires-lancioUes, allongees 9 
lations renflees de chacune desquelles partent deux entieres, peu distantes. Fleurs pur purines ou d'un beau 
ramules opposes et en epis ; les entre-noeuds, stries en rose, en corymbe, les extSrieures tres rayonnantes ; se- 
long, mesurent de bas en haut, 28 millim., 24 millim., pales dresses, colores; petales oblongs. PMicelles fruc- 
19millim., et 9 millim. II y aonzeepis de m ,05 a ra ,06; le tiferes ascendants, dpaissis a la base, incurcSs; sili- 
verticille superieur en portant trois, et celui du milieu | cules rapprochSes en corymbe serre, ovales, largemeixt 
paraissant continuer le rameau. Les verticilles sont dis- 
tants de 2 millim., a 2 mm ,5 et sur chacun 16 a 18 bractees, 



ieurement 



d&urrentes 



to 



longues de 6 a 7 millim., et larges de 1 millimetre, sont cute; lobes dresses, tres aigus, acumines, un peu plus 

reunies, contigues d la base, horizontales d'abord puis I courts que le style et stpards par une tchancrure pro- 

dressees, et a extremite libre, aigue. Elles supportent a la fonde, aigue. — Mai-aout. 
base, des corps arrondis ressemblant a des graines, se 



Hab. 



Mont Vinaiare dans 



montrant sous forme de corps charbonneux, elliptiques Burnat. — Alpes-M aritimes : L'Estdrel (Thuret et Bornet); 
ayant a millim . , de long sur l mm ,5 a 2 millim., de large, 1 Nice & Bellet et au Vallon de Lingostiera pres du 
















60 



LE NATURALISTE 






Var (Montolivo); Saint-Martin 



(Bornet). 



semper vivens 



Aire geographique. — Italie : Ligurie, Toscane, etc. ; 
Croalie, Dalmalie, Herzegovine; Albanie, Montenegro. 
Espagne? Portugal? Crete? 
Obs. 



umbellata 



en 



Espagne et en Crete. M. Jordan (Diagnoses, p. 276) a s6- 
pare la planle d'Etrurie sous le nom dT". amcena, en la 
distinguant de la plante repandue dans les jardins comme 
I. umbellata, et qui pourrait etre, selon lui, originaire de 
Crete ou elle a ele indiqueeparLinne,[d'apres Lobel, mais 
oil toutefois elle ne parait pas avoir ete retrouvee, puis- 
que ni M. Boissier, dansle Flora Orientalis, ni M.Nyman, 



dans le Conspectus fl. Uuroptese 



l'y mentionnent. 



panicde 



s que M. Wiilkomm, dans le Prodromus fl. ITis- 
estime que bien probablement YI. umbellata n 9 & 
ete rencontre en Espagne que sorti de cultures, a Texcep- 
tion peut-etre de la plante trouvee dans une localite occi- 
dentale de la sierra Morena, a Obejo, qui pourrait etre 
spontanee. 
De ces donnees, nous conclurons : 



1°Q 



car nous ne voyons pas entre les deux plantes de carac- 
teres specifiques differentiels), mais il s'en distingue nette- 
ment par ses pedoncules fructiferes dresses et ses silicules 
des lors rapprochees en corymbes, sa pubescence, etc. 

La veritable place del'/, petrsea Jord., dans la nomen- 
clature, est a c6te de YI. Tenoreana D C, plante d'Es- 
pagne etd'Italie, dont il differe pourtant par ses silicules 
moins serrees, ses fleursplus grandes, ordinairement plus 
rayonnantes et plus pales, ses pedicelles fructiferes greles 
et depassant la longueur des silicules, celles-ci orbicu- 
laires, moins largement ailees, a lobes moins allonges, 
obtusiuscules (et non presque cuspides). Nous admettons 
doncl'/. petrsea comme sous-espece de YI. Tenoreana; 
on doit aussi lui rapporter en synonyme /. Tenoreana 
var. longepedunculataLosc. Pardo (in Series inconfecta, 
ed. 2, p. 37), de I'Aragon meridional et de la Catalogne. 
M. Bordere nous a envoye 17. petrsea de I'Aragon septen- 
trional, et M. Levier, de ses recoltes dans les Picos de 
Furopa. en.Cantabre, ce qui nous a permis d'attribuer a 



la plante italienne appelee /. amcena pap cette plante l'aire geographique ci-dessus indiquee. 



M. Jordan ne saurait etre considereeautrementque comme 
le veritable/, umbellata L., espece d'ailleurs variable dans 
le plus ou moins de largeur de ses feuilles, sa taille, l'a- 
bondance de ses corymbes et le nombre de ses rameaux; 



Q 



doit jusqu'a nouvel ordre indiquer seu- 



lement avec doute, dans l'aire geographique de cette es- 
pece, les habitats suivants : Espagne, Portugal, Crete. 



I. petrsea Jordan Observations sur plusieurs plantes 
nouvelles, rares on critiques de la France, fragm. 6, p. 
1, Diagnoses, p. 274. — Racine per ennanle, emettant des 
tiges courtes ou naines, simples, ascendantes etredres- 
sees,raides ou fiexueuses,pubescentes,etnaissantau-des- 
sous dune rosette de feuilles ou de courts rameaux fo- 
liaces sieriles. Feuilles vertes ou glaucescentes, e'paisses, 
entieres ou munies de chaque c6te de 1-2 dents, cellesdes 
rosettes et les caulinaires inferieures oblongues,obtuses, 
altenuees en petiole, les caulinaires plus etroites, spatu- 
lees, largement petiolees ou longuement attenuees a la 
base, toulesplusou moins ciliees . Fleurs en corymbe, les 
exlerieures tres rayo?mantes ; sepales arrondis; pdtales 
oblongs ou oboves, blanchdlres ou teintes de lilas. Pedi- 



iEthionema Pyrenaicum Boutigny in Bulletin de 

la SocUte" botanique de France, IV (1857), p. 777; J. Gay, 
p. 782; de Janka Cruciferse siliculosse fl. Furop., p. 19. 
Plante vivace, suftrutescente a la base, glabre, 
d'un vert glauque, devenant plus ou moins rougeatre. 
Tiges de 2-4 decim., generalement simples (mais parfois 
rameuses, soit des la base, soit vers le milieu !), lachement 
feuillees. Feuilles toutes tres brievement petiolees, coria- 



fructiferes 



les 



silicules, rapproches en corymbe serre; silicules orbi- 



sommet 



geur des valves et decurrenlesjusqu'd la base en une bor- 
dure elroite, mais nettement visible; lobes dresses, obtu- 
siuscules, environ de la longueur du style et separes 
par une echancrure peu ouverto. — Juin-juillet. 

Basses Pyrenees : Eboulis calcaires du pic 



Hab. 



d'Anie (Jordan). 



Dgraphique. — Espagne : Catalogne, Aragon, 

Get Iberis peut etre classe, parmi nos especes 
francaises, entre les /. Bernardiana et ciliata. II possede 
aussi quelque peu le port de 17. Garrexiana All. (que 



Cantabre. 
Obs. 






ces, entieres, les inferieures suborbiculaires , petites, 
opposees, les caulinaires moyennes et sup6rieures 
ovales ou elliptiques, obtuses. Fleurs d'un tiers plus 
grandes que celles de VJE. saxatile (4 millim. 1/2 de Ion- 
gueur) ; sepales ovales, munis de 6-7 fines nervures, verts 
ou teintes de rose; petales roses, obovales^ une fois plus 
long que les sepales; style inclus. Grappe fructif&re allon. 
gde, lineaire f apddicelles dresses aussi longs que le fruit; 
silicules petites, echancrees a la base et au sommet, done 
subdidymes, de 5-6 millim. de large sur 4-5 millim. de 
long, uniloculairesl, le plus souvent monospermes, ra- 
rement dispermes, non indehiscontes mais ne s'ouvrant 
que tardivement, bordees d'une aile large, finement striee 
en rayonnant et ondulee sur les bords ; style peu ou 
point saillant de Pechancrure ; graines grosses, pales, 
ovales, oblongues, lisses (1). — Juin-aout. 

Hab. — Ariege : Roc calcaire de Montgaillard pres 
de Foix (Boutigny ; herb. R. Bordere). 

Obs. — Cette remarquable plante repondrait pour ainsi 
dire absolument a la diagnose de YAS. monospermum 
R. Br. {in Ait. Hort Kew., ed. 2, IV, (1812), p. 80), donnee 
par de Candolle dans le Systema (II, p. 562), si elle pre- 
sentait une racine bisannuelle au lieu d'avoir une souche 






(1) J. Gay a dit {loc cit.) les avoir vues quelquefois papilleuses, 
mais ce caractfere n'existe point ou nous a tout au moins echappg 
dans les graines de nos echao til Ions. 






LE NATURALISTE 



61 



etdestiges suffrutescentes a la base ; ce sont la, en effet 



f 



Genre Myoxus Schreber. 



iEthionema 



d'apres leurs descriptions (l).Aussi pensons-nousne devoir, 



6. 



»• 



indig 



admettre XJE. Pyre\ 

JE. monospermum 



7. 



Une seule esp£ce, d'Europe gH s 

Genre Eliomys Wagner. 



8 



m — 

Brown, maisqui n'a pas ete cependant trouvee en Espa- 
gne depuis plus d'un siecle et au sujet de laquelle il con- | 8 
vient d'attendre de nouveaux renseigneraents. 



(A suivre.) 



o 




D'UN NOUVEAU RONGEUR 



FAMILLE DES MYOXIDES 



ORIGWAIRE DE MZAB (SAHARA ALG^RIEN) (2) 



I 



Famille MyoxidSs 



10. 



H. 



1 



Molaires superieu res a surface lisse. . Graphiurus 11 
Des plis transversaux d'email k la surface des mo- 

« ■ 



laires 



2 



2 e molaire superieure plus longue que la 3« et plus 



2 



Queue de couleur uniforme k partir de la base jus- 

qu'k la pointe, soit 

Queue brun noir au milieu, blanche a la pointe. 

quercinus 

Brun noir (espece de la presqu'ile du Sinai et de 

Palestine) mclanurus 

Plus ou moins grise 9 

Gris brunatre, arrondie. Une tache blanche entre les 

yeux (espece du Sennaar) orobinus 

Gris chatain en dessus, grise en dessous ; nettement 

distique (espece de l'Europe orientale) . . . dryas 

Genre Bifa, n. g. 

Une espece, du Sahara algdrieu lerotina 

Genre Graphiurus F. Cuvier et Geoff. 

Deux ou trois especes, de l'Afrique au sud du Sahara, 
soit, entre autres miorinus 

II 

Bifa lerotina, n. sp. 
Deux sujets de cette espece, une femelle adulle et un 



longue que large. Tubercule carpien interne arrondi jeune, pris aux environs de Ghardai'a (Mzab) et conserves 

■ ■ • - — - — -— - _ ■■ - _. — - ■ ■ ■ 9 



et trois ou quatre fois plus volumineux que le car- 

m 



en alcool, n'ont ete recemment envoyes par M. le lieute- 



saharienne. 



3. 



pien externe Musgardinus 5 nant Massoutier, alors chef du bureau arabe de cette ville 

2« molaire superieure subegale k la 3 e et au moins " " 

aussi large que longue. Tubercule carpien interne 

oblong et k peu pres egal au carpien externe. ... 3 
Le bord externe* de chaque molaire superieure pre- 

sente cinq k six saillies faibles et mousses. Branche 

descendante de la mandibule imperforee. Tubercule 



Ce petit rongeur ressemble exterieurement beaucoup 
au Lerot, et je ne Taurais probablement pas distingue si je 
n'avais prepare son crane. Aussi ne sais-je a laquelle des 



qui 



tarsien interne ovale, commengant au niveau du , ? Ue je n a ; 1 pIus actu ^Uement sous les yeux. Je 



milieu du tubercule tarsien externe. 



Myoxus 6 



m'en etais procure, vers le milieu de 



Le bord externe de chaque molaire superieure sup- 



mai 1880, une 

Biskra 



porte deux, quelquefois trois, pointes saillantes et la P etite famille a ete accidentellement ecrasee, et je ne 

aigues. Branche descendante de la mandibule per- **~~ 



4. 



foree. Tubercule tarsien interne lindaire, commen- 
gant en arri£re du tarsien externe 4 

Seulement trois molaires supdrieures de chaque cote, 
leur rangde plus cotirte que la longueur des trous 
incisifs; 4 C molaire inferieure moins developpee 
horizontalement que la premiere et fortement ddje- 



l'ai pas conservee. 

Description. — Voici quelques dimensions, en milli- 
etres, de mes deux Bifa lerotina. *\ *n ™<t^a i„„ 



{Myoxus mumbyanus 



Eliomys 



. _ . ^^ „ 1WiCUlwu ueje . , r °Pf • To ™ ces su J ets e^ent conserves en alcool ; la plu- 

We en dedans. Le trou sous-orbitaire a sa plus ? ' malheureusement, avaient la queue plus ou moins 



5. 



grande largeur en bas g IFA 

Quatre molaires de chaque cote et k chaque machoire, 
la rangee des superieures plus longue que les trous 
incisifs ; 4* molaire inferieure plus developpee hori- 
zontalement que la premiere et placee dans l'ali- 
gnement des trois autres. Le trou sous-orbitaire a 
sa plus grande largeur vers son milieu ou au- 

dessus Eliomys 

Genre Muscardinus Kaup. 
Une seule espece, d'Europe avellanari 



10 



incomplete. 



BIFA 
LEROTINA 



ELIOMYS QUERCINUS 



7 



Longueur du corps 



MS 



permum ? 



sE 



de Ja queue nue 

t avec le poil 
du pied 
de la tgte 
de I'oreiHc 




(2) Extrait d'un m&noire inedit intitule : Catalogue provisoire des Le cor PS est mSsure du bout du museau a Tanus. 11 ne 



Mammiferes apelagiques sauvages de Barbarie. 



faut pas, d'ailleurs, attacher trop d'importance 



a sa 



















T 






i 



\ 



62 



LE NATURALISTE 



a 

mesure, car il est plus oumoins extensible, suivant qu'il I il demeure presque cylindrique dans toute sa longueur, 
a ete conserve dans de 1'alcool plus ou moins concentre. | ne se dilate jamais beaucoup et se termine par un pinceau 

relativement maigre ; chez Bifa lerotina, il commence a 
se dilater aussit6t apres le premier quart de sa longueur, 
son diametre augmente sensiblement a partir de ce point, 
il est bien garni dans toute son etendue, et il se termine 



La queue est mesuree depuis son origine ; le pied jusqu'au 
bout des ongles; l'oreille, le long de son bord externe, de 
la base au.somm.et. La mesure de la tete, du museau a la 
convexite de la nuque, n'est pas, plus que celle du corps, 
susceptible d'une grande exactitude. 

les plus caracteristiques sont celles du 



* 



mesures 



queue 



cette derniere, les points de comparaison ne sont pas 
assez nombreux. Les deux autres nous montrent : 1° que 
Bifa est un peu plus petit qu! Eliomys 
des oreilles, quoique tres variable, est, en moyenne, chez 
le dernier un peu moins grande relativement que chez le 
premier. Cependant chez Tune et l'autre espece, quand on 
la rabat en avant, l'oreille recouvre une partie de l'oeil. 

Aucune de ces differences n'est, d'ailleurs, assez nette 
pour permettre de distinguer surement des sujets en 
alcool des deux especes ; mais voici deux caracteres que 

je crois meilleurs : 

1° Chez Bifa. l'extremite nue du museau fait une saillie 
notable en avant de la cloison des narines et elle est 
separee de celle-ci par un sillon profond : elle peut ainsi 
se rabattre sur les orifices nasaux et les recouvrir comple- 
tement (1). Chez Eliomys. l'extremite nue du museau 
n'avance pas au dela de la cloison des narines, n'est 
separee de celle-ci que par un sillon tres fin et ne peut se 

rabattre sur elle. 
2° Chfiz Bifa. les levres droite et 






en une pointe courte et large* 
II ne nous reste plus a examiner que les cranes. J'ai 

indique, dans le Tableau dicholomique . les caracteres de 
denture qui necessitent la distinction generique de l'espece 
du Mzab. Celle-ci manque de la derniere molaire supe- 
rieure, et sa derniere molaire inferieure differe sensible- 
ment de celle d 9 IS Homy s quercinus ; sa couronne est 
arrondie, moins etendue horizontalement que celle de la 
premiere molaire inferieure et fortement dejetee en 
dedans de la ligne dentaire, tandis que, chez ce dernier, 
la meme dent a une couronne quadrilatere elargie, plus 
etendue horizontalement que celle de la premiere molaire 
et placee dans l'alignement dentaire. Pour le reste, la den- 
ture est la meme. ] 

Le crane de Bifa differe ainsi par quelques points de 
celui d! Eliomys, quoique, dans son ensemble, il lui res- 
semble beaucoup.. Les trous sous-orbitaires du premier 
sont en fente etroite, leur bord externe etant rectiligne et 
leur plus grande largeur se trouvant en bas; ceux 
du second sont ovalaires, leur bord etant concave et leur 
plus grande largeur se trotiVantun peu au-dessus de leur 
milieu. La partie nasale du crane de Bifa est moins allon- 
gee que celle d' Eliomys quercinus et ses trous incisifs sont 
plus longs et plus larges : leur longueur est superieure a 
celle de la rangee des molaires (laquelle est, d'ailleurs, 



f 



droite et gauche superieures 
restent en contact Tune avec l'autre, sur une certaine lon- 
gueur, au-dessous du sillon internasal; tandis que, chez 
Eliomys, les deux levres superieures divergent de suite. 

Les deux especes ontchacune huit mamelles. Les tuber- 
cules des mains et des pieds sont exactement semblables 
chez Tune et l'autre. 

Si, au lieu de comparer les sujets entiers, conserves en 
alcool, nous comparons les peaux, preparees a sec, des 
deux especes, nous constaterons encore leur extreme res- J Voici quelques-uns de ses diametres an regard des dia- 



plus courte ici, puisqu'elle compte une dent de moins), 
tandis que l'inverse a lieu pour Eliomys. Enfin les bulles 
osseuses de Bifa sont sensiblement plus developpees, 
surtout dans leur portion posterieure ou mastoidienne. 

Le crane de Bifa a la taille d'un petit crane de Lerot; il 
est sensiblement plus grand que celui d' Eliomys dryas. 



Bifa metres correspondants de plusieurs cranes de lerots (me- 



moins 



sures en millimetres). 



Eliomy 



La ressemblance, cependant, ne va pas jusqu'a l'identite. 
Comme nous l'avons deja note, Bifa lerotina a le pied 
plus petit et l'oreille plus grande qu' Eliomys quercinus ; 
mais la forme de la queue nous fournit un meilleur carac- 



ELIOMYS QUERCINUS 



Bifa 



horizontalement 



distique. Chez 



Eliomys 



plus longs qu'apres son premier tiers a partir de la base ; 






Long, tot., tie Poceipttt au 
nez. 

Larg. max. (compris ar- 
cades zyg.) 

Larg. max. en a mere orifice 
auditif. 

Long, rangee molaires sup. 

Distance des deux premieres 
mol. sup. 



(i) Une disposition semblable existe chez tous les Meriones que j'ai 
pu observer. Si ces animaux reposaient sur le museau, quand leurs 
formes ont ete fixees par Talcool, leur nez presente alors un aspect | Long, des trous incisifs. 
comparable 5 celui de Meriones cryptorhinus, tel que Ta d6crit et 
figure Blandford (Sc. results of the second Yarkand Mission, etc., 
Mammalia. Calcutta, 1879. pag. S6 etpl. X^, fig. 5). C'est aussiTaspect 
que pr6sentait le nez de la femelle adulte Bifa, quand je Tai re$ue et 
avant que sa peau ne fut pr6par6e k sec. 




Mhologie. — D'apres les renseignements qui m'ont ete 
transmis par M. Massoutier, le Bifa lerotina est designe 
par les Mozabites sous ie nom d'Oudghigha. II est assez 



■ 



LE NATURALISTE 



63 



difficile a prendre. II ne vit point sur les palmiers, mais 
bien dans des trous et des fentes de rochers. Au moment 
de la maturite des dattes, il grimpe dans les palmiers et 
se nourrit de leurs fruits. 



Albers 



Nesiotus 



II est 



melanurus 



aussi dans des trous et au milieu des tas de pierres. Tris- 



cipent plus ou moins a ces caracteres. Cependant ils 
separent ces especes par un grand nombre d'autres qui 
ont beaucoup moins de rapports avec elles, et ils ont ele 
jusqu'a classer parmi les Buliminus, qui ainsi qu'on le 



tram l'a rencontre dans de vieilles ruines romaines, au sait, ne comprennent que les formes de l'ancien monde, 
milieu de vastes plaines sans arbres (Proceed. Zool. | les Raphiellus qui presentent cependant les rapports les 

Soc. London, 1877, p. 4i). 



Nesiotus 



Fernand Lataste. 



Bulimulus 



ferus 



Nesiotus 




presente une spire fortement allongee comme le B. chem- 
nitzioides et sa sculpture constitute par des rides irregu- 
lieres longitudinales etsinueuses, semble former transition 
entre celle des Pleuropyrgus et de certains Nesiotus, 
SUR LES BULIMES DES ILES GALLAPAGOS | comme les rugulosus, crispus etc. ; pourtant ces formes, 

analogues pour la contexture du test avec le rugulosus 



OBSERVATIONS 



Nesiotus 



Je crois done qu'il 
II y a quelque temps, je decrivis dans le Naturaliste I faut diviser, si toutefois ces divisions peuventetre a dmises, 



Nesiotus 



(1881, n° 64 p. 510), une petite espece de Bulime, que je ne 

savais trop alors a quel groupe rapporter, et dont j'ignorais I Formes typiques : B. nuoc, ustulatus, etc. Le test de ces 

la localite, l'exemplaire qui m'a servi de type etant unique especes est tres solide, peu luisant; la columelle, presque 

dans ma collection. Je placais, quoique dubitativement, a droite, forme un angle prononce avec la base. Leur sculp- 

cause de l'ignorance oil je me trouvais de son habitat, ture ne presente rien de remarquable, et leur peristome 

cette petite coquille dans le groupe des Scutalus ou des est aigu, non evase. 



Cerastus 



nuciformis 



En l'etudiant plus attentivement, il me parait evident a pourvue de stries spirales plus 
l'heure actuelle, qu'elle se rattache aux especes du groupe 



ou moins apparentes, 



munie 



Nesiotus 



en zigzag. Peristome evase; angle columellaire moms 



losus Sow. et unifaseiatus -Sow., de l'Archipel des Galla- fortement prononce; test plus mince. 



pagos. comme ces deux formes, eJle habite sans aucun 
doute les memes iles. 

Elle se rapproche du premier par sa sculpture qui est 
analogue, et du second par sa forme et son systeme de 
coloration, bien qu'elle soit beaucoup plus petite. 



Groupe des rugulosus, unifaseiatus, crispus et autres. 
On pourraity joindre a la rigueurle B. rugiferus, comme 
une forme extreme formant le passage au groupe suivant : 
Coquille relativement beaucoup moins epaisse; sculp- 
ture constitute par de fines rugosites generalement regu- 
Le Bui. rugulosus sow., est une forme beaucoup plus lieres, unicolore ou unifasciee. Bord columellaire 
grande, de couleur plus foncee, de forme plus allongee et anguleux, regulierement arque. Peristome evase reflechi 
a. tours de spire plus nombreux. La sculpture de ce dernier | sur l'ombilic. Test terne. ' 

est plus forte et plus visible a l'ceil nu. 



non 



rugife 



Les B.asperatus et verrucosus VM^v , doivent appar- | nombreux, plus lentement croissants; sculpture formee 

p ar de f 0P t es rides flexueuses saillantes ; angle basal de la 
columelle assez marque. Couleur d'un brun uniforme. 



Nesiotus 



Nesiotus 



eux seuls toute la forme malacologique terrestre de ces Peristome bien evase, subrefiechi. 



Bu limu lus 



chemnitzioides Forbes (Pleuropyrgus) 



terisent, on n'y a decouvert qu'une seule espece apparte- test de cette espece est legerement luisant et orne d'une 



6 



enre 



to 



Je crois qu'il faut rattacher au groupe des Nesiotus 
toutes les formes bulimoides de cet archipel ; les sections 



bande transversale etroite. 
Groupe de V achatinellinus . • 



Comme on le voit, je n'ai pas donne de noms aux divers 
que Ton a creees pour certaines d'entre elles me paraissent groupes precedents qui n'en ont pas encore recu parce 



Nesiotus 



que des especes formant des passages entre eux pourraient 
ne pouvoir etre considerees tout au plus que comme des se rencontrer et qu'il ne faut pas multiplier sans necessite 



divisions de ce groupe. 



B. achatinellinus 
chemnitzioides. ] 



les noms des divisions. 



La faune des iles Gallapagos est tres particuliere ; bien 
que se rattachant certainement a celle de l'Amerique du 
Le second de ces groupes est fonde sur Tallongement de sudetnon a celle de la Polynesia la localisation dans ces 
la spire qui compte 15 tours et sur le mode particulier de iles du groupe des Nesiotus est cependant un fait remar- 
plis longitudinaux obtusement saillants qui ornent la sur- quable et digne d'interet. On a la l'exemple d'une creation 
face de l'espece unique sur laqueUe la section est basee ; ' speciale ; car aucune des formes americaines n'a ete ren 













* 






64 



LE NATURALISTE 







contree dans l'Archipel et par contre, aucun des Bulimalus 

de la cote la plus voisine, groupe qui pullule dans , . 

l'Amerique du sud, ne se rapporte au groupe des Nesiotus. ; M. Paul Noel, chimiste, rue d Auguy. 15, au Bois-Guil- 

La faune de l'archipel Juan Fernandez est toute diffe- laumepres Rouen desireraitechanger des mmerauxtels 

rente, etest caracterisee par la presence du groupe Ocea- W* sulfate de baryte bi-oxyde de manganese, pynte de 



nien des Tornatellina, ainsi que par celui des Amphidoxa 
qui se retrouve en Nouvelle-Zelande et des Stephanoda 
tres analogues aux Charopidees de ce dernier pays. 



l — 



C. F. Ancey. 



fer, pyrite de cuivre, sel gemme, phosphate de chaux, car- 
bonate de strontiane, carbonate de magnesie, carbonate de 
chaux cristallise, etc., ainsi qu'une grande quantite de 
roches contre des lepidopteres. . 






CHRONIQUE ET NOUVELLES 



Collections d'algues marines, preparees pour Texamen 
microscopique, contenant 67 especes representant 35 gen- 
res, tres exactement nommes et d'une parfaite prepara- 



inferieure 



dne un seuL Ges animaux 
dans l'Australie, la Tasmanie 



* 



Belle occasion 



magni 



Le professeur Liversidge, de Sydney, a communique a | tion, contenus dans 3 boites a rainures. Prix : 102 francs. 
la Societe des sciences naturelles de Londres une decou- 
verte des plus interessantes, concernant les Monotremes, 
qui, suivant l'auteur, U. Cadwell, seraient ovipares : les 
deux genres Orniihorhynchus et Echidna pondraient de 
veritables ceufs semblables a ceux des oiseaux et des 
reptiles, et qui sont couves dans une sorte de poche abdo- 
minale, speciale a la femelle. Le petit ne peut y etre con- 
tenu en totalite ; la poche loge seulement la tete et les 
membres anterieurs ; le reste est cache par les poils et la 



ique collection de coleopteres 
europeens et exotiques, comprenant les cifcindelides et les 
carabides, moins les carabes vrais. Cette collection, de 
toute fraicheur et de bonne determination, contient grand 
nombre de tres bonnes especes ; nous en citerons plu- 
sieurs : Mantichora tuberculata 



(Cap), Omus 



Megacephala 



Nouvelle-Guinee. 



# * 



M. le professeur Baray a constate la viviparite de Y He- 
lix Cooperi; il avait recu de l'Utah (Amerique du Nord) 
une boite contenant plusieurs ezemplaires de ces mol- 
lusques ; ceux-ci expedies vivants etaient tous morts et en 
pleine putrefaction a leur arrivee en France. En procedant 
au nettoyage des coquilles, M. Baray a constate qu'un 
grand nombre d'elles renfermaient de jeunes helices assez 
developpees. Chaque individu renfermait 3 ou 4 jeunes, 
pourvus de leur coquille ; cette partie est assez differente 
de celles des adultes. La spire est presque plane, la base 
est saillante, conique-tronquee ; la troncature est occupee 
par un ombilie assez ouvert; une forte carene separe les 
deux regions apicale et basale; Touverture est oblique, 
quadrangulaire, allongee. 



A-signala (Seneg.), Tetr. crucigera (P. Denisou), Tetr. 
acutipennis (Antilles), Tetr. Klugi (Colombie), Tetr. Caro- 
lina et varietes (Bresil), Oxygonia Buckleyi (Equateur), 
Oxyg. mocoensis (Equateur), Cicindela Peletieri (Alge- 
rie), Cic. heros (Celebes), Cic. regalis (Seneg.), Cic. 
asperula (Seneg.), Cic. nivea (Bresil), Cic. dorsalis (Am. 
S.), Cic. Candida (Cap), Cic. Cherubini (M. Video), Cic. 
Dumolini(Seneg.)y etc., etc.,Euryoda 



(Enictomorpha 



Therates labiaius 



(N. Guinee), Th. coracinus (N. G.), etc., Tricondyla 
aptera (N. G.), Tr. pulchripes (Siam), Collyris longicotlis 
(Java), etc., etc. ; Agra cenea (Cayenne), Siagona mandi- 
bularis (Galam.), Graphipterus serrator (Egypte), Or. 
Barthelemyi (Tunis), etc., Anthia maxillosa (Cap), A. 



venator (Algerie), A. Mellyi 
peruvianus (Perou), 



etc. , Tceniolobus 



OFFRES ET DEMANDES 



M. F. Lataste (7, avenue des Gobelins, Paris), desirerait 



recevoir vivant, de France 



srou), Brachygnatus oxygonus (Bresil), 
Dicaelus purpuratus (Am. S.), Mecodema sculpturalum 
(N.-Zelande), Catddromus Lacordairei (Australie), Eoma- 
losoma bicolor (Tasmanie), Morphnos Flindersi (Aust.), 

Zabrus robustus (Grece), Onychopterygia tricolor, ful- 
gens (Mexique), Anophthalmias Bilimeki t hirtus, dalma- 
tinus, Raymondi (Carniole), Ega pullipes (Mexique), Ta- 

chys Focki, globulus (Philippines), E. tragonoderus 
figuratus (Bresil), Coptodera cyanella, Mormolyce phyl- 
lodes (Java), Silphomorpha fallax, picta (Australie), Ade- 
lotopus Dytiscoides (Australie), etc., etc, Cette collection, 



D. B. espece que Duges a jadis signalee aux environs de comprise dans 24 cartons, comprend 917 especes et 



qu 



bonne 



ment dans les departements de l'Aude et des Pyrenees- 
Orientales. II offre, en echange d'un seul, la serie des 
Acanthodactyles barbaresques, soit : boshianus Daudin, 
lineomaculalus D. B., scutellatus Audouin et Bedriagai 
Lataste, representee par 12 sujets conserves en alcool. 



650 



le gerant, fimile DEYROLLE. 



8600 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 



f 














T Annto 



a 



N 





er 






Mai 1885. es 



r 



- 



• . 











JOURNAL 



DES 



^CHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le 1" et le 15 de chaque mois 



ADRESSER TOUT CE QUI CONCERNE 

LA INACTION ET L'ADHINISTRATION 

Au bureau du journal 

RUE DE LA MONNAIE, 23 . 



ABONNEMENT ANNUEL : 

Payable d'arance en un mandat-poste a i'ordre du Directeur. 

Franco et Algerie . 6 fr. » 

Pays eompris dans lTJnion postale. ... T fr. » 
Tous les autres pays.. 8 fr. • 



EMILE DEYROLLE 



DIRECTEUR 



PARIS 



r. 




(Affranchissemtnt compris) 



PAUL- GROULT 

Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1 CT JANVIER DB CHAQUE ANNEE 



* r 



Le Journal LE NATURALISTE est rintermSdiaire offlcieux de tous les amateurs d'hisl 

gratuitement toute demande d'6change et de renseignements scientiflques 6manant 






. 



. 



i 







ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE 



Sur la classification des laupes de Vancien continent. 
Note de M. Alph. Milne-Edwards. 

Les zoologistes repartissent les Taupes en quatre genres, 
d'apres la formule dent aire : 1° le genre Talpa {europcea, 



Davidianus 



dro 






coeca 



i 



mxcrura 



3 



3 



V 



ce qui montre le peu d'importance qu'il faut attach er au 
nombre des petites dents incisiformes. Ce curieux animal 
differe peu d'aspect des taupes d'Europe, quoique de 
taille moindre ; le male adulte a m ,12 ; la queue a m ,02 de 
longueur ; le museau pointu, le pelage veloute, epais dun 
gris tirant sur le noir ; il est completement aveugle et les 
paupieres ne s'ouvrent pas. 



3~1 



1 



PM 



4 



4 




Mogera ( Wo 



qui 



3 



3 



3 



3 



C 



1 








M 



3 

3 



3 
3 



42 



qui a I 



3 



3 



V 



Parascaptor {leucurus, lepturus) 



3 l 



1 «„3 
PM 



1 



4 



3 M 3 



3 






4 



3 



3 



42 dents ; 



et 4 



genre Scaptochirus 






a I 



3 
3 



3 



3 



C 



1 



1 



1 



1 



PM 



3 



3 



3 



3 



M 



3 



3 



3 



3 



40 dents. Une nou- 



♦ * 



Sur la composition de la graine du cotonnier en arbn 
la ricJiesse de cette graine en substances aliment aires 
Extrait d'une lettre de M. Sacc. 






La graine du cotonnier en arbre, cultive en Bolivie, 
serait, d'apres M. Sacc, tres alimenlaire ; sa composition 
chimique la classerait comme la graine la plus riche en 
substances nitrogenees. Son analyse donne pour 100: 
Caseine 6,0 ; Dextrine 0,2 ; Sucre 2,0 ; Fibrine 23,7 • Ligneux 
du perisperme 32,4 ; Amidon 9,6 ; Huile jaune verdatre 9,6; 
Cire jaune 0,8 ; Cendre 8,0 et Eau 8,0. A la mouture, le 
rendement est pour 100 : Farine jaune 50,5 ; Son noir 40,5 ; 
et Perte 3,0. Elle rendrait service a Findustrie sucriere 



velle espece decouverte pres d'Akbes, sur les confins 

de la Syrie et de l'Asie mineure : le nombre de ses premo- , 

laires la rapproche des Scaplochirus et la distingue des pour enlover l exces de chaux ' aux lieu et P lace de I'adde 
Talpa ; mais la forme des molaires, le peu de developpe- I carbon,( I ue 5 elle pourrait remplacer le lait dans la patis- 

ment de la derniere premolaire, la faible largeur de la face, 
la rapproche des Talpa et des Parascaptor en particulier. 
II s'en suit qae ces divers genres sont plutot des sous- 
genres, leur valeur zoologique ayant ete exageree. Cette 
nouvelle espece est le Scaptochirus Davidianus; un 



serie, et servirait a confectionner d'excellent orgeat, etc. 



* 
* ¥ 



Evolution 



exemplaire rapporte presente cette anomalie que les dents 
incisiformes (incisives et canines) sont au nombre de quatre 
du c6te droit, et seuiement de trois. du cAte *?auchf» • 1p 



des genres vois ins. — Note de M. Lichtenstein. 

En examinantles Aphidiens vrais a antennes de 7 arti- 

% 

cles, M. Lichtenstein a observe que la pseudogyne fonda- 
trice reste toujours aptere. Au bout de vingt a irente jours, 








elle pond des petits vivants dont une faible partie settle- 
ment prend des ailes; ces deux formes, absentes en 
general chez les Pemphigiens, sont aptes au bout d'un mois 
a bourgeonner a leur tour, et tous les individus pondus 
acquierent des ailes et disparaissent ; vers la fin de juin on 
n'en trouve que peu ou point. II y aici une lacune a combler 
pour connaitre revolution complete, car en automne on 
retrouve la pseudogyne pupifere qui vient apporter les 
sexu6s sur l'arbre oil ils s'accouplent et laissent les oeufs 
qui donneront la fondatrice au printemps suivant. Les 
pucerons observes sont : Aphis atriplicis, A. at>en&, 
A. craccivora, A. Donacis, A. evonymi, A. frangulx, 
A. mail, A. padi, A. persicse, A. pyri, A. viburni, 
Siphonophora absinthii % Rhopalosiphum persicse, et 
Halopterus pntni. Les sexues des Aphidiens ont un rostre 
et, sauf pour A. malt et S. absinthii, les males sont ailes, 



II y a quatorze articles longs de m f 005 a ra ,010. A chaque 
noeud s'attache une gainemuniede dents aigues appli- 
quees contre la tige; les folioles qui constituent cette 
gaine au nombre de 28 a 30 par verticille complet, 
sont soudees sur une longueur de 2 millim. a 2 mm ,5 



00 



de 



002 



base, s'attenue pour se terminer en pointe 
aigue. Quelques-unes off rent sur leur dos un sillon peu 
profond, large de mBl ,5 a leur base, compris entre deux 
lignes un peu saillantes, comme on le voit chez plusieurs 



Equisetum 



Bien que masquee presque entiere- 



ment, la surface de la tige permet de constater la presence 
de c6tes presque plates, peu accentuees,sillonnees de fines 

stries longitudinales eloignees entre elles de - a - de 

5 6 

millimetre. Ces c6tes sont surmontees chacune par une 
mais les femelles, apteres, pondent plusieurs oeufs, tandis L des dents de la gaine et alternent d'un entre-nceud a 
que chez les Pemphigiens et Phylloxeriens, Foeuf est Tautre. Aucune cicatrice ne se distinguant a la base des 
unique. | gaines, il n'y avait pas de rameaux, et les tiges etaient 

nues sur une partie au moins de leur longueur. Get Equi- 
setum a recu le nom de Eq. Monyi; son analogie avec 






* * 



Sur la decouverte d'une empreinte dHnsecte dans les I YHippuritesgigantea 



gres silwriens de Jurques (Calvados). — Note de M. Ch. 
Brongniart. 



Equisetum 



ren 



La conservation imparfaite de cette empreinte permet rition 80 . us la forme gigantesque remonterait a l'epoque 



cependant de distinguer la plupart des nervures. Cette 
aile, longue de m ,035, a appartenu a un Blattide ; on y dis- 
tingue la veine humerale superieure, la veine humerale 
inferieure se bifurquant a l'extremite, la veine vitrec ou 
mediane egalement divisee en deux rameaux, les veines 
disco'idales superieure et inferieure, et leurs divisions tres 
obliques se rejoignant a leur extremite comme chez cer 



houiller 






Sur la presence du genre Equisetum dans Vdtage 
houiller infdrieur. — Note de M. Ed. Bureau. 

M. Bureau vient de rencontrer sur une plaque de 



taines Blattes actuelles ; on voit encore la veine anale Psammite houiller provenant de la mine de Beaulieu 



assez droite, s'etendant jusqu'au bout de l'aile, et les 
veines axillaires qui lui sont paralleles. Ce qui distingue 
cette empreinte de toutes les ailes de Blattes vivantes ou 
fossiles, c'est la longueur de la nervure anale et le peu de 



(Maine-et-Loire) de petites tiges ressemblant a celles de 

- 

quelques Equisetum actuels, entremelees a celles de 
divers Diplothmema et Calymmatotheca ; Tapparition des 
Equisetum remonterait done a la partie elevee de l'etage 



largeur du champ axillaire. La Prygonoblattina Fritschii houiller inferieur, puisque ces plantes appartiennent a la 



et la Gerablatlina fascigera f toutes deux de Tepoque 
houillere, ont une nervation rappelant un peu celle de 



grauwacke superieure. II y a quatre petites tiges, couchees 
parallelement ; deux ont leur sommet vers la gauche et 



cette aile silurienne;M. Brongniart a ^pele Palceoblattina \ deux vers l * droite. L'une plus epaisse, large de 2 mm ,5, 
Douvilleij Tinsecte qui a possede cette aile. Les gres de 
Jurques appartiennent au silurien moyen ; lesschistes de 
l'ile de Gotland appartenant au silurien superieur, le 



Pa Ice ob la I Una serait done plus ancien encore, que le scor- 
pion dont le professeur Lindstrom a entretenu recemment 

VAcademie. 



SEANCE DU 5 JANVIER 1885. 



* 

Stir un Equisetum du terrain houiller superieur de 
Commentry. — Note de MM. B. Renault et R. Zeiller. 



represente la moitie superieure d'un en.tre-noeud ; les 
autres ont a peine l wm ,5 de largeur, au milieu des entre- 
noeuds. Pres des noeuds, ces tiges ont une largeur de 
2 millim., et la grande 3 millim. Le rapprochement de ces 
petites tiges semblables, et egales, au-dessus d'une tige 
plus grosse, fait penser qu'elles appartenaient a un meme 
individu qui serait rameux et donnent Tidee des rameaux 
d'un meme verticille. Le changement de direction qui se 
produit presque a chaque noeud prouve que les petites 
tiges etaient articulees. Les entre-noeuds devaient etre 



isetum 



dure 



Un echantiilon recolte k Commentry permet d'affirmer I le reste; or, chez notre fossile, cette partie plus tendre ne 

l'existence a l'epoque houillere superieure, $ Equisetum I s'est pas conservee, et il semble que les articles consti- 

verilables, comparables par leur taille auxespeces geantes I tuant des tiges soient isoles ; mais un examen attentif fait 

de la periode secondare. On voit l'empreinte d f un frag- | voir qu'ii n'y a pas eu d'arrangement et que les tiges sont 
ment long de m ,115, d'une tige articulee large de m ,034. 



La 




1 " - ' 



'-• 




LE NATURALISTE 



67 



d'arrachement et que les tiges sont bien a lour place. La I apres quinze jours d'insolation, deux sur trois apres un 
longueur des entre-noeuds varie de 12 millim. a 17 millim.; mois, et Irois sur trois apres deux mois. Ces experiences 
les c6tes sont visibles, et en tenant compte de la face qu'on prouvent done que l'influence de la lumiere du soleil sur 
ne voit pas, on peut supposer qu'il y en avait de 7 a 10 sur la vitalite des gennes de microbes est au moins cinquante 
les petites tiges et de 16 a 17 surlagrosse. La partie-supe- fois plus active que sa chaleur, et que les germes d'un 
rieure de chaque entre-nceud se termine par une gaine I memo microbe n'ont pas la meme vitalite suivant les 
ayant de l" m ,5 a 2 millim. de hauteur, terminee par des | liquides oil on les a cultives. 
dents longues de 2 a 3 millim. Cette gaine, un peu evasee, 
est parcourue par le prolongement des c6tes dont chacune 
se rend dans une dent. Cet Equisetum se rapproche beau- 
coup de YEquiselum debile, Roxb., vivant actuellement 
dans les Indes orientales. Sur la meme plaque de gres, on 
apercoit quelques traces d'epis qui doivent appartenir a 



TJ3ST -A.BXJS 



Parmi les quelque* abus que Ton pourrait citer en his- 

toire naturelle, il en est un en particulier qui a ele com- 
cet Equisetum qui a recu le nom de E. antiquum. L'un de I baltu par f i s> ma is sur lequel il n'est peut-Mre pas inutile de 
ces epis montre un axe cylindrique a paroi mince et a reV enir de temps a autre. Je veux parler de Tabus que Ton 
grande cavite centrale. Autour de l'axe, un verticiile de fait des nomg pr0 pres pour les appliquer a la denomina- 
huit organes subglobuleux. II y a lieu de penser que le tion generique ou specifique des divers objets d'histoire 
sommet n'avait pas la meme epaisseur ni la meme consis- I jjaturelle. 



tance que le reste. Nous sommes done ici en presence du 



Sous pretexte d'honorer un ami, un savant eminent, on 



plus ancien Equisetum connu ; et il est a remarquer que n 'hesite pas a s v emparer de son nom, d'y ajouter une ler- 
les especes geantes de ce genre n'ont pas tarde a dispa- m i na ison latine et de le faire servir pour la designation 
raitre, tandis que des especes plus freles ont mieux | d'un genre ou d'une espece. Le sentiment est excellent, je 
resiste au point d'avoir des types analogues vivant a 



Pepoque actuelle. 



SEANCE DU 12 JANVIER 1885. 



ravoue, mais le resultat est des plus mauvais : le nom 
d'un animal, d'une plante, doit indiquer, en effet, sa 
forme generate, un detail de moeurs, une particularity de 
constitution, Fhabitat ordinaire, le parasitisme de cet 
animal, de cette plante. L/etymologie seule du nom four- 



influence de la lumiire du soleil sur la vitality des nir r a ces differences explications. 



germes de microbes. 



Note de M. E. Duclaux. 



Les noms de Helix, Saxifraga y Hydrophilus, Phillop- 
neuste f Tri folium , Necrobia, et bien d'autres encore, 



Les experiences ont ete faites sur le Tyrothrix Scaber, | donnent un renseignement precis sur les animaux ou 
choisi comme Tun des microbes purement aerobies, qui I i es plantes qui les portent. Si a cette denomination s'ap- 
sont en moyenne plus resistants que les autres, et qui I pliquant a un groupe d'objets parfois tres etendu, on en 
sont des agents de destruction de la matiere albuminolde ajoute une autre se rapportant a une seule espece, et con- 
ou azotee. Une goutte de culture de ce microbe dans du tenant etymologiquement une indication precise, on con- 
lait, prise au moment de la formation des spores, etait naitra d'un seul coup deux particularites de l'objet deter- 



deposee 



ferme 



mine, l'une par le nom generique, Pautre par le nom 



coton, et dans lequel Fair entrait librement mais sans y I specifique. 

apporter de germes nouveaux. La goutte evaporee, le I Mais quelle indication le naturaliste peut-il tirer d'un 
matras etait expose au soleil, pendant quinze jours, un I mo t sa ns etymologie? Les auteurs de ces noms devraient 
mois, deux mois, sur un mur expose au midi, pendant reflechir que pour honorer un seul homme, ils en mettent 



l'ete. En meme temps, d'autres matras prepares identi 



un grand nombre dans l'embarras. II y a, d'ailleurs, tant 



quement etaient conserves a la lumiere diffuse, a des tern- I de facons d'etre agreable a un ami I Pourquoi done user 



peratures voisines du maximum observe au soleil. Ceci 
fait, il suffisait d^introduire dans tous ces matras quel- 
ques grammes d'une infusion convenable pour savoir eeux 
rrni ont conserve leurs erermes vivants. Les matras con- 



d'un moyen ego'iste? 

En resume, cet abus doit cesser. Apres n'avoir ete qu'une 
exception, il tend a devenir un usage journalier. C'est ce 
qui est a eviter. Les naturalistes de l'avenir auraient tout a 
serves a la chaleur, a l'abri du soleil, ne sont pas sterilises, I refaire et il faut leur eviter un travail fastidieux. II suffit 
bien que les premiers soient entres en experiences depuis seulement de faire bien ce que Ton fait. Que Ton ne craigne 



trois ans. Done a l'etat sec, les spores du Tyrolhrtx hea- 
ter resistent au moins trois ans a Taction eombinee de 
Fair et a une temperature senegalienne. Au contraire, 
1'action du soleil d'ete est energique ; un mois d'insolation 
occasionnait des retards de developpement, prouvant que 
la vitalite des spores etait atteinte; apres deux mois, deux 
ballons s«r quatre etaient steriles. La sterilisation marche 
plus rapldement avec des spores provenant d'une culture 
dans le bouillon Liebig ; un matras sur trois etait sterilise 



pas de chercher une designation convenable, aulieu d'em- 
ployer un nom propre qui ne dit rien, dans le but appa- 
rent d'honorer un ami, plutot dans celui d'eviter une 
legere fatigue. 

. Ktienne Rabaud. 




=: 




08 



LE NATURALISTE 



NOTE 

SUR QUELQUES ESPECES NOUVELLES BE MOLLUSQUES TERRESTRES 

RECUEILLIS DANS LA P&NINSULE MALAISE 

(Mars-Septembre 1884.) 

Par J. de m organ 

Streptaxis Plussensis (de Morgan). 

Coquille. — Heliciforme, de couleur blanchatre, regu- I 8 millim., hauteur du c6ne spiral au-dessus de la carene 

lierement enroulee, c6ne spiral tres aplati, base ventrue, min ,5, longueur de l'ouverture 8 millim., largeur de l'ou- 

polie, face superieure ornee de stries paralleles aux lignes verture 5 mni ,5. 



les tours de spire, finement striee et tres fortement care- 
nee, carene se prolongeant jusqu'a l'ouverture, tours de 
spire au nombre de 5 a 6, tres aplatie a la partie supe- 
rieure, renfles a la partie inferieure, suture des tours de 
spire a peine distincte ; ouverture oblique ovale, irregu- 
liere, legerement echancree par l'avant-dernier tour de 
spire, peristome evase. 

Dimensions. — Largeur 17 millim., hauteur totale 



d'accroissement. Ombilic tres large laissant voir la partie 



Couleur. 



Cette coquille est d'un brim come, l'ouver 



inferieure de tous les tours de spire, ouverture triangu- lure etant un peu plus claire que le reste du test. 



laire, placee dans un plan legerement oblique a Faxe, tres 



Habitat 



Assez commune dans la foret, dans les par- 



irreguliere, portant une dent sur Favant-dernier tour de ties humides cette coquille se rencontre dans la vallee de 
spire et un sillon a la partie superieure, spires au nombre I Kinta enlre Lahat et Ipoli. 



de 6, suture lineaire. 
Dimensions. — Hauteur 3 millim., larg. max. 7 milllim., 



Helix Lahatensis (de Morgan). 

Coquille. — Aplatie, tres legerement ombiliquee, gros- 



long. de l'ouverture 2 millim., largeur de Fouverture I sierement striee, tres fortement carenee, carene se pro- 



1 millim. 1/4. 



longeanl jusqu'& Fouverture, tours de spire au nombre 



Habitat. — J'ai rencontre cette petite coquille sur le I de 4 ou 5 tres aplatis a la partie superieure et bombee a la 



mont Tchehel dans la vallee de la riviere Pluss. 
Helix Swettenhami (de Morgan). 



partie inferieure, suture des tours de spire peu marquee, 
cone spiral tres aplati, ouverture tr6s grande, oblique, 



Coquille. — Aplatie, mediocrement ombiliquee et tres J presque ronde, tres largement echancree par Favant-der- 
finement striee, tres fortement carenee, carene se prolon- | nier tour de spire, peristome droit et aminci, bord colu- 
geant jusqu'a Fouverture ; formee de 5 a 6 tours de spire 

tres legerement arrondis a leur partie superieure, suture I Dimensions. — Largeur 25 millim., hauteur totale 
des tours tres distincte ; ouverture oblique, ovale, large- I 14 millim., hauteur du cone spiral au-dessus de la carene 
menl echancree par Favant -dernier tour de spire, peris- I 10 millim., diametre de Fouverture 13 millim. 



mellaire legerement reflechi vers Fombilic. 
Dimensions. 



tome droit, bord columellaire reflechi vers Fombilic. 



Couleur. 



Cette espece est entierement blonde et 



Dimensions. 



Largeur 16 millim., hauteur du c6ne I transparente. 



spiral au-dessus de la carene 5 millim., hauteur totale 



Habitat 



J'ai rencontre cette espece dans les feuilles 



10 millim., longueur de Fouverture 8 mm ,5, largeur de Fou- | mortes au pied d'un arbre dans la foret situee entre Lahat 

et Ipoli. Les trois specimens que je possede proviennent 



verture 6 mni J 5. 
Couleur. 



Blonde uniforme. 



Habitat. — Dans toute la partie haute de la vallee de 
Kinta, dans la foret espece commune. 



de la meme localite. Cette coquille semble etre rare. 
Genre Rhodina (de Morgan). 
Coquille. — Cylindracee, striee, dextre tours de spire 



Observation. — Je dedie cette espece a M. Swettenham, nombreux, sommet obtus, dernier tour beaucoup plus 



resident du gouvernement anglais dans le royaume de grand 



Selangose. 
Helix Tiiieroti (de Morgan). 



Favant-dernier, ouverture triangulaire, bord 



columellaire reflechi et tres saillant, peristome continu. 
Rapp. et diff. — Ce genre voisin du genre Rhodea s'en 



Coquille. — Tres ouvertement ombiliquee, de telle sorte distingue par la nature de son ouverture disposee en 
que Ton peut apercevoir tous les tours de spire dans Fin- I cornet et par le manque de carene sur les tours de spire, 
terieur de Fombilic, tres aplatie et discoide convexe en I Rhodina perakensis (de Morgan), 
dessus et legerement concave au dessous, Ires fortement Coquille. — Cylindracee fragile, d'un jaune come, com- 
striee en iravers, ouverture oblique, elliplique, largement I posee de 10 tours de spire, dont la largeur croit regulie- 
echancree par Favant-dernier tour de spire, peristome | rement avec Fage de la coquille. Stries d'accroissement 

tres accentues et d'une grande regularite. •— Suture des 



droit et aminci, formee de 7 a 8 tours de spire. 



Dimensions. 



Largeur 15 millim., hauteur, 4 millim., I tours de spire lineaire et nettement marquee. 



longueur de Fouverture 5 millim., largeur de Fouverture 



an obliaue a laxe 



Brun rouge fonce, coquille translucide. 
Je n'ai rencontre qu'un seul exempiaire de 



et fornant avec ce dernier un angle d'environ 30 degres a 
bords minces et non dejetes. 
■ Dimensions^ 



4 millim. 

Content*, 

Habitat. — Je n'ai rencontre qu'un seul exempiaire de I Dimensions. — Largeur 25 millim., diametre moyen 
cette espece dans une fente de roche au Gounong-Tcheura I 3 mm ,5, diametre du dernier tour de spire 4 mm ,5, longueur 
au nord d'Ipoli (Kinta). 

Helix Hardouini (de Morgan). 



Coquille. 



Aplatie, tres fortement ombiliquee, ce qui 



de l'ouverture 5 millim 
Habitat 
ortes amassees 



dans 



permet de voir dans, l'oinbilic la partie inferieure de tous 



calcaires 



Gounong 



rare 





LE NATURALISTE 





Stenogyra tchehelensis (de Morgan). 

Coqaille. — AUongee, cylindroide, imperforee, fragile, 
transparente, blonde, obtuse au somruet, composee de 
10 tours de spire, ornee de stries tres fines paralleles aux 
lignes de croissance, suture lineaire tres marquee, accrois- 
sement tres regulier, ouverture ovale et oblique, peristome 
simple, tranchant. 



Dimensions 



23 



5 millim., longueur de l'ouverture 6 millim., largeur de 
l'ouverture 3 millimetres. 

Habitat. — Cette espece est tres abondante sur le mont 
Tchehel dans la vallee de la riviere Pluss, je ne Fai jamais 
rencontree que dans cette localite. 

Cyclophorus fcowi (de Morgan). 

Coquille. — Globuleuse, deprimee, tres ombiliquee, 
formee de 6 tours de spire; ombilic montrant la partie 
inferieure de tous les tours ; ornee de lignes d'accroisse- 
ment peu saillantes, fortement usees surtout a la base : 
developpement des tours tres regulier, suture lineaire 
nettement accentuee, au-dessous de laquelle le dernier 
tour est orne d'un sillon tres peu profond qui s'accentue 
de plus en plus avec les progres des tours de spire. 

Ouverture occupant un plan oblique a Faxe, a bords tres 
evases, circulaires chez les individus tres ages, presen- 
tant chez les individus plus jeunes un angle pres de la 
suture, et chez les individus tres jeunes, absolument cir- 
culaire et sans evasement des bords. 

Opercule circulaire, come, brunatre, legerement conique 
vers la face interne qui est lisse et ornee en son milieu 
d'un petit nucleus saillant; la face externe se compose 
d'une spire de 10 a 12 tours, l'epaisseur de Fopercule rela- 
tivement grande au centre va en diminuant si Ton s'ap- 
proche des bords qui sont coupants.. 

Dimensions. — Hauteur 28 millim. , largeur prise a la 



Habitat. — Cette espece semble etre assez rare, je Fai 
rencontree dans les lieux humides au pied des grands 
arbres dans la vallee de Kinta. 

Cyclophorus Baylei (de Morgan). 

Coqaille. — Trochiforme, perforee, composee deO tours 
de spire ornee dans la longueur de stries fines coupees 
par des lignes d'accroissement tres regulieres aux points 
d'intersection de ces deux reseaux de lignes sont de petits 
paquets de poils tres fins. Suture profonde; le dernier 
tour presente sur sa surface externe un aplatissement 
tres regulier. Ouverture circulaire finement echancree du 
cote de la suture, oblique par rapport a Faxe legerement 
reflechi. 



Couleur. 



par 



lie superieure de taches noires regulierement espacees. 



an 



Cyclophorus Lowi. 
Dimensions. 



Hauteur 8 millim/, largeur maxima 



9 millim., diametre de l'ouverture 3 mm ,5. 



Habitat. 



Cette espece est assez abondante dans le 



bassin du fleuve de Perak. Je Fai surtout rencontree dans 
la vallee de la riviere Pluss au G. Tchehel. 

Cyclophorus Regelspergeri (de Morgan). 

Coqaille. — Tres deprimee, tres largement ombiliquee, 
composee de cinq tours de spire, ornee de lignes tres fines 
d'accroissement. Suture des tours lineaire, au-dessous de 
laquelle se trouve un sillon profond recouvert par son 
bord externe qui formant un canal suivant la suture 
s'elargit en approchant de l'ouverture et se termine par 
une lame qui recouvre entitlement le canal et forme un 

Ouverture oblique, 

presque circulaire, legerement evasee, echancree vers la 
suture par Fexlremite du sillon, terminee a angle droit. 
Le test de cette coquille tel qu'on peut le voir a Fouver- 



tube de 4a 5 millim. de longueur. 



hauteur de l'ouverture 55 millim., diametre de l'ouverture ture est compose de deux parties d'egale epaisseur et 

28 millimetres. collees Tune a l'autre, la partie interne est compacte, lisse 

Habitat. — Cette espece est commune dans le bassin de et tres brillante, tandis que la partie externe est plus 

la riviere Kinta, on la rencontre aussi mais plus rarement poreuse. 



dans Patani. 



Couleur. — Cornee a la partie superieure, brune a la 



Observations. — Je dedie cette espece au savant bota- base, cette coquille est ornee d'une bande noire sur la 
niste sir Hughs Low qui est aujourd'hui resident du gou- partie externe des spires tandis que la partie superieure 



est orne de taches brunes regulierement espacees qui 
donnent a la coquille Taspect d'un serpent enroule. 



vernement anglais aupres du Radjah de Perak. 

Cyclophorus Kin tan us (de Morgan). 

Coquille. — Tres deprimee, tres largement ombiliquee, I Opercule circulaire, corne, la face interne presentant 
formee de 5 tours de spire, ornee de lignes tres fines une depression spherique offrant en son centre une saillie 
d'accroissement, suture des tours de spire tres profonde, produitepar un petit nucleus opaque, la face externe heli- 
le dernier tour se detachant de Tavant-dernier un peu coidale est garnie de lamelles membraneuses tres minces 
avant Fouverture. — Ouverture legerement oblique, circu- destinees a rendre la fermeture de l'opercule plus herme- 
laire, garnie a la partie superieure d'une lame recourbee tique. 

occupant environ la moitie de son perimetre. A quelques Dimensions. — Hauteur 8 millim., largeur maxima 
millimetres de l'ouverture, a la partie superieure de la | 25 millim., diametre de Fouverture 8 millim. 

Habitat. — Cette espece se rencontre dans les brous- 
4 son extremite. 



avant 



Couleur. 



Brune verdatre. 



Dimensions. 



sailles aux environs de Lahat et de Pappan dans la vallee 
de Kinta ; elle est relativement abondante. 
Aulopoma Lowi (de Morgan), 
Coquille. — Petite, deprimee, tres fortement ombiliquee, 
Hauteur 6 millim., largeur maxima I ombilic laissant voir la partie inferieure de tous les tours 



Opercule. — Come, epais, circulaire analogue a celui 
du C. Regelspergeri. 



J 9 millim., diametre de l'ouverture 5 millimetres. 



de spire, formee de 4 a 5 tours, encroiitee d une pate 






TT 



v 





LE NATURALISTE 



brunatre qui couvre toute la coquille et laisse a peine dis- l croissement, peu saillantes fortement usees, a developpe- 
tinguer les spires. Cet encroutement forme a la base une ment assez regulier, le dernier tour au contraire se 



carene saillante, et remplit l'ombilic qu'elle transforme en contractant, a la base il forme un bourrelet mousse qui 

une simple perforation, tours de spire arrondis, ornes de entoure un ombilic assez etroit, a face inferieure usee par 

lignes tres fines; d'accroissement, le dernier tour se decolle le frottement et a face superieure fortement incrustee de 

legerement de l'avant-dernier dans le voisinage de l'ou- petites alveoles et de petits sillons irregulierement disse- 



verture qui est oblique et circulaire. Peristome droit, sans 
aucune tendance a etre reflechi, opercule circulaire, come, 



mines a la surface. Suture des tours de spire lineaire 
nettement accentuee au-dessous de laquelle les derniers 



compose de lamelles superposees, legerement convexe a tours sont accompagnes d'un sillon assez profond qui 



sa partie interne. 



s'accentue de plus en plus avec les progres des tours de 



■ 

Couleur. — Brune quand la coquille est encroutee, ver- la spire. 



datre quand elle est debarrassee de son encroutement. 



Dimensions. 



Hauteur 5 millim., largeur maxima 



8 millim., diametre de l'ouverture 3 millim. 



Habitat. 



Cette espece se rencontre sur les collines 



calcaires de la vallee de Kinta et particulierement sur le 
G. Lano oil elle est tres abondante. 

Alycaeus Jousseaumei (de Morgan). 



Coquille. 



Blanche, perforee, deprimee, tours con- 



vexes, suture profonde, dernier tour tres ventru et se con- 
tractant fortement, un peu au-dessus de l'ouverture qui 
est circulaire, tours de spire ornes et stries, tres fines 
paralleles aux lignes d'accroissement. Un peu au-dessus 
de Petranglement de la derniere spire est un bourrelet qui 
remplit la cavite de la suture sur une longueur variable 
suivant Page de la coquille. Peristome double, reflechi, 



Ouverture presque circulaire occupant un plan parallele 
a l'axe, a bords mousses et non dejetes chez les individus 
tres ages, dejetes au contraire lorsque la coquille arrivee 
seulement a Petat adulte. A cette periode, l'ouverture a la 
partie externe forme pres'de la suture un angle nette- 
ment accuse. 

: Opercule calcaire, assez 6pais, circulaire, a face infe- 
rieure presque plane, formee d'un demi-tour de spire 
separ6 par une suture d'un blanc laiteux qui s'elargit en 
angle faisant environ 45degres versle bord externe,elle est 
recouverte d'une mince pellicule cornee noiratre au com- 



mencement de la spire et brun-marron sur la moitie du 
dernier tour. Surface exterieure est formee par des la- 
melles saillantes se developpant en helice recouverte d'une 
membrane cornee et foliacee depassant sur les bords la 
presentantla forme d'un fer a cheval dont la partie concave I partie calcaire. Cette helice presente 7 enroulements cor- 
est tournee vers l'ombilic. — Opercule cornee, multi-spire respondants au nombre des tours de la coquille. 



circulaire concave en dehors, muni d'un nucleus central 
saillant a la partie interne. 



Dimensions. 



Hauteur 6 millim., largeur maxima 



11 a 15 millim., diametre de l'ouverture 4 millim. 



Dimensions. — Longueur 50 a 57 millim., largeur 24 a 
27 millim., epaisseur 22 a 24 millim., diametre de l'ouver- 
ture 17 a 20 millimetres. 

Habitat. — J'ai rencontre cette espece dans toute la 



Habitat. — Montagnes calcaires de la vallee de Kinta. | vallee du fieuve de Perak, dans les lieux humides sur la 
Pai rencontre cette espece en grande abondance sur le 



sommet du mont Lano. 

Alycaeus Chaperi(de Morgan). 

Coquille. — Blanche, perforee, trochiforme, tours con- 
vexes, suture profonde, dernier tour ventru et fortement 
contracte un peu au-dessus de Pouverture qui est circu- 
laire, c6ne spiral tres eleve, tours de spire, ornee de 
stries tres fines et tres rapprochees paralleles aux lignes 
d'accroissement. Un peu au-dessus de Petranglement se 

trouve un bourrelet qui, prenant naissance pres de la 
suture, la remplit sur une certaine longueur qui augmente 
avec Page de la coquille. Peristome double, reflechi; 
opercule cornee semblable a celui de PAlycaeus Jous- 



seaumei. 
Dimensions 



maxim 



millim 



Habitat. — Mont Tchehel pres Ipoli, sur les rochers 
calcaires et les troncs d'arbres. 

Observations. — Par sa forme conique, les dimensions 
de son ouverture et Penroulement de ses spires, cette 
espece se separe nettement de la precedente. 

Hybocistis elephas (de Morgan). 



mousse et les feuilles mortes. 

Hybocistis Jousseaumei (de Morgan). 

Cette espece differe de la precedente par sa taillo beau- 
coup plus petite, sa coloration blanche, la taille plus 
grande du dernier tour a sa naissance, Pavant-dernier 
tour formantsur le cote droit une gibbosite assez saillante, 
un aplalissement plus considerable de la face inferieure 
du dernier tour. Le sillon qui couronne les tours de spire 
et accompagne la suture est beaucoup plus profond dans 
cette espece que dans la precedente, Pombilic est plus 

etroit et Pouverture beaucoup moins dejetee sur le c6te 
droit. 

La face inferieure de Popercule presente au centre une 
petite cupule au centre de laquelle s'eleve un petit nu- 
cleus, et la face superieure est plus bombee que dans 

Pespece precedente. 

Dimensions. — Longueur 45 millim., largeur 21 millim. 
epaisseur 20 millim., diametre de Pouverture 15 millim. 

Habitat. — J'ai rencontre cette espece dans la vallee de 
la riviere Pluss, elle accompagnait PHybocistis Elephas. 



Coquille. 



Ovo'ide, deforraee, solide, d'un jaune 



orange plus fonce au sommet qu'au dernier tour. Compo- 
see de 7 tours de spire, les premiers ornes de stries d'ac- 



_ 





LE NATURALISTE 



BOTANIQUE DE FRANCE 



La Societe botanique de France tiendra cette annce une 
session extraordinaire dans les Ardennes. Les societaires 
ont ete informes par une circulaire, dent nous ex- 
trayons les passages suivants : 

La Societe botanique de France, reprenant un projet 
que des circonstances exceptionnelles ne lui avaient point 
permis de realiser en 1884, a decide, dans la seance du 
27 mars dernier, qu'une session extraordinaire en 1885 
aurait lieu dans le departement des Ardennes et s'ouvri- 
rait a Charleville le 14 juin. 

c La flore de ce pittoresque et beau pays nous offrira 
d'interessants sujets d'etude, soit au point de vue du 
releve de ses plantes speciales et de ses affinites aveccelle 
des contrees limitrophes, soit qu'on y recherche les lois 
de la distribution des especes en la comparant a ce qui 
existe ailleurs dans des conditions similaires. Une partie 
de la session sera utilement consacree a Texploralion du 
massif des schistes ardoisiers, notamment des localites 
suivantes : 1° les 
Linchamp, Tilay 



Hautes 



nous a communique une liste de plantes qu'il a recoltees 
aux environs de Charleville; nous y remarquons les es- 
peces suivantes : Anemone silvestris, Myosurus mini- 
mus, Ramoiculus platanifolius, Corydalis lutea, Arabis 
arenosa, Limaria rediviva, Viola palastris el canina, 
Drosera intermedia, Polygala austriaca, Linum Leonii, 
Geranium lucidum, Epilobium an gusli folium, Circwa 
intermedia, Montia rivularis, Saxifraga sponhemica^ 
les deux Chrysosplenium, Falcaria Rivini, Peucedanum 
Cervaria, Pelasiles riparia. Arnica montana, Senecio 
Fuchsii, Centaurea montana et solsiitialis, Crepis palu- 
dosa, Oxy coccus palustris, Luzula maxima el albida, 
Narthecium ossifragum, Allium Sc?iamodrasum, Erio- 
pliorum vaginatum, Carex polyrrhiza, C. ornithopoda, 
C. laevigata, Calamagrostis lanceolala, Acorus Calamus, 
Polypodium Phegopteris, P. Dryopteris, P. Robertia- 
num, Polystichum Oreopteris, Cystopleris fragilis, 
Lycopodium clavatum, etc. Ces quelques citations don- 
nent un premier apercu de la flore des Ardennes (1). 

« Le rendez-vous general est fixe a 1'ancienne manu- 
facture d'armes, rue de Flandres, salle des conferences, 
a dix heures du matin, le dimanche 14 juin. » 




Le Secretaire general, 

Ernest Malinyaud. 



Le President de la SocUii, 

Em. Bescherelle. 



Tilay et Tournaveaux (fonlaine des Moris), 
dans la partie framjaise de la vallee de la Semoy, les 
vastes tourbieres du Haut-Butti, ou les cryptogamistes 
trouveront k faire d'amples recoltes ; 2° Monthenne, Lai- 
four, avec les rochers des Dames de Meuse et Revin, etc. 
Ensuite les collines jurassiques de Dom-le-Menil, la 
foret de la Havetiere, pres de Charleville, le terrain ar- 
doisier de Fumay, les calcaires des environs de Givet,etc... 
presenteront egalement, dans leurs stations variees, de 
remarquables specimens de la vegetation ardennaise. On 

y rencontre une succession de paysages d'un effet saisis- 

sant : des rivieres et des torrents profondement encaisses I de Barcelone pour l'etude du cholera pendant la derniere 
et a cours sinueux, des rochers escarpes et tourmentes, epidemie en France, annonce avoir decouvert le cycle 
mais d'un acces facile, et des terrains couverts de forets, devolution du bacille-virgule de Koch qu'il rapporte au 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



M. le D r Ferran, de Tortosa, delegue par la municipality 



de bruyeres et de marais tourbeux. 



groupe Peronospora (P. Ferrani). Ce bacilie, cultive avec 



Notre zele collegue, M. Paul Petit, qui connait parfai- les precautions usitees, se melange de spirilles dont une 

tement la contree, a bien voulu se charger de preparer extremite se developpe en spherules qui ne tardent pas a 

le programme des herborisations. Nous pouvons aussi se rompre et a liberer les granulations verdatres de son 

compter sur la precieuse cooperation de MM. Bazot, interieur. Celles-ci, en quelques heures, sont devenues de 

Callay et Cardot, ainsi que sur les bons offices de diverses nouvelles spherules, muriformes, vertes. II en sort, apres 

personnes de Charleville, etrangeres a notre Societe, mais un certain temps, un filament delie qui developpe une 



s'interessant a ses travaux, et que nous ne saurions trop 
remercier de leurs dispositions bienveillantes. 

c Les plantes des Ardennes francaises n'ont pas ete 
Fobjet, au moins a notre connaissance, de publications 
speciales, comprenant la totalite de la region ou du depar- 
tement de ce nom; on consultera avec profit a cet egard, 
independamment des traites generaux classiques, divers 
ouvrages se rapportant a la flore des departements voi- 
sins ou des provinces beiges limitrophes (1). M. Bazot 



(1) M. de la Fons de MSIicoq a public, en 1839, un Prodrome de la 
flore des arrondissemenls de Laon, Vervins, Rocroy et des environs 

de Noyon. Notre confrere, M. Jules Remy, a donnS en 1849, dans les 
Annales des sciences naturelles (3« s£rie, t. XII), un int£ressant nS 
sum6 de six annies d'herborisations, intitule Excursions botaniquesd 
travers les Ardennes franraises. Enfm les Herborisations dans les Ar* 



spirille libre : enfin revolution s'acheve par la segmenta- 
tion de celle-ci qui reproduit les bacilles-komas primitifs. 
If. J, Ferran a fait diverses experiences sur Taction 
pathogene et prophylactique du bacille-virgule et l'a 
injecte sur divers animaux et sur l'homme. Chez ce der- 
nier, Tinjection, dans la region du triceps brachial, de 
huit gouttes de culture virulente tres fraiche, donne lieu 
a une tumeur douloureuse et chaude qui empeche les 
mouvements du bras ; la suite de cet etat est une fievre 



dennes, r£dig£es par M. Callay, que renferrne le Guide du Botanislede 
If, Verlot (1865), sont un document de grande valeur pour l^tude de 
cette flore locale. 

(1) H. Bazot a remarqu6 que la flore des Ardennes francaises diflte- 
rait peu de celle du Morvan, dont les especes sont comprises dans la 
Flore du Centre de Boreau. 











LE NATURALISTE 



localisee qui disparait bient6t spontanement. Trois heures 
apres Finjection, revolution de cette phlegmasie com- 
mence, se continue pendant vingt-quatre heures, et apres 
ce temps tout malaise disparait presque completement. II 
resulte des experiences faites que M. J. Ferran a pu 
donner les conclusions suivantes : 1° la cholerisation chez 
Phomme par voie bypodermique est possible; 2° la pro- 
phylaxie de la cholerisation s'obtient au moyen d'injec- 
tions a virulence ou a doses graduees. 



OFFRES ET DEMANDES 



NECROLOGIE 



Une etoile de premier ordre vient de s'eteindre au fir- 
mament de la science. M. Frederic de Stein, chevalier de 
l'ordre de la Couronne de fer, etc., etc., et conseiller de 
la cour, vient de mourir. II occupait la chaire de zoologie 



M. G. Bucket, a Romorantin, offre un certain nombre 
d'oiseaux-mouclies, de scorpions sees ou dans l'alcool, de 
Geckos vivants, de Myriapodes, de Crustaces, d'Echino- 
dermes, etc. ; en echange de chauves-souris ou d'oiseaux 
en chair ou dans FalcooL * 



¥ * 



Vu le nombre de demandes qui nous arrivaient, nous 
avons recueilli les sables tres fossiliferes des localites 
dont nous donnons ci-apres les noms. Ces sables, des- 
quels aucun fossile n'a ete extrait, sont tres avantageux 
vu leur bas prix. Nous les cederons aux conditions sui- 
vantes : 

Sables pisolithiques de Vigny (Danien), le litre fr. 75. 

Sables de Cuise Lamolte (Suessonien), non tamises, le 
litre 1 fr. 



depuis Fannee 1855, epoque a laquelle il fut appele a Sables de Cuise Lamolte, tamises, le litre 4 fr. 

un poste important a FUniversite allemande de Prague Sables de Grignon (calcaire grossier) (pour les petites 



€ Carolo-Ferdinandea » dont il etait le Rector magnificus 
en 1877. Jouissant d'une reputation universelletant comme 



especes), non tamises, le litre 1 fr. 50. 
Sables de Ghaumont (calcaire grossier) (pour les petites 



savant de premier ordre que comme homme de caractere J especes), non tamises, le litre fr. 50. 

integre, il fut nomme membre de lous les grands corps Faluns de Pont-le-Voy (pour les petites especes), non 

savants de 1'Europe et de FAmerique, mais il ne lui fut tamises, le litre 50 centimes. 



Igr 



les belles promesses qui lui 



Faluns de Pont-le-Voy (pour les petites especes), ta- 



furent faites, de voir le jour de sa nomination a FAcademie J mises, le litre 3 fr. 



marques 



Sables de Pierrefite (Tongrien), non tamises, le litre 1 fr. 

tamises, le litre 3 fr. 



d'honneur de tous les souverains d'Europe, apprecie et 

connu des hommes de science les plus eminents, il le fut 

plus encore en Autriche, sa patrie adoptive, sans avoir J Belle collection de coquilles renfermant 1 480 especes 
jamais recherche, ni brigue aucun des honneurs qui lui europeennes et exotiques dont quelques-unes seulement 



furenl deferes. II etait Fhomme le plus simple et le plus 
affable du monde et Fennemi jure de tout ce qui avait 
l'air de courir les distinctions ou les protections de hauts 



sont representees par un seul et les autres par de nom- 
breux exemplaires, en parfait etat de conservation, bien 
determinees. Prix 500 francs. 



personnages ; simple dans ses gouts, franc et loyal envers | ( Nous adresserons le Catalogue sur demande.) 

tout le monde et surtout envers les personnes auxquelles il 

avait donne son amitie, il est regrette de tous ceux qui 

l'ont connu et avec lesquels il etait lie. II a laisse un grand 

vide dans noire ville, et on le sentira davantage quand 

le moment sera venu de le remplacer au poste eminent 

qu'il occupait a l'Universite. Ses ouvrages font tous foi de 

cette ardeur d'approfondir et de penetrer les secrets de la 



nature et de les devoiler aux yeux de ses nombreux eleves. 
Sa « physiologie des Insectes » ceuvre remarquable et 
qui lui a valu les plus grandes distinctions, tient indubita- 
blement le premier rang parmi tous les ouvrages parus 
jusqu'a nos jours; il est orne d'un grand nombre de plan- 
ches tres soigneusement dessinees par l'auteur lui- 
meme, cet ouvrage devait former le commencement d'une 
serie d'autres ouvrages qui malheureusement sont restes 
inedits mais dont les materiaux se trouvent entre les mains 
de sa famille. Je ne saurai le recommander assez, surtout 
aux entomologistes, ainsi que ses grands ouvrages sur les 
infusoires dont le dernier a paru quelques mois avant sa 
mort. II est mort le 9 Janvier 1885, a l'age de soixante-six 
ans, apres une courte maladie. 

Ch. Haurt, de Prague. 



Nous venons de recevoir un depo t de terre de Californie 
contenant nombre de bonnes especes deDiatomees. Nous 
avons dispose pour Fexamen microscopique sur une seule 
plaque de verre, de forme ordinaire (0 m ,076 x m ,026) une 
collection de 75 ESPECES differentes et tres exactement 
nominees. Cette collection est tres interessante, vu les 
bonnes especes qu'elle comporte, et de plus e'est une 
preparation artistiqite. Le prix de chaque plaque est de 
30 francs. 



¥ * 



Collection de Pythides, Melandryides, Pyrochroi'des, La- 
griides, europeens et exotiques, nommes en grande partie. 
Nous citerons les genres suivants : Pytho, SalpinguS, 
Lissodema, Rhinosimus, Xylita, llallomenus, Serropal- 
pics, Dirccea, Abdera, Hypalus, Melandrya, Penthe 
Osphya, Pyrochroa, 5 esp. ; Lagria, 45 esp. environ ; 
Eutrapela, Stati?ia 9 etc En tout environ 96 esp., 320 
exempl. contenus dans 2 cartons 19 X 26, prix : 50 francs. 



Le gerant, Emile DEYROLLE 



5618 



Paris, Imp. A- L. Guillot, 7, rue des Canettes 











Au bureau du journal 

RUE DE LA MONNAIE, 23 



Franco et Algerio 

Pays compris dans l'Union. poatale. . 
Tous les autres pays 



• • 



6 fr. » 

7 fr. i 

8 fr. » 



PARIS 



(Affranchissement compris) 



PAUL GROULT 

Secretaire de la Redaction 



i 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Journal LE NATURALISTE est rinterm6diaire offlcieux de tous les amateurs d'histoire naturelle; il insdre 

gratuitement toute demande d'6ciiange et de renseignements scientiflques 6manant de ses Abonn6s. 









AGADEMIE DES SCIENCES 



Mot he dans 1< graviers, et sur des points de la cote qui 
decouvrent a chaque inaree. 



SEANCE DU 12 JANVIER 1885. 

(Suite) 

Sur un hemiptere marin, lMEpophilus Bounairei, Si- 
gnoret. — Note de M. R. Koehler. 

M. Koehler a pu recueillir quelques echantillons, a 
Jersey, du rare JEpophilus Bounairei. Ce petit hemiptere, 
de la famille des Hydrometrides, a ete decouvert en 1879, 
a Tile de Re, et decrit par Signoret. II a 3 millim., de long 
sur l mm ,5 de large. Signoret, dans sa description des or- 
ganes sexuels, s'est trompe de sexe; contrairement a la 
figure qu'il en a donnee, ces organes sont situes au-dessus 
de l'abdomen chez la femelle et au-dessous chez le male. 
Chaque femelle a trois ou quatre oeufs assez volumineux, 
ovoides, aplatis sur une face, longs de mm ,8 et larges 
de mm ,5. L/armure genitale femelle offre dans son en- 
semble une grande analogie avec celle de la cigale ; il y a 



SEANCE DU 26 JANVIER 1885. 

Sur le developpement des oeufs du Phylloxera. 

de M. V. Lemoine. 



Note 



une tariere de mm ,7 de longueur, avec l'extremite garnie 
de dents. L'arinure genitale du male se montre comme un 
espace quadrilatere clair a l'extremite de Tabdomen* 

L'abdomen, plus large et plus epais chez la femelle, est 
plus aplati chez le male. U JEpophilus Bounairei vit 
comme les Aepus (coleopteres marins) sous des pierres 
adherentes ausol; il reste probablement comme engourdi, 
a la maree haute, attendant la maree basse pour respirer, 
car leur corps n'etant recouvert que de rares poils tres 
fins, ceux-ci ne peuvent emmagasiner une provision 
d'air. Immobiles sous le bloc qui les recouvre, les AZpo- 
philus ne tardent pas a courir avec rapidite lorsque leur 
retraite est mise aujour. VJEpophilus se tient a Jersey, 
dans la baie de Saint-Clement, vis-a-vis du rocher de la 



M. Lemoine a etudie le developpemenl des oeufs du 
Phylloxera punctata recueillis surle Quercus sessiflora, 
plus facile a distinguer que chez les autres especes, a 
cause de leur transparence relative. L'oeuf parthenogene- 
sique fraichement pondu se compose d'une masse centrale 
a elements vitellins et d'une z6ne peri pheri que semi-trans- 
parente a fines granulations tendant a se grouper sous 
forme de petites spheres. Ce groupement est instable jus- 
qu'a Tapparition des noyaux vitellins qui fixent les gra- 
nulations et constituent les cellules blastodermiques. 
Bient6t, au p61e superieur de l'oeuf, la couche blastoder- 
mique s'epaissit ; ce point correspondra a la crete denti- 
culee de la tete de Tembryon; un epaississement inferieur 
sera le point de depart de la bandelette embryonnaire. La 
masse totale se segmente en globes vitellins qui com- 
priment la couche blastodermique et la reduisent a une 
lamelle mince, sauf aux deux p61es de l'oeuf. La bande- 
lette embryonnaire prend la forme d'un V dont une 
branche s'atrophie ; l'autre se developpe et se contourne 
en S dont la courbure inferieure correspond a Textremile 



cephalique, et la superieure, au reste du corps. Diverses 
dilatations indiquant les segments du corps, se distin- 
guent successivement, puis les rudiments des divers ap- 
pendices apparaissent : d'abord ceux des antennes, des 
mandibules, de la premiere paire de machoires, et des 
deux premieres thoraciques. Puis ceux de la deuxieme 










74 



LE NATURALISTE 




paire de machoires qui constituera la trompe de la troi- 
sieme paire de paltes thoraciques, et enfin la region abdo- 
minale. On distingue la separation de l'epiblaste et du 
mesoblaste. L'enveloppe vitelline correspondant a la partie 
anlerieure de la tele de l'embryon s'ainincit, disparait ; les 
membranes se rompent, et l'embryon se retoume en une 
lieure un quart, la tele venant au p61e superieur, tandis 
que la region caudale vient plus lentement au p61e infe- 
rieur. L'embryon a Irois enveloppes ; l'une moulee sur les 
appendices, la seconde a laquelle appartient la crete den- 
liculee et la troisieme qui se rompt d'abord au point corres- 
pondant a cette crete. L'ceuf ecl6t par suite du glissement 
successif des deux dernieres enveloppes le long de l'em- 
bryon ; la premiere disparait enfin, et l'insecte va recher- 
cher la feuille oil il se fixera. Dans l'ovaire d'une mere 
agame aptere on peut voir parfois plusieurs ceufs en voie 
d'evolution, mais un seul arrivera a maturite. L'insecte 
sort de sa derniere enveloppe par suite de la production 
d'une veritable mue ; jusque-la, il est inerte, mais les or- 



ceci que les equisetacees ont besoin pour se developper 
d'une quantite d'acide sulfurique pouvant s'elever a 14 
pour 100 du poids de la cendre, tandis que les autres 
plantes vivant dans le ineme sol n'auront besoin que de 
1 pour 100. Les equisetacees des anciens ages et en parti- 
culier de l'epoque houillere, devaient necessairement 
accumuler dans leurs tissus, de grandes quantites d'acide 
sulfurique qui etait pour une part notable, a l'etat de sul- 
fate de chaux, tout comme dans les equisetacees de 
l'epoque actuelle (1). De tout ceci, resultent ces conclu- 
sions : 1° Les plantes de la periode houillere arrivees 
vivantes jusqu'a nous et en particulier celles qui consti- 
tuent le groupe des equisetacees, contiennent des propor- 
tions d'acide sulfurique hors de proportion avec ce qui a 
lieu, en moyenne, pour les plantes de l'epoque actuelle. 
Des lors on a l'explication toute naturelle de l'origine des 
grandes quantites de soufre et de sulfate de chaux qui 
existent dans toutes les houilles. Ce soufre et ce sulfate 
de chaux sont des corps originaires, qui ont fait partie 



ganes essenliels etant arrives a maturite, il commence a* integranteet necessaire des plantes dontla decomposition 
se mouvoir pour remplir le r61e qui lui est assigne. a produit la houille. 2° L'absence d'alcalis carbonates 

est une consequence naturelle 
de sulfate de chaux tou jours 



contenu dans ces cendres. 



* 
* * 



SEANCE DU 19 JANVIER 1885. 

Badigeonnages au sulfate de fer, pour dUruire Veeuf 
d'hiver du Phylloxera. — Note de M. Fandrin. 

Depuis cinq ans, l'auteur a fait badigeonner, en hiver, 
les ceps tailles, avec une solution de sulfate de fer a la I francaise. 
dose de un kilogramme dans deux litres d'eau, ou avec rk™t»i« • a ■ ■„ , , ^ . . *.. . 100 ^ 
une solu.ion de sulfate de cuivre a la dose de un kilo- „ ^1° , J ^ I ^ U ZT" ', 5 

arammedans cinq litres d'eau. Le resultataete de de- ? S eSt , eCh °" e . S " ' a cole francaise, cinq Bote»<)ptora 



Des derniers denouements de Citacts sur la cdte 

Note de M. G. Pouchet. 



truire non seulement les ceufs, mais les insectes qui se 
Irouvaient sur l'ecorce. Le sulfate de fer parait preferable 
au sulfate de cuivre. 



musculus, trois Hyperoodon 



ana 



tomie comparee s'est notablement accrue d'une partie de 



ministere 



— 

dont une circulaire enjoint de prevenir directement le 



SEANCE DU 2 FEVRIER 1885. 



Composition 



grand 



Museum, de l'echouement a la c< 
ur. Le baleineau de 5 m ,30 tue ; 
re 1884, n'est pas un B. rostrata 



ination 



Equisetacees ; applica- 
Note de M. Dieulafait. I annonce M. P. van Beneden;il a 62 vertebres au lieu de 



M. Dieulafait a analyse les cendres de 168 echantillons 
d'Equisetacees et a constate la presence du sulfate de 
chaux en exces et par suite l'absence totale d'alcalis car- 
bonates. Pour 100 de plantes fraiches le poids de cendres 
a varie de 5 gr. 2 a 8 gr. 3 ; et 100 grammes de cendres 
conlenaient en particulier (moyenne de l'ensemble), 



48 chez ce dernier; il a 14 paires costules au lieu de 11, 
et le sternum en forme losangique au lieu d'etre en forme 
de croix latine. Serait-ce un hybride, ou une petite race 
inconnue de B. musculus f M. Pouchet ne le pense pas. 
L'animal avail 1'estomac vide, et l'intestin plein de la 
bouillie safranee ordinaire. II errait seul, et son ombilic 
avait l'aspect qu'il devait conserver. L'animal avait done 



probablement 



peut 



longu 



muscu 



80 



12 grammes de sulfate de potasse et 14 gr. 30 de sulfate 
de chaux. Operant par contre sur 320 echantillons d'equi- 
selacees fossiles recueillis dans les Vosges, les Pyrenees, 
les Alpes, la Corse, la Toscane et le littoral algerien, il a 
ete constate que l'acide sulfurique entre pour 13, 91 

pour 100 dans les cendres d'equisetacees fossiles, tandis , , . a ,„ ,, . 1( 4 . -. - 3 ,---,-.-. 

qu'il n'enlre que pour 1 pour 100 au plus dans les cendres mesme de 6 a 7 metres a l estimation des baleimers. Pour 

des equisetacees actuelles. Les cendres des plantes ordi- | le Bal€en °P tera <I ui nous occupe, cette proportion aurait- 

naires croissant au meme lieu que les equisetacees recol- 

lees vivantes, se sont monlrees riches en alcalis carbo- I ,»m>ai a a . a . ^ • t » *• 

nnioe «t i,.Ao ^«,.„ « -a ,, . .. , I (l) L'6tude des autres groupes de plantes vivantes remontant jus- 

nales et li es pauvres en acide sulfurique. II resulte de I qu 'a la periode houillere, conduit a la meme conclusion generale. 







LE NATURALISTE 



75 




elle varie ? Ou bien la mere aurait-elle porte avant d'avoir 



dans des organes durcis de foetus dont les meres (cobayes) 



atteint son developpement ? Ces questions ne peuvent avaient ete inoculees avec tine culture vmilente de char - 
etre resolues que par l'etude d'epaves futures, et le Mu- bon, M. Koubassof a constate que le plus souvonl les 
seum est aujourd'hui a meme d'etudier tout grand souf- bacteridies sont placees hors des vaisseaux, en groupes 
fleur qui viendra a echouer sur la c6te francaise. de trois a neuf petits batons, l'un a cote del autre, formant 

' une ligne indiquant qu'elles s'elaient deja mulUpiiees; 
sur une coupe de moyenne grandeur, on rencontre trois 
a cinq endroits avec des groupes semblables et plus rarc- 
ment des batons separes. Ceci explique jpourquoi les cul- 
tures et les inoculations ne reussissent pas lou.jours. Les 
microbes, d'autre part, sont repartis irregulierement dans 
les organes, prevalant suivant les fetus, dans le cerveau, 
le foie, les reins ou la rate, ^experimentation a constate 
egalement la presence des bacteridies dans le placenta, 
dans le liquide de l'amnios et du peritoine, et dans 



SEANCE DU 9 FEVRIER 1885. 

Sur les Hybxes de la grotte de Gargas, ddcouveries 
par M. FSlUc Regnault. — Note de M. A. Gaudry. 

Au fond de la grotte de Gargas situee pres de Montre- 
jean, et dans les Hautes-Pyrenees, il existe un puits pro- 
fond de 20 metres qui a ete explore pour la premiere fois 



par M. Felix Regnault. Le courageux explorateur est d'autres liquides du corps des foetus. Les microbes patho- 
descendu dans ce trou a parois verticales, au moyen | gg nes pa ssent done bien de la mere au foetus, 
d'echelles de cordes, et a eu la surprise d'y trouver des 
squelettes entiers d'ours grands et petits, de loups et 
d'hyenes, et de plus intacts, ce qui est fort rare. M. Gaudry 
charge d'examiner les hyenes fossiles de Gargas, pense I sur le microbe de la fievre typhoide de Vhomme. 
qu'elles sont de la meme espece que Thyene tachetee | Culture et inoculations. — Note de If. Tayon. 
{Hysena crocuta) v 



* 



cavernes s'eloigne de Thyene rayee 



(Hysena striata) et de Thyene brune {Hysena fusca) 



taille 



Avec des cultures mortelles pour des lapins jeunes 
M. Tayon a determine la mort de jeunes chiens Ages de 

^ sept a huit jours, trente-six a quaranle heures apres Tino- 

rencTentre ThylnVdes caverneset Thyene tachetee, e'est I culation. Le sang du chien, virulent pour le cobaye, est 
qu'a grandeur egale, la premiere a les os plus gros et sans action sur les autres chiens et sur le lapin. L'mges- 
devait etre une bete plus lourde que Thyene actuelle. | tion des cultures n'a pas donne de resultats; l'injection 

dans le tissu sous-cutane des cobayes, lapins, chats et 



L'hyene 



Hysena 



crocuta (race spelcea). II est curieux que Thyene des ca- chiens, n'a jamais cause d'infection mortelle. L'injection 



vernes d'Europe soit Thyene tachetee de TAfrique australe 



dans le peritoine a seule pu donner aux animaux, une 



qui ne depasse pas le 17« degre de latitude nord, et non maladie dont le degre de virulence provoque des troubles 
pas Thyene rayee d'Algerie. generaux pendant quelques jours ou entraine la mort en 

' quelques heures. De fortes injections faites sur de jeunes 

pores, et dans le peritoine, n'ont rien produit, pas meme 

les taches rosees que fait voir le chien inocule. L'immunite 

Sur un Sire nouveau, lo Bacterioidomonas ondulans. I du pore est interessante a cause des immondices dont il 



* 



Note de M. J. Kunstler. 



grosse 



qui serait pourvue d'un noyau et ne presenterait pas de 
stade immobile. On le rencontre dans Tintestin du rat 



sporifera 



forme 



se repait, et qui Texposeraient plus facilement a la conta- 
gion. Le microbe typhique n'est pas a redouter tant qu'il 
vit dans le sang ; mais cultive en dehors de Torganisme 
et dans un milieu favorable, il devient virulent pour le 
cobaye etle lapin. II se montre sous la forme d'un baton- 
net oscillant sur place sans progresser. Arrondi aux 
extremites, il a, en moyenne, une longueur de mm ,00245 
et un diametre de mm ,00049. Dans le peritoine du cobaye 
._ _ et du lapin, il donne naissance a des individus sem- 
en contournant les corps etrangers. Sa reproduction a lieu blab]eg; plus gr0Si atteignant en longueur 0™, 00318 et 
par un phenomene de sporulation endogene. Les spores diametre mns ,00072. Dans le peritoine du chien ils 

s'allongent davantage, et ont Taspect de longs filaments 

. tres fins, remplis de spores. L'ensemencement de cette 

imbibition. Au centre de sa substance periphenque, on | derni6re forme ram6ne au batonnet des cultures. 

distingue un noyau 



ments ondulatoires assez lents. II se meut assez rapide- 



grace 



spirillum 



Bacterioidomoyias ondulans 



* 



Passage des microbes pathogenes de la mdre au 



foetus. 



Note de M. Koubassof. 



En examinant des coupes faites a Taide du microtome, 








76 



LE NATURALISTE 





SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENIER ET GODRON 

Par G. ROUY 

(Descriptions des plantes signalees en France et en Corse depuis 1855) 

(Suite) 

Thlaspi Occitanicum Jordan Observations sur 
plusieurs plantes nouvelles, rares ou critiques de la 
France, frag. 3, p. 12, pi. 1 bis, fig. A, 1-11; Diagnoses, 
p. 260 ; Grenier et Godron Fl. de France, I, p. 145 {Observ.); 



Montpellier 



n 



Wulf 



generalement simple. 
feres (4-15 centim.), 



Plante bisannuelle, a racine 
Tiges courtes, me*me les fructi- 
epaisses, rameuses plus ou moins 



teintees de rouge ainsi que les feuilles. Feuilles glauques, 
les radicales o vales ou obovees, sinuies ou creneUes- 
denties, petiolees, a petiole plus long que le limbe, les 
.caulinaires larges, courtes, les inferieures oblongues, 



obtuses 



moyennes 



acuminees, largement auriculees ou amplexicaules , 
decroissantes de la base au sommet, les superieures lar- 
gement auriculees, oblongues-acuminees. Fleurs petites; 
sepales elliptiques, roses ou violaces ; petales oblongs, 
legerement tronques au sommet et contractus en onglet 
a la base, blancs, environ une fois plus longs que les 
sepales ; etamines exsertes a antheres obovales, lilacees, 



pales. Grappe ft 



relativement dense, ovale, 



elliptique ou oblongue dans son pourtour ; a pedicelles 
etales a angle droit, quelques-uns igalant la longueur de 
lasilicule, mais la plupart plus courts qu'elle. Silicules 
larges, ovales, parfois suborbiculaires, ± attenuees a la 
base, cordiformes et tres largement ailees au sommet, 
a lobes ovales, obtus, peu ecartes, a echancrure aigue 
egalant au plus le quart de la silicule; style de la lon- 
gueur des lobes ou plus courts (dans la silicule mure) ne 
les depassant que rarement; graines grosses, ovales, 
rousses ou brunatres, quatre dans chaque loge. — Avril- 



mai. 



Hab. 



Champs 



cdteaux calcaires au 
mides des terrains sc 



(Tueskiewicz) ; rochers hu- 
Valleraugues (herb. R., 



Anthouard). — Heraclt : La Se"ranne pres Ganges (A. Jor- 
dan) ; rochers pres Lodeve, sur le Larzac au Cros (Au- 
bouy) ; les Cambrettes (Loret) ; Lamalou (Loret ; herb. 
R., Neyra). 

Plante bien reconnaissable a ses tiges courtes, ses 
feuilles glauques sensiblement plus dentees que dans les 
formes tirees du Th. alpestre L., les caulinaires larges et 
largement auriculees, ses grappes fructiferes courtes et 
serrees, a silicules tres largement ailees, toutes ou la 
plupart plus longues que les pedicelles, etc. 



VIOLARIEES DC. 



Viola Cryana Gillot in Bulletin de la SociStS bota- 



j phinoise, fasc. VI; Violette de Cry Ravin Flore de V Tonne, 
ed. 2, p. 71; Viola Rothomagensis Desf. var. glabra 
Th. Royer(e^ litt.) — Exsicc. Soc. Dauphinoise, n° 1977. 

La description de cette plante, pour nous sous-espece 
du Viola Rothomagensis Desf., a ete minutieusement 
etablie par M. Gillot {loc. cit.); nous ne saurions mieux 
faire que de la reproduire ici, en soulignant les caracteres 
qui distinguent ce Viola du V. Rothomagensis. 

Pedoncules droits, d6passant longuement les feuilles, 
d'abord dresses, puis etales a angle droit. Bracteoles tres 
petites, triangulaires, lanceolees,#Z#c<?'£S au niveau mime 
de la courbure du pedoncule. Sepales etroitement lan- 
ceoles, aigus, entiers, non ailes, a appendices courts. 
Fleurs grandes d'un beau violet. Petales deux a trois fois 

a 

plus longs que les sepales : les deux superieurs ovales- 
oblongs, obtus, contigus seulement a leur partie infe- 
rieure, puis ecartes; les lateraux plus courts, etales, 
oboves, a bord inferieur obliquement tronque, munis au- 
dessus de Fonglet d'une touffe de poils blanchatres ou 
violaces, et parfois de quelques stries tres courtes et d'un 
violet fonce; Vinferieur largement triangulaire, peu ou 
pas tmargind, a onglet jaunatre legerement barbu et 
marque d'une tache jaune plus foncee avec cinq stries 
violettes tres distinctes, parfois rameuses. Eperon d'un 
violet fonce, gros, obtus, depassant les sdpales de la 
longueur des sepales meme. Antheres a loges paralleles, 
a appendice d'un jaune fonce, larges, d'une hauteur 
presque egale a celle de Tanthere. Style presque droit, a 
stigmate urceole, en massue, aussi long que le style lui- 
meme. Capsule arrondie, tres obtuse, a c6tes peu sail- 
lantes. Graines assez grosses, ovales-oblongues, d'un 
jaune sale, lisses, au nombre de 10-12 graines fertiles par 
capsule, avec d'aulres graines avortees en nombre va- 
riable. Feuilles inferieures petites, echancrees en coeur a 
la base, arrondies ou brievement ovales, tres obtuses, les 
superieures plus allongees, ovales, toutes crenelees, d'un 
vert fonce et trds luisant burtout a la face supdrieure ; 
nervures violacees 9 tres glabres. Stipules profondement 
decoupees en 3-7 lobes, le median plus grand, foliace, 
obtua, tres entier; les lateraux lineaires, plus nombreux 
sur le c6te externe de la stipule, progressivement decrois- 
sants vers la base, et plus ou moins recourbes en faux. 
Stipules decroissantes vers le bas de plante et reduites a 
2-4 lobes tres etroits; toutes tres glabres. Racine oblique, 
tres longuement fibreuses, perennantes, emettant un plus 
ou moins grand nombre de tiges, a apparence cespiteuse 
chez les individus developpes. Tiges parfois denudees a 
la base, couchees, longues de 3 6 centim., phis rarement 
allongdes de 10-15 centim., peu rameuses y anguleuses, 
violacees et trds glabres. — Juin-juillet. 

Hab. — Yonne : Entre Nuits-sous-Ravidre et Cry; 
cdteaux calcaires le long du canal de Bourgogne, sur 
le Lary blanc (Ch. Royer; herb. R., Gillot). 



XXV 






POLYGALEES Juss. 
Polygala Gariouiana Jordan et Fourreau ap 




LE NATURALISTE 



77 



J. B. Verlot Catalogue raisonnS des plantes vasculaires 



die Dauphine, p. 392. 



Plante vivace, a souche subli- 



gneuse, rameuse, emettant des tiges de 2-3 ceniim., dres- 
s6es> peu ou point flexueuses, glabres. Feuilles laneeolees 



ou lineaires-oblongues, obtusiuscules, glabres, d'un vert, 
gai. Fleurs grandes, en grappes terminates denses> 
subunilattrales, s'allongeant beaucoup au fur et a me- 
sure de l'anthese et atteignant parfois jusqu'a 15 centim., 
mats restant toujours foumies et ne devenant jamais 
laches comme dans le P. rosea Desf. BracUes lanc&olees- 
acuminees, la mddiane une fois plus lon&ue aue le pedi- 



visiblement 



sommet 



chevelue, les deux laterales environ de la longueur du 
pedicelle. Ailes grandes (8-10 millim.), elliptiques, atte- 
nuees a la base et au sommet, acutiuscules , 3-5 nervees 9 
a nervures rdunies au sommet par 2-4 veines en arcade \ 
nerviiles a anastomoses nombreuses ; corolle a peine 
exserte. Capsule subsessile, un peu plus longue que 
large, obcordee, etroitement bordee, egalant environ la 
moitid de la longueur des ailes et plus Stroites qu'elles, 
a lobes de l'echanerure peu ecartes. — Juin-juillet. 



Hab. 
riod). 



Alpes 



{herb. R., Ga- 



geographique 



Piemont 



des Alpes de Salces {herb. R., Rostan, comme P. comosa 
Schk?); Russie : Caucase; Schalbus-Dagh (herb. R., Bec- 
ker, comme P. vulgaris L. var. hybrida Trauttv.) ; (etc. ?) 
Parmi les plantes de la flore francaise, ce Polygala est 
a classer a c6te des P. rosea Desf. et P. vulgaris L. II se 
separe du P. rosea par ses grappes plus denses, subuni- 
laterales, ses bractees relativement courtes, la mediane 
depassant pen le bouton avant l'anthese et rendant la 
grappe moins chevelue, ses fleurs un peu plus petites, a 
nervures des ailes moins anastomosees au sommet, et la 
capsule de forme differente. — II s'ecarte du P. vulgaris 
par ses bractees relativement longues, plus etroites, la 
moyenne rendant la grappe chevelue avant l'anthese, ses 
fleurs plus grandes a nervures des ailes nombreuses et 
plus abondamment anastomosees au sommet, et la cap- 
sule depassant a peine la moitie de la longueur des ailes. 

(A suivre.) 



DES VARIATIONS 

DANS LtPOQUE D'APPARITJONS DES ilPIDOPTMS 

Par Paul DELORIME. 

Les livres d'entomologie comportent generalement dans 
la partie qui s'occupe des papillons, a la suite de la des- 
cription de chaque espece, la date d'apparition de Tinsecte 
parfait. Or on remarque facilement avec un peu d'obser- 
vation que cette date varie suivant trois causes : la diffe- 
rence de climat entre deux pays, la difference de climat 
entre deux localites d'un memo pays, la difference de 
climat entre deux annees dans un meme endroiL 



Bien que ces faits soient connus de la majorite des 
entomologistes, je rapporterai pourtant ici quelques faits 
acquis par mon experience personnelle : quceque omnia 
vidi. 

II m'a ete permis de pouvoir observer les deux climats 
extremes de la France, le climat vosgien et le climat de 
Menton, le plus chaud de France. Or, depuis trois hivers, 
a Menton mes observations m'ont prouve que certaines 
especes hibemaient ou ne disparaissaient que pendant 
quinze jours a un mois. Ces observations ont porte sur les 
especes suivantes : papilio podalirius, milieu de mars; 
pier is brassier, rap&, napi, ou les trois plus communs 
lepidopteres, les papillons blancs du chou. Ces especes 
sont moins communes a Menton que dans le Nord, ce qui 
se comprend facilement par l'absence, ou par la petite 
quantite de legumineuses qui croissent a Menton. Elles 
ont continuellement paru jusqu'en fin-decembre, pour 
reparaitre des les premiers jours de fevrier. 

Le co lias edusa et sa varie te helice paraissent de fe- 
vrier aux premiers jours de mars et j'en ai vu en decembre. 

Le rhodocera rhamni passe Thiver, le Cleopatra a 
paru deux ans au commencement de mars. 

La vanessa urticce, la vanessa io, la vanessa cardui 
en trois hivers n'ont cesse de paraitre que certains jours 
de neige et de froid exceptionnel. 

La melitoea artemis et Yathalia ont paru deux annees 
sur trois en fevrier ou premiers jours de mars. 

Comme on le voit, mes observations ont porte sur des 
especes communes, et des especes diurnes, que par con- 
sequent je pouvais observer en chacune de mes prome- 
nades aux environs et qui avaient frappe mon attention 
dans Test de la France. 

A Nancy, mes observations anterieures me donnent 
comme moyennes d'apparition pour les especes ci-dessus : 
papilio podalirius fin avril commencement de mai. 

Les pieris, fin fevrier exceptionnellement, d'habitude 
en mars; colias edusa et hyale 9 fin avril jusqu'en oc- 
tobre ; rhodocera rhamni, fin fevrier ; vanessa io, fin 
fevrier; vanessa urtica*,, fin fevrier-mars ; vanessa cardui y 
je ne l'ai jamais remarquee avant le mois de mai; mais je 
l'ai souvent vue prolonger son apparition jusqu'en fin 
octobre; de la je me crois en droit de conclure que les 
insectes de cette espece trouves en Janvier et en fevrier a 
Menton sont des individus hibernants. 
I Nous ferons concorder ces dates d'apparition des lepi- 
dopteres avec quelques dates de floraison de plantes 
communes aux deux pays des Vosges et des Alpes-Mari- 

times. 
Nous empruntons les renseignements sur les Vosges a 

M. X. Thiriat, notre honorable collegue de la Societe 

d'Emulation des Vosges, et a son excellente monographie 

de la vallee de Cleuric (1), pres Gerardmer, qu'il a bien 

voulu nous envoyer. La temperature moyenne de Tannee 

en cet endroit est de 7 Q ,90 cenligrades. La moyenne de 

Menton est de 17%6. — Or dans les Vosges nous trouvons 

les dates de floraison suivantes : 



(1) Xavier Thiriat, la valine do Cleuric Mirecourt, 1869. 




^i. 



Anemone Sylvie, premieres fleurs 15 fevrier, en pleine | ch era parfois vainement autre part en decembre et Janvier : 

* 





LE NATURALISTE 



Violette, 20 mars. 



Primevere des prairies, 25 mars. 
Floraison des cerisiers, 7-25 avril. 

des pommiers, 6-30 mai. 

des pruniers, 30 avril, 15 mai. 



Menton est egalement un peu en avant sur Nice, moins 
protege des vents froids et du mistral. 

J'ai pu constater la meme chose & differentes epoques et 
endroits des Vosges : aux environs de Nancy on trouve 
bien plus longtemps la cheimatobia brumata que dans 
les environs d'Epinal, oil le gres vosgien est moins facile- 



A Menton nous avons trouve rarement des anemones ment echauffe que le calcaire nanceien : dans un rayon 

avant le 15 fevrier, les premieres viennent au commence- parfois de deux ou trois kilometres, Fapparition des lepi- 

ment de ce mois, elles sont en pleine floraison en mars, dopteres peut subir une difference de plusieurs jours, et 

En revanche les violettes fleurissent presque toute J meme de semaine. 

l'annee; j'en ai rencontre en assez grand nombre vers le La temperature annuelle en un meme endroit a aussi 

3 ou 4 Janvier 1885. Au-dessus des Gorbio, elles sont en une influence considerable sur l'epoque d'apparition des 

pleine floraison en fevrier et finissent totalement au mi- lepidopteres. En 1878-79, hiver excessivement rigoureux, 

lieu de mars ; le D r Bonnet donne fin decembre comme le les pieris et rhodocera ne se sont montres qu'en fin 



commencement de l'epoque de floraison (1). 

La primevere se rencontre aussi toute l'annee ; vers le 



fevrier, aux premiers jours de mars a Nancy. 

L'annee suivante, au meme endroit, le rhodocera 



20 decembre on m'en a rapporte du sommet de l'aiguille I rhamni 
a 1 240 metres au-dessus du niveau de la mer. 



28 



hiverne 



Les narcisses fleurissent en fin Janvier. 



A Noel, la bruyere ordinaire {calluna vulgaris) est en- se rencontrer. 



— — — * 

En 1881, des le 6 ou 7 fevrier, les memes especes ont pu 



habitude 



dans 



Cette comparaison entre des plantes communes dans 

que n'importe quelle 



toute la 



mieux 



thermometriqu 



deux positions oil je me suis trouve place pour observer 
^influence du climat sur l'epoque d'apparition des in- 
sectes. 

Mais ce n'est pas seulement dans deux endroits aussi 
eloignes Tun de l'autre que les Vosges et Menton que Ton 
rencontre des differences aussi sensibles dans les epoques 
d'apparition des lepidopteres. Certains endroits dans un 
rayon de quelques kilometres a peine sont plus favorises 
que les autres : Ja marche d'apparition des lepidopteres 
varie toujours comme la marche de floraison de certaines 
plantes. Et chaque botaniste a remarque qu'une meme 
plante fleurissait plus ou moins t6t suivant les localites et 
leur exposition. La meme chose peut s'observer sur les 
lepidopteres : ainsi nous remarquerons que partout ou Ton 
trouve des coteauxcrayeux exposes au midi, et que chauffe 
fortement le soleil, le sol avoisinant s'echauffe par rever- 
beration et dans cette espece de serre, ou de couche, la 
vegetation s'avance rapidement au printemps. Ainsi, par 
exemple, allons pres de Menton, a Grimaldi, pres du pont 
Saint-Louis, nous y constaterons avec une temperature 
plus elevee, la presence de fleurs precoces ou de fruits 
tropicaux qui ne murissent pas autre part sur le littoral 



Nous remarquerons egalement que les lepidopteres ne 
sont pas les seuls insectes qui ont une epoque a peu pres 
determinee d'apparition : les enfants savent parfaitement 
qu'ils ne trouveront pas de hannetons avant la fin d'avril 
ni apres juin. Certaines especes ont a peine un mois d'ap- 
parition. Seulement les livres d'entomologie sont beau- 
coup moins precis a cet egard que pour les lepidopteres, 
ce qui est du reste regrettable mais c'est encore une 
lacune a combler. Axissi en parlant de lepidopteres, je ne 
peux ajouter la meme chose de plusieurs especes d'in- 
sectes ; mais les papillons sont des etres delicats et fra- 
giles, qu'une gelee fait perir : ensuite la dimension, et le 
vol diurne des especes precitees permet de les apercevoir 
et de les observer facilement. 

Je dois egalement faire remarquer que, avec la tempe- 
rature, certaines especes peuvent prolonger leur appari- 
tion ; en 1882, j'ai trouve des machaon en fin septembre ; 
et des podalirius bien qu'en moins grande quantite. 

Maintenant que ces faits sont etablis, on va me deman- 
der : tout cela est fort bien, mais a quoi cela sert-il? et en 
effet, si par deductions nous ne pouvions tirer de ces faits 
quelques conclusions sur la physiologie des lepidopteres, 
le profit de nos observations serait bien minime. 

Mais nous "remarquons constamment que les lepidop- 
teres n'apparaissent pas des les premiers jours de soleil, 
mais apres un certain temps, comme s'ils avaient besoin 
d'emmagasiner une certaine somme de calorique ; et cette 



mediterraneen. De meme dans la montagne, au mont somme est plus ou moins vite atteinte dans certains en- 
Aiguille, au mont Agel, a Gorbio aux elevations de 1300, droits et certaines annees ; cette somme, du reste, varie 



300 
decembre a c6te d'une couche de neige relativement assez 



suivant les especes, mais doit resterapeu de chose pres 

Q 



epaisse.Lavalleede Gorbio est generalement en avancesur se donner la peine de comparer les donnees thermome- 
la vallee de Turin plus ombragee et moins rocheuse. II en triques, il pourra a peu de chose pres prevoir l'epoque 
est de meme pour les lepidopteres : a Grimaldi, a Gorbio, d'apparition des especes communes : de plus, nous remar- 
on voit toujours voltiger la va?iessa cardui, qu'on cher- | querons qu'en ete cette somme de calorique est plus vite 

atteinte qu'en hiver; aussi, telle espece reste-t-elle six 
(l) La MMiterran&s, la rivifere de Genes et Menton. Paris, 1880. I mois d'hiver en chrysalide, tandis qu'en ete il lui suffit de 





LE NATURALISTE 



79 



quinze jours pour se developper et mtaie, si un mois d'ete 
a ete pluvieux et froid, on peut remarquer un leger retard 
dans Fapparition des lepidopteres chrysalides en ce mois. 

De meme, en conservant des chrysalides dans une 
chambre chauffee, on hate l'eclosion, que l'on peutretar- 
der pendant plusieurs annees, en faisant Foperation con- 
tra ire, et en refroidissant les chrysalides : on sait que les 
chrysalides peuvent supporter un froid tres vif, il m'est 
arrive de faire completement geler six chrysalides dont 
quatre sont parfaitement ecloses. Les oeufs des lepidop- 
teres sont egalement dans le meme cas. 

La culture des lepidopteres pourrait done a la ri- 
gueur s'operer comme celle des plantes, et on obtiendrait 
peut-etre dans des serres l'eclosion d'especes exotiques 
tropicales : ce serai t done un moyen d'observer les inceurs 
curieuses de certaines especes exotiques a l'etat de che- 
nilles et de plus d'obtenir des exemplaires de premiere 
fraicheur : peut-etre egalement ce systeme arriverait-il a 
faire mettre au rang de varietes un certain nombre d'es- 
peces actuelles, comme on l'a fait pour certaines especes 
europeennes depuis qu'on connait leur chenille. Ces 
observations permettraient peut-etre aussi d'observer les 
variations subies par les lepidopteres, variations qui 
semblent rapides dans cet ordre ; ce que Darwin a fait 
pour les pigeons a Fetat domestique, un naturaliste pour- 
rait le faire pour les lepidopteres ; la theorie de revolution 
ytrouverait probablement un appui de plus; et en tout 
cas ses adversaires ne pourraient y rencontrer qu'un 
argument en leur faveur. Les deux theories n'ont done 
qu'a gagner a cet essai. 

Nous constatons done que les lepidopteres et generale- 
ment les insectes ont besoin pour achever leurs meta- 
morphoses d'une certaine somme de chaleur, absolument 
comme Fincubation chez les oiseaux : cette chaleur etant 
fournie directement par le soleil, varie essentiellement 
suivant les pays, les annees, l'exposition : peut-etre en 
observant arriverait-on a conclure un rapport entre la 
somme de chaleur necessaire a l'eclosion du papillon, et 
celle necessaire au developpement de la plante dont se 
nourrit Finsecte : la nature prevoyante n'a pas du agir de 
maniere a empecher Fanimal de trouver sa nourriture, 
ni de maniere a repandre trop le nombre des animaux qui 
vivent d'une plante avant la floraison de cette plante : et 
comme la vie du papillon a Fetat parfait estcourte, comme 
Tinsecte doit deposer ses oeufs a proximite de la nourri- 
ture necessaire a sa progeniture, Tinsecte parfait ne doit 



n mai et aout, sur la corouille qui fleurit fin mai et juin ; 
colzas edusa, de mai a septembre, sur les trefles ; thecla 
betulx, aout et septembre, sur le bouleau ; remarquons 
que ces raisons cessent d'exister pour des arbres et des 
plantes vivaces ; nemeobius lucina, mai, aout, sur la pri- 
mevere ; les apatura, en juin et juillet, sur les peupliers ; 
vanessa levana, mai et juillet, sur l'ortie ; vanessa to, 
tout Fete, sur l'ortie; les melit&a, mai et juin, sur les 
violettes, plantains, scabieuses deja fleuries. 

Evidemment des plantes communes peuvent plus inipu- 
nement etre sans cesse exposees aux attaques des che- 
nilles ; d'abord la floraison de ces especes s'effectue par- 
fois pendant un temps fort long presque toute la belle 
saison : et encore parfois les chenilles sont-elles en assez 
grand nombre pour detruire une grande partie des 
plantes d'une espece sur une assez large etendue de ter- 
rain. 

En resume, comme toute chose dans la nature, la meta- 
morphose de la chrysalide est soumise a des lois qui 
reglementent la propagation de Fespece; ces lois nous 
sont encore inconnues, et je ne fais ici que signaler le 
point a chercher, et les probabilites qui dirigent ces lois. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



M. Flot vient de trouver a Montmorency, dans la couche 
a Ostrea cyathula le bassin d'un Halitherium Schenzi. 
G'est le premier qu'on trouve en France. Ce bassin pre- 
sente un iliaque, un ischion et un pubis bien caracterises, 
avec une cavite cotyloide nettement indiquee. Malgre les 
recherches qu'il a faites, M. Flot n'a pu decouvrir les femurs 
rudimentaires qui existent dans Fexemplaire de Darmstadt 
et dont la cavite cotyloide indique Texistence. Grace a ce 
bassin, on peut rattacher facilement les Sireniens actuels 
aux Mammiferes a 4 membres au moyen de formes de tran- 
sition dont Y Halitherium, avec ses membres posterieurs 
rudimentaires, est la premiere et dont la seconde serait 
representee par un Sirenien a 4 membres bien conformes; 
malheureusement , cette derniere forme est encore a 
trouver. 

* 

M. Virlet d'Aoust reprend, a la Societe geologique de 



arriver que peu de temps avant la floraison de la plante France, l'examen des differentes causes qui determinent 
dont sa chenille se nourrit sinon apres, ou au moment du I les tremblements de terre. 



plus grand developpement. 



1° En ce qui concerne ceux d'origine volcanique, il 



Et en effet, parmi les especes citees plus haut, et les J observe qu'ils en trainent la consequence de l'independance 

esp&ces precoces, toutes vivent sur des arbres, que l'hiver I des volcans, car, s'ils communiquaient entre eux, il n'y 

ne detruit pas ou sur des herbes vivaces : prenons quel- J aurait, le plus souvent, ni secousses, ni eruptions, mais 

ques exemples : I simplement diffusion des gaz, a travers la masse fluide 

Papilio podalirius parait en mai, juillet, aout, sur le I generale. 



prunellier, le pecher, Famandier dont la floraison est finie ; 



2° Les immenses affaissements qui, dans les anciens 



leuconea cratoegi, juin, juillet, surle prunellier, aubepine temps geologiques, ont amene les dislocations de Fecorce 
arbres fruitiers; les differentes pieris, sur les cruciferes du globe, ayant produit un retrait de pres d'un kilometre 
qui restent tout Fhiver etant bisannuelles ; colzas hyale, » et demi dans le rayon terrestre, prouvent que si les trem- 



80 



LE NATURALISTE 




blements de terre, dus au refroidissement, sont aujour- i dandy des Malgaches. On eleve ces insectes surle Cytisus 



d'hui tres rares, ils ont ete autrefois tres frequents et tres 

considerables. 
3 a Au sujet de son hypothese des eboulements, loin 

d'etre la cause de la plupart des secousses, comme le 



cajanus, le Tapia edulis, le Goyavier et quelques autres 
vegetaux. Une autre espece, le Satumia suraka, est 
utilisee et elevee par les naturels de File. La soie en est 
plus grossiere, et on la mele au coton pour la confec- 



supposent bien des personnes etrangeres & la science, I tion d'une etoffe appreciee qu'ils nomment Lambarana. 

M. Virlet d'Aoust dit, au contraire, qu'aucun fait n'a I Mais, comme il est dit plus haut, le Borocera est, sans 

encore ete signale qui puisse etre incontestablement contredit, le sericigene par excellence du pays. Les 

attribue a cette cause. I cocons recueillis, les Malgaches les font bouillir dans 



4° Quant a son hypothese dlectro-seismique, il rappelle 
quelques faits de Madagascar, du Japon, etc., lui parais- 
sant venir a Pappui de cette opinion. A regard de ceux 



qu'il 



tremblements de terre partiels, 



c'est-a-dire qui n'affectent que certaines couches, la Saxe, 
le Mexique ont fourni des faits n'ayant affecte que les 



que 



fourni c 
rieures. 



que les couches supe- 



indiqu 



de l'eau melee de cendres, pour les debarrasser de leur 
enduit gommeux et de nombreux piquants, qui ne sont pas 
sans offrir quelque danger pour la mise en oeuvre. Ensuite, 
ils les fixent auxparois de leurs cases, en plein soleil; 
apres quoi, il ne reste plus qu'a proceder au filage et au 
tissage. Ces deux operations se pratiquentd'unefacon tout 
a fait primitive. Bien qu'obtenues par des procedes aussi 
elementaires, les soieries de Borocera sont fort estimees, 

Le R. P. Camboue pense qu'il y 
aurait peut-etre interet a tenter Televage de ces bomby- 



meme 



verification qu'il croit possible de tenter en grand a la ciens dans la region mediterraneenne et dans nos colonies. 



surface meme du sol, ou en petit dans le Iaboratoire. 



Toutefois, apres avoir fait valoir eioquemment les qua- 



Enfinil termine par Pexamen d'une nouvelle theoriedes | lites de la soie en question, le P. Camboue avoue que le 
tremblements de terre et des eruptions volcaniques, baseej 



mori 



sur les depressions atmospheriques, recemment soumise | annees eleve a Madagascar, et que le produit qu'il fournit 

est prefere, meme des indigenes, a celui du Borocera. Le 



dire 



mot 



1. Laur, ce qm 1 a amene a 
des secheSj attribue a la 



mori 



meme cause; or, comme il a eu occasion d'etudier ce 
phenomene au Mexique, il lui a attribue pour cause Taction 
des trombes d'alr tres frequentes dans cette region. 



annuelles 



* * 



« 



OFFRES ET DEMANDES 



A la derniere seance de la Societe entomologique de I Nous venons de recevoir Procerus Syriacus, que 
France il a ete decide qu'une excursion serait faite le I nous cederons aux amateurs au prix de 8 francs piece, et 
17 mai prochain a Bouray, tous entomologistes peuvent y | de 15 francs la paire. 
prendre part. Depart de la gare d'Orleans le matin par les 
trains de 6 h. 45, 7 h. 50 et 10 h. 15 en prenant des billets 
aller et retour pour Bouray. 



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Belle collection d'hymenopteres europeens provenant 
des dernieres chasses, comprenant 300 especes et 
Rendez-vous a la station de Bouray a l'arrivee du train I 600 exemplaires environ, bien determines. Prix 120 francs. 



de 7 h. 50. 
On se rendra par groupes, en chassant, de Bouray a 



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160 volumes, depen- 



Lardy en suivant les coteaux a la droite du chemin de fer dant de la SUCC ession de Mme Renee Lenormand, de Saint- 



en venant de Paris. Un simple repas sera prepare a 6 h. 30 

du soir a Lardy pour les excursionnistes. Ceux qui vou- 

dront y prendre part devront se faire inscrire al'avance a I Aunay-sur-Odon (Calvados). 

Bouray. Comme on ne trouve meme pas d'eau apres avoir 

quitte la gare de Bouray, on recommande a chacun de se 



Germain-de-Tallevende pres Vire (Calvados). 
S'adresser a M. Martial Renault, geometre-expert a 



munir de tout ce qu'il lui faut pour dejeuner. 

Retour le soir par les trains de 4 h. 40, 6 h. 18, 7 h. 10 
et 9 h. 15 de Lardy. 



M. K. L. Bramson, professeur au gymnase a Ekaleri- 
noslaw (Russie) offre des Coleopteres de la Turcomanie, 
Siberie et du Caucase en echange de Lamellicornes et sur- 
tout de Cetoines exotiques. 






La section d'entomologie de la Societe nationale d'Accli- Collection de 15 especes de poissons de France, parfai- 



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travail sur les Attaciens sericigenes de Madagascar, du au Nous pouvons disposer en ce moment de Carabus 



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hispanus vivants au prix de 2 francs piece. 



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les plus importantes, au point de vue utilitaire, est le 



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Madagascariensis 



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Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 







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Awtfe. 



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I I 



er 



Jain 1885. si 





JOURNAL 



DES 



ECHANGES 



ET DES NOUVELLES 



Paraissant le 1" et le 15 de chaque mois 



_ | I,A 



ADKESSER TOUT CE QUI CONCERNE 

LA REDACTION ET L'ADMINISTRATION 

Au bureau du journal 

RUE DE LA MONNAIE, 23 



PARIS 



J ABONNEMENT ANNUEL : 

Payable d'avance en un mandat-posto a l'ordre du Directeur. 

France et Algerie 6 fr. 

Pays compris dans l'Union postale. ... 7 fr. 
Tous les a utres pays 8 fr. 

(Affranchlssement compris) 



* 

M 



EMILE DEYROLLE 



DIRECTEUR 



PAUL GROULT 

Secretaire de la Hedacticm 



LES ABONNEMENTS PARTEM DU l cr JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



ial LE NATURALISTE est rinterm6diaire offlcieux de tous le3 amateurs cThistoire naturelle; i 
gratuitement toute demande d^change et de renseignements scientifique3 6manant de ses Abonn6s. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SJANCI. II 9 FLVRIER 1885. 

(Suite) 

Influence de la lumiere sur la vegetation et les pro- 
prieUs pathogenies du Bacillus anthracis. — Note de 
M. S. Arloing. 

Les experiences ont ele faites dans une chambre obscure, 
a la lumiere de fortes lampes a gaz, a double courant d'air. 
L'n faisceau lumineux de m ,02 de diametre etait recueilli 
par des lentilles de trois dioptries et lance sur les ballons 
a culture, des ecrans colores retenaient les rayons qu'on 
voulait eliminer. Les rayons jaunes etaient obtenus par 
une flamme au chlorure de sodium avec un ecran au 
bichromate de potasse. En resume, l'absence ou la pre- 
sence de la lumiere artificielle blanche ou coloree n'im- 
prime pas de differences profondes a la vegetation du 
'bacillus anthracis ; cependant, la sporulation est plus 
rapide et plus abondante a Pobscurite et dans les rayons 
les moins refrangibles du spectre. Quant aux proprietes 
pathoiiones, elles resteraient intacles sous les rayons calo- 
rifiques et seraient plutot accrues qu'amoindries sous les 
rayons actiniques. 



nbondante a la face plantaire qua la face dorsale. De 
injections faites sur trois sujets differents, ont donne le 
meme resultat, ce qui exclut toute idee d'anomalie. Les 
veines planlaires, au lieu d'etre petiles et insignifiantes, 
sont au conlraire importantes ; et meme, au point (Je vue 
de la quantite, on peut dire que leur ensemble forme au 
moins les deux tiers des veines superficielles du pied. < >n 
peut comprendre comment une erreur semblable a pu se 
repeter si longtemps en enlevant la peau de la face plan- 
taire. Les vaisseaux situes a la face profonde du derme 
ont emprisonnes dans une sorte de membrane tibreuse, 
limitant leur extension ; or on enleve cette couche vascu- 
lare avec la peau ; par son aspect, elle se confond avoc 
les trabecules fibreuses qui Tenvironnent, car ees veines 
ont des parois epaisses, legerement blanchntres. 






Sur Vexistenee de Mollasques pulmones terrestres 



* 



Sur la circulation veineuse du pied 
M. P. Bourceret. 



Note de 



. . « 



Grace a un procede nouveau d 'injection des veines, et 
de son invention, M. Bourceret d6montre que contraire- 
rement a la maniere de voir des auleurs classiques en 
cette matiere, la circulation veineuse du pied est bien plus 



dans le terrain permien de Sadne-et- Loire. — Note de 
M. P. Fischer. 

Dans une couche marneuse a vegelaux ( Ualc/tia, Odon 
topteris, Callipteris obliqua), de Chambois pivs Autun, 
M. B. Renault a decouvert une empreinte de coquille qui 
appartient a la famille des Pupidoe. M. Fischer nomme 
cette espece, Dendropupa Walchiarum. La coquille est 
imperforee, allongee, cylindro-conique; il y a sept tours de 
spire, un peu convexes, a costulations rayonnan'es, 
assez fortes, saillantes, obliques ; le dernier tour n'a pas 
la moitie de la longueur totale ; le sommet est aigu, la 
suture est bien marquee, et Pouverture n'est visible qu'en 
partie. La longueur est 12 millim., et la largeur 1 millim. 
Les mollusques pulmones terrestres de Pepoque permo- 
carbonifere ne sont jusqiVa present qu'au nombre de huit. 






^ 






82 



LE NATURALISTE 



Cette rarete tient-elle a la nature de la vegetation domi- 



© 



nante a cette epoque (Fougeres et Phanerogames gymno- 
spermes), ou a la nature des continents sans grands reliefs 
et a vastes plages inondees, transformees en lagunes, 
rendant difficiles les conditions d'existence de ces anirnaux? 






grand nombre de substances, et en particulier du cuivre, 
du manganese et du zinc. Les eaux marines ont agi sur 
ces roches et ont dissous des proportions sensibles de ces 
trois metaux. Ces substances etaient notablement plus 
abondantes dans les dep6ts des mers anciennes et surtout 
de celles qui ont direotement detruit et triture les roches 
de formation primordiale, puisque les depots d'une mer 



Sur an notweau mode de transmission du Mildew sont d'autant plus remanies et laves, et par suite d'autant 



de la Vigne. — Note de M. Frechou. 

Lorsqu'on cueille avant leur chute, des feuilles malades 
et qu'on les'conserve a Fabri d'une trop grande humidite, 
on constate au bout de cinq ou six mois, sur le pourtour 
des taches causees par le champignon, la production de 
filaments conidiophores et de nombreux bouquets de 
macroconidies, dont les sterigroates longs et dresses en 
faisceaux, s'elevent directement du mycelium. Dans ces 
productions tres variees de formes, le type macroconidien 
est dominant. II s'ensuit qu'un fragment de feuille de 
vigne, seche et preserve par une circonstanee fortuite de 
la pourriture en hiver, peut devenir par suite de condi- 
tions ext6rieures favorables, un veritable foyer d'infection. 



* 



TremUements de terre en Espagne. — Note de M. Mac- 

■ 

pherson. 

M. Macpherson considere qu'il y a etroite intimite entre 
les tremblements de terre qui viennent de desoler FEs- 
pagne, et la structure geologique du pays. D'une facon 
generate le mouvement s'est propage du sud au nord, 
presque perpendiculairement a la chaine Betique et aux 



failles 



meridionale. Les 



failles sud-nord, paralleles a la direction de Febranlement 
doivent accroitre Fintensite du mouvement; les failles 
est-ouest doivent au contraire amortir la propagation en 
faisant Foffice de tampons. C'est ce qui a eu lieu en effet 
dans la partie de FEspagne situee entre la Mediterranee 
et la chaine centrale, lors du tremblement de terre du 
25 decembre. L'ebranlement a ete violent dans la z6ne de 
la chaine littorale, intense dans FAndalousie, et faible 
dans le plateau central. Or ces trois z6nes sont limitees 
par des failles paralleles a la chaine Betique, et dans les 
deux dernieres, les secoussesont ete plus accentuees dans 
le voisinage des faibles transverses. Les faibles oscilla- 
tions du plateau central n'ont pas depasse la chaine car- 
petane et semblent avoir ete completement amorties par 
les grandes failles limitant au sud la chaine de Guada- 
rama. 



SMNCE DU 16 FEVRIER 1885. 

Origine des minerals mdtalliferes existanl antour da 
plateau central, particular ement dans lesCSvennes. 
Note de M. Dieulafait. 



motns 



metalliferes 



tiennent a des epoques plus rapprochees de Fere moderne. 
Autour du plateau central, et surtout dans les Cevennes, 
il existe des depots puissants, formes dans les conditions 
que nous venons d'indiquer, dep6ts de mers normales et 
souvent remplis de fossiles ; ils sont constiluos par des 
argiies et des calcaires appartenant au silurien et au de- 
vonien. Ces terrains ont ete etudies a Faide de 840 echan- 
tillons repartis dans 63 coupes menees a travers toute 
Fepaisseur des terrains depuis Villefort (Lozere) jusqu'a 
Beziers (Herault), et de 88 echantillons de marnes et cal- 
caires, empruntes a toute Fepaisseur du devonien qui 
domine les plateaux au-dessus du Vigan (Gard). II suffit 
souvent de gr. 10 de roche pour faire apparaitre le 
manganese par ses reactions ordinaires; preuve de son 
abondance. 10 grammes de roche suffisent pour recon- 
naitre facilement le cuivre. Le zinc s'est montre nettement 
dans les 428 echantillons, notamment dans ceux des hau- 
teurs du Vigan, et souvent en partant seulement de 
1 gramme de roche. Les depots metalliferes du plateau 
central et des Cevennes peuvent done trouver leur origine 
dans Faction des eaux marines sur les roches primordiales ; 
ils sont plus recents que les terrains qui les supportent 
et plus anciens que ceux qui les recouvrent (les terrains 
secondaires). 



* 



Sur les resullats recueillis par M. Soholoff, concer- 



nant la formation des dunes. 



Note de M. Venukoff 



M. Sokoloff a eludie le mouvement des dunes au nord 
de la mer Caspienne ; le climat y est sec, le sol de meme, 
la vegetation nulle, et les vents les plus faibles peuvent 
transporter le sable a des distances considerables. Par des 
observations faites sur les c6tes de la mer Baltique, il a 
etabli d'abord que : un vent ayant une vitesse par se- 
conde de 4 m ,5 a 6 m ,7 peut transporter des grains de sable 
ayant en diametre 1/4 de millimetre; un vent de ij m ,7 a 
8 m ,4 transporte des grains de sable de 1/2 millimetre; un 
vent de 8 m ,4 a 9 m ,8 des grains de 3/4 de millimetre; un 
vent de 9 m ,8 a ll m ,4 des grains de 1 millimetre; enfin un 
vent de ll m ,4 a 13 metres, des grains de l mm ,5. Si le cou- 
rant d'air a moins de 4 metres de vitesse par seconde, les 
grains de sable restent immobiles; s'il depasse ce chiffre, 
les parcelles les plus fines commencent a glisser et a 
combler les cavites abritees du vent, puis des parcelles 
plus grosses se meuvent a mesure que la vitesse du vent 
augmente. S'il n'y a pas de tourbillon, les grains se trans- 



M. Dieulafait a montre precedemment que les granits, portent dans le sens du vent, les plus petits en haut, les 
les gneiss, elc, contiennent a Fetat de dissemination un l plus gros en bas ; s'il y a tourbillon, ce qui est frequent 









LE NATURALISTE 



83 



dans les dunes formees de collines de 8 a 10 metres de 
hauteur, le deplacement du sable est irregulier ; le calme 
revenu, on observe de nouvelles collines a penle douce 
du cole expose au vent, et abruptes du c6te oppose. Pres 
de la Caspienne, la frequence du changement de direction 
du vent empeche la formation de longues dunes comme 
sur les bords de l'Atlantique. Les c6tes de la Caspienne 
sont decoupees de nombreuses petites baies changeant 
frequemment de forme et de place. Le vent dominant 
dans les steppes de la Russie meridionale sont ceux de 
l'Est, aussi la plus grande partie des sables mouvants se 
repandent duc6tede TEurope. Depuislafin du win 1 siecle, 
les sables ont envahi le Voroneje qui a cesse d'etre navi- 
gable et la ville du meme nom confine a un desert sablon- 
neux et nu ; alors que Pierre-le-Grand construisit une 
flotte qui descendit cette riviere, le bois provenait d'une 
foret tres voisine qui a disparu. II en est de meme du c6te 
de Terek et de TOural. Les sables des c6tes de la Gas- 
pienne gagnent du terrain au point que de 1868 a 1875, 
plus de 20 000 Boukhariens ont du quitter leur pays 
ensable, pour s'installer pres de Samarkand. Dans les 
deserts sablonneux, on a trouve presque partout une 
couche contenant de Teau, a profondeur suffisante, et 
favorisant la consolidation du sable. Dans les deserts de 
FAsie centrale, comme au Sahara, c'est dans les dunes 
sablonneuses qu'on trouve de Teau, au fond de puits de 
profondeur variable, tandis que les steppes roeailleuses 
ou argileuses en sont totalement privees. 



SEANCE DU 2 MARS 1885 

Sur un foetus de Gibbon et son placenta. 
M. I. Deniker. 



Note de 



M. Deniker ayant pu examiner un foetus de Gibbon, 
estime que d'apres sa longueur de m ,20 du vertex a la 
plante des pieds, il devait etre age de 7 a 8 mois; son 
pelage et Texistence d'une membrane entre les 2 c , 3 e et 
l e orteils allant jusqu'a Tarticulation de la l rc avec la 
2° phalange, le rapportent a Tespece Hilobates lar. J. G. 
Saint- Ililaire ou a YH. agilis, F. Cuvier. II a la tete grande ; 
le nez et la bouche ont les traits caracteristiques de 
Tadulte ; les callosites fessieres, de forme ovale, sont bien 
marquees. Les membres thoraciques semblent plus courts 
que chez l'adulte. Le foetus etait attache par un cordon 
long de m ,21 a son placenta simple, forme d'un seul disque, 
oil il n'y a pas traces des areoles si caracteristiques du 
placenta des Singes en general, et qui rappelle la struc- 
ture du placenta uterin de Tespece humaine. On est done 
porte a croire que le placenta des Singes anthropoides est 
simple, constitue par un seul disque, et que les placentas 
doubles ne se rencontrent chez les animaux, qiTa litre 
d'exception, comme dans Tespece humaine et dans 



certains genres de Singes, les Ouistitis (Hapale) par 



exernple. 



* * 



Sur quelques points de la physiologie des muscles 
lisses chez les Invertebres. — Notes de M. IL de Yarigny. 






M. de Varigny conclut de ses recherches, quil n'y a pas 
lieu de seinder la physiologie des muscles en deux chapi- 
tres ; la physiologie generate de Telement contractile est 
une et les differences existant sur certains points [entre 
telle ou telle categorie de muscles n'ont rien d'essentiel : 
elles sont d'ordre secondaire. 






Sur le Bos triceros, Kochebr., et £ inoculation pre- 
ventive de la peripneumonie epizootique par les Maures 
et les Pouls de la Sdnegambie. — Note de M. le D r A. T. 

de Kochebrune. 

La race de boeufs domestiques, propre a la Senegambie, 
parfaitement fixee (Bos triceros) est caracterisee par une 
corne identique aux cornes frontales par sa nature et son 
mode de developpement, et situee sur la region nasale. 
De temps immemorial, les Maures et les Pouls de la Sene- 
gambie ont Thabitude d'inoculer sur leurs troupeaux de 
boeufs, la peripneumonie epizootique, maladie contagieuse 
frequente dans les contrees qu'ils habitent. La pointe d'un 
couteau est trempee dans le poumon d'un animal mort de 
Taffection, et une incision pratiquee dans la region susna- 
sale permet de fa ire penetrer le virus sous la peau des 
animaux bien portants. Inexperience a demontreles a van- 
tages de cette inoculation preventive. Malgre Taffirmation 
des indigenes, cette operation et la place choisie nejj peu- 
vent avoir pour consequences Tosteoporose des susnasaux 
et la formation de la corne caracteristique du Bos triceros 
du reste, Toperation semblable pratiquee sur d'autres 
races de boeufs, neleur a confere que Timmunite morbide. 
Ces memes peuplades pratiquent egalement depuis une 
epoque tres reculee, la vaccination du virus variolique de 
Thomme alteint de variole a Thomme sain. 



SUR LA CAPTURE DE DEUX AIGLES 

DANS LES ALPES DE LA HAUTE-SAVOrE 

Par HI. Maurice C1ZI\ 

Les aigles fauves ne sont pas rares dans les Alpes sa- 
voyardes, et Ton peut dire que chaque montagne un peu 
giboyeuse en possede une paire, qui construit son nid a 
Tendroit le plus inaccessible, et de la rayonne tout autour, 

dans Tetendue qui constitue son terrain de chasse. Cest 
ainsi que Tannee derniere deux de ces animaux avaient 
pris possession de la montagne de Pormenaz, qui fait face 
au col d'Anterne du c6te de Chamonix, et par un heureux 
hasard ils avaient etabli leur nid bien a decouvert, dans 
une haute paroi de rochers dominant la petite vallee de 
Servez, de sorte qu'il etait facile avec une bonne longue- 
vue de surveiller d'en bas toutes leurs allees et venues. 
Au mois d'avril la femelle se mit a couver, et vers le 
milieu de mai on put voir tres distinctement les petits 
s'agiter dans le nid. Des le commencement de juin les 
parents commencerent a faire de longues absences: lors- 
qu'ils etaient venus apporter a leurs jeunes le produit de 
i leur chasse, on etait a peu pres certain de ne pas les voir 



84 



LE NATURALISTE 



dans la joumee dulendemain, mais seulement quarante- i SUITES A LA « FLORE DE FRANCE 



» 



huit heures apres. Ceci bien constate, une expedition fut 
decidee pour le 17 juin. 
L'aire etant situee a peu pres aux deux tiers d'une paroi 



DE GRENIER ET GODRON 

Par G. ROUY 



verticalede cent metres environ, unjeuneberger consentit I (Descriptions des plantes signalees en France et en Corse depuis 1855 



a se laisser descendre du haut de cette muraille. II passa 
une corde autour de ses cuisses et sous ses aisselles, et, 
pieds mis, pour s'aider aux asperites du rocher, il opera 
sa descenteperilleuse, compliquee par ce fait que les aigles 
avaient choisi un retrait du roc pour y construire leur nid 
bien a l'abri des intemperies; il lui fallut done, pour 
atteindre son but, se balancer en quelque sorte dans le 
vide. Les aiglons etaient deja forts et ne se laisserent pas 
mettre sans coups de griffes dans le sac dont s'etait muni 
le berger. Tout se termina pour le mieux et ce dernier, 
remonte a la force des bras, reprit terre avec son butin. 
II avait trouve dansle nid, avec les jeunes aigles, les debris 
d'un levraut et une marmotle presque entiere. Quant aux 
parents, suivant les previsions, ils ne parurent pas de la 
joumee. 

Mon frere se chargea de l'education de ces aiglons, et 
put suivre leur developpement jour par jour. L'un d'eux 
etait au debut bien plus avance que l'autre et sa tete 
seulement etait encore blanche, ainsi que quelques points 
epars du corps, tandis que le second, plus petit, etait 



(Suite) 
SILENEES DC. 

Melandrium rnacrocarpum VVillkomm Icones et 
descriptiones plantarum novarum, criticarum et ra- 
riorum Europse austro-occidentalis , prcecipue His- 
panize, I, p. 28; Nyman Sylloge fl. Europse, p. 230; 
Willkomm ap. Willkomm et Lange Prodromns fl. Hisp., 
Ill, p. 642 ; M. divaricatum Nym. Sylloge, non Fenzl ap. 
Ledeb. ; Lychnis macrocarpa Boissier Voy. bot. Esp. 



(supplement), p. 722; Boiss. et Reut. Diagn. plant. Hisp., 
p. 8 ; Grenier FL Massil. adv., p. 19 ; Debeaux Recherches 
fl. Pyr. -Orient., I, p. 30. — Souche vivace, a divisions 
blanchatres. Tiges de 5-12 decim., ascendantes ou dres- 
sees, rameuses, a rameaux ordinairement divariques, 
ires glanduleux ou visqueux ainsi que les tiges. 
Feuilles ondulees sur les bords, abondamment pubes- 
centes-glanduleuses , parfois papilleuses, de dimensions 
variables, ovales ou ovales-lanceolees , les inferieures 
grandes, petiolees, les caulinaires sessilss, les florales Ion- 



encore presque enlierement couvert de son duvet blan- 
chatre. Bientot les rapports furent intervertis et celui qui 
etait d'abord en retard depassa assez rapidement le pre- 
mier, en merae temps qu'il devenait plus mechant; depuis 
il n'a pas cesse d^etre le plus gros, ce qui permct de croire 
que e'est une femelle, et que Tautre est un male. 

Malgre une croyance assez repandue d'apres laquelle 
les aigles n'aimeraientpasles proies vivantes, ces oiseaux 
ne montraient aucune preference et mangeaient indislinc- 
tement des animaux vivants, de la viande fraiche ou 
putrefiee, et meme des intestins de vache ou de mouton. 
Les reptiles seuls leur inspiraient de la repugnance ; je 
leur donnai plusieurs fois de grosses viperes qu'on venait 
de tuer, des couleuvres vivantes, mais jamais ils n'y gou- 
terent; une seule fois pourtant Tun d'eux mangea un 
petit orvet. En revanche ils semblaient adorer le poisson, 
et laissaient tout pour avaler d'une seule bouchee les 
petites truites qu'on leur jetait. 

II est assez interessant de signaler la passion que ces 
aigles avaient pour l'eau; tous les matins ils se baignaient 
completement dans une grande cuve disposee a cet effet, 
et paraissaient y prendre un veritable plaisir. 

On les avait enchaines en plein air sur un rocher, sous 
lequel ils s'etendaient chaque soir tout de leur long, et ils 
ne se revoltaient pas trop contre cette captivite; Tun 
d'eux brisa meme sa chaine deux fois de suite, et, des 
qu'on lui montra de la viande, il descendit du sapin ou il | g raines > elc - 
s'etait perche et se laissa reprendre sans peine. 



guement acuminees, semblables aux supeneures embras- 
santes. Fleurs en cyme dichotome, inclinees ou dressees, 
blanches, quelquefois rosees, grandes, s'ouvrant le soir, 
odorantes, celles des dichotomies longuement pedicellees 
(longueur du pedicelle atteignant jusqu'a 5-6 centim.). 
Calice allongS (22-30 millim. de long), oblong dans les 
fleurs males, renfld et devenant ovotde-subglobuleux 
dans les fleurs femelles a la maturite, tres velu-glandu- 
leux, non ombilique, a dents tongues, obtusiuscules ou 
obtuses. Petales a limbe bifide, ovale ou obove, cunei- 
forme, munis a la gorge de deux ecailles ; onglet depas- 
sant sensiblement le calice et auricule. Capsules sessiles, 
luisantes, ova les-ren flees, tres grosses (22-35 millim. de 
long sur 14-20 de large), a dents rouUes en dehors ; graines 
grosses, grisdtres, anguleuses, concaves sur le dos, 
munies de tubercules obtus. — Avril-juin. 

Hab. — Bouches-du-Rhone : Marseille (Grenier). — Pyre- 
nees- Orientales : Buissons, taillis, broussailles pres de 
Perpignan (Debeaux, Kouy) (1). 

Aire geographique. — Portugal, Espagne, Algerie, Si- 
dle, Dalmatie. 

Le M. rnacrocarpum differe du M. pratense Roehl., prin- 
cipalement par ses fleurs plus grandes, celles des dicho- 
tomies longuement pedicellees, ses capsules environ du 
double plus grosses a dents roulees en dehors, ses ra- 
meaux divariques, sa taille plus forte, la forme de ses 



Ces deux animaux sont maintenant au Museum d'Histoire 
naturelle, oil M. le professeur Milne-Edwards a bien voulu 
leur faire donner une large hospitalite. 



Maurice Cazin. 



Silene crassicaulis Willkomm et Costa ap. Willk. 
Pugillus plantarum rariorum peninsulce Pyrenaicce 
{ex Linnnea, 1859), p. 91 ; Prodromus fl. Hisp. Ill, 

(I) Le M. rnacrocarpum est k rechen'her dans nos a litres departe- 
ments mediterraniens, notamment dans ceux de YAude et du Var. 



mt 



LE NATURALISTE 



p. 666 : Timbal 
p. 44 ; Debeaux 



Notes 



Herb. Alberes orient., • nous, comme une sous-espece de S. nemoralis, dont il se 
fl. Pyr. -Orient., II, p. 28; J distingue pourtant suffisamment par sa taille plus elevee, 

sa tige plus grosse et plus fistuleuse, bien plus rameuse a 



S. rosulata Soy. et Godr. var. crassicaulis Rohrb. rameaux greles, ses feuilles, au moins du double 



Monogr 



20 



Plante vivace ou bisan- grandes, plus longuement p6tiolees, ses calices plus courls 



pubescente a pubescence courte et fournie ou presque 
velue, visqueuse surtout dans sa moitie superieure, trds 
rameuse a rameaux etales ou ascendants, allonges, gre- 
les, les inferieurs foliiferes naissent souvent trds prds 
de la base, ce qui a pu faire croire que la plante etait 



(14-16 millimetres, et non 18-20 millim.). 

Obs. II. — M. Leresche a signale, a juste litre, lerreur 
de rapprochement commise par Itohrbach lorsqu'il 
admis le S. crassicaulis comme une variete du S. rosu- 
lata Soy. et Godr., plante d'Algerie et de Sicile. qui 



stolonifere. Feuilles a pubescence abondante et rude ou apparent au groupe des S. Gibraltarica Boiss., S auri- 



limbe 



velues sur les deux pages, les basilaires et les inferieures 
grandes, longuement nttenuees ou parfois contractees en 
petiole aile amplexicaule, a 
ou spathuld, arrondi-mucrone ou snbaigu, les caulinai- 
res attenuees a la base, lanceolees, ondulees, les supe- 
rieures etroitement lanceolees ou lineaires. Fleurs cour- 
tement pedicelldes, dressees, rapprochdes au sommet 
des rameaux ou des ramuscules en cymes tri-multiflores 
et formant par leur ensemble une ample panicule 
pyramidale presentant parfois jusqu'a 60 centimetres 
dans sa plus grande largeur ; bractees et bracteoles 
lineaires, plus longues que les pedicelles. Calice ombili- 
quehla base, relativement assez court (14-16 millim.), 
peu pubescent et peu glanduleux, oblong-claviforme, a 
stries vertes ou rougeatres s'anastomosant, souvent vers 
le milieu, a dents scarieuses arrondies, le fructifere tres 
contracts sous la capsule. Carpophore plus long que la 
capsule et que la moitie du calice. Pdtales a limbe d'un 
blanc sale, non couronne, bilobe, a onglet non cilie 
depassant le calice : etamines longuement exsertes. Cap- 
sule ovale-conique , rompant le calice, a six dents cour- 
bees en dehors ; graines d'un gris noiratre, petites, angu- 
leuses, subreniformes, a faces concaves et canaliculus 
sur le dos. — Mai-juillet. 

Hab. — Pyrenees- Orientales : Rochers et taillis au-dessus 
deNotre-Dame de Consolation, pres de Collioure (Debeaux, 
Rouy) ; Tour de la Massane et montagne de Valbonne 
au-dessus d'Argeles-sur-mer (Penchinat, Timbal, Gautier). 

Aire geographique. — Espagne : Catalogne (Monte 
Serrato, sierra de Cadi, Talaixa, Oix). 



Hifacensis 



S. velutina Pourr., 



Obs. I. — Des especes signalees dans la Flore de France, 
c'est du S. Ilalica Pers. que cette plante se rapproche le 
plus, quoiqu'elle en differe nettement par sa iige bien 
plus elevee, a viscosite plus prononcee, ses feuilles basi- 
laires plus larges, a limbe plus arrondi, son inflorescence 
plus grande et plus fournie, ses fleurs a calice plus court, 
moins pubescent et moins glanduleux, ses petales a 
onglet non cilie, enfin par les capsules sensiblement plus 
courtes que leur carpophore. Mais les veritables affinites 
du 5. crassicaulis sont en realite, comme Pont justement 
dit MM. Burnat et Barbey, avec le S. nemoralis Waldst. 
et Kit., plante d'AUemagne, d'Autriche-IIongrie et de 
Serbie,dont une variete (var. Pedemontana Burn.et Barb.), 
que nous avons recue de M. Burnat, existe dans les Alpes- 
Maritimes, au Val de Pesio. Nous le considerons, quant a 



tandis que notre plante du Houssillon doit prendre place 



nemoralis 



(A suivre.) 



LA BELETTE DE BARBARIE 

{PllTORIUS AFRICANUS DESMARETS) (1) 



I. 



Genre Pn-onius G. Cuvier (1817). 



1 



Faces inferieures plus foneees que les supe- 
rieures. Etranglement fronlal vers le milieu 
de la longueur du crane. Bulles grossierement 
en forme de pyramide triangulaire. . . pidorius 

Faces inferieures blanches ou blanc jaunalre. 



* • 



2 



3 



4. 



Etranglement frontal dans la moitie anteneure 

du crane. Bulles oblongues 2 

Mains rousses comme le dos. 3 

Mains blanches 4 

Longueur totale moyenne, environ 25 cent.; lon- 
gueur de la queue, avec le poil, bien moindre 
que le tiers de celle du corps (tete et tronc). 

Ventre blanc • vulgaris 

Longueur, totale moyenne, environ 40 cent.; lon- 
gueur de la queue, avec le poil, bien supe- 
rieure au tiers de cello du corps (2). Ventre 

jaunatre boccamela 

Queue terminee de brun fonce. Longueur du 
pied, avec les ongles, de 46 a 48 millimetres. 
Diametre longitudinal maximum de la bulle 
osseuse double de son diametre transversal 
maximum erminea 



(1) Extrait d'un memoire inedit intitule: Catalogue provisoire des 
Mammiferes Apelagiques sauvages de Barbarie. 

(2) Cetti (/. quadrupedi di Sardegna, Sassari, 1774, p. 168) attribuc 

10"6"' de longueur au corps (tfite et tronc) et 3"10"' a la queue nue de 
Boccamela. Bonaparte (Fauna cC Italia) dit de P. vulgaris : • cauda valde 
breviori tertio corporis »; et, de P. boccamela : « cauda dimidio corporis 
parum breviori -.Un jeune P. boccamela, de Sarrabus (Sardaigne), que 
je dois & Tobligeance de M. le marquis G. Doria, mesure, en alcool : 
corps, 155 millimetres; queue (avec le poil), 65 niiljimetres. — Mal- 
heureusement ce sujet a eu la t£te 6erasee, de sorte que j ? ai du renon- 
cer A preparer son enkne, et, par suite, a faire entrer dans ce tableau 
les earacteres craniens de cette espece par rapport aux especes voi- 
sines. 







86 



LE NATURALISTE 










gueur du pied, avec les ongles, 26 a 35 milli- 
metres. Diametre longitudinal maximum de la 
bulle osseuse sensiblement superieur a deux 
fois son diametre transversal maximum. 



afrioamts 



IL 



Putorius africanus Desmarets. 



daigne se distinguanl, a la fois des deux par la couleur 
blanche ou blanc jaunalre de leurs extremites, surtout 
des anterieures. Mais il est evident qu'il faudrait d'autres 
materiaux que ceux-la pour trancher une question speci- 
fique. Aussi n'est-ce que provisoirement que je regarde, 
comme appartenant a une espece, unique et dislincte de 
P. boccamela Beclistein (1835), les petits Mustelides a 
pieds blancs du pourtour mediterranean. 

Du reste, alors meme que la Belette de Barbarie devrait 
etre, plus tard, reunie specifiquement a celle de Sardaigne, 
elle devrait conserver le nom plus ancien de P. africanus 
Desmarets. P. boccamela Beclistein a, il est vrai, ete de- 
crit par Cetti des 1777; mais je ne vois pas qu'il ait recu 
de nom latin et regulier avant 1835; et, d'aulre part, 
malgre Perreur evident e des mesures (erreur qui n'est 
sans doute qu'une faute d'impression, car elle disparait 
en lisant : sans la queue elle... au lieu de : sa queue), le 
Putorius africanus de Desmarets me parait bien avoir 
ete cree d'apres un sujet de Pespece qui nous occupe. Le 
type, malheureusement, n'existe plus au Museum de 
Paris, mais voici sa description : 



Sixieme espece. 



La Marie ou Belette d'Afrique 



1818. africanus Desmarets, (Nouv. did. d'hist. nat., 

t. XIX, p. 370). 

1832. subpalmatus Hempricli et Eremberg, Symbolse phy- 
sics, art. Herpestes leucurus, in fine). 

1842. boccamela et subpalmata Sundevall {K. v. Ahad. 

Hand., p. 215). 

1855. numidicus Puchesan (Rev. et Mag.de zool.,\>. 392). 

1855. boccamela P. Gervais {Mamm., t. II, p. 114). 

1850. africanus Pomel (Compt. rend. Ac. sc. Paris, 

p. 654). 

1865. boccamela Gray (Proc. zool. Soc. Lond , p. 112). 

1865. erminea var. africana Gray (ibid., p. 111). 

1867. boccamela Loche (Exped. sc. Alg. 9 Mamm., sp. 20). 
Habitat. — Ce petit carnassier a d'abord ete indique en 

Barbarie par Shaw (1743, Voyage, p. 323), qui ne le dis- 

tinguait pas de la Belette commune. Poirel Pa aussi men- 

tionne (1789, Voyage, p. 261). 
Le type du P. numidicus de Pucheran, conserve sous 

le n° G. 250, dans les collections du Museum de Paris, pro- 

vient de Tanger. 11 a ete achete a Favie, en 1841. 

L'espece est ensuite cilee d'Algerie par Gervais, qui la 

distingue de la Belette, mais la confond, comme avait fait 

Sundevall, avec le Boccamela ; par Pomel, qui la rapporte, 

avec raison, je crois, au P. africanus de Desmarest; par I meme couleur. Les bords de la machoire superieure, les 

Gray, qui voit en lui deux especes, l'Hermine et le Bocca- J ou ^ s jusqu'a la hauteur du milieu des oreilles, la ma- 

mela ; et, enfin, par Loche, qui adopte la determination choire inferieure, le dessous du cou, le devant des pattes 



(Mustela africana Nob.). Espece nouvelle. 

Cette petite espece de Marte fait partie de la collection 
du Museum d'histoire natureUe de Paris. Elle appartenait 
autrefois a celle de Lisbonne. <^^SS 

« Elle a beaucoup de ressemblance avec la Belette pro- 
prement dite, mais elle est plus grande. Elle a dix pouces 
environ de longueur et sa queue n'en a guere que sept. 
Tout le dessus de sa tete, de son cou et de son dos est 
d'un fauve roussatre. La partie externe des pattes de de- 
vant et les pattes posterieures presque entieres sont de la 



de Gervais. Loche indique deux lieux de capture, Kouba 
et Hussein-Day, et donne la province d'Alger pour 
habitat general de Pespece. Mais celle-ci a une distribution 



anterieures, le ventre et la partie interne des cuisses sont 
d'un jaune pale, separe bien nettement de la couleur du 
dessus du corps* Le venire presente dans son milieu une 

geographique plus etendue. Nous avons vu plus haut I ligne longitudinale d'un fauve roussatre assez etroite ; la 
qu'on la trouvait au Maroc, et j'en dois a M. le D«' Hagen- queue est aussi fauve ; les poils dont elle est revetue sont 
muller trois sujets, qui proviennent du mont Edough, pres | beaucoup plus longs que ceux du corps, lesquels sont 

de B6ne. 
Elle semble meme tres repandue, au dela de la Bar- 



presque ras. » {loo. cit.) 
Dans sa Mammalogie (1820, p. 179), Desmarets repro- 



barie, dans la region circummediterraneenne. Hemprich duit presque textuellement la description precedente, et 
et Ehrenberg Pont eue d'Alexandrie et du Caire; Sunde- il ajoute : « Palrie. L'Afrique, si Ton en croit Petiquette de 
vail, du Caire; et les collections mammalogiques du mu- Pindividu de cette espece qui existe dans la collection 
seum m'ont paru la posseder de Sicile (n° C. 202, parBi- du Museum d'histoire naturelle de Paris et qui provient 
bron, 1825), de Moree (n° C. 266, Expedition, 1829) et de | de celle de Lisbonne. » 



Bitlis, dansle Kurdistan (Cg. 1881, n° 2295, par M. Chantre). 



Description. — La Itelette de Barbarie, quoique ayant 



Discussion. — .le ne voudrais pas etre trop affirmatif les extremites des pattes blanches comme l'Hermine, 
dans ces dernieres indications. Les sujets precites du s'eloigne sensiblement de celle-ci ; elle parait au contraire 



Alg 



tres voisine de la Belette commune, et, surtout, du Bocca- 



Levaillant, 1840), sont a l'etat de preparations taxidermi- | mela. Je regrette de ne pouvoir la comparer de pres a ce 

dernier, dont je ne possede qu'un sujet fort insuffisant, 



ques 



caracteres superficiels, leur couleur, les qualites de leur jeune a crane brise, a extremites dessecheeset raccornies. 

poil, et, vaguement, leurs dimensions generates. Par ces Voici les dimensions, en millimetres, d'une femelle 

aracteres, ils m'ont paru assez semblables entre eux et encore jeune, conserves en alcool (n° 2634), de la Belette 



boccamela 



de Barbarie : 



LE NATURALIST] 



87 



Longueur du corps, du museau a Torigine de la queue. 165 



de la queue nue 



avec le poil 



46 
58 



de la tete 

> du pied, ongles compris 26 

Le pied d'un vieux male, conserve en peau, les os des 
membres dans la peau (n° 2(336), mesure 35 millimetres. 
Ces deux sujets etaient le plus petit et le plus gros de 
plusieurs recueillis sur le mont Edough (Bone) par M. Ie 

D r Hagenmiiller. 

Sous la main, independamment des quatre tubemiles 
sous-articulaires, spheriques, petils, celui du ponce si 
petit qu'il est difficile a apercevoir, il y a un tubercule 
carpien, obliquement transversal, spheriquement saillant 
vers son bord externe, abaisse et retreci du c6te oppose. 
Sous le pied, onne voit que les quatre sous-articulaires, 
petits et arrondis-, celui du gros orteil minuscule , A la 
main comme au pied, les exlremites des dernieres pha- 
langes presentent chacune une saillie nue et elliptique 
beaucoup plus grosse que les precedents tubercules. 

La coloration de la Belette de Barbarie (n 08 2636 et 
2637) ressemble beaucoup a celle de la Belette commune. 
Elle en differe surtout par la nuance de ses faces inf6- 
rieures, jaune tres clair ou blanc jaunatre, el non blan- 
ches, et par Textension de cette teinte claire sur le bas 
ventre et la face interne des cuisses, sur les orteils, et sur 
la main entiere, a Texception, parfois, de quelques poils 
roux sur son bord externe. Chez la Belette, le bas-ventre, 
la surface entiere des membres posterieurs et tout le 
dessus des membres anterieurs sont roux. 

La queue est plus longue et plus touffue que celle de 
la Belette, moins longue et plus touffue que celle du 
Boccamela, beaucoup moins longue et touffue que celle 
de Hlermine. Son extremite est souvent, comme cela ar- 
rive a la Belette et au Boccamela, un peuplus fonceeque 
le reste de son etendue, mais elle n'a jamais la couleur 
franchement noiratre caracteristique de l'Hermine. 

Fern and Lata>te. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



M. Mac Lachlan vient de donner la description dime 
espece nouvelle de Myrmeleonide du genre Gymno- 
cnemia, provenant du Congo, le G. Africana ; chez cette 
espece, les epines des tibias manquent absolument ; le 
nombre des especes de Myrmeleonides chez lesquelles ces 
epines manquent est tres restreint. La taille et la forme 
de cette nouvelle espece rappellent quelques AJacrone- 
murus, mais elle est encore beaucoup plus grele. 



* * 



M Caraven-Cachin a presente a TAcademie des sciences 
une note sur une nouvelle epidemie, qui sevit sur les ca- 
nards, observee aux environs de Castres (Tarn). II fut 
reconnu a Tautopsie que les canards etaient atteints d'une 



vive inflammation, resultal d'un empoisonnement qui 
avait son siege dans les voies digestives. Apres de minu- 
tieuses recherches, Tauteur de la note put attribuer la 
nort a Tingestion des feuilles de YAilantus glanduloso 
(Desf.), vulgairemont appele Vernis da Japon. Aim de 
mettre hors de doute ce fait important, des experiences 
sur des animaux sains furent faites et les resullats aftir- 
merent Tidee precedemment emise. Le sue ivsineux de 
cette terebinthacee est tres acre el determine sur le systr me 
digestif des canards domesliques une vesication qui dege- 
nere en une inflammation qui amene rapidement la mort. 






M. Fairmaire donne la description do deux Coleopteres 
du genre Cory nodes trouves dans la partie occidentale du 
pays des Niams-Niams : 1° Corynodes cribraiellns et C. 
ccerulescens. Le premier ressemble beaucoup aux varietes 
bronzees du C. senegalemis, mais bien distinct par la tete 
et le corselet tres ponctues, a points setigeres, les elytres 
uu peu plus fortement ponctues, ridulees transversale- 
ment, et les femurs plus ponctues ; le second est tres 
voisin du putio; il en differe, outre la coloration, par la 
tete plus convexe, moins ponctuce, le corselet plus etroit. 
a ponctuation un peu plus fine avec les intervalles plus 
lisses, et les elytres moins rugueusement ponctuees. 



* 



Un congres international de Botanique et dllorticulture 
se reunira a Anvers du 1 au 10 aout procbain, dans les 
nouveaux locaux du Jardin botanique , a Toccasion de 
l'Exposition universelle et en coincidence avec l'Exposition 
internalionale organisee par la Societe royale d'Agricui- 
ture et d'Horticulture d'Anvers. 

Le programme du Congres comprend des questions de 
botanique, d'horlirulture, de commerce et d'industrie hor- 
ticoles. II est annexe a la circulaire, qui sera adressee a 
toute personne qui en fera la demande. 



* 
* * 



On nous annonce la mort de C. Theodor von Siebold, 
ranatomiste bien connu de Munich ; il etait professeur d'a- 
natomie et de physiologie depuis 1853 a lTniversite de 
Munich. 






Bien du temps s'etait ecoule sans qu'un seul edileur 
parisien fit pamitre des planches coloriees, — de papil- 
lons et d'oiseaux, — joignant, au merite d'une parfaite 
execution arlistique, celui dune entiere exactitude, quant 
a la configuration, et quant aux nuances. MM. Jourdan et 
Barbot. editeurs de la ville de Paris, 14, boulevard Pois- 
sonniere, viennent de publier 13 planches enluminees, de 
papillons, faisant suite a 80 planches d'oiseaux, de memes 
dimensions. Chacune des 93 planches est vendue au prix 



de trois francs. 



.1. B. 






Nous signalons a nos lecteurs une nouvelle edition des 






r 



88 



LE NATURALISTE 









ceuvrcs completes de Buffon. Celle splendide edition est 
annotee et precedee d'une introduction de 452 pages par 
.?. de Lanessan. 14 forts volumes grand in-8 ornes de 160 
planches gravees sur acier et coloriees a la main et de 8 
portraits sur acier. 
Prix des 14 volumes broches 200 fr. 



relies 260 



Au bureau du Journal. 



BIBLIOGRAPHJE 



His lot 



2° parlie, Mammi- 



feres, par le D r L. L. Trouessart. — (V parlie, Molixsques 
(Cephalopodes, Gasteropodes), par Albert Granger. 

Deux nouveaux volumes de l'Histoire naturelle de la 
France sont parus depuis peu : les Mammiferes (1), par le 
D r Trouessart et les Molliisqaes (2) (Gasteropodes, Cephalo - 
podes), par Albert Granger. Ces deux ouvrages, rediges 
par deux naluralistes emerites, affirmeront encore le 
grand succes oblenu par la publication de cette suite 
d'ouvrages. 

L'ouvrage des Mammiferes de France, presenle aujour- 
d'hui, est en grande partie le fruit des recherches person - 
nelies de Fauteur, poursuivies depuis plusieurs annees 
sur la faune du centre de Fouest de la France. Une atten- 
tion toute particuliere a ete donnee aux pelits Mammiferes. 
Chiropteres, Inseclivores, Rongeurs, qui presentent un 
si grand interet pour Fagricullure, et dont les nom- 
breuses especes n'ont ete bien distinguees que dans ces 
derniers temps. Les Pinnipedes et Cetaces ont ete aussi 
Fobjet d'une elude serieuse; ces Mammiferes sont mal 
connus en France. Les figures intercalees dans le lexle 
sont fort exactes et rendent compte d'une facon precise 
de Fanimal figure. Les mammiferes domestiques ont et< 
traites specialement dans un chapitre. Dans une intro- 
duction Fauteur donne des notions fort utiles sur la 
reeolte, la preparation et la conservation des mammiferes. 
Voici Fordre de classification adople dans cet ouvrage : 
Ordre des Chiropteres, des Insectivores, des Rongeurs, des 
Carnivores, des Pinnipedes, des Ongules, des Cetaces. En 
un mot cet ouvrage a bien ete conou avec Fesprit qui a 

preside a la redaction de tous les precedents et de celui 
des mollusques dont nous allons parler presentement. Le 

premier volume de Fliistoire naturelle des Mollusques 

netraitequedes Mollusques cephalopodes et gasteropodes; 

les mollusques bivalves ferontFobjeld'un second volume. 

Dans les Generalites Fauteur apprend d'abord a designer 

les differentes parties d'une coquille ainsi que les qualifi- 

catifs qui lui sont appliques ; des notions pour la recherche 

et la preparation des mollusques marins, terrestres et flu- 

viatiles, viennent completer ces etudes premieres du con- 

chyliologiste. La description des especes est faite avec tout 

le developpement et la clarte necessaires ; les planches, 



(1] I vo'ume, 3S0 pages, 143 figures dans le texte. Prix :3 fr. 50: 
franco 3 fr. 90. 

(2) I volume. 260 page*, 20 planches hors texte. Prix : 4 fran< : 

franco i fr. 35, 



representant un Ires grand nombre de types dessines sur 
nature permettent de reconnaitre au premier coup d'oeii 
le genre et l'espece de Tindividu dont oncherchela deter- 
mination. Nous souhailons a ces deux nouveaux ouvrages 
le succes qui leur est du. 






OFFRES ET DEMANDES 



La derniere partie de la collection de Coleopteres de 
M. lleiche est en vente. Elle est formee des Staphylinides 
europeens etexotiques. Cette collection, remarquablement 
nommee, comprend 141 genres, 1201 especes et 5195 indi- 
vidus, comprises dans vingt-sept cartons 19x20. Elle con- 
lient nombre de types soil de genres, soit d'especes : 
Dinusa, 2 esp. ; Myrmecopora, 1 esp. ; Arena, 1 esp. ; 
Kraaizia, 1 esp. ; Dinopsis, 1 esp. ; Vulda, 1 esp.: 
Metoponcas 1 esp. ; Platyprosopsus , 2 esp. ; Glytomerus 
'2 esp. ; Mecognathus , 1 esp. ; GEdichirus, 2 esp. ; Procir- 
rus, Pinophilus, 2 esp.; Euphanias, 2 esp. ; Trigonu- 
ras, etc. ; plus quatre cartons pleins de doubles et d'es- 
peces a intercaler. Prix 800 francs. 






On demande en quantite les insectes suivanls -. 

Cicindela campestris, hybrida, fle^uosa, etc. ; Omo- 
phron limbatum ; Carabus auratus, splendens, nitens, 
purpurascens, violaceus, rutilans, pyrenceus, etc. ; 
Calosoma inquisitor, sericeum ; Zabrus gibbus; Dytiscus 
latissimus ; Hydrous caraboides ; Lucanus cervus ; 
Dorcus par allelipip edits ; Platy cents caraboides; Syuo- 
dendron cylindricum ; Atenchus sacer ; Copris lunaris, 
hispana ; Bubas bison, bubabus ; Oryctes nasicornis, 
grypus; Cetonia speciosissima ; Valgus hemipterus ; 
Clerusalvearins,etc; Spondy lis bupresU rides \ Prionus 
coriarius ; Ergate faber ; AZgosoma scabricjrne ; Rhesus 
serricollis; Cerambyx hcros, miles, etc.; Purp^ricenus 
K< ''hleri, etc.,Aromia moschata, rosarum* ambrosiaca; 
Sympizocera laurazi; Morimus lugubris; Monohammus 

sartor, sulor ; Mesosa nubila ; Saperda carcltarias, 
punctata, etc., Rhagiummordax ; Bromius vitts; etc., 
etc...., Papilio podalirius, machaon, Thais poly xena; 
Idmais fausta ; Thecla pruni, lynceus, spini ; Polymna- 

tus vergaureeo, hippothoe, etc. ; Nemeobius lucina; 
Limenitis aceris, sybilla, Camilla', Kymphalis popali ; 
Argynnis paphia, Laodice, etc., Vanessa triangulum, 
polychloros; Arge Clotho; Tilea, etc.; Satyrus Circe, 
Anihe, etc. Trochilium api forme; Deilephila elpenor, 
celerio, euphorbix, nicoea, etc., Acheronlia alropos ; 
timemithus Tillso, quercus, etc., Chelonia casta, pur- 
purea, fasciata, flavia, etc., Bombyx populi, Dumeli, 
Lasiocampa pruni, pyri, otus; Aglia tau; Catocala, 
\ fraxini, nupta, conversa, etc., Geometra po\nllonaria ; 
Vrapteryx sambucata ; etc., Libellules. Four mil Ions, 
Phryganes, Cigales, Tipules, etc.. etc... 
Adresser nombre et prix au bureau du journal. 



Le gerant, Emile DEYROLLE. 






! 



;,bhii 



Paris, Imp. A. L. (iuillot.7, rue des Canetles 



e 



Annte. 



N 



*** 




15 Juin 1885. 89 





JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le l er et le 15 de chaque mois 



ADRESSER TOUT CE QUI CONCERNE 

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LA REDACTION ET L'ADMINISTRATION 

Au bureau du journal 

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Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Le Journal LE NATURALISTE est rinterm6diaire officieux de tous les amateurs d'histoire naturelle; il insdre 

gratuitement toute demande d'^change et de renseignements scientifique3 6mauant de ses Abounds. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 2 MARS 1885. 

(Suite) 

mousses a VSpoque houillere. 



Note de 



MM. B. Renault et R. Zeiller. 



Les mousses fossiles sont rares ; 0. Heer a rencontre 
dans le lias de Schambelen en Argovie, des Coleopteres du 
groupe des Byrrhides, qui vivent aujourd'hui parrai les 
mousses, d'ou il a conclu a l'existence des mousses a la 
meme epoque. C'etaitl'indice le plus recule que Ton posse- 
dat. M. Fayol a rencontre a Commentry des empreintes indu- 
bitables de mousses proprement dites, constitutes par un 
grand nombre de petites tiges, souvent en touffes serrees. 
Ces tiges, icngues de m ,03 a O m ,04 et larges de 1/3 millim. 
generalement simples, sont garnies de petites feuilles alter- 
nes, rapprochees,longues de 1 millim. a l ram ,5 et distantes de 
mm ,5 a 1 millim. Le microscope permet de distinguer sur 
les tiges et les feuilles la trace de cellules en tiles paralle- 
ls; les tiges ont defines cannelures longitudinales. Ces 
empreintes rappellent l'aspect de plusieurs espeees de 
Poiytrichum ; aucun organe fructificateur n'ayant ete 
trouve, on ne peut fixer surement leur place dans la clas- 
sification actuelle des mousses. Elles seront designees 
sous le nom de Musettes polytrichaceas. Pour le 
moment ce sont les plus anciennes mousses que Ton ait 
rencontrees. 






minerals de fer. deman 



calcaires jurassiques et a la base de ces calcaires. 
Note de M. Dieulafait. 

M. Dieulafait a montre precedemment qu'a Vheure 
actuelle. les terrains anciens qui entourent le Plateau cen- 
tral c nnent a Petat de diffusion complete des quan- 
tiles de substances metalliferes et en particuiier du zinc, 
Men des i.Uliers de fois superieures a celles qui sont 
isolees dans cettegrande region, substances qui existaient 
dans les mers qui ont depose ces sediments. Les mers du 
trias sont, au point de vue metailifere, la continuation de 
celles de la periode primaire en ce sens que leurs eaux ont 
agi presque constamment sur les roches de la formation 
primordiale. Les premiers sediments calcaires par lesquels 
debute la formation jurassique dans le midi et le centre 
de la France, se sont deposes dans des mers dont les 
eaux n'avaient pour ainsi dire remue que des debris de 
roches primordiales, des mers dont par suite, les eaux et 
les sediments renfermaient des quantites sensibles de 
substances metalliferes ; les premiers sediments jurassi- 
ques se deposant dans des eaux riches en substances 
metalliferes, seront riches eux-memes a ce point de vue. 
Les premiers sediments jurassiques elant calcaires, le 



calcaire s est precipite dans une eau contenant en disso- 
lution des combinaisons de fer, de manganese et de zinc. 
Les combinaisons de fer en dissolution et en suspension se 
separent de suite, tandis que zinc et manganese reslent en 
dissolution dans le liquide calcaire. Le fer se pr6cipite done 
et se depose sur les sediments triasiques, argileux et 
silicieux, tandis que le zinc.et le manganese, tous deux 
solubles grace au calcaire, ne se deposeront qu'avec lui 
en Pimpregnant. En resume, on peut conclure que les 
substances metalliferes isolees autour du Plateau central 
et en relation evidente avec les calcaires de la base des 



existant autour du Plateau central, dans les premiers I terrains secondaires, en particuiier lefer, le manganese et 



90 



LE NATURALISTE 



■ 



lezinc, sont des combinaisons extraites d'abord des roches 
de la formation primordiale par les eaux marines, puis 
isolees et separees au sein de ces eaux, sous Taction seule 
des reactions chimiques de la voie humide. 



SEANCE 1>U 9 MARS 1835 



differences du genre Simcedo 
ienne des environs de Reims 



avec le genre 
M. V. Lemoine. 



ampsosaure 



Note de 



bouclier est repousse de plus en plus pour devenir infe- 
rietir ; que ceci se reproduise pendant de longues periodes, 
et que les modifications de formes obtenues se trans- 
mettent par heredite et s'accentuent peu a peu, on concoit 
la possibility d'une origine commune pour des genres si 
differents actuellement, et de formes, et de moeurs. 






M. Lemoine a fait connaitre Tannee passee ses 
recherches et etudes sur la Simcedosaure, qu'il rangerait 
plut6t dans les poissons que dans les reptiles, a cause de 
Fallongement special des machoires, de la forme conoidule 
des dents aracines creuses, et de la presence de ces dents 
sur les maxillaires, les premaxillaires, les palalins et les 
pterygoidiens. M. Dollo a publie une note surun squelette 
presque complet trouve a Erquelines, auquei il donne le 
nom de Champsosaure (Cope) et qu'il identifie au reptile 
des environs de Reims, appele Simcedosaure. Les deux 
types different par Taxis, Tailas, les vertibres cervicites, 
dorsales et sacrees, Tomoplate, la coracolde et Thumerus, 
seules pieces figurees par M. Dollo. Aucun de ces os 
compares dans les deux individus ne sont identiques, 
M. Lemcine croit pouvoir etablir que le Simsedosaitre 
avait un proatlas et un sternum ossifie. Les deux reptiles 
presentent nettement la fossette clavicuiaire de Tomo- 
plate. 






De TArtemisia gallica, Wild, comme plante a santonine, 
et de sa composition chimiqnc. — Note de MM. Hechel et 
Fr. Schlagdenhauffen. 

Cette note donne les conclusions de travaux faits sur 
V Artemisia gallica, et indique que la France ne devrait 
pas rester tributaire de la Russie et du Turkestan, au 
point de vue des plantes usitees comme semen-conira 
ou pour la preparation de la santonine. Des recherches 
executees avec notre plante indigene, il appert que : 



1 



Artemisia 



SEANCE DU 16 MARS 1885 



et aux proportions de 1 pour 100, une huile essentielle en 
meme temps qu'un compose cristallin qui passe a la dis- 
tillation (camphre ?) ; 2° Soumises a Taction de Tether de 
pelrole, les calathides abandonnent 3 pour 100 d'extrait, 
qui contient principalement de la cire, de la matter e 
colorante jaane et un peu de chlorophylle ; 3° Le chloro- 
forme en extrait de la santonine, dans une proportion 
assez elevee, en meme temps qu'une matiere resineuse 
qui parait etre un isomere de la santonine : 4° L'alcool 
enfin enleve a la plante entiere de la glycose, du tannin, 
de la matiere colorante, et un alcaloide caracterise par 
les reactions des iodures doubles, des phosphomolybdate 
et phosphotungstate de sodium. Cet alcaloide offre cet 
interet, que c'est la premiere fois qu'on signale la presence 
d'une base organique dans les plantes a santonine. 



Action physiologiqae deVhexahydrurede B-collidine, 



Comparaison morphologique de la Limace et de la 
Testacelle parM. H. de Lacaze-Duthiers. 

Dans cette etude, M. H. de Lacaze-Duthiers etablit les 
parties homologues chez les Limaces et les Testacelles, si 
differentes en apparence. Les Limaces ont un bouclier et 
pas de coquille ; les Testacelles ont une petite coquille a 
leur extremite inferieure, et un cou tres long ; les pre- 
mieres se nourrissent de matieres vegetales et les dernieres 

sont carnassieres. Chez les unes et les aulres, on constate 

le triple collier cesophagien; et les centres nerveux asy- I deOgr. 012 a Ogr. 014 pour les premieres, de Ogr. 05 et de 



OEchsner 



ou isocicutinel 

do Coninck. 

Des experiences faites sur des grenouilles, des cobayes 
ot un chien, avec l'hexahydrure de B-collidine et a la dose 



metriques, ou anterieurs moyens, quoique difteremment 1 gr. 28 pour le dernier, au moyen d'injections, il resulte 
disposes dans les deux genres, sont analogues tres evi- que cette substance presente une action curarisante con- 
demment. Le centre asymetrique innervant le manteau siderable, et une action tonique portant sur le nevraxe ; 
envoie des nerfs au bouclier de la Limace et a la dupli- d'oii cette consequence qu'un animal injecte d'une dose 
cature de la coquille de la Testacelle. Le cou de la Limace curarisante meurt fatalement. Par suite, l'hexahydrure de 
correspondrait chez la Testacelle a la parlie du corps B-collidine, isomere de la cicutine, et presentant les me- 
s'etendant de la coquille a la tete ; ces parties ne sont pas me s proprietes principales, caracteristiques de cette der- 
innervees par le centre asymetrique, mais les nerfs qui | niere substance, a reculenomde isocicuiine. 
s'y rendent ont meme origine, vers le point d'altache des 
connectifs qui unissent le .centre pedieux aux autres 

cemres. Chez la Testacelle le developpement du cou | tvm phati q ues qui entrent dans la 

domme, et che, la L.mace, ce ui dup.ed. On peut .mag,- com ^ tutlondela bourseae Fatriciu S . -Note deM. net- 
ner que la Limace devenant carnassiere, et cherchant ' 
dans leurs galeries les vers dont se nourrit la Testacelle, 



terer. 



uans leurs gaienes les vers uum st? uuumi u\ leMctcuutr, i 
st obligee d'allonger demesurement le cou, Blqw son ' Cet organe etudie sur YUria troile, le pigeon comraun. 







LE NATURALISTE 



91 



la poule, etc., a la forme d'un sac, dont les parois com- dolomie, elait dissous dans les eaux des mers, et que la 
prennent, du dehors au dedans : 1° une tunique sereuse, cause quelconque, qui a determine la formation de 
2° une t unique musca lair e, et 3° une tunique muqueuse. la dolomie, a mis du carbonate de magnesie en 
Le chorion de la muqueuse de la bourse est forme d'une contact avec du zinc dissous, contact qui entraine neces- 
lamede tissu cellulaire, epaissede mill. 100 aOmill. 120, sairemen 1 la precipitation du zinc. 2 } Les dolomies les 
avec des cloisons circonscrivant des areoles qui contien- J plus riches en zinc sont celles qui se sont deposees dans 
nent des follicules clos ; ces derniers ne communiquent 
pas avec la bourse et ne versent rien a la face interne de la 
muqueuse qui les tapisse. Ces follicules ovoides, grisalres, 
opaques, ont un diametre de mill. 200 a mill. 500; ils 
sont composes d'une trame de tissu cellulaire, d'elements 
epitheliaux et de vaisseaux sanguins. La trame est formee 



i 



de corps fibroplastiques a prolongemenls anastomoses 
produisant des mailles qui emprisonnent des elements 
analogues a ceux des glandes lymphatiques. Le follicule 
est vasculaire dans toutes ses parlies. Des follicules clos, 
analogues aux precedents, existent du resle aussi en 
quelques points de la tin de l'intestin ^rele des oiseaux. 
Les elements epitheliaux, irregulierset denteles, sont tels 
que ceux qui revelent interieurement les vaisseaux lym- 
phatiques. En somme, sauf Pabsence de villosites et de 
musculeuse propre du chorion de la muqueuse dans la 
bourse de Fabricius, les parois de Forgane ont la meme 
lexture que celle de^Finleslin. On trouve des follicules 
elairsemes dans le cloaque et dan la portion avoisinanle 
du rectum. 



* 



Sur le role physiologique du retournement des oeufs 
pendant V incubation. — Note de M. Dareste. 

La poule relournant ou remuant frequemment ses oeufs, 
on Pa imitee dans Tincubation arlificielle en pratiquant 
celte operation deux ou trois fois par jour, et ce, meme 
mecaniquement. Quelle est Tinfluence du retournement? 
M. Dareste Fa recherche, en eludiant dans ses experiences 
le mecanisme de la mort dans les oeufs immobiles, et a 
reconau que le retournement quolidien des oeufs avait 
pour effet ordinaire d'empecher les adherences de Fallan- 
toide et du jaune, qui font obstacle a Feclosion, et deter- 
mined la mort de Fembryon vers le 19 e ou 20 c jour d'incu- 



bation, meme parfois des la seconde semaine. II est pro- 
bable qu'en agissant ainsi, on active les mouvements de 
rembryon et les contractions de Fallanto'ide, et on empeche 
le contact prolonge des memes parlies de Fallanto'ide et 
du jaune, cause presque absolue de mort. La pratique du 
retournement quolidien est done pieinement justifiee au 
point de vue de Feclosion. 



* 



i' 
i 



minerals 



les mers anciennes. A cela il y a deux raisons ; la premiere, 
e'est qu'une mer sera d'aulant plus riche en substances 
metalliferes originaires, qu'elleserapprochera davanlage 
du moment ou les premieres eaux, tres chaudes et Ires 
acides, sesonl condenseesetonl altaque la premiere croulr 
de consolidation du globe; la seconde, e'est que, ouln 
celle premiere provision metallifere oritjinaire, de beau- 
coup la plus imporlante, les eaux des mers Pont encor* 
augmentee, en remuant el trilurant des debris de roches de 
formation primordiale, ce qui a eu lieu presque exdusi- 
vement jusqu'au commencement des mers jurassiques; 
alors les depots calcaires deviennenl preponderants. C'est 
pourquoi, en Europe et en Amerique, on trouve d'abord 
dans des dolomies \ puis dans des dolomies pi us anciennes 

que la base de la formation jurassique 9 \& presque totality 
des zincs carbonates connus (dolomies du devonien, du 

carbonifere, du muschelkalk). Ceci explique la richesse en 
gisements de zinc, des premieres assises, toujours tres 
magnesiennes, par ou debute la formation jurassique 
aulour du Piateau central. 3" Les minerais de zinc carbo- 
nate stratifies sont contemporains de la roche encaiasante 
les minerais en arnas sont beaucoup plus recents, ne sont 
pas du meme age, mais ont fait partie du premier groupe 
dont ils ont ete separ6s par une reaction d'ordre secon- 
dare. En resume le zinc recueilli par les premieres eaux en 
arrivant sur notre globe, et celui que par la trituration 
des roches primordiales, ces eaux ont ajoute a celte pre- 
miere provision originaire, ont meme origine. Telle est 
linteressante conclusion de M. Dareste. 



* 



Sur les Miliolidees trematophordes. 



Exlrail d'un 



memoire de A/. Munier-Chalmas et Schlumberger, par 
les auteurs. 

II y a relalivement peu de Foraminiferes dans la craie 
blanche des periodes turonienne el senonienne ; ils abon- 
dent par conlre dans les couches cretacees intercalees dans 
les assises a Uudistes, comme dans le cenomanien de Tile 
Madame, dans les couches a Hippurites cornuvaceinum, 
de la Provence, des Pyrenees, de TEspagne ou dans les 
depots daniens de Tlstrie. Les especes des mers cretacees 
different des especes actuelles ; il n'y en a pas d'identiques. 
II y a analogie entre les formes eteintes et les especes 
actuelles, seulement a partir du milieu de la periode m ; o- 



carbonate dam les 

M. DieulafaiL 



dolomitiques 



Note de 



6 



polymorph isme 



Una antiqua. Celte espece peut avoir pour point de depart 
de son evolution poslembryonnaire, soit une Quinquelo* 
De nouvelles experiences rapprochees de fails prece- I culina, une Triloculina ou une Biloculina, mais cette 
demment exposes, permettent a M. Dieulafaitde dire que: disposition toule transitoire ne persiste pas jusqu'a Pevo- 
l°les minerais de zinc carbonate sont toujours associesa lution finale, qui presen teles memes caracteres exterieurs 
des dolomies, parce que le zinc, comme les elements de la I quelles que soient les modifications initiales. 



92 



LE NATURALISTE 



Trois genres nouveaux sont decrils : Idalina, Perilocu- 
lina elLacazina. Deux de ces genres semblent tres diffe- 
rents des Miliolidees, quoique appartenant bien a cette 
famille. Les Ltcazina, retrouvees dans les Pyrenees, en 
Espagneet en Palestine par M. Fraas, avaientele decrites 
nomine des Nammnlites dela neriode cretacee. 



Dans une collection de Lichens envoyes a M. le docteur 
Nylander, de l'Ameriquedu Nord, il s'est trouve un Gya- 
lecta corticole a thalle contenant des gonidies chroole- 
poides. C'est une espece nouvelle, qui a cause de ses 
spores brillantes a ete nommee par M. Nylander : Lecidea 
lamprospora. II vient de la decrire dans la 44 e Addenda ad 
Lichenographiam ear opceim (Flora 1885). Si Ton place 
quelques parcelles de ce Lichen sous l'objectif du mi- 
croscope, on apercoit un thalle tres mince sans couches ni 
corticate, ni hypothalline distinctes, compose principale- 
ment de gonidies et de lichenohyphes on filaments medul- 
laires, qui sont des cellules les unes tres allongees, les 
autres plus courtes. Mais divisez ce feutrage ou prenez-en 
Vous connaissez ce probleme physiologique pose depuis I un fragment assez mince pour qu'il soit traverse par la 



NOTE 

SI K LES GONIDIES DIN GYALECTA 

Par 91. labbc HIE 



une vinglaine d'annees, et resolu de deux manieres tout 
a fait difterenles. Les Lichens ont-ils une individualite 



grands filaments sont 



lumiere, et vous verrez que les 

engendres par la gonidie. En effet la masse protoplas- 



propre, ou bien ne sont-ils que Tassociation de deux mique de cette derniere distend la membrane qui l'enve- 



plantes dislinctes, d'une Algue et d'un Champignon. 



loppe, et il se forme une, deux et meme jusqu'a quatre 



Schwendener, avec les botanistes qui le suivent, re- lichenohyphes. Celles-ci out environ 0,004 milim. de dia- 
pond : Contrairement a ce que vous voyez a chaque pas metre. Eiles ne sont done que le prolongement filamen- 
dans la nature, les graines ou spores de Lichen ne sont teux de la cellule gonidiale, et elles ont la memo texture 



pas capables de dormer naissance a un individu semblable 
a celui qui les a produites, e'est-a-dire a un Lichen, mais 
de leur germination il nait un Champignon. Ce Champi- 
gnon, ordinairement un Ascomycete, emet des hyphes ou 
filaments, qui en se developpant rencontrent de pelites 
Algues soit une Sirosiphonee, soit une Noslocacee, ou 
encore une Chroococcacee, une Confervacee, une Chroole- 
pidee, une Palmellacee, etc. (1). Ces Algues deviennent la 
proie de 1'Alcomycete, qui les enterre dans ses filaments 
ramifies et les retient prisonnieres. 11 y a la un menage, 
un consortium, comme le dit M. Van Tieghem, et le 
Champignon vit aux depens de r Algue a laquelle il donne 
appui et protection. 

Presque tous les Lichenologues, en dehors de TAlle- 
magne, rejettent la theorie algo-lichenique. Pour eux I phes ont la meme nature que la gonidie et en sont vrai- 



que cette cellule; de plus leur cavite tubuleuse est en 
grande partie et souvent completemcnt obliteree. 

Nous voila done loin de 1' Algue et^du Champignon ; il y 
a la un organisme unique, dont toutes les parties insepa- 
rables naissent les unes des autres, en un mot, il y a la 
simplement, comme le dit M. Nylander, le thalle d'un 
Lichen. Ce phenomene n'est pas un fait isole, difficile a 
rencontrer dans ce Lichen ; la plupart des gonidies qu'il 
renferme sont dans ce cas. De plus, pour que la gonidie 
se prolonge ainsi en filaments medullaires, il n'est pas 
necessaire qu'elle ait acquis son complet developpement, 
e'est-a-dire qu'elle mesure 0,014 mill, en diametre. On en 
voit de tres jeunes emettre aussi des lichenohyphes. 

Pour prouver que les longues cellules de ces lichenohy- 



les Lichens sont une classede plantes dislinctes des Algues 
et des Champignons, tout en ayant des affinites avec les 



ment formees, j'ai observe le moment ou la lichenohyphe, 
etant en voie de formation, se confond avec la gonidie en 



uns et les autres; pour eux ces plantes ont une indivi- I une masse unique. 



dualite qui leur est propre. M. Nylander, dont il n'est pas 
besoin de rappeler ici la haute competence en fait de Liche- 
nologie, affirme de la maniere la plus formelle et prouve 
dans plusieurs de ses ecrits que les Lichens sont une 
plante simple. D'apres son enseignement, les filaments 
thallins de ces plantes ne sont pas de la meme nature que 
les hyphes des Champignons, et les gonidies, quoique 
ayant certaines analogies avec les Algues, ne leur sont pas 
absolument idenliques. 

Pour rendre aux Lichens leur autonoinie si contestee, 
que faudrait-il? Montrer que les filaments thallins ne cap- 
turent pas d' Algue vivant a Tetat libre a c6te d'eux, mais 
que la gonidie se forme tout entiere dans le thalle des 
Lichens. Je n'ai pas l'intenlion de vous redire les preuves 
de cette formation, que M, Nylander a exposees dans 
plusieurs endroits du Flora. Je veux vous parler d'un Li- 
chen nouveau, dont 1 etude conduit a montrer que chez 
hii les lichenohyphes naissent des parois cellulaires de la 
gonidie. 



De plus j'ai employe differents reactifs sur les gonidies 
formees. La solution de potasse caustique n'a apporte 
aucun changement. La solution d'iode a fait passer au 
rouge vineux les parois cellulaires des gonidies et des 
lichenohyphes, montrant clairement que toutes ces parois 
ont la meme nature. Une preparation ainsi traitee fut 
examinee le lendemain ; rien n'etait change pour les 
parois, mais la chloropbylle de la gonidie avait repris sa 
couleur verte, et le tube medullaire des lichenohyphes 
etait tres apparent. 

Le feutrage, forme de petites cellules confuses qui se 
reunissent ca et la dans le thalle en minces glomerules, 
donne naissance soit aux apothecies, soit aux spermogo- 
nies. Ces cellules ont-elles la meme nature que les goni- 
dies et les grandes lichenohyphes de ces dernieres ? Oui, 
car la solution iodee donne au thalle tout entier une cou- 
. leur uniforme rouge vineuse. Cette reaction prouve, dit 
M. Nylander, que tous ces elements sont penetres de 
lichenine. De plus cetle couleur vineuse s'apercoit'egale- 




LE NATURALISTE 



93 






ment, par le meme moyen, dans le conceptacle de l'apo- 
thecie et meme dans les spores. 

II faut remarquer que Texlremite des grandes lichono- 
liyphes est souvent terminee par une sorle de boulon. 
Celle turgescence, remplie de proloplasma, ne parait pas 
indiquerun arret de vegetation, car de tres jeunes liche- 
nohyphes en sont pourvues, tandis que de tres tongues 
mesurant un dixieme de millimetre, n'en possedent pas. 

Enfin, ce Lecidea a la structure des autres Gyalecta, 
c'est-a-dire des gonidies chroolepo'ides, des apothcvies a 
fines paraphyses, et des spores murales. 

Void la description donnee par M. Nylander in Flora 

1885, p. 318 : 

Gyalecta lamprospora. Nfyl. Thallus albidus tenuis 
opacus ; apothecia nigricanlia superficialia opaca subru- 
gulosa (latit. 0,5 millim. vel minora); spor;r8 mse incolores 
bacillari-oblonga) murali-divisa), longit. 0, 100-0, 110 mil- 
lim., crassit. 0, 010-0, 011 millim., medio subconstrictir vel 
subfracta*, paraphyses graciles, epitliecium cumperilhecio 
et stratum inferum hypothecii fusca. lodo gelatine hyme- 
nialis et sporae fulvo-rubescentes. — Species super corti- 
cem exoticum incerli loci (misit H. Willey), analysi insi- 
gnis. Thallus non corlicatus, omnibus elementis analomi- 
cis simul cum conceptaeulo apotheciorum fulvo-rubescens. 
Gonidia chroolepoideeseriata et filamenta Iicheno hyphica 
emittentia. Pars thalli minute confuseque cellulosa 
parcissima. Theca? pyriformes infra longiuscule stipitata?. 
Apothecia juniora marginata, epithecio impresso. Sper- 
matia arcuata, longit. circiter 0,018 millim., crassit. vix 
0, 0005 millim. 

Gonidium quodvis e pariete suo cellulari crassiusculo, 
etiam gonidia juvenilia, emiltere videmus filamentum 
medullare et saepe duo filamenta talia firma, characteristica 
naturae Lichenum. Manifestissimum est has lichenohyphas 
efficere producliones ipsius gonidii et quidem conlinua- 
tiones parietis cellularis ejusdem. Quid turn evenit fabula 
puerilis symbioseos, nam ubi hie « fungus c vel ubi » 
alga *? In Lichene illo, sicut in aliis, non adsunt nisi ele 
menta lichenica, quod undecunque demonstratur. 



DIAGNOSE 

DU SOUS-GENRE OCllltODElOIA (Mollusques . 



Ochroderma nov. subgenus Tornatellina. 



& 



Je crois devoir devoir fonder une section subgenerique 
des Tornatellina, section que j'appellerai Ochroderma en 
raison de Fun des caracteres tires de l'epiderme, sur une 
espece extremement remarquable decouverte par le 
D r Finsch a Ruk, dans le groupe des iles Hogoleu dans 
l'archipel des Carolines, et decrite en 1880 par M. Ed. von 
Martens, sous le nom bien justifie de Tornatellina gigas. 

Au lieu que les Tornatellince typiques sont de taille fort 
petite, cette espece atteint 44 millim. de longueur. La sec- 



/ • 



tion des Ochroderma peut se caracteriser conime il suit : 



Coquille de grande taille, allongee, solide, blanche et 
revelue dun epidemic d'un jaune ochraci assez caduc. 
Spire altenuee jusqu'au sommet qui est gros et obtus ; 
constitute de6 a 7 tours peu convexes, mais si pares par 
une suture bien indiquee ; les 3 premiers pourvus de rides 
obsoliles et dirigees obliquement et en sens inverse de 
celles bien plus obsolites encore qui sont sur les tours 
suivants : ces rides ne commencant a parailre visibles que 
sur le 2 e ou le 3 f tour. Columelle tronquee a sa base 
subarquee munie de quelques pits pen apparents sur sa 
surface. Une forte lamelle rentrante parietale. Peristome 
simple aigu, sinueux. Ouverture presque droile, d'un 



blanc laiteux a rinterieur; bords minis par une callosile 

luisante, bien visible. 

II exisle dans la meme ile un autre mollusque terreslre, 
la Stenogyra Carolina, Martens, decrite en mnne temps 
que Tespece precedente, et qui, a Texception de la lamelle 
aperlurale etde la taille moindre, presente tout a fail les 
memes particularity que le Tornatellina gigas. Ce fait 
est fort inleressant, parce qu'il prouve une fois de plus 
qu'il ne suffit pas d'un seul caraclere pour le classemenl 
des formes el qu'il faut tenir coinpte de loules les analo- 
gies, 

II existe dans les portions tropicales de l'Amerique un 
genre, le g. Leptinaria, ayant un developpement parallele 
a celui des Tornatellinve oceaniennes dont les especes 
etaient generiquemenl confondues dans le principe, quoi- 
qu'elles semblent se ratlacher au type des Stenogyra, tan- 
dis que les Tornatellina (1) paraissent former une famille 
voisine des Achatinellida*. 

La section des Nolhus 9 Albers, eloignee, a tort selon 
moi, par Pfeiffer, des Lepti?iaria, parait n'en constituer 
qu'un groupe n'en differant que par ['absence de lamelle 

■ 

parietale. Ce rapprochement n'a pas echappe a M. Tate 
qui a decrit deux No thus du Nicaragua, sous le nom de 
Leptinarice, etil me semble justifie. 

C. F. Ancbv 



SPARGANIUM RAMOSUM HDDS, k S. NEGLECTUM BEEBY 



Dans le premier fascicule du Journal of Botany distri- 
bue cette annee, M. Beeby a decrit (p. 20) un nouveau 
Sparganium qu'il indique dans plusieurs localites de la 
Grande-Bretagne ; le Museum de Paris ayant recu fecem- 



ment 



ne glee turn 



envoves 



par l'auteur lui-meme, mon attention a ete attiree sur 
cette nouvelle creation et quelques recherches dans les 
herbiers publics et particuliers m'ont demontre que, si 
cette forme avait ete jusqu'alors confondue par tous les 
auteurs avecle S. ramosum Huds. (S. erectum L. var. a), 
elle n'en existait pas moins dans la plupart des collec- 
tions. 

Cette confusion s'explique d'autant plus facilement que 
les S. ramosum Huds. et neg lee turn Beeby ne different 



(1 Les Tornatellina sont ovovipares, comme les Achatinella. 






M 



LE NATURALISTE 



absoliiment que par la forme des fruits : dans le premier J nom de l'auteur doit ainsi elre toujours au genitif. II 
ces organes sont plus ou moins tronques au sommet et en resulte que des abrevialions comme « Dcsne * ou 
ils represented, comme leditfort exactementGrenier, une « Malvd » ne sont pas correctes. 11 faut necessairement 
pyramide renversee ; dans le S. neglectum, les fruits sont les remplacer par Deesn., Malvd., etc., ces abrevialions 
oToi'des, attenuesau sommet et ont alors un aspect asse7< signifiant : Decaisnei, Malinvaudii, etc. 



nettement fusiforme, de plus ils sont termines par un bee 
plus long que celui qui surmonte les fruits du S. ramosum, 
enfin les ecailles perigonales sont le plus souvent tron- 
quees emarginees ou grossierement dentees au sommet 
tandis que dans le S. ramosum elles sont ordinairement 
arrondies-entieres. 
La planche 326 des Icones de Reichenbach se rapporte 






Xous recevons la lettre suivante : 

Monsieur le Directeur, 
« Dans le N° 10 du Naturaliste 1885, vous avez insere 



plutOt, comme l'a fait remarquer M. Beeby, au 8. neglec- ™*™ iQ de M ; M; R. Koehler extraite du compte rendu 

de la seance de lAcademie des sciences du 12 Janvier 

1885. 

« Dans cette note Tauleur parle d'un Hemiptere hydro - 



tumqu'au S. ramosum ; j'ajoulerai que la meme observa- 
tion s'applique a la plante representee dans le Flora 
Danica (8 tab. 1282), enfin parmi les auteurs de nos flores 
locales francaises j'en remarque plusieurs qui ont connu la 
forme S. neglectum ainsi que cela ressort tres neltemerit 
de leurs descriptions. II est probable qu'avec un peu d'at- 
tention on trouvera le S. neglectum dans la plupart des 
regions oil croit le S. ramosum; en feuilletant quelques 
herbiers jel'ai not6 a Upsal, dans Tile de Gottland (Herb, 
norm. XV N° 78), a Vienne, a Senart, a Compiegne et a 
Meudon, a Antibes, en Sicile et dans plusieurs localites 
de l'Algerie ou il parait plus commun que le type. 

Jene pense pas qu'on puisse considerer le S. neglectum 
Beeby autrement que comme une forme dont il faudra 
desormais tenir compte dans la description du S. ramo- 
sum Huds, et je ne vois la qu'un dimorphisme analogue a 
celui qu'on observe chez le S. simplex Huds (S. erectum 
L. var. b.) ou les fruits tronques et ceux ellipsoi'des fusi- 
formes sont souvent reunis sur le meme capilule. Dans les 
anciens herbiers de Tournefort et d'A. L. de Jussieu e'est 
la forme a fruits altenues (S. neglectum) que Ton trouve 
sous le nom de S. ramosum C. B. Pin. 15; est-ce egale- 
ment cette forme que Linne a eue plus specialement en 



JEpophilus 



sEpoph 



nairei en Thonneur de mon confrere et ami M. le baron 
Bonnaire, de Fontainebleau, qui a trouve ce curieux 
insecte dans File de Re et a qui la science doit deja plu- 
sieurs decouverles importantes. 

< M. Koehler accuse M. Signoret de s'etre trompe de 
sexe dans sa description des organes sexuels de cet 
insecte ; evidemment le critique n'a pas lu cette descrip- 
tion, car il aurait vu que Tauteur est completement 



d'accord avec lui en signaiant l'organe sexuel de la 
femelle comme situe au-dessus de Tabdomen et celui du 
male au-dessous. (St 



um 



(( Reiche. » 



* 
* * 



M. le cointe L. Morlet vient de dormer la description 
dequatre nouvelles especes de coquilles fossiles du bassin 
de Paris. — 1° Phasianella Bezangoni (Eocene moyen 
calcaire grossier — Grignon (Oise). Cette espece ne peut 



vue en creant son S, erectum? e'es tee qu'il est impossible elre confondue avec aucune de ses congeneres, par sa 
de savoir avec les ouvrages de l'illustre Suedois et dans ce forme generale qui est allongee, ses tours tres convexes, 
ce cas, comme clans beaucoup d'autres, Texamen de son I le dernier moins aplati a Pentree de Touverture, laquelle 



herbier ne permet pas de trancher la difficulte. 



Ed. Bonnet. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



est plus ronde que dans les autres especes. Longueur totale 
de la coquille 7 millimetres, plus grand diametre 3; 
longueur de Touverture 2 m!n ,5, plus grande largeur2; 
2° Cancellaria Bezanconi (Eocene moyen — Sables de 
Beauchamp — Acy-en-Multien) ; cette espece voisine de 
Cancellaria canaliculata Desh., du calcaire grossier, s'en 
distingue par sa taille plus petite, sa forme plus etroito, 
ses c6tes longitudinales plus nombreuses, ses stries spi- 
rales plus serrees, son ouverture plus resserree et moins 



Nous trouvons dans une publication periodique la oblique; 



communication suivante de M. Nylander : Questions 



3° Cancellaria semiclathrata (Eocene moyen — Sables 



de nomenclature. — I. On lit dans le Bulletin de la de Beauchamp — Acy-en-Mullien (Oise); cette espece ne 



Socidte botanique 1884, p. 28, un nom specifique 



peut etre confondue qu'avec le Cancellaria separata 



Babillus amylobacter. Mais bacler n'etant ni du grec, J Desh., du calcaire grossier; mais il sera toujours facile de 
ni du latin et n'etant pas declinable, ne peut pas etre I Ten dislinguer par sa taille qui est plus courte, ses c6tes 
admis et doit etre change en amylobacterinus ou amy- \ longitudinales plus grosses et plus ecartees, son ouver- 
loideus ou un autre nom conforme aux regies des langues J ture plus evasee et le nombre des plis de sa columelle, qui 



classiques. 
toutes lettres 



arcticus 



lapponi 



est de trois, tandis qu'il est de 2 seulement chez la Can- 
cellaria separata ; 






»■ 




4° Cancellaria Danieli (Eocene moyen 



Sables de 



Beauchamp — Aey-en-Mullien (Oise) ; cette espece se rap- 
proche da Cancellaria evulsa, Sowerby, mais elle sera 
toujours facile a distinguer de cette derniere par sa forme 
plus courte, ses ornements moins serres, son bord cre- 
nele et son canal fortement reflechi da c6te du bord 
gauche. 



* 



Dans la derniere semaine d'avril 1885, nous apprend 
M. Maurice <iirard, dans le pare de TEcole d'agriculture 
de Grignon (Seine-et-Oise), des quantites innombrables 
& Otiorhy nchus ligustici Linn, ont envahi un champ de 
vesces d'etendue considerable. Ces Charancons avaient 
ete observes les annees precedentes sur des luzernes, 
mais en bien moins grande abondance. Les nouveaux 
semis de vesces allaient disparaitre entitlement rouges. 
Un remede a ete trouve dans l'observation meme des 
moeurs de ces Charancons nocturnes, qui se gitent en 
terre pendant le jour. On a laboure, puis herse sur tout 
le pourtour du champ une large bordure de plusieurs 
metres, qui a ete ainsi eonvertie en gros grumeaux de 
terre. Les Othiorliynchus s ? y sont refugies ; puis on les a 
ecrases sous Taction d'un fori rouleau compresseur. On a 
repete a plusieurs reprises le hersage, ainsi que le pas- 
sage du rouleau, et les depredations du Charancon sont 
'levenues pen importantes. 






M. J. Lambert rappelle dans le Bulletin de la Societe 
geologique de France, les dernieres decouvertes relatives 
a l'etage callovien, dans le sud du bassin de Paris. II se 
rend aux objections de M. Douville et estime que la pre- 
sence d'Ammonites calloviennes (A. macrocephalus , 
A. Bacherice) dans les calcaires oolithiques, autrefois 
rapportes au Bathonien superieur, peut justifier le ratta- 
chement de ces calcaires a Thorizon des marnes a Am. 



les schistes de Commentry. II est difficile de voir le 
nombre des articles des pattes, despalpesetdes antennes 
mais on distingue ces organes sur plusieurs echantillons. 
Le corps est cj lindrique, effile a la parlie posterieure et 
termine par un filament multiarticule aussi 'ong que le 
corps. Les anlennes et les pattes sont trapues. La trie 
parait assez large. Le prolhorax est tres court et le maso- 
thorax ainsi que le metathorax sont egaux entre eux et 
beaucoup plus longs que le prolhorax. Les segments de 
rabdomen sont au nombre de dix, egaux entre eux ; le 
dernier qui porte un filament multiarticule est un peu 
plus long. II m'a semble voir sur Tun des echantillons 
des lames abdominales comrae on en remarque chez les 
Machilis. Tout le corps (antennes, pattes, thorax, abdo- 
men) est recouvert de poils tres nombreux et tres courts. 
Le corps, y compris le filament abdominal, varie entre 
15millim. et 22 millim. de longueur. 

« Cet insecte ressemble morphologiquement aux 
Lepisma et aux Machilis; il en diffore par plusieurs 
raracteres, mais le principal consisle en la presence d'un 
seul filament abdominal chez le fossile. 

c Je designerai cet ancetre des Thysanoures actuels 
sous le nom de Dasyleptus (8oa6$ Xcxri?) Lucasi, le 
dediant a M. Hippolyte Lucas, du Museum d'histoire natu- 
relle de Paris. * 



♦ * 



M. Bedel donne la diagnose d'un Curculionide nouveau 
d'Algerie : 

MagtDaus GftiLATi, n. sp. — Oblonga, atra, antennis tar- 
sisqae piceobrunneis , supra opaca, rugulosa, pube la tea 
variegata vel irrorata; prothorace inermi; elytris 



macu 



fe/noribns omnibus 



a r mat is 



sorum 



pres 



Long. millim.; lat. 4 millim. Algerie : Bugeaud, 

Bone, dans les jardins, sur les cerisiers defleuris, aumois 
de mai. 



macrocephalus. Mais, avec M. Choffat, il pense qu'on est Distinct de lous les Mo g do lis mediterraneens par sa 

ainsi entraine a reunir au terrain oolitique inferieur pubescence jaune, disposee en mouchetures sur la region 
(Dogger) la plus grande partie de l'ancien etage callovien. 



Am 



«ys 



puissent etre separees du terrain oolithique superieur; 
leur faune est pour cela trop intimement liee a celle de 
FOxfordien. La mutilation de Pancien callovien s'impose 



La 



* ¥ 



M. Bureau, professeur de botanique au Museum d'his- 



limite loire naturelle, fera sa prochaine herborisation publiqueie 
principale de Petage doit necessairement etre placee a dimanche 21 juin a Fontainebleau. R?ndez-vous a la 
la base des couches a Am. athleta de la Cdte-d'Or, entre gare de Lyon pour le train de 7 h. 35 minutes. Priere de 
ces marnes et la dalle nacree a Pemostrea Pellati. \ se faire inscrire et de verser le montant du voyage, 

galerie des Herbiers, au Museum de 1 heure a 4 heures 
avant le vendredi 19 juin. 






M. Charles Brongniart vient de faire a la Societe ento- 
mologique la communication suivante : 



Le H. V. Camboue, missionnaire apostolique a Tama- 



Claus range les Thysanoures parmi les Orthopteres, lave, communique les notes suivantes : A la suite du 



ils sont consideres generalement comme etant le type pri- 



Madag 



mordial des insectes. Aucun auteur n'en a signale dans car, les v!3 et 24 fevrier dernier, la plage de Tamatave a 
les terrains paleozoiques. Cependant ils existaient des la ete envahie par une quantite assez considerable depierres, 
periode liouillere, car on en a trouve 15 echantillons dans ■ ponces ou pumites provenant des eruptions de Krakatoa. 




06 



LE NATUBALISTE 



Lors de la premiere apparition de ces ponces sur notre 

rade, celles-ci elaient simplement recouvertes d'amphi- 

trites, tandis que les dernieres venues sont recouvertes 

d'une vegetation verdatre et de coquilies de Mollusques 

l'amellibranches et de Cirrhipedes. Parmi les plantes qui 

se sont le mieux comportees pendant les vingt-quatre 

heures de la tourmente, je signalerai les Palmiers et les 

vegetaux a bulbe. Le Fotabe {Barring tonia speciosa) et 

Foraha (C alophy Hum) ont assez bien tenu. 



OFFRES ET DEMANDES 



M. Ernest Olivier, aux Ramillons, pres Moulins (Allier), 
prie celui de ses correspondants qui lui a adresse une 
carte postale portant le timbre de la poste : Paris, rue 
de Poissy, 30 mai 1885, de vouloir bien lui ecrire a nou- 
veau, attendu qu'il n'a mis que l'adresse sur la carte et a 
oublie d'ecrire au verso. 



# 



M. L. Austaut, a Bellegarde (Ain), offre Ant. Belemia, 
glance, Epinep. V. Philippina, Mel. Ines a*, Harpyia v. 
Delavoiei 9, Zygoena Cedri, ainsi que des coquilies ter- 
reslres et lacustres de la region algerienne contre des 
coquilies lerrestres et d'eau douce bien determinees 
autant que possible d'especes etrangeres a la France. 



* 



M. Bouriez fils, Grande Place, 0, a Turcoing, offre des 
des chrysalides de 1' Urapterix sambucata contre chrysa- 
lides ou papillons d'autres especes ; envoyer oblata. 



* 



Nous annoncions dans un precedent numero du Natura- 
liste de nouvelles collections de 75 especes de Diatomees de 
Californie preparees pour 1 'observation microscopique el 
disposees sur une seule plaque de verre de format ordi- 
naire. Gette preparation fort curieuse, nous dirons meme 
artistique, a eu un plein succes aupres de nos abonnes. 
C'est pourquoi nous presentons aujourd'hui des collec- 
tions de 100 especes differenles el nominees de Diato- 
mees, preparees de la meine facon sur une seule plaque 
de verre. Le prix de la collection de cent especes est de 
25 francs. Nous pourrons egalement fournir sous peu des 
collections de 200, 300 et meme 400 especes de Diatomees 
determinees, chaque collection meme celle de 400 especes 
se trouvant sur une seule lame porte-objet (0,070 x 0,026) 
La cellule n'a jamais plus de m ,015 de diametre ; chaque 
centaine de diatomees n'occupe guere plus de 3 millim. 
carres. 



* 

¥ ¥ 



M. deTarbe, rue Volney, 57, a Angers, offre des chenilles 



populi folia 



* 

¥ ¥ 



Collection de coleopteres europeens a vendre par lots 



1 



Cicindelides, et Carabides, 291 especes et 650exem- 



Bilimehi 



maculala, Car. his- 



panus C. pyrenseus, Imticus, etc.) renfermes dans 12 



X 



2° Dysticides, Gyrinides, Hydrophilides, Staphylinides. 
Sylphilides, etc., 261 especes et 597 exemplaires, dans 6 
cartons 19 x 26. Prix 20 francs. 

3° Lamellicornes, 179 especes et 352 exemplaires (Luc. 
barbarossa, Osmoderma eremila. etc. 1 ) renfermes dans 



X 



4° Buprestides a Heteromeres, 307 especes et 628 
:emplaires {Stemocera castanea Jul. Caitlaudi, etc.), 
nfermes dans 8 cartons 19x26. Prix 30 francs. 
5° Curculionides, 229 especes et 475 exemplaires dans 

cartons 19 X 26. Prix 25 francs. 



6 



o 



Hesper. pallidus, Ros. alpina, Nee. major 



mp 



X 



7 



Chrysomelides, 194 especes et 476 exemplaires, ren- 



X 



* • 



Nous pouvons disposer de quelques beaux exemplaires 
des Coleopteres exotiques suivants : 

Telracha Klugii (Amazon e). 
Cicindela aurulenta (Bresil). 
Lepidiota suspicax (Nias). 
Cerathorrina Dohrni (Nias). 
Chalcosoma atlas (Asie orient.). 
Julodimorpha Bahetoelli (Aust.1. 



4 

1 50 

5 » 

6 » 



Maillandi 



12 
6 



Monohammus 



scutellatus 



id. 



2 50 

2 » 

I 50 



* 



Les Poussins des oiseaux d'Europe, recueil de 
150 planches d'oiseaux en duvet, par Armand et Albert 
Marchand, Paris, 1883. — Prix : 110 francs. 



* ¥ 



A vendre un grand meuble pour collection geologique 
ou conchyliologique, a deux corps, en chene clair; le 
haut forme vitrine : haut. tot. 2™ 50; largeur l m 60. Vi'ngt 
tiroirs dans le bas, haut. int. m 08, prof. m 80, larg du 
tiroir, 0™ 60. M. Raoul Guerin, 125, rue Saint-Martin, Paris. 

Prix : 100 francs. 



Eli RATA 



Dans le numero du 15 mai, 

Page 76, l re colonne, ligne 7 en remontant 
glauques, ajouter : les radicates ; 2 me colonne, ligne 11 
en remontant, apres Racine oblique, ajouter : a divisions. 



apres 



lisez : 

Siroite. 



decim 



centim 



ligne 21, au lieu de etroites, lisez 



Le gerant, Emile DEYROLLE 



5695 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 




T Annto. 



N 



13 




el- ■* 



Jnillel 1885. ; 



/ 






JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le 1" et le 15 de chaque mois 




ADRESSER TOUT CE QUI CONCERNE 

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oretairo de la Redaction 



LES iBONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CUAQUE VNNJE 



Le Journal LE NATURALISTS est rintermddiaire offlcieux da tons les amateurs d'histoire naturelle; il ins£ra 

gratuitement toute demande d'6change et de renseignements scientiflques 6manant de ses Abounds. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 23 MARS 1885. 



Sur un nouveau type de Cordaitee. — Note de MM. B. 
Renault et R. Zeiiler. 

M. Grand'Eury a classe les Cordaitees en trois grandes 
coupes; 1° les Cordattes proprement dits, 2° les Dorycor- 



Poacordattes 



* 



la nervation des feuilles, les inflorescences, etc. Un qua- 
trieme type est offert par des echantillons recueillis a 
Commentry par M. Payol. C'est une extremite de tige ou 
de rameau aplati dont la partie superieure est encore 
couronnee de feuilles. L'epiderme est forme de cellules 
rectangulaires a parois epaissies et on distingue une assise 
de tissu hypodermique. Les cicatrices laissees par les 
feuilles sur les coussinets ont la forme d'un croissant a 
pointes aigues distantes de 4 mill.; la feuille delachee 
offrait a la base une echancrure demi-circulaire venant 
s'adapter sur un coussinet de meme forme, proeminent, 
prolonge vers le bas en une saillie a bords lateraux deve- 
nant presqueparalleles'et distants de 3 mill. ; le coussinet 
et son prolongement mesurent 12 mill, a 13 mill. La partie 
decurrenle du coussinet presente une surface gercee ; il 
faut attribuer ces gercures a la deviation des fibres hypo- 
dermiques ecartees fortement de leur direction verticale 
primitive par l'accroissement rapide et energique des 
lissus sous-jacents ; l'epiderme s'est dechire et ces dechi- 
rures forment l'intervalle vide des mailles d'un reseau 
irregulier que forment les gercures. Quelques Corda'i- 
cladus, le C. ornatus Grand'Eury, entre autres, qui 
provient du terrain houiller de Longpendu (Montchanin) 



presentent des gercures analogues. A parlir de l'eclian- 
crure de leur base, les feuilles s'elargissent, prennent un 
contour arrondi; a 5 mill, de l'echancrure, elles sont 
larges de 8 mill., puis s'attenuent; k 11 mill, du meme 
point, elles n'ont plus que 5 mill, de large. La, elles se 
divisent en lanieres rigides ayant de mm 5 a 3 mill, de 
largeur sur O mm ll a mro 12 de longueur. De fortes nervures 
favorisaient et limitaient la formation des dechirures de la 
feuille; entre les premieres on ne voit pas le reseau cellu- 
laire transversal, si visible dans les feuilles de Cordaites. 
Ces caracleres ont done engage a creer un groupe nouveau, 
les Scutocordaites et le type decrit est le S. Grand' Euryi. 



# • 



Contribution a Vdtude des Fougeres tocdnes de Vouest 
de la France. — Note de M. L. Crie. 

Les empreintesdeFougeres.de la Sarlhe et du Maine-et- 
Loire, provenant des {.res eocenes se rapportent aux 
especes suivantes : 1° Pteris Fyeensis, Crie, rappelant 



-. 



par la forme et la nervation de ses pennules, le PL eocenha 
que Ton rencontre a Bournemouth (Angleterre), cette 
espece est representee par des frondes steriles, trouvees 
dans le voisinage de fragments de tiges, branches et 
petioles qui paraissent s'y rapporler. 2 9 le Lygodium 
Fyeense, Crie, Fougere a feuille palmee et a nervation de 
Cycolpteris ; il se rapproche du L. Palinatum de l'Ame- 
rique septentrionale, vivant actuellement et parait voisin 
du L. Dentoni fossile du lignilic group de lAmerique du 



m 



L ygodiu mKau Ifassi 



ium dicholomum 



actuellement; 4° YAsplenium cenomanense, Crie, de forme 
analogue ou identique a YAneimia subcrelacea, Sap., des 















r 



98 






LE-NATU-RALISTE 



flores fossilesde Sezanne et de Bournomouth; 5° enfin, le 
Cheilanthes andegavensis, Crie, nouvelle espece des gres 
eocenes de ChetYes (Maine-et-Loire). 



* * 



Le soulevement de la Cdte-d'Or est poster ieur a 
Vepoque albienne. — Note de M. J. Martin. 

Divers lambeaux albiens ont ete decouverts par M. J. 
Martin, il y a une dizaine d'annees, a Marsaunay-le-Bois, 
Saint-Julien, Clenay, Bretigny et jusqu'a Asnieres ou 1'on 
en voit deux ilots au voisinage immediat du reseau de 
failles qui rend cette localite tres interessante. Or les 
sables siliceux sant frequents a l'entree des courbes 
qui entaillent la c6te de la mer cretacee perpendiculaire- 
ment a sa directions ils remplissent souvent des poches 
tres volumineuses, au flanc de la chaine, dans les calcaires 
de la grande oolitbe ; on constate egalement la presence,en 
notable proportion, de menus grains et degalets de quartz 
enamandes, ausein des conglomerats etautres sediments 
tertiaires. Ces diverses observations iendaient a prouver 
1'existence des sables du gault en ces parages, avant le 
soulevement de la C6le-d'Or. Une immense erosion datant 
des commencements des temps tertiaires et se continuant 
avec eux, a accumule un gigantesque remblai de male- 
riaux coralliens et portlandiens dans la plaine, jusqu'au 
pied de la c6te; les calcaires portlandiens ont disparu du 
faite de la chaine alors que le corallien y offre encore de 
rares temoins. M. Martin adecouvert en outre un lambeau 
de l'etage albien au flanc du mont d'Afrique, a 550 metres 
d'allitude et a un niveau depassant la hauteur de la chaine ; 
quoique paraissant avoir subi un mouvement prononce de 
descenle, ces restes sont encore voisins de la levre sur- 
elevee de la faille. Ils prouvent done 1'existence normale 
du gault sur ce plateau avant qu'il ait ete porte a la hau- 
teur actuelleparle soulevement de la Cote-d'Or. Cetemoin 
des dep6ls albiens, forme de sables siliceux jaunatres ou 
r:ugealres, est superficielle et conlient peu defossiles; 
on y trouve cependant des Ammonites Beudanii, Amm. 
splendens, Amm. mamillaris et Plicatula radiola. Ces 
sables albiens ont du etre deposes primitivement sur les 
calcaires kimmerido-portlandiens, comme dansleslocalites 
voisines de la Cote-d'Or, oil manquent genera lement le 
neocomien et toujours l'aptien; lorsque le soulevement 
s'est produit, ils se sont eboules dans les crevasses infe- 
rieures qu'ils ont remplies. Puis les pans de roches qui les 
abritaient, mines par la base, s'etant ecroules sur les pentes 
des marnes qui leur servaient d'abri, les sables siliceux les 
ont suivis et se sont etales comme on le voit aujourd'hui. 






Bemarques complementaires sur les tortues deMada 



gascar 



Note de M. L. Vaillant. 



De l'examen attentif des debris de Cheloniens gigan- 
tesques trouves a Madagascar, M. Vaillant conclut al'exis- 
t de deux especes dietinetes, la Testudo Grandidieri 
{Emys gigantea, Grandidier) et la Testudo abrupta, 




Grand. Ces deux Cheloniens terrestres completent la serie 
des etres analogues qu'on rencontre existant encore ou 
eteints, a l'ilot d'Aldabra, a Maurice, al'ile Rodriguez, aux 
Galapagos, ou Ton trouve a la fois deux especes a carapace 
epaisse et plaques cornees rugueuses, a c6te d'animaux 
offrant les caracteres inverses. La presence d'une plaque 
nucleale et leur gulaire double, rapproche les Tortues de 
Madagascar des especes d'Aldabra plus que de celles des 
Mascareignes ou des Galapagos. 



STANCE DU 30 MARS 1885. 

Sur la faune pelagique de la mer Baltique et du golfe 
de Finlande, — Note de MM. G. Pouchet et J. de Guerne. 

MM. G. Pouchet et J. de Guerne ont etudie des peches 
au filet fin, executees par le prince hereditaire de Monaco, 
a bord de son yacht YHirondelle, dans la Baltique. Ces 
peches s'etendent depuis 54° 59' latitude nord et 14° 48' 
longitude est de Paris, jusqu'au fond du golfe de Finlande, 
et ont ete faites du 14 aout au 15 septembre 1884, par 
beau temps, souvent en plein soleil, de 9 heures du ma- 
tin a 4 heures du soir; la temperature de la surface de la 
mer a varie de 14 a 16 degres. Ces peches ont donne presque 
exclusivement des Crustaces cladoceres et copepodes avec 
une grande quantise de petites algues, qui contribuent a 
donner aux eaux de la Baltique une couleur vert-olive ca- 
racteristique. Dans le golfe de Finlande, on rencontre des 
crustaces d'eau douce nettement caracterises comme pi- 
lagiques lacuslres; tels sont : Cyclops quadricornis, Da- 
phnella brachyura, Daphnia quadrangula y Bosmina 
longirostris. Cette derniere espece forme les trois quarts 
des animaux obtenus par la peche en ces parages ; elle est 
associe a V Hy alodaphnia Kahlbergiensis et a une forme 
pelagique marine, X Evadne Nordmanni, qui devient plus 
frequente a mesure qu'augmente la salure de l'eau. 



Evadne 



Bosmina 



Bosmina 



trouve dans le Sund, en 1868, par P. E. Miiller et, en 1884, 
a Kiel, par Mobius, est une simple variete de celle du 
golfe de Finlande. Parle travers de Gotland, les Copepodes 
marins forment un tiers des peches; le reste se compo- 
sant surtout d'Evadne. Enfin, vers 54° 59' latitude nord, 
apparaissent .quelques embryons de Lamellibranches.' 



Temora 



pour 



matres ; il est repandu dans toute la Baltique et entre 
pour une bonne part dans la nourriture de certains pois- 
sons. L'ensemble de ces peches est tel que la faune pela- 
gique du golfe de Finlande rappelle, par l'ensemble de ses 
caracteres, celles des grands lacs de l'Europe. Comme 
dans les lacs scandinaves, certaines especes de Cladoceres 
sont tres nombreuses et souvent attaquees par des crypto- 
games parasites. 

La presence de nombreux infusoires et de rotiferes du 
genre Anurcea augmente l'analogie de cette faune avec 
celle des lacs suisses : le lac Leman a 20 degres a la surface 






LE NATURALISTE 



99 



sees el elles devaient, aulant que j'ai pu en juger, avoir 
deja accompli leur troisieme mue. Dans cet dat, elles 
etaient d'un vert d'herbe claire avec trois lignes longilu 
dinales plus foncees; l'une sur le milieu du dos.lcs deux 
autres sur les coles mais plus largesque la precedonle, et 
enfin au-dessus despaltes, une aulre ligne d'un beau rose 
carmine. Je les ai nourries avec des graminees croissant 
ainsi conduit d'unemerpresque douce aux formes lacustres I dans mon jardin; et, apres une periode dequinze jours, 
a fades marin que l'on a rencontre dans la plupart des elles ont pris leur livree definitive qui a differe de tout au 
lacs d'Europe. Adraetlant que les Cladoceres lacustres de- tout de celles qu'elles avaient revetue precedemment. 
rivent des Cladoceres marins, dans quelle direction le Voici la description exacle de ces chenilles a leur derniere 
transport a-t-il eu lieu par l'intermediaire des oiseaux mi- periode. Disons d'abord que, comrae forme, elles sont 
grateurs? Ce transport ne pouvant s'effectuer que grace moinstrapues que leurs congeneres. Elles sont plus allon- 
aux ceufs d'hiver, on verra que tout, ou partie de la popu- I gees et surlout plus effilees posterieurement. Cette at- 



en aout et septembre. Pour le bassin central de la Baltique 
jusqu'A TOder, il offre des caracteres de transition entre la 
faune pelagique des eaux douces et celle des eaux forle- 
ment salees ; on voit que le Podion intermedins qui 
supporte, dans la Mediterranee, une salure de 3,7 a 
3,9 p. %, vit egalement dans le golfe de Finlande oil l'eau 
n'offre plus qu'une salure de 0,073 p. %• On est done 



lation des lacs, si telle est son origine, a du se repandre 
du Nord au Midi, e'est-a-dire des eaux saumatres, oil vi- 
vent les Evadne et les Podion, aux eaux completement 

douces des lacs. 



1 



* 



llorxian 



Note de M. Stan. Meunier. 



La roche se rencontre a Cussy (Sa6ne-et-Loire) sous 
forme de marbre, exploite commepierre a chaux; elle est 
compacte, d'un noir profond, avec des fissures incrustees 
de calcile blanche. Elle constitue un lambeau enclave dans 
les porphyres, separe des masses stratifiees de la region, 
et d'un age inconnu. A la loupe, on reconnait des debris 
organises et l'on distingue, au microscope, une veritable 
abondance de fossiles varies, oil Ton peut affirmer la pre 
sence de foraminiferes. Le fossile le plus abondant offre 
tousles caracteres du Saccamina Carleri, Brady; lequcl 



tenuation se produit regulierement et insensiblemenl do- 
puis le milieu du corps a peu pres jusqu'a la naissance 
des deux pointes caudales qui sont de dimension normale 
et tres rapprochees l'une de l'autre. Leur peau toute nue 
est finement ridee dans le sens transversal et notamment 
au-dessus de la region des pattes. La nuance du fond est 
d'une couleur de chair un peu jaunatre qui laisse bien 
apparaitre les lignes longitudinales. La vasculaire est fine, 
assez mince, bien continue depuis la tele jusqu'a la nais- 
sance des pointes et insensiblement attenuee a ses extre- 
mites, elle est d'un brun clair un peu verdatre. Los deux 
lignes laterales soul identiqifes a la precedenle, com me 
forme et nuance mais elles sont plus larges, toutes trois 
sont bordees de chaque cole d'un leger filet jaune pale. 
Onremarqueen outre, entre la bande vasculaire et cha- 
cune des laterales, une ligne tres mince d'un brun Ires 



efface et au-dessus des pattes une autre ligne jaunatre 
inieux accusee. La tete de grossenr moyenne est de la 
couleur du fond; elle est herissee de poils courts con >- 
abonde dans le calcairede Vise, de Belgique et dans le I lores et marquee de quatre trails brun diriges parallele- 
Scarlimestone du Westmoreland, ainsi que dans le cal- merit d'arriere en avant mais en divergeant un peu vers 
caire carbonifere inferieur de l'Ecosse. Avec lui, dans la 



Quant 



roche de Cussy, se montreun foraminifere a section ogi- | et a la face ventrale, elles ont la couleur genorale de 1 

robe. Pour se transformer en chrysalides, ces chenilles se 



devra 



linage genre Litnola, des Endothyra, des Climacam- creusent dans la terre au pied meme de la plante nourri- 



mina 



ciere une cavite ovale, assez spacieuse dans l'inlerieur de 
sections rectangulaires (l'une d'elles terminee par une I laquelle s'opere la derniere metamorphose. D'apres les 
sorledetete arrondie), que l'on peut considerer comme renseignements que j'ai pu recueillir, et que j'ai tout lieu 



des vegetaux. 






DESCRIPTION DE LA CHENILLE 



de supposer tres exacts, l'oeuf d'oii provient cette che- 
nille est d'un blanc pur, de forme ovalaire et un peu tron- 
que au bout de ses deux axes, avec des c6tes tranchantes 
et profondes dirigeesdans le sens de la longueur de l'oeuf . 
La ponte a lieu en aout, et l'eclosion des petites larves 
s'opere au bout d'un intervalle de trois semaines a un 
mois. Celles-ci restent fort petites tout l'hiver el la 
croissance ne commence a devenir sensible qu'en mars de 
l'annee suivante. La chenille adulte que j'ai pu etudier a 
loisir estextremementparesseuse, elle se meut lenlement 
et reste cachee pendant le jour au fond de la toutfe de 
amWh^i complin l'Mstoir^ I graminees qui lui sert d'abri ; ce n'est qu'a l'approche de 

Chenille dont la nuit Quelle monte sur les tiges pour prendre sa nour- 



DU SA^RUS SYLVJCOLA 

(Austaut, le Naturaliste, n° 36, 1o septembre 1880.) 

J'ai decrit dans le numero precite du journal le Natu- 
raliste, les deux sexes de cette • nouvelle espece alge- 
rienne dont M. Charles Oberthur a ensuite represenle la 
femelle dans la 6 e livraison de ses Eludes <X Entomologie, 
pi. 3, fig. 2. Je viens 
de cette espece en faisant connaitre sa 
j'ai pu me procurer, par le plus heureux des hasards, quel- 
ques exemplaires vivants deja tres developpes. C'est des 
environs d'Oudja (Maroc) que ces Chenilles m'ontete adres- 



riture. 



M. Charles Oberthur, dans l'article qtfil a consacre a ce 
tvrus dans la6 a livraison de ses Eludes d' Entornologie 


















100 



LE NATURALISTE 




pour la question de savoir si les Saiyrus Sylvicola Austaut 



ronces. M. Boutigny, sous-inspecteur des forets, la retrouva 



et Ilausii Austaut sont bien des especes separees ou J a Lourdes, en 1856, dans un mur de soutenement recou- 
simplement des races geographiques de notre Statilinus vert de mousse. En 1858, M. Mabille la decouvrait sur les 
(Fauna). J'avoue que cette question me semble aisee a re- coteaux escarpes de Saint-Jean-de-Luz, enfouie sous les 
soudre dans le sens de l'independance reciproque de ces | pierres et dans la mousse, a l'ombre des orties. Plus tard 
deux types et de leur separation d'avec l'espece francaise 
J'ai deja signale en effet que Ilausii et Sylvicola cohabi 
tent a Sebdou tout en conservant leurs caracteres parti 
culiers et sans presenter de transitions bien appreciates 



nom 



M me la marquise de Paulucci en recueillait une assez 
grande quantile aux Eaux-Chaudes. Mais grace a de zeles 
ccnchyliologistes francais : MM. de Folin, Berillon et de 
Nansouty, elle n'est plus aujourd'hui rarissime comme a 
l'epoque de sa decouverte. 

G'est dans les environs de Cambo, puis sur la cdte de 
Mouguerre et a Mousserolles, pres Bayonne, enfin a Sarre 



eloignes et differents sans eprouver de variations sen- 



breux exemplaires des deux especes que j'ai recus,des en 

virons d'Oudja, que les choses se passent absolument de w 

la meme maniere au Maroc. Aussi voila deux formes op- I et a~01hette que ces naturalises la trouverent en assez 

posees Tune a l'autre qui viventc6te a c6te dans des sites j grand nombre. Un do nos bons amis, le lieutenant Watte- 

. . . bled, z trouveY Helix cons irictaauMondarain,kEsj>elette 

sibles,qui restent bien dislinctes quoique les conditions et a Cambo, sous les pierres et souvent enfouie a une 
chmaleriques soient idenliques pour toutes deux. On certaine profondeur. « On peut done dire, ecrivait M. de 
pourrait soutenira la rigueur que notre Statilinus puisse Folin, qu'elle vit sur presque toute la superficie de la re- 
devenir en Barbarie soit Ilausii, soil Svlvicola en subis- gion extreme du sud-ouest de la France. > 
san I la loi des milieux. Mais qu'il devienne Pun et l'autre Pendant mes frequents voyages sur noire frontiere 
a la fois dans le meme habitat, e'est ce qu'il est diffi- | d'Espagne j'ai suppose que la nature du pays etant la 

meme que dans les localites indiqnees ci-dessus, je devais 
retrouver V Helix constricta; mes recherches ont ete cou- 
ronnees de succes, et je puis indiquer aujourd'hui deux 
nouvelles stations de cette espece : Behobie et Hendaye. 
C'est dans cette premiere localite que je dirigeai d'abord 
mes recherches en compagnie rt'un de mes amis qui fut 
assez heureux pour trouver le premier exemplaire dans 
les c6teaux boises situes derriere le cimetiere de Behobie ; 
nous en trouvames plusieurs autres adultes, mais la ma- 
jeure partie des individus trouves etaient encore jeunes et 

ne furent pas recueillis. 

Dans le courant du mois dernier nous avons retrouve 
cette Uelice en deux points tres elcignesl'un de l'autre, sur 
le territoire de la commune d'Hendaye. Le premier est situe 
dans des c6teaux, a droite du chemin qui va du village a 



cile d'admellre, puisque cette assertion serait en opposi- 
tion uvec le principe meme des variations geographiques. 
II faut done conclure logiquement que ces deux formes 

sont des especes separees et independantes tout a la fois 

de Statilinus. 



Bellegarde, ce 18juin 1885, 



Austaut 



NOTE 
SIR V7IELIX CONSTRICTA (BoubeeJ 

Cost en 1836 que cette espece, rarissime alors, et au- 
jourd'hui encore une des plus rares de France, fut decrite la P la S e ' au-dessus du baraquement servant provisoire- 



Monde 



par Boubee 

probablement peu repandue, puisque cette espece resta 
inconnue pendant longtemps. 

Lorsqu'en 1S47, M. l'abbe Dupuy la mentionnait dans 

mollusques 



ment d'abattoir; l'autre est sur les hauteurs qui dominent 
la mer, avant d'arriver au chateau d'Arragoria. 

•Dans le ]>remier site nous trouvames V Helix constricta 
sous une pierre, au milieu de hautes herbes, et dans le 
deuxieme parmi les broussailles, au pied d'une haie, tan- 



douce de France, il ne la decrivait pas de visu les deux dis <I ue dans les Dois ^ e B e u °l> ie eIle vit au pied des 

seuls exemplaires connus se trouvant dans la collection chenes, sous la mousse epaisse ombragee par des fou- 

deM. Boubee. Ce conchyliologiste les avail recusdudocteur geres. Toutefois je dois reconnailre que jusqu'a present 

Pi I tore, qui avail trouve cette espdee a Saint-Martin d'Ar- le nomDre d'individus rencontres^st tres minime; mais il 

beroue, petite localite d'environ 500 habitants, situe pres suffit P our etaDar deux nouvelles stations de cette rare 
llasparren (Basse-Pyrenees). C'est en souvenir de celui qui 1 es P^ ce el > si mes recherches ne sont pas infructueuses, 

" " j'espere pouvoir ajouter bient6t de nouvelles localites a 



nomma 



II el ix 



sous laquelle elle est connue aujourd'hui. 



lui restitua la denomination celles d ^ k connues - 



Histoire 



Albert Granger. 



mollusques ierrestres et fluvialiles 



Helix 



pes 



Cette Ilelice avail ete trouvee par le docteur Pittore dans 
les ruines d'un moulin, sous des pierres couvertes de 
mousse et ombragees par des orties, des fougeres et des 








— ■ 






LE NATURALISTE 



101 




VARIETES 



vante : 



mecte pendant que le poisson est a sec, ce qui permet a 
ces animaux de se rendre a terre et d'y ramper a une 
assez grande distance des ruisseaux ou des etangs qui 
font leur sejour ordinaire. lis habitent les eaux douces 
Un de nos collaborateurs nous adresse la lettre sui- | de l'lnde et de l'Afrique meridionale. Genre Anabas, 

Spirobranchus, Osphromenus, Trichogaster, Polyacan- 
thus, et meme Macropodus consid£re par le D r Gunther 
comme une variete de Poly acanthus. 

Nous nous associons a l'idee de notre collaborates qui 
demande une enquele serieuse et nous prions les lecteurs 
du Naturaliste de vouloir bien nous communiquer tous 
les renseignements qu'ils pourront recueillir sur cot 
etrange animal. 



Mon cher Directeur, 



t Depuis quelquesmois divers journaux nous racontent, 
comrae faitpeu connu, ou dumoins curieuxel interessant, 
les moeurs de l'Anabas, cet illustre poisson de Hade; on 
nous le montre comme un ascensionniste emerite, grim- 
pant au faite des paimiers pour faire une petite ribotte su- 
cree; on nous le fait voir aussi comme excursionniste en- 
rage, franchissant a nageoires seches des espaces insen- 
ses, a la recherche d'un but mysterieux. D'illustres sa- 
vants ont rapporte ce qu'ils connaissaient de ce curieux 
animal et de ses exploits legendaires, en 6mettant cette I Flore de la Gironde. 2 mC Fascicule. 



BIBL10GRAPHIE 



Caliciflores 



opinion que le fait d 'avoir trouve un poisson sur un arbre 
ne prouvait pas absolument qu'il y avait grimpe, et qu'en 
tous cas il fallait attendre de nouveaux faits certains pour 
admettre la possibility d'une pareille gymnastique ; d'au- 
tant, qu'a part les epines dont sont amies la queue, les 



(l re partie). Par Armand Clavaud. 



II y a environ deux ans, j'avais I'honneur d'appeler 
l'attenlion des lecteurs du Naturaliste sur une nouvelle 
et tres remarquable publication botanique, dont un pre- 



•™~™;«™ ^ i ^^ ~~*JL a~ i»a-^k«„ ™™ ^or,o on n^t™ Hiier fascicule venait de paraitre sous le tilre de : Flore 
nageoires et les ouies de lAnabas, rien dans sa contor- -J; . 



malion interne ne semblait indiquer une grande elasti- 



de la Gironde\ ce travail etait du a la plume aussi exercee 



cite de la colonne vertebrale dans un plan vertical, elasti- | que bien connue de M. Armand Clavam], le sav.n.t profes- 
cite absolument necessaire pour permettre les ascensions 
qu'on lui altribue. Sous pretexte que TAnabas est voisin 
des Perches on le fait monter au mat de cocagne. 



seur du cours de botanique de la ville de Bordeaux. 

Dans le long article que j'ai consacre,dans les colonnes 
de ce journal (1), a Tanalyse du premier fascicule de la 



« On ajoute, fait nouveau a enregistrer, que l'Anabas a ?ouvelle Flore de la Gironde, j'ai fait connaitre d'une 



dans la bouche un appareil clos oil il emmaga^ine Teau 
necessaire pour rafraichir ses branchies, pendant ses 
excursions variees hors de son element naturel. 

« Si Fhistoire est vraie, il y a lieu de tenter racclimatntinn 
de ce singulier animal ; on payerait cher pour le voir arri- 
ver premier au haut d'un mat, concurremment avec un 
singe et un ours et separement pour eviter les distrac- 
tions. 

c Je serai desiroux de savoir ce qu'il y a de fonde dans 



facon suffisamment detaillee quelles etaicnt les particu- 
lariles de cet ouvrage, les nombreux avantages qu'il offrait 
quant a la methode qu'il inaugurait, sa haute valeur scien- 
tilique et philosophique, son plan d'ensemble en un mot; 
j'ai dit enfin tout le bien que j'en pensais et rendu, au 
nom dela science etdemes confreres, un hommage public, 
et, je le crois, bienmerite, a Teminentbotaniste qui Tavait 
fait naitre. Aussi, me dispenserai je de revenir aujour- 
d'hui sur mes appreciations d'alors, puisque je n'ai pas 



Natui 



t G. D. 



» 



ces histoires ou legendes. Je fais appel aux lecteurs du lieu deles modifier maintenant en quoi que ce soit, sice 

n'est cependant pour les rendre plus elogieuses encore. 

Mon unique but, en prenant aujourd'hui la plume, est 
d'annoncer aux lecteurs de cette feuille que M. Clavaud 

Ivient de mettre a jour un second fascicule de sa Flore. Si 

En effet, bien des legendes ont circule sur ce curieux I je m'empresse d'annoncer cette bonne nouvelle a mes 
poisson et il ne nous est pas possible de faire la lumiere. lecteurs d'il y a deux ans, c'est parce queje sais que 
Dans le Traite de zooltigie de Claus, nous relevons les ca- beaucoup d'entre eux attendent impatiemment Tarrivee 
racteres de la famille des Labyrinthici dont l'Anabas fait de ce deuxieme fascicule, qu'ils seront bien aise d'apprecier 



partie. Corps comprime, 



allonge ou 



epais, revetu de sans retard. 



grandes ecailles qui couvrent plus ou moins complete- 



Je crois utile de le rappeler ici, le premier fascicule de 



ment la tete, les pieces de l'opercule et les nageoires dor- j la Flore de la Gironde^ qui a fait Tobjet de ma premiere 
sale et anale. Pseudobranchies rudimentaires ou nulles. analyse, etait consacre aux plantes dites : lhalamiflores, 
Nageoires ventrales situees sur la poitrine. Le caractere etl'atlas qui Taccompagnait se composait dehuit planches, 



le plus important de cette famille est tire de la structure 
particuliere des os pharyngiens superieurs, qui sont 
divises en petits feuillets plus ou moins nombreux, irregu- 
liers, interceptant des cellules dans lesquelles il peut de- 
meurer de Teau qui decoule sur les branchies et les hu- 



dessinees avec le plus grand soin et d'apres nature, par 
l'auteur lui-meme. 

Le deuxieme ou nouveau fascicule que je me propose 



(i) Voir les num6ros des !•», 15mai et l ,r juin 1883. 







102 



LE NATURALISTE 



d'analyser rapidement ici, traite des plantes Calicifiores . sections qui sont dans le genre en question au nombre de 
(l re partie) et son atlas comporte quatre planches. I 

Les families decrites dans ce nouveau volume sont peu comme dans le cas precedent, plusieurs de ces sections! 



Ntssolia^Eulathyrus 



nombreuses, cinq seulement : Celastrinees, Ilicinees y 



Rhamn£es 



La derniere 



surtout la derniere, sont admises au rang generique par 
les auteurs. Mes collegues savent aussi bien que moi quels 
sont les faibles caracteres sur lesrmels on a von In annnvpr 



page de la livraison commence les AmygdaUes, en don- 

nant les caracteres de cette famille et une partie de la I ces genres ;je me garderai done deles rappeleHci; 



Pomades devant fair 
fascicule de rouvraffe. 



A mygda lees 



je 



me contenterai seulement de dire que ces caracteres 
tires des particulariles morpologiques que presentent les 
organes foliaires de ces plantes, sont si peu importants, 
Parmi les families decrites dans le nouveau fascicule, I <I ue tout esprit reflechi qui les envisage a leur juste 
il en est quatre, qui, representees dans la Gironde par un valeur morphologique et organogenique n'hesitera pas a 
petit nombre de types specifiques solides et non contro- se rallier a la maniere de voir de M. Clavaud, etrenoncera 

• . ft . 



verses, ne presentaient pas de difficultes particulieres, je 
n'en parlerai done pas ; mais en revanche, la cinquieme, 
la grande et importante famille des Papilionacees ou 



immeases 



a voir en eux des caracteres susceptibles de motiver une 
coupe generique* 

Dans ces derniers temps, beaucoup de botanistes, a 
l'exemple de Parlatore, ont perdu la notion exacte du 
cultes a vaincre. Cette famille, en effet, non seulement genre, e'est-a-dire lui ont attribue une valeur bien diffe- 
renferme en elle des genres, des sections et des groupes rente de celle que lui donnaient les fondateurs de la bota- 
nombreux, mais encore dans la plupart de ces genres, de nique; cette multiplication a l'exces des coupes generiques 
ces sections ou de ces groupes, une multitude d'especes, offre a mes yeux de graves inconvenients et doit etre 
de varietes et de formes de valeur tres inegale et qui, deploree et redoutee au meme titre que le desastreux 
d'apres l'exceilente methode de M. Clavaud devaient etre | demembrement specifique, ceuvre de l'ecole dialytique, 

qui a si profondement embrouille notre nomenclature et 
dont les desavantages n'ont heureusement plus besoin 
d'etre demontres ; le demembrement generique aussi bien 
que le demembrement specifique ayant pour resultals 
certains d'apporter la confusion, d'exiger de notre memoire 



placees sous la dependance de stirpes, dont la latitude et 
la constitution ne laissaient pas que de presenter, quant 
a leur fixation, de grandes difficultes. Operer avec integrite 
et en tenant compte de leurs affinites reciproques, le 
groupement et la subordination de toutes ces formes 
vegetales, n'etait done pas travail aise. Pour y arriver, I un travail aussi considerable que fastidieux et pueril, enfin 



deux choses elaient absolument necessaires a l'auteur, 



d'enlever a notre science tout interet philosophique. Nous 



d'une part, une connaissance profonde et complete du devons done savoirgre aux botanistes qui, comme M. Cla- 

sujet, de l'aulre, une precision et une rectitude de juge- vaud, reagissent energiquement contrela tendance multi- 

ment appuyees sur un esprit philosophique tres accentue. plicatrice du moment, en rendant au genre, aussi bien 

Grace a la possession de ces rares et precieuses qualites, qu'a l'espece, leur valeur primitive et leur signification 

qui caraclerisent le vrai savant, M. Clavaud a su vaincre logique. 

toutes ces difficultes et trouver une solution logique au A pr0 pos du genre Medicago, que l'auteur a particulie- 

probleme ardu qu'il avait a resoudre. menl bien tpaTl6> je ferai rem arquer qu'il a eu l'heureuse 

Pour la famille qui nous occupe, l'auteur ne s'est pas inspiration de completement negliger, aussi bien dans son 

contente de donner seulement une clef analytique des tableau dichotomique que dans ses descriptions, de faire 

genres qui la composent, comme il l'avait deja fait si appel, pour le groupement et la distinction des especes, 

heureusement dans son premier fascicule, pour la famille aux caracteres empruntes au mode d'orientation de la 

des Cruci feres, il a fait suivre ici son excellente clef spire, formee par l'enroulement de la gousse du plus 

dichotomique d'une analyse aystematique tres soignee, grand nombre des Medicago; nous devons lui en etre 
qui permet beaucoup mieux qu'avec la clef, de se rendre | reconnaissant, car ces mots enigmaliques : gousse dexlre, 



rapidement compte de la nature et de la valeur des grou- gousse senestre, que nous trouvons dans beaucoup de 
pements adoptes pour les especes de cette famille. Dans nos flores, ne disent absolument rien de certain et sont un 
ce tableau, qui resume aluiseul et a lafois, toutela famille veritable coup de massue pour le debutant et aussi pour 
etl'esprit synthetique de l'auteur, il est bon de remarquer, | bon nombre de botanistes, parceque leur signification est 

le plus souvent incertaine et de plus variable suivant les 
auteurs; on sait du reste que beaucoup d'especes dites a 
gousse dextre peuvent se presenter a gousse senestre et 



a propos de certains genres, des genres Vicia et Lathyrus 
par exemple, que If. Clavaud donne au genre, et a ceux-ci 
en particulier, une latitude beaucoup plus considerable 
que ne le font la plupart des floristes; ainsi les genres 



vice versa. Avec la dichotomie et les descriptions de 



Faba y Vicia, Cracca, Ervum et Lens, acceptes par M. Clavaud, les difficultes sont supprimees et l'eleve 
beaucoup d'auteurs, sont pour M. Clavaud de simples arrivera sans peine a determiner rigoureusement les 



sous-genres du genre 



imo. I especes qu'il aura recoitees dans ses herborisations. 



Dans le genre Lathyrus, nous retrouvons le meme grou- 



Comme dans son premier fascicule, M. Clavaud n'a point 



pement synthetique, avec cette minime difference, que abuse aujourd'hui de la facilite que lui octroyait sa 
nous n'avons plus affaire a des sous-genres, mais a des » methode, pour creer des noms nouveaux, je ne remarque 





LE NATURALISTE 



103 



en effet dans son dernier travail que deux noms specifiques 
ou plutot slirpiques nouveaux; d'abord celui de Vicia 
Unguiculata Clavaud (1) nom du stirpe constitue par 
l'auteur pour les Vicia Villosa-Rolh. et Vicia atropur- 
purea-Desf. avec leur varietes et formes ; ensuite le nom 
de stirpique toujours de Pisum Commune-Clavaud, pour 
le stirpe constilue par les trois Pisum, Arvense-L., 
Sativum-L. et Tuff etii- Less. Pour ce genre, l'auteur a pris 
soin de nous donner deux clefs analyliques, Tune pour la 



en dehors de ces limites; or il est aise de comprendre que 
ces especes peuvent tres bien exister en realite dans la 
region etudiee ou elles n'ont pas ete signalees, faute de 
recherohes suffisantes, ou bien encore peuvent ne pas 
y exister en ce moment, maia y apparaitre un pen plus 
tard comme nous le constatons si sou vent. Les negliger 
dans une flore regionale est done commettre une faute et 
Iaisser une lacune. M. Clavaud, toujours le premier dans la 
voie des ameliorations, s'est garde de tomber dans les 
fleur, l'autre pour la graine; les deux premieres especes I momeserrements dela plupartdeses devanciers, puisquil 
que je viens de nommer ont les graines lisses, la troisieme prend soin dans sa Flore de decrire (en petils caracleres, 
seule les a finement granuleuses. A propos de ces trois pour bien les distinguer) et de placer aux dichotomies les 
interessantes ptantes, M. Clavaud fait dans son livre des especes qui croissent en dehors mais proche de son champ 
remarques fort instructives et que je me permettrai de d'etude et peuvent t6t ou tard y etre observees. C'estainsi 
resumer ici. Pour lui, les Pisum Arvense-L. et Pisum que nous trouvons decrit dans son nouveau travail, le 
Sativum-L. non seulementne sont pas spontanes dans la Pisxim Tuffetii-Less., dont j'ai parle plus haut, et qui, 
Gironde, mais selon de grandes probability nulle part acluellement inconnu danslaGironde, s'ymontrera proba- 
ailleurs, d'une facon incontestable. Oil est done alors la blement un jour puisqu'ii croit non loin, dans le departe- 
souche, Forigine de ces deux plant.es certainement nees ment de la Charente-Inferieure. 



d'un ancetre commun et jadis spontane? Deux hypotheses 



Q 



se presentent : 1° II est possible que ces deux pois que mots de son atlas, qui avec le nouveau fascicule porte a 

nous ne connaissons qu'a l'etat de plantes cultivees ou douze le nombre des planches deja publiees. Les quatre 

subspontanees aujourd'hui, procedent d'un ancetre autre- nouvelles sont comme les huit premieres dessinees par 

fois sauvage maintenant disparu. — 2° Comme le Pisum l'auteur d'apres nature (1) et d'une execution irreprochable. 

Tuffetii-Less. ne se rencontre jamais dans les cultures et La premiere (pi. 9) est consacree aux Ulex, aux Ononis et 



constitue une espece voisine des precedentes mais verila 



Melilotus ; la seconde (pi. 10) s'occupe de Medicago 



blement sauvage et spontanee dans les lieux oil elle croit, la troisieme (pi. 11) figure les organes qui permettent de 

n'est-il pas admissible qu'il soit l'ancetre demeure sauvage distinguer les Lotus de la section Eulolus ; enfin la qua- 

de nos deux pois cultives ci-dessus designes? trieme (pi. 12) donne les caracteres des Vicia de la section 

Dans Tincertitude oil s'est trouve M. Clavaud, a defaut Eucracca. Toutes ces figures sont d'une nettete remar- 

de documents suffisamment concluants sur l'origine et la quable et permettent de saisir facilement les particularites 

spontaneite de nos Pisum arvense-L. et Sativum-L. , et organographiques a l'aide desquelles on distingue les 

dans l'attentede documents plus complets et plus satisfai- especes et les formes, dans le cas ou les claires et minu- 

sants, il propose de reunir les trois Pisum que j'ai tieuses descriptions du texte ne suffiraient pas a convaincre 

nommes et qui ont entre eux de reelles affinites, sous la le lecteur. 



denomination stirpique de Pisum commune-Clavaud, 



En resume, le deuxieme fascicule de la Flore de la 



mais il ajoute : « si la spontaneite reelle et primitive du Gironde est en tout point digne de son aine, s'il ne ren- 

Pisum Arvense-L. venait aetre prouvee, on devrait peut- cheritmeme sur lui, et nous sommes heureux de constater 

elre, au lieu d'un stirpe unique, admettre deux stirpes que son auteur, fidele a ses maximes, resolu dans ses 

mineurs ; Tun qui comprendrait les Pisum arvense-L. et convictions, fixe dans son but, a tenu a ne pas demeriter 

Sativum-L. et qu'on pourrait appeler Pisum Iceve (parce aujourd'hui des encouragements et des eloges, aussi nom- 

que ces deux Pisum ont les graines lisses), l'autre qui breux que sinceres qui lui ont ete decernes par les savants 

serai t constitue par le Pisum Tuffetii-Less. ou Granula- les plus autorises, lors de Tapparition do son premier 

turn -Lloyd, qui a les graines finement granuleuses fascicule. 

comme je l'ai dit plus haut. * Qu'il nous soit permis, en terminant, d'exprimer a nou- 

En attendant de nouveaux faits, je crois que l'auteur a veau, au savant botaniste Girondin, au nom de nos col- 



agi sagement en operant ainsi. 

La plupart des florisles, qui font la flore d'une contree, 
d'un departement par exemple, se contentent de decrire 
et de faire figurer aux dichotomies les especes qui font 
integralement partie de la vegetation circonscrite dans les 
limites du pays qu'ils etudient, nqgligeant totalement ou 
citant au plus en note les especes qui vivent proches mais 



legues et au n6tre toute notre reconnaissance et toutes 
nos felicitations (2). 



Dijon, juin 1885, 



P-A Gentv. 



Membre de la Soci£t6 Botanique de France, etc. 



(i) Ce nom n'est pas seulement nouveau, puisque M. Clavaud l*a 

deja propose dans son 6tude sur les Vicia de la section Eucracca. -- 
Voir les actes de la Soc. Linn, de Bordeaux, 1883, proces-verbaux, 
p. IV et suiv. l 



(1) Les figures concernant le genre Anonis seules, sont cmprunWes 
& Germain. 

(2) On peut d6s maintenant se procurer le 2 C fascicule de la Flore de 
la Gironde. L'ouvrage sera complet en 6 fascicules qui formeront deux 
volumes, et Pallas se composera d'onviron soixante planches compre- 
nantpi-ftsde deux cents sujets; le prix do tout Touvrage est de2i fr. 
j»our lessouscripteurs (en payant d'avance de^Ofr. seulemen ; ehaque 
fascicule, pris isolement et sans souseription, est du prix de 5 francs. 











104 



LE NATURALISTE 




CHRONIQUE ET NOUVELLES 



ment nommes et etiquetes, contenant 245 especes et 
650 exemplaires. — Prix : 230 francs. 



* 



Nummulites trouvdes a Pierrefitte 



Herbier de 84 plantes veneneuses, bien determinees, 



Oise). 



Les sables superieurs, dits sabies de Fontaine- tres belles. — Prix: 22 francs. 



bleau, n'avaient encore fourni qu'une seule espece de 
Nummulite, la N. Bezangoni, trouvee a Jeurre (Seine-et- 
Oise) il y a quelques annees. L'horizon de Pierrefitte 
(Seine-et-Oise) vient d'en fournir une qui parait nouvelle. 
Le plus grand diametre de cette interessante variete est 
de n ,008 ; elle est fort plate, ayant a peine un milli- 
metre d'epaisseur en son centre; le contour n'offre pas 
un cercle parfait, car les bords sont comme ondules. Si I Collection de coquilles de la famille des Neritides, com- 
c'estveritablementcommejele pense une espece nouvelle, prenant 88 especes et 320 exemplaires, bien nommes et 
non encore decrile, je lui donnerai, au moins momentane- 



Collection d'Algues marines preparees pour l'examen 
microscopique comprenant 69- especes representant 
35 genres, contenues dans des boites a rainures. 
Prix : 100 francs. 



ranges en cuvettes. 



Prix : 50 francs. 



ment, le nom 



Nummulites Raincourti, mih 



en 



l'honneur de 1'eminent paleontologiste des terrains ter- 
tiaires du bassin de Paris, M. le marquis de Raincourt. 

Carl de Beaumont. 



¥ * 



Collection de Coleopteres de la famille des Staphylinides 
comprenant 141 genres, 1201 especes et 5195 individus, 
comprises dans vingt-sept cartons 19 X 26. Elle contient 
nombre de types soit de genres, soit d'especes : Dinusa, 
M. Stanislas Meunier, docteur es-sciences, aide-natura- I 2 esp.; Myrmecopora, 1 esp.; Arena, 1 esp.; Kraatzia, 
liste au Museum d'histoire naturelle, a commence, le sa- | 1 esp.; Dinopsis, 1 esp.; Vulda, 1 esp.; Metoponcus, 

1 esp.; Platyprosopsus, 2 esp.; Glyplomerus, 2 esp. ; Me- 



* 



medi 20 juin, a 4 heures 1/4, dans Famphitheatre de 
min^ralogie du Museum, une serie de lecons sur l'his- 



cognathus, 1 esp. ; GZdiehirus, 2 esp.; Procirrus, Pino- 



toire des combustibles mineraux. Le cours continuera phtlus, 2 esp.; JEuphanias, 2 esp.; Trigonurus, etc.; 



les mardis et samedis suivants a la meme heure. 
M. Stanislas Meunier fera, le dimanche 5 juillet 1885, 

une excursion geologique a la c6te des Eparmailles, 
Provins, Poigny et Longueville. — Rendez-vous : Gare de 
I'Est pour le train de 6 h. 55. 



OFFRES ET DEMANDES 



M. Houdion, 21, rue Saint-Denis a Lagny (Seine-et- 
Mame),offre des ceufs fecondes de Sphinx ligusiri contre 
des ceufs de Papillons d'autres especes. 



plus quatre cartons pleins de doubles et d'especes a 
intercaler. Prix 800 francs. Cette collection provient de la 

collection de M. Reiche. 



ARRIVAGES 






M. Carl de Beaumont, chateau de Chatigny, par Fondet- 
tes (Indre-et-Loire), desire entrer en relations d'echanges 
avecdes amateurs de fossiles, particulierement des Faluns 

d'Aquitaine. 



* * 



M. K, Bramson, professeur au Gymnase a Ekaterinoslaw 
(Russie) offre des Coleopteres de la Turcomanie, de Sibe- 
rie et d'Armenie, ainsi que des Lepidopteres exotiques, 
en echange de Coleopteres lamellicornes exotiques, prin- 
cipalement des Cetonides. 






L6zards 



vivants. — Prix : 5 francs piece. 



FOSSILES DO CRfiTACE ALG&RIEN 

Ammonites difficilis. 

— picturatus. 

— royanus. 

Dutrugei. 
strangulatus. 

ouachensis. 

Henoni. • 

semistriatus. 

imparecostatus. 

Jeannotti. 

— Calypso* 
Cerithium Henoni. 
Nucula ouachensis. 

— cretacea. 
Astarte acutirostris. 

— numidica. 

— Gabae. 

Cyprina microscopica. 
Plicatula Reynesi. 
Area thevestensis. 
— Trigeri. 
Ostrea elegans. 
Carditta Delettrei. 

— Forgemolli. 
Hemiaster Fourneli. 

— africanus. 
Holaster Desclauzeauxi. 
Gomopygus conicus. 
Cyphosoma majus. 
Salenia nutrix. 
Orthopsis miliaris. 
Adspidiscus cristatus. 






60 





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» 


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» 


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60 a 1 



* 



Le gerant, fimile DEYROLLE. 



Collection de fossiles des bassins de Paris, tres exacte 



5718 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 





e 



Anntfe. 



N 



14 




Juillet 













JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le l er et le 15 de chaque mois 



ADRESSER TOUT CE QUI 



LA REDACTION ET ADMINISTRATION 

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DIRECTEUR 



PAUL GROULT 

Secretaire do la Redaction 



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Le Journal LE NATURALISTE est Pinterai<§diaire offlcieux de tous lea amateurs "d'Mstoire naturelle 

gratuitement toute demande d'6change et de renseignements scientiflques 6manant de ses Abound 



ACADEMIE DES SCIENCES 



Seance du 13 avril 1885. 



Sitr 



ofondeur 



laqaelle la lumiere du jour 



pdnetre dans les eaux de la mer. — Note de MM. H. Fol 
et Ed. Sarasin. 

Des experiences de MM. Fol et Sarasin ont ete faites les 
25 et 26 mars dernier, au large du cap de Ferrat, situe a 
Pentree de la rade de Villefranche (AJpes-maritimes), et 
par une profondeur de 400 a 600 metres. Ces messieurs 
en concluent qu'au mois de mars, au milieu du jour et 
par 

diurne s'arretent a 400 metres de la surface, dans la 
Mediterranee. Une autre serie de recherches donne pour 
extreme limite de la penetration du jour dans le lac de 
Geneve en hiver, la profondeur de 200 metres. Une conf- 
paraison attentive de ces resultats fait naitre Pidee que, 






en cul-de-sac des lesticules. II est simple, constitue par 
de petites cellules peripheriques fusiformes, et de grandes 
cellules centrales multipolaires a gros noyau arrondi 
muni d'un nucleole punctiforme. Cet organe donne nais- 
sance a des nerfs nombreux et tres fins, difficiles a suivre. 
Si on voulait le chercher chez d'autres Kentrogonides que 
le Peltogaster et la Sacculine, c'est entre les glandes 
cementaires, dans le plan sagittal et peut-etre en se 
rapprochant un peu du cloaque et des glandes cemen- 
taires, qu'on devra diriger les investigalions. 



un beau soleil, les dernieres lueurs de Feclairage 



• 



Sur le s us feme nerveux des Bothryocdphalides 
Note de M. J. Niemiec. 

Contrairement aux idees admises aujourd'hui au sujet 
du systeme nerveux des Bothryocephales, il n'y a pas de 
ganglion central situe dans la partie mediane du scolex, 



dans le lac, la lumiere serait promptement intercept^ j ni danS Sa P apl |° P^t^ure. Les cordons nerveux late- 



par des couches profondes plus ou moins troubles, tan- 
dis que dans la Mediferranee, Pabsorption propre de 
Peau pure serait le principal, sinon Punique facteur de 
Parret des rayons lumineux. 






raux remontent de la region cervicale dans le scolex, puis 
apres en avoir atteint Pextremite anterieure, s'inclinent 
Pun vers Pautre et sereunissent apres avoir forme un ren- 
flement insignifiant moins bien delimite que chez les 
Tenias, et auquel on conserve le nom de ganglion central. 
En avant les cordons lateraux s'etendent au deU des 
ganglions et donnent de suite naissance au-dessous de la 
commissure, de chaque cote, a quatre nerfs. Ces huit 
filaments suivent une direction radiaire, puisserecourbent 
ciiarriere et accompagnent les cordons principaux. Ces 
filets qui n ont pu etre suivis que peu au dela de lamoitie 
L'organe central de ce systeme consisterait en un gan- do la longueur du scolex chez les Bothryocephales, ont 

glion unique, conime dans la Sacculine, et sitae tres etd suivis jusque dans la region cervicale, chez les 

superficiellement vers le cloaque, au niveau de Pextremite I Tenias. 



De V existence d'un systeme nerveux chez le Peltogas- 



ter. Contribution a Vhistoire des Kentrogonides. 



Note 



de M. Y. Delage. 















106 



LE NATURALISTE 



» # 



Stir trois nouvelle 
cdtes de Provence. 



simples 



Note de M. L. Roule. 



au sud des grands chotts; leur evaporation a donne 
22 grammes par litre ; le residu est riche en chlorure de 
sodium et pauvre en chaux el en chlorure de magnesium. 
Ces eaux contiennent de l'acide borique, reconnaissable 
en parlant de gr. 50 de residu. La slrontiane se recon- 
Ces trois nouvelles Ascidies simples proferment des naU en partant de 0gr- 1 de residu; on peut expliquer 
c6tes de Provence ; l'une apparlient a la famille des Mol- ceUe abondance par ce fait que le sulfate de strontiane, 
gulidees, et les deux autres a la famille des Cynthiadees. moins soluble que le su if a te de chaux, s'est relativement 
La Molgulidee ne possede qu'une seule glande genitale, concenlr e dans les sables, en partant de l'hypothese que 
situee sur la face gauche da corps, un peu en avant de loug Jeg gds deg sables sup erieurs proviennent d'une eau 



l'intestin; sa branchie, par l'aspect, la longueur et la dis- 



de mer. Par contre, la lithine est moins abondante qu'une 



posilion regulierement tourbillonnee des tremas, rappelle eau de mer normale rindiquerait ; or, les sels de lithine, 
. _,. r _. .: . " ' ' Eugyra ; tenant aux Molgula ^ solubles> ont du 6tre enlev e S \ es premiers ; il s'en suit 
par la plupart de leurs caracteres propres, cette espece | que [es eau x des chotts doivent 6tre tres riches en lithine . 

Ceci reste a verifier, mais les eaux des environs de Biskra 



formera un nouveau sous-genre, et recevra le nom de 
Eagyriopsis intermedia : elle a 0"\05 de hauteur sur 
m ,04 de largeur. L'une des Cynthiadees est le Microcos- 
mus Sabatieri; elle se rapproche du M. Vulgaris, mais 
elle atteint m ,25 de longueur sur m ,08 a m ,10 de largeur ; 
la tunique est d'un brun livide;les siphons sont plus 
courts, a exlremites libres gris-jaunatre, parcourues lon- 
gitudinalement par des bandes d'un rouge terne ; les 
ramifications des lentacules coronaux portent une rangee 
de petites pinnules secondares. Le M. Sabaiieri habite 
les fonds coralligenes et les fonds de vase sableuse 
au-dessous de 50 metres ; commun au large des embou- 
chures du Rhone et sur le littoral du Languedoc, on le 
rencontre abondamment sur les marches de Cette, de 
Marseille et de Toulon. L'autre Cynthiadee est une Cyn- 
thia rappelant la C. scidellata. La couleur de sa tunique 
lui a fait donner le nom de C. corallina ; plus haute que 
large, elle a ses siphons rapproches el leur exlremite libre 
ornee de quatre bandes longitudinales d'un jaune eclaiant; 
la tunique a des mamelons ne formant jamais de plaques 
ou scutelles ; les lentacules coronaux ne presentenl que 
de rares pinnules primaires ; les glandes genilales sont 
analogues a celles de la C. scidellata, mais chacun des 
petits fragments dont elles se composent, possede son 
aulonomie et porte ses conduits excreteurs. Sa longueur 
est de O m ,04 au maximum, et son habitat, les fonds coral- 
lines nar 40 a 50 metres de profondeur. 



* 



Nouvelle contribution a la question de Vacide borique 



aborigine non volcanique. 



Note de M. Dieulafait. 



Les chotts algeriens sont alimentes par des eaux des- 
cendant des hauts plateaux, au travers des couches 
perm bles reconvenes par des depM* argileux et cal- 
caires. C est cette couche aquifere qu'atteignenl les puits 
des oasis. La partie superficielle de ces regions est formee 
de sables oil circule une eau souvent abondante mais tres 
salee, puis atteignantles points inferieurs, s'arrete, s'eva- 
pore et produit une accumulation complexe de sels, 
d'eaux salines concentrees, de boues, etc., dontl'ensemble 
constitue les chotts. Ces sels si abondants ne peuvent etre 
attribues qua l'evaporalion d'une eau de mer. If. Dieula- 
fait a examine des eaux provenant d'Ouargla, bien loin 



contiennent au moins vingt fois autant de lithine que 
celles de l'Ouargla. En resume, les eaux en general Ires 
salees qui circulent a la partie superieure des sables du 
Sahara, sontl'agent qui a accumule dans les chotts la plus 
grande partie des sels qui y existent, et ces sels accom- 
pagnent les sables superieurs alors meme que ceux-ci 
s'elevent bien au-dessus de la Mediterranee. Ces sels sont 
identiques a ceux qui sontdissous dans les mers modernes, 
mais la proportion des elements est differente; cela lient 
a la difference de solubilite, et a Taction prolongee des 
eaux de pluie, qui ont determine dans les sables une con- 
centration relative des combinaisons moins solubles. Par 
contre, dans les chotts ou s'accumulent les eaux salees, 
les combinaisons plus solubles, comme les sels de lithium, 
sont plus abondants que dans les eaux marines de memo 
concentration. L'acide borique, signale dans les lacs et 
eaux salees de la region de Biskra, se retrouve bien plus 
au sud jusqu'a l'Ouargla et il est probable qu'on doit le 
rencontrer dans tout le Sahara ou les eaux superficielles 
sont plus ou moins saumatres; probablement aussi decou- 
vrira-t-on dans ces immenses regions, quelques points 
oil l'acide borique se trouvera concentre. L'acide borique 
n'est done pas en resume d'origine toujours volcanique; 
il en existe d'enormes quantites dans des lacs sales dont 
tous les elements ont une origine sedimentaire et qui, a 
travers des peregrinations physiques et chimiques plus on 
moins complexes, ont en definitive pour origine premiere 
l'evaporation d'eaux de mers normales. 



* 
* * 



nature indiffdrente des bacilles courbes ou 
bacilles-mr gules (Comma-bacillus), et sur la presence de 



Sur la 



germes dans Vatmosphere 



Note de M. J. Ileri- 



court. 

1° routes les eaux, quelles que soient leur qualite 
et leur origine (eaux de source, d'egouts, de puits, de 
citernes, eaux couranles et stagnantes) contiennent des 
bacilles courbes parmi lesquels ceux du type decrit 
comme cholerigene. 2° La presence dans les eaux de toule 
origine, de ces microorganismes, ne peut s'expliquer que 
parVexistence de leurs germes dans l'air; des poussieres 
almospheriques recueillies en differents milieux ont ete 













i 



- ; 



LE NATURALISTE 



107 









ensemencees dans des bouillons sterilises, et dans toutes 
les recoltes microbiques oblenues, on a reconnn de nom- 
breux bacilles courbes. 3° Ces bacilles courbes n'existent 
dans les poussieres atmospheriques, qu'ii l'elat de germes, 
sous forme de spores. En exaniinant ces poussieres apres 
les avoir etendues d'eau distillee, on y trouve que des 
spores et quelques rares bacilles courbes deformes par la 



nais et les sables de l'Orleanais. A l'epoque terllaire, 1 s 

surfaces que recouvre aujourd'hui le limon des plateaux, 
:ansle bassin de Paris, elaient occupees par des M ; .ii- 
inents argilo-sableux, surlesquelsrerosionatmospherique 
a constamment agi, des qu'ils out cle emerges, soil 
depuis la fin de l'epoque aquilanienne. Un mouvcmenl du 
sol assechant le lac de la Beauce, le bassin de Paris res- 



presence de spores developpees a leurs extremiles ou au sentit alors Paction des phenomenes meteoriques qui se 

poursuivit pendant les periodes miocene, pliocene el qua- 
ternaire. Les sediments sans consistance ont disparu, ne 



milieu de leur contour; vers les troisieme et qualrieme 
jour les bacilles courbes sont de plus en plus nombreuses ; 
plus tard, la deformation par production de spores 
recommence. 4° La presence des bacilles courbes dans les 
eaux, et de leurs germes dans l'air, explique comment on 
les retrouve partout ou l'eau peut avoir acces, et parlout 
oil l'air peut deposer ses poussieres. 5° Cos micro-orga- 
nismes sont Ires aerobies, et c'est seulemenl a la surface 
des liquides qu'il faut les recueillir. Leur etat resistant est 
constitue par les spores et l'humidite parait etre la qua- 
lite indispensable au developpement de leurs formes par- 
faites. 6° Recoltes spontanement sur un bouillon ou une 
pomme de terre, et cullives sur de la gelatine nourriciere, 
les bacilles courbes forment des colonies arrondies, a con- 
tour dentele, composees de granules tres refringents. A 
20 ou 22 degres centigrades, ces colonies creusent dans la 
gelatine en la liquefiant, une sorte de godet qui se deve- 
loppe en profondeur sous la forme d'un doigt de gant. 
7° II resulte de tout ceci, que ces micro-organismes sont 
les memes qu'on rencontre dans toutes les secretions nor- 
males ou pathologiques, a la seule condition que celles-ci 
aient ete en contact avec l'eau dont les bacilles courbes 
sont les h6tes habituels, ou avec l'air qui en transporte 
les germes. 






SEANCE DU 20 AVRIL 1885 

Sur Vorigine du limon des plateaux. — Note de M. A. 

de Lapparent. 

La repartition du limon des plateaux dans le bassin de 
Paris est independante absolument du regime hydrogra- 
phique actuel. Manquant sur la foret d'Orleans, ce limon 
forme une couche mince sur la Beauce ; son epaisseur 
augmente en Brie, s'accroit encore dans la Normandie 
orientale, et surtout en Picardie. Absent dans la Cham- 
pagne pouilleuse, le limon apparait par taches dans la 
Champagne remoise, s'epaissit vers le nord, et atteint son 
maximum vers Landrecies et Maubeuge ou sa puissance 
depasse parfois 15 metres. Ce mode de distribution est en 
rapport direct avec l'ancienne repartition des depots 
argilo-sableux a grains fins de lepoque tertiaire. La mer 
terliaire parisienne communiquait avec celle de la Bel- 
gique, par un detroit silue enlre Saint-Quentin et la Bel- 
gique, sur la ligne du maximum d'epaisseur du limon. 
Les sables et argiles tertiaires se sont etendus autrefois 
sur la Champagne remoise, ce que prouvent quelques 
temoins, sans alteindre la Champagne pouilleuse. La Brie 
a ete couverle par les sables de Fonlainebleau et la 
Beauce n'a du avoir a sa surface que la molasse du Gati- 



laissant que de rares temoins isoles; la ou les eaux plu- 
viales pouvaient acquerir une cerlaine vitesse, elles ont 
entraine les maleriaux de ces depots au milieu des allu- 
vions des vallees; sur les parlies haute* ou les eaux 
n'etaient aninees d'aucun mouvement, il se deposait an 
residu impalpable. Ce residu expose a l'air, reman ie 
paries pluies serait devenu le limon. Ainsi s'expliquen! 
sa faible epaisseur dans la Champagne remoise oil expirail 
la formation tertiaire, et sa puissance plus considerable 
en meme temps que sa nature plus sableuse, sur les pla- 
teaux du Valois qu'en Picardie el en Flandre. Le limon d* s 
plateaux serait done le residu final de la destruction d<»s 
lambeaux tertiaires du bassin de Paris. Les grand s 
pluies quaternaires lui ont donne sa forme definitive; ol 

les alternatives de la temperature superficfelle, alors qur 
pendant Page du renne, le sol etait gele dans la profon- 
deur, auraient determine la separation du limon superieur, 
brun rouge et decalcifie, d'avec le limon jaune et calcn- 
rifere que le premier semble raviner. Le vent peut avoir 
a£i dans la dissemination des elements du limon, mais 



d 



le ruissellement. 






Nouveau moyen de defense centre le mildiou 

de M. Miniere. 



Note 



M. Miniere a propose de realiser un abri protecteur par 
la culture du seigle; a Pepoque actuelle trop tardive pour 
employer ce moyen de defense, il engage a cultiver le 
mais. Le Peronospora viticola se developpant dans 
Pepaisseur du parenchymede lafeuille, toute preparation 
chimique antiparasitaire pour detruire le mycelium du 
champignon, doit en meme temps detruire la feuille. Le 
mildiou ne se developpant pas sur les vignes abritees, il 
faut chercher a ^empecher son developpement et non a le 
detruire. Differentes observations ont amene M. Miniere a 
poser ce principe que : Tout hep a Vabri du rayonnement 
et du soleil de Capres-midi est preserve du mildiou. Les 
vapeurs en suspension dans Pair se condensent par suite 
du rayonnement, s'emparent des conidies repandues dans 
Palmosphere et se deposent avec elles sur la feuille. La 
rosee fixe les conidies quelle relient sur la feuille, et los 
aide a germer. Par une temperature moindre de 25 degres, 
et avec un vent sec, la conidie se desseclie et meurt ; mais 
le temps est calme et la temperature de 25 i 30 degres. 
la conidie germe et le mycelium se developpe. II faut done 

abriter la vigne contre la rosee et Pelevation de la lempc- 














rature. Ce but est atteint par le seigle ou le raai's qui se 



developpant assez pres de la vigne pourra etre incline 
au-dessus d'elle pour l'abriter. De plus la serie de haies, 
forniee paries rangs de seigle, constitue autant d'obstacles 
a la dissemination des spores d'ete. Le procede propose 
defendra la vigne d'une part, conlre la gelee en s'oppo- 
sant a Tabaissement de la temperature par rayonnernent 
de la terre, et d'aulre part, contre le mildiou, en s'oppo- 
sant a Felevation de la temperature par rayonnernent du 
soleil. 



les vieux individus, une pointe tres proeminente et parfois 
une ou deux carenes accessoires a c6te de la carene me- 
diane. 

La plupart des Calaos de cette espece proviennent de 
Puerto Princesa, dans File Paragua ou Palawan, mais 
trois individus sont originates de Pilede Busuanga et deux 



Marchei 



done 



DESCRIPTION DE D£UX ESPECES NOUVELLES 



FAISANT PARTIE DE LA 



COLLECTION ORNITHOLOGIQUE 

DU MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE DE PARIS 



par HI. E. OCST4LFT 



Dans le courant de Fannie 1884, le Museum d'histoire 
naturelle a recu de M. Alfred Marclie d'importantes collec- 
tions formees sur divers points de rarchipel des Philip- 
pines, et comprenant plusieurs especes nouvelles ou 
recemment decrites. Parmi les especes nouvelles je sign a- 
lerai un Calao, appartenant au genre Ayithracoceros, 
inais se distinguent de toulesles especes du ineme genre, 
precedemment connues, par la teinle entierement noire de 
ses pennes alaires et par la teinle entierement blanche de 
ses pennes caudales. Ce double caractere se relrouve sur 
vingt-cinq individus d'ages et de sexes different*, mais 
tous exaclernent semblables sous le rapport du plumage 
et ne variant que sous le rapport des dimensions et de la 
forme du casque. On n'est done pas ici en presence d'une 
simple aberration individuelle, mais en presence d'un type, 
espece ou race, de memo valeur que les Anthracoceros 



ma 



cuius. Le signalement 



de cet oiseau, que je propose 



repandu sur tout un groupe d'iles qui etablit une sorte "do 
trait d'union entre les lies dela Sonde et les Philippines; 
mais il n'a pas ete rencontre jusqu'a ce jour a Mindoro 
ni a Lucon, ni a Mindanao. En d'autres termes il parait 
etre, vers Test, lasentinelle avancee d'un groupe de Buce- 
rotides qui occupe principalement 1'Inde, Flndo-Chine et 
les lies malaises. 

La seconde espece que j'ai a decrire provient d'une tout 
autre region et apparlient a un groupe bien different. 
C'est un Oiseau -Mouche qui a ete expedie en Europe avec 
une foule d'autres especes bien connues, capturees sur 
divers points de la Colombie. Par ses formes generates et 
par son systeme de coloration, il ressemble au Chryso- 
lampis moschitus (L.), de la Colombie, mais il a le dos el 
les epaules d'un beau vert metallique, le ventre d'un 
blanc pur, ainsi que les sous caudales, les ailes d'un noir 
glace de violet, et la queue tricoloro, les pennes medianes 
etant verles comme le dos et les pennes lateral es blanches 
avec des liseres noiratres ou violaces. Au contraire, chezle 
Chrysolampis moschitus % le dos est d'un vert olivatre, 
tirant au noir vers le con, le ventre brun olivatre, les 
sous-caudales sont rousses, les ailes ont des reflets pour- 
pres, la queue est d'un brun roux dore, liseree de noiratre. 
En revanche, dans les deux especes, la calotte est d'un 
rouge de rubis et la gorge d'un jaune de topaze extreme- 
ment vifs. Quant a la laille, elle est decidement plus forte 
dans le specimen recemment acquis par le Museum que 
chez le Chrysolampis moschitus et les ailes sont relati- 
vement plus developpees. 

Je considere done le Chrysolampis a dos vert emeraude 
et a ventre blanc comme le type d'une espece nouvelle, 
que je designerai sous le nom de Chrysolampis Gigliolii, 



d'appeler Anthracoceros Marchei, peut etre donne en en la dediant a mon savant ami le professeur Giglioli de 

quelques lignes : 



barico, A 



Marchei n. sp., A. convexo, A. mala- 
to etc., a f finis, sed remigibus omnino 



nigris et rectrncibns omnino albis diversusi pedibus 
niyris, rostro albo, mandibula basin versus nigro ma- 
culata. Long. tot. circa 0"',680 — alse m ,310 — caicdse I dis,alis ex nigro purpurascentibus,caud3epennisviridi- 



Florence. Cetle espece peut etre caracterisee dela maniere 



suivante 



moschito 



affln 



simo, abdomine et leotricibus cauda- infe 



m ,2S0 



commissur 



galese m ,160 



limbatis 



galese alt. CT,280, latit. m ,350. 

riumage noir avec des reflets verts metalliques parti- 



Long. tot. 0"',095; 
>stri (culm.) m ,010 



alse O-'jOTZ — caudse m ,041 



commissura 



culieremenl accenlues sur les ailes, et une teinte blanche ■ Sab - Columbia 



ou d'un jaune creme tres pale couvrant toutes les 
plumes caudales; pa ties et ongles noirs; bee et casque 
d'un blanc jaunalre uniforme, avec une tache noire occu- 
pant l'angle basilaire de la mandibule inferieure et la 






LE MICROSCOPE 



partie voisine du menton. Point de difference sensible de Le microscope est sans aucun doute ^instrument qui a 
livree enlre les deux sexes. Casque conforme sur le meme rendu les plus grands services a la science, a l'industrie; 



malabat 



c'est l'outil indispensable du savant et de l'amateur de 
dire en forme de chaioupe renversve, mais offrant, chez I sciences; pour l'industriel, pour l'agriculteur, chez les- 



LE NATURALISTE 



109 



quels main tenant il est en usage constant, cet instrument 
fournit des renseignements precis sur la nature des ma- 
tures premieres, produits, denrees que Tun et Tautre 
emploient journellement; il les renseigne surles maladies 
epidemiques des besliaux, des plantes dont les causes le 
plus sou vent sont microscopiqaes. Des microscopes de 
toutes formes et de toules qualiles ont ete construits, et 
s'il nous fallait les decrire tous Id, ce travail ferait l'objet 
d'un gros ouvrage en plu*ieurs tomes, depuis le micros- 
cope a tambour ou a niche jusqu'aux microscopes aincli- 
naison. Nous parlerons seulement ici du nouveau micros- 
cope que la maison Deyrolle vient de construire et qui 
remplit toutes les conditions exigees pour cet instrument 
de precision; nous pouvons dire, en toute assurance, qu'il 
ne peut craindre la comparaison. Le modele que nous pre- 
sentons peut recevoir tous les objectifs a sec de 1 a 8 serie 
Deyrolle, et tous les objectifs a immersion et a correction 
de la meme serie ; il est vendu avec 2 objectifs n os 4 et 
7, et 2 oculaires 2 et 4. 



Dans un microscope la partie mecanique est tres im- 
portante, il est vrai, mais la partie optique est encore 
plus delicate ; aussi c'est apres de longues etudes et de 
serieuses recherclies que la maison Deyrolle a pu etablir 
tout une serie d'objeetifs, a sec, a immersion et a cor- 
rection, et d'oculairesreunissant toutes les qualites appe- 
lees par Goring pouvoir definissant, penetrant et resolvant. 

La partie mecanique de Tappareil est tres simple, mais 
tres pratique et tres precise; nous en donnons ci-apres la 
description : 

Microscope n° 2 (V. figure). — Modele moyen. Cet ins- 
trument repose sur une forte colonne fixee sur un lourd 
pied en cuivre en forme de fer a cheval; cette colonne sup- 
porte l'axe horizontal sur lequel tourne toutle corps du 
microscope pour prendre toutes les inclinaisons jusqu'a 




la position horizonlale. Le mouvement rapide est fait par 
le froltement doux du tube dans le canon, le mouvement 
lent par vis micrometrique. Ce mouvement microme- 
trique a cela de particulier qu'il est sans frotlement et 
d'une extreme sensibilite; ce nouveau systeme, etabli 
a Taide d'un parallelogramme articule, supprime absolu- 
ment le va-et-vient de Timage, cequi se produit la plupart 



du temps dans un grand nombre de microscopes, apres 
quelques annees de service. La plaline mesure 17 centi- 
metres carres; porte-diaphragme a coulisse eta mouve- 
ment vertical. Le miroir pour Teclairage des corps trans- 
parents est plan d'un c6te et concave de Tautre; loupe 
pour 1 Vclairage des corps opaques. Ce bel instrument 
baut de 25 centimetres, et de 31 centimetres avec le tube 
tire, avec 2 objectifs et 2 oculaires donne un grossissement 
reel de 60 a 600 diamelres ; il est renferme dans une boile 
acajou, le prix en est de200 francs. 

Avec certaines modifications dans la partie mecanique 
et dans les accessoires, le microscope est transform^ en 
microscope polarisant a lumiere convergente et parallele 
pour l'etude des mineraux et des roches en plaques minces ; 
la platine est tournante, divisee avec plaque de glace 
noire ; les oculaires sont a reticules; un appareil de po- 
larisation (analyseur et polariseur) est joint a rinstrument. 

Le prix est de 340 francs. 
La maison Deyrolle est a meme de livrer rapidemenl 

toute demande faile. 



SESSION EXTRAORDINAIRE 



DES 



SOCIETES BOTANIQUES DE FRANCE 





BILG1UI E 





Le dimanche 14 juin dernier, la Societe bolanique de 
France et la Societe royale de botanique de Belgique se 
reunissaient a Cliarleville, oil elles s'etaient donne rendez- 
vous pour explorer de concert la pittoresque vallee de la 
Meuse en aval de Charleville,ainsi que la region jurassitjm* 
entre cette villa et Sedan. L'eminent directeur de 1'ecoie 
de pharmacie de Paris, M. Chatin, etait arrive la veille 
avec un grand nombre de^ses eleves desireux de prendre 
part aux herborisations projetees, de sorle que, dans la 
journee du 14, plus de 100 botanistes, accourus de tons 
les points de Tliorizon et portanl en bandouliere la clas- 
sique boite de fer-blanc, sillonnaient les rues de la villi* 
et leur imprimaient une animation inaccoutumee. 

La seance d'ouverture eut lieu a 10 lieures du matin an 
foyer du theatre, mis obligeamment a notre disposition 
par ML le maire de Charleville. M. Bescherelle, president 
de la Societe botanique de France, apres avoir souhaite l.» 
bienvenue, dans une allocution tres applaudie, a nos eon ■ 
freres de Belgique, proceda a Tinstallation du bureau spe- 
cial qu'il est d'usage de nommer pour la duree de la Ses 
sion.M.Crepin, directeur du jardin botanique de Bruxelies, 
elu president de la Session, remercia l'assemblee, en 
quelques paroles cordiales, de Taccueil fait k ses com 
patriotes et invita, au nom de la Compagnie beige, les 
botanistes francais a faire le voyage de Bruxelies en 18S7, 
afin d'y assister aux fetes que donnera a cette epoque 1; 
Societe royale de botanique de Belgique pour celebrer h 
vingt-cinquieme anniversaire de safondation. MM. Hicliun, 
Cardot, Costantin et Bazot firent ensuite des communica- 
lions sur divers sujets. 






110 



LE NATURALISTE 












Dans 1'apres-midi, on explorait la foret de la Havetiere, J Hautes-Rivieres et de Linchamps. Apres un dejeuner aux 

situee en partie sur la zone calcaire, schisteuse generate- Hautes-Rivieres, les voitures revenaient par Thilay et 

ment, liasique en quelques points. Phade; en passant, on reeoltait les plantes rares de la 

Le soir, un banquet etait offert au Grand-H6tel par la Fontaine des Moris, a Tournavaux. On rencontrait dans 

Societe botanique francaise a sa soeur de Belgique, qu'elle celle excursion le Senecio Fuchsii abondant, mais non 

etait heureuse de recevoir sur le sol francais. II nous fleuri, les Drosera, Arabis arenosa, Luzula albida et 

semble superflu de dire que la plus aimable cordialite a maxima, des Mousses rares, une belle serie de Fougeres : 

preside a ces agapes fraternelles, et que les gais propos et Cystopteris fragilis, Polypodium Phegopleris, Oreop- 

les toasts chaleureusement applaudis ont ete de la partie, teris, Dryopleris, etc. 



Les excursions, habilement organisees par les soins de 
M. Paul Petit, se sont ensuite succede jusqu'a la fin de la 

semaine. 

Lundi, 15 juin, l'herborisation est dirigee dans la sau- 
vage vailee de la Meuse, oil le touriste et le botaniste sont 
assures d'etre servis a souhait, Les amas grandioses de 
rochers, connus sous le nom de Dames de Meuse, qui 
dominent la vailee de 250 metres a pic, les sites roman- 
liques des Forges de Saint- Nicolas et de la vailee de 
Misere, la montagne escarpee de Malgre lout font l'objet 
de l'admiration de tous les excursionnistes qui escaladent 
avec entrain les flancs abrupts de cette derniere hauteur 
et sont recompenses de leurs peines par Tadmirable 
panorama que Ton embrasse de la-haut. 

Au dejeuner, pris dans le principal h6tel de Kevin, 
M. le maire de cette ville vient s'asseoir a la table des 
explorateurs, afin de leur souhaiter la bienvenue en leur 
off rant Ires gracieusemont le vin d'honneur. 

Le plateau des Hauts-Butles (492 m.) et ses tourbieres 
devaient etre l'objectif de la course du mardi, qui a ete la 
plus fructueuse de la Session au point de vue des recoltes. 
On a trouve en abondance: Arnica monlana, Menyanthes 
trifoliata, Ranunculus platanifolius , Viola pa lit sir is (en 
fruits), C omarum pales ire, Vaccinium Myrtilluset Vitis- 
idcea, Oxycoccos palustris, Convallaria verlicillata, 
Carex laevigata , Lycopodiumclavatum, etc. Le soirvenu, 
toute la caravane redescendait dans la vailee et se divisait 
en deux. Les uns dinaient a Montherme, pendant que le 
couvert etait mis sur la terrasse d'un excellent hotel a 
Chateau-Regnault pour les membres des Societes beige 
et francaise. Rien de charmant comme cette longue table 
dressee au milieu d'un splendide paysage qui a pour 
cadre, d'un c6te les groupes de rochers dits les Quatre 
fils Aymon et de Tautre les pentes abruptes et ver- 
doyantes qu'on voit s'elever sur la rive gauche de la 
Meuse. 1 

Mercredi, 17, jour de repos et nouvelle seance, presidee I 
par M. Crepin, au foyer du theatre, avec des communica- Depuis deux ans, on signale de tous c6tes des pheno- 
tions de MM. l'abbe Boulay et Paul Petit, tandis que menes geologiques, physiques, ou atmospheriques dont 
fecole de pharmacie se rendait a Verdun pour y visiter les effets curieux ou terribles ont ete decrits partout. 
en detail la c6te Saint-Michel. Depuis l'eruption du Krakatoa, on a eu des tremblements 

Jeudi, reprise des herborisa lions. Abandonnantie massif de terre un peu partout, mais a Ischia et en Espagne, les 
schisteux pour le terrain jurassique, la Societe botanique desastres ont ete effrayants; inondations epouvantables a 
explore les fonds d'Elan et les environs de Vendresse, sous | Murcie eten Aulriche, cyclones, couchersdesoleil eclatanls 
la conduite de M. Calby, ancien pharmacien du Chesne, 
bien connu de tous les botanisles par »es travaux sur la 

flore des Ardennes. 

Vendredi, on partait en voiture a six heures du matin 
pour explorer la valine de la Semoy, dans les environs des 



Samedi matin, on se rendait a Givet sur l'extreme limite 
du territoire francais, etTexploration du Mont d'Haur et de 
Charlemont procurait un certain n ombre de plantes peu 
communes, Dianthus carthusianorum var. congestus, 
Melica nebrodensis, Libanotis montana, Artemisia cam- 
phorata (non fluuri) etc., connues depuis longtemps dans 
ces localites. 

Le soir, a huit heures, dans un des salons du Grand- 
Hotel, s'est tenue la troisieme et derniere seance de la 
Session. Une communication de M. Malinvaud, relative a 
une comparaison de la flore des Ardennes avec celle des 
basses montagnes du Limousin, a donne lieu a un echange 
d'observations auquei ont pris part MM. Bescherelle, Cin- 
tract, Larcher, Paul Petit et l'abbe Hue. Enfin, apres un 
dep6t de communications adressees & la Societe par M. Cre- 
pin, M. Bescherelle a declare close la Session extraordi- 
naire. 

Nous citerons, en terminant, les dernieres lignes d'un 

article consacre au compte rendu de cette Session, dans le 
Reveil des Ardennes du 21 juin, et auquei nous avons fait 
deja quelques emprunts. Nous adherons pleinement a. la 
conclusion suivanle du bienveillant chroniqueur : 

« Chacun des favorises qui ont pu prendre part a ces 
« inleressantes excursions conservera un souvenir ineffa- 
t cable des heures d'agrement passees au milieu de cette 
« luxuriante nature, de cette region si mouvementee qui 
est avec les Vosges la partie la plus curieuse a voir du 
nord est de la France, et que nos voisins les Beiges ont 
designee depuis longtemps, non sans raison, de l'appel- 



lation de Petite Suisse. » 



E. M. 



VARIETES 



et prolonges par des lueurs splendides, soleil bleu, etc., 
se succedent pour ainsi dire sans interruption et etonnent 
par la grandeur du spectacle qu'iis offrent et souvent 
helas! par l'etendue des desastres qu'iis occasionnent. 
L'ane.ien continent n'est Das seula subir les consequences 





LE NATURALISTE 



111 






de ces terribles phenomenes; les journaux amerieains 

parlent du deplacoment lent et continu du terrain sup 

lequel est construit la ville de Virginie dans la Nevada. A Nolre collnborateur, M. Lalasle, nous prie il'informer 

30 metres au-dessus du sol de la ville, existerait une j ses am j s e t correspondants, qu'il est parti avec une mis- 

pente lisse de rochers surlaquelle glisserait tout ce qui , sion ( j u Ministere de la Marine pour )e Senegal, le Ni r 



est au-dessous d'elle ; ce terrain subirail une poussee lat§- et Tombouctou. 
rale de la part d'une masse enorme de roches effritees et 
eboulees provenant de la partie montagneuse avoisinant 
la ville. Celle-ci aurait progressede m ,75vers l'est depuis 
dix ans, sans accident, et l'on a calcule que ce mouve- 
ment, s'il n'est pas enlrave, ne s'arreterait que dans cent 
mille annees ; le chemin parcouru serait alors de six ki- 
lometres. La terre vivra-t-elle jusque-la, ou tout aumoins, 
aura-t-elle encore la forme actuelle? 

Ne quiltons pas l'Amerique sans signaler la decouverte 
d'un de ses ingenieurs qui se sert pour la recherche des 
filons metalliques de deux piquets de fer, communiquant 
chacun avec l'un des poles d'une batterie electrique ; une 
sonneri) est intercalee dans le circuit. L'un des piquets 
est-il en contact avec un filon, la sonnerie annonce la 
decouverte. Ce moyen est ingenhux, s'il n'est pas pra- 
tique, et semble plus vraisemblable quant aux resultats 
donnes par son emploi, que la bague'le d'aulne du cher- 
cheur de sources, et que la fameuse baguette magique 
celebre dans une de nos vieilles basiliques De toutes 
facons, pour passer de la theorie a la pratique usuelle du 
procede, il faut souhaiter que l'on mettra moins de 
temps que pour arriver a diriger efficacement les aerostats. 

G. I). 









CHRONIQUE ET NOUVELLES 



ML Duclaux, professeur a Tlnstitut agronomique, viont 
depublier dans les Annates de chimieet de physuiue.xm 
memoire important « sur la duree de la vie cbe* les 
germes de microbes ». 

M. Duclaux a etudie les organismes conserves depuis 
les premieres recherchcs de M. Pasteur, en 185H, dans les 
conditions les plus diverses : dans des liquides ires varies, 
a Tabri de Tair ou au contact de Tair; enfin, a , dans 
Tobscurile ou au soleil. 

Ce sont les germes conserves a Tabri deTair et dans des 
liquides legerement alcalins qui ont montre Ja vilalite la 
plus .urande.Sur seize ballons dans ces conditions, quinze 
ont montre des germes feconds apres 23 ou 24 ans. On ne 
sait done quelle est la limite de la vie dans ces conditions. 
Halons-nous cTajouler qu'elles sont tres rarement reali- 
sees dans la nature. Dans tous les ballons ou le liquide 
avait une reaction acide ou trop fortement alcaline, les 
germes avaient peri. 

Les especes qui se sont montrees les plus resislantes 

sont : 
Parmi les mucedinees : aspergillus niger. 

Parmi les micrococcus : urococcus vivax. 

Parmi les bacilles : les tyrolhrix tenuis, tenuior, tenuis- 
simus et filiformis. 

Ces especes sont en meme temps les plus resislantes a 
Taction de la chaleur. Les spores de plusieurs peuvent 
supporter sans perir une temperature de 110-115 degres. 
A i'elat adulte, ces memes especes sont bien moins resis- 
lantes, soil au temps, soit a la chaleur qu'a Tetat ae 

spores. % 

Dans un liquide expose a Fair, la resistance est notabl« 
ment inferieure. Les bacilles et aussi les levures sont la 
encore plus resistants que les micrococcus. De plus, les 
germes s'affaiblissent rapidement dans ces conditions. 
On sait que II. Pasteur a utilise celte action de Fair pour 
obtenir Tatlenuation etla transformation en vaccin de plu- 
sieurs microbes pathogenesredoulables. 

Mais e'est a sec. a Tair et suriout au soleil que la duree 
de la vie des germes est bien moindre. 

L'aspergillus niger de M. Raulin qui vit encore (a Petal 
de spore), apres 22 ans de sejour dans un liquide k Pabri 
de Pair, a ete toujours trouve mort apres trois ans de con- 
servation dans un tube clos, a sec et a Tobscurile. 

Le tyrolhrix filiformis, dont la resistance dans un liquide 
a Tabri de Pair n'est pas moindre, peril apres 35 jours 
d'exposition au soleil. € Ceci temoigne, dit en terminant 

^ m € M. Duclaux, de Taction speciale de la lumieredu soleil, 

encore dans Pilot Mokreun qui fait face, a peu de distance I c qui intervient sans doute pour acliver Paction chimique 
dela c6te. ' € d'oxydation, mais qui n'en est pas moins interessante. 



M. P. Fischer vient de donner la description d'une nou- 
velle espece de Dendropupa du terrain permien de Saone 
et-Loire. Les couches fossiliferes de ce terrain paraissaient 
depourvues de mollusques lerrestres ; la trouvaille d'une 
empreinte de coquille a prouve l'exislence a celte epoque 
d'un mollusque de la famille des Pupida\ — Dendropupa 

Coquille imperforee, allongee, cy- 

lindro-conique, a sommel assez aigu ; tours de spire au 
nombre de sept et un peu convexes, ornes de costulations 
rayonnantes assez fortes, serrees, saillantes, legerement 
obliques, paraissant moins prononcees sur le dernier tour; 
suture bien marquee; l'ouverture n'est visible qu'en 
partie ; longueur 12, largeur 4 millimetres. Permien moyen 
de Chambois (Sa6neet-Loire). 



Walchiancm 






M. Velain signale l'existence, sur la cote de la province 
d'Oran, aux environs de TOued Antar, de filons d'ophite 
epidolifere dans des calcaires du Lias moyen (Jereb. nu~ 
mismalis, Am. spinatus) ; la penetration inlime de ces 
filons dans ces calcaires liasiques se vo it plus nettement 












112 



LE NATURALISTE 



quels que soient son r61e et son mode (Taction. Des 
t germes emportes parl'air, baignes de soleil et d'oxygene 
t sur toutes les faces, doivent ressentir encore plus ener- 

■ 

t giquement cette influence que ceux que je gardais au 
• fond de mes matras et que leur paroi de verre prote- 
« geait un peu contre Taction solaire, si elleles protegeait 
t aussi contre les impuretes venues ;de Texterieur. C'est 
t done a juste titre que Tancienne medecine voyait dans 
t les rayons solairesles plus puissants agents de Thygiene 
i publique et privee. > 



OFFRES ET DEMANDES 



Belle collection de fossiles du Turonien d'Uchaux : 
50 especes et parmi Radiolites Sanvagesii,Trigona scabra 
(les deux valves), Heterocoenia exigua, Meandastrea 
requieniana, Phylloccenii cribraria, Centastrea ra- 
diata, irregularis, etc., etc. Prix 35 francs. 



* 



Collection de coquilles fossiles du genre Ammonites, 
comprenant 90 especes, 175 exemplaires, prix 75 francs. 



* ¥ 



Le/ards ocelles vivants 



5 francs piece 



* 



M. Barillot, instituteur, a Limalonges (Deux-Sevres), 
desire recevoir en echange des fossiles des terrains ter- 
tiaires de France et de TEtranger." 



¥ * 



A vendre jolie collection de Coleopteres europeens et 
exoliques, comprenant les families suivantes : Cislelides, 
Monommides, Nilionides Pythides, Melandryides, La- 
griides, Pedilides, Anthicides, 180 especes bien determi- 
nes, 250 exemplaires contenus dans une boite. Prix : 
40 francs. 



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A vendre premier volume complet du Nataralisie 
(annees 1879-80-81), en parfait etat, s'adresser au bureau 
du journal. 



¥ ¥ 



Collections de Cicindelides et Carabides d'Europe, com- 
prenant 512 esp., 1200 exempl., parmi lesquelles nous 
pouvons citer : Tetracha eaphrattca, Procerus modes- 
tus $ scahrosus, tauricus, Carabus Bonvouloirii, Besseri, 
ffemprichii, Bomplandi, Helluo, Prasinas, Solieri, Cy- 
chras spinicolliSj Pheropsophas africanus, hispanicus, 
Acinopns Lepelletieri, giganteas, Scariles striatus, Di- 
nodes Mallei, Myas chalybaeus, Abax Schupelli, Pelor 
blapsoides, Cardiomera genet, Trechus strigipennis, 
Anophthalmus Bilirnehi, Orpheus, Aph&nops Les- 
chnaidti, etc., contenue dans vingt et un cartons 19 x26. 
Prix 190 francs. 



. 



(L * 



* 



* 

¥ ¥ 



Collection de Malacodermes, Clerides, Apatides, Pti- 
nides, etc., d'Europe, comprenant 277 esp., 943 exemp., 
parmi Cebrio corsicus, Fabricii, Lampyris mauritaniea, 
Lareyniei, Phosphcenas hemipterits, Zygiaoblonga, Til- 
lus elongatus, Clerus 4 maculatits, Trichodes crabroni- 
formis, Lymexylon navale, etc. Prix 60 francs. 



* 

¥ ¥ 



Collection de Curculionides d'Europe, comprenant: 
434 esp., 928 exempl., contenue dans dix-sept cartons. 
Prix 90 francs. 



* ¥ 



Collection de Longicornes d'Europe, contenue dans dix 
cartons, comprenant 100 esp., 330 exempl. Prix 75 francs. 



¥ ¥ 



Jolie collection de Staphylinides d'Europe, parfaitement 
determinee et bien preparee; presque toutes les petiles 
especes sont Ires soigneusement collees sur micas. Elle 
contient un grand nombre de raretes, parmi : Apteranil- 
lus conveocicollis ; Oxysoma Schaumii ; Philanthus Escn- 



Micrillns 



rialensisy Glypiomerus cavicola; 

neus, etc., etc., comprenant 371 especes, 1 070 exemplaires 

contenus dans 7 cartons, 26-19. — Prix 95 francs. 



* * 



A vendre collection de Carabides vrais comprenant les 



Calosoma 



thenes, Cychrus europeens et exotiques represents par 
66 especes 94 exemplaires parmi : Procerus scabrosus, 



mcetus. 



Hemprich 



marginalis 



nicus, Chilensis, Hispanas , rutilmis etc. Calosoma va- 
gans, senegalense semilavsc, investigator, Callisthenes 
discors, Cychrus spinicollis. Le tout contenu dans 3 car- 
tons 19-26. —Prix 55 francs. 



¥ ¥ 



M. P.-A. Doussard, instituteur a Cliponville (Seine-Infe- 



Manuel 



rateur ou maniere d'empailler les oiseaux et les petits 
mammiferes,avec 8 planches de figures coloriees. Ouvrago 
envoye franco par l'auteur, contre un manrinl. rta 9 franr** 



ERRATA 



(NUJOfcRO DU i er JIII.LKT) 

Page 103. - - 1*« eolonne : 
!* Ligne 6' en descendant: supprimer le de qui pr£c6de Slirpigue. 
2* Ligne 9* en remontant : reporter Ips cuillemets qui terminent la 

phrase, a la iigne qui pr£c£de, ap? s Lloyd. • 

3° Dans la note qui est au bas deceit eolonne: rempkicer smlemenl 
par absolument. 

2 C eolonne : 

4- Ligne 10- en descendant : suppriim t le n mes qui commence la 
ligne. ^ 

5« Ligne 26 8 en descendant : de Medicayo, lire : des Medicago. 



le gerant, Emile DEYHOLLE. 



5747 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7 ; rue des Canettes 



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Annte. 



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Aoftl I88S. us 






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. 



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Le Journal LE NATURALISTE est l'interm^diaire offlcieux de tous les amateurs d'histoire naturelle; il insdre 

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ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 27 AVRIL 1885 

Sondage de Ricard a la Grand' Combe (Gard). — Note 

de M. Grand'Eury. 

II existe, dans le vallat de la Grand'Combe un accident 
peu connu, et on y remarque des affleurements de couches 
de houille tres differentes. D'uu cote sont les couches de 

Sainte-Barbe, de Fautre, celles de la Grand'Combe. II 
s'agissail de determiner Fage relatif de ces couches, afin 
de rechercher les premieres sous les dernieres, s'il y avait 
lieu; on avait commence le sondage de Ricard pour re- 
trouver les couches de Sainte-Barbe, sous celles de la 
Grand'Combe, mais apres avoir traverse un etage sterile 
puissant, on s'arreta a 400 metres. L'etude comparative 
des fossiles a porte a conclure a Fexistence de ces couches 
cherchees ; les fossiles de Sainte-Barbe sont, dans leur 

ensemble, plus anciens que ceux de la Grand'Combe, 
mais semblables a ceux des couches de Besseges ; les fos- 
siles de la Grand'Combe par contre sont ceux de Fetage 
de Gagneres. Or, entre les couches de Besseges et celles 
de Gagneres, il y a un etage sterile de 600 metres ; on a, 
par suite, continue le sondage de Ricard, et la premiere 
couche de houille s'est montree a 731 metres avec une 
puissance de 4 ra ,80. Comme a Besseges, il y a dans les 
couches de Sainte-Barbe abondance de Pecopteris (arbo- 
rescenSj pteroides, polymorpha, lamuriana, abbre- 
viata), et les Odontopteris, Sphenopleris, Calamites, 
Asierophyllites sont analogues des especes de Zwickau 
(Sa-xe) ; les Sigillaria cannelees sont frequentes, comme 
les Net ) opteris ; Fensemble de ces fossiles assigne aux 
couches de Sninte-Barbe une place a la base du terrain 



houiller superieur. Les couches de la Grand'Combe ren- 
ferment quelques especes anciennes, Pecopteris arbo- 
rescens y Sp/ienophyllum> Schlotheimii Sigillaria ellip- 
lica> etc., mais surtout des especes plus recentes qu'on 
trouve dans les couches superieures de Champelauson ; 
Pecopteris Cyathea, hemitelioides , unita, arguta, Bio- 
tiii ; Odonlopteris lieichiana, Brardii, obtusiloba ; Dyc- 
tyopteris Schntzei; Toeniopteris jejunata; Sphenopliyl- 
lam oblongi folium; Asleropliyllites densifolius ; Cala- 
miles craciatus ; Sigillaria lepidodendri folia, spinosula, 
grasiana, sans especes costulees; beaucoup de Cordaites 
dont C. UngulatuSy angulostrialus ; Poa-cordailes li- 
nearis , etc. Les couches de Sainte-Barbe sont bien incon- 
lestablement plus anciennes que celles de la Grand*- 
Combe, d'apres les donnees de la paleontologie, et le 
sondage de Ricard vient de le contirmer. 



SEANCE DU 4 MAI 1885. 



Un nouveau genre dans la famille des Cycloctpha- 
liens. — Note par M. A. Lavocat. 

Un agneau mort-ne un peu avant le terme, chez qui les 
yeux et le nez manquent completement , presente a la 
place des orbifes, dans le plan median, une cavite formee 
par la reunion des fosses temporales. La langue, les 
oreilles et les parties correspondant a ces organes sont a 
Fetat normal. Cette anomalie se rattache a la famille des 
Cyclocephaliens ; mais, Fatrophie du nez et des yeux 
etant poussee jusqu'a la suppression, il y a lieu d'elablir 
un nouveau genre designe sous le titre <M Ophthalmoce- 
phale. Le vomer, Fethmoide et les os du nez n'existent 
pas, ainsi que le frontal, le sphenoide anterieur, le lacry- 
I mal, etc. Toute la pariie posterieure de la tele est com 
















114 



/ 



LE NATURALISTE 



plete, et le crane est ferme en avant par la conjunction I stomacale des cultures des microbes du cholera peuvent 
des parietaux avec le sphenoi'de posterieur. 



* 



Sur la canalisalion des cellules el la coniinuUe du 
protoplasma chez les vdqetaux. 



ne determiner chez l'homme aucun symptome morbide ; 
que les injections hypodermiques chez 1'homme et les 
animaux, si elles sont faites a doses relativement consi- 
derables, determinent des phenomenes inflammatoires 
Note de M.L. Olivier" I plus ou moins £ raves > et ne donnent aucun resultat si 



En se servant de la photographie dans l'etude microsco- 

• * _ 



l'on n'emploie qu'une proportion faible de culture. Une 



n ;2 1 P' l « W^ ^ns i etuae microsco- consequence a remarquer encore, c'est que le sang de 

^*t™T17*"^ ™* M ' 01ivier a distin ^ l'homme et des animaux a Tetat normal, a la nronHet 



au grossissement de 300 a 700 diametres, sur des cliches, 



pt Zur.T , T uiameires ' sur aes clicnes ' de detruire les microbes de la diarrhee liquide du cholera 

1 l\ ITIT* 'r™^™!^™ S ° n ! Per " -^ives dans la gelatine peptonisee. 



forees de canaux, les uns transversaux, les autres longi- 
tudinaux etablissant une communication entre les conte- 
nus des cellules. L'observation directe, la coloration des 
coupes et 1'injection dans les organes ont reussi, quoique 
rareniont et difficilement, a confirmer l'observation prece- 
dente. II en resulte que dans certains vegetaux, tout au 
moins, il y a un protoplasma unique et vraiment gigan- 



SEANCE DU 11 MAI 1885. 

Sur un nouvel arbre h gutta-percha. 
M. E. Heckel. 



Note de 



tesque. Le buis (Bnccus sempervirens) a montre ainsi la „ ^™P»™}™™™™^ 

continuity du nrotonlasma dans In M inn i a ««. «♦ i- cause o Par 1 incapacite et 1 imprevoyance des natifs qui les 



continuity du protoplasma dans la racine, la tige et les 
feuilles. M. Olivier croit done pouvoir conclure que, chez 
cette espece, le protoplasma se poursuit sans interruption, 
a travers des cloisons incompletes, depuis l'extremite des 
racines, jusqu'a l'extremite des feuilles. II en est de meme 
pour le Ficus elaslica. 



* 



omme 



siomacale 
's microbes 



chole'ra. 



Note de M. Bochefontaine. 

M. Bochefontaine a cultive ces microbes dans la gela- 
tine peptonisee ; bien que les experiences aient ete brus- 
quement interrompues par suite de melanges accidenlels, 
les premiers resultats obtenus sont interessants. L'expe- 
rimentateur a avale, a quatre reprises differentes, de la 
gelatine peptone contenant la deuxieme et troisieme cul- 
ture, sans eprouver le moindre phenomene anormal. Des 
injections sous-cutanees pratiquees sur plusieurs cobayes, 



exploitent, a fait rechercher les vegetaux qui pourraient les 
remplacer, carleur croissance est lente, SI. Heckel propose 
le Butyrospermum Parkii Kotschy, repandu dans la zone 
equatoriale africaine, entre le haut Senegal et le Nil, sur 
tout le cours du Niger et chez les Niams-Niams, Bougos, 
Diours, etc. Get arbre appele par les indigenes dupays des 
Bambaras, du Boure, du Fouta-Djalon, etc., du nom de 
Kare ou Kdrite, donne des graines d'ou s'exlrait un corps 
gras recherche des naturels qui le nomment Karite ou 
Beurre de Galam. Dans les terrains favorables, cet arbre 
croit assez vite, et peut etre exploite des l'age de quatre 
ans, avec avantage. Dans la tige et les rameaux, il y a 
quatre ou cinq zones circulaires de vaisseaux laticiferes 
proteges par des formations secondaires en ilots circulaires 
composes de bois rayonnant et de liber. Le latex qui s'e- 
coule des tiges et rameaux, par incision, apres avoir ete 
solidifie par evaporation de l'eau, a toutes les apparences 
et proprietes de la gutta-percha. M. Heckel a adresse des 
graines en bon etat aux jardins botaniques dela Reunion, 
de Saigon, de la Martinique, de Maurice, etc. II importe de 
rechercher si les produits du Bassia Parkii sont prefe- 



5CJS «nS"-£si v r^r -==*-=! — » « - ^s^zxsi 



determine la mort ou n'ont rien produit, suivant la dose 
injectee et la force des sujets. M. Bochefontaine se fit lui- 
meme une injection a la face externe de l'avant-bras 
gauche ; il eprouva de suite une vive cuisson durant quel- 
ques minutes seulement, puis survint de la rougeur qui 
s'etendit, en s'accompagnant d'oedeme qui gagna toute 
la face externe de l'avant-bras, du poignet, et la moilie 



* 



Nouvelle 



la question de Vorigine de 



s 



fjement 



gnit son maximum le lendemain matin ; trois jours apres, 
des ponctions pratiquees au voisinage de la piqure, don- 
nerent issue a du sang noir, qui ne montra pas traces de 
bacteriens a l'examen microscopique, apres cinq mois, les 
tubes ou on a essaye de cultiver ce sang noir, sont abso- 
lument indemnes. A part le fait de l'inflammation locale, 
le gontlement de Tavant-bras a decru et disparu sans 
laisser de traces, et ce, sans etre accompagne d'un symp- 



Vacide borique; eaux de Mo?itecalini {Italie) . 



de M. Dieulafait. 



Note 



L'un des gisements pris pour type par M. Dieulafait, 
dans une etude sur les terrains ophiolitiques et 



ser- 



pentineux del'Italie, est celui de Montecatini, entre Pistoja 
et Florence. Les geologues italiens le considered comme 
d'age terliaire; il renferme de celebres et riches gisements 
de cuivre, et des eaux salines tres mineralisees. L'une des 
sources laisse unresidu fixe de22gr. 5 par litre. En conse- 
quence de ses recherches precedentes, M. Dieulafait 
pensait que ces sources devaient etre tres riches en lithine, 
bien qu'on n'y ait encore reconnu cette substance qu'k 
tome particulier. De tout ceci, il ressort : que l'ingestion | l'etat de traces. L'experience a confirme cette hypothese, 










et les eaux de Montecatini sont des plus riches en t rapportent a peu pres exactement aux different types 
lithine que Ton connaisse, au point qu'une seule goutte, decrits ou figures dans I'ouvrage de l'abbe Dupuy [EU- 
soit 1/50 de centimetre cube, suffit pour en faire ap- J toire naturelle des mollnsques terreslres etcTeau douce 
paraitre le spectre d'une facon presque brillante. La qui vivent en France) ; mais il en est quelques-unes que 
strontiane y est suffisamment reconnue, de meme, avec je n'ai pu identilier a aucune des especes mentionnees 
1 c. c. d'eau; pareillement, l'acide borique avec 5 c. c. dans ledit ouvrage, el c'est notammenl le cas de deux 
d'eau. II est probable que les eaux de Montecatini se mi- especes d'Helix d'assez grande taille qui me paraissent 
neralisent dans des terrains ayant appartenu a d'anciennes aussi remarquables qu'elles sont rares. L'une appartient 
lagunes. Ces sources sortant sur plus de 1 k. m. q. , et evidemment au groupe de nemoralis et iVltortenste, 
donnant une quantite d'eau considerable, depuis des tandis que l'autre est plus voisine de sylvalica. 
milliersde siecles, onvoitquela quantite d'acide borique Mais avant de decrire ces deux coquilles, je vais dire 
qui en est sortie est enorme. II n'y a pas a Montecatini de quelques mots des trois especes que je viens de citer, afin 
lagoni a acide borique, connu dans la Toscane occidentale ; de mieux faire ressortir les differences de mceurs, de 
ceci prouve une fois de plus que l'acide borique n'esl pas temperament et d'habitat'de ces especes avec les deux 
necessairement toujours un produit volcanique, mais coquilles qui font l'objet de cetle notice, 
souvent un produit exclusivemenl aqueux, provenant de | Les helix nemoralis el hor/ensis sont abondamment 

repandues dans loute la contree ; la premiere surtout 
habite toutes les expositions imaginables; la seconde est 
plus localisee et se plait de preference dans les bois 
ombrages et humides exposes au Nord.Mais quel que soit 
Phabitat de ces deux mollusques, ils sont toujours nelte- 
ment separes Tun de l'aulrepar des caracteres tres precis. 



l'evaporation d'eaux de mers anciennes. 






Sur tin dispositif permettant de suivre par la vue 
les phenomenes que prdsenteni des animaux soumis a 

un& pression de 600 atmospheres. — Note de M. P. 
Regnard. 

Un dispositif particulier du a M. llegnard permet de 
suivre a chaque instant l'effet produit sur les animaux 
aquatiques soumis a de hautes pressions ; tandis 
qu'auparavant on ne pouvait considerer leur elat qu'a 
la sortie de l'appareil Cailletet. La modification consists 
dans le percement de deux ou trois trous diametralement 
opposes, a travers la partie inferieure du bloc Cailletet. 
Dans ces deux trous, sont inserees deux garnitures sem- 
biables en acier ; elles sont creuses, et renferment chacune 
un cone de quartz, solidementmastiqueet bute. Un rayon 
de lumiere concentree estenvoye par unelampe electrique 
a travers un orifice et sort par l'autre, pour etre recueilli 
par un objectif achromatique qui le projette sur un ecran. 
Get appareil, ainsi dispose, resiste bien a une pression de 
650 atin., representant cells des plus grands fonds que 
Ton ait dragues (6500 metres environ), et permet d'operer 
loin de l'appareil, a Tabri de tout danger. L'orifice de sortie 
des rayons n'a qu'un demi-centimetredediametre; on doit 
done agir sur des etres tres petits qu'on apercevrait dif- 
ficilement a l'oeii nu dans la ouve a glaces paralleles 
maintenue immergee dans le bloc Cailletet. Leur projection, 
faite au moyen d'une lentille, permet de les grossir deux 
cents fois, et Ton peutmeme distinguer par transparence 
l'etat de leurs organes. 



Nemoralis est de grande taille, a spire bien conique, a 
peristome d'un pourpre noir avec la gorge largement cou- 
verte de cetle couleur. La variation n'existe que dans la 
nuance du fond et dans la disposition des bandes et elle 
est pour ainsi dire illimitee. Hortensis, au contraire, est 
toujours petite, plus globuleuse avec le peristome cons- 
tamment blanc et la gorge de la couleur du fond de la 
coquille. Ce moliusque est loin de varier comme son con- 
genere, il est essentiellement dimorphe quant a la dispo- 
sition des bandes ; elles sont ou totalement absentes et 
alors la coquille, qui est generalement d'un jaune pale, 
passe accidentellement aurose plus oumoins vif; ou bien 
il existe cinq bandes bien continues et dans ce cas, le 
fond de la robe est loujours jaune. Tels sont les aspects 
tres constants sous lesquels se presentent ces deux especes 
sans offrir jamais de transitions. Quant a V Helix sylva- 
lica (forme typique), elle fait absolument defaut dans la 
contree; du moins je ne Tai jamais rencontree dans le 
cours de mes nombreuses recherches. 

Je reviens maintenant aux deux formes particulieres 
que je me propose de decrire. La premiere est, comme je 
l'ai dit plusliaut, voisine de nemoralis et &'hortensis\ on 
effet, elle semble tenir a toutes deux a la fois. Comme 
forme, elle se rapproche plutdt tihortensis ; comme cette 
derniere, elle est de petite taille, globuleuse, a dernier 
lour plus renfle surtout vers la partie superieure de Tou- 
verture, a spire peu elevee, lisse et brillante, du reste, 
comme hortensis. Cette coquille se presente, comme cette 
SUR DEUX HELIX DES ENVIRONS DE BELLEGARDE derniere, sous deux formes differentes. Celle que je consi- 



J'ai entrepris depuis une annee environ, Petude des 
coquilles terrestres etfluvlatiles de la region que j'occupe, 



dere comme typique est- a cinq bandes continues dun 
pourpre fonce sur un fond d'un jaune un peu rose ; la 
variete, au contraire, est toujours d'un iaune fauve on 

bandes. Mais, dans les d 



et je suis parvenu a reunir dans cet intervalle, a peu pres cas le neristomP p«V IZll V * ™ leS deuX 

toutes les especes qui habitent les environs fcJLJ de R^?SSM SS^ ^ US de 
Belleerarde. Presaue toutes les comiillps a in«; ^^i,^. <.„ x „. ,. . i uiieneur 4 a un bourrelet blanc ou 



Bellegarde. Presque toutes les coquilles ainsi recoltees se 



rose et la gorge est toujours de la couleur du fond de la 



C 









116 



» 



LE NATURALISTE 



coquille. D'apres les caracleres qui precedent, on serait 
tente de rapprocher cette esp^ece d'horiensis sous le rap- 
port de la taille, de la forme et du dimorphisme de Ins- 
pect ; mais elle ne saurait etre eonfondue avec cette der- 
niere coquille a cause du peristome qui est caracteristique 
et invariable. Quant a ntmoralis, l'analogie est plus loin- 
taine parce que la coquille dont il est question est toujours 
plus petite, plus globuleuse, plus deprimee, sans trace.de 
pourpre surla gorge, son peristome a un aspect particu- 
lier, enfin le mollusque est dimorphe, tandis que nemo- 
ralis presente toules les variations, depuis la coquille sous 
bandes jusqu'a celle qui en ofi're six ou sept. L'abbe 
Dupuy, dans son traite, signale a l'article nemoiulis deux 
helix pubMdes parPoirel sous'le nom d'/iybrida et fusca. 
et il ajoute qu'on peut les rapporler indistinclement, soit 
a nemoralis, soit a hortensis. Je ne connais ces deux co- 
quilles ni en nature, n: autremenl, el il pourrait se faire que 
les deux types queje decris fussent identiques a ceux de 
Poiret. Mais, dans cette hypothese, jene pense pas qu'fty- 
brida et fusca soient de simples varieles d' hortensis 
a cause des differences que je viens de signaler, lesquelles 
sont constantes et ne prelent jamais a l'incertitude. Du 
restejen'ai jamais remarque de transitions pouvant justi- 
fier une telle opinion. Je ne crois pas non plus qu'on puisse 
considerer mes deux formes comme de vrais hybrides de 
nemoralis et d'horlensis, parce que dans cette hypothese 
ces coquilles devraient surtout se rencontrer dans les 
stations ou les deux congeneres abondent ; tandis qu'en 
realite elles n'habitent qu'un espace bien restraint, une 
sorte d'excavati :n ereusee a mi-hauteur, dans la paroi 
d'une immense crevasse au fond de laquelle coule le 
Rhdne; sur des rochers moussus et humides qu'abrileun 
lambeau de foret impenetrable. Or, dans ce reduit il 
n'existe point de nemoralis. On n'y rencontre qu'hor- 
tensis et l'espece dont il va etre question. J'ajoute que 
cette coquille est d'une tres grande rarete, car dans tout 
le cours d'une annee je n'ai pu en reunir qu'une dizaine 
d'exemplaires, malgre les plus perseverantes recherches. 
La seconde espece est voisine, je l'ai dit, de sylvatica : 
elle en differe dependant d'une maniere notable par le 
fond qui est d'un blanc pur, mais terne, sur lequel se 
detachent en couleur cafe bride les bandes tres inter- 
rompues sous forme de taches irreguiieres. La spire de 
cette coquille est aussi plus haute et la bouche moins 
large que chez sylvatica. Enfin le peristome peu reflechi 
est entierement blanc muni a 1'interieur d'un filet mince 
concolore. Une tache rosee se remarque en outre sur 
i'ombilic. Si cette coquille etait plus aplatie et plus bril- 
lante, on pourrait la comparer a splendida dont elle a 
a peu pres l'ouverture. Je ne connais pas non plus la 
variete de sylvatica appelee alba, et ne puis des lors 
decider si celle-ci est identique a celle qui m'occupe. Je 
prefere conclure en attendant, a une forme separee et 
independante qui remplacerait dans nos regions la vraie 
sylvatica absenie. Cette coquille, rare aussi, mais moins 

que la precedente, habite exclusivement 1'excavation dont 
il vient d'etre question. 



L. Austaut. 



DIAGNOSES D'ORTIIOPTERES NOUVEAUX 



Par I. BOLIVAR 






Aphlebia Cazurroi, sp. nov. 

Fusco-castanea, nitida. Antennis hirsulis, pallide-fuscis. 
Vertice rufo, fusco biplagiato. Pronolo antice lateribusque 
pallide-limbato rufoque punctato ; disco castaneo. Meso- 
noto nee non metanoto postice angustissime pallidis. 
Elytris testaceis, rufo-punctalis, brevissimis, lobiformi- 
bus; venis nullis. Pedibus testaceis, spinis basi macula 
fusca. Abdomine castaneo, marginibus pallidis ; cercis 
apice flavis <?. 

Long. corp. 7 mm ,5; pron.2 mm ,2; Lat. pron. 3 mm ,5; Long, 
elylr. l ram . 

Hah. Riff (Melilla) Figari ! ma collection. 

Espece tres differente de toutes celles decrites jusqu'ici; 
au premier abord on pourrait la confondre avec le Lobop- 
tera decipiens. Je la dedie a mon jeune compagnon d'ex- 
cursions M. M. Gazurro, entomologiste. 

Stenobothrus Bonneti sp. nov. 

Teslaceo-rufescens,fusco-maculatus. Capite parvo, ver- 
ticis fastigio parum exerto, foveolis acute delineatis, sed 
fere quadratis ; costa frontali plana, punctata, minime 
sulcata; antennis filiformibus , angustissimis. Pronoto 
metarona prorona longiori, carinis lateralibus ante sulcum 
posticum flexuoso-curvatis, pone sulcum distincfo retror- 
sum divergentibus ; lobis deflexis supra fascia lata fusca, 
longitudinal]', in <? subobliterata. Elytris angustissimis, 
abdomine tertia parte longioribus, area discoidali + fascia 
fusca, in <f maculis serialis : area mediastina ad medium 
marginis extensa, prope basim ampliata ; area scapulari 
basi albido-callosa , postice ampliata venis transversis 
obliquis subflexuosis ; venis radialibus recti's, parum dis- 
tantibus. Corpore sublus glabero. Pedibus brevibus, tibiis 
poslicis ^ femoribus mullo brevioribus pallidis, spinis 
brevissimis nisxis & 9. 



- 



<? Long. corp. 16" 
10" ,m ; fem. p. 9"" n ,5; 



Pron. 2 m '",5; 



Long, elytr. 



t. p. 7 



mm 



4- Long, corp 

mm . 



mm 



fem. p. 11 



20 
lib p. 9 



Pron. 3 mm .5; 



elytr. 20 



mm 



mm 



Bellfgarde, ce juillot 1885. 



Hab. Bir Beni Zid au bord du Chott Fedjej (Tunisie). 
Recueilli par mon excellent ami M. le D r Bonnet, qui a eu 
la bonte de me le communiquer pour le decrire. 

Ephippigera pcllucida sp. nov. 

Viridi-olivacea, subnilida, lasyiuscula. Capite parvo, 
vertice obliquo ; fastigio parum elevato, compresso. Pro- 
noto antice rugosiusculo , postice l?evi , subpellucido, 
carina media, suboblitterata ; lobis lateralibus acute in- 
sertis, carinis crenulalis ; margine inferiori sinuato. Elytris 
rufescentibus, vena radiali incrassata. Tibiis anterioribus- 
pone medium spina armatis. Femoribus posticis utrinque 
multispinosis. Lamina supra-anali angusta, lanceolata. 
Cercis brevissime hirsutis, basi dilatatis intus dente 
valido, apice atlenuatis, subincurvis et mucronatis. La- 
mina subgenitali rotundato-excissa ; stylis elongalis. <f. 






i 









LE NATURALISTIC 



117 






Long. corp. 25 
post. 10 



»:iiii 



pron. 7 



mm 



tib. ant. 9 mm ; 



fem. 



mm 



I lab* Sierra de Gerez, Leonte (Portugal), Paulino d'Oli- 
veira. 

Cetle espece vient se placer a cote de YE. Seoanei dont 
elle differe par sa taille, par son pronolum presque lisse, 
surtout dans la metarona ou il est presque translucide, et 
par ses jambes anterieures qui ont une epine ante-apicale 
et une autre apicale au bord exlerne. 

Ephippigera serrata sp. nov. 

Ferru^ineo-olivacea, nitida. Capite rnagno ; vertice fere 
perpendiculariler declivi ; fastigio loevissime elevalo ; late 
sulcato. Pronoto rugoso, tuberculis flavis elevatis; carinis 
lateralibus compressis, serralo denlalis, medio extrorsum 
curvatis; sulco antico curvato, sulco postico recto, vix 
pone medium sito ; metarona medio carinata; lobis 
deflexis sub excavatis, loevibus, margine inferiore fere 
redo, medio lceviter sinuato, incrassalo. Ely Iris ferrugi- 
nejs, vix exertis, vena radiali incrassata, area marginali 
angusta, reticulata. Femoribus posticis carina inferiori- 
inte.rna apicem versus spinosa ; carina inferiori-externa 
mutica vel tantum spina parva armata. Oviscapto com- 
presso, subrecto, acuminato, apice subtus crenulato. q 



Long. corp. 32 



mm 



pronoti 8 ,um ,5; — tib. ant. ll mm ; 
oviscapti 27 mm . 



fem. post. 20 mm ; 

Hab. Milfontes Ribeiro (Portugal). Paulino d'Oliveira. 
Celte espece appartient au meme groupe que YE. Miegi, 
mais elle en differe par les earenes du pronotum qui sont 
incurvees jusqu'a se continuer presque insensiblement 
avec le bord posterieur, en meme temps qu'elles sont 
fortement dentees, ce qui n'existe dans aucune autre 
espece. 

Homaloblemmus Olcesei sp. nov. 

Supra fuscus, nitidiusculus ; subtus castaneus. Capite 
brevi, transverso ; fronte anlrorsum declivi, inter anten- 
nas lata ; ocello medio supero ; Scutello faciali sulco lon- 
gitudinali instructo. Pronoto transverso, antice emargi- 
nato, postice recto; utiinque distincte arcuato. Elytris 
& pronoto aeque longis fere uti in Platiblemmo barbaro 
Sauss. construclis, fusco-rufescentibus, extus obscuriori- 
bus ; venis obliquis tribus ; £ abbreviatis squamiformibus. 
Pedibus rufis, tibiis posticis femoribus ejusdem paris 
multo brevioribus ; metatarso elongato. Oviscapto brevis- 
simo, valvis apice obtusis. 



d* Long. corp. 19 



mm 



pron. 4 



mm 



ely tr. 3 nml ,8 ; 



femor. post. 10 



mm 



9 Long. corp. 16 m "> ; 



pron. 3 mm ,5; 



elytr. l mm ; 



fem. post. 9 mt * — ; ovisc. 5 mm . 

Hab. Tanger (Maroc). 

La tete vue de profil a sa partie la plus renflee au- 
dessous du milieu. J'ai doute fort longtemps si cet insecte 
devrait etre place dans ce genre ou bien parmi les Sea- 
psipedus; les <? des Homaloblemmus n'etant pas connus, 
ii n'etait pas facile de decider, mais la position de Pocelle, 
le raccourcissement des elytres et la brievete des jambes 
posterieures m'ont fait le rapprocher de ce dernier genre 
non sans avouer que les caracteres de ce genre ne con- 
vienneni pas tout a fait a mon espece. 



M. Olcese, qui m'a communique cetle espece, vient 
ainsi d'augmenter d'un genre nouveau la faune circa 
europeenne, et e'est avec un vif plaisir que jo lui dedie 
celte espece. 

Gryllomorphus Fragosoi sp. nov. 

Nitidiusculus, pnllMo-iostaceus, parce ^pilosus. Capite 
ulabro, nitido. Pronoto unico!ore, ochraceo, marginibus 
nigro-selosis. Elytris abbrevialis, rotundatis , corn^is , 
la i vibus, concliatis, circum-cirra angnstissime flavo-mar- 
ginalis, venis indislinclis. PedibUS pallidis. Lamina infra- 
analis magna, convexa, apice late 10 tun data 



* 



Long. corp. 11 



mm ■ 



pron. 2 



mm 



elytr. 1 



mm ; - femor. 



post. 8 mm . 

Hab. Dos llermanas (Seville). 

Cette remarquable espece qui a a peu pres la grandeur 
du Gr. alienns Brunner, a ete trouvee par M. Gonzalez 
Fragoso, botaniste, a qui j'ai le plaisir de la dedier. 



L'OROAGE 



Nous empruntons au traite d'histoire naturelle des 
drogues simples, du professeur G. Planchon, noire article 
sur TOronge. 

Les Champignons sont des v£getaux terrestres nes dans 
des lieux humides et ombrages, sur des corps organises 
languissants ou morts et en etat de decomposition. lis 
se composent en general de deux parties distinctes, Tune 
vegetative, l'autre de reproduction. La premiere est 
formee de filaments greles, paraissant etre Tetat primitif 
portant le nom de mycelium, ces filaments sont simples 
ou ramifies, nus ou engages dans la substance meme du 
corps sur lequel le Champignon vit en parasite, parfois 
aussi les cellules du mycelium forment des membranes 
de consistance diverse, ou des corps mous et pulpeux, 
ou encore des tubercuies fermes et resistants. La seconde 
partie qui nait de la premiere comprend des organes de 
reproduction tres varies. 

Les Champignons comestibles et veneneux ont une 
composition chimique a \ eu pres la meme, chez tous on 
trouve une grande predominance des principes azotes 
qui les met presque sur le meme rang que les substances 
animates, et qui est cause que parmi les animaux ceux 
qui les mangent sont principalement carnivores; mais 
a c6te de ces principes nourrissants il s'en trouve 
d'autres qui sont eminemment veneneux dans quelques 
especes. On en trouve Texemple dans YOronge vraie et la 
fausse Oronge, toutes les deux apparliennent aux Ama- 
niles ou aux Agarics a volva, e'est-a-dire qu'ils sont 
enfermes, pendant leur jeune age, dans une poche que 
le Champignon perce en grandissant; leur principale 
difference consiste en ce que, dans TOronge vraie {Aga- 
ricus aurantiacas) aucune partie du volva n'est retenue 
par le chapeau qui s'eleve, tandis que dans la fausse 
Oronge (Agaricus muscarias) le volva laisse sur le 
chapeau des debris sous forme de tubercuies anguleux, 



v 






118 



LE NATURALISTE 






dont la couleur blanche tranche avec la belle teinte 



phosphorescence joue un grand r61e dans la nature, la 



orangeedu chapeau. Or, comme Iedit M. Planchon, cette luciole a Pelat de larve repand une lueur assez vive pour 



difference assez legere en denote une bien grande dans 



que le male vienne la trouver; le poisson qui se decom- 



la qualite; car l'Oronge vraie est un des Champignons les pose repand egalement dans l'obscurite une lueur assez 



plus recherches comme aliment et TAgaric mouchete est 
an des plus veneneux. 

L'Oronge se montre en abondance aux environs 
d'Etampes dans les mois de septembre et d'octobre, il a 
un gout aromalique tres agreable, on le fait cuire renverse 
sur le plat, sa cavite etant garnie de fines herbes, de mie 
de pain, de sel, de poivre, le tout arrose d'huile d'olive. 
Cette manierede le preparer n'etaitpas celle des Romains, 
ils le preparaient avec du vin cuit,- du miel, des jaunes 

de l'huile, de la coriandre. Les poetes de cette 



s 



d'ceuf 

epoque ont Leaucoup chante ce mets. 

L'Agaric comestible contient : 1° de Veau de vegetation; 
2° de la cellulose; 3° de Yalbumine; 4° de la viscosine, 
ou mucilage de champignon; 5° de la mycelide, 
substance rappelant la gelatine, et qui a l'etat sec se pre- 
sente sous forme de plaques brillantes noires entiere- 
ment solubles dans l'eau ; 6* du glucose; 7° de la mannile; 



vive, le bois qui tombe en putrefaction presente le meme 
phenomene. 

Stanislas Martin. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



ma 



lique; 11° 
azotee; 13 



Un de nos collaborateurs a capture dernierement, a 
Paris (Bois de Boulogne, partie d'Auteuil) une variete 
rare de Limenitis Sybilla. Get individu offre un cas tres 
curieux de melanisme: le dessus des quatre ailes est 
entierement noir ardoise, bien moins veloute que diez le 
type et non saupoudre de blanc, le blanc est complete- 
ment disparu; on n'apercoit plus que six points grisatres 
diffus qui semblent etre la transparence des seules par- 
ties du dessous restees blanches. Le dessous est encore 
plus extraordinaire : la bande mSdiane blanche des quatre 



maliere coloranle; 12° une substance ailes a ete absorbee par le rouge rouille qui en couvre la 



indeterminee 



de Yoga- totalite ; les points noirs se sont etendus et forment des 



ricine, en masse cristalline jaundtre ou blanc hd tre, 
peu dure, a reaction acide, sans odeur et sans savem\ 
rappelant k la fois les corps gras et les corns resineu.w: 



maliere arasse mi 



fixe 



>M 



des 



phosphates; 19 s des malates; 20 rt des citrates; 21° du 
chlorure de potassium; 22° des sets de potasse, de 
sonde, d'alumme et de fer. Le principe toxique du Cham- 
pignon est la buthosiae, a laquelle on attribue les pro- 
prietes d'un alcaloide. L'amanitine n'a pas encore ete 
bien etudiee. 

Dans les moments de disette, les pauvres pouvaient 
utiliser tous les Champignons, en les soumeltant au 
traitement indique par Gerard, en 1851 : il suffit, apres 
avoir coupe en morceaux les Champignons qu'on suppose 
veneneux ou qu'on craint qu'ilsne le soient, deles laisser 
macerer dans de Teau additionnee de deux cuillerees de 



gris, de deux a tro 



a bouche de vinaigre 



500 



e> 



leur enlever toutes proprietes malfaisantes. Ce procede 
n'a que Tinconvenient de faire disparaitre beaucoup de 
Tarome particulier a chaque espece, et une grande partie 
des principes nutritifs. 



lignes rayonnantes. Les seules parties restees blanches 
sont les taches marginales qui sont plus grandes que 
dans le type et semblent percees sur le dessus comme il 
est indique plus haut. La frange est blanche comme 
chez les exemplaires normaux. Cette rare aberration fait 

■ 

partie de la collection de M. le D r Monod. Cette note a 
ete communiquee par M. Alfred Guillot aux membres de 
la Societe entomologique de France, 






Le congres de ^Association francaise pour TavancemenL 
des sciences, qui doit s'ouvrir a Grenoble, le 12 aout, pro- 
met d'etre des plus interessants. Outre les nombreux 
travaux qui sont annonces pour les sections, il y aura 
deux importantes conferences, l'une de M. le docteur 
J. Rochard, sur les ressources alimentaires de la France; 

l'autre de M. G. Cotteau, sur la nouvelle galerie de paleon- 
tologie du Museum. 

Le pays, extremement pittoresque, se prete a de nom- 
breuses excursions; parmi les points principaux pour 
lesquels des excursions seront officiellement organisees, 
nous citerons : Aix-les-Hains, Allevard, Annecy, Briancon, 
Chambery, la Grande-Chartreuse, Uriage, Vizille, la vallee 



L'< >ronge n'est pas le seul Champignon qui apparait sur de la Bourne, la vallee du Breda, etc. 
nos tables; nous pourrions enumerer les varietes des Un grand nombre de savants anglais, americains, 
Cryptogames qui sont em pic yes en cuisine, mais nous I beiges, hollandais, espagnols, italiens, russes, suisses, 

ont promis de prendre part aux travaux de cette session. 

Pour tous les renseignements relatifs au congres de 

Grenoble, s'adresser au Secretariat de I'Association fran,- 



avons le desir de suivre le conseil de ce penseur qui dit 
que rien nest bien qu'd sa place; et nous serons charmes 
si nous avons suivi ce proverbe persan, que nous nous 

sommes rendus non eloquents mais logiques pour etre | raise, 4, rue Antoine-Dubois, avant le 15 juillet. 
compris par nos lecteurs. 

Les Champignons presentent un phenomene que nous 
ne croyons pas devoir passer sous silence, ils deviennent 



* 



M. Paul Audolent a eu occasien de constater 



. ,. _ „ uu , oa Clllc , lia uyvieunem m. ram Auaoient a eu occasien de constater la miis- 

phosphorescents lorsqu ils entrent en decomposition. La I sance de vitalite des larves de la Calliphora vomitoria. 







LE NATURALISTE 



119 



Plus'eurs de ces larves, qu'il avait donnees en nourriture 
a des Tritons, sont restees deux jours vivantes au fond 
de Feau et rneme s'y sont transformers en pupes. II a 
recueilli ces pupes afin de voir si elles parviendront a 
Petat parfait. 



¥ ¥ 



M. Lefevre a communique recemment a la Societe ento- 
mologique de France la note suivante : 

Dans les Petites Nouvelles entomologiques de 1876, 
p. 98, M. Fairmaire a decrir, sous le nom de Pseudoco- 
laspis Oberthiiri H un Eumolpide du Nord de PAfrique, 
qui me parait devoir rentrer dans le genre Calliope, etabli 



par M. Weise (Natarg 



r Ins. Deittschl.) VI, p. 279, 



not. 2) pour un insecte du Caucase (Schah-Dagh) qu'il a 
nomine C. Faasti. Mais le mot Calliope etant employe 
deja depuis longtemps en zoologie, notamment pour un 
genre de Lepidop teres, un genre de Dipteres et un genre de 
Crustaces-Decapodes. je propose de ]e remplacer par celui 
de Callipta. (Test done sous la denomination de Callipta 
Oberthuri Fairm. que je ferai figurer Pespece dans le 
Catalogue raisonne des Eumolpides que je publie en ce 
moment. Ce Phytophage, tres remarquable d'ailleurs, n'a 
encore ete trouve, a ma connaissance, 
(Menah [Oberthur], Nifenser [Ch. Martin] ) et en Tunisie 
au Djebel Rerda et au Djebel Attig, pres Gafsa, ou 
M. Valery Mayet en a capture un certain nombre d'exem- 
plaires. Les individus provenant de ces deux dernieres 
localites ontles pattes d'un brun rougeatre avecle milieu 
des cuisses d'un bronze verdatre, tandis que ceux de 
Menah et de Nifenser les ont entierement noires ou d'un 
noir de poix. De plus les males (du moins les individus 
que je considere comme tels) sont du double plus petits 
que les femelles. 



qu'en Algerie 



* ¥ 



M. Stanislas Meumer, aide-naturaliste au Museum 

d'histoire naturelle, fera une excursion geologique pu- 

blique, du 5 au 13 aout 1885, dans le massif volcanique 
de l'Auvergne. 

Le rendez-vous est a Paris, a la gare de Lyon, le mer- 
credi 5 aout, a 7 heures un quart du matin. 

Une reduction de 50 0/0 sur le prix des places en clie- 
min de fer, sera accordee aux personnes qui s'inscriront 
au Laboratoire de geologie avant le 3 aout a 4 heures. 

On trouvera au Laboratoire tous les renseignements 

o 

relatifs a Pexcursion, et specialement un programme 
lithographie donnant le detail de Pitineraire. 



¥ ¥ 



M. Bureau, professeur de Botanique au Museum d'His- 
toire naturelle, fera une excursion botanique, du l er au 
7 aout, a Nantes et sur, les bords de POcean. Depart de 
Paris, le samedi l €r aout, a 9 h. 10 du matin, gare d'Or- 
leahs. Arrivee a Nantes a 6 h. 23. Dimanche 2 et lundi 
3 aout, visites au Jardin des plantes et au Museum d'His- 
toire naturelle de Nantes ; herborisations sur les bords de 
la Loire et dans les marais flottants de PErdre. Le 3, a 
6 bu 53, depart pour le Croisic. 



Mardi 4, merc-redi 5 et jeudi 6, herborisations dans la 
region maritime ; sables de Pembron, cote granitique de 
Batz, dunes d Fscoublac, marais salants de Pouliguen. 

Vendredi 7, a 5 h. 33 du matin, depart du Pouliguen; 
arret de 1 h. 21 m. a Angers; arrivee a Paris a 9 h. 4 m. 
du soir. 



¥ ¥ 



L'Academie royale des sciences de Belgique publie le 
programme des concours pour 1880 qui comprendra pour 
les sciences naturelles les questions suivantes : 

Prkmiere QiESTroN. — Faire la description des terrains 
tertiaires beiges appartenant a la serie eocene, jasqitau 
systeme laekenien de Dumont, inclusivement. 

Deuxieme question. — Faire VStude de quelqaes-imes 
des principales fonctions d'un animal invertebre. 

Troisieme question. — On demande de nouvelles obser- 
vations sur les rapports du tube pollinique avec Voo- 
sphSre, chez un ou quelques phan&rogames . 
l La valeur des medailles decernees cornme prix sera de 
six cents francs pour chacune de ces questions. 

Les memoires devront etre ecrits lisiblement et pour- 
ront etre rediges en francais, en flamand ou en latin. lis 
devront etre adresses, francs de port, a M. Liagre, secre- 
taire perpetuel, au Palais des Academies, avant le 
l cr aout 1886. 

L'Academie exige la plus grande exactitude dans les 
citations; les auteurs auront soiD, par consequent, d'indi- 
quer les editions et les pages des ouvrages cites. On 
n'admettra que des planches manuscrites. 

Les auteurs ne mettront point leur nom a lour ouvrage ; 
ils y inscriront seulement une devise, qu'ils reproduiront 
dans un billet cachete renfermant leur nom et leur 
adresse. Faute par eux de satisfairo a cette formalite, le 
prix ne pourra leur etre accorde. 

Les memoires remis apres le terme present ou ceux 
dont les auteurs se feront connaitre de quelque maniere 
que ce soit seront exclus du concours. 



¥ ¥ 



M. Delherm de 



Larcenne, dans son catalogue des 



Coleopteres du Gers et du Lot-et-Garonne , donne la 
description de deux nouveaux coleopteres francais. 



Hai 



[)alus foveicollis. Delh. Tenebroso Dej. prooci- 
mus, sed angustior, ater, obseurus, laleribus prot/iora- 



rum 



antennis pedibusque testaceis : 



basim 



lathis impresso et punctato, ad angulum antero-inter- 
num hujus impressionis fovea alta ovali notato. 

Noir terne ; taille et forme du tenebrosus, Doj., plus 
etroit. La poncluation de la base du corselet est plus 
nette, bien localisee dans les impressions qui sont elles- 
memes limitees en dehors par un trait bien net cf, en 
dedans, pros de la demi-Iongueur du corselet, par une 
fossetle bien nette, ovale et oblique. Les stries des elytres 
sont profondes, etroites et lisses ; les intervalles peu con- 
vexes et tres finement chagrines. Pattes, bouche, palpes 
et antennes testace clair. 



120 



LE NATURALISTE 



Un seul exemplaire £ trouve a Bareges (Hautes-Pyre- i lusconveocicoliis; Oxysoma Schaumii; Philanthus Escu- 



nees), par M. J. Dayrem 



mm 



Cyunellce, L. proximns ; sed paulo minor, supra niger 
et obscurus; snbtus subviolaceus , alle et dense pnnc- 
tatus ; thorace snbcoriaceo, punctis rarissimis, VZcir- 
citer, notato ; canale transverso prolhoracis cmnino 

Uevi. 
Ce no scrait qu'une variele de couleur de L. cyanella. L , 

n'etaient le canal transverse a la base du prolhorax qui 

est exactement lisse et l'epistome qui est moitie moins 

densement ponctue. 
Gimont ; un seul exemplaire pris en juin, au fauchoir. 



OFFRES ET DEMANDES 



Collections de fossiles de Terrain Devonien, 

75 especes et 250 exemplaires en bon etat de conser- 
vation.— Prix : 185 francs. 



* 



Iferbierde 50 especes de plantes veneneuses. 12 francs. 



* + 



Collection de lOOroches preparees en plaque minces pour 



l'examen microscopique. 



Prix : 200 francs. 



* 



A vendre Collection de mollusques europeens et exo- 
tiques comprenant 355 especes et un millier d'exemplaires 
environ et parmi nombre de bonnes especes. — 
295 francs. 



Prix 



* 



HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE 

volumes parus (en vente au bureau du Journal). 
2° Partie. — Mammiferes,parleD r Trouessart, 143 fr. 



dans le texte, 3 fr. 50, franco. 



3 fr. 90 



6 e Partie. — Mollusques. (CSphalopodes, Castero- 

podes), par A. Granger, 20 planches hors 
texte, 4 francs, franco. 4 fr. 35 

8 e Partie. — Coleopteres, par L. Fairmaire, 27 planch. 



hors texte, 4 francs, franco. 



4 fr. 40 



IP Partie. — Hemiptcres, par L. Fairmaire, 9 planches 



hors texle, 3 francs, franco. 



3 fr. 30 



12° Partie. — Lepidop teres, par Berce, 18 planches 



7 



Parlie. 



15'' Partie. 



en couleur, hors texte, 5 francs, 

franco. 
Pour paraUre prochainemenL 

Mollusques bivalves, Tuniciers. 
Acariens, Crustaces, Myriapodes. 



5 fr. 45 



* 



.lolie collection de Staphylinides d'Europe, parfaitement 
determinee et bien preparee ; presque toutes lespetites 
especes sont tres soigneusement collees sur micas. Elle 
contient un grand nombre de raretes, parmi : Apteranil- 



rialensis; Clyptomeras cavicola; Micrillus suMerra- 
neas, etc., etc., comprenant 371 especes, 1070 exem- 
plaires contenus dans 7 cartons, 26-19. — Prix 95 francs. 



ARRIVAGES 



Coleopteres de fraicheur remarquable 

Chasses de 1885. ■ 



Cicindcla soiuta Hongrie. 

Fischeri Turquie. 

sylvicola Hongrie. 

Procerus gigas Croatie. 
Carabus croaticus » 



planicollis Transylvanie 
Darwini Chili. 
sybarita » 



Creutzeri Croatie. 
hunsaricus Hongrie. 



nodulosus » 

glabratus » 

Ulrichii (varietes di verses) 

irregularis Allemagne. 

nitens France. 

Cristophorii, France. 

Splendens, France. 

hispanus, France. 

marginalis Allemagne. 

Fabricii Autriche. 
Calo'sotna sycophanta Turquie. 

inquisitor, France. 
Hroscosoma baldense Monte-Baldo. 
Miscodera arctica. 
Futroctes foveipeinnis Turquie. 
Sisyphus Schaefteri Bulgarie. 
Geotrupes purpureus Turquie. 
Anoxia pilosa Budapest. 
Polyphylla fullo France. 
Osmoderma eremita. 
Chalcophora mariana Autrich?. 
Aurigena lugubris Hongrie. 
Eurythyrea austriaca Croatie. 

Capnodis tenebricosa Turquie. 
Spondylisbuprestoides France. 

Bhopalopus macropus Serbie. 
Anisarthron barbipes Autriche. 
Oxymerus cursor Hongrie. 
Xecydalis ulmi France. 
Dorcadion Scopolii Hongrie. 



Hongrie 






decipiens » 
equestre Turquie. 
iEthiops Hongrie. 
Morimus funereus » 
Saperda carcharias France. 

' punctata » 

Agapanthia leucaspis Hongrie. 
— cyan -a Russie. 



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Le gerant, Kmile DEYROLLE 



5773 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 













ADRESSER TOUT CE QUI CONCERNE 



L'ADMIMSTRATION 



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ABONNEMENT ANNUEL : 

Payable d'avance en un mandat-posto a l'ordre du Directeur 



PARIS 



France et Algerie 

Pays compris dans FUnion postale. . . . 
Tous les autres pays 

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8 f r. 



»^V"Wl 



PAUL GROULT 

Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Le Journal LE NATTJRALISTE est l'interm6diaire offlcieux de tous les amateurs d'histoire naturelle; il insure 

gratuitement toute demande d'6cliange et de renseignements scientifiques 6manant de ses Abounds. 



HENRI MILNE-EDWARDS 



La France pleure un de ses plus grands maitres : Henri 
Milne - Edwards , membre de FInstitut , professeur au 
Museum d'Histoire naturelle , doyen de la Faculte des 
sciences, rnembre de FAcademie de medecine, grand offi- 
cier de la Legion d'honneur, est mort. II etait age de 
85 ans. L'histoire naturelle, la zoologie tout particuliere- 
ment subit une grande perle. M . Milne-Edwards laisse 
dans la science un vide qui sera difficilement comble; il 
lui a consacre sa vie entiere, il a vecu pcur eile, il a 
accompli des travaux qui ont ajoute a la gloiye scientifique 
de notre pays. 

Mais le defunt a laisse un fils, M. le professeur Alphonse 
Milne-Edw^ards, membre de FInstitut, et qui le reinplaca, 
en 1876, a sa chaire de physiologie du Museum. M. Al- 
phonse Milne-Edwards, deja celebre par nombre de tra- 
vaux, perpetuera le souvenir de ce nom si populaire et 
qu'il a lui-meme contribue a illustrer d'une si belle facon. 
On sait que M. Alphonse Milne-Edwards a dignement 
marche sur les traces de son pere. Ses travaux anterieurs 
lui avaient ouvert les portes de rAcademie des sciences, 
en 1879, a la mort de M. Gervais. Parmi ses plus recents 
travaux, nous citerons les deux expeditions celebres, qu'il 
a dirigees a bord du Iravailleur et du Talisman, en dra- 
guant le fond des mers. M. Alphonse Milne-Edwards 
soutient tres hautement Fhonneur d'un beau nom. 

H. Milne-Edwards etait ne a Bruges le 23 octobre 1800, 
de parents anglais. II suivit la carriere de sun frere Wil- 
liam-Frederic Edwards, le savant physiologiste qui en 
1808 avait quitte Bruges et etait venu a Paris pour y 
faire ses etudes de medecine. Milne-Edwards Fy rejoignit, 
y fut recu docteur en 1823, exerca quelque temps la 



— ^ 

medecine, puis abandonna cette profession pour pour- 
suivre Fetude des sciences naturelles. Le jeune docteur, 
Fannee meme ou il soutenait sa these inaugurale (1823), 
ecrivait avec Breschet Fimportant memoire bien connu 
des physiologistes, reltftif a Finfluence du systeme ner- 
veux sur la digestion. 11 acquit rapidement une grande 
notoriete, publia, de 1825 a 1832, plusieurs ouvrages, 
notamment ses Recherches anatomiqaes sur les Cras- 
taces, que couronna FAcademie des sciences ; un Manuel 
de matter e mddicale ; un Manuel d'anatomie chirurgi- 
cale ; un Nouveait formulaire pratique des hopitaux, 
ou choix de formules des hopitaux de France, d'Angle- 
terre, d'Allemagne et d'ltalie. En 1838, il fut juge digne 
de succeder a Cuvier a FAcademie des sciences. Heru 
docteur es-sciences, il avait, pendant quelques annees, 
professe le cours d'histoire naturelle au college Henri IV. 
En 18il, il obtint la chaire d'entomologie au Museum, 
puis, en 1843, celle d'entomologie et de physiologie com- 
parers, a la Faculte des sciences. M. Milne-Edwards avait 
ete elu associe libre de FAcademie de medecine en 1854. 
A plusieurs reprises, il lit partie du conseil de FUniver- 
site. En 1862, il succeda au Museum a isidore-Geoffroy 
Saint-Hilaire, dans la chaire de zoologie, et fut nomme 
directeur suppleant de cet etablissement en 1864. 

Les travaux scientifiques de M. Milne - Edwards sont 
aussi importants que nombreux. Aux Memoires inseres 
par lui dans les Annates des sciences naturelles, recueil 
fonde en 1824 par MM. Audoin, Brongniart et Dumas, et 
dont M. Milne-Edwards dirigeait la partie scientifique, il 
faut joindre ses grands ouvrages qui ont porte sa reputa- 



E laments 



zoo- 



logie, ses Recherches pourservir a Vhisloiredu littoral 



Histoi 









Buffi 













I 



I 



Vanatomie compare de Vhomme et des animaux, ses 
Recherche s pour servir a Vhistoire naturelle des mam- 
miferes, etc. On lui doit en outre la rendition de VHis- 
toire naturelle des invertibres, de J.-B. de Lamarck. 

Nous citerons encore comme travaux importants les 
memoires et ouvrages suivants : Legons d'embryogenesie, 
Embryologie comparee des vertebres. Organisation des 
animaux sans vertebres, Organisation des Zoophytes et 
des MollusqueSy Histoive naturelle des Coralliaires, 
Classifications des Polypiers, Memoire sur les Crisies, 
Monographic des Eupsammides , Classification des 
Anndlides, Sur Vanatomie des Carinaires, Recherches 
zoologiques pour servir a Vhistoire naturelle des 
Lezards, etc., etc. 

L'annee derniere, les nombreux amis et eleves de 
M. Henri Milne-Edwards ont voulu rnarquer par une fete 
Fachevement de Fceuvr^ la plus importante dumaitre (Le- 
mons sur la physio logie et Vanatomie comparee de 
Vhomme et des animaux) , et, a cette occasion, ils firent 
frapper en son honneur une medaille. 

* 

C'est H . Milne-Edwards qui, le premier, a nettement 
exprime le principe de la division du travail physiologique, 
et indique que cette division devrait etre le criterium a 
suivre dans Findieation du rang qui appartient a chaque 
espece.Ses idees au sujet des tendances de la nature dans le 

plan general de la creation animale sontremarquablement 

exposees dans son Introduction a la Zoologie generate, 
ouvrage remontant a 1853. M. Milne-Edwards a ete charge 
de plusieurs missions a Fetranger ; il a accompagne notam- 
ment MM. de Quatrefages et Blanchard en Sicile, pour 
etudier la faune marine de ce pays. 

II. Milne-Edwards patronnait avec ardeur « FAsso- 
ciation scientifique de France » dont il etait le president 
et qu'il avait fondee avec Le Verrier et J. B. Dumas; il 
avail etablison siege a la Sorbonne. II allaitlui-meme sol- 
liciter le concours des savants les plus celebres; c'est 
ainsiqu'on a pu, pendant 1'liiver, dans les seances du sa- 
medi soir, entendre, dans le grand amphitheatre de la 
Sorbonne, MM. ltenan, Duruy, Gaston Boissier, Faye, Ja- 
min, Henri wSainte-Claire Deville, etc. ; en un mot, toutes 
les illustrations des lettres et des sciences. La prosperity 
de cette oeuvre patriotique rechauffait Tame du vieux sa- 
vant. M. Henri Milne-Edwards s'etait demis peu de temps 
avant sa mort des fonctioas de doyen et de professeur a 
la Faculte des sciences. II se faisait suppleer au cours de 
zoologie dont il etait titulaire; mais il administrait tou- 
jours la Faculte avec un egal devouement depuis de lon- 
gues annees. Attache a la vieille Sorbonne, il ne Fa quittee 
que contraint par la maladie ; il etait ne le 23 octobre 1800, 
et son grand age n'avail pu avoir raison de son zele ; son 

activite elait restee infatigable. 

Grand-officier de la Legion d'honneur, membre de 
toutes les Academies, Milne-Edwards avait recu en 1856 
la grande medaille Cowpley de la Societe royale de 
Londres; en 1880, la medaille Boerhaave de la Societe hol- 
landaise, decernee pour la premiere fois . 

M. Henri de Parville, dans un article necrologique, con- 
sacre quelques mots a Fhomme prive; nous ne saurions 



mieux faire en citant le passage, qui peint d'une facon si 
touchante la noblesse des sentiments du celebre defunt. 
< L'homme etait aussi connu que le savant. Qui de nous 
n'eut a profiter de son extreme bienveillance ? A qui ses 
conseils furent-ils mesures ? Tous ses amis, ses eleves 
sont plonges dans une vive douleur; ils ont perdu un 
ami autant qu'un mailre. Dans toutes les situations, a 
- toutes les epoques, il sut se rendre utile et servir son 
pays. C'est lui qui en 1870 fonda le corps des volontaires 
de rinstruction publique; il avait soixante-dix ans, mais il 
voulut marcher a la tele de ses volontaires et il prit une 
part importante a la defense des forts. 11 s'exposa le pre- 
mier aux coups de Fennemi. Un jour on ne put Fempecher 
de rapporter sous une grele d'obus la depouille morlelle 
d'un jeune ingenieur dont Favenir s'ouvrait plein de pro- 
messes et qui venait de tomber sur les remparts effondres 
du fort d'Issy. Tel a ete Wilne-Edwards dans sa carriere 

si bien remplie. 
« L'homme et le savant appartiennent desormais a la 

posterite. Aujourd'hui tous ceux qui ont le culte des 
grands noms tiendront a meler leurs regrets et leurs 
sympathies a la douleur qu'eprouvent tous les amis de la 
science. * 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 18 MAI 1885. 

V inoculation preventive de la fievre jaune a Rio de 
Janeiro. — Note de M. Bouley. 

Une lettre du D r Freire, publiee le 5 avril a Rio, annonce 
qu'en trois mois (22 decembre 1884 a 22 mars 1885), il a 
ete inocule 1109 personnes depuis Fage de un mois jus- 
qu'a Fage de soixante ans ; le virus attenue a ete injecte 
dans la region deltoidienne du bras. Sauf un ou deux cas, 
la temperature s'est elevee de 37°,5 a 40 degres centi- 
grades ; les personnes operees ont eprouve de la cephal- 
algie frontale, des douleurs dans les articulations, une 
indisposition generale et, dans quelques cas, une legere 
oppression epigastrique ; tous ces symptomes avaient cesse 
d'eux-memes, au bout de vingt-quatre heures. Aucun 
accident serieux ne s'est- produit. M. Bouley ajoute qu'il 
n'est rien dit au point de vue preventif, mais on voit que 
lafoi persiste et que Finnocuile de Foperation fait presu- 
mer qu'elle repond par son efficacite aux intentions de 
ceux qui la preconisent. 



* 



Dissection d'un foetus de Cachalot 



Note de M. Pou- 



chet. 



M. Pouchet a pu dissequer deux foetus de Cachalot, Tun 
de m ,3) de longueur et Tautre de l m ,30; il a constate que 
la narine gauche, tres longue avant d'atteinclre l'event, 
n'offre rien de particulier. Chez le foetus de l m ,30, elle est 
un peu moins large en diametre que le petit doigt et est 



LE NATURALTSTE 



123 



tapissee d'un Epithelium noir ; a m ,03 de Tevont, elle ne 
presente aucune glande. Elle est eotoyee en dedans par 
une mince lame cartilagineuse qui s'epaissit en arriere, 
s'elargit, se recourbe en faucille et rejoint le cartilage 
vomerien. On retrouve chez l'adulte cetle lame large 
comme la main pres de l'event et epaisse de m ,005. L'ap- 
pareil du blanc est forme par la narine droite modifiee 
et se compose de deux poches ou reservoirs (postdrieur 
et anierieur). Le reservoir posterieur, de forme disco'idiv, 
semble se mouler sur le mur vertical de Fexcavation cra- 
nienne, plus a droite, et parail devoir Toccuper probable- 
ment tout entiere chez l'adulte ; cette paroi riche en vais- 
seaux sanguins, tapissee d'un epithelium en partie noir, 
en partie incolore, est depourvue de glandes. Ce reser- 
voir communique en bas aver, le reservoir anterieur qui 
est cylindrique, etendu sur le plancher forme par l'etale- 
ment des maxillaires, plus a droite, et raesure trois doigts 
en diametres. Sa paroi fibreuse, tapissee d'un epithelium 
noir, loge de petites glandes espacees, a culs-de-sac nom- 
breux, et peu enfoncees. Ce reservoir devient done proba- 
blement chez l'adulte la boite a spermaceti. II existe en 
outre un faisceau de nerfs et des vaisseaux sortant par un 
canal que presente Pos incisif droit, et qu'on ne retrouve 
pas a gauche ; puis un muscle considerable a faisceaux 
dissocies dans une gangue graisseuse, paraissant destine 
a l'event, et enfin une masse fibreuse et adipeuse qu'on 
appelle cheval blanc a cause de sa taille et de sa couleur. 
La trompe d'Eustache droite a disparu ; les deux oreilles 
du Cachalot sont done (fait physiologique nouveau) dans 
une imparite fonctionnelle absolue. La narine droite com- 
munique en avant avec l'exterieur par une fente, sorte de 
museau de singe, gigantesque chez l'adulte. En resume, 
le blanc de baleine est fourni simplement par la narine 
droite du cachalot, modifiee, dilatee en deux reservoirs, 
et'rempli d'un produit de secretion special dont Torigine 
et l'organe special sont encore a rechercher. 



* 

* ¥ 



Note 



Sur la membrane buccale des Cephalopodes. 
de ML L. Vialleton. 

Les cephalopodes dibranchiaux decapodes ont entre la 
levre circulaire et les bras, une membrane multilobee, 
dite membrane buccale, dont il existe deux formes; Tune, 
a lobes allonges en forme de tetitaeules munis de ven- 
touses semblables a celles des bras, et l'autre, a lobes 
courts depourvus de ventouses. Le calmar {Loligo vul- 
garis) et la Seiche (Sepia officinalis) ont ete etudies 
comme types de ces deux formes. Les lobes de la mem- 
brane buccale, au nombre de sept, sont ainsi repartis ; 
un lobe dorsal impair et median , situe entre les deux 
bras dorsaux , puis de chaque cote un lobe dorsal 
lateral bride au bord dorsal du deuxieme bras , un 
lobe ventral lateral rattache au bord ventral du troi- 
sieme bras , et enfin un lobe ventral que Ton peut 
rapporter au quatrieme bras. Dans l'axe de chacun de ces 
lobes se trouve une sorte de tige, renflee en massue vers 
la racine du lobe, et s'effilant jusqu'a l'extremite libre de 






ce dernier; cetle tige emet des filets d^lies qui se jettent 
dans les muscles ou dans les ventouses s'ii y en a ; elle 
est formee de cellules ganglionnaires entourant uno masse 
centrale fibrillaire. Cette structure est cello des nerfs gan- 
glionnaires des bras, et la tige des lobes buccaux est 
comparable a un nerf brachial reduit de cephalopode. De 
rextremite renflee de la tige part un filet nerveuxxlelicat 
qui traverse la membrane buccale, vient se placer dans 
l'axe du bras correspondant, s'enfonce dans la £masse 
musculaire, et atteint le nerf branchial avec lequel il 
s'unit. C'est ainsi que le nerf du lobe ventral se jette dans 
le nerf du quatrieme bras, celui du lobe ventral lateral 
dans le nerf du troisieme et ainsi de suite- Le nerf du lobe 
median presente deux racines venues de chacun des deux 
bras dorsaux. Ainsi Ton voit quily a autant de lobes dans 
la membrane buccale que de bras sessiles, et que chaque 
bras commande pour ainsi dire un lobe. Tout porte done 

a regarder ces lobes comme de veriiables pclits bras 
rudiment aires , el a considerer la membrane buccale 
comme un cercle de bras, dans lequel la membrane inter- 
brarhiale serait tres developpee par'rapport aux bras eux- 



memes. 



* 



Grilletia' Spherospermii, Clujtridiacee fossile di$ ter- 



rain hoitiller sup6rieur. 
C.-Eg. Bertrand. 



Note de MM. B. Renault et 



Le Grilletia Spherospermii est une Chytridiacee a my- 
celium, a sporanges sans col, qui vivait dans les cellules 
des tissus superficiels du micelle de graines alterees du 

Gymnosperme fossile du 



im 



Spherospermmn oblong 
houiller superieur de Grand Croix, pres "de Rive de-Gier. 
Dans les parties de mycelium, chargees de sporanges, ce 
mycelium est compose d'hyphes rameux, allonges paral- 
lelement au grand axe des cellules nourrices, si celles-ci 
sont allongees, ou pelotonnes dans les cellules courtes, 
isodiametriques. Chaque hyphe est forme de cellules, pla- 
cees bout a bout mesurant 10 [jl de longueur sur 5 ja 
de largeur. La ramification de ces hyphes est monopo- 
dique. Dans les regions du mycelium qui ne portent qu'un 
petit nombre de sporanges et dans des cellules nourrices 
tres allongees, les hyphes sont formes d'un grand nombre 
de cellules steriles, a parois minces, placees bout a bout, 
et mesurant de 1 jjl a 2 jx de largeur et 10 ;j- de longueur. 
Toutes les cellules d'un hyphe pouvaienl se transformer 
en sporanges; on voit en effet de nombreuses files conti- 
gues de sporanges. Parfois deux sporanges yoisins sont 
separes par une cellule sterile articularisee ou non, et 
deux sporanges consecutifs,par deux cellules steriles. Les 
sporanges consistent en cellules ovo'ides de 40 \l a 50 [x 
de longueur sur 20 \k a 25 p. de largeur ; Tovoide, bombe 
d'un cote, presente en ce point Torifice du sporange, 
unique en general, car exceptionnellement on en a vu 
deux. Tous les sporanges paraissent vides ; certains qui 
sont ouverts permettent d'affirmer qu'il n y avait pas 
d'opercule a Porifice. Le Grilletia Spherospermii est tres 
abondant dans les deux ou trois premiers rangs des 







f 









*k 



124 



LE NATURALISTE 



grandes cellules du tissu fondamental du nucelle du Sphe- 
rospermum oblongum; plus profondement, les sporanges 
semblent isoles, et imparfaits. Dans les cellules epider- 
rniques de la base du nucelle, les hyphes sont pelotonnes, 
et les sporanges nombreux. Ce champignon n'a du se 
developper que lorsque la graine du Spherospermum 
avail commence a s'alterer. Cefossile est classe parmi les 
Chytridiacees, a cause de la forme des sporanges, de 
leur mode de dehiscence, de leur position sur le myce- 
lium, de leur nudite, et de leur modede groupement. Le 
Grilletia doit etre place dans le voisinage des Aphanistes, 
des Catenariaeldes Ancylistes. 






rouge moyen, gres argileux avec argiles violacees, sans 
dolomies ; 2 a : gres rouge inferieur, conglomerat porphy- 
rique et granulitique stratifie. 1 : Tufs argileux, avec 
coulees de porphyre pelrosiliceux. 






SEANCE DU 25 MAT 1885 

■ 

Le peneen dans la region des Vosges. — Note de M. Ch. 
Velain. 

Dans la region vosgienne, le terrain peneen entre pour 
une forte part dans la constitution des chaines secondares ; 
il comble des depressions etendues, reposanl soit sur des 
roclies schisteuses carboniferes comme a Senones et a 
Moussey, soit sur le gneiss ou la granulite, comme a 
Faymont (dans le haut du Val d'Ajol), pres de Bruyeres, a 
Saint-Die, a Saales, etc. En certains points, il est releve a 
tOO et 800 metres. La roche dominanle est un gres 
rouge argileux passant a un conglomerat Ires fragmen- 
taire, servant de base au gres vosgien que Ton a ete 
tente de considerer comme une dependance du terrain 
peneen. Des tranchees ouvertes a Faymont en 1880 ont 
decouvert au milieu de tufs argileux (argirolites) en rela- 
tion directe avec des coulees cle porphyre pelrosiliceux, 
un grand nombre de tiges et rameaux couches, et des 
troncs encore debout, simulant une foret fossile. Les col- 
lections recueillies ont permis de montrer l'identile de 






SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENIER ET GODRON (i) 

Par G. ROUY 

(Descriptions des plantes signalcos en France et on Corse depuis 1855) 

(Suite) 

S. Borderi Jordan ap. Kohrbach Monographic der 
Galung Silene, p. 137; Nyman Conspectus ft. Europe 
p. 92; S. punctata Bubani in herb.; S. Campanula 
Lapeyr. Hist, abregee pi. Pyrenees, 248; A. -P. D. C. Fl. 
Prang.* vi, p. 604, non Pers.— Sect. Dichasiosilene Rohrb. ; 
ser. Macranlhsc. — Souehe tracante, ligneuse, a divi- 
sions emettant des rosettes de feuilles, les unes steriles, 
les autres donnant naissance a leur sommet a une tige 
courte (l-12centim.), sou-vent name, dressee, glabre a la 
base, visqueuse dans sa moitU superieure, simple ou 
ramense, 1-5 floro. Feuilles pubescentes, papilleuses- 
poncluees sur les deux pages, parfois presque bulleuses, 
ciliees a la marge, a cils raides,pellucides, non glanduleux, 
ceux de la base ordinairement plus longs ; feuilles des 
rosettes oUongues-lanceolees , apiculees, insensiblement 
attenuees en un petiole le plus souvent plus long que le 
limbe, les caulinaires peu nombreuses (1-3 paires), les 
superieures devenant de plus en plus courtes et elroites, 
lineaires. Braclees pelites, ovales-lance'ole'es, blanches- 



marae et ■ abondamment 



• f 



neuses. Fleurs 1-2, plus rarement3-5 etalors les deux ou 
trois superieures rapprochees en petite cyme au sommet 
de la tige, brievement pcdlcellees, les inferieures a 
cette flore avec celle de la 3 e zone du peneen inferieur de l'extremite de rameaux alternes, ordinairement allonges 



rAutumois (schistes de Millery), et d'augmenter la lisle 
des especes signalees ; on a rencontre a Faymont : 1° les 
troncs silicifies de : Psaronius Putoni, P. Ilogardi, el P. 
Fleuroii Mougeot ; Cordaites (Arancarites) Val d'Ajolen- 
sis Mougeot ; Calamodendron striatum Brongniart ; 
Medidlosa stellata Cotta ; et les empreintes de Pecopteris 
cyatheo* Sphenophyllum angusti folium, Callipteris con- 
ferta, Calamites gigas, et feuilles et rameaux de Cordai- 
tes. Les argirolites atteignent a Faymont, de 20 metres a 
25 metres d'epaisseur ; le gres rouge situe au dessus est 
charge de debris feldspathiques ; le gres vosgien les recou- 
vre en stratification discordante,,Au val des Roches, au 
bas d'Herival, les argirolites etfegfe&uougse. sont traverses 
par un filon de quartz oMgistiferBla^ec ibarytin-eet fluorine. 
Vers Saint-Die le gres. pofrg6 atteint 150 metres d'epais- 
seur. La note de M. Velain se resume dans le tableau 
suivant de la composition du terrain peneen dans les Vos- 
ges, pris dans son ensemble. 3 : Melaphyre a labrador en 
nappes avec tufs melaphyriques dela Grande-Fosse. 2 : qui 
se divise en 2° : gres rouge superieur, conglomerats bre- 
chiformes et gres 



et situes a l'aisselle d'une feuille, et un peu plus longue 



cam 



argileux avec 



dolomies et 



rognons 



d'agate, entremeles de nappes melaphyriques ; 2 b : gres 



pantile et court ement claviforme, omMlique a la base 
pubescent et papilleux, membraneux, blanchatre ou 
plus ou moins tointe de pourpre, a dix stries verdatres 
ou purpurines, densement pubescentes, s'anastomosant 
vers le sommet (/); dents arrondies ou ovales-obtuses, 
scarieuses aux bords, plus ou moins ciliees; calice frac- 
tiferepeu contracte sousfla capsule. Petales roses ou pres- 
quepurpurins;limbebipartitealobesovales-oblongsobtus, 

muni a la gorge de deux ecailles ovales-obtuses; onglet 
cilie depassant peu les dents da calice. Styles 3-5; eta- 
mines exsertes. Capsule ovale, glabre rompant le calice, 
a peine plus longue que le carpophore tres pubescent ou 
velu ; graines legerement canaliculus sur le dos, reni- 
formes-lenticulaires, brunatres, fortement chagrinees 

presque tuberculeuses. 

Pyrenees-Orientales : VallSe-d 'Eynes {?) (Lapey- 



Aout. 



Hab. 



Campanula 



Hautes -Pyrenees 



Port de Gavamie (herb. R., Bordere !) 















■ 



(1) Voy. le Naturalise du l er juin 1885 







LE NATURALISTE 



125 



Aire geographique. — Espagne : Pyrenees deVAra- 

gon (Bubani, 1845), 

Le S. Borderl doit prendre place avanlle.S. Saxifraga 
L., a cote des S. Campanula Pers. et S. Barbeyana Heldr. 
II se distingue abondamment de la premiere de ces especes, 
mais il a plus d'affinites avec les deux aulres dont il differe 
pourtant bien par ses tiges moins greles, plus courtes, 
visqueuses superieurement, ses feuilles pubescentes, re'la- 
tivement plus larges, abondamment ciliees, par ses fleurs 
brievement pedicellees a calice poilu plus pale et plus 
claviforme, a lobes des petales moins etroits. — Le S. 
Borderi presente aussi quelque peu le port du S. ciliata 
Pourr., mais il s'en separe a premiere vue par son calice 
moins renfle, campanule, ombilique, ses fleurs de moitie 
plus pelites, etc. 



Obs. 



florae His pa 



M. Willkomm rapporle le S. Borderi Jord. comme syno- 
nyme au S. elegans Link, plante de la Serra d'Estrella 
(Portugal), oil elle est d'ailleurs fort rare et oil elle croit 
avec les 'S. ciliata Pourr. (!) et S. geniculata Pourr. (S. 

arvatica Lag.). 

Nous estimons cependant malgre Fautorite del'opinion 
du botaniste autrichien, que les deux planles doivenl etre 
separees specifiquement, le S. elegans ayant des tiges 
pubescentes, des feuilles bien plus courtes relativement a 
la longueur de la tige, des bractees lineaires, des petales 
a onglet inclus et surlout un calice tubuleux claviforme 
d'un tiers environ plus long que celui du S. Borderi qui 
est, au conlraire, campanule et sensiblementplus ouvert(l). 



Saponaria bellidifolia Smith Spicilegiitm botani- 

cum, fasc. i, p. 5; A. -P. DC. Prodromus, r, p. 366; Schott, 
Nyman et Kotschy Analecta botanica, p. 62 ; Boissier 
Flora Orient., i, p. 526; Bras in Bulletin Soc. Bot. de 
Fiance, XXII (1875), p. 30; Nyman Conspectus fl. Eur op. 
p. 98; Smegmaihamnium bellidi folium Fenzl, Reichen- 



bach Icones, vi, tab- 244, fig. 4992. 



Sect, Smegma- 



thamnium Boiss. 



Plante vivace a souche ligneuse 



emettant des rosettes de feuilles et des tiges fertiles de 
2-5 decim>, simples, droites ou peu flexueuses, d'abord 
plus ou moins pubescentes, mais glabres lorsde Vanthese, 
ordinairement munies de deux paires de feuilles, raremenl 



(1) Le S. elegans parait devoir 6tre classti, ainsi que l'a fait Rohr- 
bach, k cot6 du S. ciliata dont il difltere notamment par son calice 
ombilique, non ou peu renfl£, qu'on admet aussi etre toujours k 
stries ne s'anastomosant pas, m£me au sommet. Sur ce dernier 
point pourtant nous ferons quelques reserves, car nous avons en 
herbier, de la serra d'Estrella, locality authentique du S. elegans 
Link, et de la sierra de Gredos (Espagne), deux exemplaires de Si- 
lene presentant les caracteres de Yelegans, mais k Stries du calice 
s'anastomosant au sommet. — LeS. ciliata et le S. geniculata crois- 
sant sur la serra d'Estrella aussi bien que le S. elegans, il serait 
nScessaire, semble-t-il, de rechercher in loconatali, etpar la culture, 
si tous les caracteres de ce dernier sont suffisamment constants : 
nousne serions point surpris qu'ii n'en fut rien et que le S. elegans 
paSsat au S. ciliata genuina par les formes alpines microphyiles du 
S. geniculata et par celui-ci meme. Toutefois, si le caract£re du 
calice ombiliqu6 est bien constant, il y aura lieu de conserver le 
S. elegans comme espece. 



d'une seule ou de t*ois paires. Feuilles radicates a limbe 



mucr 



acutiuscule, trinerve hnerxuves laterales peu marquees, 
parfois a peine visibles glabres sur les deux pages, zb ride 



et ondule et pourvu de quelques oils principalement 
vers la base, attenud en petiole generalement plus long; 
feuilles caulinaires largement lineaires-oblongues ou 
lineaires-lanceolees. Fleurs subsessiles, reunies au som- 
met de la tige en un capitule globuleux forrrU de fasci- 
cules denses tres courtement pedoncules, les deux info- 
rieurs quelquefois ecartes du capitule d'environ un 
centimetre et alors opposes et places a l'aisselle d'une 
paire de feuilles supplemental. Capitule pourvu extd- 
rieurement de 2-4 feuilles lanctolies lineaires, dilaides 
a la base, plus tongues que lui et formant involucre ; 
bractees internes nombreuses, lanceolees, ciliees. Calice 
poilu superieurement, cylindrique ou legerement campa- 
nule, un peu renfle, a 15 20 nervures s' anastomosant au 
sommet', dents me-mbraneuses, triangulaires, aigues, 
brievement ciliees. Petales jaunes, de moitie environ 
plus longs que le calice. lineaires- oblongs, retus, bidentJs 
ou creneUs au sommet % plus rarement presque entiers, 
munis a la gorge de deux petites ecailles a peine dis tine tes 
de l'onglet ; etamines longuement exserles. Capsule 
oblongue, uniloculaire, polysperme, 4-denlee ; carpophore 
epais, court; graines reniformes, tuberculeuses. — Juin- 
juillet. 

Hab. — Aveyron : Pelouses rocailleuses, fentes et pied 
des rochersa laDeveze de la Panouse deCernoyi, canton 
de Cornus (Puech, Bras, herb. R., B. Martin) (1). 

Aire geographique. — Italie meridionale : Abruzzes> 
Dalmatie, Albanie, Bosnie, Serbie, Grece. 

Le S. bellidifolia ne peut etre rapproche que du S. lu- 
ted L., dont il se distingue immediatement par ses feuilles 
de formes absolument differentes, sa tige glabre, sa taille 
elevee, ses fleurs nombreuses en capitule bien plus 
gros, etc. 

(.4 suivre.) 





SUR VHYPOCEPHALE 



M. II. Lucas a communique la note suivante aux mem- 
bres de la Societe entomologique de France. 

« Un certain nombre & Hypocephalus armatus m 'ayant 
ete communiques par M. l'abbe David, je crois devoir moni- 



(I) Cotte espe:e a aussi 6t^ siernaleepar Lapeyrouse dans les Pyr6- 
ne , sur les rochers escarpes a gauche du lac d'Oncet au pic du 
Midi, sur les revers du c6te du lac de Leou {Hist, abreg. p. 239) 
Mais aucun botaniste ne Tayant jusqu'ici retrouv^e, croyons-nous k 
eette localite f les auteurs pyreneens Fayant exciue de leurs publica- 
tions, et l'^tude, faite par Serres, du S. bellidifolia de Therbier de 
Lapeyrouse ayant amen6 Grenier et Godron k admetire que Lapey- 
rouse avait pris pour tel des exemplaires de Valeriana globular ice fo- 






_ __ • M 

tia Ram., nous nous bornerons k rappeler ici, avec doute, la locality 
du lac d'Oncet, en appelant Tattention des nombreux botanistes qui, 
chaque annee, explorent les Pyrenees, sur Tinteiet que pr6senterait 
la constatation, dans ces montagnes, du Saponaria bellidifolia. 




I I 



126 



LE NATURALISTE 



trer a mes collegues ces insectes qui varient beaucoup 

pour la taille. 
* Cette coupe generique est due a A.-G. Desmarest qui Ta 

decrite et figuree dans le Magasin de Zoologie, classe IX, 



pi. 24 (1832) sous le nom d'Hypocephalas ar ma tits. 
MM. Westwood et Curlis ont aussi represents ce remar- 
quable Coleoptere, le premier dans les Arcana Entom., 
t. I, p. 35, pi. 10, fig. 1,2,3 (1841), le second dans les 
Trans. Linn. Soc, t. XXI, p. 227, pi. 25, fig. 1 a 13 (1854). 
De son cote, Gistl, ne connaissant pas le travail du pro- 





Hypocephaliis armatus a*$- 



fesseurA.-G. Desmarest, l'a decritin Faunus.neueFolg., I, 
p. 54 (1836), sous le nom de Mesoclassas paradoxus. 

« Ce genre a longtemps divise les entomologisles sur la 
question de savoir quelle place il doit oocuper dans la 
classification ; actuellement, la plupart des auteurs sont 
d'accord pour reconnaitre les analogies qui les rattachent 
aux Longicornes, opinion alaquelle s'estralliel'auteur du 
Genera des Coleopteres, et dont M. Thomson a parfaitement 
resume les motifs en disant que l'aspect extraordinaire de 
cetinsecte provient, non de l'assemblage heterogene de 
caracieres, mais d'une monstrueuse exageration ou hy- 



« L'unique espece qui jusqu'a present represente ee 
genre" est restee pendant tres longtemps extremement rare 
dans les collections. En 1840, le premier individu qui vint a 
Paris fut paye par le Museum, aux encheres publiques, la 
somme de 305 francs. Depuis un demi-siecle que Ton con- 
nait ce Longicjrne aberrant qui a servi a etablir une tribu 
sous le nom d'HypocepJialidse, ce n'estque tout derniere- 
ment que lafemelle a ete decrite et figuree. C'est aM. L. 
Fairmaire que Ton doit la connaissance de ce sexe qui a 
ete represente dans le Naturaliste, p. 397(1884). Si le male 
rappelle un Gryllotalpa vulgaris, a cause de son pro- 
thorax ovalaire et de ses elytres fortement relrecies en 
arriere, on peut dire que ce fades estprofondement modi 
fie chez la femelle. A ce sujet, je renvoie aux descriptions 
et figures des deux sexes de cette espece qui ont ete don- 



nees par M. L. Fairmaire (Naturaliste p. 398 



1884.) 



Voiciles longueurs etlargeurs desindividus quiontele 
mis a ma disposition ; longit. 53, 48, 45, 38 millim. ; lat. 19, 
17, 15, 14 millim. Malgre ces differences assez sensibles 
dans la taille, la ponctuation de la tete du prothorax ne 
s'est pas modifiee, a r exception cependant des six points 
presentes par ce dernier organe, dont quatre disposes en 
arc de cercle en avant de la base et deux a quelque dis- 
tance des angles anterieurs plus grands et plus profonde- 
ment enfonces. Les antennes, les palpes maxillaires et 
labiaux sont ferrugineux ; les elytres sont plus fortement 
acuminees, les cotes plus saillantes, avec les intervalles 
beaucoup plus fortement grenus ou chagrines. Tout le 
corps en dessous et les pattes sontd'unnoir briilant, avec 
les tarses ferrugineux. 

€ Ces insectes ont ete rencontres dans Tinterieur de la 
province de Bahia (Bresil), parmi des souches d'arbres 
plus oumoins en decomposition, oucourant sur une route 
voisine d'un bois, a la suite d'un orage et apres une pluie 
abondante. » 



LE GARDON 



ET 



L 



» 





Le Gardon (du bas latin Gardio) Leuciscus idus, vul- 
gairement Rosse, espece de poisson du genre Albe, famille 
des Cyprinides, lient le milieu entre la Carpe et la 
Breme ; ses nageoires sont rouges ; sa chair est blanche 
et d'assez bon gout, mais elle est garnie d'aretes four- 
chues, qui rendent ce poisson incommode a manger. Le 
Gardon ne manque pas d'ennemis, il en est un qui merite 
que j'en dise un mot ici : dest une planle. En 1880, 
M . Simms d'Oxford apporta a reminent professeur 
Moselay un bocal renfermant un jeune Gardon; deux 
utriculaires vulgaires le tenaient Tun par la tete, Tautre 
par la queue, et ils le devoraient chacun de leur c6te. 

L'utriculaire vulgaire, qui fait partie de la famille des 
Scrofula rinses, se trouve dans toute l'Europe, dans toute 



pertrophie de caracteres qui se retrouvent parmi les Lon- la France, dans les etangs de Compiegne et de Meudon, 






gicornes aberrants. 



elle est carnivore 



Drosophyllum 



*- 



— 



LE NATURALISTE 



127 






le Nepenthes , YAldrevanda , la Dionsea ou atlrape- 
mouche, de plus elle est insertivore et piscivore. Voici 
comment M. Fulberl-Dumonteil parle cette planle : elle 
incline vers le maigre, sans dedaigner pourtant les insec- 
tes si chers aux autres carnassiers ; avec une delicatesse 
gourmande, elle passe d'un regime quelconque a celui du 
poisson, selon sa faim. Voici le portrait de la plante : une 
fleurelte jaune, dont les rameaux sont freles, parfois 
submergees, la racine est flottante et detachee, errnnle 
au sein des eaux, visitant tour a tour la surface et le fond 
des etangs. Sa racine est garnie d'une multitude de petites 
oulres ou vessies, appareils ingenieux de natation qui se 
remplissent d'air ou d'eau, soit pour alourdir la plante 
et la guider au fond des eaux, soit pour Talleger et la 
pousser a la surface des etangs. 

Sur les vessies de l'utriculaire s'ouvre un petit orifice 
garni de poils rudes qui semblent en cacher Tentree : der- 
riere ces poils, apparait une soupape qui s'ouvre du 
dehors en dedans, trappe ing6nieuse et perfide , lib re 
pour l'entree, inexorable pour la sortie. Un insecte aqua- 
tique passe, touche-t-il la trappe, il est pris, il est en 
prison, il nage avec confiance dans cette vessie ; mais 
bientot une liqueur est secretee dans cette outre, elle 
dissout Finsecle qui disparait, il est d6vore : la plante a 

dine. 
Darwin nous a, un des premiers, fait connaitre dans son 

Jardin botanique les moeurs de certaines plantes, leurs 

amours, les lots de la vie org unique ; c'est lui aussi qui, 

en 1801, a classe les maladies de 1'homme, d'apres une 

methode analogue a celle adoptee par Linne pour les 

plantes. 

Stanislas Martin. 



VARIETES 



Dans une note de M. Blanchard, parue dans les comptas 
rendus de l'Aeademie des sciences (15 juin 1885, n° 21), je 
lis a la page 1481, 10 c ligne: « N'observe-t-on pas egale- 
« ment ces Lepidopteres du genre Vanesse partout repan- 
c dus? Ces Vanesses, si connues de tout le monde sous les 

t nom§ de Paon de jour, de Vulcain, de petite Tortue, 
« dont les chenilles se nourrissent toutes du feuillage des 

t orties : jamais il n'y eut d'union parmi les diverses j 
c especes. » Loin de moil'idee de conlredire l'aflirmation 
de notre grand savant ; a cote de lui, je ne suis qu'un 
faible insecte d:la science, mais je desire vous communi- 
quer une reflexion que me suggere ce passage. II me sem- 
b!e qu'il est un peu risque d'affirmer que les- especes en 
question n'aient jamais voisine. On explique les cas tera- 1 
tologiques en histoire naturelle par des raisons diverses, 
mais les cas de melanisme, d'albinisme, et en particulier 
d'aberration, assez frequents cependant, a quelle cause 



de ce que j'enonce ici modestement me semble demonlree 
par ce que Ton voit chez les Coleopleres. J'ai rencontre 
autrefois un Anoncodes ustulata et un Anoncodes amoena 
dans une posture qui temoignait de Ieur satisfaction ; un 
resultat de cet accouplement est-il possible ou douleux 
je ne sais ! ces coleopteres ont des moeurs.. ! J'ai vu a 
une seance de la societe entomologique deux males pris 
sur le fait et plonges de suite dans Talcool qui les a lues 
el immobilises dans leur posture. Le dovergondago oxis- 
tant done chez certains animaux meme superieurs, 
pourquoi n'en pas admetlre la possibility chez tous ? A 
qui repondra negativement, je puis dire : qu'en sail-on ? 
La nature ne nous a pas encore livre tous ses mysteres. 
Pour en revenir aux Lepidopteres, un fait pourrait donner 
un certain poids a ma reserve ; ce serait Texislence d'aber- 
rations variees des Vanesses en question. Or n'etant pas 
lepidopterophile, je m'adresse aux lecleurs du Naturaliste 
pour me tirer d'embarras. 

(i D. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



€ A Monsieur le Directenr da Naturaliste. 

t J'ai lu avec interet Particle de M. Stanislas Martin 
sur TOronge. Bien que ma competence ne s'etende pas 
tres loin sur l'etude des Cryptogames, veuillezneanmoins 
me permettre une courte observation a ce sujet. 

« Plusieurs fois j'ai rencontre defausses Oronges {Agari- 
cus mascarius veneneux) dontle chapeau elait depourvu 
des debris du volva; je m'empressai de les cueillir et les 
jetai encore plus vite (le cas est rare mais il existe). 

« Voici les remarques que j'ai faites et qui peuvent nous 
mettre hors de doute sur ces deux especes d'Agarics, si 
nous voulons nous offrir cette gourmandise : TOronge 
vrai {Agaricus aurantiaens comestible) a les feuillets 
d'un jaune d'or ; tandis que la fausse Oronge a les feuil- 
lets blancs. Ne voyant pas figurer cette distinction dans 
la description des Oronges, jevous autorise, Monsieur le 
Directeur, si toutefois vous le jugez utile, a faire part de 
mon observation aux lecteurs du Naturaliste. 



« Agreez, etc 






« Pierre Coli.it. » 



Lepic dela Meije,dompte depuisquelques anneespar un 
Francais,M. Caslelnau, vient d'etre gravipour la premiere 
fois, du c6te de la Grave, par une route reputee inaccessible. 
Les docleurs Emile et Otto Zsigmondy, de Vienne, et le 
professeur Ludwig Purtschellers, de Salzbourg (Autriche), 
sont partis, a deux heures et demie du matin, par le "-la- 
cier du Tabuchet. Arrives a sept heures au rocher de 
l'Aigle, ils etaient a neuf heures et demie, apres une tra- 
les attribuer? Je serais tente decroire precisemenl a des j versee sur les glaciers et les neves, a la premiere breche; 



* * 



croisements d'especes voisines, oil l'influence de Tun des 
conjoints se traduitpar la forme, et l'influence de Fautre 
par la couleur (je parle ici des papillons). La possibility 



a la cinquieme breche a midi,escaladant et descendant le 
rochers au moyen de cordes deplus de 30 metres. 






■ ■ ' ■ 



12S 



LE NATURALISTE 






OFFRES ET DEMANDES 



* 
* * 



Microscope Deyrolle, modele n° 2. Deux objectifs 

n os 4 et 7 et deux oculaires, 
n° s 2 et 4 ; mouvement rapide 
par le tirage du canon, mou- 
vement lent par vis microme- 
trique; porte-diaphragmes a 
mouvement vertical et hori- 
zontal; miroir plan et con- 
cave; loupe pour les corps 
opaques; grossissement reel 
de 60 a 600 diametres. L'ins- 
trument dans une boite en 
acajou : 200 francs. 

La maison Deyrolle peut 
fouinir rapidement toute com- 

mande faite. 




* 



Collection d'Hymenopteres provenant des dernieres 
chasses : 400 especes, 800 exemplaires environ. 
Prix : 175 francs. 



# * 



Belle collection de fossiles du Turonien, 90 especes et 
120 exemplaires environ. — Prix : 80 francs. 



* 



Nous pouvons disposer de tres beaux echantillons 
d'Obsidienne du Mexique de fr. 50 a 20 francs. 



* 



Collection de Mineraux a vendre : 450 echantillons en- 
viron, en bel etat , bien nommes , localites exactes. Cette 
collection comprend nombre de tres rares especes ; le tout 
range en cuvettes. — Prix : 500 francs. 



* 
# # 



80 especes minerales en fragments servant de termes 
de comparaison pour les essais au chalumeau. 
Prix: 20 francs. 



* 



Collection de Diatomees pour Fexamen microsco- 
pique, comprenant 150 especes nominees et isolees. 
Prix : 225 francs. 



* 



Jolie collection de Staphylinides d'Europe, parfaitement 
determinee et bien preparee ; presque toutes les petites 
especes sont tres soigneusement collees sur micas. Elle 
contient un grand nombre de raretes, parmi : Apteranil- 
Ins convexicollis ; Oxysoma Schaarnii ; Philanthus Es- 
curialensis ; Glyptomerus cavicola; Micrillus snbter- 
ranetiSy etc., etc., comprenant 371 especes, 1,070 exem- 
plaires contenus dans 7 cartons, 26-19. — Prix : 95 francs. 



Collection de Carabides vrais europeens et exotiques 
contenue dans deux cartons 26-19 comprenant 48 especes, 
62 exempl. parmi lesquelles nous pouvons citer: Proce- 
rus scabrosus, mcestus, Carabus Bonvouloirzi, hispanus 
grcecus, Solieri, ratilans, chilensis, Calosoma vagans; 
Callisthenes discors y Cychrus spinieollis, etc., etc. 

Prix 45 francs. 

Collection de derides europeens et exotiques contenue 
dans un carton, comprenant 48 especes, 150 exemplaires 
parmi : Macrotelus terminatus y Cymatodera brunnea, 
Tillus elongatus, Natalis porcata 9 Thanasinus quadri- 
maculatuSy Clerics ichneumoneus, Trogodendron fasci- 
culatum, Scrobiger zenticola, Trichodes leucopsideus 
Apustulatus , Sipylus ornatus, Eleale unicolor, Oma- 
dens semi carinatus. Hyduocera pallipennis, Chariessa 
pilosa, Orthopleara damicornis y Enopliam quadripunc- 



tatum, etc., etc. 



Prix 45 francs. 



AMIVAGES 



Cicindela somta Hongrie. 

Fischeri Turquie. 

sylvicola Hongrie. 
Procerus gigas Croatie. 
Carabus croaticus » 



planicollis Transylvanie. 
Creutzeri Croatie. 
hungaricus Hongrie. 
noclulosus I 



y> 



» 



glabratus 

Ulrichii (varietes diverses) 
irregularis Allemagne. 
nitens France. 
Cristophorii, France. 
Splendens, France, 
hispanus, France, 
marginalis Allemagne. 
Fabricii Autriche. 
Broscosoma baldense Monte-Baldo. 

Miscodera arctica. 
Geotrupes purpureus Turquie. 
Osmoderma eremita. 
Chalcophora mariana Autrich?. 
Aurigena lugubris Hongrie. 
Eurythyrea austriaca Croatie. 
Rhopalopus macropus Serbie. 

Anisarthron barbipes Autriche. 
Oxymerus cursor Hongrie. 

Kecydalis ulmi France. 
Dorcadion Scopolii Hongrie. 

decipiens » 
, equeslre Turquie. 
JSthiops Hongrie. 
Morimus funereus » 
Saperda punctata France. 
Agapanthia leucaspis Hongrie. 

cyanea Russie. 



1 » 

1 25 

» 30 

2 50 

8 » 



60 
70 

25 

70 



I 



Hongrie 



it* 

75 
50 

75 



1 50 

i 50 



i 



40 



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1 



I 



50 
40 
50 
75 

50 

50 



2 



» 



40 
10 

75 
40 
50 
40 
60 
40 



Le gerant, Emile DEYROLLE. 






[ 









5799 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 1, rue des Canettes 










Ann£e. 



N 



n 



er 



Septembre 1885. 129 







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ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 2 JUIN 1885 



Note 



Sur les Teclibranches du golfe de Marseille. 

de M. A. Vayssiere. 

M. Vayssiere a poursuivi l'etude du golfe de Marseille ; 
22 especes appartiennent au sous-ordre des CephalaspU 
dea;ce sont; Actoeon tornalilis, A. fflobidinus; Bulla 
striata; Haminea cornea, H. hydatis, et var. elegans; 
Acera bullata; Scaphander lignarius, et var. minor ; 

Philine aperia, P. Monterosati, P. catena; Cylichna 
diaphana ; Vtriculus truncatulus 9 U. mamillatus, U. ni- 
fidulus, U. oblusus, U. umbilicatus ; Volvula acuminata; 
Gastropteron Meckelii, Doridium carnosum , D. mem- 
branaceum. 6 especes appartiennent au sous-ordre des 
Anaspidea; ce sont; Aplysia fasciata, A. depilans, 

A. pimctata; Aplysiella Weebbii ; Notarchus punctatus ; 
Lobiger Philippii. Enfin 9 especes appartiennent au sous- 
ordre des Notaspidea; ce sont : Pelta coroyxata; Pleuro- 
branchus plumula, P. aurantiaciis , P. Monterosati; 
Oscanius membranaceus, 0. tuberculatus ; Pleurobran- 
chcea Monterosati; Umbrella mediterranea ; Tylodina 

citrina. Tous les Tectibranches disseques sont bien opis- 
tobranches. V Aplysiella Weebbii forme un genre bien 
distinct offrant, par le rapprochement de ses centres ner- 
veux visceraux. plus d'affinites avec le Notarchus qu'avec 
les Aplysia vrais. Le Notarchus possede une petite co- 
quille microscopique, placee en arriere de Fanus, sous les 
teguments palleaux; ses parapodies, tres developpees, 
sont soudees presque sur toute leur etendue, formant un 
sac oil semblerait frotter la partie posterieure du corps ; 



le manteau est reduit a une mince membrane offrant sur 
le flanc droit un rebord sous lequel s'insere la branchie: 
il y a le meme nombre de ganglions nerveux que chez les 
Aplysia, mais entourant Tcesophage comme chez V Aply- 
siella ; le tube digestif est conforme comme celui des 
Aplysia ; il en est de meme pour les organes de la genera- 
tion, sauf pour le penis qui;offre sur toute sa surface co- 
nique des crochets chitineux. Les Notaspidea doivent 
etre divises en deux sections ; la premiere, comprenant 
les Peltidse (constitues par le seul genre Pelta) qui se 
rapprochent des Bullides par Tabsence des tentacules, la 
presence de plaques coinees dans l'estomac et la separa- 
tion du penis des autres organes de la generation. La 
deuxieme comprend les families 1 des Pleurobranchides et 
des Umbrellides. Les Pleurobranchus membranaceus 
et tuberculatus formeront un genre intermediate entre 
les Pleurobranchus vrais et les ' P lew 'Obranchea, par 
suite de la separation totale des organes genitaux ; ce 
genre sera nomme Oscanius. M. Vayssiere a observe sur 
V Umbrella mediterranea, une commissure intercerebroi- 
dale sous-cesophagienne, et a constate la presence des 
otocystes reposant sur des ganglions pedieux. Le collier 
oesophagien de la Tylodina presente trois ganglions vis- 
ceraux au lieu de deux que possede V Umbrella; ce gan- 
glion visceral median de la Tylodina donne naissance 
aux nerfs qui se rendent aux organes de la generation. 






* 



Sur un silex enliydre du terrain quaternaire de la 
vallee du Loing (Seine-et-Mame). — Note de M. Stan. 
Meunier. 

II a ete trouve un silex grossierement spheroidal, de 
45 millimetres de diametre moyen, creux, et renfermant, 






130 



LE NATURALISTE 



outre un noyau mobile, une certaine quantite d'eau que 
l'on entend clapoter par suite d'une brusque agitation. 
On connait les enhydres, concretions quartzeuses prove- 
nant des roches amygdalo'ides ; Ja silice s'est deposee 
couche a couclie dans les cavites, et obstruant le canal 
qui livrail passage a l'eau mineralisee, en a emprisonne 
unepartie. On peut expliquer de la meme facon la for- 
mation de ce silex enhydre, mais son existence ne sem- 
blait pas avoir ete signalee; il n'a pas ete trouve en place, 
mais dans les graviers quaternaires de la vallee du Loing, 
ou il a ete rencontre au milieu des residus de la denuda- 
tion seculaire du terrain cretace. Au premier abord on est 
tente de voir dans cette eau incluse un echantillon de 
l'eau de l'Ocean au fond duquel s'est depose le sediment 
ou le silex etait in situ ; mais on sait que les silex sont 
d'age posterieur a la craie, et que de plus ils ne sont pas 
impermeables. On ne distingue aucune fissure visible a 

la loupe. 



Sur le miocene superieur de la Cerdagne. — Note de 
MM. L. llerolle et Ch. Deperet. 

Le miocene superieur de la Cerdagne comprend deux 
assises : 1° a la base, des argiles grasses, bleues ou noi- 
ratres avec couches de lignite subordonnees dans les 
bancs inferieurs ; ces argiles deviennent plus sableuses 
dans les couches superieures ; 2° au sommet, des limons 
rougatres, meles de cailloux routes et de graviers, forment 
des lambeaux discontinus vers le pourtour du bassin la- 
custre que forme la Cerdagne. Les argiles a lignites con- 
tiennent des empreintes dont rensemble rappelle la flore 
miocene de Sinigaglia, de Stradella et d'Ocningen; on y a 



Hippa 



AmpMcyon major 



Mastodon 



sp., qui permette de rapprocher cette faune de celle d'Ori- 
gnac (Hautes-Pyrenees) et des alluvions sous-basaltiques 
des Coirons. Le miocene superieur de Cerdagne est com- 
pose d'une facon analogue a celui de la vallee du Rhone ; 
les argiles a lignite correspondent aux marnes a lignite de 
Tersanne et de la Tour-du-Pin ; les limons rougeatres 
sans fossiles represented les limons rouges a Hipparion 
de Cucuron. Le terrain quaternaire est represents en 
Cerdagne par des alluvions cailloutenses peu epaisses, 
et la moraine frontale sur laquelle est batie la ville de 

Puycerda. 



* ¥ 



Note de 



Action de la cocaine sur les invertebres. 

M. Richard. 

M. Richard a experimente l'effet de la cocaine sur 
l'escargot, le lombric, les bryozoaires, les 'crustaces, les 
hydres et les infusoires. En particulier, les hydres et les 
bryozaires sont tues par de certaines doses de chlorhy- 
drate de cocaine, mais on observe que ces animaux de- 
meurent etales apres la mort, et ne se contractent pas; 
on pourrait done employer la cocaine pour fixer dans leur 
Aiaf ^wt^nsinn rwtains animaux aue Ton ne pent etudier 



ainsi sans les voir se contractor apres la mort, ou meme 
se briser comme certains vers. 






Contribution a V etude des antiseptiques. Action des 

* 

antiseptiques sur les organismes superieurs . lodure et 
chlorure mercuriques. Note de MM. A. Mairet, Pilatte et 
Combemal. 

Dix cliiens ont servi aux experiences. Les solutions 
d'iodure mercurique contenaient : iodure, 1; alcool, 200 et 



peptone, 20. Les titres ont varie de 



1 



1 



a 



5 000 40 000 ' 



les 



quantites brutes d'iodure ont varie entre gr. 20 et Ogr . 125 
et de Ogr. 01436 a Ogr. 00083 par rapport au kilo du poids 
de l'animal . La quantite d'eau vehicule etait de 
500 grammes; la duree de l'injection a varie de 23 mi- 
nutes a 2 h. 2 minutes; la temperature dela solution etait 
de 39 degres a 40°,1. Quandles doses d'iodure mercurique 
depassaientOgr. 0021 parkilog. du poids du corps, les ani- 
maux succombaient, d'autant plus vite qu'on n'injectait. 
plus d'iodure; au-dessous de cette limite, les animaux re- 
sistent, mais il se produit des accidents pouvant durer 
2 a 4 jours. La quantite d'iodure tombant a Ogr, 0015 par 
kilog. du poids du corps, la sante de l'animal revenait vite ; 
les effets physiologiques sont peu marques au-dessous 
de cette dose. A l'autopsie, on constate que les injections 
intraveineuses d'iodure mercurique ont produit des alte- 
rations d'ordre consestif et inflammatoire. Le chlorure 



mercurique (1 gramme pour 15 grammes d'alcool) a donne 



des resultals semblables sauf les differences saivantes. 
1° a dose egale, le chlorure mercurique entraine beaucoup 
moins rapidement la mort que l'iodure ; 2° le degre de 
toxicite du chlorure mercurique est moindre que celui de 
l'iodure ; on peut le fixer a gr.003 parkilog. du poids de 
l'animal; 3° a la suite de l'injection de chlorure mercu- 
rique, on constate une stomatite, une gingivite et une 
secretion oculo-nasale plus abondante et plus epaisse qu'a 
la suite de l'injection de l'iodure. 



SEANCE DU 8 JUIN 1885. 



N° 23 



Sur un type vegetal nouveau provenant du corallien 
d'Auxey {Cote d'Or). — Note de M. G. de Saporta. 

La flore corallienne d'Auxey, pres de Beaune, parait 
etre aussi riche que celle de Saint-Mihiel, et semble en 
etre contemporaine. On y remarque : Pecopteris loMfolia 
L. et Hutt., Sphenopteris minutula Sap., Scleropteris 
Pomelii Sap., Stachypleris spicans Pom., St. minuta 
Sap., etc., soit une quinzaine de Fougeres ; puis des Cyca- 
dees: Zamites Feneonis Brngt., Anomozamites Lin- 
dleyanus Schimp., un Glossozamites , un carpophylle 
detache de Cycadites, comparable au Cycadospadin Mo- 
rceanus Schimp. ; des Coniferes : Baiera longifolia Heer, 
Brachyphyllum Moreauanum Brngt. , Pachyphyllum 
rigidum Pom., et un veritable Araucaria represents par 






z 






LE NATURALISTE 



131 












des ramules et des portions notables de strobile. C'est 
dans ce milieu quont ete decouverles des portions de 
feuilles rubanees dont on ne voit ni la base, ni rexlremite, 
mais qui devaient s'atlenuer vers le sommet et avoir plu- 
sieurs pieds de longueur ; elles sont striees, costulees, el 
a cannelures irregulieres. M. de Saporta voit dans ces 
echantillons un vegetal qu'il nomme Changarniera (c'est 
M. Changarnier-Moissenet qui l'a decouvert) ; la majeure 
partie de ces echantillons se rapporterait aux feuilles, et 



de nombreux hymenopteres. IL Beauregard y avail trouve 
le Cerocoma ; a un metre de la parol, et en profondeur, 
furent entin recueillies des pseudo-chrysalides, de grande 



*randc 



taille, de couleur jaune paille, au milieu d'une 
quantite de cellules du Collates sigaatn et pros de cellules 
plus grandes dun autre Colletes (hymenoptere) dont 
Feclosion n'a pas encore ete obtenue. C'eLait vers la fin 
de decembre 1881. En mai, il ne resiait de oetle recolte 
que deux pseudo-chrysalides en bon etat. Le 12 mai, 



l'autre partie aux tiges cannelees et striees, mais facile- Tune des deux se fendit sur le dos, et il en sortil une 



ment compressives du meme vegetal. Ge type probable- 
men t palustre presente certains rapports avec le Rhizo- 
caulon, dont il a l'aspect ; mais les feuilles du Changar- 
niera inquirenda Sap. n'onl pas de nervure medians et 
sont parcourues par des costules longitudinales plus ou 
moins obliques et irregulierement sinueuses qui se reu- 
nissent, se croisent ou s'anastomosent. Le tissu superfi- 
ciel est souvent gaufre et bulle. Malgre le grand nombre 
d'echantillons, une determination plus precise est impos- 
sible ; le Changarniera se rapprocherait des parties 
vaginales des feuilles de certaines monocotyledonees 
aquatiques, le Triglochin palustre et le Scheitchzeria 
palustris, abstraction faite de la taille. M. de Saporta 
ajoute qu'il serait possible de voir dans le Changarniera 
inqiiirenda, un de ces types proangiospermiques dont on 
commence a peine a entrevoir Texistence. 






* * 



larve (la troisieme larve des insecles vesicants) qui, api s 
trois ou quatre jours d'aclivite, tomba dans une torpeur 
complete. Le 26 mai, transformation en nymphe, puis 
edosion d'un male. La larve de Cantharide, apres avoir 
epuise la provision de miel, perfore la cellule du Colletes 

et s'enfouit dans le sable ; elle se nourrit e-alement du 

miel de Colletes, de Ceratina, d'une espece de Megachile 
et de YOsmia tridentata, en eaptivile. 11 est probable que 
celte larve doit user du miel de plusieurs cellules. 
M. Beauregard sacrifia son insecle pour controler Inser- 
tion de Neutwich, qui pretend quele pouvoir vesicant des 
Cantharides ne se developpe qu'apres raccouplement. II y 
avait certitude que Tinsecte en question ne s'eiait pas 
accouple. La Cantharide a son lieu d'election dans les 
organes genitaux ; ceux-ci, enleves et appliques sur le 
bras, developperent en six heures une vesicule conside- 
rable. L'asserlion de Xeuhvieh est done fausse. 



Note de 



Sur la queue de Vembryon humain. — 
M, IL Fol. 

M. Fol a examine plusieurs embryons humains, en re- 
cherchant si le nombre des vertebres caudales etait le 
meme que chez l'adulte. La queue existe chez le jeune 
embryon, et sa longueur est maxima vers la sixieme 
semaine. Un embryon de 5 mm ,6, soil de 25 jours, avait 
32 vertebres; Vembryon humain de 8 millimetres a 
9 millimetres a 38 vertebres; chez Tembryonde 12 milli- 
metres, soit de six semaines, la 38 e vertebre, la 37 e et la 
36 e se confondent en une seule masse et la 35 e n'a pas 
de limites nettes. L'embryon de 19 millimetres n'a plus 
que 34 vertebres, et dejala queue est moins proeminente. 
II resulte de ceci que rembryon humain, pendant la cin- 
quieme et la sixieme semaine de son developpement, est 
muni d'une veritable queue regulierement conique, 
allongee, mais depourvue de toule utilite physiologique, 
et que le nombre des vertebres caudales, d'abord inferieur 
a celui de l'adulte, devient plus grand puis diminue pour 
revenir enfin au chiffre normal de l'adulte. 



seance du 15 juin 1885. 



N 



.o 



24 



Sur le ganglion genicidc des oiseaux. 



Note de 



M. L. Magnien. 



D'un examen attentif du nerf facial chez les oiseaux 
par M. Magnien, il resulte : que chez les oiseaux, sur le 
trajet du facial, il existe un ganglion qui doit etre assimile 
au ganglion genicule des vertebres superieurs ; ce gan- 
glion emet un filet nerveux destine a In deuxieme branche 
de la cinquieme paire, filet que M. Magnien considere 
comme un nerf grand petreux superficiel. 



* 



Considerations sur les Echinides du terrain juras- 



sique de la France. 



Note de M. Cotteau. 



Les Echinides du terrain jurassique de la France de- 
passent le nombre de cinq cents especes inegalement 
reparties dans les diverses couches. Les uns sont caracle- 
ristiques pour certains etages, les aulres se relrouvent 
dans des etages successifs. Sur cinquanle genres d'echi- 
nides fossiles jurassiques, vingt-quatre sont particuliers 
au terrain jurassique ; ce sont : Grasia, Clypeus, Pseudo- 
desorella, Galeroclypeus, Ilyboclupetis, Desorella, Pa- 
ll. Beauregard a cherche a Aramon, pres d'Avknon, la chyelypeus, Pileus, Diplocidaris, Pseudosalenia, Aste- 
solution du probleme du developpement de la cantharide rocidaris, Hemipygus, Heterocidaris , Cidaropsis, Dia- 



* 



loppement nature I de la Cantha- 



ride. 



Note de M. H. Beauregard. 



{Cantharis vesicatoria). En ce lieu existe une butte de 



demopsis, Microdiadema , Pleurodiadema, Acropeltis, 



sable , d'abord exploitee puis abandonnee, hantee par \ Glyplicus, Pedina, Pseudopedina, Echinodiadema 






< V* 








132 



LE NATURALISTE 



Phymechinas. Les vinyl; -six autres persistent dans le • d'un brun noiratre,. comme si la chenille devait eclore 
terrain cretaee, mais ont eu leur grande phase de deve- J prochainement ; il n'en est rien. L'oeuf de Lolii passe 
loppement dans le terrain jurassique ; tels sont: Colly- | l'hiver ainsi. 
rites (18 especes), Pyg aster (12 especes), Acrosalenia 



(24 especes dont 15 pour l'etage bathonien), Pseudodia- 
dema (53 especes). Ces genres et d'autres disparaissent 
dans les couches inferieures du terrain cretace oil ils 
n'offrent que de rares especes. Au contraire, les genres 

Goniopygus, Cocliopsis, 



osoma 



Ires rares a l'epoque jurassique, et seulement dans les 
couches superieures, rencontrent a Fepoque cretacee un 
milieu beaucoup plus favorable et y multiplient leurs 



nombreuses especes. Q 



seulement des cinquante 



genres jurassiques, Pyrina, Cidaris, CypJwsoma et Sto- 
mechinus persistent dans le terrain tertiaire. Les genres 
Cidaris et Stomechinus sont les seuls qui existent dans 
les iners actuelles. En resume, les Echinides abondent 
dans les etages bajocien et bathonien, et dans l'etage 
corallien inferieur et superieur. Ils sont moins nombreux 
en genres et en especes dans les couches marneuses, cal- 
loviennes et oxfordiennes qui separent ces deux grands 
groupes, ainsi que dans les deux etages calcareo mar- 
neux, kimmeridgien et portlandien, qui terminent la serie 
jurassique. 



3STOTB 



SUR LA 



CHENILLE DE VHELIOPHOBUS LOLII {POPULARLY) 



C'est certainemenl une de nos belles chenilles de Noc- 
tuelles. Sa couleur bronzee, bien quelle soit d'un ton 
generalement sombre, sa peau reluisante, ses lignes 
nettement dessinees, sa forme meme lui donnent un cachet 
particulier et attirent l'attention sur elle, surtout parce 
qu'elle appartient a une famille (les Apamides) ou la 
plupart des chenilles ne se distinguent pas par leurs bril- 
lantes couleurs, tant s'enfaut. 

II regnait quelque obscurite sur la question de la nour- 
riture de cette chenille. Les uns voulaient qu'elle vecut de 
plantes basses; les autres qu'elle mangeat des racines de 
graminees. Ce dernier mode nous paraissait assez singu- 
lier et assez difficile a admettre. La facon dont nous trou- 
vions toujours cette chenille dans la nature nous faisait 
supposer un genre de vie tout different. Deux fois nous 
avons eleve ad ovo cette espece; nous avons done pu 
nous rendre compte exactement de ses moeurs et con- 
nailre dans ious leurs details ses origines et ses premiers 
etats. 

L'oeuf est pondu en septembre. II est presque sphe- 
rique, un peu allonge au sommet et aplati a la base; 
micropyle un peu mamelonne ; surface comme reticulee et 
presentant 24 cotes arrondies peu saillantes d la peri- 
pheric; depressions intercostales tres etroites a rebords 
tres fins; couleur jaunatre, passant au rose au bout de 

quelques jours* 
En oetobre, cet oeuf change encore de couleur et devient 












En 1863, Gu&rin Meneville parlant du Tama Mai, a une 
seance de la Societe entomologique de France, disait que 
la chenille de ce ver a soie se formait promptement dans 
l'ceuf, qu'elle passait ainsi tout l'hiver et attendaitle retour 
du printemps pour eclore (1). 

Cette particularity est loin d'etre speciale aux oeufs de 
ce Bombycite. Nous l'avons constatee deja chez uncertain 
nombre d'especes appartenant a toutes les grandes divi- 
sions des Lepidopteres, Diurnes, Bombycites, Noctuelites, 
Phalenites et Microlepidopteres meme. II pourrait done se 
faire que ce mode fut plus etendu et plus general qu'on 
ne Fa d'abord pense ; c'est ce que des observations ulte- 
rieures viendront confirmer. Pour parler exactement, nous 
semble-Wl, on devrait dire de ces especes que ce n'est 
pas l'ceuf mais bien la chenille qui passe l'hiver, restant 
engourdie durant toute la mauvaise saison et attendant 
ainsi a Tabri qu'une tiede temperature vienne la rammer 
et lui donner la vigueur et la force necessaire pour briser 
sa coque et paraitre au jour. 

La chenille de Lolii est done toute formee dans l'ceuf 
des l'automne. Get oeuf n'est pas fixe aux brins d'herbe; 
la femelle doit le semer, le perdre en volant, comme font 
plusieurs autres especes; il reste done a la surface de la 
terre parmi % les debris d'humbles vegetaux, de mousses, 
de graminees, ou il recoit tout, la pluie, la neige, les 
atteintes du froid (2). Peu importe, la chenille en sortira 



(1) Annates Soc. ent. de /V., 1863, p. XLVI. 

(2) Ce n'est point sans motifs que nous insistons sur ces details. 
Des observations nombreuses nous ont permis de constater que la 
presque totalite des ooufs de L6pidopt6res qui passent l'hiver n'ont 
absolument rien pour les garantir du froid et de Thumidite, Dej&, 
dans ce journal nous avons, il y a trois ans, demontre que la bourre 
cotonneuse qui recouvre certaines pontes de Lepidopteres ne servait 
point, selon nous, a les preserver du froid et de Thumidite puisqu'il 
y en avait qui £closaient en plein et6 : mais nous n'avons pu r^ussir 
a convaincre tout le monde. On tient beaucoup, parait-il, k 1'ancienne 
explication: Finstinct nature!, la sollicitude, la prevoyance des meres 
pondeuses pour leur progeniture; theme riche et sur lequel on peut 
executerde nombreuses etfaciles variations. On ne parlera plus, il est 
vrai, de Liparis Auriflua* mais on so rejettera sur Lip. Salicis. Nous 
n'ignorons pas que certains auteurs ont, au sujet de cette derniere 
espece, commis une semblable erreur depuis longtemps, mais qu'im- 
porte? ce n'est pas d'aujourd'hui qu'a reproduire trop servilement les 
dires des autres on s'expose k des m^comptes.Tout bon naturaliste ne 
doit-il pas commencer par observer par lui-meme, avant de s'en remettre 
a Topinion toute faite des livres? Et quand,par exemple, un entomolo- 
giste avance, meme apres plusieurs auteurs, que « certains ocufs qui 
passent l'hiver ont une coque mate et 6paisse; malgre cela l'humiditd, 
le froid pourraient etre nuisibles aux jeunes chenilles en forma- 
tion (Ces points remplacent un passage tout k fait inintelligible), 

aussi la mere recouvrira-t-elle ses oeufs d'un supplement de colle 
ressemblant k de la creme fouett£e, ce que nous voyons chez le 
Liparis Salicis, etc. » (Ann. Soc. ent. de Fr\, 1881, p. 139), alors que 
ces oeufs n'existent que pendant P6poque la plus chaude et la plus 
seche de Tann^e ; quedoit-on penser? qu'il parle a )a 16gere ou qu'il 
suppose & ses lecteurs une forte dose de bonne volont6. L'ceuf de 
Salicis, en effeL qui est pondu finjuillet,6clot en aout; il n'a done k 
craindre ni le froid, ni i'humidil(5, ni l'hiver. 

Nous regrettons de nous appesantir ainsi sur une espece aussi vul- 



I 




dans le courant de fevrier sous Tinfluence d'une tempera- 
ture de 10 a 12 degres pendant quelques jours. 

Sa forme rappelle assez celle des sa tyres au sortir de 
roeuf, elle est renflee anterieureraent et tres amincie pos- 
terieurement ; tftte forte et d'un fauve clair ou jaune de 
miel; corps aplati en dessous, arrondi en dessus, d'un 
gris cendre mais qui verdit un peu des que la chenille a 
pris queique nourriture. Les c6tes paraissent un peu 
carenes, plisses, la peau est egalementplissee. Elle a bien 
ses seize paltes, mais la premiere paire de membraneuses 
parait sensiblement plus courte que les aulres. La petite 
bete a des mouvements saceades de droite et de gauche ; 
elle aime a se tenir au sommet des brins d'herbe. 

Premiere mue. — Tete de meme couleur que precedem- 
ment, region dorsale d'un vert un peu plus sombre que le 
fond, dorsale et sous-dorsale blanches, stigmatale assez 
large et rose, surmontee d'une bande fondue sombre; les 
puttes membraneuses sont a peu pres egales, et ornees 
d'une demi-couronne d'un noir brillant. 

Deuxieme mue. — Les lignes et bandes peuvent mieux 
s'observer. Sur un fond vert se detaehent les lignes dor- 
sale el sous-dorsales blanches bordees d'un lisere brun ; 
la bande stigmatale est rose et liseree de blanc; on ne 
distingue pas les trapezoidaux ; les stigmates sont noirs; 
paltes ecailleuses et lele concolores. 

Troisieme mue. — Fond d'un verdalre clair, mais bru- 
nissant quelques heures apres la mue, e'est surlout la 
tete et la plaque cornee du premier segment qui se rembru- 
nissent, la tete montre en outre les deux traits frontaux 
ordinaires et noirs. La region dorsale est toujours plus 
foncee surtout pres des sous-dorsales sur lesquelles s'ap- 
puient des laches brunes de formes diverses ; les nebulo- 
sites ou plutot les traits noirs qui surmontent la stigma- 
tale sont plus accentues et tranchent bien sur le fond. Cet 
age moyen sert done d'intermediaire, forme le passage 
entre les deux varietes d'aspect de cette chenille, la cou- 
leur verte des premiers ages et la couleur bronzee des 
derniers, comme l'indiquent les descriptions qu'on en a 
donnees et auxquelles nous renvoyons. 



Q 



• * 



• * 



Nous mentionnerons 



seulement l'etat d'obesite des 7«, 8° et 9 e segments a la 

fin de ces ages. 

La duree des ages varie naturellement selon la tem- 
perature : plus courts s'il fait chaud, plus longs s'il fait 
froid : les quatre premiers ont dure environ vingt jours 
chacun, les derniers quinze. 

En resume, la chenille de Lolii, placee en presence de 
ratines de graminees,n'y a jamais touche et s'est toujours 
nourrie de brins d'herbe; de la sa couleur a son jeune age. 
Comment une chenille se nourrissant de ratines pourrait- 
elle etre verte? Si Ton a dit que Lolii vivait de ratines, 



gairequc L. Saliciset sur des details bien connus du chasseur de 
chenilles le plus novice. Cette espece a un grand tort, commun du 
restea beaucoup d'autres, elle est trop pres de nous; nous pourrions 
la bien 6tudier, nousl'avons pour ainsi dire sous la main; ah! si elle 
nous venait de 1'Amerique, peut-etre croirait-on la mieux connaitre, 4 
l'aide de queique Abbot ou de "queique Smith... que Ton ne com- 
prend pas. 



e'est sans doute par supposition et uniquement parce 
que cello chenille fut trouvee adulle a la base des gra 
minees. Nous nous sommes assure que cette chenille, au 
contraire, passe la plus grande parlie de son existence au 
sommet des brins d'herbe, mais lorsqu'elle a atteint une 
certaine grosseur, ses patles membraneuses etanl de ve- 
nues relativement trop courtes, elle ne pout plus s'y bien 
main tenir; rest seulement alors qu'elle ne monte plus 
sur les liges et se lient conslamment au pied, au milieu 
des touffes ou elle trouve une abondanle nourriture. 

Ajoulons que cette chenille a six ages, car elle subit 
cinq changements de peau. Sa metamorphose a lieu en 
juin, et e'est en aout et septembre que sort de sa chrysa- 
lide le charmant papillon que Ton connait. 

P. Chretien. 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENIER ET GODRON (*) 

Par G. IIOUY 

(Descriptions des plantes signalees en France et en Corse depuis 1855) 

(Suite) 

Dianthns fjranilicus Jordan Observations sur plu- 
sieurs plantes nouvelles, rares ou critiques de la France, 
fragm., 7. p. 13; Boreau Flore du centre de la France, 
ed. 3, p. 91 ; Loret et Barrandon Flore de Montpellier, 1, 



P 



93 . 



Exsicc. Billot, n° 2630. 



Souche rameuse, 



dure, brunatre, emeltant des tiges steriles courtes, ter- 
minees par une rosette de feuilles et des liges fertiles de 
1-4 decim. , nombreuses , subcy lindriques , greles , 
dressees,rudes ou herissees inferieurement, glabres dons 
la moitie superieure, souvent rameuses vers le haut. 
Feuilles a peine fermes, d'un vert gai, glabres et lisses 
sur les deux pages, mais rudes sur les bords, etroitement 
lineaires-acumindes, munies de trois nervurc- saillantes: 
les caulinaires fines, etalees, dressees ou un peu deje- 
tees, soudees en une gaine environ aussi 



lonuue 



que 



leur largeur. Fleurs terminates, ordinairement solitaires, 
plus rarement geminees ou fasciculees par 3-4. Calice 
court (10-15 millim.), fxnement strie dans toate sa lon- 
gueur, cylindrique, non ou peu atUnui au sommet, a 
dents lanceolees-cuspidees ; ecailles calicinales relative- 
ment petites, largement membraneuses sur les bords, a 
arete herbacie dressee ne depassant que peu le tiers de 
la longueur da calice, les exterieures ovales, brusque- 
ment acuminees, ou plus rarement laneeolees-aeuminees 
(D. Vivariensis Jordan ap. Boreau Flore du centre, ed. 3, 
p. 91). PStales rouges, non contigus, h limbe ovale-cu- 
nei forme, dente au sommet, + poilu a la gorge, seule- 
ment un peu plus court que Vonglet. Capsule cylindrique, 
leserement atlenuee ; graines ovales, linement chagri- 



ns 
nees. 



Hab. 



Juillet. 
Rochersgraniliques, basaltiques ou schisteux, 



tres rarement rochers calcaires. 



Cantal: Bords de la 



1) Voy. le Naturatiste du 15 aout 188.%. 







Truy ere mi pont Gar abi pres Ang lards (de Lambertye) ; \ celles et sepales aJbondamment pourvus d'une pubes- 



Akdbghe et Lozeue: Commun sur les montagnes 



sous Sai file-Marie (Roche, herb. R., Jordan de Puyfol) ; 
gorges de Tour sac, canton de Maurs (Heribaud). — 
Loire: Saint- Etienne (Jordan) ; tres abondant sur les ro- 
ckers, dans les gorges le long de la Loire, du Pertuiset 
a Sa bit- Jiist-sar- Loire (Le Grand; herb. R., f. Fausti- 
nien). 

de ces degartements (de Lambertye, Lamolte, Rouy). 
Gard : Environs d'Anduze (Miergue); le Vigan; pont de 
la Grenouille *pres Valleraugue {herb. R., Anthouard) ; 
Sumene. — Herault: Rochers calcaires et rochers gra- 
aiiiques a Saint-Genies de Varansal (Loret); Grais- 
sessac (Reynard). 
Obs. L — Dans la Flore de France, Godron, ayant .con- 



sidere comine D. hirtus TOEillet du Languedoc, des Ce- 



vennes et du Forez, si different, et que M. Jordan en a tres 
judicieusement separe sous le nom de D. graniticus, 
nous croyons utile de preciser ici les caracteres du veri- 
table D. hirtus VilL, plante du bas Dauphine et de la Pro- 
vence, qui permettent de le distinguer du D. graniticus : 

Tiges relalivement plus fortes, arrondies, rudes ou 
courtement herissees dans toute leur longueur, simples. 
Feuilles fermes, presque rigides, glaucescentes, large- 
ment lineaires, rudes sur les bords et sur le dos, les cauli- 
naires dressees. Fleurs terminates ordinairement fascieu- 
lees ou geminees, rarement solitaires. Galice assez long 
(15-18 millim.), sensiblement attenue au sommet ; ecailles 
calieinales plus grandes, a arete etalee-dressee, depassant 
generalement la demi-longueur du calice. Petales a limbe 
plus etroit, obove-cuneiforme, court, depassant a peine la 
moilie de Fonglet. 

Obs. If. — Nous n admeltons pas, ineme comme variete, 
le D. . Vivariensis Jord., car le caractere le plus important 
de c» lie forme (ecailles cnlicinales exterieures lanceolees- 
acuminees) se rencontre parl'ois sur certaines fleurs de 
D. graniticus tandis que les autres fleurs du meme spe- 
cimen presentent des ecailles normales. 



Stellaria Cupaniana Nyman Conspectus florae 
Europese, p. Ill; S. media Civ. var. Cupaniana Rouy 
in Bulletin Soc. bot. de France, XXXI, p. 125 ; Cesati, 
Passer ini et Gibelli Compendio della flora Iialiana, II, 
p. 781 ; Alsine major Cup. Pamph. Steal. II, t. LVI ; 
A. media var. C. grandiflora Guss. Synopsis fl. Sicul. I. 
p. 4 ( M; A. grandiflora Ten. Fl. Neap. Prodr., p. 20; 
^t. Cupaniana Jord. et Fourr- Breviar. plant, nov., II, 



p. 19. 



E.i sice. Ch. Magnier, Flora seiecta, n° 494. 



Tiges diffuses, couchees a la base, puis ascendantes ou 
dressees, relativement robusles, pubescentes sur toute 
leur surface* rameuses superieurement. Feuilles infe- 
rieures a petiole au moins egal au limbe, les moyennes 
superieures et les ultimes largement ovales- elliptiques, 
aigues, sessiles ou subamplexicaules , grandes (30- 
35 millim. de long sur 15-20 de large), toutes pubescentes 
u couvertes de Ires petites papilles qui les rendent lege- 
rement scabres, ciliees. Fleurs en cymes multiflores, 
terminates, plus ou moins compactes, a pedoncules, pedi- 



cence courie el dense, glanduleuse ; pedicelles 2-4 fois 
plus longs que le calice. Sepales lanceoles-oblongs, obtus, 
obscurement nerves. Petales egalant ait moins le calice , 
le plus souvent le depassant sensiblement, biparlites, a 
lobes larges, presque coniigus ; etamines 10, a antheres 
d\in beau rouge. Capsule ovoide-conique, exserte. Colu- 
melle courte. Graines leniiculaires , grosses, tres iiiber- 
culeuses. — Mai-juin. 



Hab. 



Ampi 



Aire g6ograpliique. — Italie continentale et Sicile. 

Nous avons jadis cru devoir rattacher ce Stellaria 
comme variete au S. media Cir., mais nous pensons ac- 
tuellement qu'on doit Tadmettre plutot a litre de sous- 
espece de ce dernier dont il se distingue, aussi bien que 
de sa var. major Kocli {S. lati folia DC. non Pers., S. ne- 
glecta Weihe), par ses tiges pubescentes sur toute leur 
surface, ses feuilles plus larges et plus sensiblement cor- 
diformes, pubescentes ou scabriuscules , ses cymes a 
pubescence glanduleuse tres fournie et a pedoncules plus 
allonges, la corolle depassant le calice et a lobes larges 
presque contigus, les antheres d'un beau rouge, les 
graines du double plus grosses, tres tuberculeuses, etc., 
caracteres qui, selon Gussone, ne varient pas par la 
culture (1). 



Lamottei Le Grand Statistique bota- 



Forez, p. 284, Supplement 



Tiges de 



6-10 centim., pubescentes et tres visqueuses, rameuses, 
souvent des la base, a rameaux divariques. Feuilles lar- 



gement 



her- 



bacees . Fleurs ovales -cylindriques et obtuses avant 
lanihese, larges ; pedicelles refractes , a peine plus 
longs que le calice, raides, ne faisant pas & angle avec la 
capsule. Calice large , court, subombiliqui a la base, a 
^epales ovales-lanceoles, rougeatres aux bords et au 
sommet, etroitement margines-scarieux. Petales de moilie 
au moins plus longs que le calice. Capsule allongee, 
+ courbee, depassant les sepales d'environ une fois leur 
longueur y a dents peu roulees par les bords ; graines 
petites, pales. — Mai-juin. 

Hab. 
Verrieres, Gumieres, a 

de helres a 900 metres cC altitude entre Fraisse et C 
reau dans la valleedu Vizezi {herb. R. Le Grand!). 

Obs. • 



Soleymieu 



metres 



— Ce Cerastium, par ses pedoncules refractes et 
sa capsule allongee, ne peut etre rapproche que du C. Rioei 
Desm. (C. ramosissimum Boiss.) ; il a ele decrit en 1873 
par M. Ant. Le Grand, qui en a donne une bonne diagnose 
et avait bien indique la plupart des caracteres le dislin- 
guant du C. Ricei. Mais, en 1870, cet auteur, attachant 
peut-etre une trop grande autorite a Topinion de Grenier, 
identifia son espece avec le C. Ricei dans les termes sui- 



(1) Gussone dit, en effet (synopsis fl. Sicul., p. 4fH), de sa var. C. 
grandiflora du S. media : a Var. c. forsan non immerito a cl. Ten. 
pro specie propria habita, nam in iisdem locis cum aliis varktalibus 
provenit, et cuitura non mutatur. » 



f 



• 



LE NATURALISTE 



135 



i 






vants : « Cerastium Ricei Desm. = C. Lamottei Le Grand. 
« M. Grenier a constate que la plante forezienne doit elre 
« rapporteeau C. Rioei, dont elle differe toulefois par sa 
€ grande corolle, environ une fois plus longue que le ca- 
« lice, tanclis que la description du Monographia de Ce- 
« rastio (p. 42) lui atlribue : petalis calice duplo brevio- 
« ribus. * En 1877, Lamotte, se basant aussi sur Favis de 
Grenier, rattache siraplement le C. Lamottei comme sy- 
nonyme au C. Ricei (Prodr. ft. plat, centr., p. 131). 



Q 



a nous, ayant recolte deux fois en Espagne le 



C. Rioeiy l'ayant en herbier des recolles de Bourgeau dans 
ce meme pays, et, de France, provenant des environs du 
Vigan et de FEsperou, qui, de plus, avons sous les yeux 
la plancho du C. ramosissimum Boiss. {Voy.bot. Fsp., 
tab, 31), nous n'acceptons point cette assimilation pure et 



Lamottei 



se reconnait 



facilement a ses feuilles plus larges, et surtout a ses 
fleurs caracteristiques, larges et obtuses avant Panthese 
(elles sont coniques et subaigues dans le C. Ricei) a calice 
court, a sepales moins elroits et moins aigus, a corolle de 
moitie au moins plus grande, a capsule relativement plus 
courte, caracteres dont rensemble, dans im genre aussi 
polymorphe que le genre Cerastiam, permet parfaitement 
de considerer le C. Lamottei, de la Loire, comme une 
bonne sous-espece du C. Ricei, du Gard, de laLozere et de 
FEspagne. 



* 

Arenaria Gotliica Fries Novitiarum florae Suecise 
mantissa*, 11, 33; Summa vegetab. Scandinavian, 138 ; 
Grenier in Bulletin Soc. bot. de France, session extraord. 
1869, Revue de laflore des monts Jura, p. 47; A. ciliata 
Gren. Fl. Jurass. non L. ; A ciliata. L. var. fug ax Gren. 
Fl. de Fr., I, p. 259 ; A.fugaoci. Gay in herb. sec. Gren. 

Plante annuelle, plus rarement bisannuelle, n'emel- 
tant pas de rosettes de feuilles produis ant des tiges pro- 
liferes Vannee suivante. Tiges nombreuses, couchees a 
la base, puis ascendantes, rameuses, a pubescence rude, 
non glanduleuse, formee de poils ires courts' diriges en 
bas. Feuilles oblongues-lanceolees, aigucs ou acutius- 
cules, un peu attenuees et connees a la base, pluriner- 
vees, rendues scabres par de petits tuborcules repandus 
ca et la sur les deux pages, legerement ciliees, surtout 
vers la tige. Fleurs assez grandes, 1-4 par tige, la plupart 
longuement pedicellees. Sepales oblongs-lanceoles, aigus, 
hispidules et ciliolules, a 3 nervures, les deux Morales 
parfois peu visible^. Petales ovales-oblongs, un pen phis 
longs que le calice, a onglet presque nul. Capsule ovoide, 
a dents retournees en dehors et excedant d'environ un 
millimetre le calice; grainesir re gutter ementr dni formes, 
reticulees-chagrinees. — Juin-juillet. 

Hab. — Ain : Le Reculet et le Colombier de Gex (Gre- 
nier). Aire geographique : Suede meridionale : Wester- 
gotland ; Suisse : bords du lac de Joux. 

Plante tres distincte des A . ciliata L., A. LezurinaLorel 
(A. Ligericina Lee. et Lam.), et A. serpyllifolia L., seules 
especes francaises dont on pent la rapprocher. 

{A suivre.) 






ARCACHON 







Parmi ceux qui vont, chaque annee f respirer sur nos 
cotes Pair si salubre de la mer, beaucoup connaissent la 
station balnenire d'Arcachon et notre but n*est pas d'en 

decrire ici la situation pittoresque. Mais cette ville qui ne 
se composait, il y a cinquante ans, que d'une chapelle et 
de quelques cabanes de })echeurs et qui, grace a son site 
exceptionnel et au grand developpemenl de son commerce 

d'ostreicullure, est devenue une cite florissanle dont les 
amies portent pour devise: Heri soliludo, hodie civitas, 
possede un etablissement scientifique que beaucoup de 
voyageurs et d'etrangers ignorent ou negligent de visiter 
ot qui, cependant, merile a bien des litres d'etre indique 
aux touristes et surtout a ceux qui s'occupent d'histoire na- 
turelle : e'est son Musee-Aquarium que chacun peut voir 
sur le boulevard de la Plage, en arrivant par Pavenue du 
cheinin de fer. 

Cet etablissement a ele fonde par la Societe scienlitique 
d'Arcachon et a subi de nombreuses vicissitudes avant 
d'etre ce qu'il est aujourd'hui. Les premiers elements de 
son organisation sont dus a des savnnts zeles autant que 
modestes : le docteur Fischer, M. Lafont, M. FiUioux, etc. ; 
mais une certaine confusion y regna longtemps en Pab- 
sence d'une direction serieuse; aujourd'hui la Societe 
scientifique a eu l'lieureuse idee de conlierla conservation 
de son Musee a un jeune ingenieur des telegraphes dont 
le zele et les soins persistants ont transforme ce chaos en 

» 

un etablissement digne d'Arcachon. 

En entrant dans le batiment ou Musee et aquarium sont 
annexes, le Musee occupe les salles du premier etage, de 
nombreuses collections y sont reunies et la plus interes- 
sante est la collection locale. II faut citer en premiere 
ligne la piece principale et la plus rare, e'est un crane de 
Cetace : le Zyphius cavirostris (Cuvier), espece rarissime 
sur les coles de France, car on n'en connait que deux 
exemplaires ; une tete trouvee en 1804 sur In plage do Fos 
(Bouches-du-Hhone) (cette piece est au Museum de Paris 
et a servi a Cuvier a etablir le genre Zyphius) et le crane 
du Musee d'Arcachon, trouve en 1864 a Lanton, sur les 
bords du bassin. 

« Ce crane, dit M. le docteur Fischer (1), est en bon 
etat de conservation, quoique un peu use par le Hot de 
chaque cdte des orbites et a la face posterieure entre la 
fosse temporale droite et le trou occipital. La cavite cra- 
nienne est ouverte en ce point, neanmoins la mort ne 
remonte pas a une epoque tres eloignee, car le crane con- 
tient encore des matieres grasses. Le maxillairo inferieur 
manque. » 

Cette piece remarquable est exposee sur une table spe- 
ciale. Citons ensuite une interessante collection de co- 
quilles terrestres, fluviatiles et marines de la region et du 



(1) D r Fischer: « Cdtac6s du Sud-Ou le la France ». Actes de la 
Societe Linnt me de Bordeaux, volume XXXV, unnee 1881. 










136 



LE NATURALISTE 



A • 



bassin d'Arcachon, le tout parfaitement classe et bien 
nomme. Dans Jes autres vitrines placees autour de la 
salle, on trouva successivement une collection locale de 
Crustaces, de Rayonnes et d'Echinodermes, une belle 
serie de coquilles fossiles des faluns de la Gironde,un lot 
de silex tailles, haches, etc., dont plusieurs sont fort re- 
marquables et ont ete trouves dans la region, une collec- 
tion de reptiles et de poissons conserves en alcool, enfin 
des fossiles, des mineraux et meme des monnaies. Dans 
la vitrine placee au centre est la collection generate con- 
chyliologique; elle est bien classee et renferme une faune 
de la Nouvelle-Caledonie, donnee par feu M. Gassies. 

La seconde salle, plus petite, est en partie occupee par 
la collection ornithologique oil on trouve les oiseaux se- 
dentaires ou de passage dans les environs d'Arcachon. 
Ajoutons qu'a toutes ces choses interessantes on a joint 
quelques echantillons ethnographiques et les principaux 
instruments et ustensiles locaux de peche et d'ostreicul- 

ture, 

Une troisieme salle renferme la Bibliotheque. M. Joanne, 
dans son Guide-Diamant, a dit : t une petite bibliotheque 
en desordre est attenante au Musee. » Aujourd'hui on ne 
peut lui adresser ce reproche, Pordre le plus parfait y 
regne et on y trouve des ouvrages rares relatifs a l'histoire 
naturelle et principalement a richthyologie et a la con- 
chyliologie. 

En descendant du Musee, on se trouve dans ce vestibule 
qui conduit a l'aquarium, c'est la partie de Tetablisse- 
ment qui attire toujoursle plus de visiteurs. Cet aquarium 
est fort bien installe et, grace a sa proximite du bassin 
d'Arcachon, l'eau peut etre continuellement renouvelee 
au moyen d'une machine a vapeur. II se compose de 
22 compartiments ou reservoirs, contenant chacun des 
especes differentes. On peut y voir, dans leur vie privee, 
les Crabes-Tourteaux {Plalicarciniis pagaras) qui attei- 
gnent de grandes dimensions et devorent avec avidite, a 
la grande joie des spectateurs, des poissons morts qu'on 
leur jette pournourriture, la Raie-Torpille {Torpedo Gal- 
vani Risso), assez commune a Arcachon, la Sole (Solea 
vulgaris Cuv.), la Sirene (Blennius pholis), le Maigre 
(Scicena aquila Cuv.), le Griset {Cantharus griseus 
Cuv.), la Loubine (Labrax lupus Cuv,), le Muge (Mugil 
cephalus Cuv.)* la Touiile (Galeus cassis Cuv.) qui de- 
truitles huitres dans les pares, la petite Roussette (Scyl- 

lium catalas Cuv.), le Grondin {Trigla Gamardus ; 
Itisso) dont on peut admirer plusieurs especes aux cou- 
leurs les plus vives, leurs yeux bleus brillent comme des 
turquoises 



et leurs nageoires 



tachelees de bleu et de 



rouge ressemblent aux ailes des papillons, la Vive (Tra- 
cliinus vipera Cuv.); ce petit poisson si agreablement 
macule de bleu sur les flancs, mais qui porte sur le dos 
ce terrible aiguillon venimeux dont la piqure est si re- 
douteedes pecheurs, la Vieilie de mer (Labrus viridis, 
Lin.), le Rousseau (Pagellus erithrynus Lin.) aux reflets 
violets argentes, le Congre (Conger vulgaris Lin.), le Plie 
(Platessa vulgaris Cuv.), la Dorade (Sparus aura la 
Lin.), enfin 1'affreux Rascasse ou Crapaud de mer {Scor- 
poena porous Lin.), espece rare dansle bassin d'Arcachon. 



i 



Chacun de ces reservoirs renferme encore une foule de 
Crevettes (Paloemon serratus Penn.), des Bernard THer- 
mite (Pagurus Bernardus Desm.) dans les coquilles qui 
leur servent de refuges, des Balanes avec leurs bras tou- 
jours en mouvement, des Hippocampes (Hippocampus 
brevirostris Cuv.) qui, avec les Syngnathes -aiguilles 
(Siphonostoma acus Lin.), ne cessent de monter et de re- 
descendre le long des parois des glaces, enfin des Actinies 
et meme des Limules-Polyphemes, don de la Sociele 

d'Acclimatation. 

A Texterieur se trouvent de grands reservoirs destines 
a recevoir les animaux qui doivent prendre place dans 
raquarium, puis le magasin des bouees etbatises, enfin 
le batiment servant aux etudes du laboratoire. 

On peut voir par cette description succincte que Feta- 
blissement d'Arcachon ne le cede en rien a ceux de plu- 
sieurs villes plus importantes de notre littoral et qu'il 
merite a tous egards la visite des etrangers dont beaucoup 



ignorent meme son existence. 



Albert Granger 



OFFRES ET DEMANDES 

M. Dutot, 28, rue Montebello, a Cherbourg, offre des 
plantes en herbier, des coquilles, mineraux, .etc., en 
echansre d'autres echantillons d'histoire naturelle. 






Nous possedons en ce moment un bel echantillon du 
rarissime mineral la Herderite (phosphate anhydre 
d'alumine avec de la chaux et du fluor). Nous sommes 
disposes a ceder cet echantillon. — S'adresser au bureau 
du Journal. 



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M. E. Gregoire, a Rocq-Recquignies (Nord), desire echan- 
ger deux petites collections geologique et mineralogique, 
contre des fossiles nommes et de choix. 






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neneuses en parfait etat avec un carton. — Prix : 12 francs. 



• 



Genera de Graminees d'Europe en herbier, 65 especes 
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Collection de fossiles du Lias 70 especes environ et 
175exemplaires bien nommes. — Prix : 70 francs. 



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Collection de Curculionides d'Europe, comprenant : 
434 esp. f 928 exempl., contenue dans dix-sept cartons. 
Prix : 90 francs. 



Le gerant, Emile DEYROLLE 









5820 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettea 




e 



Ann£e. 



N 



18 



la Seplembrc 188a. 137 





JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le 1" et le 15 de chaq 



mois 



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Journal LE NATURALISTE est l'interm&liaire offlcieux de tous les amateurs d'histoire naturelle; 1 

gratuitemeiit toute demande d'6change et de renseignements scientifiques 6mauant de ses Abonn6s. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 29 JUIN 1885. 



Sur un nouveau type .de Sarcosporidies. 

M. R. Blanchard. 



Note de 



nieres et plus particulierement avec les Polysporees 
(Klossia), dont ellesne different que par la toille et del'ha- 
bitat. 



SEANCE DU 6 JUILLET, 



Les Sarcosporidies ont ete considerees comme ayant 
pour habitat exclusifle tissu musculaire strie. M. Blan- 
chard a trouve ca et la, surlegros -intesiin d'un Macropus 
penicillatus , des points blancs de la grosseur d'un grain 
de millet et faisant saillie a la surface; c'etaient des kystes 
renfermes dans la couche conjonctive sous-muqueuse. lis 
ont mm ,71 a l ,mn ,23 de longeur sur ,,mi ,56 a m,,l ,93 de lar- 



Sur le Phamicurus \ 



Note de M. Lacaze-Duthiers. 



geur. Leur paroi n'a que ji.,7 d'epaisseur et est partout de 
mememinceur, sans presenter de cirrhesnidecanalicules 
poreux ; ce caractere les eloigne done des : Sarcosporidies 
decrites dans les muscles du pore, et les rapproche de 
celles de la souris, du mouton, et de l'otarie. Les kystes 
de Macropns etudies par If. Blanchard, parvenus a la pe- 
riode ultime de leur evolution, sont a l'etat de reproduc- 
tion et presentent des corpuscules reniformes. Les plus 
grandes spores sont a la peripherie ; mais au debut elles 
devaient etre a peu pres d'egale taille. La production des 
corpuscules reniformes commence certainement par la 
peripherie et s'etend vers le centre; ils ont 9^,8 a 12 ^ de 
long, sur 4 jj. a 5jx,5 de large; ils sontgranuleux mais sans 
noyau interieur. Ce sont surement les equivalents des 
corpuscules falciformes des coccidies, car on leur a cons- 
tate des mouvements amiboides. Lesnombreuses vesicules 
renfermees dans les kystes des Sarcosporidies correspon- 
dent aux spores ou pseudo-navicelles des Coccidies ; car 
les Sarcosporidies presentent des affinites avec ces der- 



M. Lacaze-Duthiers a ete a meme d'etudierde nombreux 
Phcenicurus, parasites curieux de la Tethys leporine. Le 
Phcenicurus a la forme d'un cerf- volant : il est plat, ar- 
rondi a une extremite, et effile a l'autre; cette extremite, 
simple ou fourchue, est coloree en rouge. On le rencontre 
fixe par sa bouche sur les mamelons observes au milieu 
des fosses interbranchiales de la Tethys, L'une des faces, 
la plus grande est marbree de taches noires et blancluitres 
lavees d'une legere teinte rougeatre; l'autre face blanche 
est entouree par Ja premiere qui la deborde en formant 
unesorte de bourrelet. Vivant, on le voit se contracter, se 
tordre, se gonfler du c6te de la face coloree qui s'incline 
vers la face blanche et le corps se courbe. Le systeme 
nerveux, absolument variable, est situe du cote de la face 
blanche; il se compose de detfx ganglions unis par une 
commissure, d'ou partent deux nerfs principaux, Tun al- 
lant vers la bouche et l'autre vers la queue; le lout a la 
forme d'une H a branches inegales, d'oii partent de nom- 
breux nerfs transversaux, greles, longs et ondules. Par- 
fois on ne rencontre qu'un ganglion median, ou bien une 
chaine de trois a quatre ganglions alignes ; souvent, un 
seul neri allant vers la bouche et un autre vers la queue; 
dans un cas, il y avait sept ganglions transversaux reunis 
par une commissure et un reseau de filets formant un ve- 
ritable plexus ; quelquefois il y a qu'un seul nerf buccal, 
ou bien deux nerfs buccaux partant du meme ffanglion. 



En resume, la position du systeme nerveux est constante, 












► i 




138 



LE NATURALISTE 















maisses formes varienl infiniment. Le corps n'a pas de 
cavite generate et est acoelomate ; il est rempli d'un tissu 
fibrillaire a noyanx nombreux, an milieu duquel sont, 
soudes a lui, des organs s divers et de grandes cellules. 
Sous la peau, apres ce tissu conjonclif, on trouve de 



boules ou de niches rougeatres a Fexterieur et a structure 
ecailleuse. Ce sont de vrais ulons traversant le lias supe- 
rieiBR. Tne tranche© permet d' observer un filon de por- 
phyrite labradorique et a ugilique, penetrant dans les cal- 
caires marneux a Ammonites radians 9 et englobant un 






longues bandes musculaires, forma nt deux lames, Tune bloc k Belemnites. La roclie eruptive est entouree d'une 

dorsale et l'aulre abdominale; dans la parlie mediane, on aureole de marne foncee a petits cristaux de gypse et 

rencontre le tube digestif, le systeme nerveux central et rognons de silex vert caracteristique. En un autre point, 

une glande spociale. Le tube lisse ou bossue, etroit ou entre Zegri et la Venta de las Navas, l'ophite se rencontre 

dilate, donne partout naissance a des rameaux qui se dans les couches a Ammonites Mfrons, et accompagnee 
ramifient a l'infini; le Plioviicuras est done dendrocele. ] de marnes verdatres avec gypse et quartz. Les dykes.de 

II n'a pas ete constate d'anus. La glande s'ouvrant dans roches ophitiques sont nombreux pres de la Fabrica de 

l'orifice buccal meme pourrait etre une glande salivaire. Nueslra Seiiora del Carmen. Entre Montillana et Noalejo, 

II suit de tout ceci que la face blanche correspond au dos. 1'ophite est accompagnee d'amas de fer oxyduld, qu'on a 

Ces etudes ayant ete faites au mois de mai, il n'a pas exploites. Les roches de Montillana et de la Venta de las 

ete possible de reconnailre les organes producteurs. II a Brajas fontbien parlie de la serie ophitique j ce sont des 



done ete impossible de se rendre compte si le Phoenicia 
rus ne represeute qu'une periode ou qu'un stacle de son 
existence tolale, si, deforme ou degrade par le parasi- 
tisme, son evolution s 'accompli t dans des stations diffe- 
renles avec des formes variees. 



* 



Application a V inoculation preventive du sang de rate, 
ou fievre spldnique, de lamethode d> attenuation des vi- 
ms par l'oocygene.compri7ne. — Note de M. A. Chauveau. 

De nombreuses experiences faites par M. Chauveau, il 
resulte que : 1° une seule inoculation confere une solide 
immunite; 2° malgre cette activite du virus, il est au 
"moins aussi inoffensif que celui qui est prepare par les 
autres methodes; 3° les cultures gardent leurs proprieles 
plusieurs mois, sans qu'il soit necessaire de prendre au- 
cune precaution pour assurer leur conservation. 






Sur la position de quelques roches ophiiiqnes dans le 
nord dela province de Grenade. — Note de U \Y. kilian. 

La route de Grenade a Jaen penetre, pres d'lznalloz, 
dans un massif calcaire faisant parlie -de la chaine jura- 
cretacee, qui de Gibraltar a Murcie longe au nord les ter- 
rains anciens dela Cordillere betique. De nombreux poin- 
tements ophitiques jalonnent cette bande dc terrains 
secondaires dans les provinces de Cadix, de Malaga, et de 
Grenade, fonnant ainsi entre les affleurements eruptifs 
anciens des environs de Malaga au sud-et de Linares au 
nord, une troisieme serie de filons et dykes plus re cents, 
situes generalement au sein des couches gypsiferes du 
trias. Dans les environs de la Venta de las Brajas, ils sont 
constitues par les calcaires marneux du lias superieur et 
du neocomien ; la, le toarcien est compose de marno-cal- 
caire gris clair, bien lites alternant avec des marnes schis- 
teuses. On y rencontre les Ammonites radians, bifrons, 
Levisoni, etc- Au milieu des champs, on remarque cer- 
taines ta flics foncees, causees par des affleurements de 
roches ophiiiqnes qui j on then t le sol sous formes de 



roches eruptives, en place, non remaniees, et elles pene- 
trent en dykes et en filons dans les assises du lias su- 
perieur. 



NOTE 



SUR LES 



CEUFS HIVERNANTS DES LEPIDOPTERES 



Dans la note qui accompagne mon article sur la chenille 
de 1' Helioph obits lolii, on ni'a fait dire que l'oeuf de Lip. 
salicis etait pfondu fin juillet, e'est « fin juin et juillet » 
que j'ai voulu dire. C'est en realite au commencement de 
juillet qu'a lieu le plus grand nombre des pontes de 
cette Liparide; les sujets precoces pondent en juin, les 
retardataires pondent fin juillet et meme en aout. Le 
2 j juillet dernier, voulant obtenir le Tele monus punctatit- 
lus, qui vit en parasite dans les oeufs de Lip. salicis, je 
recoltai un certain nombre de pontes de ce Lepidoptere; 
mais si je trouvai encore des Lip. salicis $ en train de 
pondre, je constatai que plusieurs pontes etaient deja 
vides, les petites chenilles ayant monte apres le trone 
et gagne les branches des peupliers. 

Je vais maintenant repondre a quelques-uns de mm 
correspondants qui m'ont demande de leur signaler les 
especes dont les oeufs passent l'hiver sans avoir rien qui 
les preservut du froid et de riiumidite. 

Cela m'est relativement facile. Je n'ai qu'a consulter la 
lisle des 500 especes d'oeufs de Lepidopteres qui me sont 
deja passees sous les yeux et dont j'ai note la date d'e- 
closion. Je suivrai la classification de fierce, Tauteur de la 
Faane franraise des Lepidopteres. 

Parmi les Diurnes, quelques especes du genre Thecla 
nous fournissent des oeufs feivernants simplement colles 
sur les branches. 

Parmi les Bombycites, le genre Orgyia nous donne un 
singulier exemple de la sollicitu.de des meres pondeuses. 
La vulgaire Orgyia cuntiqua +1 on le sail, est aptere; elle 
depose sa ponte sur son eocon, a Texterieur. 

Pourquoi ne place-t-elte pas dans Hut rieur meme €es 
CBufs qui doivenl hiverner? Ne seiaient ils pas mieux que 













i~ 



■ 



LE NATURALISTE 



139 






< ps? et n'aurait-on pas quelque semblant de raison de J passent Phiver. Nous avoi ensuite le genre Eunomos, 



dire, si elle agissail ainsi, que c'est pour les soustraire a 
Pinfluence du froid el de Phumidite ? VAntiqna S ivaurait, 
du resle, qu'a imiterla plupart des Psyche 9 'qui pondent 

leurs oeufs dans Finterieur de leur fourreau, que dis-je? 
dans l'enveloppe meine de leur chrysalide. 

Etrange chose! les ponies qui soul ainsi mises a Fabri, 
bien preservees de Fhumidite, bien premunies contre le 
froid, eclosent avant l'liiver! I ne de ces especes cepen- 
dant semblerait fa ire exception, c'est Y Epiclmoptery * 
helicinella dont la chenille sort du fourreau maternal, 
au mois d'avtiL (Test vrai, mais ce qui ne Test pas mains, 
comme j'ai pu le constaler Tan dernier, c'est que des le 
mois de septem bre precedent, il n'y a pas trace <F<euf dans 
l'enveloppe de la chrysalide d' Helicinella qui est occupee 
lout entiere par les pelites chenilles rougeatres, a tete 
noire, serrees les unes contre les autres et demeurant 
ainsi dans Fimmobilite pendant tout Phiver. 

Et tandis que dans 1'interieur du cocon de Y Antigua 
quelque forficule egare, quelque cloporte frileux trouvera 
un refuge assure, les oeufs de cette Orgyia n'auront rien 



pour les garantir des intemperies, rien pour les preserver 
des rigueurs de l'liiver. instinct prevoyant des mere 
pondeuses! « calculi » 

Je passe main tenant les oeufs de Bombyx bien connus 
ceux du Crab Dumeli, pour arriver aux Noctueliles. 

C'est le genre Nonogria, qui le premier nous offrira des 
oeufs hivernant sur les feuilles des Typha, des Sparga- 
niumel des Arando phragmites. Viennent ensuite le genre 
Gortyna, le genre Heliophobns (voir le numero precedent 
pour Y Heliophobus lolii). 

Apres le genre Luperina, qui Ires probablement doit 
offrir des oeufs hivernants(jene l'ai pas encore constate}, 
nous arrivons a la grande famille des Orthosides, oil 
presque tous les genres, a parlir du genre Orthosia, four- 
nissent des especes dont les oeufs passent Phiver. Je cite- 
rai specialement Ortliosia lota, Ceraslis vaccina et Xan- 
tia circellaris, dont les oeufs se trouvent si frequemment 
au sommet des branches de saule marsault ; ceux de Cir- 
cellaris surtout, alignes au nombre de quatre a cinq, le 
long de ces gros bourgeons qui renferment le chaton. 

Dans la famille des Cos?nid&, j'ai observe les oeufs si 
curieux de Tethea subtusa hivernant sur les peupliers, 
ceux des Cosmia sur les ormes. 

De la nombreuse famille des Hadenides je ne connais 
guere que quelques Polia dont les oeufs passent Phiver, 
mais il doit y avoir d'aulres especes, peu nombreuses ce- 
pendant. 

II faut a present laisser de cote un certain nombre 
de families pour arriver aux Amphipyra et aux Catocala, 
dernieres Noctuelles chez qui nous trouverons.des oeufs 
passant Phiver sans'abri d'aucune sorte. 

La grande division des Geometry nous offrira a son 
tour plus d'un detail interessant sous le rapport des 
oeufs. 

L'importante famille des Ennomidx nous presente tout 
d'abord YEpione apiciaria, un des rares exemples d'une 
espece bivoltine dont les oeufs de la deuxieme generation 






le genre llimera. 

Parmi les Boarmida\ il y a la Tephrosh -epuscidaria 
dont les oeufs sonl accompagnes de tlocons soyeux, mais 



ces oeufs ne passent pas l'liiver. Pour en trouver il faut 
aller jusqu'aux Macaridie qui nous montreront ceux de 
Ilalia xoaxaria y puis aux Hybernidir. Mais anparavanl 
je mentionnerai le fait d'une ponle de Ligia apnea r la 
recue en octobre dernier de M. Milliere, de Cannes, ayant 
hiverne etdonne ses chenilles en avril suivani, tandis que 
pour la race de PAnjou qui pond en aoitt et septem bre et 
que M. de Tarle a eu Pobligeance de me faire connaitre, 
c'est la petite chenille qui hiverne. 

Le genre Jlybernia nous presentera la hajaria et la 
defoliaria. 

Voici maintenant les especes hivernanles a Pelat d'oeuf 
que j'ai observees dans la faniille des Larentidiv : 

Cheim. brumata, Opor. dilutata, Cld. testata, populata. 
fulvata, dotata, associata. 

Je m'arrete aux phalenes. Bien q.ue je possede quelques 
donnees sur la ponte des Pyralites et des Microlepido- 
pteres,je les trouve insuffisantes pour en parler en ce 
moment. Je remets cet examen a plus tard. 

J'aurais en outre pu aj outer quelques noms a la liste des 
especes que j'ai donnee, en empruntant a divers auleurs 
leurs renseignemenls particuliers. J'ai prefere, au risque, 
je dirai mieux, avec la certitude d'etre incomplet, presenter 
seulement le resultat de mes propres observations, Cepen- 
dant, si j'avais fait des emprunts de cette nature, j'aurais 
eu garde d'oublier de faire connaitre et Fauteur el Pou- 
vrage. Je ne puis comprendre que Ton agisse aulrement. 

II en coute done beaucoup, par exemple, quand on parle 
de I'ceuf du Satyrus alcyone, de dire qu'on en trouve la 
figure dans l'incomparable Iconographie de M. Milliere. 

Je n'ajouterai plus qu'un mot sur les pontes qui sonl 
accompagnees d'une substance etrangere quelconque : 
bourre, poils soyeux, secretions, etc., que j'ai rencontrees 
dans les genres Liparis, Cnetliocampa, Diloba Bombyx, 
Laphygma (voir Bulletin de la SocidU entomologiqac 
de France, seance du septembre 1885), Tephrosia, 
Solenobia, Xysmatodoma, c'est a peine si le quart de ces 
pontes passe Phiver, et parmi celles qui hivernent, j'ai 
vu chez plusieurs especes les petites chenilles parfaile- 
ment formees dans Poeuf des Pantonine. 

Maintenant nos colh gues les lepidopteristes me per- 
met Iron t-ils de les engager a ne plus piegliger comme 
precedemment les pontes des lepidopteres, a bien recueii- 
lir les oeufs, a nolerles epoques d'eclosion, il y a tant de 
choses inleressantes a connaitre. Je les engagerai surtout 



r>"& 






a ne pas rejeler les oeufs trop longs a eclore, je leur signa- 
lerai, en terminant quelques oeufs de YHesperia comma 
qui me sont eclos un an apres avoir ete pondus. 

P. Chretiex, 

do France. 


















' ■>* — ■*-! 















140 



LE NATURALISTE 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENIER ET GODRON (!) 

Par G. ROUY 

(Descriptions des plantes signalees en France et en Corse depuis 1855) 

(Suite) 



HYPERICINEES D C 

Hypericum Desetangsii Lamotte in Bulletin de la 
Societe Botanique de France \ XXI, p. 121, Prodrome de 
la flore da plateau central de la France, I, p. 165; Edm. 
Bonnet in Bullet. Soc. hot. de France, XXV, p. 277, Pe- 
tite Flore parisienne, p. 92; H. inter medium Bellynck 
Fl. Namur, p. 31, non Steud. ; Grenier FLjurass., p. 154 ; 
H. quadrangulum desEtangs Mem. Soc. AgriculL Aube, 
1811, p. 24, non L.; H. letrapterum Fries var. inlerme- 
dium. Coss. et Germ. FL des env. de Paris, 2 C edit., 

p. 81. 



Souche peu rampante, epaisse, ligneuse, emet- 
tant apres l'anthese de nombreux stolons fili formes 
rougedtres, munis de courtes ecailles. Tige de 3-8 deei- 

■ 

metres, fistuleuse, dressee, 7nunie, parfois dans toute sa 
longueur, mais toujours au moins dans le haul, de 4 lignes 
saillanies dont deux plus fortes, rameuse, a rameaux 
inferieurs et moyens courts et steriles, etales, les supe- 
rieurs allonges, greles, dresses, floriferes vers le som- 
met, formant par leur ensemble une large panicule 
assez compacle. Feuilles ovales-elliptiques ou ovales- 
oblongues, Ires obtuses ou arrondies au sommet, un peu 
retrecies a la base, sessiles ou semi-embrassanles, + on- 
dulees et denticulees, garnies aux bords de points noirs et 
abondamment pourvues sur les faces de petits points 
translucides, a nervures secondaires fines, peu trans- 
parentes et peu ramifiees. Fleurs grandes (20-25 milli- 
metres de diametre). Pedicelles egalant a peine le tiers 
de la longueur du calice, munis a la base de bractees 
lanceolees, aigues. Sepales etroitement lanceolds, aigus 
ou erodes au sommet, tous ou la plupart depourvus de 
ponctuation noi?'e. Corolle une fois plus longue que le 
calice ; palates ovales oblongs, arrondis, d 9 un beau jaune, 
stries, a points noirs rares et situes principalement sur 
le bord gauche. Etamines 15-20 par androphore, plus 
courtes que les petales ; styles divariques, a peine plus 
courts que les etamines; stigmates rougeatres, poncti- 

formes ou subcapites. Capsules ovotdes-coniques, allon- 
gees (6-7 millimetres de long), relativement petites, une 
fois plus tongues que le calice, a valves pourvues de 

bandelettes resini feres longitudinales nombreuses ; 
graines noires, tres petites, cylindriques, arrondies aux 
extremites, finement alveolees, nombreuses. — Juillet- 
aout* 



Hab, 



Lieux humides, bois, prairies, haies. 



Ar- 



dennes; Le theme (Cailay). — Aisne: forSt de Retz, Vil- 



lers-Cotterets (Bonnet). 



Seine-et-Marne : pare' de 



(Royer). — Jura : Chaussin (Michalet, comme H. perforate- 
tetrapterum). — Saone-et-Loire : Pauvret pres Autun 
{herb. R., Gilloi). — Nievre : Guerigny pres Pougues 
(Kouy). — Allier: Veauce, Sussat, Vicq (Lamotte) ; les 
Gazeriers{herb. R., Heribaud). 



mperforatum 



Differe de la 



mum 



nulles ou rares, a nervures secondaires anastomosees et 
toules nettement transparentes ; sepales ordinairement 
plus courts et obtusiuscules, au moins deux. — Exsicc. 

Soc, Dauph., n° 1998. 
Hab. — Departements du Nord (Cussac), du Calvados 

(Lenormand), d'ErRE et-Loire, de la Sarthe (Goupil), de la 
Loire- Inferieure (Lloyd) {sec. Edm. Bonnet)- — Abondant 



dans le rayon de la flore parisi 
Vouestd? Paris (Bonnet, Rouy). 



Se rencontrera bieri 



bien certainement dans d'autres departements. 
Aire geographique. — Belgique (a genu 



P 



imperforatum) ; Allemagne : Wurtemberg (a genui- 



num 



Obs. J. 



H. 



etangsii est a clas 
H. quadrangulum 



re les H. 

11 se dis- 



tleurs 



tingue immediatement du premier par sa tige ne presen- 
tant pas quatre angles ailes et par ses fleurs du double 
plus grandes, d'un jaune plus fonce. II differe du second, 
avec lequel il a plus de rapports, par satailleplus elevee, 
ses tiges plus rameuses, a rameaux allonges, ses 
bien plus nombreuses, ses sepales etroits, jamais ovales- 
obtus, ses capsules de forme plus allongee et de moilie en- 
vironplus petites, ses graines noires.— Les formes hybrides 
des H. perforatum L. et H. quadrangulum L. (//. com- 
mutatum Nolle, aue Lamotte a signalees dans le 



ravin 



H. mixium 



II 



rameuses, les sepales toujours obtus au sommet et ma- 
cules de points noirs, les capsules plus ou moins cartila- 
gineuses, munies de vesieules allongees (presque comme 



H. perforatum}. 



peu 



nombreuses. 
Obs. II. 



H. Desetangsii a ete suppose hybride, 



soit des H. perforatum et quadrangulum (Nyman), soit 
des H. tetrapterum, et quadrangulum (W. 0. Foeke), 
mais ces suppositions doivent etre ecartees car VII. Dese- 
tangsii ne presente aucun des caracteres propres a YH. 

perforatum, il est bien distinct de YH. tetrapterum et 
ne presente aucune variation s'en rapprochant, et il croit 
dans nombre de localites oil manque YH. quadrangulum,, 
plante des regions montagneuses ; de plus, ses graines 
sont touiours nombreuses et fertiles. 



PAPILIONACEES L. 



Cytisus Ardoini Eug. Fournier in Bulletin de la So- 
ciete botanique de France, XIII, p. 389 ; Moggridge Cont. 



Renlilly (Thuret), Nemours (Bonnet). — Aube: environs /j. Menion, pi. 58; Ardoino FL Alpes-Marit 



de Troyes (des Etangs). 



Cote-d'Or : Saint-Remy 



fl 



Herb, norm 



I, n* 35; 



(1) Voy. le Nttiuraitsle du i CT septembrc 1885. 



Soc. Helvet., ann. 1872. 



Sect. Corothamnus Spach. 



; 









— 



LE NATURALISTE 



Ml 



Sons arbrissi a dyes de 3-4 decimetres, cov- 
chees, radicantes et diffuses, ascendantes au sonnnet, 
velues. Feuilles toutes trifoliolees, petiolees, a petiole 
grele ou filiforme environ de la longueur des folioles, les 
inferieures fasciculees sur des tubercules; folioles petites 

a 

egales, obovales ou oblongues-lanceolees, aigues ou mu- 
cronees, les u l times des rameaux sUriles lineaires- 
laaceoUes, toutes mollement velues ou soyeuses /stipules 
nulles. Fleurs jaunes, assez grandes (10-12 millimetres 

de long), axillaires, geminees ou ternees, situees aux 
aisselles des feuilles moyennes et surtout des feuilles 
superieures, et disposees en grappes ordinairement allon- 
gees, plusou moins laches, subunilaterales. Pedicelles tili- 
formes, 2-4 fois plus longs que le calice, tres velus et mu- 
nis vers lesommetde # deux tres petites bracteoles subulees 
promptement caduques. Calice velu, largement campa- 
nula, a tube court et a levres egales, la superieure bric- 
vement bidentce. Etendard glabre egalant la carene, 
celle-ci courbee, obtuse, non rosiree. Stigmate oblique 
en avant. Gousses de 22-26 millimetres de long sur5-<> de 
large, comprimees, incurvees a la base puis presque 
droites, noircissant a la maturite, couveries de longs 
poih blanchatres appliques ou peu etales. Graines lenti- 
culaires, grisatres. — Avril-juin. 

Hab. — Alpes-Maritimes: Montague de V Aiguille au- 
dessus de Menton, alt 1 200 metres (Ardoino, Hawker) : 
Cima-d'Ours, Montde Meras, entre V Aiguille de Men- 
ton etle Farguet (Moggridge) ; pente des rochers de cal- 
caire jurassique du mont Cliier pres de Bezaudon 
(herb.W., Consolat, Burnat); entre Magagnosc etCaussols; 
versant nord du C heir on (E. Burnat). 



pedicelles fruclifcres reCourbes, egalant environ le tube 
du calice et une fois plus long que la braehe Ires petite, 
subulee, longuement velue-ciliee. Calice d lube evase, 
plus court que les dents liueaires-setactes, plumeuses, 
Sgalant ou depassant la corolle a elendard un peu plus 

long que la carene, celle-ci egale aux ailes. Gousses 

mollement velues, indehi scenic s, rent formes- lenticu- 
laires, monocycles. membraneuses, &6gamment rcticn 
Ues-veinees, a nervures saillantes arquies en sens 
contraire, a droite et a gauche de Vaxe central, cette* 
de chaque c6t6 sanastomosant entre ettes. Graine 
solitaire, oblongue, brunatre. 



Mai. 



Hab. 



Aide : sables de Vile de Leucate (herb. K., 

Gaston Gautier). 

Cette Luzerne ne peut etre rapprochee que d68 Mcdi- 
cago Lupulina L. (1), M. Cupaniana Guss. et M. Apcn- 
nina Woods, mais ses gousses a nervures non concen- 
triques, tout au contraire arquees-divergentes a droite et 
a gauche de l'axe central, sufiiraient a la caracteriser am- 
piement, si sa racine annuelle, tres grele, ses pedoncules 
allongees, ses grappes relativemenl Inches el pauciflores, 
les dents du calice selacees egalant ou depassant la corolle 
tres petite, ses feuilles plus etroiles, enfin sa villosile et 
sa taille exigue, ne permettaient egaleinent de la distin- 



eruer nieme en fleurs. 



(A suivre.) 



LliriDOPTEUES INOUVEAUX D'ALGEIUE 



Lycaena Theoplirastus. Faur. v. Rosacea. Sur 



Espece tres bien caracterisee a classer dans la flore de tout le littoral algerien ainsi que dans les parties basses 



la France apres le G. decumbens Walp., dont elle differe 
a premiere vue avec ses feuilles trifoliolees a folioles pe- 
tites, longuement petioles, les pedicelles plus longs, et 
aussi par le stigmate oblique en avant. Ses rapports avec 
le C. triflorus L'Herit. sont encore plus eloignes, car elle 
s'en separe par son port absolument different, ses grappes 
subunilaterales ses fleurs a carene obtuse, non rosiree, 
ses feuilles a folioles environ 8-10 fois plus petites, plus 
etroiles, ses gousses pluslarges, etc. 



Med 






Medicago secuiidifloraDurieu^. Ducliarlre7?<?w/£ 
tanictue, I, p, 365 ; Urban Prodromus einer Monogra- 

Sect. Lupularia 

Seringe in DC. Prodr., II, p. \Tl. — Plante de 2-10 cen- 
timetres, couverie de poils mous blanchatres; racine 
annuelle, tres grele, simple ou peurameuse; tiges ascen- 
dantes ou dressees, rameuses parfois des la base. 
Feuilles a folioles oblongues-cunei formes, tronqu&es 
ou retuseSy inegalement et assez profondement dentees, 
mais seulement dans la partie tronquee, mucronees; 
stipules lanceolees, longuement acuminees, entieres ou 
plus rarement pourvues de deux dents a la base. Fleurs 
jaunes, tres petites, peu nombreuses (3-10), disposees en 
grappe courte, laxiuscule, imitate rale \ au sommet d'un 
pedoncule trds Stale ou dSjeiS, filiforme, brievement 



mo 



fe 



et moyennes, la Lycaena Theophraslus se presenle tou- 
jours sous un aspect constant. Les males ont les ailes 
bien opaques, d'un bleu violet fonce et encadrees d'une 
bordure noiratre tres accusee. Le dessous est d'un blanc 
un peu jaunatre avec les taches noires bien separees les 
unes des autres et ne tendant jamais a confluer. Sur la 
chaine de TAtlas, au contraire, cette Lycaena offre un 
aspect tout particulier. Les males sont plus petits que le 
type, leurs ailes sont d'un bleu rose et assez diaphanes 
pour laisser paraitre par transparence les dessins noirs 
du dessous. La bordure noire qui les encadre est reduite 
a un leger filet a peine perceptible ; enfin la face infe- 
rieure est d'un blanc pur et les taches noires finement 
ecrites ont une tendance a confluer pour former des lignes 
transversales. Cette disposition est surtout remarquable 
en ce qui concerne la serie des points en cerceaux qui 
precede la rangee marginale, laquelle forme chez la 
variete dont il s'agitune ligne courbe bien continue qui 
regne tout le long du bord exterieur des quatre ailes. 
Cette jolie variete est fondee sur une douzaine d'exem- 



(1) M. Trauttvetter a propose de rattachpr le M. Lupulina L. au 
genre MeUlotxts(M. Lupulina Trauttv). Nous serions assez partisan de 
cette maniere de voir et de son extension k la sect. Lupularia (Ser.) 
Urb. du genre Molicago. Les M. Cupaniana Guss. et M. Apennina 
Woods deviendraient d^s lors les Melilotus Cupaniana (cf. Janka Le- 
guminosa? Europ>i'ip) et Melilotus Apennina. 
























1-12 



LE NATURALISTE 



plaires cf que j'ai rerus des liauleurs situees entre El-Ar- 
rieha et le Maroc; elle habile aussi d'aulres localites 
elevees et probablement toule la crete de 1' Atlas oil elle 
eonstitue une race alpine. Jo ne connais pas la femelle; 
mais il est a presumer qu'elle presente aussi des diffe- 
rences marquees avec les exemplaires du littoral. 



Satyrus Fidla Linne v. Albovenosa Le Satyrus 
Fidia a ete sign ale a plusieurs reprises pour habiter 
FA] He. Mais je n'ai jamais vu d'exemplaires provenant 
de ce pays. Je Fai obtenu par con Ire recemment du Maroc 
(province d'Oudja) oil il habite sur certains plateaux 
deserts gaivis d'alfa. Dans cette contree il constitue une 
-race bien tranchee de celle qui vole communement dans 
le midi de la France. Les specimens du Maroc sont plus 
grands que ceux d'Europe, plus fonces en dessus et ne 
presentant dans aucun des sexes les eclaircies blanches 
qui ornent les aiies superieures en arriere des deux 
aches en forme d'yeux. Le dessous est encore plus rem- 
bruni que le dessus et notamment celui des ailes infe- 
rieures oil toutes les nervures tranchent vivement en 
blanc sur le fond obscur. Enfin la ligne mediane qui, 
i'hez Fidia, forme un sinus tres prononce depuis le bord 



anterieur jusque vers Tangle du milieu, affecte une direc- 
tion presque droite chez la variete qui m'occupe. Cette 
forme est tres constante ; car aucun des exemples que j'ai 
sous les yeux ne varie si ce n'est un peu pour la taille. 



Vanessa Polychloros Linne v. Erythroinelas* 



lele ferait ressorlir des differences telles qu'il serait pos- 
sible d'en conclure a Fexistence d'une espece separee. On 
sait. en effet, combien Polychloros et Xanthomelas sont 
voisines bien queleurs chenilles soient tres dissemblables. 

Mamestra variegata. J'ai recu des environs d'Oudja 
(Maroc) une quinzaine d'exemplaires d'une Mamestra 
dont les chenilles avaient ete trouvees sur des plantes 
basses et qui furent ensuile elevees en captivite. Ces 
noctuelles sont evidemment du groupe de splendens, 
Fab. et cVoleracea Linne ; mais leur aspect est si particu- 
lier que je ne sais s'il convient de les considerer comme 
formant une espece separee plutot que de les rattacher, 
soit a Fune, soit a l'autre de ces deux especes, comme 
variete locale. Elles se rapprochent de splendens par la 
neltete de toutes les lignes qui coupent transversalement 
les ailes sup6r:eures; mais tandis que splendens est d'un 
brim rougeatre assez vif, mes exemplaires marocains 
sent, an contraire, d'un brun chocolat pale. Cette meme 
teinte les separe aussi de oleracea qui est toujours d'un 
brun ferrugineux. Cette derniere espece a, du reste, les 
lignes ofdinaires toujours obliterees, sauf la terminale 
qui est blanche, droite avec une inflexion dans son milieu 
sous forme d'un M couche. La Mamestra dont il s'agit 
presenle aussi cette meme ligne qui est, du reste, com- 
mune a splendens ; mais au lieu d'etre toute droite, elle 
est un peu sinuee dans sa partie inferieure. Les ailes 
inferieures sont plus claires que chez oleracea et splendens 
et la bande brune marginale qui les entoure est plus 



Cette Vanessa est repandue dans toute l'Algerie, mais elroite et mieux definie. Je regretle de ne pas connaitre la 
elle parait etre rare partout. Les exemplaires de cette f chenille de cette Noctuelle; car la comparaison des larves 
con tree different beaucoup de ceux de nos regions et j'ai aurait permis de decider si ces papillons constituent une 



cm devoir les designer sous une denomination distincte. 
J'ai sous les yeux trois sujets qui m'ont ete envoyes, Fun 
de Nemours, l'autre du Cessala et le dernier des environs 
d'El-Arricha sur la frontiere du Maroc. Tous trois sont 
semblables entre eux, ce qui prouve que ce type est 
constant et ne varie en aucune fa con malgre la diversite 
des milieux, Cette forme algerienne est d'un fauve rou- 
geatre intense qui rappelle la leinte d'Ichnusa variete 
&'Urfic&; les laches noires ordinaires sont plus petiles, 
plus fines et celle qui, chez les Polychloros, precedeFerpex 
sous la forme d'un triangle dont la base s'appuie sur la 
cote et dont le sommet se termine en pointe recourbee 
vers la base, affecte, chez la variete que je desire, une dis- 
position toute differente. Le sommel du triangle en ques- 
tion est brusquement tronque par une section oblique 



espece nouvelle ou une simple variete geographique de 
Fune des deux especes precitees. 



Bellegarde, aout 1883. 



L. AUSTAUT. 



VARIETES 






O 



b o r d 



rieures ne presenters pas non plus en dessus ces petites 
lineoles noires, ni ces points jaunatres qui parsement Faile 
ie Polychloros vers le bord marginal. Enfin la grosse 
lache noire qui occupe la cellule discoidale ressemble 
plutot par sa configuration a celle de Xanihomelas: elle 
ne s'appuie pas non plus immediatement sur la parlie 
<-bscure de la base ; mais elle est separee de cette derniere 
nap une eclaircie fauve rougeatre du fond. II serait inte- 
ressant de connaitre la chenille de cette Vanesse afin de la 
comparer avec celle de Polyehloros.Veul- Hire queceparal- 



Jelis dans un precedent numero du Naiuraliste un arti- 
cle, sous le litre Varietes, qui semble desirer une reponse. 
Je prends la liberie d'emettre une opinion. II est parfaite- 
ment possible que chez les lepidopteres, comme dans 
d'aulres ordres d'insectes, il y ait parfois des unions entre 
males el femelles d'especes differentes. Le fait est pour- 
tant bien plus rare quo chez les coleopteres dont parle 
l'auteur do 1'article. Mais, atlribuer a ces unions irregu- 
lieres les varietes oa les aberrations, serait a mon avis 
un peu hasarde. Dans un Lepidoptere, il y a trois choses 
capitales : la forme, le dessin et la couleur. II serait natu- 
rel de pen- r que dans une aberration provenant de croi- 
semenl d especes, les trois choses devro.it etre plus ou 

moins modifiees. Or e'est incontestablement la couleur 
qui varie le plus ; jepourrais presque dire, qui varie seule. 
II est done plus rationnel de voir dans ces varietes des 
modifications locales ou accidentelles. Je m'explique : 
Dans uninteressant article nublie nar \f f.h Oh-*rt«it. a„ 










f 






x 







LE NATUKALISTE 



14: 



bulletin dela Societe entomologique de France le 22 juillet 1 II n'y a pas un grand nombre d f aberrations, Toutefois, il 



dernier, nous voyonspar exemple que V Apatara Iris prend 
au Thibet une teinte orangee. Voila, selon moi, une variele 
locale, le climat ou la nourrilure etant les causes de celte 
modification dans l'espece. 

Pourquoi des lors n'admetlrions-nous pas qu'une che- 
nilte nayant pas trouve a sa portee la plante sur laquello 
elle doit vivre, ou ayanl ete contrarh e pafle i'roid, la pluie, 
la chaleur, ne modifie pas par la meuie le papillon qui 
provient d , elle?«Remarquezqu'ici la modification porterait 



precisement sur la couleur plutot que sur le dessin, el, 
comme je le dis plus haut, c'est presque toujours sur la 
couleur que le changement se produit. 

D'aulre part l'auteur del'article cite les mots d'albinisme 
et de melanisme. Chez un grand nombre de verlebres et 
meme parmi des families d'ordre eleve, nous trouvons 
l'albinisme et le melanisme. Qu'on me permette des j M.oajaiiban, aout is85. 

exemples choisis preeiseinent parmi une classe d'animaux 



n'y a aucune ImpOssibiKte, me semble-t-il, a ce que les 
aberrations soient le resullat de croisements. fteste a 
savoir si cet accouplement hors nature ( I produclif, .le 
n'ai emtendu parler dVuicun exemple de ce genre et pour 
moi, je n'en ai observe aucun parmi les insectes, et 

raccouplerii 'it de deux especes de col rpteres constate 
par M. G; I)., et dont je connais d*ailleurs dVblres 

. tuples, ne me parait nullemenl demotttfer le fail. 

Les deveurs d'oiseaux obtiennent, on lesait, des mulets 
par le croisement de deux especes; ce fait, assez repandu 
chez les oiseaux en cage, pout il se produire chez les 
insectes? On pent lVxperimenter et pour mon compteje 



l experiinenterai. Nous pourrons ainsi, je l'espere, arrachor 

a la nature un secret nouveau. 

EtIENNE IIaHAI'Ik 



bien superieures aux Lepidopteres Tous nos musees pos- 
sedent des alouettes blanches, des buses blanches; le 
merle blanc, ce mylhe d'apres le dicton populaire, nest 
pas tres rare. J'ai vu une becasse entierement blanche. 
Or les especes blanches sont raris^imes chez les oiseaux 
et meme parmi les genres que je cite ici a dessein, il n'en 
existe aucune. Pourquoi done gas aberrations? II est bien 
evident qifelles ne viennent pas d'accouplemenls mai 
assortis. 

Comme conclusion de cette note je dirai done que selon 
moi, 1° nous devons atttibuer a des causes locales, ou 
accidenlelles, les aberrations d'especes plut6t qu'a des 
unions irregulieres ; et 2° que l'albinisme et le melanisme 
en particulier n'en proviennent point puisque nous les 
trouvons chez des etres d'ordre superieur dans des condi- 
tions oil des croisements des especes blanches ou noires 
seraient absolument impossibles. 

Je serais heureux moi-meme si cet article amenait une 
reponse, car nous traitons un des sujets les plus delicals 
et les plus curieux de Fhistoire naturelle. 



BIBLIOGIUPHIE 



Cm. Royeh 



Langres, aout I8v>. 



De V accouplement des Vanes ses (T especes differ antes 
et du resultat de cet accouplement. — Reponse a M. ( ;. D. 

« 

M. G. D. pense, contrairement a l'opinion de M. le pro- 
fesseur Blanchard, qu'ilse pourrait qu'il y ait*eu et qu'il y 
ait encore, parmi les Vonesses, des unions d'especes dif- 
ferentes. Ilexpliquerait par la, les aberrations, les cas de 
melanisme et d'albinisme. * L'existence daberrations 
variees, dit-il, donnerait un certain poids a ma reserve. » 
J'ai sous les yeux le Catalogue des Lepidopteres de France 
duregrette L. Berce : sur les dix especes du genre Vanessa 
etqu'il est inutile d'enumerer, je releve trois aberrations 
seulemenl : 

I . Levana, ab. Porima, O. 

V. Polychloros, ab. Testudo (sans nom d'auleur). 
y. lo, ab. Ioides. 0. 



Materialiper lo studio delta Fauna Tuntsina. Vll. 

Orlhopleres, par A. deBormans (10 p. avec 2 f i lt . dans le 
lexle) 

L< \nnales du Musee civique de Qiaes, sous It direc- 
tion du marquis Doria, poursuivent la publication des 
materiaux pour l'etude de la faune de Tunisia Le nou- 
veau fascicule qui vient de paraitre, oeuvre de M. de Bor- 
mans, contient les Orlhopleres; le nom de l'auteur me 
dispensant de tout eloge, je me bornerai a analyser sue- 
cinctement ce memoire. Les Orthopteres enu meres par 
M. de Bonnans, au nombre de 53 out ete recueillis, 
pour la majeure nartie, en 1881 et 1SS2 dans le nord 
de la Regence par Mine la marquise et If. le mar-* 
quis Jacques Doria ; il faut y ajouter un petit nombre 
d'especes provenanl de la campagne du culler italien le 
Violanle, sur les cotes de Tunisie, pendant les annees 
1870 et 1877; ces 53 especes se repartissent entre les 
diverses families de Tordre des Orthopteres ainsi qu'il 
suit: Forficulaires 5 especes, Blaltaires 3 especes, Man- 
tides 4 especes, Phasmides 1 espece, Acridides 25 especes, 
Locuslides5 especes, Gryllides 10 especes. M. de Bonnans 
conclut a « une tres grande analogie de faune entre le 
littoral Tunisian, la Siciled'une part eU'Algerie ueTautre; 
ainsi que le faisait presumer la position g ographique de 
ces trois regions ». En effet 38 des esj ces enumerees se 

retro u vent en Sicile, 13 en Algerie et 2 sont indiquees 
comme etrangeres a ces deux derniers pays savoir : le 
Gryllodes lateralis Sacuss .espece de la Russie meridio- 
nale et du Turkestan qiul est curieux de retrouver aux 

environs de Tunis, etle Duron ia Laurce sp. now (avec tig.) 

petit Acridien dedie a Mine la marquise Laure Dor . 
Autant qu'on peul en juger par la figure et la dejscriplioji, 
le Duronia Laura: doit elre identique nvecP/da'oba Luemsi 
(Bol. NoLenlo/ti. VI p.56). Le Stenohothrus Lucas n?rist)ut, 
espece mal connue el iniparfailcinenl decrite, a §te lobjet 












Kn se rapportant :n*e ratal -ne, Ires complel d'ailleurs, « d'une elude speciale; une figure inl« rcaico dans le texts 



144 



LE NATURALISTE 



permet de distinguer ce Sienobothrus du St. rufipes Zelt. 
avec lequel il offre de grandes affiuites. Parmi les autres 
especes interessantes reeueillies par le marquis Doria, je 
mentionnerai encore : Aphlebia Sarinuce Bol., Hierodula 
bioculata Burm., (Edipoda fuscocincta Luc, (E. Alge- 
riana Luc , Pamphagus marmoratus Barm., Euprepoc- 
nemis littoralis Ramb., Rhacocheis annulata Fieb., Tri* 
gonidium cicindeloides Ramb., Gryllus Algirias Sauss., 



umbraculata 



D r Bonnet. 



NEGROLOGIE 



Nous avons aenregistrer la mort de M. Magne, le savant 
botaniste, connu de tous les naturalistes. Ilavait ete pro- 
fesseur et directeur del'ecole veterinaire d'Alfort jusqu'en 
1870; il etait membre titulaire de l'Academie de medecine 
et de la Societe centrale d'agriculture de France. 



Le 8 aout dernier est mort a Varsovie M. Jean Wanko- 
wicz, membre de la Societe entomologique de France. II 
laisse une fort belle collection d'insectesde tousles ordres 
et particulierement de Coleopteres qu'il avait etudies 
avec ardeur. On lui doit nombre de rares especes d'in- 
sectes qu'il avait su rencontrer dans les vastes forets de 

* 

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ERRATUM 

Dans le num^ro du Naturaliste du l €r septembre, page 131, 
2 C colonne, ligae 10 en descendant, lire : Bois an nord d'Hyeres, 
au lieu de : Lieux boises k Ampu?. 



. Le gerant, Emile DEYROLLE. 



5838 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 







Ann6e. 



N 



19 



er 



Octobre 1885. i« 






JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le l cr et le 15 de chaq 



mois 



TOUT CE QUI CONCERNS 



LA REDACTION ET L'ADMNISTRATION 

Au bureau du journal 

III E DE LA MONNAIE, 23 



ABONNEMENT ANNUEL : 

Payable d'avance en ua mandat-posto a l'ordre du Directeur 



EMILE DEYHOLLE 



DIRECTEUR 



PARIS 



France et Algeria 

Pays compris dans TUnion. postale. . . . 
Tous les autre? pays 

(Affranchissement compris) 



6 fr. 

7 fr. 

8 fr. 






PAUL GROULT 

Secretaire do la R.6daotion 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Le Journal LE NATURALISTE est l'intermediaire 



ux de tous les amateurs d'histoire naturelle; il insere 



gratuitement toute demande d'echange et de renseignements scientiflques emauant de ses Abonnes. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 6 IOJJLLE T (SllilO). 

Sur Vage des eruptions pyroxeno-amph iboliques 
{Diorites et Ophites) de la sierra de Penaflor y la genese 
de tor de ces roches et sa dissemination. — Note de 

M. A. F. Nogues. 

M. Nogues tire de ses recherches et de ses observations, 
les conclusions suivantes : I. Les Diorites, Amphibolites 
de la Sierra de Penaflor out euunelongue periode d'erup- 
tion, qui a commence avant le miocene moyen, s'est con- 
tinue pendant le miocene superieur et le pliocene, et s'est 
terminee aveccelui-ci. Le miocene superieur a ete porte a 
300 metres au-dessus du Guadalquivir, et le relief de la 
Sierra a ete donne par reniplion de ces roches. — II. Des 
emanations hydro -minerales basiques ont coincide avec 



de la plaine formees paries debris de roches et minerauJt 
enlraines de la Sierra ; 6° enlin, dans les Diorites et Am- 
phibolites qui Tout amene a l'exterieur. 



• * 



Contributions a V etude de la /lore oolilh'ique de iouesl 
de la I- ranee. — Note dt M. L. Gri©. 

La flore oolithique de Warners (Sarthe) est la plus riche 
enCyc -adees, sous le rapport de la diversite et de l'origi- 
nalite des formes. II y a huit especes de Otozamites parnii 



lesquelles 



Mamei 



Crie, nouvelle; 0. Reglei 



m 



mites Maine 



• r 



Cycadites Delessei 



Sap. ; et des bulbilles fossiles, Guilliera Sar/haeeasis, 
qui servaient a la ramification des Cycadees ou a leur re- 
production, et ont du apparlenir aux Otozamites Mamer- 
iinus et 0. Reglei dont elles accompagnent les frondes 
dans les couches de Mamers. Puis des empreintes de di- 
ces eruptions ; elles ont rempli de mineraux metalliferes | vers ^fragments du Brachy'phyllum Desnoyersii Sap, 
(cuivre, nickel, fer), auriferes et de sels alcalins des cre- 
vasses persistantes. 



II L Les terres ferro-alumineuses au- 



riferes qui forment le sol des sommels et des flancs de In 
Sierra sont le resultat de la decomposition sSculaire sur 
place et desagregation superficielle des roches pyroxeno- 
amphiboliques et aussi des manifestations hydro-mine - 
rales. — iv. L'or natif ou combine en proportions variables, 
est venu au jour amene paries roches pyroxeno-amphibo- 



uchyphyllum 



mamillare 



o 



liques. 



L'or se trouve : 1° dans les amas metalliferes de 



En resume la flore en question renferme 16 especes ainsi 
reparties : Cryptogames-Fougeres, 1 espece deLomatop- 
teris; Gymnospermes-Coniferes, 1 espece de Brachy- 

■. > . * 



m 



Zamites, 9 especes Otozamites 



Cycadites, 



uozamites, 1 espece Cylindropodium, et 1 espece Guil- 



remplissage (nickel, cuivre, fer) au contact des Diorites et 
des calcaires cristallins ; 2<> dans les roches primaires en 
contact avec les meiiies roches d'epanchement ; 3° dans 
les calcaires et gres tertiaires en relation avec les Diorites 
et Amphibolites el les emanationshydro-minerales; 4° dans 
les terres rouges ferro-alumineuses ; 5° dans les alluvions 



Hera. 



* ¥ 



Structure et accroissement des fanons des Baleinop- 



teres. 



Notede M. Y. Delage. 



i ;ette etude a ete faite sur les fanons du Baleinoptera 
musculus de Langrune. Le long de chaque plateau defa- 




146 



LE NATURALISTS 






■ 



nons, 



on distingue 



de nombreux poils fins, distincts les [ augmente la solidite sans augmenterle poids, etaugmente 

le volume dans les memes conditions. Ceci permet aux 
dents des stylets d'etre assez ecartees clef bords du gor- 
geret pour ne pas le rencontrer. — B. Le stylet porte sur 
toute sa longueur une gouttiere exterieure dont la sec- 
tion est plus etroite a son entree qu'en son milieu. — G. Au 
milieu de la gorge, une baguette adherente au 2-org-eret 



uns des aulres, au nombre de quatre a six pour chaque 
rangee transverse. Ghacim d'eux e#t forme d'un tube 
corne, conique, ouvert a l'extremite et renferme un long 

■ 

bulbe implante sur la muqueuse, et chaque bulbe possede 
une arteriole, une veinule et des capillaires. Vers le mi- 
lieu, au dela du bulbe, se trouve une cavite occupee par 
une substance detritique parsemee de bulles d'air. Tels 
sont les fanons piliformes simples. Les fanons compo- 
ses, lamelliformes ou piliformes, sont des faisceaux aplatis 
ou circulaires de poils simples ayant chacnn son bulbe. 
Ces poils simples groupes sont reunis par couches de 
substance cornee, et les canaux centraux se fusionnent a 
la base en une cavite unique. Les espaces entre les fanons 
sont combles par la substance saber vide, blanche ou gris 
clair, cassante comme le liege. La muqueuse et les prolon- 
gements sont recouverts de deux ou trois assises de petites 
cellules protoplasmiques;e'estla coucJie formatrice. Dans 
chaque tube corne, ces cellules, multiplies par division, 
engendrent la substance mediillaire. Entre les fanons les 
cellules de la couche formatrice se divisent et donnent 
naissance a la substance suberoide, traversee de canaux 
verticaux partant de la muqueuse et s'ouvrant a la sur- 
face; ces derniers sont au nombre de 25 a 30 par milli- 
metre carre. La couche formatrice represente la couche 
[Agmentaire, assise profonde de la zone de Malpighi, dont 
les substances mediillaire et suberoide seraientles assises 
supt ncielles. La couche formatrice, formant de nouvelles 
assises, repousse l'ensemble de la substance suberoide et 
des fanons qui y sont implantes; mais ces derniers se de- 
chaussent a la base par une active exfoliation superficielle, 
ce qui explique leur accroissement en longueur. L'ac- 
croissemeaten epaisseur est interne et externe ; les poils 
simples d'abord tangents sont soudes par la substance 
suberoide. Au dela du point ou s'arrete le bulbe, se pro- 
duit un phenomene defoliation interieure qui amincit la 
paroi. Les couches cornees diminuent d epaisseur a partir 
dela base, et, a un moment, les poils constituants sont 
mis en liberte, et s'usant eux-memes prennent la forme 
conique. Le plateau s'accroit en largeur a l'aide de la 
couche formatrice qui prolifere, formant des cretes verti- 
cals quis'avancent dans la muqueuse ambiante, contour- 
nant les vaisseaux et se refermant en dedans d'eux, c'est 
ainsi que se torment les nouveaux bulbes vasculaires de la 
substance suberoide. II est probable que les bulbes des 
nouveaux fanons piliformes simples se torment de meme, 
et ces derniers augmentent sans cesse de nombre en de- 
dans, tandis que les plus anciens repousses en dehors, se 
groupent pour former les fanons composes et que ceux ci 



se soudent pour augmenter la largeur des fanons lamel- 
liformes deja formes. 






Sur la structure et le mouvement des stylets dans 
Vaiguillon de VAbeille. — Note de M. G. Carlet. 

Au moyen de coupes minces transversales de l'aiguillon, 
M. Carlet a constate les fails suivants. A. Le stylet est 






forme une sorte de rail qui constitue avec la gorge un 
mouvement de coulisse empechant tout deraillement du 
stylet. — D. Le gorgeret est creux; sa section forme un 
triangle dont la base forme avec les deux stylets un es- 
pace prismatique triangulaire ou le venin est deverse et 
d'ou il sort par la fente tres etroite qui separe les deux 
stylets. 



* * 



m 



Note de XL Koubassoff. 

Voici les conclusions du travail de M. Koubassoff : 1° les 
bacilles du charbon passent toujour s de la mere au foatus. 
54° Plus longue est la duree du temps qui s'ecoule entre 
1'inoculation de la femelle pleine et sa mort, plus sont 
nombreux les microbes dans les fetus. 3° 11 passe tou- 
jours plus de bacilles mrulents du charbon que de ba- 
cilles du virus altenue. 4° L'etat pathologique des mem- 
branes, du placenta et du foetus (sa mort aussi) empeche le 
passage des bacilles de la more au foetus. 5* L'inoculation 
des femelles pleincs par un vaccin trop fort cause presque 
toujour? la mort des foetus. 0° L'inoculation de la culture 
virulente a une femelle pleine, qui etait deja vaccinee, 
tue presque les foetus ; ceux qui parviennent a survivre 
meurent apres l'inoculation de la culture virulente ; en 
d'autres termes, les foetus ne sont pas vaccines suffisam- 
ment par la mere. 




SIT, I.ES 



ARE N ARIA GOTHIC A (Fries) ARE X ARIA CIL1ATA (L.) 

DE LA CHAIXE JURASSIQUE 

Les botanistes, lecleurs de ce Journal, ont pu voir dans 
lenumero du V septembre, ou avant-dernier numero, 
que l'auteur des Suites a la Flore de France, M. G. Ilouy, 
admet et decrit comme nouveau pour la flore franchise, 
YAreyiarlagothica, de Fries. 

Je leur demande la permission de venir aujourd'hui 
leur faire part de mes doutes, quant a la legitimile de celte 
admission, et de leur presenter quelques observations 



enm 



'Arena 



ma 



connaissance assez complete dela flore jurassique et mes 
observations personnelles m'au >risent suffisamment a 
traiter cette question. 

M. G. Rouy (1), je dois d'abord le faire remarquer, n'in- 



*» 



*.. 



' ■ ■ 



ti Suites a la Flore de France de Grenier et Godron ; le Natura- 



creuse dans toute sa longueur d'un canal central, ce qui J liste, u« n (i« septembre lass), p. u 
















LE N'ATURALISTE 



147 




dique YArenaria gothica (Fries) sur territoire francais, 
qu'au Reculet et au Colombier de Gex (departement de 
1'Ain), d'apres les assertions deGrenior, de plus,l'absence 
de tout signe particulier nous montre quit ne possede 
pas en herbier d'echantillons provenant des deux localites 
qu'il cite. 

Ceci pose, nous avons deux moyens de nous rendre 
compte de Fexactitude ou de Finexaclitude des indica- 
tions qui precedent : 1° voir quelle valeur il convienl d'at- 
tacher aux assertions de Grenier ; 2° si la plante qui croil 
dans les localites ei-dessus designees est veritablement 
YArenaria gothica (Fries). 

Pour etre edifies sur ce premier point, il nous suffit de 
jeter un coup d'ceil sur les ecrits de Grenier qui ont trait 
a notre Arenaria, pour nous convaincre rapidement qu'il 
a toujours ete dans le doute. Pour nous bien convaincre, 
passons ces ecrits en revue. 

En 1848, dans sa Flore de France, en collaboration 
avec Godron ; Grenier, apres avoir decrit (loo. cit. t. I, 
p. 259) YArenaria ciliata (L.) qu'il indique sur <c les 

plus Hants sommets du Jura, le Reculet », signale et 
decrit une variete Z?.? fugax, qui d'apres La description et 



la localite citee n'est pas autre chose que la plante qu'il 
devait rapporter plus tard a YArenaria gotliica de Fries. 
Getle variete B., que Gay avait precedemment baptisee 



dans son herbier du nom specifique d? Arenaria fagax 
(Gay), porte Findication de localite suivante : « B. bords 
du Lac deJoux, etc. ». 

Dans cette citation, trois choses sont a remarquer : 
d'abord Findication sur les sommets du Jura, au Reculet 
en particulier, de YArenaria ciliata (L.), ensuite le si- 
gnificatif? qui accompagne la variete B. fagax, enfin la 
localite meme attribute a cette variete, qui n'est pas sur 
territoire francais, mais appartient au canton de Valid 
{Suisse). Cette citation montre trop clairement quels 
elaient les doutes de Grenier lors de la publication de sa 
Flore de France, pour qu'il soil necessaire de la corn- 
men ter. 

Passons maintenant a six Flore de la chaiae jurassique, 
ouvrage beaucoup plus recent et plus specialement con- 
sacre a la vegetation de la region qui est actuellement le 
theatre de notre discussion, et dont la premiere partie, qui 
contient les Caryophyllecs, a paru en 1865, c'est-a-dire 
dix-sept ans apres la Flore de France. Ouvrant la Flore 
jurassique a la page 122, nous voyons que Grenier decrit 



YArenaria ciliata (L.), qu'il signale comme rare dans le 
Jura et seu lament, au Colombier de Gex, au Reculet et 
sur les bords du lac de Joux ; puis nous lisons l'obser- 
vation suivante : c La plante des bords du lac de Joux 
me seinble tres voisine de YA. gothica (Fries), si ce 
n'est ellejmais il est difficile, dans les especes mis si 
voisines, de trancher semblable question sur quelques 
exemplaires desseches. » 



Cette 



que la premiere, 



nous montre qu'apres dix-sept annees, Grenier n'est pas 
plus renseigne^sur la plante du lac de Joux qu'il l'etait a 
la date de la publication de sa Flore de France, avec 
cette legere difference toutefois, qu'il pressentle vrainom 



a attribuer a cette plante, et ne parte plus de sa variete 
fug ax de la Flore de France. 

Ici, je dois faire observer que M. Rouy, dans la syno- 
m mie qu'il donne a YA. gothica (Fries), (lit : t Arenaria 
ciliata, Grenier, Flore jurassique, non L. » Ce [qui n'est 
pas d'une rigoureuse exactitude, puisque la description 
de Y Arenaria ciliata (L.) faite par Grenier a la page Yil 
de sa Flore jurassique, s'applique indubitable went iti 
veritable Arenaria ciliata (L.) qui est bien une plante 
jurassique, quoi qu'on en ait (lit, el non a YArenaria go- 
thica de Fries. 

Arrivons a L v 9: nous trouvons dans le Compte rendu 
de la session extraordinaire de la Society botanique de 
France, tenue a Pontarlier en juillet de cette annee, des 

Notes critiques sur quelques plantes jurassiqu6s (loc. 
cit. p. LX), redigees par Ch. Grenier, et dans lesquelles 
figure YArenaria gothica (Fries); 1'auteur insiste sur des 
caracteres qui distinguent cet Arenaria dei'^4. ciliata (L.), 
sur la confusion qui a du exister entre eux, sur la proba- 
bility enfin de la presence de YA. gothica (Fries) dans les 
Alpes dauphinoises et les Pyrenees, etc. Ce qui me parait 
assez bizarre, c'est ce que Grenier dit en commencant son 
article sur la plante en question. « Voila une des raretes 
de notre flore jurassique, une espece nouvelle pour la 

/fore de France » Quelles preuves avait-il done en 

mains pour se hasarder a une telle affirmation? 11 n'a 
cite jusqu'ici pour YA. gothica (Fries) que des localites 
situees sur territoire Suisse ! Mais quoiqu'il n'a it encore 
point fait d'aveux, il est facile de deviner que pour lui 
toutes les stations jurassiqaes franchises oil l'on a signale 
YA. ciliata (L.) doivent etre attributes a YA* gothica 
(Fries). Pure supposition, dont 1'avenir devait demontrer 
le peu de fondement ! 

Ce qui ressort nettement du troisieme examen auquel 
nous venons de nous livrer, c'est que pour Grenier, YAre- 
naria des bords du lac de Joux est bien, comme il le 
prevoyait, Y A. gothica (Fries) comme Fadmettent aujour- 
d'hui toys les botanistes. 



Nous voici au 



nos 



sommes 

a Revue 



laquelle 



crit longuement YArenaria gothica Fries, qu'il indique 
sur les c bords du lac de Joux, du cote oppose et vis-a- 
< vis le point ou Feau s'engouffre;.le Reculet et proba- 



« blement 



ou l'on a si- 



« gnale I A. ciliata (L.) qui alors seront etrangeres au 
Jura. » A la meme page, a A. iata (L.) nous lisons 
cette unique phrase : « Supprimez la localite du lac de 
Joux ». 

Ce sont la, a ma connaissance, les dernieres lignes qui 
dent ete publiees par Grenier, sur la question qui nous 
occupe. 



Cette citation nous montre que si Grenie 



de 



nier lieu definitivement fixe sur la plante du lac de Joux 
il etait bien loin de l'etre sur celle des pelouses rocailleuses 
des hautes sommites de la chaine du Calanmer, qui de 
tout temps avait ete pris par les aufceurs pour le veritable 
Armaria ciliata (L.) et dont la'jpresence sur ces mnn- 













4 



148 



LE NATURALISTE 



tagnes est resteepar la suite et jusqu'a ce jour tres proble- * J'ai deja explore une grande parlie de la chaine juras- 






I 



matique. Cette incerlilude doit, comme on va bientot le 
voir, devenir maintenant une certitude. 

Ces doutes de Grenier, surl'existence del' A. ciliata (L.) 
dans Ies montsJura sont pour nous une preuve que cet 
auteur avait fait bien peu de recherches dans ces mon- 
tagnes, et qu'il devait n'avoir dans son herbier que des 
echantillons bien mauvais et bien incomplete de notre 
Arenaria; je dirai plus, qu'il ne l'avait peut-etre jamais 
recolte : car, pour arriver a mettre en doute Fexistence de 
cette espece dans le Jura, il fallait qu'il n'en eut point 
d'echanlillons aulhentiques, et qu'il nel'eut jamais arra- 
chee de ses mains. Si Grenier avait arraehe de ses mains 
YArenaria du Colombier de Gex, a souche vivace et 
lignifiee, il ne lui serait jamais venu a Fesprit de douter 
qu'elle fut autre chose que YA. ciliata (L.) 

Bref, comme conclusion du premier examen que nous 
nous etions proposes de [aire et que nous venous d'ache- 
ver, nous pouvons dire que les assertions de Grenier, au 
sujet de YArenaria des sommites du Colombier et duRe- 
culet, ne meritent aucun credit; et comme seconde con- 
clusion, que c'est en sebasant, uniquement, croyons-nous, 
surges assertions beaucoup trop incertaines pourmeriter 
credit, que notre savant collegue, IL G. Rouy, presse pro- 
bablement d'enrichir notre flore d'une nouvelle rarete, 
partageant sans doute la maniere de voir de Grenier qui 
pensait que les localites jurassiques assignees a YA. ci- 
liata (L.) devaient toutes etre attributes a YA. gothica 
(Fries), s'est empresse de faire figurer ce dernier Arena- 
ria, dans son interessant travail, en Findiquant sur terri- 
toire francais, dans des localites ou croit le veritable 
Arenaria ciliata (L.) et ou Ton chercherait vainement, 
pensons-nous, YArenaria gothica (Fries). 

J'ai dit en debutant que Fun des deux moyens de se 
rendre compte de Fexactitude des assertions de Fauteur 
des Suites, etait de voir si YArenaria qui vit sur le haut 
Jura meridional, sur le Colombier de Gex et le Recalet 
doit etre rapporte a YA. gothica (Fries), comme Fa sup- 
pose Grenier et comme le dit M. Rouy, ou bien a YA. ci- 
liata (L.), comme Font fait presque tous les auteurs qui 
se sont occupes de la flore de cette region. Or, je puis 
affirmer, pieces justificatives en mains, que YArenaria 
des localites ci-dessus designees est indubitablement 
YArenaria ciliata (L. et auct.) ! 

Tous les botanistes admettent que le caractere distinctif 
le plus saillant et le plus important des Arenaria go- 
thica (Fries) et ciliata (h.) est offert par la souche, qui, 
annuelle ou au plus bisannuelle chez la premiere, est 
vivace on tres perennanie chez la seconde. Les nombreux 
et beaux echantillons que j'ai recoltes sur le haut Jura 
meridional, ne permettent pas la plus petite hesitation, 
ils appartiennent a une plante vivace qui ne peut etre 
rapportee qu'a YArenaria ciliata de Linne et des au- 
teurs (1)! 









(1) J'ai" actuellement dans mes cultures un beau et vigoureux sujet 

YArenaria ciliata (L), que j'ai rapports en 1884 du somrnet du Co- 
lomhier de Gex, ou je Pai recolte le 30 juillet; ce sujet, inalgre des 



sique, notamment, a deux reprises d'abord en juillet 1883, 
puis en juillet 1884, la haute arete qui s'etend depuis le 
Col de la Faucille jusqu'au Recalet, c'est- a-dire ce que je 
nomine la chaine du Colombier, la pretendue patrie de 
YA. gothica (Fries), et je n'ai jamais vu sur ces sommites, 
en fait & Arenaria, que YA. ciliata (L.) qui, je dois le 
dire, est loin d'y etre coinmun, si ce n'est sur le dome 
gazonne et pierreux qui constitue le plus haut somrnet 
(alt. 1 689 metres) du Colombier proprement dit ; la il est 
assez abondant, et vit en compagnie des ; Oxytropis 
montana (Dc), Allium fallax (Don.), Alsine Bauhino- 
rum (Gay), Gypsophila repens (L.), etc... Quant a 
Y A. gothica (Fries) je n'en ai jamais vu trace dans ces 
localites. 

Comme garantie de Fexactitude de mes determinations 
et de mes assertions, je crois devoir prendre la liberte de 
citer ici un passage d'une lettre que m'ecrivait mon excel- 
lent collegue et ami, M. le D r X. Gillot, le savant botaniste 
d'Autun, en date du 12septembre 1883, en reponse a des 
observations que je lui avais adressees au sujet des Are- 
naria ciliata (L.) et Gothica (Fries). 

« Ce que vousme dites de YA. gothica (Fries) m'a beau- 
coup interesse. Je possede le veritable A. gothica (Fries) 
de Suede, il serait done facile de le comparer a la plante 
du Jura, malheureusement cette derniere me manque. Je 
n'ai en herbier qu'un specimen d'A. ciliata (L.), recolte 
par M. A. Deseglise au Colombier de Gex, c'est probable- 
ment, surement meme, la plante que vous avez recolloe. 
J'ai en meme temps le veritable Arenaria ciliata (L.) du 
Dauphine, et je puis vous affirmer que la plante du Co- 
lombier, identique a celle des Alpes, nest pas YArenaria 
gothica (Fries) de Suede! II serait des plus interessants de 
rechercher celle-ciauxbords des lacs du Jura ; cependant, 
il y a entre les A. ciliata (L.) et Gothica (Fries) un rapport 
des plus 6troils ; la grande difference reside dans le sys- 
teme vegetatif; je sais bien que c'est un point capital, 
mais on voitdesplantes ordinairement annuelles ou bisan- 
nuelles devenir souvent pseudo-vivaces ou plurannuelles- 
perennantes. Bien que Fries ail affirme que les deux 
especes cultivees a cote Fune de l'autre, ne pouvaient pas 
etre confondues, n'y aurait-il pas dans le Jura une seule 
et meme espece, qui pseudo-vivace ou gazonnante sur les 
sommets, serait seulement annuelle ou bisannuelle sur 
les greves sablonneuses des lacs ? C'est matiere a de nou- 
velles recherches. » Ces recherches, j'espere bientOt les 
enlreprendre, mais en attendant qu'elies me fixent sur la 
valeur specifiquede Y A. gothica (Fries) je suis tres dis- 
pose a partager les suppositions de mon erudit collegue 
M. Gillot. 

II n'y a done plus lieu de mettre en doute l'exis'ence sur 
le Jura, de VA. ciliata (L.), comme il etait d'usage de le 
faire jusqu'a ce jour, et comme Fa encore fait M. Nyman, 



flo 



pla- 




conditions biologiques plutut favorablea k motiver une diminution 
dans la dureo desa periocie vegetative, qu'a en engendrer Fextension, 
so comporte comme une plante franchemenl vivace. 



LE NATURALISTE 



no 






i 



cant un ? apres Findiealion : Jura, il convient de rempla- 
cer le doule par la certitude. 

En resume de loutce qui precede, etd'accord je Fespere 
avec tousles botanisles mes collegues, quiont bien voulu 
me preter jusqu'ici leur attention, je me crois autorise a 
tirer les dernieres conclusions suivantes : 

1° La settle sta lion jurassique verilablement authent ique 
(ou du moins admise corame telle par tous les botanisles) 
qui puisse etre actuellement attribute a YArenaria go- 
thica (Fries ) est cel'e signalee par Grenier, sur les bonis 
du lac de Joux (canton de Vaud, Suisse.) 

2° Toules les autres stations jurassiques attributes a 

YArenaria gothica (Fries) sont Ires douteuses, parlicu- 
lierement celles du Colombierde Gex et du Recalel, oil 
YArenaria ciliata (L.) parait exister seul. 
3° VArenaria ciliata (L.), considere comme douleux 



Les Soles s'enfoncent volontiers dans le sable, surlout 
pendant Fhiver,ee qui fait dire qu'elies redo u lent le (void : 
celles que Ton pecheaux haimsdu mois de fevrierau com- 
mencement dejuillet sont pr^ferees a celles que Fonprend 

avec des filets irainanls sur les funds; dans les endroits 
vaseux les Soles ont un eoul detestable. 



La fern el le de ce poisson pond en repandanl sur le 

sable :;00 000 oeufs a la fois. 

Les parages d'Orylana, de Saint-Antioche, d <* sardaigne 
fournissent de grandes quantites de Soles, on en trouve 

egalement dans la Baltique, Focean Atlantique, Focean 

Indien, et meme quelquefois dans les rivieres, ol Noel de 
la Moriciere raconte en avoir p«Vhe en Seine, aupres de 
Tuncarville, et jusque dans le lac de Tot. 

Socrate pretendait que la cuisine est un procede ; les 
gourmands en font un art; le philosophe de Fernay, 

pour la flore jurassique, lui appariienl indubitablement . I Voltaire, disait que, quant a lui, peu lui importait qu'elle 
4° VArenaria gothica (Fries) doit jusqu'a nouvel ordre lui art ou procede pourvu qu'elle tut bonne. Les Anglais 

etre exclu de la Flore de V~" - "^nn iin \mm r I ne sont pas de cot avis, car ils eeorchent ce poisson avant 

de le faire cuire, tandis que nous, nous lui laissons la 
peau, ce qui pn uve qu'ils n'ont pas tout a fait le sentiment 



Dijon, 20 septembre 1885. 



P. A. Gentv 



membre de la Socirte botanique de France, etc. (j es bonnes choses. 



LA 



SO L E 



La chair de la Sole est bonae et delicate, ferine, friable, 
tendre et d'un gout excellent; elle convient aux convales- 
cents et se mange aceommodee d'un grand nombre de 



• * 



manieres. 



La Sole {Plearonecles Solea) est ainsi nominee k cause 



Lacepede pretendait que la chair de ce poisson acque- 



de sa forme plate, qui la fait ressembler a une semelle. rait de la valeur a etre un pen conservee et que son gout 
On lui donnait autrefois le nom de Linguata parce qu'on en etait plus fin ; et c'est sans doute pour cela que ce 
lui trouvait la forme d'unelangue; dansquelques pays on poisson est repute meilleur a Paris qu'au Havre, 



la nomine Perdrix de mer, Sole contournee, etc. C'est un 



Payen el Wood ont analyse la chair de beaucoup 



poisson du groupe des Malacopterygiens subbrachidiens, de poissons pour en etablir la comparaison avec celle de 

de Fordre des Squamodermes, famille des Pleuronectes. boucherie ; apres avoir constate que les dechets, c'est -a- 

On le trouve dans la Mediterranee, dans FOcean et sur les dire les tetes, nageoires, queues et aretes dans la plupart 

cotes de France; ilest plus ou moins gros selon le milieu des poissons, tels que Congres, Morues, Saumons, Soles, 

dans lequel on le trouve ; on en peche dans les regions Harengs, Ablettes et Goujons, etc., presentent des pro- 



septentrionales qui pesent jusqu'a trois kilogrammes. 



portions inferieures a celle des os de la viande de bou- 



La Sole est plus longue et plus etroite qu'aucun autre cherie, c'est-a-dire moins dun cinquierae, ils ontetabli 

poisson de la meme famille, sa iargeur n'etant que le que des proportions egales de viande de boucherie et de 

tiers de sa longueur totale; le dessus de son corps est chair de poisson sont egales en valeur alimenlaire, plas- 

cendre noiratre ou brun et le dessous blanc; les individus tique et reparatoire, que Fune et Fautre peuvent etre 

qui ont le dessous du corps blanc et le dessus brun mangees dans des conditions identiques. 

prennent dans certaineslocalites lenomde Soles contour- Les hygienistes de Fantiquite, Hippocrateenparticulier, 

nee$;le$ Soles doubles sont brunes sur tout le corps, sont d'accord avec les hygienistes denos jours pour signa- 

Toutes ont la peau couverte de petites ecailles disposces ler les qualiles salubres du poisson, ils reconnaissent que 

de maniere a rendre le corps rude au toucher lorsqu'on sa digestion est facile, qu'il convient aux personnes faibles, 

y passe la main en allant de la queue vers la tete; les sedentaires, aux convalescents et aux vieillards; il con- 

lignes laterales sont etroiles, au milieu des coles; le des- tient une grande quantile de phosphore a Fetat de combi- 
sous de la tele est garni en quelque sorte de pelits | naison: on sait que ce metalloide se rencontre dans tous 
barbillons se prolongeant jusqiFa Fouverlure buccale. 
Elles ont les deux yeux situes au-dessus de la partie 
gauche de la tele; les prunelles sont petites et d'un vert 
brillant, la nageoire dorsale commence au dela des yeux, 
et s'etend jusqu'a celle de la queue; elle est formee de 



les tissus des etres organises qui sont forts et vigoureux. 
Les proprieles phosphorescentes de Feau de la mer ont 
occupe les philosophes de Fantiquite, ils en ignoraient la 
cause ; ne connaissant pas le microscope ils ne pouvaient 
decouvrir qu'elle etait due a des infusoires; ils donnaient 
quatre-vingt-onze rayons; les pectorales en ont chacune I la meme cause a cette phosphorescence qui se produit 
neuf et Fabdominale six. Les membranes des nageoires chez les poissons en voiede decomposition chez la sole en 

particulier. 

Galien avail raison lorsqu'il ecrivait a un ami : « Ne man- 



de la Sole sont inouchelees dans les inlervalles des rayons; 
la nageoire de la queue affecte une forme demi-circulaire. 



■—■■■». 



i **■ 



^n 



150 



LE NATURALISTE 






gez jamais lea poissons qu'on peche au-dessous des villes, » 
ce naturaliste avait raison. Lorsqu'un Parisien mange une 
friture prise au pont de la Concorde, il doit dire : Alea 
jacta est; serai- je ou ne serai-je pap. malade? car les gou- 
jons ont mange une infinite de substances de mauvaise 
nature cliarriees par les egouts. II en est de nieme pour 
lepoisson de mer peche a l'embouchure des fleuves ; le 
poi.sson pris a plusieurs kilometres loin de rembouchure 
est toujours plus estime. 

Collin son a ecrit qu'on avait trouve dans des Soles des 
coquillages entiers et en voie de dissolution; ce fait est 
assez curieux car leur nourriture ordinaire se compose de 
petits poissons, de leurs oeufs ou de leur frai. 

Stanislas Martin. 



LES PARASITES EXTERIEURS DE L'flOMME 

(2* partie) 

Sous ce titre et a cette meme place (1) nous avons 
passe en revue deja les parasites exterieurs de l'liomme, 
en ne considerant que les parasites animaux; nous nous 
proposons dans le present article de traiter rapidement 
des parasites vegetaux qui croissent sur l'liomme, afin de 
completer cette liistoire des organismes qui s'attaquent a 
rhomme sur la partie exterieure du corps. 

Tous les vegetaux qui vivent sur rhomme sont des 
plantes cellulaires; elles sont fort petites, il est vrai, mais 
Fexiguite de leur taille est largement compensee par le 
grand nombre des individus; aussi causent-ils de grands 
dommages chez les *personnes auxquelles ils s'attaquent. 
Dans remuneration de ces quelques vegetaux nous sui- 
vrons Tordre de classification botanique generalement 
adopte. Ces plantes parasites sont comprises dans six 
genres : 1° Puccinia ; 2°Mucor ; 3° Aspergillus ; 4° Acho- 
rion : 5° Microsporon ; 0° Trichophyton. 

Puceinie, Puccinia. — Ce Champignon fait partie de 
la famiile des Coniopsides ; 1'espece qui nous interesse ret 
la Puceinie du favus, Puccinia favi, decouverte en 1831 
par MM. Boeck et Ardsten. Cette plante est generalement 
d'un brun rouge tres accentue ; elle est de forme allongee. 
Deux parlies principales sont a considererdans la plante : 
la tige et le corps, qui sernblent etre unis par une articu- 
lation et limites par un etranglement ; le corps meme est 
frequemment divise en deux ou trois loges ou cellules. La 
tige est le plus souvent grele el eourte; elle manque rare- 
ment; elle parait droite et peu courbee. Le corps est plus 
long que la tige et trois ou quatre fois plus large qu'elle ; il 



soit granuleux. La paroi cellulaire est claire, son epaisseur 
varie de n \00008, a m ,00010, d'apres Ardsten. La tige 
est tres variable en longueur et en diarnetre, aussi en 
longueur elle pent varierde 0™, 00032, a m , 00160, en gros- 
seur de m ,00015, a m ,00030 (Rob.). 

Le Puccinia favi, que nous venons de decrire, est un 
parasite du favus; mais il n'est pas la cause principale de 



Mu 



;ette affection, qui est determinee surtout piwYAchorion 
Schoenleinii, dont nous parlerons plus loin. La Puceinie 
du favus se developpe parfois en quantite considerable, elle 
a ete observee soit sur les grandes croutes produites par 
rAchorion, soit sur les petites squames epidermiques, 
fines, blanchatres, et e'est sur ces demieres qu'elle a ete le 
plus freqpiemment rencontree. On ne sait si la Puceinie 
est situee sur la face interne ou externe de la squame ; 
Ardsten croit qu'elle se trouve au milieu, car il l'a 
observee souvent par transparence. La Puceinie se presente 
tres souvent dans le favus; mais non toujours; car on a 
observe des individus attaques par YAchorion et qui ne 
presentaient pas de traces de Puccinia. 

L'espece qui nous occupe 
est un Champignon de la famiile des Mucorinees, la moisis- 
surevulgaire, M ucormucedo . Lethallede celte moisissure 
est forme d'une grancle cellule tubuleuse a nombreux 
noyaux et ramifies un grand nombre de fois; les branches 
principales du thalie portent sur leurs flancs et de chaque 
c6te des rameaux courts, divises en un pinceau de ramus- 
cules : ce sont les organes d'absorption et de fixntion du 
thalie. Les spores, destinees a multiplier la phmte, se 
foment a l'interieur d'une cellule mere ou sporange ; le 
sporange de M. Mucedo est le plus souvent spherique. 
L'oeuf se forme par la conjugaison de deux rameaux ; les 
deux rameaux renfies a leur extremite vont l'un vers l'aulre 
partant de directions opposees. Celle moisissure a ele plu- 
sieurs fois observee chez rhomme, notamment sur des 
parties atteinles do gangrene senile. Horn cite un 
vieillard egalement atteint de gangrene senile, et dont la 
jambe, devenue noire, se couvrit de moisissures deux 
jours avant la mort. 



AspercjiHe, Aspergillus. 



Uaspergillus auri- 



cularis (?), le Champignon du conduit auditif externe, 
fait partie de la famiile des Perisporiacees, dont le thalie 
est compose de filaments rameux ou cloisonnes. Les 
pergiUas se developpent generalement dans les ma- 
tieres organiques en voie de decomposition. L'appareil 
conidifere se compose de filaments fibres, dresses sur le 
lhalle, et sur lesquelles les conidies sont diversement dis- 
est ordmairement partage en deux cellules dont 1'inferieure | posees; les filaments des Aspergillus ne sont pas cloi- 

,.._. ^ .. ,_ ^ j ,_ sonnes et ils se renflent en teteausommet; cette tetebour- 

geonne et se couvre de rameaux courts termines chacun 
par un chapelet de conidies. Cette plante a ete observee 
dans le conduit auditif d'une jeune fille de huit ans (Rob.), 



est ia plus petite; du reste, la forme de ces loges est assez 
variable. Lecontenu des cellules parait quelquefois homo- 
gene et quelquefois granuleux ou spongieux. Ces deux 
aspects ne se presentent que suivant la grandeur des cellules 



ou des gouttes du contenu ; les granulations plus grandes alteinte d'ecouiement scrofuleux de l'oreille exterieure- 
des cellules ne sont aulres que des gouttes plus volumi- Pacini a egalement constate la presence de ce vegetal chez 
neuses ; a I'examen microscopiqiie b meme contenu pent, ( un jeune nomine de quatorze ans. II est Ires probable que le 



suivant les degres d'eclairage, paraitre soit homogene, 



rn on 



iste, numero du IS noirembre 1884 et suivants. 



lion; son developpement doit etre consecutif a la maladie. 
AchoHon, Achorlon. — L'Achorion de Schcenlein, 















II 



{Achorion Schcenleini) est le vegetal parasite qui occa- 
sionne la teigne faveuse ; cette maladie a ete decouverte, 
en 1839, par Shoenlein. C'est surtout surla peau de la tele, 
nccidentellement sur toute autre partie du corps, que 
ce champignon a ete rencontre; on peut le Irouvcr 
sur deux points : le follicule pileux ou les depres- 
sions de la surface de la peau. Le vegetal, reuni en 
aroas, represente de petites croutes seches, deprimees, 
de couleur jaune soufre pale, exlialant une odeur sui 
veneris; ces masses form en t ce qu'on appelle legodel ou 
favus. L'appareil vegetatif du cliampignon, ou mycelium, 
consistc en une reunion de lubes cylindriques simples ou 
ramifies ; cet appareil reside surtout sur 1'enveloppe des 
favus. Le receptacle, qui supporle les organes reprodue- 
teurs, est aussi un assemblage de tubes ; les spores sont 
reunis en chapelets ou lib res et variant beaucoup de 
forme. Comme nous le dis'ons plus haul, ce parasite est 
sou vent accompagne dans celte affection de la Puccinia 
favi ; mais cet Achorion seul est le parasite de la leigne 
faveuse. 

Microsnoron. Miei*osnni*f» 



Trois especes, vivant 



M. Audouini: 2° M 



grophytes ; 3° M. furfur. 

1° Le Microscopore d'Andouin {Microsporon Audouini), 
ha bite la surface des cheveux de l'liomme en dehors du 
follicule, depuis le niveau de la peau jasqu'a une hauteur 
de 1 a 3 millimetres au-dessus de sa surface (Hob.). Ce 
vegetal se compose de filaments et de spores, les filaments 
sont <£spf©s s parallelement aux slries des cheveux. Les 
spores sont rondes ou ovales, leur diametre fans de 
1 a 5 milliemes de millimetres. Ce parasite occasionne la 
maladie appelee Teigne de"calvante-, ii se developpe avec 
une extreme rapidile. Cette maladie debule en general 
par le cuir chevelu; elle peut nnsuite gagner les sourcils, 
la barbe, et successivement les poils des diverses parties 
du corps (Baz.). Ce champignon a ete souvent confondu 
avec le parasite de la leigne lonsurante; ilen differe sur- 
tout par l'habitat car ce dernier nait et se developpe 
dans la racine des cheveux (Rob.). 

2° Le microspore de la mentagre {microsporon menta- 
grophijtes) differe de I'esptjce precedente par des spores 
plus grosses et de filaments plus grands. 11 en differe 
aussi par le siege : il est situe dans la profondeur du 
follicule pileux jusqu'a la racine du poil, entre lui et la 
paroi du follicule (Rob.). Ce parasite, assez rare, donne 



maladie nominee la teigne lonsurante. Cette maladie est 
une affection contagieuse du sysleme pileux caracterisee 
par la decoloration des poils. l'alleration de leurs qualites 
physiques, qui les rend fragiles et sus.-eplibles de w 
casser a quelques lignes deleur insertion surla peau; par 
l'el.il chagrine, bleuatre, herisse des follicules ]>i!oux, et 

aussi par des squames bleua Ires, minces,fonnant de petites 
gaines a la base des poils (Baz.). 

1'jul Groilt. 



VARIETIES 



D'ou proviennent les varicics et les aberrations* 

J'ai dit, dans le Naluraliste du 15 septembre, qu'il me 

emblait possible que les aberrations de Lepidopteres pro- 

viussent du croisement d'especes difterentes. Dans le 

menie numero M. Ch. Hoyer eniel une opinion opposee et 



eponse. Q 



ma pensee. 



M. Rover conclut ainsi : « 1° Xous devons attribuer a 
« des causes locales ou accidentelles les aberrations d'es- 
« peces, plutut qu'a des unions irregulieres. » Sebui moi, 
ce sont les varieles et non les aberrations qu Ton doit 
attribuer a ces c; 



uses 



temperature, nourrilure(l). Les aberration! sent ties ano- 
malies, des cas teratologiques ; otk?s peuvent pruvenir 
d'accouplements reguliers, ralbinismo et le melanisnie 
de certains individus sont dans ce cas, mais elles peuvent 
aussi provenir d'unions irregulieres et je pense, avec 
M. G. D., que la forme de 1'insecte aberratif tralnt l'un des 
conjoints, ledessinou la couleur 1'autre (2). Les trois choses 
capilales dont parle M. Rover seraient done 







retimes. 

« - 



« nisme el le melanisme en parliculier ne proviennent pas 
« d'accouplements mal assortis, puisque nous les trou- 
« vons chez des etres d'ordre superieur dans des condi- 
« tions oil des croisements 9*especes blanches ou noires 
« seraient absolument impossibles, » j'y ai deja repondu. 
Sur ce point je suis d'accord avec M. Hoyer, mais je lui ferai 
remarquerque chez les oiseaux on obtient faeilement des 
aberrations par des croisements d'especes; l'accouple- 
ment d'un [chardonneret {Fringilla carduelis) * avec un 
serin (F. Canaria), $ (c'est l'exemple le plus commun) 
donne des resullats. Ces metis ne peuvent se reproduire ; 



mentagre. les aberrations d'insectes doivent etre dans le raeme cas 



On peut d'ailleurs, faire accoupler deux especes voisines • 



si ce croisement, — chose possible 



est produolif, on 



sera fixe sur ce point qui est en effet des plus curieux et 
des plus delicats. 



1 88.*; 



: Le Microspore pellicule (Microsporon / r ur fur) occa- 
sionne Taflfection dite Pityriasis discolor. Ce vegetal est 
forme de cellules allongees ou ramifiees et de spores 
reunies en groupes ayant quelques centiemes de milli- | 
metres de diametre. Ce parasite determine des taches 
pulverulentes de grandeurs diverses sur la peau de la 

poitrine et du venire. (i) Dup onchel et Genee, dans leur histoire naturclle des Wpidop- 

Trichophyton, Trichophyte. — Le Trichophyle teres (suites a Button) disent qu'en nourrissant une chenille de Chelo* 

tonsurant {Trichophyton tonsurans), est un vegetal uni- \ nhl P udica avec du genst, on peut obtenir une variete aux aUes bleu 
quement forme de spores rondes ou ovales; ces spores 



Etienxe 



apparaissent dans l'interieur de la racine des cheveux sous 
forme d'un amas arrondi. Ce parasite occasionne la 



fonc< 



[i) II est bien entendu qu'il ne s'agit ici que de la forme des ailes, 
car il est peu probable que le croisement ait lieu entre deux expect 
de genre different. 












..-. .. 






CHRONIQUE ET NOUVELLES 

A Monsieur E. Deyrolle, directeur du Naturaliste 

Dans un article publie dans Je dernier numero du Natu- 
raliste sous ie tilre : « Arcachon, son musee, son aqua- 
rium. » M. Alb. Granger dit : « 11 faut citer en premiere 
t ligne la piece principale et la plus rare, c'est un crane 
c de Cetace, le Zypliius Cavirostris (Cuvier), espece ra- 
c rissime sur les cotes de France, car on n'en connait que 
t deux ex?mplaires: une tete trouvee en 1804 sur la plage 
€ du Fos (Bouches-du-Rhone) (cetle piece est au Museum 
c de Paris et a servi a Cuvier a etablir le genre {Zypliius) 
« et le crane du Musee d'Arcachon. i 
- Permettez-moi de citer un troisieme Musee possedant 
des resles de Zyphius Cavirostris : c'est le Museum d'his- 
toire naturelle de Marseille. Ilyexiste un squelette entier 
de ce rare Cetace. Le sujet que possede notre Musee s'est 
echou& en aout 1879 a l'Estaque, a 10 kilometres de Mar- 
seille, a l'anse de la Fontaine des Tuiles ; il mesure du 
bout du maxillaire inferieur a l'extremite de la derniere 
vertebre caudale 4"\75, le crane seul mesure m ,88 et son 
diametre, pris a la partie la plus large, c'esl-a-dire du 






M. P. Briquet, botaniste, a Gionges, par Avize (Marne) 
off re en echange d'autres plantes des plantes preparees de 
la Marne. 



A vendre : Hisloire naturelle des oiseaux (V Afrique ,\>&t 
Francois Levaillant : 6 volumes in-folio avec 600 planches 
noires et coloriees, representant 300 especes (Paris-Dela- 
chaussee 1805-1808), en parfait etat de conservation, tres 
bel exemplaire. — Prix : 250 francs. 



¥ * 



b 


eaux echan 




a 


6 fr. 


o0 


a 


3 fr. 




a 


5 fr. 


50 


I 


10 fr. 



Nous pouvons disposer en ce moment de 
tillons des mineraux suivants : 

Hiddenite 4 fr. 

Albite fr. 

Prehnite 1 fr. 

Obsidienne fr. 

Collection de Longicornes d'Europe, contenue dans dix 
cartons, comprenanl 100 esp., 330 exempl. — Prix : 75 fr. 

* 

M. Berthelin (Courtenot, Aube) offre, en echange d'autres 
Hydrobiidce, Bithinella Bourguignati (Loc. sp., Fisch.); 



sommet de l'apophyse epineuse de la onzieme vertebre 
dorsale a Tappendice xipho'ide, est de l m 15 : ces dimen- 
sions, autant que Tabsence d'epiphyses aux divers os qui 
forment le squelette, semblent indiquer que le squelette I il ne P eut disposer que d'un nombre restreint d'echantil- 

de Zyphins Cavirostris de notre Museum a appartenu a | * ons 
un individu ayant acquis toute sa taille. 



Marseille, seplembre 188*.. 



P. SlEPI. 



Natur 



• tt 



{aire memo rectification. 



OFFRES ET DEMANDES 

Nous donnons ci-apres la lisle, qui nous a ete demandee, 
des tetes d'insectes preparees pour Yexamen microsco- 
pique. Le prix de chaque preparation est de 1 fr, 50. 

Tete ri»> Dytiscus marginalis. Colroptere. Larve. 



Beaux echan tillotis d'empreintes de poisson {genre Smer- 
dis) du calcaire d'Aix. — Prix : de 1 fr. 50 a 5 francs suivant 
la taille et la beaute. 



* * 



Catalogue des ceieopteres de FAlgerie et contrees voi- 
sines avec description d'especes nouvelles par M. L. 
Keiche (Caen-1872) in-4 de 44 pages. — Prix : 2 francs. 



* 

* ■¥ 



Acilius sulcatus. 
Telephorus rnelanurus. 
Lampyris noctiluca. 
Tonebrio molitor. 
Kakerlac orientalis. 
(Ihortippus bilineatus. 
Libellula depressa. 



Insecte parfait 
Larve. 
Insecte parfait 



Microscope modelen°l,serie Deyrolle. —Microscope droit 

a pied en fonte de fer verni noir, 
mouvement rapide par le tirage du 
tube dans le canon, mouvement 
lent par vis micrometrique; miroir 
a articulation pour la lumiere obli- 



Agrion puella. 



Panorpa vulgaris. 
Vespa germaniea. 
Sericaria mori. 
Tipula oleracea. 
Kristalis pertinax. 
Calliphora vomitori 
GEstras equi. 

Geophiias electricas. 

Lithobius forfipatus. 



Larve. 
Insecte parfait. 

Larve. 

Insecte parfait. 
Larve. 

Insecte parfait. 



Larve. 
Insecte parfait 



# * 




que, 1 objectif n° 4, a grand angle 
d'ouverture, 1 oculaire n° 2, don- 
nant un grossissement d'environ 
150 diametres ; le tout renferme 
dans une boite acajou a serrure, 

Prix : 85 francs. 

4 

Livrable de suite 



* 

4 * 



Pour les collections et renseigneme nis s'adresser au 
bureau du journal. 



Collection de fossiles de l'etage turonien : 70 especes 
de beaux exomplaires. — Prix : 50 francs. 



le gerant, Emile DEYROLLE 






5S67 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, ru des Canettes 






f 




e 



Annie. 



N 



r^ 








Octobre 1885. 153 









JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le 1" et le 15 de chaq 



mois 



. -— • 



ADRESSER TOUT CE QUI CONCERNE 

LA REDACTION ET L'ADMIMSTRATION 

Au bureau du journal 

RUE DE LA MONNAIE, 23 



ABONNEMENT ANNUEL : 

Payable d T avance en ua mandat-poste a l'ordre du Directeur. 

France et Algerie. G fr. « 

Pays compris dans l'Union postale. ... 7 fr. 
Toqs les autres pays 



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PAUL GROULT 



Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Journal LE 



gratuitement 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 13 JUILLET 1885 

Sur le systeme nerveux central de la Tethys leporma. 
Note par M. II. de Lacaze-Duthiers. 

D'apres une serie d'etudes faites sur la Tethys leporina, 
par M. de Lacaze-Duthiers, au point de vue morpholo- 
gique, Tauteur signale une commissure dont l'exislence 
avait eehappe aux precedents observateurs. En avant des 
deux masses dorsales inferieures, emergent deux filets 
greles se portant en bas et embrassant Toesophage; cetle 
union se fait a angle aigu a droite par un petit ganglion 
occupant le sommet de Tangle, et d'oii nait un. nerf geni- 
tal qui Jsuit le canal de l'ovaire et du testicule. C'est la 
troisieme commissure et le troisieme collier oesophagien 
retrouves, avec le caractere particulier qui lui estpropre, 
l'asymetrie. La Tethys rentre done dans les conditions 
normaies du type Gasteropode, mais il est bon de remar- 
quer que si tous les ganglions sont rapproches et reunis 
sur la face dorsale de l'oesopliage, un seul existe sur la face 
anterieure,et c'est le ganglion asymetrique genital,extreme- 
ment petit. C'est le contraire de ce qu'on remarquait dans 
les types precedemment etudies, oil, sauf le cerveau, 
tous les ganglions des centres pedieux et asymetrique 
occupaient la face anterieure. 



# * 



Sar VAclamsia palliata. 



Note de M. Faurot 



et des pattes ravisseuses de son associe : abri adopte a sa 
conformation, pour YEupagurus, dont les pattes mar- 
cheuses longuement etendues sur les c6tes et fort agiles, 
ne pourraient aisement se mouvoir avec un gile qui ne 
serait pas exactement faconne aux formes de Tanimal. 
L 1 Eupaganis , prive d!Adamsia, porte a Textremite de Tab- 
domen une coquille de Gasteropode toujours fort petite, 
pour ne pas entraver sa marche, et quiTabrite tres incom- 
plelement. Dans cette association, on doit remarquer 
en outre, que dans le cas de deux individus adultes, 
ractinie a toujours un volume en rapport avec celui du 
Crustace, tandis que la coquille est le plus souvent tres 
petite; cette derniere a done surtout pour but de servir de 
point commun de fixation aux deux eires. Bien que tres 
deformee a l'etat adulte, YAdamsia a une structure ana- 
tomique qui est morphologiquemont la meme que cello 
des autres actinies. C'est le pied qui secrete le mucus 
parchemine, bien que cette partie ne soit pas fixee lout 
entiere, et son expansion considerable entraine avec lui 
la partie inferieure de la colonne ; pied et colonne devien- 
nent paralleles sur une grande etendue et de veritables 
canaux gastriques sont conslitues t par Tallongement des 
replis dans le sens horizontal. La fecondation est in lo- 
se fait regulierement jusqu'a 
16 cellules. Les morula, de formes tres irregulieres se 
transformed en gastrula. La fixation se fait sous une 
forme larvaire a 8 tentacules. L'actinie apres avoir 
atteint un certain volume sur le bord interne de Tourer- 
lure d'une coquille de Gasteropode, s'etale a droite et a 
gauche en suivant exactement le bord exlerne de cetle 



neure 



la segmentation 



L'association conslante de YAdamsia palliata et de J derniere, mais sans la recouvrir en aucune ftcon. Le 

YEupagurus Prideaaooi est au profit des deux animaux ; debut de la deformation a done pour resullatd\ibriler le 

nourriture abondante et toute preparee pour YAdamsia Pagure, et ce n'est que plus lard, et secondairemenl, que 

dont la bouche est placee en arriere des pattes-machoires J la coquille de Gasteropode est recouverte x&vYAdomsia. 












\ 



154 



LE NATURALISTE 



* 



Note de 



Sar les parasites de la Mar i vulgaris. 
If. R. Saint-Loup. 

M. Saint-Loup a decouvert YA'tiiloem £ wardsii, eras- 
taceisopode qui vit en parasite, alta e a k nageoire 
caudale ou sur les flancs de la Men dole '(Maena vulga- 
ris). II differe de YA. Mediterranea en ce que les an- 
tennos de la premiere paire se composent de huit articles 
diminuant graduellement de la base a l'extremite, et les 
anlennes de la deuxieine paire sont plus longues ; de plus 
la lame interne des dernieres fausses pattes abclominales 
depasse l'extremite du dernier segment abdominal. Les 






yeux restent distincts et. ne s'atropbient pas cbez l'animal 
adulte. 

Un autre crustace parasite, tres semblable au Cymo- 
thoe cestre de Scbiodte, s'attache aux flancs ou au pha- 
rynx du Smarts vulgaris, poisson voisin de la Mendole. 
La Maena possede encore un autre parasite, Ie Chorico- 
tyle Marionis , trematodepolystomien. II aliuit ventouses 
portees sur de courts pedoncules, et presentant les cro- 
chets chitineux caracteristiques, les ventouses renferment 
huit pieces principales et les denticules qui sont ranges 
en quarts de cercle concentriques et de meme substance 
que les crochets. 






* ♦ 



de schistes argileux qui renferment des poissons fossiles ; 
parmi-ceux-ciJPalceniscusBlainvillei,P. Voltzii et Alcan- 
tkodes Bronnii deaiontrent que ces selaistes appartien- 
nent au sous-etage moyen du permien inferieur. lis sup- 
pCTtent des gres jaunalres ou 1'on a trouve Walchia pini- 
formis y et ceux-ci sent parfois reconverts de gres rouges 
et de conglomerat a cimentlie de vin, caracteristiques du 
permien moyen. Les schistes permiens atteignent pres de 
200 metres d'epaisseur enlre Roquetaillade et Saint-Ser- 
nin ; on y a trouve des restes de batraciens, des ecailles de 
poissons, et YAmblypterus eupterygius des couches de 
Lebach, ainsi que des traces d'Entomostracees. Les de- 
pots permiens, tres developpes vers Lodeve, ont donne Ie 
Palceniscus Duvernoyi et la belle flore des schistes gre- 
seux qui ont rendu Lodeve si celebre. Ces schistes appar- 
tiennent au permien inferieur; on y trouve 41 especes de 
fossiles dont 9 sont communes avec la base du permien 
inferieur d'Autun, 7 avec la parlie moyenne, 9 avec la par- 
tie superieure, 13 se retrouvent dans le Brandschiefer de 
Boheme, 8 dans le permien inferieur de Saarbriicken, et 
enfin 13 dans le houiller de France. 3 especes se retrou- 
vent dans le Zehstein, et 10 sont communes avec le Rolh- 
liegende d'Allemagne. Les gres rouges avec conglome- 
rats de l'Aveyron et del'IIerault sont identiques a ceux 
de la base du Rolhliegende deThuringe et de Saxe, e'est- 
a-dire du terrain permien moyen, et, d'ailleurs,la serieper- 
mienne y est la meme qu'en France. 



Premieres traces de la presence du terrain permien 
en Bretagne. — Note de M. Ed. Bureau. 

A un kilometre de Teille (Loire-Inferieure), un escarpe- 
ment de la route de Nantes a Cande a permis de recueil- 
lir quelques debris fossiles de vegelaux parmi lesquels 
M. Bureau a reconnu surement deux especes. D'abord une 
Fougere, le Schizopteris Giimbeli Goeppert, signalee dans 

le permien d'Erbendorf (Haute-Franconie) et aBraunau et | ( Des c"ptions des plan tes signages en France et en Corse depuis 1835) 
Neurode (Silesie prussienne), enfin au Gourd-du-Diable 
(Correze). Puis le Cordaiies Ottonis Genitz du permien 
inferieur de Baviere, de Saxe, de Silesie et de la Correze. 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE 

DE GRENIER ET GODRON (1) 

Par G. ROUY 



(Suite) 



ViciaBarbazitse Tenore et Gussone ap. Tenore Syl~ 
plantarum vascularium flora; Neapolita 



Un Artisia ou moule interieur de la cavite medullaire que delectarum, Append. V, p. 28; Boissier i^tora Orien- 
d'une branche de Cordaites a aussi ete rencontre en talis, II, p. 573; Rouy in Bullet. Soc. M. de France 

Bretagne ; le rameau parait avoir huit cotes, obtuses, et " """* " ' 

chacune est parcourue par trois sillonslongitudinaux qui 
sont petites. Elles n'interrompent pas les cloisons trans- 



oversales qui sont rapprochees, anastojnosees et irregu- 
lierement onduleuses. Le systeme de couches a plantes 
permiennes parait avoir 100 metres de puissance, et se com- 
pose d'une alternance de poudingue quartzeux et de pou- 
dingue argileux contenant des noyaux de grauwacke vert 
olive et de gres armoricain. Ces couches ont ete retrou- 
vees de distance en distance sur plus d'un kilometre, 
et les plus septentrionales sont precisement celles qui ren- 
ferment les vegetaux fossiles del'etage permien inferieur. 



XXVIII (1881), p. lx ; Cesali, Passerini et Gibelli Compend. 

Planie annuelle, faiblement 



n 



II, p. 688. 



pubescente, a tiges de 2-4 decim., greles, anguleuses, 
flexueuses, plus ou moins grimpantes, simples ; ou peu 
rameuses, inferieurement. Feuilles munies d'une vrille 
rameuse a 3-7 paires de folioles ovales ou lare-em.-ni 



* 



Sur 



permien 



ron et de tHe'rault. — Note de M. J. Bergeron . 

La derniere assise du terrain houiller d'Aubin repose 
en stratification discordante sur une trentaine de metres 



omongues, tronquees, retusesouemarginees, mucronees, 
a mucron depassant longuemeni les lobes de Vechan- 

crure tres evasee, les superieures parfois attenuees au 
sommet et alors cuspidees ; stipules inferieures et 
moyennes non maculees, semi-ovales, sagittees, dentees 
a la base, les superieures maculees de pourpre, ovales- 
lanceolees, enlieres. Fleurs brievement pedicellees, tou- 
jours solitaires. Calice regalier, parseme de poils blan- 
chatres, d dents Sgales, lanceolees-subulees, porrigees, 
igalant le tube obconique rompu a la maturite. Corolle 



(lj Voy. le Naluratisie du 15 scpteiubre 18SJ. 




- - - -' 













presque une fois plus longue que le calice; etendard Jaime, 
glabre, plus long que la carene, egalement jaune, et que 
les aUeSj celles-ci cTun violet fond. Goasse de 35-40 millim. 
de long sur 5-6 millim. de large, sessile, d'abord glandu- 
leuse, puis glabrescente, etalee-dressee, droite, J aun6.tr e 



a ta maturity cc 
reticu Id veinee. 




bosseld sur les faces, non 
tips. alnbuleuses-subcom- 



cronds, a mucron t passant le plus souvent longuement 






primds, lisses, a Mle court, tres rapprochS de la 

radicule. — Mai-juillet. 



Hab. 



Corse: Rochers granitiques du mont Felce> 
pres Corte, vers 1 000 a 1 200 metres d altitude [kerb. R., 



l. Burnouf). 

Aire geogrraphique. 



Italie meridionale, Sicile ; 



Grace, 

Cette espece, que M. Burnouf nous avait envoyee a de- 
terminer, est une des plus interessantes acquisitions de 
notre flore. Par M racine annuelle, son calice regulier et 
ses graines lisses, elle est a classer dans le voisinage des 
V. saliva L. y ang us ti folia Reich., cuneata Guss., etc., 
dont elle se distingue immediatement par la couleur de 
ses fleurs. Elle se separe, en outre, des V. saliva L. et 

Scarpa Bert, par ses gousses non reticulees, ses 
graines a peine comprimees, ses feuilles a folioles moins 
nombreuses, plus larges et moins allongees ; du V. cordata 
Wulf, par ses gousses non veinees, dun tiers environ plus 
courtes, ses graines plus grosses, non comprimees, les 
dents du calice egalant le tube, ses feuilles a folioles plus 
grandes, non echancrees-bilobees ; du V. angusli folia 



les lobes de l'echancrure, jamais lindaires-cunei formes 
cuspidds; stipules maculds, sehU-sagittccs, plus ou 
moins profondement dentds. Fleurs relativement pe- 
lites, solitaires ou geminees, brievement pedicellees. 

Calice regulier \ pubescent, a dents pate** laneenlees- 
lineaires, moins longues que le tube ctroit a peine obco- 
nique,rompu a la maturity. Corolleviolac e*m pur purine, 
une fois plus longue que le calice. Etendard glabre, slrie, 
plus long que les ailes et la carene. Gousse dtroile^ de 
38-12 millim. de long sur 4-5 millim. de large, elald, 
com prim d, noirdtr* & la maturite et se tor dan t par la 
dessiccation, d'abord pubescente, A la fin presque glabre, 
bosseld sur tos far , a valves reticulds-veinds. Graines 
brunatros marbles de blanc, globuleuses-subcompri- 
rnees, lisses. — Mni-juillot. 

— Via : Coteauxarides d' Aby prds Ampus {herb. 



Hab. 



macr 



R., Albert). 

Aire geographique. — vSicile (1). 

Par son calice regulier, ses gousses bosselees et reticu- 
lees-veinoes, ses graines lisses, sa racine annuelle, ce 
Vicia vient prendre place a cote du V. sativa L. dont il se 
separe, ainsi que du V. macrocarpa Bert., parses lleurs 
environ cle moil ; plus pelites, ses gousses noiratres a la 
maturite et se tordant par la dessiccation, ses feuilles a 
folioles moins nombreuses ton les en eocuir renverse ou 
echancrees, a mucron egalant au moins les lobes de 



Reich, par ses gousses ne noircissant pas a la maturite, 
comprimees, plus ou moins bosselees, ses feuilles bien 



l'echancrure. II differe du V. cordata Wulf. par ses fleurs 
plus pelites a dents du calice moins longues que le tube, 
ses gousses pubescences, bosselees, no ir a tres a la maturite, 



plus larges ; enfin du V. cuneata Guss. par les dents du ses feuilles superieures sensiblement moins echancrees. 



jgousseal 

mucron longuement exsert 




bosselees, ses 
de l'echancrure 



calice egalant le tube, ses 

feuilleMaj 

courte. 

Le V. Barbazilce est plus voisin du V. grandiflora 
Scop., plante de 1'Europe australe, sud-orientale et de 
l'Asie Mineure, mais il en differe par ses fleurs plus 
petites, les dents du calice egalant le tube et non sensi- 
blement plus courtes, Petendard moins developpe, les 
ailes violacees, ses graines plus grosses a liile 3-4 fois plus 
court. 

Obs. — Nous n'avons en Corse que la forme genuina, 
a feuilles tres entieres, et non la var. incisa Boiss. 



II s'ecarle du V. angustt folia Reich, par ses feuilles de 
forme differenle, ses gousses bosselees, reticulees, plus 
comprimees. II se distingue enfin du V. cuneata Guss, par 
ses fleurs souvent geminees, ses gousses reticulees, noi- 
ratres, pubescentes, ses feuilles relativement larges, les 



f •- 



superieures jamais lineaires-cuneiformes. 
Le V. maculata a aussi beaucoup de rapports avec le 



V. Cosenlini Guss., plante d'Jslrie, Italie meridionale, Si- 
cile et Grece, tres voisine du V. saliva dont quelques bo- 
tanistes ne la considerent que comme variete, d'autres 
comme une sous-espece, mais on Pen differencie facile- 
ment par les valves de la gousse se tordant par la dessic- 
(F. Thessala Sprun.), a feuilles obtusementincisees-crene- I cation, + pubescentes, les graines plus grosses, subglo- 
lees ou dentees a dents arrondies, et qui est, jusqu'a pre- buleuses et non ellipliques-coinprimees, les dents du calice 



sent, particuliere a la Grece. 



V. maculata Pres! Flora Sicula $ I, p. 23; Gussone 
Florx Siculce Prodromus, II, p. 427; Fl. Sic. Synopsis, 
II, p. 285 ; Cesati, Passerini et Gibelli Co?npend. fl. Hal. II, 
p. 088 ; Rouj in Bullet. Soc. bot. de France, XXXI, p. 125. 
— Eocsicc. Ch. Magnier, Flora selecta, n° 817. — Planie 
annuelle j pubescente, a tiges de 2-4 decim., anguleuses, 
flexueuses, peu grimpantes. Feuilles munies d'une vrille 
rameuse, a 3-6 paires de folioles, celles des feuilles infS- 



plus courtes que le tube et non l'egalant ou le depassant, 
les feuilles plus etroiles, moins echancrees etplus longiu 

mentmucronees, ses tiges plus robusles et plus allongees. 



ROSACEES Juss. 



Potentilla pctiolulata Gaudin Flora Helvetica, III, 

p. 374 ; Koch Synopsis fl. Germ, et Heli\, ed. 2, 1, p. 2 14; 
Godet FLjurass. et Supplem., p. 61 ; J.-B. Verlot Cata- 



me 



superieures 



ndift 



I) Mieux connu Hte esp^ce sera probablement dt'^couverte en tta- 



CChancrds, mil- \ lie, et dans (fauti \ localitds de la Pr«> e. 








loff.pl. vase. Dauph., p. 105; Grenier Revue de la fl. des y rini et Gibelli Compend. fl. ItaL, II, p. 667. — Exsicc. 



monts Jura, p. 57 ; Nyman Consp. fl 



Bourgeau Alp.-Marit. (1861), n° 105 ; Cesati Hal. bor., 



Exsicc. Billot, n° 550; F. Schultz, cent. Ill, n°259; VII, n° 143. Reliquiae Mailleance, n°365. — Souche grosse, li- 



259 b. — Souche grosse, rameuse, couverte paries debris 
des petioles des ancieunes feuilles, eniettant des tiges 
dressees de 2-3 decim., a fleurs nombreuses rapprochees 
en corymbe. Feuilles radicales longuement petiolees, a 
3-5 folioles relativement larges, ovales-cunei formes ou 
obovales, la ou les trots medianes plus ou moins Tongue- J que larges), sessiles, d'un vert sombre et ff lab res en des- 



gneuse, peu rameuse, couverte paries debris des petioles 
des anciennes feuilles. Tiges tres greles ou filiformes, 
1-5 flores, ascendantes, ordinairement plus longues que 
les feuilles radicales. Celles-ci digitees, a 5 folioles eo- 
riaceSj oblongues-cuneiformes (2-3 fois aussi longues 



mQx\\.petiolulees,\.ox\iQ§ ou la plupart dentees non settle- 
ment au sommel mats aussi latiralement, elmuniesde 
5-15 dents ineff ales, aigues ou obtusiuscules-mucronees, 
les superieures conniventes, les inferieures seulement 



rarement 



cauli- 



naires 2-5, digitees ou trifoliolees, de moins en moins 
longuement petiolees en approchant du sommet dela tige, 
les ullimes sessiles. Folioles loutes vertes, presque 
glabres sur les deux pages, munies, ainsi que la tige, de 
glandes visqueuses et depourvues de la bande marginale 
soyeuse-argentee qui existe dans celles du P. caulescens. 
Stipules des feuilles inferieures lineaires, longuement 
acuminees, celles des feuilles moyennes et superieures 
plus larges, ovales-Ianceolees, acuminees, munies parfois 
d'une petite dent lalerale. Divisions du calice lanceolees- 
aigues, celles du calicule de meme longueur et a peine 
plus etroites, mais acuminres. Petales blanes sensiblement 
plus longs que le calice, oblongs, faiblemenl emarginesau 
sommet. Filets des elamines tres poilus sur toule leur 
etendue. Carpelles hispides. — Juillel-aout. 



sus,apage inferieure argenlee-soyeuse et a nervures 
saillantes non ciliees, ni marginees mais a bords retour- 
nes en dessous, munies seulement au sommet subtronque 
de2ou 3 dents plus ou moins profondes, aigues, dressees 
ou a peine connivent.es ; petioles courtement pubescents 
et glandideux; feuilles caulinaires 2-3, l'inferieure petio- 
lee, trifoliolee, l'autre ou les deux autres simples, brac- 
teiformes, lanceolees, aigues. Stipules lineaires-lanceolees, 
acuminees. Pedicelles filiformes, allonge's, fleocueux. 
Calice a divisions ovales-Ianceolees, aigues, glanduleuses 
ainsi que celles du calicule de moitie environ plus etroites 
etdhm tiers plus courtes, acuminees. Petales blanes, line 
fois au moins plus longs que le calice, oboves, entiers 
oua peine emargines. Etamines a filets glabres ; car- 
pelles tres velus. Plante pubescente ou presque velue, 
parsemee de poils glanduleux, principalement sur les 
tiges et les petioles. — Mai'-juin. 



Hab. 



Region des montagnes dans les Alpes-Maritimes : 



1 1 » I > . 



monl 



stts < >. Pas-de-V Echelle (Bol.plur.; herb. II., Guinet); 
Vallon des Usses (Bouvier). — Swoie : grottedes Echelles, 



pres Chambery (Bouvier). 

Sassenage; entre Saint- Elienne de Crossey et Saint- 
Lai 



Rockers a pic entre Sainte- Agnes et Castillon ; Cime de 
Meras pres Menton (Ardoino); gorges de Saorge, alpes 
de Raus et de la Briga (Lisa, Montolivo); Peille (Stire) ; 
rochers a Saint-Delmas de Tende {herb. R., Burnal); le 

confluent 



renl(l.-B. Verlot). — Drome: Saou pres Puy-Saint- 
Mariin (P. Eugene) ; Barnave (G. Fazende). 

Aire geographique. — italie : Piemont, Apennim. 

Plante a rapprocher seulement du P. caulescens L., dont 
elle est pour nous une sous-espece, car elle en differe suf- 
fisamment par les caracteres que nous avons soulignes 



dans sa diagnose. Grenier, tenant peut-elre trop compte 
de l'asserlion alors recenle de Mutei (Fl. du Dauph., 
ed. 2, p. 185) relative aux variations du P. caulescens, 
avait, dans la Flore de France (I, p. 524), considere le P. 
petiolulala seulement comme une simple forme a folioles 
peliolulees du P. caulescens, mais adoptant plus lard 
l'opinion de Koch, Godet, Reuler, M. J.-B. Verlot, il est 
revenu sur son appreciation premiere et a mentionne le 
P. peiiolulata Gaud, comme espece dans sa Revue de la 
floredes monts Jura, publiee en 1874, en faisant bien 
ressortir ses caracteres differenliels. 



Iserej Pariset, au Desert-, jusqiid celui de la Tinee (Timrel et Bornet) ; Sainl-Mar- 

Hn (Bourgeau); vallee de Thorenc au-dessus de Grasse 
(Lorel); entre Duranus et Levens (herb. R., Burnat). 

Excellente espece a classer pres des P. alba L. et P. 
alchemilloides Lapeyr. Elle se separe du P. alba par ses 
petales entiers ou presque entiers, ses carpelles velus, ses 
feuilles a folioles coriaces seulement 2-3 fois plus longues 
que larges, au moins une fois plus pelites, a dents moins 
nombreuses, plus grandes, non lalerales et non cachees 
par les poils, a petiole glanduleux, non tres soyeux sr 
longs poils, ses tiges plus longues que les feuilles radi- 
cales. Elle s'ecarle encore plus du P. alchemilloides par 
la division du calicule plus courte que celle du calice, par 
ses feuilles a 5 folioles (et non a 7), bien moins velues- 
soyeuses en dessous a dents non porri gees et a bords re- 
tournes, enfin par ses tiges tres greles ou filiformes seu- 
lement un peu plus longues que les feuilles radicales el 
terminees par 15 fleurs longuement pedicellees, ce qui 
lui donne un port absolument different, analogue a celui 



P. saxifracja Ardoino ap. de Nolaris Index seminum 
fwrti botanici Genuensis (1848); Lehmann Revisio Po~ 
ientillarum (in Supplem. volum. WW Nov. Act. Academ. 
Cees. Leop. Carol. Naturse Curiosorum, 185G, p. 134, 
tab. 48); Ardoino Fl. Alp.-Marit., p. 120; Cesati, Passe- 



du P. alba. 



(A suivre.) 






*, 






?£ 



LE NATURALISTE 



157 






) 



SUR UNE NOUVELLE DIVISION 



DES 



FALUNS DE TOURAINE 



Malgre loutl'interet qu'il presenle,r<Hage des Faluns de 
Touraine a ete jusqu'ici tres peu etudie et des cen- 
taii*es d'especes restent encore a nommer, en depit des 
savants travaux de MM. Alcide d'Orbigny, Dujardin et 
l'abbe Bourgeois. M. de Vibraye avait consacre sa vie a 
l'elude des fossiles de Ponllevoy ; mais une mort prema- 
turee rendit ses recherches a peu pres steriles. 

On se borne generalement a ne voir dans les Faluns de 
Touraine qu'un seul etage, et on le decrit : un amas 
con fits de coqailles et de polypiers agrdges ensemble ; 
ee qui ne me parait pas absolument exact el me porte a 
proposer une subdivision en deux zones bien dislinctes, 
basee sur des caracteres differents d'une incontestable 
importance, a savoir : 

1° Zone a Mollusqnes ; 

2° Zone a Polypiers, 

De la premiere zone, celle qui a ete la plus eludiee 
jusqu'a present, il y a peu de chose a dire. Ce qui la 
distingue surtout c'est la variete des especes de mol- 
lusques tous marins, c'est Fabondance d'Arca turonen- 
sis et des Pectnnculus glycimeris ainsi qu'on peut 
Fobserver dans les celebres gisements de Pontlevoy 
(Loir-et-Cher), de Manthelan, de Bosse, de Sainte-Maure, 
de Cier£ (Indre-et- Loire). 

Et a propos de cette zone il est a remarquer qu'un grand 
nombre d'especes falunieres se relrouvent vivantes dans 
les mers des cotes de France. Je citerai seulemenl quelques 
noma de gastropodes communs parmi ces fossiles, mais 
assez rares de nos jours a savoir : 

Fossarus costatus (Borceh.), Mediterranee, Guetary, 
Cap-Breton. 

Erato l&vis (Donov.), cotes de Provence (rare). 

Ringicida bhccinea fltemir), Mediterranee, Cap-Breton 
(rare). 

Natica millepuntata (Lank), Mediterranee. 

Triphoris perversus (Linn), Mediterranee, Quiberon, 
Croisic, Cherbourg. 

Cerithiopsis scaber(Qliv.), Mediterranee, Ocean, Manche. 

Dentalium entalis (Linn), Ocean, Manche. 
Emarginula rosea (Bell.), Croisic, Belle-lie (rare). 

La deuxieme zone, qui se rencontre a Savigne, a 
Meigne (Indre-et-Loire), a Moyant-sous-Lude (Maine-et- 
Loire) se compose en majeure partie de polypiers plus 
ou moins brises melanges a de pelits cailloux polis et 
transparents, a des Pecten, des Ostrea, a des ossements 
plus ou moins roules et brises de lamantins (?) de 
gazelles (?) etc., a des dents bien conservees de squales, 
d'autres poissons, de crocodiles, d'herbivores et de carni- 
vores. 

Des Ostrea, des Pecten, genres exclusivement cotiers, 



entier), ce sont bien la, a mon avis, les caracteres de ces 
amas deposes sur le rivage par les couranls sous-marins. 
De nos jours il se forme quelque chose d'analogue sur 
piusieurs points de noire littoral franca is particulierement 
dans la baie de la Kochelle. 
La durete de ce magna, si je peux ra'exprimer ainsi, 

esi quelquefois assez grande pour que, a Savigne, par 
exemple, on s'en serve comme de moellons ; mais en 
general, cette zone'de faluns est tres friable. Les couches 
out souvent une grande puissance et une grande etendue ; 
elles sont generalement surmontees d'un lit plus ou 
moins epais de terre argileuse inlimement melangee de 
gravier, fort semblable au gravier de riviere, absolument 
sans aucun fossile; cette terre se rencontre souvent 
aussi en injections de haut en bas de deux ou trois metres 

de profondeur. 

La carriere qui se trouve sur le bord de la route de 
Channay a Meigne en off re un remarquable exemple. 

Les fossiles de cette zone sont moins nombreux en 
genres que dans la premiere, et je puis titer les princi- 
ples especes qu'on rencontre a Moyant-sous-Lude 
(Maine-et-Loire), oil celle zone est bien caracterisee. 



VERTEBRES 



Dinotherium? 
ervidee 

(ialcocenio lalidens 
G. sp? 

Sargus incisivus 
Xotidamus primige- 

nius 
Crocodilus 

Lepidotus 
Oxvrhina 

Charcharodon acuti 
dens 

Lamna odontospis 

— cont oil ideas 

crassidens 

el .ins 



MOLLUSni KS M0LLD8QUK8 

GASTROPODES LAMELLIBRANCHES 



Con us 

Oliva 

Fissurolla 



I ardita ? 
Cytherea? 
Archa sp.? 
Ostrea sacci- 
form is 
Ostrea sp.? 

Pecten venti- 

labrum 
Pecten Puymo- 

Pecten sukire- 
I turn 

Pecten sp..' 



RAYONNES 



Psammechi- 

nus uioni- 

lia 

Serpula sp.? 
3$esp6cesde 

Polypiers 

Luuulites. 



E"n resume, les caracteres de la premiere zone seraient : 
Predominance de mollusques tous pourvus de leur 

test, )iombre relative ment peu consider able de rayonnes ; 

abondance d Area turonensis dans certaines localiles. 
Ceux de la seconde zone seraient : 

Predominance des rayonnes; absence presque com- 
plete des mollusques g aster opodes ; fossiles generalement 
ddpourvus de leur test; abondance du Pecten venti- 
labrum. 

C'est a mes collegues en geologie a juger si Ton doit 
accepter la subdivision que je propose ou la rejeter. 

Carl de Beaumont. 



NOTE SUR UNE VARIETE DE VANESSE 



J'ai capture, le 5 juillet 1885, aux environs d'Amboise, 

des ossements de mammiferes roules, de poissons et de I une aberration de la Vanessa urticx tres curieuse, qui 
cetaces disperses (car jamais on n'a trouve un squelelte ' n'est certainement point le fait d'une union irreguliere. 






> 



158 



LE NATURALISTE 



On peut la ranger dans la categoric des varietes mela- 



niennes. 



En voici la description succincte : 

Les trois laches noires costales des ailes superieures 
sont reunies et forment une large bande noire faisant dis- 



bien reglees, moins frequemrnent aussi en rognons 
encaisses de toute part dans les argiles, ou bien encore 



engages dans des couches grezeuses fortement bitumi- 
neuses. La formation du fer carbonate de la periode houil- 
lere rentre des lors completement dans les lois de la 
paraitre totalement les deux eclaircies jaunes qui les s*e- Thermochimie. En effet, on sait que les depots houillers, 
parent d'ordinaire ; les deux pelites t aches disco'idales dans la region de la houille, sont des depots d'estuaires, de 
sont completement absentes. J plages tres basses, souvent et facilement envahies paries 

Les lunuies bleues sont remplacees jusqu'au tiers des eaux. Un pareil milieu etait done tres pauvre en oxygene, 
ailes superieures par cinq bandes jaunatres eclairees de eminemment reducteur meme, et riche en acide car- 
blanc a Tangle apical et joignantla large bande noire cos- bonique. 



tale. Le cdte interne de la base de 1'aiJe forme egalement 
une bande noire, mais plus etroite que l'autre, 



II est, des lors, tout naturel, et meme necessaire, que le 
fer, qui, sortant de ces combinaisons silicatees, etait 



Les ailes inferieures sont presque entierement noires, J amene dans un milieu de cette nature, se combinat avec 

l'acide carbonique; il est, en outre, non moins naturel 



sauf un leger glacis fauve sur le disque, et les lunuies 



bleues de la bordure sont d'un lilas pale transparent, mais que ce carbonate de fer (enfoui dans les argiles qui, meme 
invisibles au-dessous. a Theure actuelle, n'ont pas encore absorbe tout 1'oxygene 



bordure externejau- 



Le dessous des ailes superieures participe des dessins 
varies du dessus et la bande jaune qui traverse les infe- 
rieures n'existe aucunement, ce qui rend le dessous uni- 
formement noir, sauf une legere 
nutre. 

Cette aberration se rapproche, comme teinte generale, 
de la variete Polaris, des regions polaires arcliques, ainsi 

definie dans le catalogue d'O. Staudinger {nigricans, mac. 
dors, cum mac. cost, conjuncta.) 



qu'elles pourraient prendre) soit reste jusqu'a notre 
epoque, a l'etat de carbonate de protoxyde de fer ; ce 
qui montre bien, du reste, que Fexplication qui precede 
est vraie, e'est que, si Ton expose a Fair ce fer carbonate 
des houilleres, ii passe spontanement a l'etat de ses- 
quioxyde, en absorbant Toxygene de Fair et laissant 
degager son acide carbonique. 

La meme explication est completement applicable aux 
nombreux fers carbonates lithoides qui existent dans les 
Je possede une autre aberration de ladite Vanessa ve- I terrains sedimentaires. Quand on examine sur les lieux 



nant de Digne (Basses-Alpes), ou la 2 et 3 e taches costales 
so reunissent en une bande irreguliere a la grosse tache 
discoidale inferieure. 

L*an dernier, dans le courant de juillet, j'ai surpris deux 
especes tres voisines du meme genre, une Zygama fill- 
pendalx et une Zygccna trifolii accouplees ; qu'en est- 



leurs conditions de gisements, on reconnait immediate- 
ment qu'ils se sont deposes dans un milieu reducteur. 



ARENABIA CILIATA ET A. GOTHICA 



il resulte? je Tignore ! 



Ernest Lelievre 



FORMATION DES MINERAIS DE FER 



Nous recevons de M. Rouy la leltre suivante : 

« Mon cher Directeur, 

« Je viens de lire avec interet Tarticle de M. Genty 
publie dans le dernier numero du Naturaliste, mais les 
conclusions m'en ont paru peut-etre trop affirmatives, et 
les deuxieme et quatrieme legerement contradictoires, car 
II. Dieulafaita presente a TAcademie des sciences une I de ce que M. Genty n'a pas encore rencontre, dans sesherbo- 
note sur Tapplication de la Thermochimie a Texplication risations sur la chaine jurassique, VArenaria Gothica 
de la formation des minerals de fer, note que nous repro- Fries, il ne saurait s'ensuivre forcement que, comme le dit 



duirons en pariie. 



mon honorable confrere, • les assertions de Grenier au sujet 



Au point de vue mineralogique, les minerals de fer de VArenaria des sommites du Golombier et du Recu- 



carbonate se divisent e.n deux grands groupes naturels 



let (1), ne meritent aucun credit. > Je serai toutefois 



les uns sont nettement cristallises, ce sont les Ters spa- tout dispose, quand des recherches minutieuses de 
thiques ; les autres pris en masse sont amorphes, ce M. Genty auront ete. etendues a la region des lacs du 
sont les fers carbonates lithoides. Jura, notamment au lac des Rousses dont les eaux s'ecou- 
Au point de vue de Fage, les differences ne sont pas lent par FOrbe dans le lac deJoux, etaux endroits humides 
moins profondes ; ilexiste des fers carbonates jusque dans des montagnes jurassiques, a tenir compte, comme il con- 
ies gneiss; on en connait dans les terrains sedimentaires, vient dans toute publication scientifique, des resultats 
d'age relativement recents. Toutefois quand on etudie obtenus, en les supposant negalifs, apres avoir etudie 
Fage des mineral's de fer carbonate, un fait se degage avec soin les exemplaires complets VArenaria ciliata 
immediatement et domine tout le reste : ces minerals J ou autres qu'il voudrait bien me communiquer, et a modi- 
sont surtout concentres dans un grand horizon, assez 
limite, celui qui comprend la region houilliere dans le 
terrain houilier. lis se montrent la en couches souvent 



(1) Grenier ne specifie pas absolument les sommites de ces deux 
montagnes. 









. 



LE NATURALISTE 



159 



fier ou a supprimer meme, s'il y a lieu, les indications Parmi les plus remarquables, il faut citer son livre : Dm 









d'habitat que j'ai reproduiles d'apres le savant auteur de 
la Flore de France et de la Flore jurassique. En un mot, 
je ne prejuge pas actuellement la question soulevee par 
M. Genty, mais j'attends de plus amples donnees, sans la 
resoudre hativement par la negative. 

« Quant a admeltre, ou meme a supposer que YA. 
ciliaia L. $ espece asscz polymorphe, il est vrai, ce que 
j'ai pu constaler Fayant de diverses regions europeennes, 
depuis la Laponie russe jusqu'au Tyrol et aux Pyrenees, 
et YA. Gothica Fries, dont j'ai etabli la diagnose d'apres 
les douze pieds, provenant de la localite suedoise clas- 
sique, qui existent dans mes collections, quant a admettre, 
dis-je, que ces deux plantes puissent constituer une seule 
et meme espece, point n'esl besoin, selon moi, de nou- 
velles recherches a ce sujet, car ces deux Areaaria diffe- 
rent sensiblement, non seulement par la souche qui est 
parfois bisannuelle, et pourrait peut-elre devenir vivace 
dans les rocailles a une altitude assez considerable, fait 
qui a ete recemment signale pour diverses plantes, mais 
aussi par la pubescence, la longueur des entre-nceuds et 
des pedoncules, ceux-ci allonges et subdivariques dans YA. 
Gothica j et par un port different. Eiles sont aussi separees 
par une autre plante, plus voisine que YA. ciliaia : YA. 
Norvegica Gunn , que j'ai recue de M. Skanberg, prove- 
nant de la Norvege arctique. 

c Au resume, moins presse que M. Genty de supprimer 
de notre flore une espece qui y a ete indiquee par un 
auteur de la valeur de Grenier, et qui, mentionnee par 
Grenier et Reuter, avec certitude, au lac de Joux,c'est-a- 
dire presque sur la frontiere francaise, puis par le premier 
de ces botanistes t au Ueeulet et probablement dans toutes 
les stations jurassiques ou Ton a signale YA* ciliaia >, 
peut fort bien exister dans certaines localites des depar- 
tements de l'Ain, du Jura et du Doubs, je n'eprou-ve aucun 
regret d'avoir donne, dans mon travail sur la flore fran- 
caise, une diagnose etendue de YA. Gothica, plante relati- 
vement peu repandue dans les herbiers, et donl les des- 
criptions ne sont pas precisement nombreuses. 

c Recevez, mon cher Directeur, Passurance de mes meil- 

leurs sentiments. 

« G, Rouy. > 



NEGROLOGIE 



i 



microscope et des injections dans leurs applications a 
Vanatomie et a la pathologic, suivi d'ltne classification 
des sciences fondamentales ; ses tres remarquables Ta- 
bleaux d' anatomic ; son Traite da chimie anatomique et 
physiologique normale ou palhologique ; ses lecons sur les 
Humeurs normales et morbides ; son Anatomic et phys io 
logie cellulaire, animale et v jclale, etc. 

M. Robin a, en outre, en collaboration avec M. Liltre, 
mis au courant de la science et de la philosophic modernes 
le Dictionnaire de midecine de Nystens, et longlemps 
contribue a la redaction de la Revue de philosophic posi- 
tive, dirigee par M. Liltre. 

Nous citerons encore : Ilistoire naturelU des vdgd- 
iaux qui croissent sur i'honime et sur les animanx vi- 
vants; co?nposition de la bouche des Sarcopiides; sur 
la locomotion des Ccphalopodes ; sur la fecondation du 
Calmar; sur les ganglions des veriSbres; sur le systcme 
veincux des poissons ; note sur Cappareil circulatoire 
des Rates ; etc., etc. 

En 1848, sur le conseil d'Auguste Comte, il redigeait 
avec M. Liltre et le doctetir Segond un tres remarquable 
plan de reformes destine a regeinTer les ecoles de mede- 
cine et a en faire la pepiniere feconde d'une nouvellc classe 
de philosophes ; pendant la guerre de 1870 il dirigea les 
services medicaux des armees ; enfin, depuis 187G, il etait 
entre au Senat. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



La science vient de faire une perte considerable dans la 
personne de M. Charles Robin, professeur a la Faculle de 
medecine de Paris, qui vient de mourir a l'age de 
soixanle-quatre ans, frappe par une apoplexie fou- 
droyante. Doue d*une intelligence merveilleuse qui s'af- 

firma des ses premiers travaux, M. Charles Robin a fait j part aux amateurs ; je donne mon procede pour rien. 
faire a la biologie, dans ce siecle, des progres decisifs. 



Mon cher Directeur, 

Ennuye par la presence de deux nids de guepes, situes 
en lerre dans mon jardin, j'ai voulu m'en debarrasser. 11 
m'est revenu enmemoirequ'autrefois,apres mainls essais 
infructueux, je n'etais parvenu a delruire ces voisins ge- 
nants qu'enemployant les grands moyens, masque, gants 
d'armes, foulards, double vetement, voiles, botles, etc., 
avec accompagnement d'un coup de beche dans le gateau 
et d'un flambage general. Malgre ces precautions j'ai 
toujours reussi a me faire piquer, quoique victorieux. 
Cettefois-ci j'ai etelache, et me suis contente a la brune, 
de verser deux kilog. le goudron de houille dans Tentree 
de chacun des nids; le tout recouvert de terre lassee a 
cuit dans son jus pendant huil jours. Aubout de ce temps, 
j'ai decouvert deux superbes gateaux surmonlant une 
puree de guepes goudronnees. L'asphyxie etait complete, 
sauf toutefois pour quelques larves. Ce moyen est-il 
connu? Je ne sais. Si ceia vous parait nouveau, faites-en 



II a pour ainsi dire ete l'initiateur du grand mouve- 
ment de recherches micrographiques qui a regenere Tana- 
tomie, la physiologie et la pathologie, aussi les travaux de 



G. D. 



** 



II y a quelques mois, nous annoncions la disparition du 



M. Charles Robin sont-ils veritablement des travaux de I Naturaliste canadien ; la subvention allouee par le gou- 



philosophie biologique. 



vernement a cette publication ayant ete supprimee. C'est 








avec plaisir que nous apprenons sa resurrection ; nous J echange, des chenilles de Papilio podalirius et ftEiipi- 
recevons a l'instant le premier numero du quinzieme 



volume* 



OFFRES ET DEMANDES 



M. Rene Chaigneau, college Saint-Sauveur, a Redon, 
desire entrer en relations d'echanges avec des Ornitholo- 
gistes. 



* * 



Collection de 35 especes de Belemnites de divers 
terrains representees par 70 exemplaires, en tres bel etat 



de conservation. 



Prix : 60 francs. 



* 



A vendre : Histoire naturelle des oiseaax d'Afrique, 
par Francois Levaillant : 6 volumes in-folio avec 600 plan- 
ches noires et coloriees, representant 300 especes (Paris- 
Delachaussee 1805-1808), en parfait etat de conservation, 
tres bel exemplaire. — Prix : 250 francs. 






Tetes d'insectes preparees pour l'examen microscopique. 
Prix de chaque preparation : 1 fr. 50. 

T£te de Dytiscus marginalis. Coleoptere. Larve. 



Aciliussulcatus. 
Telephorus nielanurus 
Lampyris noctiluca. 
Tenebrio molitor. 
Kakorlac orientali.s. 
Chortippus bilineatus. 
Libellula dcpressa. 



Insecte parfait. 
Larve. 

In sec to parfait. 



\grion puella. 



Panorpa vulgaris. 

Vespa germanica. 

Sericaria rnori. 
Tipula oleracea. 
Eristalis pertinax. 
Calliphora vomitoria 
QEstrui equi. 
tieophilus electricus. 
Lithobius forcipatus. 



Larve. 

Insecte parfait. 

Larve. 
Insecte parfait. 

Larve. 
Insecte parfait. 



Larve. 
Insecte parfait. 



* 



Collection de Mollusques europeens et exotiques com- 
prenant 355 especes et un millier d'exemplaires environ, 
et parmi bon nombre de bonnes especes. 
205 francs. 



Prix 



* * 



Collection do plantes marines prepares pour l'examen 
microscopique, comprenant 09 especes, representant 
35 genres. — Prix : 100 francs. 






thecia innotata. 



* * 



Bonne occasion. — A vendre : un lot d'Hymenopteres euro- 
peens et exotiques, ne comprenant que des Melliferes, 
nontenant plus de 1800 exemplaires, representant environ 
400 especes ; une partie est nominee et quelques especes 
portent des etiquettes de la main du D r Sichel. — Prix : 
100 francs. 



4 * 



M. E. Van den Berghe-Loontjens, a Roulers (Flore occi- 
dental — Belgique), off re en echange, conlre des objets 
d'histoire naturelle autres que des plantes, une collection 
de Cicindelides et Carabides d'Europe, comprenant 
2 500 exemplaires contenus dans 15 cartons. 



* 
* * 



Collection de Coleopteres exotiques, comprenant 
environ 300 especes, rangees dans 4 cartons neufs. 
Prix : 90 francs. 



* * 



50 especes de plantes veneneuses en herbier avec 



carton. 



Prix : 12 francs. 



* 



Collection de fossiles de l'etage liasien, 70 especes 
environ et plus de 175 exemplaires, bien nommes. 

Prix : 65 francs. 



* * 



On demande, neuf ou d'occasion, le premier volume 



Histoire 



rides), par Mulsant. 



* * 



Microscope modelen°l,serieDeyrolle. —Microscope droit 

a pied en fonte de fer verni noir, 
mouvement rapide par le tirage du 
tube dans le canon, mouvement 
lent par vis micrometrique; miroir 
a articulation pour la lumiere obli- 
que, 1 objectif n° 4, ajgrand angle 
d'ouverture, 1 oculaire n° 2, don- 

d'environ 
150 diametres ; le tout renferme 
dans une boite acajou a serrure, 

Prix . 85 francs. 

Livrable de suite 




nant un grossissement 



Pour les collections et renseignements\ Addresser au 
bureau du journal. 



It r/erant, Emile DEYROLLE. 



M. E. Lelievre, a Amboise (Indre-et-Loire), oftre, en I 



589 i 



Paris, Imp. A. L. Guiliot, 7, rue des Canettes 







T Annfce. 



N- 21 




er 



Novembre 1883. iei 













JOURNAL 



DES 



ECHANGES 



ET 



DES 



NOUVELLES 



Paraissant le 1" et le 15 de chaque mois 



ADRESSER TOUT CE QUI CONCERNE 

LA REDACTION ET ^ADMINISTRATION 

Au bureau du journal 

RUE DE LA MONNAIE, 23 



ABONNEMENT ANNUEL : 

Payable d'avance en un mandat-poste a l'ordre du Directeur 



EMILE DEY.UOLLE 

DIRECTEUR 



PARIS 



France et Algeria 

Pays compris dans rUnion postale. 

Tous les autres pays 

(Affranchlssement compris) 



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PAUL GROULT 

Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEI 



Le Journal LE NATURALISTE est rintermediaire offlcieux de tous les amateurs d'histoire naturelle ; il insdre 

gratuitement toute demaude d'echange et de renseignements scientlnque3 emauaut de ses Abonnds. 



r " 



ACADEMIE DES SCIENCES 



et de Madagascar semble montrer que la premiere de ces 
iles n'est pas une dependance de la seconde, ne lui a 
jamais ete rattachee, et qu'elle s'est peuplee aux depens 
de la faune, des regions voisines. 



* * 



De f existence d'un systeme nerveux chez les Pla- 
naires acceles et d'un organe des se?is nouveau chez la 



SEANCE DU 20 JUILLET 1885 

Observations sur la faune de la grande Comore; par 
MM. A. Miine-Edwards et E. Oustalet. 

La faune des iles Comores a ete etudiee par MM. A. 
Milne-Edwards et E. Oustalet sur les collections rappor- 
tees de la grande Comore par M. Humblot, et a ete com- 
paree a celle de Madagascar; il s'agissait de chercher a en I Bien que signale, le systeme nerveux des Plannires 
tirer des conclusions pour savoir si les Comores n'au- I acceles n'a pas ete decrit. M. Yves Delage l'a reconnu 
raient pas fait partie, autrefois, d'une grande terre, dont chez la Convoluta Schultzii et en donne la description. 
il ne resterait que Madagascar, ou si ces iles n'auraient | II existe, malgre l'affirmation contraire de Graff, outre 



Convoluta Schultzii. 



Note de M. Yves Delage. 



jamais ete en continuity. Cette derniere hypothese semble l'otocyste, deux yeux represented par deux taches pigmen- 
la vraie. La grande Comore ne presente malgre ses forets taires jaunes, et de plus, un organe sensitif nouveau 
aucun Maki, aucun de ces Lemuriens communs a Mada- nomme V organe frontal. C'est une masse ovoi'de , de 
gascar; les quelques mammiferes qu'on y rencontre ont m ",04 sur mm ,03 situee a peu de distance de la commis- 
du y e'tre transportes (zebus, chevres, Civeita Schlegeli, sure la plus elevee du systeme nerveux, et dont le petit 
Centetes ecaudatus, Sorex eras sicaudatus et S. mada- I bout s'appuie sur les teguments depourvus de cils a ce 
gascar iensis), ou s'y inlroduire grace a leur vol puissant I niveau, mais munis de courtes papilles coniques regulie- 



{Pteropus Edwardsii, Miniopierus Schreibersi, Niciy- 
nomus limbatus) 



rement disposees. L'animal semble tater sans cesso avec 
les papilles de cet organe qui est tres mobile. Entre un 



cinq especes d'oiseaux ont ete rapportees. Le Coracopsis I nerf et sa gaine il existe une lacune, et cette caviie se 

Circus Hum- I continue partout avec un systeme de lacunes extreme- 



omorensis 



C. sibilans nov. sp., le 
Leptosomus gracil 

Cinnvris Humbloti 



mouroniensis 



ment developpe qui occupe toute la couche des zoochlo- 
relles. Chacune de ces algues est contenue dans une 
cavite libre, et les espaces interposes a ces cavites sont 



rent beaucoup des especes similaires malgaches. Le Tur- I constitues par les lacunes en question. 



comorensis 



* * 



nov 



Muscicapides , le Eumblotia flavirostris , Terpsiphone 
comorensis nov. sp., Eypsipetes parvirostris nov. sp. y 
Foudia consobrina nov. sp., sont remarquables. En 
resume, la comparaison des faunes de la grande Comore 



Morphologie analytique de la mdchoire chez les 
Hyminopteres. — Note de M. Joannes Chalin. 

La constitution des diverses pieces buccal* s, leurs 
affinites morphologiques, rapprochent la machoire des 








— — 




162 



LE NATURALISTE 






I 



■ 



* 

Hymenopteres de celle des insectes broyeurs, ce qui est 
tout Je contraire des notions classiques les plus repan- 
dues sur ce sujet. Chez les Vespides, la machoire est 
supportee par un sous-maxillaire obliquement dirige, sur 
lequel s'eleve un maxillaire tres developpe qui rappelle 
celui des Termites. Un petit tubercule spheroidal, place 
au coteexterne du maxillaire, represente le palpigere et 
porte un palpe multiarticule. .En dedans se trouve le 
sous- galea, petite piece cubique sur laquelle s'insere le 
galea et rintermaxillaire generalement assez reduit. On 
retrouve ici la machoire des broyeurs avec son aspect 
normal et ses pieces constitutives. Le Microgaster depri- 
ma/or a le galea claviforme rappelant celui du Gryllus 
domesticus ou des Oligotomes ; memes dispositions chez 
les Brecon, Gonatopus, Xyphidria, etc. Chez les Peri- 
lampe le galea et rintermaxillaire sont intimement lies, 
ce que Ton va cesser d'observer dans les genres suivants. 
Les Cephus ont un sous-maxillaire petit, oblique, sur 
lequel on voit un maxillaire court, renfle, portant en 
dehors un palpe allonge, tandis que sur la face superieure 
s'eleve un appendice excave interieurement paraissant 
simple, mais constitue par l'union du galea et de rinter- 
maxillaire; de meme chez les Bombides, oil ces deux 
pieces reunies forment la longue lame qui semble consti- 
tuer toute la machoire. Chez les Megachiles, l'etude prece- 
dente permet de rapporter la lame a la coalescence du 
gal 6a et de rintermaxillaire. De proche en proche, on 
arrive aux Apides. De tout ceci on peut conclure que si 
la machoire des Hymenopteres differe parfois et tres 
notablement de celle des insectes broyeurs, il existe 
cependant entre ces types, des liens etroits s'affirmant 
souvent par des dispositions enlierement comparables. 



nombre et la proportion ont une valeur specifique appre- 
ciable, dans le groupement de tant de formes differentes* 
L'etude comparee des formes moyennes permet d'etablir 
cette regie que : a une bouche anterieure ou terminale 
correspondent generalement des branchiospines nom- 
breuses et longues ; a une bouche inferieure correspondent 
generalement des branchiospines courtes et peu nom- 
breuses. Tous les lacs suisses (neuf sur seize) d'une cer- 
taine importance, au nord des Alpes, possedent les deux 
especes sous diverses formes ; dans le Leman, seul, le 
Coregonus dispersus est remplace par une espece com- 
posee. Dans chaque lac, les deux especes restent dis- 
tinctes, aussi longtemps qu'une similitude de conditions 
de frai ne vient pas, comme a Zurich et a Neuchatel, 
interposer des formes batardes intermediaires. Tous les 
Coregones du type C. dispersus, frayent en Suisse au 
fond, souvent a de grandes profondeurs sauf les Dallen 
des lacs de Baldegq et Halwil qui frayent le long du bord, 
dans tres peu d'eau. L'epoque du frai varie, suivant les 
sous-especes ou varietes, du 20 juin au 20 Janvier. La 
nature et la temperature des eaux, la configuration et le 
revetement dufond des lacs, semblent etre les principaux 
agents des diverses formes que Ton rencontre en Suisse. 






Note de MM. M. Ber- 



* 



fra 



Note de M. V. Fatio. 



classifications med iterranea 



Le bassin teriiaire de Grenade 

trand et W. Kilian. 

Le terrain tertiaire de Grenade se compose de couches 
que Ton peut classer de la facon suivante : 1° Helvetien ; 
affaissement, creusement de vallees, retour de la mer; 
conglomerats et depots marins tortoniens. On y trouve 
Ostrea crassissima, 0. gingensis, 0. digitalina, 0. Ve- 
laini ; des cephalopodes neocomiens charries ; Lithotam- 
niurn 



Les Coregones des lacs de la Suisse (dont l'altitude 
varie de 376 metres a 665 metres d'elevation) sont d'ori- 
gine marine et septentrionale. Apres la debacle glaciaire, 
ces poissons vivants dans des milieux differents et confi- 
nes, ont dii se modifier lentement et donner lieu a de 
nombreuses varietes, dont on rencontre d'ailleurs des 
formes parfilleles dans d'autres regions. Seize lacs suisses 
ontete etudies a ce point de vue, etl'on peut affirmer que 
les formes varices de Coregonus qu'on y rencontre, peu- 
vent rentrer dans deux types que Ton trouve hors et loin 
de la Suisse. Ces deux types sont le Lavaret de mer 
(Salmo lavarilits, Linne nee Cuvier) d'une part ; d'autre 
part, le second type, tres repandu sous des formes voi- 
sines de celles de Suisse, semble avoir echappe jusqu'ici 
a 1'ohservation, dans sa forme originelle ou marine. Les 
vingt-quatre principales formes observees dans Jes seize 
lacs etndips, peuvent etre groupees dans deux especes, 
le Coregonus dispersus etleC. balleus; le Lavaret du 
Bourget rentrerait dans la serie du C. dispersus. Les 
caracleros les moins sujets a varier sont tires de diverses 
parlies de la bouche et des branchies. Les arcs bran- 
chiaux sont garnis d'epines (branchiospines) dont le I 



P. Holgeri, Terebratula grandis; Pecten opercularis, 
P.Celestini, P. Fttchsi, Chicaensis et Clypeaster; Pec- 
ten praescabriusculus, Terebratula sinuosa, Cardium 
Mans, Ostrea Boblayei ; Pecten cristatus, Clypeaster in- 
signis, Turitella bicarinaia. etc., Spondylus crassicosta, 
Bryozoaires, Pecten et Cidaris avenionensis se ren- 
contrent a la base et un peu plus haut dans un calcaire a 
bryozoaires. Ce systemeappartient au Miocene superieur. 
2° Tortomien et Sarmatiqne, conglomerats et deprtts 
marins, avec Terebra fuscata, Ancillaria obsoleta, Che- 
nopus pesgracali, Dentalium Bouci, D. inoequale, Nu- 
cula nucleus, Pecten cristnluSr Area dilnvii. Ceratotro- 



lameliosa 



Cer. mitral e et Cer. 



vulgatnm. 3° Aralio-caspien : 
dep6ts saumatres, gypse, et dep6ts lacustres, avec Mela- 
nopsis impressa, Limnea Forbesi, Hydrobia etrusca, 
Piano; bis solidus. 4° Emersion definitive. Calcaire 
lacustre blanc et vacuolaire, avec Planorbis solidus. Lim- 



Hydrobia 



Les depots astiens ne se 



montrent que sur la c6te ou le Miocene fait defaut. Le 
bassin de la mer actuelle ne s'est sans doute affaisse 
qu 'apres le Messinien. 



LE NATURALISTE 



103 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENIER ET GODRON (1) 

Par G. ROUY 

(Descriptions des plantes signages en France et en Corse depuis 1835) 

(Suite) 

Rosa gallicoides Deseglise Catalogue raisonnS des 
^on/Wc d*i aenrp, HnRier. n. 49 : Rorbas Primitive mono- 



rosarum imperii 



) 37 ; 



(1880), p. 325. 



Primitise monogr. rosarum 



am 



Arvenses 



Sect. Synslyla? D. C, 
Caracteres generaux du R. ar- 
»rtilP5? et relets steriles munis 



sommet de glandes fines 



le plus 



souvent entreme'le'es d'acieules; rameaux floriferes 
pour mis aussi de glandes ou de glandes et d'acieules 
dans leur partie. superieure, au-dessous des pedoncules; 
folioles irregulierement dentees ou doublement dentees- 
g landuleuses , a dentelure ± ouverte-, stipules supe- 
rieures et oraches munies de glandes ainsi que les pe- 
tioles ; tube du calice glanduleux, au moins a la base ; 
sepales appendicules, cilies-glanduleux; styles soudes en 
une colonne allongee, grele, glabre. 

Var. pseudostylosa Nob. (R. slylosa Desv. var. galli- 
coides Baker, R. gallicoides Desegl., R. bibracteata Bast, 
var. glandulosa Lloyd). — Tiges robustes; feuilles 
moyennes a 7 folioles ; folioles des feuilles superieures 
ovales-lanceolees ou lanceolees, grandes. profondement 
dentees, a dentelure ouverte, irreguliere, a dents simples 
ou pourvues de 1-2 denticules accessoires glanduleux; 
tube du calice obovo'ide, glanduleux a la base ; sepales 
cilies-glanduleux; fleurs grandes, blanches; fruit relative - 

ment petit, ovoide-allonge. 

Loire-Inferieure : Vertou (Georges de l'lsle du 

Dreneuf; herb. R., Lloyd.). 

Var. pseudobibracteata Nob. — Tiges robustes; feuilles 
moyennes a 7 folioles largement ovales, luisantes en des- 
sus, folioles des feuilles superieures ovales-elliptiques ou 
ovales-lanceolees, grandes, plus larges et moins profon- 
dement dentees que dans la variete pseudostylosa, a den- 
telure ouverte, assez reguliere, a dents simples ou pour- 

de 1-2 denticules accessoires glanduleux; tube 
du calice obovo'ide, subglobuleux, glanduleux au moins 
a la base, parfois sur toute sa surface ; sepales cilies- 
glanduleux; fleurs grandes, en corymbes 2-4-flores ou 
solitaires ; fruit relativement gros, subglobuleux. 



Hab. 



vues 



Hab. — Seine-et-Oise : Montfort-V Arnaury (herb. R., 

Delacour) . 
Var. pseudoreptans Nob. — Tiges assez greles, decom- 

bantes; feuilles moyennes a 5, plus rarement7 folioles 
relativement petites; folioles des feuilles superieures 
ovales-elliptiques ou ovales-lanceolees, a dentelure 
ouverte, profonde, a dents toutes munies de 1-3 denticules 
accessoires glanduleux ; tube du calice ovoide, couvert de 
glandes; sepales glanduleux aux bords et sur le dos; 



(1) Voy. le Naturalise du 15 octobre 1885. 




fleurs petites, solitaires, rarement 2-3 au sommet d'un 
rameau; fruit petit, ovoide ; plante tres glanduleuse. 

Nous n'avons pas encore vu cette variete pro- 



Hab. 
venant de localites francaises. 

Var. pseadorepens Nob. — Tiges peu robustes; feuilles 
moyennes a 5, plus rarement 7 folioles de grandeur va- 
riable; folioles des feuilles superieures ovales-elliptiques 
ou ovales-lanceolees, a dentelure plus ou moins irregu- 
liere, peu ouverte, a dents simples ou munies d'un denti- 
cule accessoire glanduleux; tube du calice ovoide, glan- 
duleux au moins a la base; sepales eilies glanduleux; 
fleurs relativement petites, generalement solitaires; fruit 
ovoide ; plante sensiblement moins glanduleuse que les 
varietes precedentes, a rameaux floriferes peu glanduleux 
au sommet et a glandes souvent nonentre melees d'aci- 
eules. 

Hab. — Nievre : cateaax des environs de Pougues 
flftouy). — Charente: Eoccideuil (herb. K., A. Guillon). 
Alpes-Maritjmes : bois sur les pentes du mont Farguet 
pres de VEscarene (Burnat et Greuili); descenie du col 
de Braussur Sospel {herb. R., Burnat). 

Var. pseudoscandens Nob. — Tiges peu robustes, cou- 
chees ; feuilles assez epaisses, mais caduques (! sec. Tues- 
kiewicz), les moyennes a 5 folioles, les superieures a 
folioles ovales-elliptiques ou ovales-lanceolees, a dente- 
lure plus ou moins irreguliere, subeonnivente, a dents 
simples ou pourvues d'un denticule accessoire glanduleux; 
tube du calice obovolde, charge de glandes ainsi que les 
sepales courts, peu appendicules ; fleurs petites, blanches 
lavees de rose en dehors, solitaires ou disposees par 2-4 
au sommet des rameaux ; fruit petit, ovoide ou subglo- 
buleux. 



Hab. 



Gard : Coleaux calcaires au Vigan {herb. It., 



Diomede Tueskiewicz). 
Aire geographique. 



losa); Belgiqi 
tans) ; (etc.) ?. 



c 



Angleterre (var. pseudosly- 
Grepin); Tyrol (var. pseudorep- 



Obs. 
monogt 



C'esten 1869, dans le fascicule I des PrimUhe 
phize rosarum (p. 38; de M. Crepin, que se 



trouve mentionnee, mais sans description, l'existenee en 
Belgique de formes glanduleusesdu Rosa arvensis Huds. 
La meme annee, J. G. Backer decrit {Monograph of 
British Roses y p. (240-197 = 43, une variete gallicoides 
du JR. stylosa Desv., qu'en lb77 Deseglise {Catalogue 
raisonne, p. 49) reconnait apparlenir au groupe du 
R. arvensis et qu'il signale pour la premiere fois en 
France, d'apres M. G. de iTsle du Dreneuf, a Vertou (par 
erreur ecrit « Torton »), dans le departement de la Loire- 
Inferieure, en relevant au rang d'espece sous le nom de 
R. gallicoides. M. Lloyd, dans la 3 e edition de sa Flore de 
Vouest de la France (p. 112), admettant le R. bibracteata 
Bast., lui rapporte comme var. glandulosa le Rosier de 
Vertou. 

■ 

D'autre part, des 1871, nous recoltons dans le departe- 
ment de la Nievre, sur les coteaux entre La Charite et 
Fourchambault, pres de Pougues, un Rosa arvensis a 
rameaux floriferes et rejets steriles glanduleux-aciculi- 












- 



164 



LE NATURALISTE 



fdres; MM. Burn at et Gremli publient (Roses des Alpes- 

Maritime*) p. 126) en 1879, sousle nom de R. paradoxa f 

tine forme glanduleuse du R. arvensis momentanement 

prise pour un hybride des R. arvensis et R. scepium par 

M. Christ. — 1881 voit surgir trois indications de localiles 

nouvelles pour cet interessant Rosier : 1° les environs de 

. Trente (Tyrol) ; nous le trouvons, en effet, dans un lot de 

Rosiers qui nous sont envoyes a determiner par II. Gelmi, 

zele botaniste que nous avions vivement engage l'annee 

precedente a entreprendre la recolte et l'etude minutieuse 

des Rosa de sa riche region (1); 2° Excideuil (Charente); 

ou le decouvre M. Guillon ; 3° les coteaux calcaires du 

Vigan (Gard), d'ou M. Diomede Tueskiewicz nous adresse 

la si curieuse forme qui constitue notre variete meridio- 

nale pseudoscandens. —Enfin, en 1882, MM. Delacour et 

Gaudefroy le rencontrent dans les haies de Montfort- 

l'Amaury (Seine-et-Oise), et MM. Burnat et Gremli men- 

tionnent, dans leur Supplement, une nouvelle localite 

dans les Alpes-Maritimes, en ratlachant leur R. paradoxa 

comme var. gallicoides au R. arvensis. 

Nous avons recu de M. Boenitz le R. gallicoides d'An- 
gleterre, distribue par If. Johannes Fraser, de MM. Bur- 
nat, Delacour, Gelmi, Guillon, Tueskiewicz des exem- 
plaires du rosier recolte par eux, de M. Gadeceau le Rosa 
de Vertou recueilli par M. Lloyd ; nous avons done pu 
reunir les elements necessaires pour apprecier le R. gal- 
licoides sous ses divers aspects. — G'est aiors que nous 
avons acquis la conviction que tous ou presque tous les 
Rosiers du groupe des R. arvensis avaient, dans une serie 
parallele, des formes correspondantes toujours plus ou 
moins glanduleuses sur les rameaux floriferes et les 
rejets steriles, parfois aussi aciculiferes, dont l'ensemble 
constituait le R. gallicoides. Ainsi, notre var. pseudos- 
tylosa correspond a peu pres au R. conspicua, tout en 
tirant comme port sur celui du R. stylosa ; notre vav.pseu- 
dobibracteata correspond a la forme Ubracteata Christ 
(R. bibracteaia Dumort. f, Bast?),notre var. pseudoreptans 



i 



R. ovata Lej., conspicua Bor. t Baldensis Kern., etc., qui 



ne sont a notre avis, que des varietes du type R. arvensis, 
n'offrant aucun caractere stable sur lequelon puisse baser 
avec certitude leur separation, nous n'hesitons pas a ad- 

■ 

mettre comme sous-espece le R. gallicoides Desegl. (sensu 
ampl.), tel que nous venons de le presenter, plante tel- 
lement reconnaissable a premiere vue, merne dans ses 
limites extremes de variation, que pas un botaniste ne 
nous l'a envoyee sous un autre nom, unanimite qui n'est 
pas precisement frequente a notre epoque de morcelle- 
ment a outrance du genre Rosa. — Ajoutons que nous ne 
doutons pas que, recherchees attentivement, quelques- 
unes de nos varietes du R. gallicoides soient trouvees 



dans de nouvelles regions. 



(A suivre.) 



SU R 



LA 



RAGE 



\ 



M. Pasteur, l'eminent savant, a fait, le 26 octobre der- 
nier, a l'Academie des sciences, une communication de la 
plus haute importance sur la rage, sur les moyens de la 
combattre, de la prevenir apres morsure, non seulement 
chez les animaux, mais meme chez l'homme. M. Pasteur 
s'etait occupe surtout, dans ses dernieres experiences, 
de diminuer la periode d'incubation de la rage, de facon 
que Ton put savoir au bout de combien de temps Timmu- 
nite etait acquise aux animaux inocules. Apres une 
vingtaine d'inoculations par trepanation de lapin a lapin, 
on atteint une duree d'incubation de sept jours que Ton 



retrouve avec une regularite etonnante pendant une serie 
nouvelle de passages allant jusqu'auquatre-vingt-dixieme; 
e'est a ce chiffre que M. Pasteur en est aujourd'hui. Ces 
inoculations sont faites avec de la moelle rabique prise 
sur un chien atteint de la rage des rues; a la premiere 
inoculation, la rage demande quinze jours d'incubation. 
Dans toute son etendue la moelle presenle la meme con- 
sistance dans la virulence. Si on expose a Tair sec des 



repens 



pseudorepens correspond 
repens Scop .),- enfin, notre var. pseudoscandens, qui a 
quelque analogie de port avec la forme scandens (R. scan- 
dens Mill.) du R. sempervirens, correspond au R. pervU 



Cr- 



media 



correspond a la forme reptans Crep. (a feuilles petites, a fragments de moelle rabique de quelques centimetres 
dents finements surdentees glanduleuses; ; noire var. | d'epaisseur, la virulence va s'eteignant, et elle varie avec 

Fepaisseur de la moelle et avec la temperature. Pour pra- 
tiquer les vaccinations, on a une serie de flacons ou Ton 
maintient a Fair sec les fragments de moelle. M. Pasteur 
explique comment il procedait avec les chiens : 

c Dans la peau d'un de ces animaux, j'inocule chaque 
Soc. et. tc. natur. Nimes 1882) (2). — Des lors, si, d'accord jour une pleine seringue Pravaz de bouillon sterilise, dans 
avec la plupart des monographes autorises de ce genre lequel on a delaye un petit fragment d'une moelle en 
difficile, nous n'acceptons comme espece, ou meme sous- dessiccation. Je prends, en commencant, une moelle d'un 
espece, ni le R. bibracteata auct. {an Bast ?), ni les J numero d'ordre assez eloigne du jour oil j'opere, et je 

termine par une moelle tres virulente, placee depuis un 
jour ou deux jours dans un flacon. Le chien est alors 
refractaire a la rage. On peut lui inoculer le virus rabique, 



(1) En Janvier 1884, If. Gelmi a public, dans le Deulschen botanis- 
chen Monatsschrifft, une interessante note sur les formes du groupe 
du R. arvensis qui existent aux environs de Trente. 

(2) Nous avons reou de MM. B. Martin et Tueskiewicz le /?. pervi- 
reas Graft.* rosier ligitieux qui appartient, selon nous, au groupe 



forme 



terrains sees, dont les feuilles sont plus coriaces et plus luisantes 
que dans lesautres varietes du R. arvensis, mais qui $'y relie par 
des intermediairesr, notamment par le R. Andorce Burn, et Gremli que 
nous a remis M. Bcrnat. 



qui, d'ailleurs, a ce moment-la, 



• • * 



qu'augmenter 
l'immunite, » 

M. Pasteur rend compte ensuite du traitement qu'il a 
fait suivre a un homme enrage. 

| Le lundi, 6 juillet, arrivaient a son laboratoire trois 
personnes d'Alsace qui avaient ete mordues par un chien 
enrage. Parmi elles etait un enfant de neuf ans, mordu le 




I 



LE NATURALISTE 



165 



4 juillet a quatorze endroits; quelques morsures etaient | celles-ci peuvent done, suivant toute probability germer 
tres profondes, et quoiqu'il eftt ete cauterise par un me- avant l'automne etlesindividus qui en proviennent fleurir 
decin douze heures apres, on pouvait considerer cet et fructifier l'ete suivant. 

enfant comme perdu, d'autant que l'autopsie du chien D'apres 1'illuslre auteur du Summa,i\ n'est pas possible 
avait demontre la realite de la rage. L'enfant avait d'ail- de confondre les A. ciliata L. et Gothica Fr. : <c Qui banc 
leurs ete couvert de la bave du chien. MM. les docteurs. | « (4. Gothicam) et veram A. ciliatam cultas simul vidit 

« cum bac nunquam confundet. » (Fries, Summ. Veg. f 



158). 



Outre le mode de vegetation, e'est-a-dire la non peren- 



Vulpian et Grancher ont constate son etat et garantissent 
les experiences. 

On commenca les inoculations le 6 juillet, soixante 
heures, par consequent, apres les morsures. On les pra- I nance et Fabsence de rejets, VA. Gothica differe encore de 

tiqua au moyen d'un pli fait a la peau du flanc droit, ou VA. ciliata par sa capsule proportionnellement plus 

l'on injecta une demi-seringue de Pravaz, du produit de longue; les graines m'ont paru plus fortement tubercu 

la dilution d'une moelle recueillie le 21 juin. Les 7, 8, 9, leuses-chagrinees; enfin, le port n'est pas sans analogic 

10, 11, 12, 13, 14 f 15, 16 juillet on inocula, soit deux fois, avec celui de VA. serpyllifolia « Herba A. serpyllifolise 

soit une fois par jour, les dilutions de moelle de 14, 11, magisque fugax... » (Fries, loc. cit.). 

9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 jour, soit 13 inoculations en 10 jours. Sont-ce la des caracteres suffisants pour constituer ce 

Un plus petit nombre eut suffi, mais on voulut s'entourer qu'on est convenu d'appeler une bonne espece? 



f 



de toutes les garanties. Sur neuf lapins trepanes, on 
constata que les moelles inoculees les 6 e , 7 C , 8 C , 9 e et 
10 e jours n'etaient pas virulentes; mais que celles des 
11% 12% 15 # et 16" jours etaient virulentes. Celles des 
15* et 16 e jours manifesterent leur virulence apres 7 jours 



Malgre Tautorite de Fries, j'en doute. De nombreuses 
observations ont depuis longtemps ebranle ma confiance 
dans le criterium specifique fourni par le mode de vege- 
tation. 

Quoi qu'il en soit, il semble demontre par ce qui precede 



D r Bonnet. 



d'inoculation. L'enfant avait done recu, les 15 e et 16 e jours, que VA. Gothica a ete recueilli dans le Jura francais, et je 
un virus des plus virulents. II est toujours en excellent pense, qu'avant d'infirmer l'echantillon de Fherbier Gre- 
etat de sante et a done echappe aux consequences des j nier, de nouvelles et serieuses recherches sontnecessaires. 
morsures et des inoculations. 

Cet enfant a done echappe non seulement a la rage 
causee par les morsures, mais encore a celie qui lui a ete 
inoculee pour controler rimmunite. 

M. Pasteur a recu dernierement un second sujet, un 
jeune homme de quinze ans, mordu par un chien enrage, 
et qui est actuellement en traitement. 



LES DINOGERATIDES 



L'ARENARU G0THIG4 Fr. est-il une plante 1'rancaise? 



M. Albert Gaudry vient de presenter a TAcademie des 
sciences une note fort interessante sur les Dinocera- 
tides que M. Marsh a recueillis en Amerique dans l'eocene 
du Wyoming. Nous reproduirons cette note en partie. 
Depuis Tetablissement du chemin de fer qui traverse 
l'Amerique des cotes de Tocean Atlantique a celles du 
Je crois utile de faire intervenir dans le debat qui vient I Pacifique, des contrees jusqu'alors fermees a la science 
de s'ouvrir a propos de YArenaria Gothica, un document ont ete explorees. On y a trouve une multitude d'ani- 
dont il n'a pas ete suffisamment tenu compte jusqu'ici. maux fossiles, dont plusieurs sont tres differents de ceux 
Lorsqu'un auteur aussi scrupuleux et aussi exact que connus en Europe. La region du Wyoming, comprise 
Grenier est mis en cause, ilest necessaire, avant toute con- entre les Montagnes-Rocheuses et la chaine du Wahsatch, 
elusion, de verifier ce qu'en botanique on est convenu est une de celles qui ont fourni le plus de surprises aux 
d'appeler les types de cet auteur. Or il existe dans l'herbier paleontologistes. A Tepoque eocene, la mer qui Toccupait 
de Grenier deux echantillons d'un Arenaria classe par ce pendant Tepoque cretacee a ete remplaceepar de vastes 
botaniste dans YA. Gothica Fr. et portant de sa main la lacs d'eau douce, sur les bords desquels s'est epanouie 
mention : * Reculet, 1838. » L'un de ces specimens, malgre une riche vegetation et s'est developpee la famille des 
Tabsence de souche, parait appartenir a VA. ciliata L. ; gigantesques Pachydermes auxquels on a donne le nom 
Tautre tres complet et pourvu de tous ses organes de ve- I de Dinoceratides. M. Marsh vient d'envoyer a If. le pro- 
getation est identique a YArenaria du lac des Ponts le- I f esseur Albert Gaudry, pour le museum de Paris, une 
quel, suivant moi, ne differe pas specifiquement de YA. \ serie de modeles qui permettent de s'en faire une idee 



Gothica publiee par Fries (Herb. norm. suec. V. n° 34). A 
la verite, la plante du Jura est plus robuste et plus rameuse 
que celle de Suede, mais je ne puis trouver la motif de se- 
paration ; quant a la racine elle est depourvue de rejets et 
franchement bisannuelle, en ce sens que les capsules de 
YA. Gothica du Jura sont mures des le milieu de juillet et 
qu'a cette epoque la plante a deja repandu ses graines ; 



tres exacte. 

La vue de ces cranes explique facilement leur nom 
(Sstvcs, terrible ; xspa?, corne). Les os du nez portent en 
avant deux petiles protuberances osseuses ; les maxillai- 
res produisent au-dessus des canines deux fortes protu- 
berances; une troisieme paire de protuberances encore 
plus grosses est formee paries parietaux; elles se conti- 




ic 



166 



LE NATURALISTE 



grandes 



nuent avec une enorme crete qui borde le haut de la 
partie posterieure de la tete, laissant un grand creux 
dans le milieu. Le cerveau laisse completement a decou- 
vert les lobes olfactifs ainsi que le cervelet, et il est plus 
petit que dans aucun autre mainmifere, il a l'aspect d'un 
cerveau de reptile. Le Coryphodon, qui a ete etudie d'une 
facon si remarquable par M. Ilebert, est 1'animal qui 
semble se rapprocher le plus des Dinoceratides, to at en 
etant encore bien eloigne. Malgre leur taille enorme et 
certaines dispositions de leurs membres, les 
betes cornues des Western-Territories ne peuvent etre 
rapprochees des Proboscidiens, car elles n'avaient ni 
trompes, ni incisives superieures, et, bien que leurs pattes 
presentent quelque ressemblance avec celles des ele- 
phants, elles different en ce que leur cubo'ide supporte 
l'astragale et non le naviculaire. En realite, les Dinocera- 
tides sont des creatures qui, apres avoir contribue a 
donner une physionomie propre a l'epoque eocene, ont 
disparu sans posterite. II parait etonnant de voir appa- 
raitre des l'epoque tertiaire des betes si puissantes, car 
les recherches qui ont ete faites dernierement en Ameri- 
que, comme celles qui ont eu lieu en Europe, n'ont 
jusqu'a present fourni que des mammiferes secondaires 
assez ch6tifs. 



VAMETES 



Encore quelques lignes au sujet des aberrations chez les 
Vanesses. Comme ledittresjustementNLE. Ilabauddans sa 
reponse a mon premier article, j'aiconfondu dans un meme 
groupeles aberrations et les varieles; mais je l'ai fait a 
dessein, car je regarde que les aberrations etablies chez 
les Vanesses sont tout a fait conventionnelles 

Lisezen effet les descriptions de Berce : Ab. Porima est 
Tintermediaire entre Prorsa et Levana, c'est a-dire Tin- 
termediaire entre un type et sa variete. Pour ab. ioides 
c'est mieux encore, cette aberration ne differe dutype que 

- 

par une taille moindre; or nous voyons a chaque page de 
nos catalogues var. minor. Pourquoi ici faire une aberra- 
tion? II ne nousreste done que ab. testudo, eelle-ci je l'ac- 
cepte, mais on peut l'obtenir artificiellement, ce qui vient 
tout k fait a l'appui de l'opinion que j'emettais. 

Un dernier mot. II est reconnu que des croisements, 
rarissimes du reste, ont lieu entre oiseaux d'especes diffe- 
rentes, je citerai entre autres le genre Anas (Canards 



PROGRAMME 



DU 



CONGRfiS DES SOCIETES SAVANTES 



A la Sorbonne en 1886 



SECTION DES SCIENCES NATURELLES ET DES SCIENCES GEOGRAPHIQUES 



1° Etude du mode de distribution topographique des 
especes qui'habitent notre littoraL 

2° Etude detaillee de la faune fluviatile de la France. 
Indiquer les especes sedentaires ou voyageuses, et, dans 
ce dernier cas, les dates de leur arrivee et de leur depart. 
Noter aussi l'epoque de la ponte. Influence de la compo- 
sition de l'eau. 

3° Etude des migrations des oiseaux. Indiquer les dates 
d'arrivee et de depart des especes de la faune francaise. 
Signaler les especes sedentaires et celles dont la pre- 
sence est accidentelle. 

4° Etudes des phenomenes periodiques de la vegetation ; 
dales du bourgeonnement, de la floraison et de la matu- 
rite. Coincidences de ces epoques avec celles de l'apparition 
des principaies especes nuisibles a Tagriculture. 

5° Examiner et discuter Tinfluence qu'exercent sur les 
insectes les temperatures hibernales et leur duree plus 
ou moins longue. 

6° Etude des insectes producteurs de miel et de cire. 

7° Etudier au point de vue de Tanthropologie les diffe- 
rentes populations qui, depuis les temps les plus recules, 
ont occupe, en totalite ou en parlie, une region deter- 
mined de la France. 

8° Epoque, marche et duree des grandes epidemies au 
moyen age et dans les temps modernes. 

9° Comparer entre eux les vertebres tertiaires des di- 
vers gisements de la France, au point de vue des modifi- 
cations successives que les types ont subies. 

10° Comparaison des especes de vertebres de l'epoque 
quaternaire avec les especes similaires de l'epoque ac- 
tuelle. 

11° Comparaison de la flore de nos departements raeri- 
dionaux avec la flore algerienne. 

12° Influence des plantations d'eucalyptus au point de 



vue de Fassainissement des terres marecageuses. Utilisa- 
tion de ces arbres. 

13° Etude des arbres a quinquina, a caoutchouc et a 



sauvages). Mais l'exemple donne dans la reponse a mon gutta-percha. Quelles sont les conditions propres a leur 
article, c est-a-dire le croisement entre le F. Carduelis et culture ? De j e ur introduction dans nos colonies 



F.Canaria ne peut pas etre applique d'une facon probante ; 
tous les naturalistes savent en effet que l'etat de capti- 
vite modifie beaucoup les instincts des animaux. Sauf 
cette restriction, je suis a ce sujet absolument du meme 
avis que M. Rabaud. 



14° Etudier l'influence de la chaine des Gevennes dans 
les limites apportees a la propagation vers le nord des 

especes vegetales et animales de la region mediterra- 
neenne. 



enlre animaux de genres differents. 



, . . . ... j . , 15° Exposer les decouvertes archeologiques qui ont servi 

Comme lui aiissi je ne suppose pas poss.ble des unions k determiner le site de villes de l'antiquite ou du moyen 

age, soit en Europe, soit en Asie, soit dans le nord de 
V Afrique. 

16° Signaler les documents geographiques curieux 
(textes et cartes manuscrits) qui peuvent exister dans les 



Ch. Royer. 



Langres, octobre 1885. 








LE NATURALISTE 



167 






bibliotheques publiques et les archives des departements 

et des communes. 
17° Etudier les mouvements generaux des sables en 

Afrique et en Asie. Determiner les regions oil les sables 
reculent et celles oil ils progressent. 

18° Etudier les resultats geographiques obtenus a la 
suite de grandes explorations accomplies recemment au 
Congo, dans PIndo-Chine et au Tonkin. 



CHRONIQUE ET NOUVELLES 



M. Argod a communique a la Societe entomologique de 
France la description d'une nouvelle espece aveugle de 
Coleoptere, prise dans la Grotte de Saint-Mesne (Isere). 

Trocharanis (Reitter) Xambeui Argod. — Corps 
allonge, ovalaire, convexe, brun jaunatre, couvert d'une 
pubescence soyeuse jaune dore. Antennes grossissant le- 
gerement vers Pextremite, un peu moins longues que le 
corps chez la 2, le depassant insensiblement chez le o* : 



l ,r article plus court que les autres, renfle vers Pextremite. 
Dernier article des palpes maxillaires pubescent et se ter- 
minant en massue. Tete beaucoup moins longue que le 
prothorax; ce dernier est plus long que large chez le ^, il 
Test un peu moins chez la 9. C6tes anterieurs du prothorax 
arrondis et retrecis en dedans a la base qui est legerement 
acuminee. La 2 e moitie posterieure du prothorax off re sur 
les cotes une fossette allongee bien marquee. Angles an- 
terieurs legerement arrondis. Elytres oblongues-ovales 
attenuees vers l'extremite et depassant souvent de beau- 
coup Pabdomen, principalement chez les femelles. Strie 
suturale assez profonde, n'allant pas au dela des trois 
quarts de la longueur des elytres, les suivantes tres peu 
marquees, nulles sur les cotes externes. Paltes pubescen- 
tes, longues et greles, a Pexception des tarses anterieurs 
du <? qui sont tres dilatees ; l er article trapezoidal allonge, 
2 C presque carre, 3 e arrondi en forme de disque, plus petit 
que le 2 C , lequel est plus etroit que le l er ; 4 e triangulaire, 
beaucoup moins large que les precedents. Le 5% grele et 
tres allonge, se terniine par un crochet bifide. Les quatre 
premiers articles sont echancres a 'a base. — Long. 4,5 a 

4, 7millim. 

- 

Nous citerons parmi les prix que la Societe d'en- 
couragement pour l'industrie nationale propose pour 
Pannee 1886 ceux qui se rattachent a la culture ou aux in- 



dustries forestieres. 

Prix de 2,001) francs pour la decouverte et la mise en 
oeuvre d'un procede pour P Utilisation du tannin contenu 
dans les ecorces ou autres matieres premieres non encore 
appliquees dans la tannerie. 

Prix de 2,000 francs pour la meilleure 6tude sur Pagri- 
culture et Peconomie rurale d'une province ou d'un de- 

partement. 

Prix de 1,000 francs pour le meilleur procede de destruc- 
tion des courtilieres ou des hannetons. 

Prix de 1,000 francs pour Pemploi au boisement des 



terrains pauvres et arides d'une essence d'arbres peu uti- 
lisee et dont les produits soient au moins aussi avantageux 
que ceux des essences forestieres employees. 

Les memoires et pieces destines a etablir les droits des 
concurrents devront etre adresses au secretaire de la 
Societe d'encouragement pour Tindustrie nationale (rue de 
Hennes, 44), avant le l cr Janvier 1886, terme de rigueur. 
Le programme detaille des prix mis au concours est deli- 
vre gratuitement au siege de la Societe. 






M. P. Pelsener, docteur es-sciences, a publie dans le 
Bulletin scientifique du departement du Nord une note 
sur la distinction specifique des Sepiola Atlantica et £. 
Rondeleti, note que nous resumons. 

M. Pelseneer a etudie un assez grand nombre de S. 
Atlantica, et a pense tout d'abord qu'il n'avait affaire qu'a 
une seule forme sexuelle, car les premiers individus exa- 
mines etaient tous femelles. Geffryes avait considere ces 
deux especes S. Atlantica et S. Rondeleti, comme les 
deux sexes d'une seule espece. Mais, dans la suite, Tauteur 
dela note rencontra plusieurs specimens males, facilement 
reconnaissables par la forme des organes et des produits 
genitaux. La presence des deux sexes chez S. Atlantica 
prouve suffisamment que cette forme est spedfiquement 
dislincle de S. Rondelelt. 



* 



M. L. David, a Nantes, nous adresse la lettre suivanle : 
« J'appelle l'attention des Lepidopterologistes sur un 
fait singulier qui se produit en ce moment dans notre re- 
gion, c'est la quantite assez considerable des papillong du 
Sphinx a tete de mort {Acherontia Atropos) qui ont fait 
leur apparition cet automne. Bien des personnes etran- 
geres a l'entomologie m'ont parle de ce sphinx qu'elles 
trouvaient le jour, en repos, un peu partout. Je ne me rap- 
pelle pas Tavoir rencontre aussi frequemment. A quelles 
causes attribuer 1'abondance de A. Atroposl je serai cu- 
rieux de savoir si on a remarque sur d'autres points la 
meme abondance de ce Sphinx. » 



* 



M. E. Ragonotvient de faire connaitre une nouvelle es- 



pece franchise de microlepidoptere. 



am 



Rag. 



Enverg. 14 



mill. — °* et +. — Ailes superieures etroites, de couleur 
bronze cuivre, fortement teintees, surtout vers Tapex, de 
violet fonce. Deuxieme article des palpes un peu squam- 
meux par devnnt. Antennes du <? avec Particle basilaire 
elargi par des ecailles violettes qui formenten dessous une 
touffe herissee ; deuxieme article un peu epaissi par des 
ecailles violettes, mais lisses ; audela, Tantenneest formee 
d'articles lisses, brims jusqu'au milieu, puis, jusqu'£ 
Papex, les articles sont elargis,faiblemenl anneles de noir. 
La $ ressemble au <? 9 mais elle est davantage teintee de 
violet et ses antennes sont epaissement garnies jusqu'au 
milieu d'ecailles herissees, qui sont de couleur vert bronze 
tres briilanl a Textreme base de Pantenne, violettes 






168 



LE NATURALISTE 




milieu et (Tun bleu noir au-dessus; au dela,les articles de 
rantenne sont serratiformes, bruns jusqu'au dernier cin- 
quieme de la longueur, ensuite blancs, faiblement anneles 



de noir en dessous. 



Cannes. 



melilotella 



deauratellaZ. 



lifornie), Megacephala Senegalensis (Seneg.), Tetracha 
4-signata (Seneg.), Tetr. crucigera (P. Denisou), Tetr. 
acutipennis (Antilles), Tetr, A7^u(Colombie), Tetr. Caro- 
lina et varietes (Bresil), Oxygonia Buchleyi (Equateur), 
Oxyg. mocoensis (Equateur), Cicindela Peletieri (Alge- 
rie), C c. heros (Celebes), Cic. regalis (Seneg.), Cic. 
asperula (Seneg.), Cic. nivea (Bresil), Cic. dorsalis (Am. 
S.), Cic. Candida (Cap), Cic. Cherubini (M. Video), Cic. 
Dumolini (Seneg.), etc., etc . , Eury oda concinna (Seneg.), 
(Enictomorpha posticalis (H. Kong), Therates labiatus 

(N. Guinee), Th. coracinus (N. G.), etc., THcondyla 
Collection d'hymenopteres europeens de lafamilledes I ap(er a^. G.),Tr. pulchripes^mm), Collyrislongicollis 
Braconides, 80 especes et 150 exemplaires, en parfait (Java)f etc ., etc.; Agra cenea (Cayenne), Siagona mandi* 
etat, provenant des chasses de cette annee. 



OFFRES ET DEMANDES 



00 francs. 



* 



Pnx : balaris (Galam.), Graphipterus serrator (Egypte), Gr. 

Barthelemyi (Tunis), etc., Anthia maxillosa (Cap), A. 
venator (Algerie), A. Mellyi (Natal), etc., Tceniolobus 
Collection de Radiolaires, prepares pour 1'examen I peruvianus (Perou), Brachygnatus oxygonus (Bresil), 
microscopique, 24 especes bien nominees et parmi les I Dicaelas purpuratus (Am. S.), Mecodema sculpturatum 
genres Lychnocanium, Eucyrtidium, Stylosphera, Au- (^^Zelande) $ CatadromusLacordairei(Ansiralie) 9 £[oma- 
tocyrtis, Dicespira, Euchitonia, etc. — Prix : avec boite | losoma Ucolor (Tasmanie), Morphnos Flindersi (Aust.), 
a rainures, 40 francs. 



# 



Zabrus robustus (Grece), Onychopterygia tricolor, ful- 

gens (Mexique), Anophthalmia Bilimehi, hirtus, dalma- 

tinus, Ray mondi (Carniole) , Ega pullipes (Mexique), Ta- 

Collectionde Zoophytes et deBryozoai res, prepares I cTiys Focki, globulus (Philippines), E. tragonoderus 

pour 1'examen microscopique, 90 especes bien nominees, figuratus (Bresil), Coplodera cyanella, Mormolyce phyl- 

parmi Aglaophoenia tubulifera; Amathea polycisti- lodes (Java), Silphomorpha fallax,picla (Australie),.4cte- 

dea; Bugula cucullata, turbinata; Catenicella plagios- I lotopus Dytiscoides (Australie), etc., etc. Cette collection, 

■ 



toma 



Cellepora Castazii; Membranipo 



tubercu- comprise dans 24 cartons, comprend 917 especes et 1 919 



lata, etc. — Prix, dans une boite a rainures : 140 francs. 



* 



exemplaires; c'est une fort bonne occasion, 
tons compris : 650 francs. 



Prix, car- 



M. Houdion, 21, rue Saint -Denis, a Lagny (Seine-et- 
Marne)demande a se procurer par echanges, des ouvrages, 
neufs ou d'occasion,traitant deLepidopteres. 









On demande, neuf ou d'occasion, le premier volume de 
V His toire nature lie des Punaises de France (Scutelle- 
rides), par Mulsant. 



Herbier de 50 plantes veneneuses, avec carton. 



Prix : 12 francs. 






Pour les collections et renseignements 9 s'adresser ait 
bureau du journal. 



Collection apicole comprenant des types d'Abeilles, fe- 
melle oureine, male ou faux bourdon etneutre ououvriere, 
des echantillons de cellules ; les principaux ennemis des 
abeilles, avec des exemples de leurs degals ; le tout con- 



X 



Prix: 30 francs. 



ERRATA 

Num6ro du 15 octobre. — (Sur une nouvdle division des Faluns 

de Touraine), page 157 



* 



l r e colonno, ligne 30 lire Brocch, 

Renier, 



M. Gampert, 5, rue des Granges, a Geneve, demande en 
echange des oeufs du B. Yama-Mai. 



2« colonne, 






Belle occasion 



: magnifique collection de Coleopteres 
europeens et exotiques, comprenant les Cicindelides etles 

Carabides, moins les carabes 

toute fraicheur et de bonne determination, contient grand 
nombre de tres bonnes especes ; nous en citerons plu 
sieurs : Mantichora tuberculata (CanV nm.u.x neien™ (r*. 



33 
35 
42 

6 
21 

27 

30 
34-35 



au lieu de Borceh. 

Remir. 



Lamk, 

Noyaut-s.-Lude, 

Magma, 

Noyaut-s.-Lude, 

Galeocerdo, 

Notidanus, 

Surbarcuatum, 



Lank. 

Moyaut-s.-Lude 

Magna. 

Moyaut-s.-Lude 

Galeocerdo. 

Notidamus. 

Subarenatum. 



vrais 



Le gerant, Emile DEYROLLE. 



5926 



Paris, Imp. A, L. Guillot, 7, rue des Canettes 




— — 



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Ann£e. 



n- 



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2 




\ovembre 1885. 169 







JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le 1" et le 15 de chaq 



mois 



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LA REDACTION ET I/ADMINISTRATION 

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France et Algeri© 6 fr. 

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PAUL OROULT 

Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l er JANVIER DE CHAQUE ANNEE 



Journal LE NATTJRALISTE est 1' intermediair e officieux 

gratuitement toute demande d'echange et de renseign 



insere 



MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE 



COURS DU PREMIER SEMESTRE 



chimie 



i 



heure. Elles seront complelees par des conferences prati- 
ques. 

Coitrs de zoologie, animaux articules. — M. Emile 

BLANCHARD, professeur, exposera les caracteres et les 

particularity de la vie des insectes, dos arachnides et des 

M. FREMY, professeur, etudiera cette annee les princi- ] crustaces. Ce cours aura lieu les lundis, mercredis et ven- 

paux metaux. Ce cours aura lieu lemercredi, a deux heures . dredis, a une heure. ^ 

v ------ i Cours de zoologie, annehdes, mollusques et zoophytes. 

M. EdmondPERRIER, professeur. Le professeur traitera 
soit dans les lecons, soit dans des conferences pratiques, 
de l'organisation du developpement et de la classification 
des annelides, mollusques et zoophytes. Ce cours aura 
lieu les lundis et jeudis a 10 heures trois quarts. 

Cours de culture. — If. Maxime CORNU, professeur. 
traitera des prinripales operations culturales et des pro- 
cedes employes dans la multiplication des vegetaux. Ce 
cours aura lieu les mercredis et vendredis a neuf heures. 



et demie. Conference deux fois par semaine. Manipulations 

tous les jours. 

Cours de physique vege'tale. — M. Georges VILLE, pro- 
fesseur. Le cours comprendra deux parlies: dans la pre- 

M _ _ a A 



miere 



chimiques qui determinent la production des vegetaux; 
dans la seconde, le professeur traitera de la fabrication 
des engrais chimiques et de leur application raisonnee. Ce 
cours aura lieu les lundis et vendredis, a trois heures. 
Cours de botanique{organographie et physiologie vege- 

M. Ph. VAN TIEGHEM, professeur, traitera des 



ta le) . 

elements de botanique generate. Ce cours aura lieu les 

mardis, jeudis et samedis, a huit heures et demie. 



COURS DU SECOND SEMESTRE 



anatomie 



M. G. POUCHET, pro- 



Cours de chimie appliquee aux corps organiques. 
M. CHEVREUL, professeur, commencera ce cours dans 



fesseur traitera du squeletteet des dents envisages dans les le courant du mois de mai. Ce cours aura lieu les mardis, 



differents types d'animaux vivants et fossiles comme base 
de l'anatomie comparee, d'aprrs les travaux de Cuvier et 
de Blainville. Les lecons auront lieu les mardi et jeudi de 
chaque semaine, a neuf heures trois quarts du matin, dans 
le laboratoire d'anatomie comparee, 55, rue de Buffon. Le 
samedi, conference pratique, a la meme heure. 

Cours de zoologie, reptiles et poissons. 
VA1LLANT, professeur, traitera de l'organisation de la 
physiologie et de la classification des reptiles de l'epoque 
actuelle et fossile, en s'attachant a faire connaitre les 
applications a l'economie domestique, 1'industrie, etc. Les 



M. Leon 



jeudis et samedis, a neuf heures trois quarts. 

Cours de physique appliquee a I'histoire naturelle. 

BECQUEREL, professeur, traitera de la lumiere 
dans ses rapports avec les phenomenes physiques, chi- 
miques et physiologiques. Ce cours aura lieu les lundis, 
mercredis et vendredis, a une heure. 

Court, de geologic — M. DAUBREE, professeur, traitera 
des faits fondamentaux de la geologie et particulierement 
des phenomenes volcaniques et des depots metalliferes. 
II exposera aussi les trails generaux de la geologie de la 
region des environs de Paris. Ce cours aura lieu les 



lecons auront lieu les mardis, jeudis et samedis a une | mardis et samedis, a qualre heures et quart. 









I 




































I 



r 






170 



LE NATURALISTE 



Coicrs de mineralogie. — M. DESGLOISEAUX, profes- 
seur. Apres avoir expose les proprietes generates des 
mineraux et les principes qui servent de base a leur clas- 
sification, le professeur fera rhisloire des especes com- 
prises dans laelasse des pierres. Ce cours aura lieu les 
mercredis et vendredis a qualre heures Irois quarts. Des 
conferences auront lieu le jeudi. 

Cours de physiologic vegetate appliquce a Vagricul- 
lure. — M. DEHERAIN, professeur, Iraitera du develop- 
pement des vegetaux. Ce cours aura lieu les mardis et 
samedis, a deux heures. 

Cours de botanique {classification el families natu- 
relles). — If. Ed. BUREAU, professeur, fera deux series 
de lecons : dans la premiere serie, il continuera a trailer 
de la botanique fo3sile et de ses rapports avec la geog.aphie 
botanique; dans la seconde, il exposera Phistoire des 
families des plantes appartenant au groupe des dicolyle- 
dones polypetales. Ce cours aura lieu les mardis et samedis 
a midi et demi. Des herborisa'iions font partie du cours et 
seront annoncees par des affiches parliculieres. 

Cours de zoologie, w,ammiferes et oiseaux. ~- M. A. 
MILNE-ED WARDS, professeur. Ce cours portera surl'orga- 
nisation et la classification des oiseaux. II aura lieu les 
lundis, mercredis et vendredis, a 2 heures, dans la salle 
des cours de zooiogie. 

Cours de physiologie generate. — M. ROUGET, profes- 
seur, traitera de la nutrition chez les vegetaux et les 
animaux — la respiration — les syntheses qrganiques 
la glycogenie. Ce cours aura lieu les mardis, jeudis el 
samedis. 



ACADEMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU 27 JUILLET 1885 

Note sur Canatomie da Deniale; par M. do Lacaze- 

Duthiers. 

En reponse a un recent travail de M. Fol, presente par 
lui-meme et conlredisant certaines de ses assertions, 
Iff. de Lacaze-Duihiers maintient qu'il a vu et provoque la 
ponle ou la spermatisation, chez Ic Dentale, par rorifice 
droit du corps de Bojanus, et qu'il a vu et revu le canal 
afferent. II est difficile de voir l'orifice, au moyen des 
coupes, et Ton y arrive plus facilement en pressant lege- 
ment sur le canal excreteur median et refoulant ainsi de 
bas en haul les oeufs ou les spermatozoides. D'autre part, 
ces recherches remontant a une trentaine d'annees, et la 
technique histologique ayant fait.depuis, d'immenses pro- 
gres, certaines appreciations devraient done etre reprises 
et modifiees, ce qui n'est qu'une insignifiante question de 
detail, a cote de rafflrmation precise signalee au commen- 
cement de la note. 



* * 



Origine et mode de formation de certains minerais de 
manganese. Lear liaison au point de vae de V origine 9 



lafait. 



accompagne 



Note de M. Dieu- 



et demie. 

Cours d" anthropologic . 



QUA 



fesseur, reprendra lexamen des questions generales de 
1'anUiropologie. Ce cours au.-a lieu les mardis, jeudis et 
samedis, a trois heures. 

Cours depathologie comparee. — M. BOULEY, profes- 
seur, traitera des maladies contagieuses dans les diffe- 
rentes especes et de l'influence des travaux de labora- 
toire sur les progres de la medecine d'observation. Ce 
cours aura lieu les mardis et samedis, a onze heures. 

Cours de dessin applique a Vhistoire naturelle. 
U. FilEMfET, pour les animaux. Ce cours, qui se fait 
pendant le second semestre, aura lieu les lundis, mer- 
credis et vendredis, a trois heures. 

M. LE SOi'RD-BEAUUEGAKD, pour les plantes. L'ou- 
verture de ce cours, qui depend de la inarche de la saison, 
sera annoncee par une aftiche particuliere. 11 aura lieu les 

— 

mardis, jeudis et samedis, a une heure et demie. 

La bibliotheque du Museum est ouverle aux lecteurs 
de dix a qualre heures, tous les jours excepte les dimanches 
et jours feries. 



M. Dieulafail a montre precedemment que le type le 
plus important des minerais de manganese est celui qui 
Cours de pa r eontologie. — M. Albert GAUDRY, profes- I se montre encaisse dans des cavites, toujours ouvertes 
seur, eludiera la paleontologie des environs de Paris. Ce dans des calcaires compacts. Ces gisements, noncontem- 
cours aura lieu les mercredis et vendredis, a trois heures | porains des calcaires, y ont ete introduits apres coup, en 

dissolution dans un liquide qui corrodait les calcaires' ou 
apres que ce liquide eul ouvert les cavites qu'ils occupent. 
M. Dieulafait etudie ce genre de gisements, prenant pour 
type celui qui s'elend sur les communes de Biot, Roque- 
fort et Villeneuve (Alpes-Maritimes). Un cirque monta- 
gneux, forme de calcaires compacts appartenant au coral- 
lien et a l'oxfordien, renferme au centre des sediments 
lerliaires, presentant a la base, d'enormes depots de sable 
recou verts par l'horizon a nummuliles des Alpes, puis par 
de puissanls depots de tuf voh-anique. Le minerni de 
manganese se montre sur un developpement de 10 kilo- 
metres, soit au contact des calcain s compacts jurassiques 
et du terrain lertiaire, soit en plein ealcaire, mais a une 
faible distance des depots tertiaires, et toujours dans des 
poches, cavites ou cavernesidenliques a cellesdes causses 
du sud et du sud-ouest de la France, qui renferment les 
phosphorites et les depots siderolilhiques. La base du ter- 
rain tertiaire de la region du Biol, produil de la destruc- 
tion des roches primordiales, presente de vastes masses 
de sable (quartz, mica, feldspalh decompose). Dans 
minerais de manganese, on trouve baryte, strontiane, 
lilhine, cuivre et zinc ; la baryte comnio le zincet le cuivre, 
y est tres disseminee, et par suite est certainemeni con- 
temporaine de ces minerais et doit avoir la meme origine. 
Les sables du Biot presentent trois types : 1° sables blancs, 



ces 



















LE NATURALISTE 



171 



contenant tres peu'de fer et de manganese; 8° snbles i renferme des cellules incolores a prolongements irregu- 



rouges, riches en fer, pauvres en manganese ; 3° sables do 
gres ou plulot gres gris, riches en manganese. Primitive- 
ment la masse des sables devait etre du type n° 3, et lea 
types n of 1 et 2 ne sont arrives a leur etat actuel que par 
Paction des eaux acierees qui ont dissous le fer et le man- 
ganese dans les sables blancs, et une partie du manga- 
nese dans les sables rouges. II s 'en suit que les minerals 
du manganese de la region du Biot peuvent etre consi- 
deres comrae le resultat de Taction de l'eau sur les sables 
avee lesquels les depots de manganese sont le plus sou- 
vent en contact. 

Sur un etat tiouveau de Rhizopodes reliculaires. 

Note deM. de Folin. 



iters* des elements globuleux incolores qui sont les c Hules 

formalrices des spicules, et des cellules amoeboides 
colorees en brim-acajou, line couche de larges cellules 
constitue Veetoderme; elles sont tongues et elroites, le 
long de la bande cilie, et munis de oils ires aclifs. Les 



• 



vesicules mso-periloneales sont formees BXOL depens de 
deux verticulums du tube dige*tif. II y a qualre paire i 
bras : poster hairs, anlerieurs, anterola tdraux el anlero* 
internes ; les premiere et troisieme paires ont les spicu- 
les trei I liases ; les deuxieme etquatrieme ont les spicules 
simples. II existe en outre, des spicules arques et rameux 
servant de soulien a la coupole, et un spicule impair 
median, silue a L'endroit ou se forme le bras impair des 

larves de Spataagoldes* fce Pluteus du Dorocidtrris papil- 
la ta manque des epaulettes ciliees; il presents troi 

lobes dans Tangle des bras posterieurs, deux paires de 

M~deFo^ unesorte I lobes dorso-lateraux, et une paire de lobes lateraux. Co 



Nus* \ 



de gaine submembraneuse se developpant en lubes con- 
tenant du sarcode. Ces tubes presenlent de nombreux 
rameaux enchevetres ; ce sont les Pseudarliys. lis s'abri- 
tent dans les cavites des vieux tests perfores, et les rem" 
plissent. Un exemplaire s'etait introduit jeun? dans les 
loges d'un Dentalina et s'y etait moule. Get animal varie 
aussi de dimension suivant la retraite qu'il a choisie. Le 
Travailleur en a drague un dont lebranchage s'entourait 
de corpuscules et de globigerines ; Fenveloppe n'etant pas 
achevee, il etait facile de voir comment les elements 
etaient reunis etcimentes par le sarcoderme. Cette forme 
est le type d'un nouveau genre, Amphiexis, de la famille 
des P sen darky six. Parfois l'enveloppe se compose de 
grains de sable, de petits tests de Mollusques ou de leurs 
debris et d'un peu de vase (dragage recent du golfe de 
Gascogne). Un troisieme etat des PseudarKysise a ete 
rencontre, sous la forme de petits cailloux ou graviers, et 
avec leur durete; l'organisme s'impregne d'une pate for- 
me^ de corpuscules etrangers et de sarcoderme, en forme 
rVun gateau qu'il glace pour ainsi dire, et le recouvre d'une 
composition de secretion et de sarcode analogue a celle 



Pluteus offre de grandes analogies avec quelques larves 

decrites et figurees par J. Muller, et qu'il attribue a YJBchi- 
mis brevispinosus et Eehinocidaris ^qiiituberculala. 
En resume, la forme larvaire des Cidaridr, quand elle 

existe, est un Pluteus nettement characterise, et il ne sau- 
rait etre question de viva pari te pour le Dorocidaris papil- 
la ta* phenoinene signale pour le Cidaris nu trite. 



SUITES A LA « FLORE DE FRANCE » 

DE GRENJER ET GODRON (') 

Par 8. ROUY 

(Descriptions des plantes signages en France et en Corse depuis 18 ■) 

(Suite) 

R. alpicola Itouy in Bulletin de la Socle" td botanique 
de France, XXII (1875), p. 295. — Sect. Tomenlosa 
Desegl., sous-sect. Pomiferse Desegl. — Sous-arbrisseau 
a racine longuement raiupante, emeltant des tlges cowries 
(2-0 decim.),coucbees ou etalies a la base,puis ascendantes 
ou dressees, longuement nues jusque vers le milieu, Ires 



du test des Foraminiferes porcelane*. Le recouvrement est ^.^ ^ ^ » ^ ^^ ^ d(ipourvnes aaiguil . 



lisse et poli. G'est le genre Lithozoa. 



SEANCE DU 3 AOUT 1885 



Ions ainsi que les -rameaux. Petioles tomenteux, tres 
glanduleux, plus ou moins aiguillonnes en dessous. Fo- 
tioles 5-7, elliptiques, la plupart obtuses, quelques-unes 
meine retuses, mollemenl velues sur les deux pages, 



Sur la forme larvaire du Dorocidaris papillala. — I plus pales en dessous, glanduleuses a la fa 

t > * 



Note de M. Henri Prouho. 



rieure, doublement dentees, a dents assez regulieres 



Laponte du Dorocidaris papillala a lieu en fevrier; muuies de 1-3 denticules accessoires glanduleux ^.pules 

les oeufs mesurent 0-.16. La segmentation lotale et regu- des rameaux floriferes dilalees au soramet, pubeseenles 

liere donne des le troisieme jour une Gastrula entiere- et glanduleuses en dessous, glabrcs en dessus cihees- 

ment revetue de cils vibratiles, ayant la forme d'un ellip- glanduleuses. lleurs solitaires. Pedoncules courts (envi- 

soide dont Pun des poles, aplati, presente en son milieu le «« 1 centimetre), hispides- glanduleux ainsi que le 

blastopore, tandis que le pole oppose est muni d'une t'ibe du calice subglobuleux. Bractees lanceolces, acu- 

houppe de tres longs cils. Cette Gastrula perd bient6t minees, egalant ou depassant les pedoncules. Sepate* 

• son axe de symetrie, devient bilaterale, et se transforme entiers, bordes de blanc, tres glanduleux sur le dot, 
en Pluteus qui trois mois apres la fecondation a acquis | egalant la coroUenatez grande el dun beau rose, styles 

ses caracteres definitifs. Ce Pluteus est construit sur le 

type des larves d'JEchinides latistell&s. Le mesoderme I (ij Voy. le NaUraiuu du i" novembre isso. 





172 



LE NATURALISTE 



libres, veins. Fruit precoce relativemeni petit (environ 

I centimetre de diametre), toujours spherique, subornbi- 

lique, d'un rouge brim, hispide, a soies parfois caduques 

a la maturite, couronne par les divisions redressees et 

persistantes du calice. Plante glaucescente, subpurpu- 
rine. — Juin-aout. 

Hab. — Isere: Huez-en-Oysans, vers la combe du 
Sarene (herb. R , Gaston Bonnier), 



Ods. 



Le R. alpicola est un des Hosiers francais les 



plus distinets. 



L'ensemble de ses caracteres princi- 



patix : tige basse, absolument inerme ainsi que les ra- 

meaux courts, feuilles velues-lomenteuses ; pedoncules 

courts, touffus, sepales entiers, persistants, fruits regu- 

liers, globuleux-subonibiliques, hispides, ne permettent 

de le rapportera aucune autre espece (et nous entendons 

Id I'espece largement comprise) des Towentosse verie, 

Porniferse, Sabinze, Alpinse ou Cinnamomese verse (1). 

Pour lui altribuer une origine hybride, ce que nous 

avons admis en 1874, il faut supposer le croisement 

ancien d'une forme microphylle glanduleuse du R. pomi- 

fera avec des exemplaires de petite taille de la var. glo- 

bosa Desv. du R. alpina, a pedoncules courts, comme 

dans la var. brachyclada Burn, et Gr. ; et encore cette 

supposition, assez liasardee, n'explique qu'insuffisam- 

ment le« sepales entiers et Tabsence absolue d'aiguillons 

sur les liges du R. alpicola ; il faut egalement admettre 

que cet hybride soit fertile. Aussi, si Ton veut considerer 

le R. alpicola comme issu d'une hybridation, on est 

amene a Taccepter comme balard hereditaire devenu une 

veritable espece, ainsi que l'a fait M Christ pour les 

R.trachyphylla Rau (R. Gallica X canina var. biserrata), 

R. Damascene* Mill. (R. Gallica x moschata), R. involuta 

Sm. (R. pimpinelli folia fou spinosissima) x iomen- 

tosa) 9 etc., et comme nous Tadmettons de meme pour les 

sous-especes et varieles du R. spinulifolia Dematra 

{sensu a?npl.)(R. alpina x tomentosa, R. alpina x mollis 

et R. alpina x Scheutzeana Rouy (2), et pour quelques 

aulres Hosiers, notamment pour ceux du groupe du R. Sa- 

lamensis Rap. (R. alpina x canina) et pour le R. Bituri- 

gensis Bor. (R. spinas is simat R. Ripartii x mbiginosa 

f. R. cornosa), ce dernier completement fixe aux environs 

de Bourges et aussi abondant que les deux Hosiers dont 

il peut etre issu (3). 



Quoi qu'il en soit, le R. alpicola, qu'il soit en realite 
espece primordiale ou bien batard hereditaire, joue abso- 
lument le rdle d'un type specifique bien caracterise et tres 
reconnaissable. II etablit le passage entre les especes de 
la sect. Tomentosse Desegl. (s.-sect. Pomiferse Des.), et 
celles de la sect. Cinnamomese DC, dont les Alpinse De- 
segl. ne sont, pour nous, qu'une sous-section. D'un autre 
cote, la section des Sabinise Crep. (1) constitue la transi- 
tion entre les Tomentosse et les Pimpinelli folise, par ses 
formes a feuilles plus ou moins pubescentes ou velues, et 



tels, provenant du croisement du R. spinosissima L. (ou R. pimpi- 
nellifolia L.) avec les Rosiers des sections Canina 1 , Rubiginosce ou 
Tomentosce, e'est-a-dire les R. Hibernica Sm. et R. Schultzii Rip. 
(spinosis.x canina), armatissima Desegl. (spinosis.xduma lis), Sabauda 
Rap. (spinoss.x moniana), Gapensis Gren. (spinosiss. x saepium),tetn- 
pes Rouy (spinosiss. xmlcrdiritha), BitwHgensis Bor. (spinosiss. xrubi- 
ginosa), involuta Sm. (spinosiss. x tomentosa) et dichroa Lerch (spino- 
siss. x mollis). —Les hybrides fix£s ou variables, issus du croisement 
des R. spinosissima (ou R. pimpinellifolia) et R. alpina doivent, eux, 
prendre place dans la sous-section Gentiles des Pimpinelli folice, ou 
sont k classer Egalement toutes les formes intermediaires entre les 

Pimpinelli folice et les Alpince* telles, par exemple, que le R.Malyi 
Kern. 

En appliquant ce mtoe principe de classement & toutes les sections 
du genre Rosa, les hybrides fixes, analogues a de vraies especes, 
prendraient place dans leurs veritables sections, en y constituant les 
passages n^eessaires entre les diverses sections du genre, et les 
hybrides non encore fixes, ne se reproduisant qu'accidentellement, 
viendraient se ranger & cote des premiers, auxquels ils ressemblent 
parfois presque absolument. On sait, en effet, qu'il existe des plantes 
d'origine hybride qui pr£sentent presque exactement le port et les ca- 
racteres de plantes certainement non hybrides, croissant dans des 
regions ou Tun des parents des premieres ne se rencontre point. Rap- 
pelons, pour exempie, avec MM. W. 0. Focke, Burnat et Gremli, 
Christ, etc., les Anemone Pulsatilla L. et A. pratensisx patens, Poten- 
tilla splendens Ram. et P. alba x fragaria strum, Potentilla procum- 
bens Sibth. et P. Tomentillax reptans, Hieracium scorzonercefolium 9 
Vill.et//. villosum x bupleuroides, II. Lantoscanum Burn, et Gr. et 
//. intybaceumxochroleucum, Asplenium Germanicum et A. septen- 

trionalex Trichomanes. Chacun deces hybrides doit evidemment etre 
classe k cote de Tespece (ou de la sous-espece) & laquelle il ressemble, 



ete'est, du reste, ce que font les botanistes. 



U en est de meme dans 



le genre Rosa : citons notamment les R. rubella Sm. et R. alpina x 
spinosissima (ou R. pimpinellifolia), R. tomentosa Sm. forma Anthra- 
citica Christ et R. tomentosa x soepium. — Nousestimons des lors qu'il 
importepeu, au point de vue de la botanique systematique, que cer- 
taines plantes soient considerees comme hybrides fixes ou comme 
formes intermediaires, non issues d'hybridation, si elles presentent 
une autonomic suffisamment £tablie par un ou plusieurs caracteres 
nets, tr6s reconnaissables et particuliers. Or, e'est ie cas pour la 
plupart des hybrides fixes du genre Rosa. Sans parler du R. alpicola, 
dont Torigine hybride n ? est jusqu'ici nullement d6montr6e, on recon- 
naitra toujours facilement, par exemple, le R. spinulifolia Dematra 
meaux fioriferes inermes assez voisins comme port de ceux du R. al- I [sensu ampl.) ou le R. Biturigensis Bor.; nous pouvons done les con- 



(l) Une forme hybride variable, issue du croisement du R. alpina L. 
avec le R. venusta Scheutz (non Waitz.),et r^coltee par M. Bernouilli 
dans les Grisons (Suisse), h Films, nous a presente parfois des ra- 




picola, mais, dans le rosier de Flims, la plupart des sepales sont 
abondamment iiinnafifides, et les fruits plus gros, toujours sensible- 
ment att6nu6s et etraugles au sommet, sont plus longuement pedon- 
cules. La tige de cet hybride est d'ailleurs ± aiguillonnfie, et sa taille 
assez elevee, h en juger par la longueur des rameaux. 11 rent re dans 
le R. Straehleri Uechtrz. 

f8) R. venusta Scheutz non Waltz., R. Scheutzii Gandoqer (1876) non 
Christ (1874). 

(3) A notre avis, le R. Biturigensis, ainsi que 1'hybridedu Palatinat 
(/?. spinosissima x r«6i^%wo«a) s sonticlasserdansla section des Sabinice 
CrSp., qui doitcomprenrlre, par extension, tous les hybrides, tant fixes 
batards her6ditaires, selon VL Christ), qu'encore instables ou acciden- 



siderer, non comme des types cardinaux tels que R. rubiginosa L. ou 
R. Gallica L., mais comme de veritables especes derivees, en leur 
rattachant, comme sous-especes, des formes paralleles, de la meme 
section naturellement, oflfrant des variations analogues. Exemple : le 
R. spinulifolia, type d'un groupe specifique des Villosce (espece d<5- 
rivee issue tres probablement d'hybridation), comprend plusieurs va- 
rietes signalees par D6seglise (Catal., p. 307), puis il comporte comme 
sous-especes paralleles les R. vestita Godet, avec ses var. lati folia 
God. et solitaria Nob. (R. solitaria Kmet), R. Gutneti Schmidely, R. 
StraehleriUechtrz., R. Gombensis Lagg. et Pug. 

(1) Cette section devrait prendre le nom de Involuta, le R. involuta 
Sm. 6tant de 18<H, et le R. Sabini Woods seulement de 1816. 










LE NATURALISTE 



173 



entre les Pimpinellifolise et les Caninte ou les Rubigi- 
nosse par ses autres representants. 



R. Guineti Schmidely in Annates de la Societe bota- 
niquede Lyon, VII (1880), p. 177; Edm. Bonnet in Natu- 
raliste (1880) p. 342 ; R. veslita Godet forma semiglan- 
dulosa Rouy in lilt. (1877). — Souche rampante; tiges 
droites, un peu arquees vers le haut, gr&les, elancees, les 
fer tiles ordinairement inermes, a rameaux flori feres 
inermes ou pourvus de rares aiguillons droits, les tiges 
steriles (surgeons) aiguillonnees dans leur partie infe- 
rieure, a aiguillons fins, space's, indgaux, presque droits. 
Feuilles a 7-9 folioles, assez semblables d'aspect a 
celles du R. alpina, mollement velues sur les deux 
pages, non glanduleuses, plus pales en dessous, irrigu- 

ou doublement dentees, a denticules acces- 
sories glanduleux ; petioles non aiguillonnes, pubescents 
ou velus, parsemes de glandes stipitees ; stipules larges, 
pubescentes sur les deux pages. Bractees lanceolees, acu- 
minees, ordinairement plus courtes que les pedoncules 
mais les egalant parfois, ciliees-glanduleuses, pubes- 
centes seulement en dessous. Pedoncules solitaires, sen- 



lierement 



mats 



lus longs que le fruit, plus ou moins glandu- 
non hispides (1). Fleurs peu nombreuses; 
sepales allonges, glanduleux au sommet souvent foliace, 
egalant la corolle d'un rouge vif, les exie'rieurs appen- 
dicules, a deux, rarement quatre divisions lmeaires. Styles 
courts, velus. Fruits precoces, rouges, dresses ou incli- 
nes, de grosseur moyenne, ovotdes ou oblongs, ton jours 
nettemenl re'trecis au sommet en forme de col, surmon- 
tes par les sSpales redresses et persistants , mdme apres 
la maturite. Arbrisseaux de un a trois metres, forma nt 
une colonie. — Juin-septembre. 

Iaute-Savoie : mont Saleve, taillis et rocailles 

de Vabbaye de Pommier (herb. It., A. Guinet). 

Ge Rosier est une sous-espere du R. spinu- 






Hab. 



Obs. 



li folia Dematra 



amplX qui comprend comme 



autres sous-especes les R. vestita Godet, Straehleri 



Uecktrz., Gombensis Lagg. et 



Pomlferw 



terisees principalement par des fruits ovoides ou oblongs 
sensiblement resserres au sommet en forme de col plus 
ou moins attenue (2). — Nous donnons ci-dessous les 



(1) Dans nos nombroux exemplaires de ce Rosier, nous n'avons pas 
vu de pedoncules absolument lisses. 



(2) Les groupes speciflq 
D6segl. sont: 



europeons de la sous-section Pomiferce 



titit, Straehleri el Gombensis (1). 



lifol 



R. Guineli. 



Rameaux floriieres inermes; feuilles 



tomenteuses non glanduleuses en dessous ; pedoncules 
parsemes de glandes fines, 2-3 fois plus longs que les 
bractees; fleurs d'un 



rouge pourpre ; fruits ovo'ides- 



oblongs, lisses, ainsi que les sepales, les exterieurs plus 
ou moins profondement pinnalipartites. 

Hameaux floriferes inermes ou a 



A'. 



li folia 



aiguillons peu nombreux ; feuilles pubescentes ou tomen- 
teuses, au moins en dessous, glanduleuses a la page info- 
rieure : pedoncules assez courts, une fois plus longs que 
les bractees; fleurs d'un beau rose ; fruits ovoides, his- 
pides-glanduleux ainsi que les sepales peu divises (2). 

R. vestita. — Hameaux floriferes inermes; feuilles to- 
menteuses non glanduleuses en dessous ; pedoncules 
courts, a peine une fois plus longs que les bractees, par- 
fois meme les depassant seulement de peu, tres hispides ; 
fleurs roses; fruits ovo'ides-oblongs, hispides ainsi que 
les sepales =±= pinnatipartites et souvent foliaces au som- 
met. 

R. Straehleri. — Hameaux floriferes inermes ou a ai- 
guillons clairsemes ; feuilles pubescentes ou tomenteuses, 
non glanduleuses en dessous; pedoncules courts, a peine 
une fois plus longs que les bractees ou les depassant peu; 
fleurs d'un beau rose; fruits ovoides ou oblongs, plus 
gros que dans les sous-especes precedentes, tres hispides 
ainsi que les sepales allonges finement pinnalipartites et a 
sommet + foliace. 

R. Gombensis. — Rameaux floriferes faiblement aiguil- 
lonnes (ou inermes parfois ?) ; feuilles puberulentes ou 
tomenteuses, non glanduleuses en dessous ; pedoncules 
lisses, courts, a peine une fois plus long que les bractees 



lo R. Pomifera Herm., comprenant comme sous- peces ou varietes 
les R. ciliatopetala Bess., recondil a Pug., Gawlini Pug., Frihurgen- 

sis Lagg. et Pug., Murlthii Pug.; 

2° R. mollis Sm. , comprenant les R.Grcnieri VustgL, Andrzejowskyi 
Bess., Etrusca Crep. (?), Heldreichii Boiss. et Reut., Scheutzii Christ, 

minuta Bor. ; ^ t 

30 R. resinosa Sternbg., comprenant les R. Arduennensis Crep., 

Cremsensis A. Kern., umbratica Borb.; 
40 R. australis Kern., comprenant les R. proximo, Crep. et Scheut- 

zeana Rouy (venusta Scheutz non 

*£*! spinulifolia Dematra (« auct.), comprenant les It vestita Go- S^^/m presented a „eu pr* ces mtaie. variation. 



det, Guineti Schmidely, soldaria Kmet, Straehleri Uechtrz., Gom- 
bensis Lagg. et Pug.; 

6° R. alpicola Rouy. 

Les II. resinosoides Cr6p., omissa D6s6gl., Tunoniensis D6s6gl., 
collivaga Cottet, GillotiiV&segl.et Luc, sont genera lenient consideres 
comme appartenant aussi a la sous-section des Pomiferce, mais nous 
croyons que la forme de leurs aiguillons et la non-persistance absolue 
des sepales doivent les faire classer dans une sous-section nouvelle 
{Pseudopomifcrce), c!ont le type serait le R. resinosoides Crtp.. sous- 
section Stablissant la transition entre les Eutomentoste Crep. et les 

Pomiferce D6s6gl. {p. p.)* 
(1) Les R. Straehleri et Gombensis n'ont pas encore, croyons-nous, 

ete signales en France, et nous ne connaissons le R. Guineti qu'au 
mont Saleve. Le R.spinulifoiia a H6 mdique au mont Margeiiaz pres 
Chambery et au-dessus de Thoiry (Songcon); a la Ferriere pres Alle- 
vard(Boullu); & Pontarlier et h Grand-Combe-des-Bois (Grenier); a la 



Faucille, £ Gex, a 



Voirons (Reuter): ft la montagne de POffiege 

du mont Saint- 



W 



(Puget), au mont Saleve (D6seglise) et au sommet 

Eynard(J. B. Verlot). Le /?• vestita croit & Saint-Romain de Cremieu 

(Verlot), au mont Saleve et aux Voirons, k Reyvroz (Puget) et au 

mont Kivolet (Songeon). 

(2) La grandeur des folioles et leur degre de villosite varient plus 
ou moins dans les diverses formes du R. spinulifolia. Ce sout ces 
variations qui ont principalement donne lieu k la distinction, par D£- 
s^glise {in Bullet. Soc. bot. de Bel<jique,Xl\ \ p. 339-344) des varietes 
grand 1 'folia. ylabrescens, villosula, ambigua. glahrata. hispi<!ella; mais 
ies autres Rosiers de ce groupe, notamment k R* vestita, Guineli et 





I 



. 















174 



LE NATURALISTE 



oules depassant peu; fleurs d'un rose vif ou purpurines; 

fruits ovoi'des, lisses ainsi que les sepales entiers ou a 
peine divises. 

Les observations que nous avons presentees sur les 
liybrides fixes, dans l'article ci-dessus consacre au li. al- 
picola, s'appliquent egaiement, nous l'avons dit, au 
R. Guineti. On peut certainement atiribuer a ce Rosier 
une origine hybride ainsi qu'a tous ceux du groupe speci- 
fique du R. spimdifolia (1), resultant du croisement d'une 
forme quelconque du A\ alpina avec une forme quel- 
conqiie des sous-sections Eutomentosse el Pomiferx, 
mais on doit aussi constater que ces Rosiers ont acquis a 
la longue une veritable autonomie, par suite de la repro- 
duction normale et continue des pieds fertiles issus des 
premieres liybridations liaturelles. Le R. Guineti, d'ail- 
leurs, se rencontre au mont Saleve non en pieds isoles, 
mais par groupe d'individus vivant en colonie. 

(A suivre.) 



OBSERVATIONS 

SUR LE GRYLLODES LITTOREUS SP. NOV. 

Par D. J. BOLIVAR 

(Test le 8 octobre dernier que je suis alle a la recherche 
de cette espece a Talavera de la Reina, guide par M. Rioja, 
mon eleve, qui m'avait appris rexistence de cet insecte et 
qui m'eii avail deja procure quelques exemplaires l'annee 
derniere. Le train part de Madrid a huit heures du matin 
et arrive a Talavera a midi apres avoir franciii les 134 ki- 
lometres qui separent ces deux villes. 

Dans rapres-midi du meme jour, nous n us sommes 
rendus a la localite ou l'insecte avait ete observe ; c'est 
dans une petite plaine situee sur les bords du Tajo a 1 ki- 
lometre environ de la ville. Tout d'abord nous avons 
entendu le chant de ce Grillon qui ressemble tout a fait 
a celui des jeunes poulets ; suivant un prejuge fort 
repanduen Espagne, lesgardes-champetres et les bergers 
attribuent ce chant aux escorpiones de ana ou scorpions 
a ongle {Buthas Euvopums). L'heure la plus propice pour 
la chasse est au moment du erepuscule, car alors ces Gril- 
lons sortent de leurs r-etraites formees de petits trous 
complement ouverts a fleur de terre ; par conlre, c'est 



aussi a ce moment qu'on les distingue le moins bien parce 
que la couleur jaunatre de l'insecte se confond avec la 
teinte du sable. 

Nous avons trouve, sous les brins d'lierbe, les males 
chantant avec les elytres releves presque perpendiculaire- 
ment a la surface du corps ; ils se laisserent approcher, 
puis se sauverent en sauiani, ce qui noiis permit de les 
saisir assez facilement ; j'eus ensuite l'idee de leur pre- 
senter des petits cornets de papier dans lesquels ils 
entrerent seuls et je pus de la sorle/les capturer sans 






memo les toucher. Ces habitudes ne sont point celles du 
Gryllodes pipiens qui, suivant le P. Pautel, habite sur les 
collines, sous les pierres et dans des trous d'oii il faut le 
faire sortir par force. 

J'espere, guide par mes observations, trouver d'autres 
especes de Gryllodes dans diverses contrees oil je soup- 
conne leur existence ; on en rencontrera meme tres proba- 
blement dans le midi de la France, et je recommande aux 
Orthopterologistes de ce pays de les rechercher. 

Ayant recu tout recemment plusieurs exemplaires du 
Gryllodes pipiens que je dois a Tobligeance du P. Pautel 
qui a decouvert cet insecte a Ucles (Cuenca), je puis 
signaler les differences qui existent entre Tespece de Tala- 
vera a laquelle je donne le nom de Gr. littoreus et le Gr. 
pipiens L. Duf. ; voici les principales : 

Le Gr. littoreus mihi est plus petit que le Gr. pipiens ; 
sa couleur est jaune-testacee, tres claire, avec des taches 
et deslignes brunes qui, sur la tete, forment quatre lignes 
occipitales jaunes dont les deux internes, plus fines, sont 
reliees entre elles par de faibles traits transversaux ; le 
dos du prothorax est jaune avec quatre taches brunes, vir- 
guliformes, les deux internes plus grandes ; le prothorax 
est beaucoup plus court que chez le Gr. pipiens et plus 
etroit que la tete; celle-ci est tres grande, volumineuse ; 
les elytres sont bien plus larges que le prothorax et pres- 
que carres chez le c% avec une petite aire apicale trans- 
verse et reticulee (dans les Gryllodes, la nervation me 
parait sujette a varier); chez la q, les elytres sont aussi 
longs que le prothorax, e'est-a-dire bien plus courts que 
chez la $ du Gr. pipiens ; ils sont, en outre, divergents 
des la base ; le metatarse des jambes posterieures n'a en 
tout que dix epines, cinq sur chaque carene, disposees par 
paires ; l'oviscapte est plus court que les cerques (appen- 
dices abdominaux). 

Dimensions comparees du Gr. pipiens L. Duf. d'Ucles, 
et du Gr. littoreus BoL de Talavera : 



d* 



Gr. pipiens 



Corp3 

|3mm 



Gr. littoreus 11 » 



Pronot. 

gmm ? 3 

1 » 8 



Elytr. 
7mm 

8 » 



Fern, post 
9 mm ,5 
6 » 5 



6 



Gr. pipiens 1 
Gr. littoreus 12 






» 



2 » 5 
2 » 



3 » 

2 » 2 



9 » 
6 » 5 



Oviscapt 
6 mm ,5 
4 » 



Je suis en mesure de procurer cette nouvelle espece a 
ceux de mes correspondants qui, ne Tayant pas encore 

recue, m'en feraient la demande. 

J. Bolivar. 



L E 



RAM 



E R 



Le Rauiier a pris son nom du mot latin Ramus, parce 
qu'il se perche au sommet des arbres ; Belon lui donnait 
le nom de Mansarl Coulon; il y a un siecle,dans quelques 
provinces de la France, on l'appelait Manseau, Pharier. 

Le Rainier fait partie de la famille des Gallinaces colom- 

(l) Le R. Sufferti Kirschl. (Ft. fAhace, I, p. 2iT , II. gl< ulosa Ud **' il ™ com P re »d q^'un genre divise en trois sous- 

Kirschl. olim non Boll., doit, inble-t-il, appartenir aussi a ce groupe, o enres : Les Columbi Gallines, que leur maniere de 

mais nous ne pouvons nous prononcer avec certitude sur ce Rosier vivre, leur taille rapprochent des Gallinaces; les pigeons 
que nous connaissons -L-uiement par la description de Kirschleger. \ propreinent dits comprennent les Tourterelles, et les 










LE NATURALISTE 



175 






Columbas (vrais) d'Afrique, a bee plus gros,'solide et 
comprime sur les cotes. Selon certains naluralistes, la 
famille de 



s 



Colombides renferme quatre especes, le 
Ramier (Palumbus), le Colombin ou petit Ramier {&nas), 
le Biset (C. livia), la Tourterelle (C. Tartar). 
. II n'est peut-etre pas inutile de dire ce que e'est qii'un oi- 
seau.Ce dernier mot derive du bas latin ancellus, avicellus 
diminutif d'avis; il ^apparrient a la deuxieme classe des 
vertebres, dont les membres anterieurs, on axles, sont 
conformes pour voler. Chez ces animaux. l'appareil do la 
locomotion reside non seulement dans les ailes mais 
aussi dans la queue, en outre le volume de leurs pon- 
mons ; la cavite des os et des plumes augmenient la leg&- 
rete du corps et aident ainsi au vol. 

La bouche est garnie d'un bee corne qui protege les 
machoires ; ils n'ont ni levres molles, ni dents. Les 
oiseaux sont les seuls animaux chez lesquels on rencontre 
immediatement a la division de la trachee-artere, un 
second larynx, dans lequel se produit la voix. L'appareil 
de la digestion se fait remarquer par le triple renflement 
de 1'cesophage : le jabot, le ventricule succenturie et le 
gesier, tous les oiseaux sont ovipares, plusieurs font leurs 
nids pour leurs petits. 

Le Ramier est de la grosseur du Biset ; il pese 
370 grammes, la couleur de son plumage est generale- 
ment le cendre, plus ou moins blanchalre ; seulement les 
cdtes et le dessus du cou sont d'un vert changeant en 
bleu, et en couleur de cuivre rosette ; la poitrine est d'un 
roux vineux et du blanc se remarque sur les cotes du cou 
etdes ailes; les pennes sont brunes ainsi que celles de la 
queue. Le ramier male a les teintes plus foncees que les 
femelles, il approche comme grosseur du pigeon romain, 
son bee est jaune ; la membrane qui couvre les narines 
est rouge, couverte d'une poussiere farineuse et blan- 
cbatre ; les pieds sont rouges garnis de plumes presque 



le pharmacien, ou qui por«e chez le medecin l'adresse de 
mnlades que le pharmacien le prie d'aller voir. 

Au siege de Modene, quo blnquait Marc-Antoine, le 
Pigeon remplissait les fonctions de teld raphe. La villede 
Leyde, en 1 57 r> , dut son salut aux Pigeons; ils servaient 
d'estafettes au prince d'Orai ; e, qui decida que ces 
oiseaux, qui lui avaient rendu de si grands services, 
soraient nourris aux frais de l'Etat, dans une voliero 
d'honneur, et qu'apros lour mort, tm les embaumerait 
pour les conserve? dans l'Holcl d ) ville. 

Les Ramiers marquent la sixiome heure du soir par 
Phabitudo qu'ils ont d'aller boire aux Sources ; les indi- 
genes de la Louisiane connnissent egalem I I'heure par 
les ephemeras, genre (Tinsecte fie Pordrc dt n vrop teres ; 
beaucoup d'oiseaux et memo de mammiferes ont dans 
leurs habitudes des heures fixes. 11 en est de meme pour 
les plantes : on a fail Phorloge botanique, qui indique le 
moment ou les fleurs ouvrent ou fermeut lour corolle. 

En Angleterre les Ramiers se rassemblent en grandes 
troupes au commencement de Phiver, ils emigrent au 
printemps pour aller en Suede y couver pendant le mois 
de mars. 

Presque tous les animaux aimenl le sel ; les betes a 
cornes en ont besoin, aussi en mele-t-on souvent a leurs 
aliments ; les oiseaux de proie ne paraissent pas eprouver 
la necessite d'en avoir com me les uranivores. Le sel de 
cuisine (chlorure de sodium) aide-t-il a la fecondite 

du Ramier? Nous Pignorons, 
nous savons seulement quo pour les a Hirer et les 
retenir dans les colombicrs, il faut leur mettre un 



du Pigeon domestique et 



corps sature de sel. On se pose souvent eeHe question : 
puisque le sel est utile a ces animaux, oa les Ramiers 
vont-ils en trouver:' Nous ne pourrons satisfaire cette 
curiosite.La chaux leur est indispensable, comme a tousles 
animaux; on a constate que les Ramiei comme les 



jusqu a 1 ongine des doigts, qui sont egalement rouges ; Pigeons du poids de 500 rammes environ, extent oar 



les ongles sont noirs, l'iris de l'oeil est d'un jaune pale. 

Dans nos pays, on voit presque en tout temps des 
ramiers; cependant ce sont des oiseaux de passage, et 
beaucoup plus nombreux en ete qu'en hiver; ils arrivent 
au commencement du printemps, ils se jettent dans les 
bois, ou ils vivent, suivant la saison, de glands, de faines, 
de fraises dont ils sont avides ; ils causent souvent dans 
les bles de funestes dogats; ils construisent leurs nids 
sur les arbres de haute futaie. Commaine nous a 
laisse cette strophe : 

Le Rossignol, tranquille aa bord d'une fontaine, 
Fait retontir Techo des accents de sa voix, 
Tandis que le Ramier, per ur un \ ux cliene. 
Prolonge ses soupirs dans paisseur des bois. 



Le nid est assez grand pour loger le pere, la mere et 
deux et quelquefois trois petits, les oeufs sont plus gros 
que ceux du Pigeon domestique. 

Le caractere du Ramier est independant ; on ne le 
dresse pas comme le Pigeon domestique qui, a Now- York, 
rend a chaque heure du jour de Ires grands services^ 
ainsi e'est lui qui porte les ordonnances du medecin chez 



jour 50 centigrammes de phosphate de chaux; tandis 
qu'ira petit eheval en plein developpement, et du poids de 

150 a 200 kilogrammes fc-a besoin d'en trouver dans sa 

nourrilure que 95 grammes, qui ne sont meme pas tous 
assimiles, puisqu'il en passe une grande quantite dans 
les dejections, ce qui prouve quMl faut plus de phosphate 
de chaux dans ralimentation des oiseaux que des mammi- 
feres. 

Le Ramier a sur le Pigeon domestique un immense 
avantage ; e'est qiul ne sert pas aux collegiens a exercer 
leur adresse, comme ceia a lieu a Paris aubois de Bou- 
logne; on chasse 1 1 Ramier, tandis que le Pigeon domes- 
tique sert de cible a iani le coup de fusil. Et dire que 
la Sociote protectrice des animaux n'intervient pas ! Ce 
n'est pas du resle la seule anomalie qui existe dans 

noire Soeiete. 

Stanislas Martix. 











176 



LE NATURALISTE 



NOTE 

■ 

SUR L'EPOQUE DE L'ECLOSION DE LA CALAMIA LUTOSA 

ET DE SON HABITAT DANS LE DEPARTEMENT DU NORD 



Le hasard seulm'a fait decouvrir le papillon qui fait le 

sujet de cette note. 

Le premier novembre 1874, vers 6 heures du soir et par 
un fort brouillard je traversais un de ces marais du Nord 
au centre desquels il existe assez communement un petit 

entoured'assez grandes parties de Phragmites com- 
munis ; a peine entre dans ces roseaux un papillon 
grisatre vint butter sur la lanterne que j'avais a la main 
et tomba ames pieds dans les Car ex. Je fus assez surpris 
de trouver a une epoque aussi tardive une $ de Calamia 

Lutosa pleine d'oeufs. 

,Vy relournais les jours suivants et je fus assez heureux 
d'en recueillir une centaine d'exemplaires dont lafraicheur 
ne laissait rien a desirer et qui sans doute venaient 

d'eclore. 
Depuis 1874 j'ai recherche chaque annee ce Lepidoptere 

que j'ai retrouve abondamment dans tous les marais des 

environs de Lille toujours dans les memes conditions 

d'habitat et a la meme epoque d'eclosion. Vers le 15octobre 

on commence a le voir apparaitre et le 20 est le fort de 

son eclosion. 

(Test dans les marais ou Teau est stagnante avec des touf- 
fes et ilots formes de Carex ccespitosa et de Phragmites 
communis qu'est leur veritable endroit de propagation. 

Mes recherches ulterieures me feront peut-etre decouvrir 
la chenille qui selon mes previsions doit exister fin d'aoftt 
et septembre ainsi que la chrysalide du 15 septembre au 
commencement d'octobre. 

Cette annee 1885 a ete favorable a leur eclosion et j'en 
ai recolte jusqu'au 3 novembre une centaine d'exem- 
plaires ex larva ; j'en ai meme envoye a Paris a M.Deyrolle 
une douzaine d'exemplaires vivants. 

Je les prends a la lanterne, ils sont accroches sur les 
carex,ou sous les feuilles de Phragmites dessecheesd'avec 
lesquelles on les distingue a peine par la couleur. 

Leur vol est de courte duree (une heure environ) il n'y a 
pour ainsi dire que les <*, qui voltigent dans les Carex et les 
roseaux a la recherche des £ ce qui fait qu'ils ont frequem- 
ment les ailes dechiquetees. 

Plusieurs auteurs en France ont indiquele 15 aoiit comme 
epoque de leur eclosion. Je sais que pour un meme papil- 
lon qui existe dans les regions oil le climat n'est pas le 
meme, il peut y avoir une cerlaine difference, mais je 
trouve que le laps de temps est tres grand entre le 15 aout 
etla fin d'octobre, epoque ou je la recolte, je laisse a des 
entomologistes plus autorises que moi le soin de decider 
si les marais du centre de la France peuvent produire cette 
difference avec nos marais du Nord, et, jusqu'a preuve 
contraire, je croirai que cette Calamia ecl6t en France au 

mois d'octobre* 
Je donne ces renseignementsdansTinter^t del'Eritomo- 

logie et je ne doute pas qu'avec de semblables indications 



i 



d'autres Lepidopteristes seront aussi favorises que moi- 
meme pour trouver cette noctuelle. 



D r Paux. 



Lille, novembre 1885 



ARRIVAGES 



LEPIDOPTERES EUROP&ENS 



Thais Gerisyi. 

— polyxena. 
Doritis apollinus. 
Parnassius nomion. 
Pieris chlorodice. 
Iclmais fausta. 
Colias nastes. 

— hecla. 

— Erate 
Rhodocera farinosa. 
Thecla Spini. 
Polyomnatus thersamon. 

— rutilus. 

— epixante. 

— amphidarnas 

Libythea Celtis. 
Lycoena Iolas. 
Limenitis latefasciata. 
I^eptis ludmilla. 
Vanessa burejana. 

— Egea. 
Argynnis niobe. 
Satyrus Geyeri. 
Acherontia Atropos. 
Sphynx pinastri. 
Deilephila Galii. 

— vespertilio. 

— hippophaes. 
Smerinthus quercus. 
Arclia flavia. 

— purpurea. 
Orgya aurolimbata. 

Dasychira abietis. 
Saturnia Isabella. 

— spini. 
Hypocampa Milhauseri. 
Nbtodonta bicoloria. 
Lophopteryx carmelita. 
Pygcera bucephaloides. 
Cymatophora octogesima. 
Simyra- nervosa. 
Diphtera orion. 

— ludifica. 
Mithymna imbecilla. 
Dycicla oo. 

Calymnia pyralina. 
Xanthia aurago. 
Caipe capucina. 
Telesilla amethystina. 

Piusia asclepiadis. 

— tripartita. 

— consona. 

— illustris. 

— guUa. ^* 

— chalcytes. 

— Daubei. 

— Ni. 
Anophia leucomelas. 
Euterpia laudeti. 
Leucanitis stolida. 
Catephia alchymista. 



cf 
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50 



25 

JO 



ERRATA 

Lire dans leNaturalistedu l Br novembre : 

Page 163, l re colonne, ligne 13 en remontant, calice opotde ou sub- 
globuleux, au lieu de « caiice obovoide, subglobuleux*. 

Page 164, l re colonne, dans le renvoi (f), ligne 5 en remontant, et 
non au R. sempervirens^xx lieu de « et au R. serapervirens. * 



Le gerant, Emile DEYROLLE. 



5958 



Paris, Imp. A. L. Guillot, 7, rue des Canettes 





T Annie. 



N* 



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3 



er 



Btombre 1885. 177 






JOURNAL 



DES 



ECHANGES ET DES NOUVELLES 



Paraissant le 1" et le 15 de chaque mois 



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PAUL GROULT 

Secretaire de la Redaction 



LES ABONNEMENTS PARTENT DU l cr JANVIER DE CHAQUE ANNEX 



Le Journal LE NATURALISTE est rinterm6diaire offlcieux de tons les amateurs d'histoire naturelle; il insure 

gratuitement toute demande d'6change et de renseignements scientifiques 6manant de ses Abonn6s. 



ACADEM1E DES SCIENCES 




seance du 3 aout 1885 (suite) 



place choisie grace a des mouvements ondulatoires du 
pied. Les OBufs ne sont fecondes qu'apres la ponle, et les 
spermatozoides sont elimines sous forme de pelits jels 
blanchatres qui sortent par le trou apical. 






Sur le tube digestif, le corps de Bojanus, les organes 

g&nitauxet la ponte de la Fissurelle. — Note de M< L. 
Boutan. 

Le tube digestif de la Fissurelle rappelle celui de PHa- 
liotide ; il en differe, en ce qu'il n'y a que deux cartilages 
radulaires ; il n'existe que deux poches cesophagiennes 
volumineuses qui doivent avoir une fonction purement 
digestive. Les valvules situees au niveau de ces poches 
sont formees de deux lames superposees, plus develop- 
pees que chez l'Haliotide. Une paire de glandes, situees 
dans Pinterieur de la bouche, paraissent jouer le role 
d'une premiere paire de glandes salivaires. Le corps de 
Bojanus, divise en deux lobes dans sa partie mediane, a 
son orifice commun avec celui des organes genitaux ; il est 
constitue par une couche de grandes cellules cubiques, 
disposees en file, a gros noyaux, et encombrees de granu- 
lations, qui lui donnent une coloration jaunatre. Au point 
de vue des organes genitaux, la Fissurelle presente deux I cellules du sclerote, a la base de chacun des Claviceps qui 
types : F. gibba et F. reticulata. La glande femelle a pour S e developpent ; elle est remplacee par du giycogene qui 
elements essentiels de grosses cellules pediculees conte- disparait a son tour, et Ton retrouve un depOt de glyco- 
nant chacune un oeuf ; c'est dans la partie droite qu'on gene dans le tissu des jeunes Claviceps notamment aux 
trouve le conduit excreteur des organes genitaux ; sur la points oil se formeront plus tard les organes de fruclifi- 
paroi du conduit on voit la glande de forme pennee qui cation. II existe done un parallelisme mattendu au point 
secrete les glaires. Une fois mure, la glande genitale de vue de la chimie physiologique, entre la germination 
presente ses deux extremites remontant de chaque c6te j des Champignons et celle des vegetaux superieurs. 
- de la paroi du corps, comprimant le foie et le tube diges- 
tif. De meme pour les organes genitaux males. Les deux 
types ne pondent pas a la meme epoque. La F. reticulata 
pond ses oeufs en plaques etalees dans une masse glai- 
reuse adherant aux corps voisins, et les applique sur la 



Les reserves hydrocarbon&es des champignons. 
Note de M. Leo Errera. 

De meme qu'il y a des graines a huile, des graines a 
amidon, des graines a cellulose, il y a chez les Champi- 
gnons des sclerotes offrant comme reserve predominante, 
tant6t de Phuile {Claviceps purpurea), tanlut du giyco- 
gene [Coprimes nivens, Pesiza sclerotiorum), tantot des 
couches d'epaississement de la membrane (Pachyma 
Cocos). Pendant la germination des sclerotes glycogeni- 
feres, il y a une veritable migration du giycogene, com- 
parable a la migration de Pamidon chez les plantes 
superieures. Pour les sclerotes oleagineux, on peut dire 
que pendant la germination il y a formation temporaire de 
giycogene, ou de giycogene transitoire\ ainsi pour le 

sclerote de Claviceps purpurea, Pliuile disparait des 






Influence de la lumUre du soleit sur la vilalxli des 



Micrococcus. 



Note de M. E. Duriaux. 



Les micrococcus etudies sont cenax : du clou tie Biskra 









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wm 



— 









178 



LE NATURALISTE 



. fu 
im 



rhumalismales 



L'action du soleil est variable, suivant que le microbe est 
plus ou moins vieux, et conserve a sec ou dans un liquide 
de culture. Dans ses experiences M. Duclaux s'est astreint 
a ne pas depasser la temperature de 30 a 40 degres. De I externes si delicats du Peronospora qui tapissent la sur- 



aspiranle et foulante, munie du c6te du refoulement, d'une 
manche terminee par un bee recourbe, a recevoir l'acide 
sulfureux dans un tambour eta projeterle melange, dose, 
d'air et d'acide sulfureux sur les raisins et sous les feuilles. 
Cet arrosage gazeux dessecherait les filaments fructifieres 
et briserait, par la vigueur de son courant, les organes 



jeunes cultures dans du bouillon de veau neutre, vivant 
en moyenne un an, a l'obscurite ou a la Iumiere diffuse 
n'ont pas resisle a 40 jours d'exposition au soleil faible 
et intermittent du printemps ; en juillet, 35 jours ont suffi 



face inferieure des feuilles, les pedoncules et les grains du 
raisin. Ce resultat serait deja important, quand on sait 
que le Mildew repandu sur une seule vigne peut produire 
plus de quatre cent cinquante mille conidies ou oeufs d'ete ; 



pour les tuer ou les attenuer au point de les rendre inof- et l'on peut supposer que la destruction des 



organes 



que l'on conserve 5 a 6 mois, vivants, a sec et l'obscurite, 
sont lues par 8 jours d'exposition au soleil de la fin de 
mai, et par 3 jours en juillet ; il en est a peu pres de meme 
pour les autres. Le soleil ne frappait sur eux que de 
9 heures a 1 heure, et la temperature ne depassait pas 
39 degres. On s'explique ainsi que l'air charrie tant de 
germes morts, que certaines maladies restent confinees et 
que les germes ont besoin, pour conserver leur virulence, 
de voyager a l'obscurite, sur des vetements empaquetes, 
dans des ballots de marchandises, ou dans les cales som- 
bres de navires. A ce point de vue du transport des 
micrococcus, le soleil est done l'agent d'assainissementle 
plus universel, le plus economique et le plus actif auquel 
puisse avoir recours l'hygiene privee ou publique. 



pemphigus, externes nuirait au developpement du mycelium et des 



zoospores ou oeufs d'hiver. 



* * 



^ Note sur un denouement d'Hyperoodon, a Eosendael. 
Note de MM. Poucliet et Beauregard. 

Un Ilyperoodon rostratus male s'etant ftchm^ * Rn« 



Sur une tortue terrestre d'espece nouvelle, rapporlee 
par M. ffumblot, au Museum d'Hisioire naturelle. 

Note de M. Leon Vaillant. ^™ 

* 

La tortue rapportee par M. Humblot n'est pas la plus 
grande des sept qu'il a achetees a la grande Coomre ; les 
renseignements donnes par les matelots arabes qui les 
avaient vendues permettent de croire que ces Cheloniens 

* 

proviennent d'une localite situeevers Aldabra, dependant 
peut-etre de cegroupe d'iles. Cette nouvelle tortue, Testudo 
yniphora, a la carapace bombee, rappelant celle du T. ra 
diata, la dossiere legerement retrecie en avant et arron- 
die en arriere; on trouve une tres petite ecaille nucleate, 
la plaque gulaire est simple ; a la face superieure existe un 
sillon. Cette plaque et la portion osseuse qui la supporte, 
dislinctes du reste du plastron, forment un prolongement 
aplati, triangulaire, du double plus long que large a la 
base, recourbe de bas en haut. Cette disposition existait 



dael pres de Dunkerque, le Museum fut prevenu, mais la 

tome aTaul 1 ^h e h T. MSS 7' S "" pUrent chez les se P l ind ™<^- ^ *«»" est roux jaune, avec 

iromer que quelques debris de ce cetace long de 6 ra ,80, 
dontlecorpsavait ete vendu et depecepouren tirer l'huile • 
les os avaient ete brules, et il ne restait que l'extremit^ 
du bee. Sous Iagencive ontrouva les dents caracteristiques. 
Une photographie montre, au niveau des branches de la 
machoire et en dedans, deux plis convergents en avant et 

paralleles a ces branches. 

Un harpon etait implante dans les chairs; il paralt etre 
de ceux qu'on lance avec les armes a feu et portait encore 
20melres de ligne, enroules autour du corps de ranimal. 



des nuances brunes sur le pourtour des plaques ecailleuses 
du disque et sur le limbe ; le plastron uniformement jaune 
paille offre quelques restes d'une teinte sombre vers le 
bord des plaques abdominales. 



* 



bur les Bnsingidae de la mission 
de M. Edmond Perrier. 



Note 



Talisman 



appartiennent a six formes appelees par M. Perrier, Bri- 



semi 



SEANCE DC 10 AOUT 1885. 



Parfaiti 



emer 



sulfureuoc. — Memoire de M. Emile Vidal. 



busta parait une exageration de la B. coronata ; elle a 

l*y V, „„ r, «* „,»„ * i. »_ » • _ . . .. . . . . i. . . 



bras 



Devant les ravages croissants causes par le Mildew 



tinguer les arcs calcaires saillants et epineux de la B. coro- 

(Peronosnom *4«.\ U v t vmV" r " " v " I nata; elle a ^ p6ch<§e au lar S e du Sahara de 882 a 

^X^to^uL r l ld i 3 < GSSay * diverS 1 435 m ^ lreS de P rofonde ^. La B. semi-coronata a de 15 

Sta n JlTe" u In^f Lnl !» erCh ? Setaient d ' aUtai,t k 1? braS pluS ^ les ; son dis ^ ue est ^ arni d'dplnes relati- 
?»™^L U1 ^ vement petites : les piauants assez courts Z h™« «nnt 



alfamipc! hion rr, 10 t^„ ~. .-* . v. u *wi* *cucuv pcuwa , ies piquanis assez courts des bras sont 

arrclera"; le dc elo^em™. H ,' , P ™° mSe *£. M - YlMt 0an * eSt apIatie! les bras > « rM es et courts, sont pourvus 

couilies ou *ufs 5C n til ' V" d , etruisant Ies d ' arceaux ^Icaires transversaux peu epineux; elle a 

1 43o metres de profondeur au large des Pilones. Pour 






























I 



I 



la forme B. Edwardsii et les formes nouvelles sexradiata i enchaine la liberte ; alors les roslres sont muets, la tri- 
et spinulosa, M. Perrier etablit le nouveau genre Freyella, bune est silencieuse, le Forum est deserle, et a ses agita- 
chez lequel la partie renflee des bras est garnie de plaques tions tumultueuses, aux fieres allures d'un peuple libre 



polygonales disposees en arceaux peu 



reguliers 



chez 



ont succede la torpeur et la contrainle. 



F. Edwardsii, mais formant une mosai'que reguliere chez D'un mot le grave historien Tacite a characterise cette 

F. spinulosa et F. sexradiata. La F. sexradiata draguee oeuvre d'empereur : Pacavit eloquentiam. 

a 4060 metres n'a que 6 bras ; la F. spinulosa draguee de Dememe, apres une nuit glaciate, la pais regne sur les 

2 000 a 4 000 metres de profondeur, du cap Vert aux hauteurs, ou Ton n'entend plus que le vasto silence. 

Aeores, a de 11 a 15 bras, ordinairement 13. Les Freyella Je ne veux pas commencer ma chasse sans avoir jete un 

ne portent pas de grandes epines. Les Coronaster ont un coup d'ceil sur la ville qui se trouve a mes pieds, a plus de 

squelette dorsal reticule a larges mailles; ils possedent I 300 metres au-dessous de raoi; mais jo no voisqu'une 

11 bras. Le Coronaster Par faiti, unique echantillon, vient I vaste etendue sombre, semee ca et la de points lumineux, 

des iles du cap Vert par 250 metres de profondeur. Au I bornee au loin par les collines du Gausse de Villefranche 

point de vue du developpement du squelette dorsal, on I qui se detachent a l'horizon en dentelures irulecises sur 

peut disposer ces animaux en serie ascendantc, comme il j le ciel moins obscur. 

suit : Hijmenodiscus Agassizii, Brisinga mediterranean Rien d'attrayant dans ce tableau, on le eonooit, et j'al- 

B. elegans, B. endecacnemos, B. coronata, B. semi-coro- lais en detourner mes regards, quand mon attention est 



nata, B. robusta, Labidiaster radiosus, Brisingaster 
Robillardi, Pedicellaster typicus t Coronaster Parfaiti, 
Asierias tenuispina. Les Freyella forment une serie 
aberrante. 



attiree par un bruit sourd, persistant, qui me semble 
gronder au loin dans les profondeurs des vallees, il enfle, 
il grandit,il se rapproche ; je le reconnais bientot, el, apnjs 
un coup de sifflet dechirant, je vois ou plutot je crois voir 
deboucher des gorges de l'Alzou, le train qui, parti le 
UNE CHASSE ADX CHENILLES DANS L'AVEYRON | matin de la Gapitale, arrive ici le soir apres avoir franchi 

en treize heures 628 kilometres* 
II est huit heures du soir. Depuis pres (Tune heure je Qui done, eloigne de Paris, a pu voir sans emotion venir 
gravis peniblement la plus haute des montagnes qui do- ce train qu'attendent sur son parcours les populations 
minent Villefranche. A mi-c6te j'ailaisse la route qui trace anxieuses de savoir ce que Paris a fait, ce qu'ii dit, ce 
un immense zigzag sur ses flancs etje me suis engage dans qu'il pense? 



des sentiers a peine traces parmi les rochers et les 
bruyeres, que,bien certainement, le pied d'un entomolo- 

giste n'a pas encore foules. 

Ayant guide mes pas a la clarte tremblante d'une lan- 
terne sourde, j'arrive enfin a Tendroit que je me propose 
d'explorer ce soir. 

Le ciel est voile de brumes epais&es, la nuit est sombre : 
une nuit sans etoiles. Aucun bruit ne so fait entendre : de 
la touffe d'herbe encore verle, du bouquet de bruyere a 
peine defleurie, du genet rampant orne encore de quel- 
ques fleurs, il ne s'echappe plus aucun cri, aucune voix, 
aucun murmure. 

■ 

Et cependant, quelques jours auparavant, ces solitudes 
paraissaient bien animees : des sons multiples, des stridu- 
lations nombreuses — voix des humbles et des petits 
chantaient, elles aussi, leur hymne a la Nuit. Sauterelles, 
grillons, criquets, timbaliers et cymbaliers donnaient leur 
note dans ce concert nocturne. 

Pourquoi tous ces etres bruyants se taisent-ils mainte- 
nant? pourquoi tous ces chanteurs sont-ils muets en ce 
moment? Ah! e'est qu'une nuit plus fraiche, une matinee 
plus froide les a surpris, les malheureux I Jes a saisis a la 
gorge, pour ainsi dire, et, sous son etreinte glacee, bri- 
sant Fartiste ou rinstrument, a etouffe la voix a tous et 
6te la vie a plusieurs. 

De meme, s'il est permis de comparer les petites choses 
aux grandes, quand Auguste se fit empereur apres avoir 



De nouveau le sifflet retentit, repercute par les rochers, 
renvoye de montagne a montagne, puis le train s'elance 
rapide et s'enfuit vers la capitale du Midi, Toulouse. 

Le bruit diminue peu a peu, puis s'eteint. Mais a peine 
le calme est-il retabli, que de nouveau l'air est ebranle 
par un son triste, plaintif, prolonge. Je reconnais la voix 
des cloches; elles chantent sur leur gamme le Libera: e'est 
le 2 novembre! Elles accompagnent sans doute le peu- 
ple des fideles dont la priere semble ainsi percer la 
voute du lieu saint. Leur voix sonore annonce au loin 
que e'est le jour des Morts et demande a chacun pour les 
parents regret tes, pour les amis qui ne sont plus, un sou- 
venir, une priere ! 

Dieut qu'il est lugubre le carillon des morts! 

Seul, la nuit, sur une montagne deserte, je me sens 
envahi malgremoipar un sentiment de tristesse inaccou- 

tumee, et je demeure quelques instants reveur. 

Mais, ce n'est point pourrever que je suis venu a cetle 
heure sur la montagne : Theure s'ecoule, il est temps de se 
mettre a Foeuvre, et d'inspecter avec soin cette localite 
nouvelle pour moi. 

Voici un buisson de ronces ; autour de lui et a couvert 
sous ses branches epineuses, de longues graminees et 
quelques plantes basses ont vecu respectees de la dent du 
mouton. Ici, e'est une asperula dont les folioles blanches 
et transparentes ont eu leur parenchyme ronge, sans doute 
lorsqu'elles etaient plus tendres, car maintenant, coriace? 



noye Rome dans le sang des proscriptions, apres avoir comine elles le sont, elles ne pourraient elre entamees pnr 
exile les plus illustres citoyens, laisse egorger le plus les mandibules des chenilles. La, e'est du galium moi- 
grand orateur latin, aboli les institutions et, en un mot, I lugo qui dresse ses petites tiges nouvellement poussees ; 












_ 



180 



LE NATURALISTE 







i 






i 












ses folioles verlicillees a peine developpees doivent etre « ment une boucle en rapprochant les deux extremites et 



un regal delicieux pour plus d'une espece. 



executent des mouvements d'un gracieux effet. 



Aussi, quelque chose a remue sous l'impression, sans Ce sont surtout les Pellonia qui sont remarquables 

doute, de la lumiere. C'est une Mel. galiala qui prend sous ce rapport. La Calabraria, qui se distingue de sa con. 

aussitot une position liorizontale et rigide, se tenant genere ViMcaria par les petites asperites dont son corps" 

accrochee seulement par ses pattes anales ; cette bete est recouvert a differents endroits, par sa tete plus divisee, 

airae la ligne droite, comme semblent l'indiquer les raies plus bifide, est a cette epoque de l'annee bien plus deve- 

ou bandes alternativement claires et sombres de.sa livree. loppee que le ViMcaria. Sortie de l'ceuf presque a la meme 

En voici une autre qui ne se tient pas rigide mais qui se epoque, elle a bien plus profite que l'autre, en est arrivee 

a sa derniere mue et passera l'hiver presque a taille, 

a ses chevrons dorsaux noirs, ses eclaircies anguleuses ter- I tandis que ViMcaria, n'ayant subi qu'une ou deux mues 

minees par un point blanc tres vif; en outre, deux larges a peine, doit passer l'hiver toute petite. 

La Calabraria mesure pres de 30 millimetres de lon- 
gueur, sa largeur depasse quelque peu un millimetre. 



Mel 



points noirs lateraux sur les 8 e et 9* segments sont la 



caracteristique de cette chenille. 

Je ne sais vraiment pas sur la foi de quels renseigne- I Elle est done vingt-cmq fois plus longue que large! Voila 
ments Berce a donne de cette chenille la description fan- | de vraies Arpenteuses, et d'une vivacile et d'une puissance 
* * ~ "" * ' ----- - musculaire dont on se fait difficilement une idee : elles 

s'enroulent en une double spire, puis se dependent subite- 



taisisle qu'on 

n'est rien moins que cela. 



399 



Voici une troisieme espece ayant aussi des chevrons ment el executent des sauts vifs et repetes. 
dorsaux, mais blancs et dans une direction opposee, for- Al'extremite d'une tige de genet, j'apercois une Rusina 



lantliia ocellata. 

Quelle est cett 



tout de son long sur une tige verdatre de ronces ? Sa tete genets voisins. 



Me- J tenebrosa, belle chenille qui semble habillee de velours 

rouge-brun. Je vois aussi plusieurs Agrotis porphyrea 
qui ont abandonne leurs bruyeres pour monter sur les 



aplatie et etalee, ses deux petites pointes qui surmontentle 
8 e segment e t surtout ses longues pointes anales m'indiquent 
suffisamment que j'ai affaire a YAspilates strigillaria. 



de son corps. 



roule 



Adosse a des pierres empires les unes sur les autres en 
guise de mur, pousse un gazon dru et bien vert, entre- 
mele deplantes basses d'especes diverses; une sorte de 
rivulet couleaupres et entretient une fraicheur suffisante. 
Ne trouverait-on pas la quelques noctuelles ? Cherchons. 
Quevois-je tout d'abord? Un affreux mille-pieds, revetu 
d'une carapace rougeatre et luisante, en train de devorer 
retourner, je ne la remets pas : evidemment c'est une une pauvre sauterelle. L'inoffensive bete, apres un jour 
bete propre aux pays de montagnes et que je vois pour de libre evolution,- apres avoir stridule une derniere fois 
la premiere fois. L'ayant mise soigneusement a part, je ' 

tache d'en trouver d'autres. 

Le galium inspecte, je vais visiter quelques bandes de 
thym sauvage qui tapissent le pied des rochers voisins. Je 



Q 



cette espece ? J'ai beau la tourner et la 



s'est endormie confiante sous l'ceil maternel de la na- 
ture, et pendant ce temps, alors que tout devrait gouter 
le repos du sommeil^un feroce ravisseur, venant a pas 
, de loup (pourquoi pas? le nombre de pattes ne fait rien a 

trouve accrochees a quelques brindilles dessechees deux l'affaire), s'est jete sur elle, l'a surprise sans defense et en 

jeunes acidalies, longues, effiiees, et se tenant la tete en 

bas : l'une est YAcidalia imitaria, l'autre m'est inconnue. 
Des touffes basses de genet appellent mon attention, et 

je ne tarde pas a decouvrir deux Pellonia calabraria 

allant de rameau en rameau. 
Si le caractere le plus marquant, le plus sensible des 

Arpenteuses est le singulier raccourcissement des pre- 
miers et des derniers anneaux et le developpement, je 

dirai mieux, l'allongement des segments intermediaires, 

quelle autre famille que celle des Acidalides nous en 



a fait sa proie qu'il devore tout a son aise. 

« Attends, traitre, je vais t'aider, » et ce disant, j'ecrase 
entre deux pierres le sanguinaire malfaiteur. 

Eh bien ! qu'ai-je fait ? M'appartient-il un peu de juger 
les actions des autres ? Suis-je:charge de redresser leurs 
torts? Est-ce pour apprendre a vivre a cette bete que je 

l'ai tuee? II n'y avait la qu'un cadavre, et maintenant en 
voila deux ! je suis bien avance. Occupons-nous done de 
ce qui nous regarde et passons... 
Je ne tarde pas a decouvrir, montees au sommet des 



donne les exemples les plus frappants et les plus nom- brins d'herbe, plusieurs noctuelles venues la sans doute 
breux surtout dans le jeuneage des chenilles ? Aussi les pour ressentir la fraicheur de l'air ou se faire humecter oar 
Acidalides me semblent- elles etre la famille type des la rosee : car eUes ne mangent pas; a cette heure et en 



Arpenteuses. 

Q 



Remntaria 



l'exigu'ite d'un fil : les trois premiers segments qui portent 

leur tete et leurs pattes ecailleuses n'ont certainement pas aux aitemtes ae leurs ennemis nocture 

la longueur d'un segment du milieu ; quand elles veulent dont les longues pattes s'etendent en 



cette saison je n'ai jamais remarque qu'elles prissent de 



la 



quittent 



milieu de 



diurne et montent- elles sur les herbes et les tiges des 
plantes? Ne serait-ce point pour echapperplus facilement 

s : les araignees 

avant et taton- 
nent de tous c6tes en quete de chair fraiche ; les limaces 



- > 






- • 



*> »' 



LE NATURALISTE 



181 






i 



I 



dont on surprend les enlacements immondes, les traces 
visqueuses et les attouchements gluants ;les cloportes,les 
forficules, les crapauds, etc., etc.? Quel est done l'insecte 
arme de la plus petite mandibule et doue du plus faible 
instinct carnassier qui n'ait goute d'une chenille ? ce regal 
des appetits fameliques de ces animaux de basse con- 
dition !... 

Quoi qu'il en soit, e'est grimpees au sommet des brins 
d'herbeque se montrent en quantile des Tryphuaa pro- 
nuha vertes, avec leurs traits sous-dorsaux noirs ; des 
Phlog. metiexdosa, avec lour dorsale blanche, fine, inter- 
rompue; differentes Leacanies (L. aWipiincta, lithargy- 
ria,pallens et une autre espece qui m'est inconnue), des 
Hyria linogrisea, tres reconnaissables a leurs points 
fauves des premiers segments ; des Cerigo matura toutes 
petites encore, alors qu'a la meme epoque on les trouve a 



mile se tient egalement sur le tronc des arbres, mais dans 
une position verticale: la t<He en haul, s'il est seul, la tete 
en bas, s'il est accouple. Sur un rocher couvert par places 
de mousses, de lichens, de fougeres et dequelques plantes 
basses,j'ai capture un magnifiqne sujet &oCidariasiterata 
et plusieurs Scoporla ; j'ai pris aussi la Depressaria cos- 
tosa et la Theristis mncronella qui doivent passer l'hiver 
a 1'etat de papillon. 

U est maintenant dix heures. Au son du couvre-feu 
(cette vieille coutumeest encore en usage dans ce pays), je 
descends rapidemenl de lamontagne et je regagne en hate 
mon logis, assez content de ma chasse, puisque j'emporte 
au moins quatre especes nouvelles pour ma collection. 

Le lendemain, me suis-je laisse dire, on faisait celebrer 
dans laprincipale eglise de Villefranche trois messes pour 
le repos d'une ame en souffrance dans le Purgatoire, que 



toute grosseur au bois de Boulogne, bien qu'elies doivent Ton avail vue la v